Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Le règne des médiocres et des cancres

carica10.jpg

Il aura fallu plus de 9 semaines de grève et une paralysie presque totale des hôpitaux pour qu’enfin le ministère de la Santé accepte d’ouvrir un semblant de dialogue. Et encore à moitié, puisqu’il n’a reçu que les représentants des spécialistes et a ignoré, tout simplement, les généralistes de santé publique. Tandis que les hospitalo-universitaires viennent de lui lancer un ultimatum d’un mois au cas ou celui-ci persisterait à ignorer leurs doléances. Non content d’avoir affiché un mépris total envers les praticiens de santé publique, allant jusqu’à ordonner la charge policière et le matraquage des manifestants qui voulaient porter le conflit en dehors des hôpitaux, le gouvernement, et en premier lieu le département de M. Barkat, opte donc pour la division dans le but évident de casser un mouvement de contestation qu’il croyait à bout de souffle.

Une diversion, sans doute, pour mieux cacher les déboires de la campagne de vaccination contre la grippe A et le refus des laboratoires d’envisager l’annulation des quinze millions de doses de vaccin restants sur les vingt commandés au début de l’épidémie... Mais le plus grave est sans doute cette déconsidération affichée par les pouvoirs publics à l’égard des médecins et des praticiens de santé publique et l’ignorance voulue et manifeste vis-à-vis des malades d’une manière particulière et des citoyens en général. Car quels que peuvent être les arguments techniques pour refuser les augmentations revendiquées par les médecins, comme pour les enseignants du secondaire, l’attitude du gouvernement tient d’abord et avant tout dans le mépris populiste à l’égard des élites intellectuelles qui se traduit sur le terrain par la dégradation de leurs conditions matérielles et morales dans l’exercice de leur profession.

Faut-il alors s’étonner que le nombre de candidats à l’exil augmente chez ces catégories de citoyens qui font la force de la nation et qui assurent la pérennité de son épanouissement  ? Jusqu’à quand faudra-t-il accepter qu’un médecin, formé durant 7 à 15 ans après le bac, perçoive en début de carrière moins de 40 000 DA pour un généraliste, alors qu’un député touche dix fois plus  ? Pour les uns on évoque, pour refuser toute revendication, des restrictions budgétaires et autres obstacles de taux indiciaires, alors que pour les « élus de la nation » rien n’est de trop. Tant qu’on s’obstine, au niveau du pouvoir politique, à tolérer de telles disparités et à en faire l’essence même sur laquelle repose la hiérarchie sociale en Algérie, tout ce que l’on peut dire ou écrire sur la bonne gouvernance n’aura plus de sens face au règne de la « médiocratie ».

 

Les commentaires sont fermés.