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a exigé que la croix -rouge visite les ex-détenus de guantanamo

  • Washington a exigé que la Croix -Rouge visite les ex-détenus de Guantanamo à Alger

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    L’Algérie n’avait aucune objection au transfert des détenus algériens de Guantanamo Bay vers leur pays d’origine ou dans «un autre pays de leur choix».

    Un câble de l’ambassade des Etats-Unis à Alger, datant de mai 2007, révélé par WikiLeaks, a rapporté qu’Alger avait exigé que «la nationalité algérienne» de ces détenus devait être établie avant tout transfert.
    Cela avait été dit à John Clint Williamson, ambassadeur en charge des crimes de guerre au département d’Etat, lors d’une visite à Alger, en avril 2007. Il était accompagné de représentants du département de la Défense et du National Security Council (NSC). On apprend que Washington avait demandé des «garanties écrites» pour que les détenus transférés ne subissent pas de mauvais traitements et que leur liberté de circulation ne soit pas entravée.


    La délégation algérienne menée par Kamel Rezag-Bara, conseiller du président Abdelaziz Bouteflika, a indiqué que de telles mesures ne seront prises que dans le cas de «force majeure». Washington craignait que les ex-prisonniers de Guantanamo ne puissent plus quitter le territoire national une fois transférés. Une liste de ces ex-détenus est publiée dans le câble. Il s’agit de Trari Mohamed, Feghoul Abdelli, Hamlili Mustapha, Abbar Houari, Ghallab Bachir et Hadj Arab Nabil. John Clint Williamson a évoqué le cas particulier de Sofiane Haderbache, qui souffrait d’une dégénérescence cérébrale après une blessure en Afghanistan. «Ce détenu ne présente aucune menace pour la sécurité de l’Algérie et a besoin d’une prise en charge médicale dans son pays, près de sa famille», a-t-il demandé. M. Rezag-Bara a promis une évaluation sanitaire de ce cas.  
    La délégation algérienne a évoqué les différentes conventions internationales, comme celle relative à la lutte contre la torture, et s’est engagée à respecter la loi. M. Rezag-Bara a noté que l’Algérie criminalise tous les actes terroristes, même s’ils ne sont pas commis contre l’Algérie.


    M. Williamson a demandé que des représentants de la Croix-Rouge internationale accèdent dans les prisons dans le cas où ces détenus y étaient maintenus après leur retour en Algérie.
    M. Rezag-Bara a confié que chaque détenu devait subir un interrogatoire par un juge d’instruction. «Nous ne voyons aucun inconvénient à ce que des informations soient mises à la disposition de la Croix-Rouge. Cette organisation doit établir un accord avec le gouvernement algérien. Chaque mois, des représentants de la Croix-Rouge, basés à Tunis, visitent des prisons algériennes», a-t-il dit. Mohamed Amara, directeur des affaires juridiques au ministère de la Justice, a affirmé à la délégation américaine que l’Algérie était «très fière» de travailler avec la Croix-Rouge. «Cette organisation peut accéder librement aux prisons algériennes et a le contact facile avec les détenus. Notre but est de s’assurer que l’Algérie respecte les standards internationaux en la matière», a-t-il dit.  
    «Le diable dans le détail» est un titre donné à un chapitre du message dans lequel il est mentionné que des différences existaient entre les versions anglaise et française des «minutes» des discussions entres les deux délégations par rapport aux garanties demandées par les Etats-Unis. Kamel Rezzag-Bara a affirmé que les services de sécurité algériens ne pouvaient pas être totalement sûrs que les ex-détenus de Guantanamo n’allaient pas rejoindre des groupes armés une fois de retour au pays.  


    Dans le même câble, Washington et Alger s’étaient engagés, dans le cadre des résolutions de l’ONU (la 1373), de renforcer l’échange de renseignements pour prévenir que les ex-détenus de Guantanamo ne soient pas impliqués dans des activités terroristes. Par ailleurs, le président Bouteflika a, en recevant le général américain William Ward, responsable du Commandement militaire pour l’Afrique (Africom), en novembre 2009, exprimé ses inquiétudes sur le développement du terrorisme en Afrique. «La situation en Somalie est sans espoir. La région du Sahel fait face à une foule de questions complexes. Les pays de la région ont la capacité de lutter contre la menace s‘ils travaillent ensemble», a-t-il dit, critiquant l’ambiguïté de la position malienne sur la question. 

    Fayçal Métaoui