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  • Accusés, asseyez-vous

     

    Comme un corps atteint d’une maladie dégénérative, la crise du régime se poursuit devant une population médusée par tant d’affaires, ne voyant plus dans la représentation officielle de son Etat  qu’une association de malfaiteurs. Les scandales se suivent et se ressemblent, impliquant des ministres, d’anciens ministres, des officiers supérieurs et des personnalités de premier plan, cités, impliqués et accusés mais jamais inquiétés.

    Au mieux, ils gardent leur poste et continuent à faire des affaires, au pire ils s’en vont vivre à l’étranger avec quelques milliards en poche, ramassés sur l’argent public. Mais quel est le point commun entre tous ces hommes ? Ce sont des proches du Président qui les a nommés, les couvre et continue de leur faire confiance, ce qui reste inexplicable pour beaucoup.

    Car les avis sont partagés ; pour certains, c’est le bon roi trahi par son entourage, pour d’autres, c’est le roi ordinaire qui n’a trouvé comme façon de rester au pouvoir que de laisser son entourage s’enrichir pour en faire des soutiens. Et à la façon dont ses proches passent leur temps à rappeler à quel point le Président est merveilleux et comment il a sauvé le pays, on pourrait valider la deuxième thèse. D’après Benyounès d’ailleurs, qui affirme que sa tête fonctionne bien, le Président suit tous les dossiers.

    Pourquoi ne réagit-il pas, ne serait-ce qu’en menaçant par lettre tous ces pilleurs installés dans l’Etat comme il l’a fait pour les journalistes et l’opposition ? Parce que probablement, il sait que tous ces procès qui se suivent sont indirectement son procès à lui, de sa gestion, son règne, ses hommes et ses choix. Sorti du régime en 1979, il avait été condamné par la Cour des comptes en 1982. Pourrait-il être rejugé dans 10 ans avec effet rétroactif ? Non, car à ce rythme où s’enfilent actuellement les procès sensibles, dans 10 ans, tous les juges seront morts, victimes d’AVC.

    Chawki Amari
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  • Les policiers poussés à bout à Ghardaïa

    essif

    Les policiers poussés à bout à Ghardaïa

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    le 14.10.14 | 10h00 12 réactions

     
	Manifestation, hier, à Ghardaïa, des Unités républicaines de sécurité (URS) contre leurs conditions de travail.

    | © El Watan

    Manifestation, hier, à Ghardaïa, des Unités républicaines de sécurité (URS) contre leurs conditions de travail.

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    Quelque 1500 éléments des Unités républicaines de sécurité (URS) originaires de 28 wilayas du pays ont manifesté, pour la première fois, contre leur hiérarchie.

    Ghardaïa. Lundi, 3h. Une heure où les policiers sont généralement dans les zones tampon de la ville pour éviter de nouvelles dérives sécuritaires. On savait que Berriane renouait avec des violences non encore maîtrisées, mais dès que la rumeur (non encore confirmée) du décès d’un de leurs collègues s’est propagée telle une traînée de poudre, des centaines d’éléments des Unités républicaines de sécurité, communément connues sous le nom de forces antiémeute, se sont rassemblés devant le siège de la sûreté de wilaya de Ghardaïa, dénonçant leur conditions de travail et surtout la précarité de leur situation sociale et de leurs conditions de vie et d’exercice du métier dans la vallée du M’zab. Affluant de plusieurs communes de la wilaya, abandonnant leurs positions et issus des URS de 28 wilayas du pays ramenés depuis novembre 2013 pour rétablir le calme à Ghardaïa après les violents affrontements intercommunautaires qui ont ébranlé la région, ils se sont retrouvés pour crier leur colère contre le directeur général de la Sûreté nationale, le général-major Abdelghani Hamel, à qui ils imputent leurs lamentables conditions de travail.

    Témoignages accablants

    «Nous effectuons 12 heures de travail par jour et nos responsables déclarent que nous travaillons sous le régime des 3x8, ce qui est un mensonge», crie un jeune policier de Constantine avant d’ajouter : «Je voudrais bien que vous veniez voir où nous dormons, sous des tôles par 45°, comme des animaux. Ne sommes-nous pas des êtres humains ?» Et un autre d’ajouter : «Hamel a déclaré devant des étrangers, à la réunion avec Interpol, que les policiers algériens sont bien rémunérés et que la plupart d’entre eux perçoivent 60 000 DA ? Eh bien, dites-lui que je ne touche que 32 000 DA et que mes collègues et moi, nous mettons nos vies en danger ici.»  Les témoignages sont crus et relatent un quotidien difficile, un sentiment d’abandon : «Agressés, tabassés, nous sommes aussi bien les victimes des émeutiers que des retenues sur salaires sans aucune absence de nos postes de misère devant des bandes criminelles encagoulées usant d’une violence inouïe.»

    Debout pendant plus de quatre heures face à la sûreté de la wilaya, les manifestants ont subitement changé de position pour donner le dos aux responsables sortis sur les marches de l’imposant édifice, les regardant sans oser approcher. Après presque une demi-heure dans cette posture, ils se sont dirigés dans une parfaite organisation vers le siège de la wilaya de Ghardaïa, à une centaine de mètres, après avoir entonné l’hymne national, toujours donnant le dos aux responsables. Les Ghardaouis saluent une élite qui proteste
    Les URS ont été acclamés tout au long du parcours par la population, notamment les jeunes Ghardaouis agglutinés sur les deux côtés du parcours.

    Les policiers, dans un silence entrecoupé par des applaudissements et les encouragements de la population saluant ce geste de courage de ces enfants de la République, ont emprunté le boulevard Didouche Mourad avant de déboucher sur l’avenue Talbi Ahmed, au bout de laquelle se trouvent le foyer de la police et le siège du tribunal. Sans s’arrêter, ils ont, encore une fois, entonné l’hymne national avant de déboucher sur l’avenue du 1er Novembre.

    Arrivés sur l’esplanade qui donne sur le siège de la wilaya et le siège de la cour de Ghardaïa, ils se sont assis par terre dans le calme, pendant près de 45 minutes, avant de reprendre le chemin inverse vers le siège de la sûreté de wilaya.
    Sur le chemin du retour, la détermination était plus forte. Quatre policiers placés au devant de la procession portaient des pancartes sur lesquelles on pouvait lire, en arabe : «Hamel dégage», «Nous voulons un syndicat autonome», «Nous voulons le ministre» et «10 mois, barakat».

    Vers 14h, le DGSN, Abdelghani Hamel, est arrivé à Ghardaïa en catimini et la sûreté de wilaya a publié un sibyllin et laconique communiqué transmis par mail à la presse pour informer que le patron de la police est arrivé à Ghardaïa pour une visite de travail et d’inspection et qu’il a rendu visite à quelques policiers blessés sur leurs lits d’hôpital, éludant superbement la situation explosive dans laquelle s’est retrouvée la vallée du M’zab avec son lot d’incendies, de blessés et de lendemains incertains. Aucun contact avec la presse, reléguée au rang de curieux indésirables.
     

    Les précisions de la DGSN

    La direction générale de la Sûreté nationale (DGSN) a apporté des précisions relatives à l’action de protestation observée par des agents de police à Ghardaïa, pour dénoncer les agressions répétées qu’ils subissent dans l’exercice de leurs fonctions. Dans un communiqué remis à notre rédaction, la DGSN dément catégoriquement le décès d’un policier suite aux derniers affrontements qui ont éclaté à Berriane ; elle indique cependant avoir dénombré trois policiers blessés.

    Le directeur général de la Sûreté nationale, le général-major Abdelghani Hamel, en visite de travail dans la wilaya de Ghardaïa, a été attentif aux préoccupations des policiers en colère contre ces agressions récurrentes dont ils sont victimes. Lors de sa rencontre avec eux, M. Hamel les a rassurés en s’engageant à prendre en charge «l’ensemble de leurs préoccupations et inquiétudes». Il a cependant insisté, ajoute le communiqué, sur la nature du métier de policier en rappelant à l’occasion les sacrifices consentis quotidiennement par les agents constamment exposés à de multiples risques et dangers.

    Le DGSN a exhorté les policiers à «poursuivre leur noble mission avec efficacité et honnêteté, dans le respect et l’application des lois de la République». M. Hamel s’est rendu, lors de son déplacement, à l’hôpital de la ville de Ghardaïa où il s’est enquis de l’état de santé des deux policiers blessés la veille. Un geste apprécié par les concernés et leurs collègues.  (R. P.)
     

    K. Nazim et Houria Alioua
     
     
    Vos réactions 12
    varan   le 14.10.14 | 16h14

    c'est louche

    je crois c'est le mandat de trop trop même allah esstar elblad.les digues mis en place par le pouvoir commencent à la cher.ce n'est pas un événement anodin,le risque que les institutions prennent de l'eau ... la suite

     
    boudjenah   le 14.10.14 | 15h32

    quelle police

    Il sont tous verreux ces ripoux. ils ne savent que casser des étudiants, des enseignants inoffensifs, et j'en passe.Pour une fois qu'ils se retrouvent de vrais délinquants ils abdiquent sous prétexte ... la suite

     
    Mouvement pour l'autonomie en Kabylie   le 14.10.14 | 15h13

    Mouvement de très bon augure

    Ils ont enfin compris qu'il étaient utilisés uniquement pour la sauvegarde des intérêts colossaux de la nomenklatura. Pourtant, il n'y a pas si longtemps encore, ils appliquaient avec motivation et ... la suite

     
    L'échotier   le 14.10.14 | 14h41

    Comment

    continuer dans cet aveuglement de demander à des enfants du peuple à taper sur d'autres enfants du même peuple? Ce régime continue de croire qu'il a un pouvoir de vie et de mort sur les Algériens et que le ... la suite

     
    slimfast-2007   le 14.10.14 | 14h09

    les grabataires a Alger!

    Pendant que ces pauvres bougres se défoncent pour assurer la securité au m zab, les grabataires du pouvoir sont au bord de leur piscine ou celles des hilton, a Alger! Que le monistre de l'intérieur et son ... la suite

     
    agrakal   le 14.10.14 | 13h37

    A quand la paix à Ghardaia ?

    J'espère ne pas être censuré comme hier. En lisant les articles et les interventions sur ce drame de Ghardaia, qui se joue à huis clos, je remarque que le calvaire des Mozabites est rarement évoqué ... la suite

     
    zakariadz   le 14.10.14 | 13h15

    RESPECT aux policiers

    les postes de responsabilité sont partager bel ma3rifa comme dans tout les disciplines en Algérie.alors c ça le résultat. un état faible et sans rigueurs. n'importe qui peut réunir une dizaine de personnes ... la suite

     
    Argou   le 14.10.14 | 12h59

    Ils sont bien soutenus

    Cette marche est juste, je la soutiens, comme ceux qui l'ont déja fait, mais Il serait aussi honorable, qu'eux nous soutiennent lors de manifestations, là ou ils n'hésitent en aucun cas de bastonner le ... la suite

     
    ergub   le 14.10.14 | 12h02

    A quand la suite ?

    Les officiers de l'ANP et des services de sécurité devraient suivre cet exemple et tourner le dos aux crétins qui tiennent le pays.

     
    daissi   le 14.10.14 | 11h48

    les policiers pousser a bout

    normalement ces pauvres policiers qui affrontent des ces sauvages comme a ghardaia doivent toucher un double salaire et doivent vivre dans des condition honorable

     
  • no moment

    DILEM DU 13 FEVRIER 2014

  • Cette information déformée qu’on nous sert……au quotidien!!

     

     

     

    Presse aux ordresMohamed Jebbara

    Il y a deux façons de traiter l’information.

    L’information fait partie qu’on le veuille ou non de l’arsenal éducatif, même si elle l’est de loin. Chez nous elle a toujours été utilisée par le pouvoir , directement ou indirectement pour distiller ce que ceux qui s’arrogent le droit de le composer veulent faire admettre ou lorsqu’elle leur échappe, ils la font censurer.

    Comme ce sont des militaires, généralement et jusqu’à présent, qui  s’occupent de ce rayon, celui-ci en a acquis les méthodes, la stratégie et la tactique. Une information, ou une désinformation, ne sont communiquées que pour produire un effet prévu et agencées pour le produire et seulement pour le produire et non pas pour informer. Cela englobe tous les moyens et tous les buts et est agencé en plusieurs plans, l’un derrière l’autre si l’un a failli, l’autre prend automatiquement la suite.

    Par l’action du temps, l’information, dans notre pays a perdu toute crédibilité en raison de sa déviance qui a fini par devenir claire et palpable pour tous, on ne peut mentir tout le temps. La rumeur l’a de ce fait remplacée graduellement, mais on s’est saisi de celle-ci et elle s’est trouvée en parallèle avec les canaux habituels et renforcé l’idée qu’il n’y a pas d’information juste et valable dans ce pays.

    La confiance en une information juste n’existe plus depuis longtemps et s’affiche comme la seule vérité : tout est faux. Cela détruit toutes les autres aires de confiance par dilution et détruit la société en parallèle avec d’autres tares.

    C’est pourquoi, que Saidani raconte une Histoire et que certains lui donnent raison, n’empêche pas d’autres de le contredire ou de prêcher la fausseté de son message. En fait on se concentre sur un effet de la nature de l’information chez nous, pour oublier la causalité essentielle, qui est que rien n’est sûr et qu’on n’a jamais de certitudes, qu’on nage dans le flou.

    La sortie de Saidani crée un foyer de polarisation de l’attention autour de lui, autour du FLN et autour du chef de l’organe de sécurité militaire. Il n’y a que ça de vraiment vrai. Le reste peut être vrai ou faux, est sans importance.  car le pays dans son ensemble est dans le fossé et divulguer un de plus, un de moins, cela ne change rien, à une certaine quantité de mal, on ne le ressens plus, je ne pense pas que des informations ça puisse changer la donne même si elles sont vraies, le mal domine notre vie publique, d’autant que l’inertie de chacun de nous est un élément affirmé.

    Pourquoi Saidani veut il polariser l’attention de cette façon ? Quel en est l’intérêt ? C’est ça qui est important. Mais comment le savoir sans scruter  son cerveau ou l’ouvrir ? Question difficile, car ses déclarations n’apportent rien de nouveau que de montrer qu’il a osé. Uniquement ça. Le reste n’a aucune espèce d’importance. Et s’il a été président d’une chambre c’est qu’avant, celui qu’il accuse, était à ses côtés, sinon il n’aurait jamais eu cette charge.

    Un changement s’est-il opéré ? Peut-on savoir lequel ? A-t-on dégommé celui qu’il incrimine ? Ce dernier a t-il perdu ses pouvoirs ? Le diktat sur l’information ne nous permets pas de le savoir, surtout que dans ce secteur, il faut montrer patte blanche et les journalistes qui la possèdent ne parleront pas. Ou bien peut être que Saidani tient son courage d’autre chose et quoi ?

    Finalement la sortie de Saidani ne fait que poser des questions au lieu d’expliquer des choses. Est-ce que son but était que les gens se posent des questions et pourquoi ? Sinon pourquoi cette sortie ?

    L’aspect éducatif résultant de cette information déformée qu’on nous sert depuis toujours est qu’après un demi-siècle de mensonges et de falsifications, la crédibilité a disparu, le mensonge est devenu roi, la confiance n’existe plus que chez les naïfs et comme rien n’est sûr, que l’homme ne contrôle plus son milieu devenu pourri,  le stress produit par l’absence de contrôle sur ce milieu rend tout le monde malade, les hôpitaux sont là pour l’attester, mais pire, les gens n’arrivent pas à se faire confiance pour changer les choses devenues abjectes.

  • Déclaration. Non à un quatrième mandat.dictature extreme!!

     

     

     

    Benyellès 3Ali Yahia4Taleb AhmedAprès avoir bafoué la Constitution qui limitait le nombre de législatures à deux mandats, voilà que le clan au pouvoir veut reconduire M. Bouteflika  -arrivé illégitimement au pouvoir en 1999- pour un 4ème mandat consécutif. C’est une négation de la République et du  sacro-saint principe de l’alternance au pouvoir,  une offense à la mémoire de ceux de nos compatriotes  qui ont sacrifié leur vie pour l’indépendance du pays et une marque de mépris pour les citoyens que nous sommes. Sauf réaction significative de la société civile et politique, M. Bouteflika sera maintenu à la tête de l’Etat au titre d’une parodie d’élection identique à  toutes celles que nous avons connu dans le passé, et ce, malgré son âge avancé, son état de santé déplorable  et le  bilan fort contestable des quinze dernières années. Un bilan d’autant plus inexcusable que l’Algérie aura connu au cours de cette période, une conjoncture exceptionnellement favorable,   celle d’une paix civile retrouvée grâce à la population qui a rejeté et l’extrémisme et l’éradication, celle d’une pluviométrie providentielle et celle d’une embellie extraordinaire des cours du pétrole. Les recettes pétrolières colossales  perçues durant cette période ont été dilapidées à l’exception d’une partie bloquée en bons de trésor,  pour le seul bénéfice de l’économie américaine.

     

    Au lieu d’utiliser la manne tombée du ciel pour bâtir une économie  de substitution à l’économie rentière des hydrocarbures et propulser l’Algérie au rang des pays émergeants, le régime de M. Bouteflika a choisi d’engager le pays sur la voie qui lui permet de rester au pouvoir en  achetant la paix sociale avec l’argent du pétrole. Pour ce faire, il a inondé le marché de produits d’importation et passé des contrats faramineux avec des entreprises étrangères de travaux et de prestation de service, à la grande satisfaction d’une faune d’affairistes de tous acabits et de tous bords.  Des contrats qui  ont donné systématiquement lieu à des commissions exorbitantes au profit des contractants nationaux et de  leurs intermédiaires à travers le monde.  Des fortunes  colossales se sont ainsi bâties sur le vol et la prévarication au détriment du Trésor algérien.

     

    Le pillage des recettes provenant de l’exportation des hydrocarbures  au cours de ces  années funestes pour l’intérêt du pays, a été accompagné  par une surexploitation criminelle de nos gisements pétroliers pourtant bien connus pour la modestie de leurs réserves   en  comparaison avec celles des Etas pétroliers de la région. Une surexploitation qui a accéléré le processus d’épuisement déjà largement entamé, ce qui expose la nouvelle génération d’Algériens à de graves problèmes de ressources.

     

    Peu de projets productifs ont vu le jour durant les quinze dernières années et le peu qui restait encore de l’ancien appareil de production a été démantelé pour laisser place nette aux barons de l’importation qui ont fait des Algériens une population d’assistés ayant perdu le sens de l’entreprise, ne produisant plus rien et attendant tout de l’extérieur, et vivotant dans un Etat en queue de classement dans tous les rapports  publiés périodiquement par les institutions internationales.

     

    Un Etat déliquescent caractérisé par une administration budgétivore  et incompétente, une bureaucratie étouffante, des services publics défaillants, une économie dominée par les activités informelles, la spéculation,  la fraude,  l’évasion fiscale et monétaire. Un Etat hors normes, profondément gangréné par la corruption (aggravée par l’impunité), et totalement déconsidéré aux plans régional et international. Un Etat incapable de protéger sa population contre les tonnes de kif qu’un pays voisin, connu pour sa politique expansionniste et son bellicisme à l’égard de l’Algérie,  déverse  quotidiennement sur nous,  sans que le pouvoir en place ne réagisse. C’est une véritable « guerre de l’opium » que ce pays mène contre nous, une guerre qui fait des ravages dans  la jeunesse algérienne et menace la  République dans son intégrité territoriale.

     

    Alors que  l’Algérie, depuis l’Indépendance, n’a jamais connu de conditions aussi favorables pour son développement qu’au cours des quinze dernières années, sa régression politique, économique, culturelle et éthique  n’aura malheureusement,  jamais été aussi grande qu’au cours de cette même période.  Cette déchéance est l’œuvre de la côterie au pouvoir qui pousse maintenant l’arrogance jusqu’à vouloir imposer un quatrième mandat dans un climat délétère aggravé par une situation explosive dans le sud du pays et des déclarations irresponsables faites hélas au nom du FLN.

     

    Aussi, et devant le viol qu’il s’apprête à faire subir une nouvelle fois à notre peuple,  nous, signataires de cette Déclaration, considérons qu’il est de notre devoir, devant Dieu et le peuple algérien, de dénoncer publiquement et solennellement, ses dérives politiques et morales inacceptables, sa gestion désastreuse des affaires de l’Etat et son immobilisme face au développement du régionalisme, du communautarisme et des forces centrifuges qui menacent le pays d’éclatement.

     

    Nous signataires de la présente Déclaration, disons non à une quatrième candidature de M. Bouteflika et appelons toutes les forces saines du pays- et notamment celles attachées à la justice sociale et à la moralisation de la vie politique- à exprimer  leur refus par tous les moyens pacifiques qu’ils jugent utiles : prises de position individuelles et collectives, recueils de signatures, pétitions, déclarations, appels, etc., comme nous leurs demandons, en cas de maintien de cette candidature, de boycotter massivement le simulacre d’élections que le pouvoir en place projette de tenir. La prochaine échéance électorale doit être l’occasion d’exiger une refondation des institutions afin que la situation que l’Algérie a connue durant les quinze dernières années  ne se reproduise plus jamais et pour que la candidature  à la magistrature suprême ne soit dorénavant permise qu’aux seuls dirigeants  dans la force de l’âge, en pleine possession de leurs capacités physiques et intellectuelles, et cela, à  l’exemple de  tous les pays qui comptent   dans le monde.

     

    Alger le 10 février 2014

  • Algérie : vingt-deux ans après le coup d’État, la violence reste le moteur du régime

     

     

    Bentalha1Algeria-Watch, 11 janvier 2014

     

    Depuis 1997, Algeria-Watch s’efforce de documenter les violations de droits humains en Algérie, en particulier les terribles exactions perpétrées par les forces de sécurité du pouvoir au cours de la « sale guerre » des années 1990. Et, depuis 2007, nous marquons chaque date anniversaire du coup d’État du 11 janvier 1992 par un communiqué évoquant la situation d’un pays toujours inscrit dans la logique mortifère qui fut alors inaugurée par le « pouvoir des généraux ». On trouvera ici l’ensemble de ces communiqués, dont la (re)lecture laisse aujourd’hui un amer sentiment de répétition, malgré l’admirable et obstinée mobilisation de toutes celles et tous ceux qui, en Algérie, n’ont pas baissé les bras et se battent toujours pour la justice et les libertés, à commencer par les familles de « disparus » des années 1990. Ce communiqué du 11 janvier 2014 ne marque hélas aucune rupture à cet égard.

     

    « L’arrêt du processus électoral a été une violence. » Dans un moment d’égarement lucide alors qu’il assumait la fonction d’apparence institutionnelle du pouvoir ou parce qu’il négociait des marges de manœuvres avec les « décideurs », le président Abdelaziz Bouteflika avait énoncé en 2000 une vérité qu’il ne répétera pas : la violence est le moteur du système algérien. C’est pourtant une vérité structurelle, sociale, politique, économique. S’il n’existe à ce jour aucun développement durable en Algérie, y prévaut une violence durable et cet ADN de la dictature gangrène la société toute entière. Vingt-deux ans après l’interruption du processus électoral et la « démission » forcée du président Chadli Bendjedid et après au moins 150 000 morts et des milliers de disparus, les Algériens subissent, encore, la brutalité du régime.

     

    Immobilisme et sénescence

     

    Officiellement, le pays est supposé vivre en avril 2014 un moment politique majeur : l’élection d’un président de la république avec la nécessité d’un changement générationnel. Et alors qu’aucun candidat sérieux ne s’annonce, les Algériens assistent, médusés, à un florilège théâtralisé des fourberies du système. Avec à l’affiche, une pièce absurde qui pourrait s’intituler Les ancêtres redoublent de férocité, titre prémonitoire emprunté au magistral Kateb Yacine. En l’occurrence, une sinistre farce avec chaise roulante, paradis fiscaux et baïonnettes relayée par une presse « indépendante », caisse de résonance du vide, qui tente d’accréditer une mise en scène poussive. L’intrigue, plutôt ténue, tient à la capacité d’un vieil apparatchik malade d’être candidat à sa propre succession.

     

    Cet immobilisme terminal évoque bien plus la sénescence systémique soviétique que l’interminable décrépitude au pouvoir de Bourguiba en Tunisie. Tandis que les observateurs patentés font mine de s’interroger sur l’« avenir » de Bouteflika, le régime des vrais « décideurs » exprime sans scrupules qu’il demeure le seul maître du jeu. Leur message n’a rien de subliminal et il s’énonce sans ambages : la société algérienne n’est pas concernée par le destin de son pays. Derrière ces diversions de presse, se profile effectivement l’extrême violence d’une situation où la population est mise hors-jeu. Car elle ne subit pas seulement une violence symbolique en étant ainsi exclue totalement par un groupe opaque de « décideurs » – souvent en osmose avec des centres extérieurs soucieux comme eux de préserver « durablement » leurs situations de rente respectives, qui se partagent la prédation des richesses pétrolières et gazières du pays.

     

    Le coup d’État du 11 janvier 1992 n’était pas un accident, c’était la réaction d’un système tenu par des oligarques sans autre culture que celle de la violence, pour préserver les circuits de corruption alimentant leurs fortunes, en empêchant l’émergence politique de la société et la mise en œuvre de modalités pacifiques de régulation des conflits et des contradictions. Il s’est alors trouvé des théoriciens de « gauche » pour fournir au nom de l’anti-islamisme « républicain »le discours censément « progressiste » ad hoc pour justifier une épouvantable répression. Un discours largement promu par le régime à l’étranger, tout particulièrement en France, où il a trop souvent été complaisamment relayé, cautionnant ainsi les crimes que l’on ne voulait pas voir (pourtant dénoncés par d’autres, bien minoritaires).

     

    Ces belles âmes mesurent-elles aujourd’hui combien elles ont été bernées par un régime qui tient plus que jamais – en partage avec l’extérieur, ce dont ne se souviennent jamais ces « patriotes » ! – les leviers de la rente tout en livrant la société à la bigoterie et à l’obscurantisme ? Tant qu’ils ne contestent pas le pouvoir, les imams peuvent en effet faire preuve d’inventivité sur des registres variés. Ils peuvent discourir sur la longueur du bâton avec lequel les hommes se doivent de battre les femmes, ils peuvent impunément verser dans la pensée magique en décrétant, par exemple, que le séisme est une punition divine voire que la Terre est plate… Les religieux de la dictature sont libres d’exercer la « violence » qui ne gêne pas le système, celle qui condamne les femmes et corsète la société en stigmatisant science et participation citoyenne.

     

    Vingt-deux ans après le coup d’État, c’est toujours le coup d’État !

     

    L’Algérie possède indiscutablement de considérables réserves de change. Mais le pays est sans ressort, brisé par la violence imposée par le régime, celle qui a poussé des armées de cadres biens formés à quitter le pays tandis que le chômage anéantit l’avenir de dizaines de milliers d’autres. Le pétrole et le gaz rapportent de l’argent, mais le système de la violence permanente a appauvri l’économie.

     

    Les milliards de dinars sont dilapidés pour des « éléphants blancs » couvrant une corruption systémique de grande envergure, alors que des régions entières ne sont pas encore raccordées au gaz de ville et ne bénéficient pas d’eau potable. Des crédits sans lendemain sont distribués aux jeunes, pour les « acheter ». Des centaines de milliers de logements sont construits, dont la garantie d’existence ne dépasse certainement pas trois ans, sans infrastructures ni transports publics, mais que les familles désespérées continuent de s’arracher. Et, pendant ce temps, le pays est dévasté écologiquement : les barons corrompus de l’administration, acoquinés avec ceux des petites mafias privées sectorielles (du sable, des carrières, de l’eau, etc.), s’enrichissent en saccageant méthodiquement des sites naturels magnifiques.

     

    Vingt-deux ans après le coup d’État, c’est toujours le coup d’État ! Alors comment s’étonner des émeutes, quasi quotidiennes depuis plus de dix ans et qui se sont multipliées en 2013, devenant de plus en plus violentes ? À défaut de communication entre État et citoyens, à défaut de relation autre que clientéliste ou répressive, quelle autre échappatoire en effet ? Le système, passé maître dans leur gestion, s’en arrange fort bien.

     

    Vingt-deux ans après le coup d’État, c’est toujours le coup d’État ! Les massacres des années 1996-2004 ont vidé de nombreuses campagnes de centaines de milliers de leurs paysans, qui s’entassent depuis dans les bidonvilles des grandes villes du nord du pays, sans espoir de retour. Leurs enfants, qui ont grandi trop vite, ne rêvent que de quitter ce pays qui ne leur offre plus aucun avenir. Nombre d’entre eux, année après année, choisissent la voie de la harraga (émigration clandestine vers l’Europe), au risque de leur vie – ils sont déjà des milliers à l’avoir perdue. Tandis que d’autres choisissent directement, de plus en plus souvent, l’atroce immolation par le feu…

     

    Vingt-deux ans après le coup d’État, c’est toujours le coup d’État ! Que sait de nos jours un(e) adolescent(e) algérien(ne) à propos de ce qui structure son être ? Il/elle a grandi depuis 1999 avec Bouteflika et la violence faite à la vérité : on ne lui parle que de « réconciliation nationale », alors que la loi du silence et du déni continue de reproduire le mensonge et la haine. Sans parler de l’impressionnant désastre que constitue le système public d’éducation, devenu totalement incapable – quel que soit le dévouement des enseignant(e)s – d’assurer à la jeunesse la transmission des connaissances de base, faute de moyens et de volonté politique.

     

    Pour que l’espoir renaisse, malgré tout

     

    De la violence coloniale à celle du coup d’État de 1992, il est donc plus que jamais nécessaire aux témoins qui le peuvent d’expliquer le fonctionnement de toutes ces violences. Et des raisons historiques qui les rendent en Algérie tellement plus intenses et plus systématiques que chez ses deux voisins maghrébins, la Tunisie et le Maroc, comme peut le signaler une analyse de l’« économie politique de la violence au Maghreb ».

     

    On ne peut pas redonner la vie à ceux qui l’ont injustement perdue, ni réparer des destins irrémédiablement brisés par des « décideurs » qui n’ont que la violence comme mode de gestion. Pour toutes ces vies perdues, pour ce pays dont l’élan vers le développement et le progrès a été brisé, nous avons un devoir de déconstruire ce système et d’en révéler, au risque de la redondance, le moteur : la violence.

     

    Ce n’est qu’à cette condition que l’espoir pourra renaître. D’où l’importance, tout aussi grande, de soutenir toutes celles et ceux qui résistent, malgré tout. Et d’abord malgré le quadrillage serré de toute la société que perpétuent depuis des décennies les dizaines de milliers d’agents du Département de renseignement et de sécurité (DRS, ex-Sécurité militaire). Car face à la répression et à la désinformation de tous les instants, des Algériennes et de Algériens résistent obstinément. Comme les familles de disparus, qui se battent pour la vérité et la justice, on l’a dit. Mais aussi les syndicats autonomes de la fonction publique (éducation, santé, poste, transports…) et, depuis peu, du secteur privé, qui se mobilisent de plus en plus face à la dégradation de la situation sociale.

  • QUI FAIT BOUGER CES COCOS POUR DESTABILISER L'ALGERIE! FRANCE ET LES USA!!!

    Éducation nationale : deux syndicats optent pour la poursuite de la grève

    Hadjer Guenanfa

     

     

    Deux organisations syndicales ont décidé, ce mardi 11 février, de poursuivre leur grève à l’issue d'une réunion organisée au ministère de l’Éducation. Il s'agit du Conseil national autonome des professeurs de l’enseignement secondaire et technique (Cnapest) et du Syndicat national autonome des professeurs de l’enseignement secondaire et technique (Snapest). 

     

    La réunion organisée par la tutelle était finalement un « carnaval », déplore Nouar Larbi, coordinateur du Cnapest. « Le ministère a invité tous les syndicats, même ceux qui n'ont pas appelé à une grève, et les parents d’élèves. C’était une diversion ! », affirme-t-il. Pour son syndicat, la grève sera maintenue jusqu’à nouvel ordre. « Tout le monde a parlé au cours de cette réunion sans arriver à quelque chose de concret. Donc, la grève se poursuit et pour l’arrêter il est important d’organiser des négociations bilatérales », insiste Nouar Larbi.

     

    Son organisation revendique notamment la prise en charge du dossier de la médecine du travail, la rectification des « erreurs commises dans l’application du nouveau statut des travailleurs de l’éducation » et le « calcul de la prime du Sud sur le nouveau salaire de base ».

     

    Le responsable du Snapest, Meziane Meriane, se montre plus nuancé sur les résultats de la rencontre et évoque des points positifs et d’autres négatifs. Concernant les premiers, le syndicaliste cite notamment « l’amendement de l’article 31 bis du statut particulier de l’éducation » et « un accord sur la préservation des postes budgétaires des professeurs formateurs ».

     

    Pour ce qui est des seconds, il cite, entre autres, « la prime du Sud qui n’est toujours pas actualisée ». Mais le Snapest compte poursuivre la grève jusqu’à la fin de la semaine. « Les coordinateurs de wilayas vont se réunir, à la fin de la semaine, pour décider de la suite à donner au mouvement de protestation », assure Meziane Meriane.

     

    Cette rencontre intervient après les « menaces » de licenciement des enseignants grévistes dénoncées par les syndicalistes. « Plus il y a des menaces, plus le taux de participation à la grève augmente », affirme le responsable du Snapest. Le coordinateur du Cnapest affirme que des mises en demeure ont été envoyées aux travailleurs pour les amener à arrêter leur grève. « Même ceux qui n’étaient pas en grève nous ont alors rejoints. Est-ce qu’on peut radier 300 000 enseignants ? Il est plus facile de radier un ministre », lance Nouar Larbi. 

     

    La position de l’Unpef, troisième syndicat impliqué dans cette grève, n’était encore pas connue.

  • #Algerie L'indépendance confisquée

    N’est-il pas temps de donner son premier mandat au peuple algérien après cinquante ans d’indépendance ?

    Fersaoui Abdelouahab

    Les soulèvements populaires qu’ont connus les pays du Maghreb et du Machrek ont apporté un changement au paysage politique de la région qui a connu la chute de quelques dictateurs. En Algérie, les mouvements de contestation de janvier 2011 ont poussé le pouvoir, par le biais du président Bouteflika, à annoncer une série de réformes dites démocratiques. Malheureusement, ce mirage de réformes n’est en réalité qu’un recul et une régression des espaces et de la pratique démocratique payés par le sang des jeunes d’octobre 1988. Le contenu répressif, anticonstitutionnel et antidémocratique de la loi 12/06 relative aux associations a été à l’origine d’une mobilisation de quelques acteurs associatifs pour contester cette loi jugée liberticide et scélérate. Une pétition a été lancée par un collectif d’associations pour l’abrogation de cette loi, d’autres actions de sensibilisation et de plaidoirie sont envisagées.

    A mes yeux, c’était une dynamique prometteuse à laquelle je crois toujours. Quelles que soient nos opinions et nos sensibilités politiques, l’abrogation de la nouvelle loi sur les associations est le dénominateur commun vers lequel nous devons tous converger. Il est toutefois important de rappeler que les associations et la société civile, en tant que forces de veille, de proposition et de mobilisation, doivent être un acteur central dans l’élaboration et la mise en œuvre de politiques publiques visant le développement social, économique et démocratique. Tout comme dans les démocraties du monde qui reconnaissent la démocratie participative, il revient de droit à la société civile de s’exprimer d’une manière libre et autonome sur des questions d’actualité. Elle sert aussi à relever et à signaler, en toute liberté, les carences politiques et sociales. Elle doit participer au contrôle, à l’évaluation des politiques publiques et faire émerger un contre-pouvoir indépendant du pouvoir réel.

    Hélas, la réalité est tout autre. Le pouvoir algérien, comme tout pouvoir autoritaire à façade démocratique craignant la culture du dialogue, solidifie et consolide sa pédagogie dictatoriale en verrouillant tous les espaces de débat. Tout cela me mène à dire que toute tentative pour reconquérir les espaces de libre expression doit passer par une mobilisation des forces politiques, sociales et intellectuelles car la nature a horreur du vide, le système puise sa force dans nos faiblesses.

    Dans cette conjoncture difficile, le défi pour la société civile algérienne ne se réduit pas à une campagne pour l’abrogation d’une loi aussi importante soit cette campagne à mener. Elle doit se hisser à l’image de la société civile tunisienne qui a su encadrer, orienter et préserver sa révolution. L’adoption d’une Constitution issue d’une constituante démocratiquement élue en est le résultat, nous devons nous en inspirer.

    Malgré l’utilisation de la rente pétrolière dilapidée pour se payer une base sociale par le biais du clientélisme, de la corruption et des appareils idéologiques qui sont à son service, le pouvoir est en panne de perspectives. La détérioration de l’état de santé du président, et la lutte des clans au détriment de l’intérêt général du pays qui n’est aujourd’hui un secret pour personne, ont mélangé les cartes des décideurs. Ajoutons à cela les mutations qu’a connues la région à travers les soulèvements populaires, les problèmes politiques et socio-économiques, les contestations cycliques sur le territoire national, l’instabilité aux frontières et les violences qui endeuillent la vallée du M’zab et d’autres régions du pays, ces évènements risquent de prendre des proportions dangereuses sur la cohésion sociale et l’unité nationale.

    À trois mois de l’élection présidentielle, le paysage politique est marqué par un flou et une démobilisation totale, malgré l’importance de cette échéance qui vient dans un contexte national et régional exceptionnel où le pays a besoin de toutes ses forces vives pour amorcer un processus de transition sérieux, rassembleur et déterminé vers une véritable démocratie et vers un État de droit consolidé par  des institutions fortes qui respectent la souveraineté populaire.

    On est à une époque, un moment où le politique est en pleine régression, le débat national est bipolarisé sur la candidature ou non de M. Bouteflika, alors que la seule question qu’il faut se poser est la suivante : « N’est-il pas temps de donner son premier mandat au peuple algérien après cinquante ans d’indépendance ? » Car la non candidature de Bouteflika n’est pas suffisante et ne garantit pas le changement. Loin de la volonté du peuple, le pouvoir en place cherchant à se pérenniser avec Bouteflika ou avec quelqu’un d’autre.

    D’un autre côté, la passivité de la société civile, société politique et intellectuelle ne peut que donner de l’opportunité au régime de prolonger sa vie au détriment de l’intérêt général du peuple algérien, et de reporter le  changement souhaité  et longuement attendu par les Algériens  une nouvelle fois à une autre date inconnue.

    Face à ce statu quo du pays et le contexte régional, le changement est impératif, on ne peut pas nager longtemps à contre-courant, la prochaine élection présidentielle devrait être une opportunité de sortie de crise à saisir à la fois par le peuple algérien et le pouvoir en place qui a atteint ses limites.  

    L’ouverture effective du champ politique et médiatique, la garantie de toutes les libertés individuelles et collectives et le respect de la volonté du peuple algérien sont des préalables indispensables pour assurer une solution politique globale avec la concertation et la participation de toutes les forces crédibles. Pour cela, il est temps que les forces vives, démocratiques et progressistes dépassent leurs divergences d’hier, et s’unissent autour des souffrances d’aujourd’hui et les espoirs de demain.

    L’enjeu actuel consiste à se concerter et à tracer une stratégie de lutte commune. A mon avis, il est temps d’organiser et de reconstruire les forces politiques et sociales, de les adapter aux exigences de la conjoncture actuelle et aux besoins et aspirations du peuple algérien qui aspire à exercer sa citoyenneté pleine et entière.

    Secrétaire général du Rassemblement action jeunesse* (RAJ)

     

  • LE DRS CONTRE SAID BOUTEF

    Hichem Aboud réplique à Saïd Bouteflika

    Hadjer Guenanfa

    Saïd Bouteflika a décidé de rendre publique la lettre que lui a adressée Hicham Aboud où il lui porte de graves accusations. Le frère cadet du président de la République refuse de se taire et l’ancien capitaine du DRS continue de le défier. « La plainte est la bienvenue. Il la déposera parce que je lui ai posé des questions à travers une lettre qui lui a été destinée exclusivement à titre privé ? », réplique M. Aboud dans une déclaration à TSA ce lundi 10 février. Et d’ironiser : « le conseiller spécial du président de la République a besoin d’un conseiller juridique et de conseillers en communication ».

    Ce matin, Saïd Bouteflika a affirmé, en exclusivité à TSA, avoir reçu une lettre de Hicham Aboud, par le biais de la présidence de la République, et avoir ordonné de la rendre publique pour prendre l’opinion publique à témoin. Lire

    « Ce n’est pas du chantage ! »

    Au-delà des critiques, la lettre de l’auteur de La mafia des généraux suscite de nombreuses questions. La première concerne le timing choisi. Son envoi intervient trois jours après l’interview accordée par Amar Saâdani à TSA et où celui-ci formule de virulentes critiques contre le DRS. « Cette lettre a été écrite depuis trois mois. Mais je n’avais pas réussi à avoir son numéro de fax. Ce dernier m’a été récemment envoyé », se justifie M. Aboud. « En juin, j’avais déclaré lors d’une conférence de presse que je préparais un livre sur les perversions de Saïd Bouteflika », ajoute-t-il. Notre interlocuteur réfute catégoriquement la thèse du chantage. « Je n’ai pas à faire du chantage ! Quand je fais de l’investigation, je n’écris jamais sur une personne sans l’avoir consultée. Je l’ai fait avec le général Larbi Belkheir, avec Mohamed Raouraoua et Melzi par exemple », affirme-t-il avant d'insister : « Je n’ai rien à voir avec Saâdani ou le général Toufik. Ce général Toufik, je ne saurai me mettre sous sa protection ou rouler pour lui alors qu’il est incapable de se protéger lui-même ».

    « Le général Toufik veut rendre service à Saïd Bouteflika !  »

    Hichem Aboud dit d’ailleurs être sur le point de publier une contribution intitulée « cette pseudo guerre des clans ».  Une guerre qui se fait, selon lui, « à sens unique et dans laquelle le général Toufik, qu’on présente comme étant ‘’Reb Dzair’’, ne cesse de prendre des coups de la part d’un homme qui n’a aucune fonction officielle dans l’État algérien ». Cet homme est « Saïd Bouteflika qui a pris en otage l’Algérie, son peuple et son président pour servir ses propres intérêts personnels et la clique qui l’entoure ». Pour lui, le patron du DRS voulait même rendre service à Saïd Bouteflika. « Au moment où il recevait des coups de sa part (limogeage de ses cadres, limitation de ses prérogatives, suppression de certaines structures du DRS), le général Toufik m’a envoyé des émissaires pour me supplier de renoncer à la rédaction du livre. Chose que j’ai refusé ! », jure Hichem Aboud avant de lancer : « le général Toufik veut rendre service à Saïd Bouteflika ».

    « S’il ne répond pas à mes questions, je mettrai ces informations au conditionnel »

    Autre question que suscite la lettre de Hichem Aboud, celle liée aux preuves qu’il détient vu les graves accusations qu’il formule à l’encontre de Saïd Bouteflika. « C’est ce qui se dit ! Moi, je veux combattre la rumeur par des informations. S’il ne répond pas, j’aurais mis ça au conditionnel. J’aurais dit que c’est la rumeur », dit-il. Dans sa lettre, Hichem Aboud évoque d’abord la vie privée du frère du président de la République. « Je n’ai jamais envisagé de rendre public les détails sur son homosexualité tenant compte de la pudeur du lecteur algérien et du fait que mes enfants vont lire ce livre », se défend-il. Ces détails doivent être envoyés, selon lui, à un psychologue qui sera chargé d’élaborer une analyse en vue de dresser « le portrait de Saïd Bouteflika ».

    Hichem Aboud dit les avoir mentionnés dans sa lettre pour prouver au destinataire qu’il était « parti très loin dans ses investigations ». Il  parle et accuse Saïd Bouteflika de corruption et cite certaines affaires comme Sonatrach et l’autoroute est-ouest « Je lui ai posé la question sur la facture de l’hôtel Meurice. C’est connu qu’ils (les membres de sa famille, ndlr) ont séjourné dans cet établissement où la nuit coûte 2600 euros et qu’ils étaient nombreux. Au lieu d’écrire des généralités, j’ai préféré demander le montant. Ce sont des gens qui racontent cela ! », dit-il.

    L’ancien directeur de Mon journal et Djaridati, deux quotidiens aujourd’hui disparus, ne détient visiblement pas de documents prouvant certaines de ses affirmations. « Dans les pratiques mafieuses, vous n’arriverez jamais à obtenir des preuves matérielles. Sinon, on sort du cadre mafieux. La mafia ne laisse pas de trace ! », argumente M. Aboud.

    Et puis dans l’investigation, « on s’appuie sur des témoignages qu’on doit recouper pour arriver à l’information. Et ils sont nombreux, ceux qui vont se bousculer pour donner des informations en tout genre. Et, je ne suis pas facile pour me laisser faire et dicter n’importe quoi, c’est pour cette raison que je lui ai envoyé une lettre », explique-t-il. 

    « Pourquoi je voue de la haine à Saïd Bouteflika ! »

     Hichem Aboud ne porte pas le frère du président de la République dans son cœur et il ne s’en cache pas. « Je lui voue plutôt de la haine ! », lâche-t-il sans ambages. Les raisons sont nombreuses. D’abord, les poursuites judiciaires dont il a fait objet et dont il tient pour responsable Saïd Bouteflika. Des poursuites lancées suite à un article paru dans ses deux quotidiens sur l’état de santé du chef de l’État et son retour en Algérie. Ensuite, « il (Saïd Bouteflika) a pris la décision, le 6 juin, de me priver de la pub de l’ANEP. Il a actionné la justice pour m’interdire de sortir du territoire national et il a actionné l’imprimerie pour suspendre le tirage des deux quotidiens pour une dette de 4,5 milliards de centimes alors que d’autres journaux avaient des dettes de 200 à 300 milliards de centimes », raconte-t-il.

    Et Hicham Aboud de poursuivre : « Il (Saïd Bouteflika) va plus loin en actionnant les services de police pour me mettre sous écoute téléphonique. Deux personnes avec lesquelles j’étais en contact téléphonique ont été convoquées au commissariat central d’Alger, ce sont les deux frères Adimi, deux colonels à la retraite », relate notre interlocuteur.

    Saïd Bouteflika « pousse le bouchon trop loin », poursuit-il, « en ordonnant à la police de lancer un mandat d’arrêt international à mon encontre et de demander au consulat général de Lille de me priver du renouvellement de passeport, de l’inscription sur la liste électorale et de la carte consulaire ». En fait, Hichem Aboud annonce clairement son objectif à travers son nouveau livre : « Comment voulez-vous que je ne fasse pas payer à Saïd Bouteflika toutes ces injustices et exactions ? Il se comporte en petit dictateur et par mon livre je vais le remettre à sa place ».

     

     

  • L’Algérie, un pays prisonnier de l’absurde (Opinion)

     

     

    Bouteflika, lors de la signature de la LF2014

    Boutef ou Toufik ? Saadani a choisi son camp. L’Algérie aussi : elle nage dans l’absurde.

     

     

    Dans une Algérie en régression morale et politique, le ridicule n’est jamais loin. L’absurde non plus. Il tend même à s’installer partout, y compris à la présidence de la république, ainsi que dans les principaux centres de pouvoir, au sein des partis et dans la nébuleuse des réseaux qui gravitent autour de la rente. Ceux qui sont supposés diriger le pays et ceux supposés décider de son sort sont en effet installés dans une situation parfaitement ubuesque : ils se chamaillent pour savoir si un homme physiquement diminué, en très mauvaise santé, incapable de se mouvoir et de participer aux forums internationaux, incapable même de se déplacer et de participer aux réunions, doit rester au pouvoir pour un mandat supplémentaire de cinq ans.

    Ces hauts responsables sont, à priori, l’élite politique du pays. Ministres, hauts fonctionnaires, officiers supérieurs, diplomates chevronnés, tous occupent des fonctions prestigieuses, roulent en luxueuse voiture officielle, touchent de salaires très élevés, et sont souvent entourés de gardes du corps et d’une multitude d’assistants formés dans les meilleures écoles. Mais ce n’est qu’une façade, car ces hauts responsables sont réduits à des considérations parfaitement ridicules, liées à une inconnue : gérer au jour le jour, en fonction de l’évolution de l’état de santé du chef de l’Etat. Ils ont oublié la politique, les projets, l’idéologie, la compétition, la démocratie. Ils sont absorbés par une seule hantise : Abdelaziz Bouteflika sera-t-il candidat ou non? Comment savoir, pour faire le bon choix, en vue de le soutenir en cas de candidature, ou prendre ses distances si jamais il est lâché ?

    Le premier ministre Abdelmalek Sellal concentre toutes ces contraintes. Cet énarque, qui a une longue carrière de fonctionnaire et de ministre, devrait être au top de sa carrière. Il en est à sa phase la plus humiliante : il est chargé d’entretenir le suspense sur la candidature de M. Bouteflika. Il le fait avec un zèle remarquable, mais il ne se prononce jamais clairement sur le sujet, même s’il montre la direction à suivre. Jamais la gestion du pays n’a été aussi approximative, mais il ne s’en préoccupe guère. Il joue un autre rôle, non prévu par la constitution : occuper la scène, faire des promesses, se rendre dans les wilayas, en attendant le grand jour, celui de l’annonce de la candidature de M. Bouteflika.

    Une nergie mal dépensée

    L’habileté de M. Sellal et de ses pairs, ainsi que leur savoir-faire politique, sont mobilisés autour de questions grotesques. En privé, ils doivent bien se rendre compte que leur comportement frise le ridicule. Mais en public, il faut assurer. Rester digne, ne pas perdre la face. Un exercice périlleux, impossible à accomplir: comment rester cohérent quand on est amené à organiser la campagne électorale d’un homme qui est lui-même physiquement incapable de faire campagne ? Comment soutenir, contre tout bon sens, que M. Bouteflika est en bonne santé, que son cerveau fonctionne mieux que celui des Algériens, selon la formule de M. Amara Benyounès, alors que les images de M. Bouteflika, diffusées par la télévision algérienne, sont si cruelles ?

    Les plus zélés au sein cette « élite » vont encore plus loin. Ils agissent pour neutraliser les adversaires du quatrième mandat, au sein du pouvoir et dans l’opposition. Et ils anticipent, en pensant aux moments les plus délicats. Ils réfléchissent déjà à la manière d’organiser la cérémonie de dépôt du dossier de candidature au conseil constitutionnel, où tout candidat devrait formellement se rendre. Ils mettent aussi en place le cérémonial pour la prestation de serment, lorsque le chef de l’Etat devra apparaitre devant les corps constitués et le corps diplomatique, pour jurer qu’il va respecter une constitution qui n’a plus de sens !

    Si le président Bouteflika est reconduit, cette prestation de serment sera précisément une épreuve particulièrement cruelle pour l’Algérie et les Algériens. La communauté internationale assistera, ce jour-là, à travers ses représentants, à une sorte de forfaiture collective. Elle sera le témoin d’une scène durant laquelle le pouvoir algérien scellera, en groupe, sa dérive. Une sorte de reddition en pleine campagne de la part d’une « élite » qui applaudit un parcours absurde. Et ce n’est pas l’intrusion de Amar Saadani dans cette situation grotesque qui va améliorer les choses. Bien au contraire. Elle va juste augmenter la confusion. Car au lieu de parler de l’absurde question de l’état de santé du président Bouteflika, on va parler du grotesque duel Boutef-Toufik.

  • Bouteflika, DRS et autres… Mais où est l’Algérie dans tout ça ?

    Par Le Matin

    Purges, luttes de clans, coups bas, en pleine fièvre présidentielle, le débat s’enflamme. Pour qui ? Pour quoi ? A voir. Car au-dessus du volcan sur lequel dansent ces langues de vipère, il y a surtout l’Algérie qu’on a tendance à oublier.

    Bouteflika Bouteflika

    Certains se frottent les mains. Bouteflika va débarquer Toufik, l’inamovible patron du DRS. D’autres s’inquiètent du pouvoir grandissant du clan présidentiel. Décidément, le pays croule sous les vents contraires. Les coutures de la République cèdent une par une pour laisser place aux règlements de comptes les plus indécents. On n’est plus dans la pratique politique. L’a-t-on été un jour d’ailleurs ? La situation est extrêmement grave. A tous points de vue. Quelques éléments d’appréciation.

    Attaque contre le DRS

    Le pouvoir n’a décidément pas de boussole morale. En pleine présidentielle, le débat vire aux règlements de compte en haut lieu. Cependant, on a envie d’être naïf et se poser la question : pourquoi donc Saadani et les autres soutiens patentés du président s’attaquent ici et maintenant au général Toufik ? A-t-il donc commis une faute grave ces derniers jours pour subir les foudres du patron controversé de l’ancien parti unique ? Que nenni, du moins officiellement. Car toutes les raisons qu’avancent aujourd’hui Amar Saadani pour mener à l’échafaud le patron du DRS ne sont plus de saison. A leur époque Saadani n’avait rien dit. Saadani glisse argue que Bouteflika veut mettre un terme à l’intrusion du DRS dans la politique. Bonne nouvelle. Mais il se trouve qu’on quelque peine à le croire pour plusieurs raisons. Car s’il y a bien un pouvoir qui a neutralisé les partis réfractaires, paralysé le pays, interdit d’activité les syndicats et fermé l’espace public au débat c’est bien le président Abdelaziz Bouteflika. 

    Mais alors pourquoi ces raisons de la colère maintenant ? Une seule explication : le 4e mandat du président.

    Bouteflika, un mandat à vie

    Bouteflika est toujours en convalescence. Il est aphone, aucune déclaration ni sortie publique depuis plusieurs mois. Le concerné lui-même ne s’est pas déclaré candidat. Qu’importe, d’autres s’occupent de le faire à sa place. Pourquoi diable cette agitation à reconduire un homme âgé de 77 ans, malade qui a lui-même reconnu que son temps est révolu ? La stabilité avancée comme argument ne tient pas la route. Pire il y a quelque chose d’inconséquent, de cynique dans cette entreprise qu’un cercle restreint s’emploie à imposer au pays. 

    Le général Toufik en retraite

    Patron du DRS depuis 1990, on peut comprendre qu’il faille que celui qu’on surnomme Toufik parte à la retraite et cède sa place à un cadre plus jeune. Mais pourquoi Bouteflika ainsi que le vice-ministre de la Défense dont l’âge dépasse de loin celui de Mediene ne se retirent-ils pas eux aussi ? Leur départ tous comme ils sont aurait été une entreprise de salut public pour laisser place nette à une présidentielle transparente. Elle serait salué par tous les patriotes sincères. Cependant on en est loin de cette hypothèse. Car ni le président, ni son vice-ministre ne sont prêts à pantoufler tranquillement chez eux. C'est dire qu'il y a décidément quelque chose de malsain. 

    Malheureusement, ce qui se joue actuellement dans les hautes sphères du pouvoir coûtera très cher à l’Algérie. Car, c’est du destin d’un pays pris en otage par une clique qu’il s’agit. Et de rien d'autre. Le devenir de Saadani, de son mentor et des autres relève de l'anecdote devant l'avenir de l'Algérie.

    Yacine K.

  • Ça devait mal finir

     

     

    Par : Mustapha Hammouche

    On n’aura jamais vu cela. Ni en 1978, ni en 1988, ni en 1998, ni même en 2008. Toutes ces fois-là, la crise cyclique de régime s’était réglée dans l’intimité des salons feutrés des décideurs. Et toutes, toujours dans le sens d’une prolongation de sursis pour le système. Sauf, peut-être, en 2008, où la crise avait été résolue dans le sens d’un sursis pour le régime, avec le passage en force d’une Constitution formellement démocratique à un régime de présidence à vie.
    Le diagnostic était pourtant éloquent : soutenu par des plans de dépenses qui allaient entretenir une frénétique activité de prédation, le programme est resté à l’état de document (de même que les projets de réforme de l’État, de l’école, de la justice, de l’économie…). Des dépenses “de consolation” durent être engagées pour contenir le mécontentement naissant d’un peuple qui ne pouvait indéfiniment rester passif devant la curée à laquelle il assiste : réévaluation inconsidérée des indemnités des élus, des salaires de cadres, des soldes de corps constitués, industrie du logement social, soutien des prix de multiples produits, crédits aux jeunes à taux zéro, tolérance des activités économiques et commerciales parallèles, dispense du paiement par chèque nécessaire aux petits trafics… La rente semble suffire pour qu’un maximum d’Algériens puissent croire qu’ils vivent au frais de la princesse. L’expression étant verrouillée, réprimée quand elle se fait insistante, nous sommes de plus en plus nombreux à nous diriger vers la porte ouverte : la souscription à la rente, chacun à sa manière et en fonction de ses opportunités.
    Le prétexte de “la stabilité”, que l’on invoque brandit une nouvelle fois, aujourd’hui, comme une voie de salut national, l’a emporté sur l’urgence, déjà palpable en 2008, d’un changement. Ne serait-ce que pour éviter que la poursuite du gaspillage improductif des ressources nationales, la prolifération des pratiques de malversation ne perdurent et pour, si possible, libérer la justice, réhabiliter la santé, l’école, et le service public.
    Non, le projet de ruineuse “stabilité” a été préféré à un nouveau départ salvateur. Pour cela, le pouvoir est allé jusqu’à assumer un coup de force constitutionnel qui a amputé notre loi fondamentale de l’un de ses rares attributs démocratiques infalsifiables dans la pratique : la limitation du nombre de mandats présidentiels. Au nom de la continuité, on a renforcé l’autoritarisme en politique et l’immobilisme en matière de développement, abandonné des secteurs vitaux tels l’éducation et la santé au pourrissement. Les dossiers de malversations s’accumulent, tous plus scandaleux les uns que les autres, et même s’ils tardent à être traités, leur nombre est significatif de ce que les appétits de coteries ont déchu la notion d’intérêt général.
    Aujourd’hui, la question de la poursuite d’une telle politique se repose à nouveau. Avec un tel bilan, elle se repose de manière d’autant plus pressante. Mais, l’idéal de “stabilité” semble être plus défendu qu’il ne l’a jamais été. Parfois, sans même que soient mises les formes que notre système savait, jusqu’ici, sauver.
    Ça devait mal finir. Il y avait trop d’argent pour écouter les avis inquiets. Pour le système ou pour le pays. C’est au choix.

  • APRÈS AVOIR ÉTÉ PROJETÉ DANS UN CONFLIT AVEC LE DRS: Amar Saâdani sacrifié par les siens

     

    La sortie fracassante de Amar Saâdani, qui s’en prenait violemment au Département du renseignement et de la sécurité (DRS) et son patron, le général de corps d’armée, Mohamed Mediène dit Toufik, aura provoqué un lâchage en chaîne du turbulent patron du FLN. Y compris par ceux qui sont censés être ses alliés politiques au sein même du premier cercle présidentiel !
    Kamel Amarni - Alger (Le Soir)
    Hier mercredi, deux partis siégeant au gouvernement se sont officiellement démarqués du SG du FLN, exprimant à l’occasion leur appui total à l’institution militaire. D’abord, la matinée, c’est le patron du RND, et néanmoins président du Sénat, Abdelkader Bensalah qui, à sa manière, rappellera à l’ordre «l’insolent» Saâdani au cours d’un discours prononcé à l’occasion d’une réunion interne au parti. Puis, dans l’après midi, c’est au Mouvement populaire algérien, le MPA du ministre du Développement industriel et de la Promotion de l’investissement Amara Benyounès qui tire à boulets rouges sur le même Saâdani.
    «Le secrétaire général du FLN, Amar Saâdani, s’est illustré ces derniers jours par des propos mensongers pour le moins surprenants et dangereux, voire gravissimes», lit-on d’emblée d’un communiqué sanctionnant une réunion de son bureau national. Dénonçant fortement «ces déclarations et ces propos qui attentent gravement à l’honneur de l’une des principales et des plus nobles institutions de notre pays, l’ANP», le MPA notera que «même les partisans du «qui-tu-qui ?» et au plus fort de leur offensive contre l’Algérie, n’ont jamais osé aller aussi loin dans la calomnie».
    Le parti de Amara Benyounès estimera par ailleurs que «le contexte régional et international ajoute à la gravité de ces agissements». Benyounès, tout comme Bensalah ne manqueront pas, chacun de leur côté, de rappeler leur soutien à un quatrième mandat pour Bouteflika. Exactement ce que réclame également Saâdani ! Autrement dit, et en attendant une fort probable sortie similaire de l’autre partenaire politique, Amar Ghoul, il va de soi, désormais, Amar Saâdani est décrété persona non grata.
    Cela sonne en tout cas comme une vraie «fin de mission» pour l’actuel secrétaire général du FLN. Imposé par Bouteflika l’été dernier à la tête du parti majoritaire, en dépit de l’opposition quasi unanime de tous les courants au sein du vieux parti, Saâdani avait pour principale mission de faire la promotion d’un quatrième mandat pour Bouteflika mais pas seulement. Il s’adonnait à une permanente offensive médiatique contre les services de renseignement. D’abord par touches allusives, puis claires et, depuis lundi dernier, carrément vulgaires ! Il accable le patron même du service avec de très graves accusations, refaisant, en la travestissant toute l’histoire du pays depuis deux décennies. A se fier aux déclarations de Saâdani, le terrorisme n’a jamais existé en Algérie ! Comme tous les mercenaires engagés par la propagande islamiste du FIS et de ses alliés, ce serait ainsi l’armée algérienne, à travers sa colonne vertébrale, les services de sécurité, qui aurait mis l’Algérie à feu et à sang ! Il lancera même un appel pathétique et scandaleux en direction de l’étranger en suggérant que même l’assassinat des moines de Tibhirine serait l’œuvre du patron des services !
    Ceux qui avaient actionné Saâdani, pour opérer quelques «frappes chirurgicales» sur une cible bien determinée, se seraient-ils finalement rendus compte que leur «kamikaze» risquait de tout ravager sur son passage ?
    K. A.

  • LAPLUS GRANDE COMEDIE BURLESQUE DU POUVOIR OCCULTE ALGERIEN

    Algérie : Plus de 50 officiers du DRS mis à la retraite

    Par | février 4, 2014 5:51
    gaid salah boutef
     

     

    Pour bien asseoir son pouvoir, le clan présidentiel a mis à la retraite plus de 83 officiers supérieurs de l’Armée, dont 50 dépendent du Département de renseignement et de sécurité.

    La décision de la mise à la retraite de ces officiers avait été prise lors d’une rencontre tenue le 04 janvier dernier, une journée après l’évacuation de Abdelaziz Bouteflika au Val-de-Grâce, rapporte le journal El Khabar qui a donné l’information. La rencontre, présidée par Ahmed Gaïd-Salah, avait réuni entre autres le Général Toufik, responsable du DRS. Parmi les officiers mis en retraite, on trouve, selon la même source, le Général Hassan, chargé de la lutte anti-terroriste, le Général Chafik chargé de la lutte contre le crime économique et le Général-Major M’henna Djebar, Directeur de la sécurité militaire. Le journal rapporte que me chef de l’Etat reproche le manque d’efficacité à ces officiers.

    Une seconde réunion aurait regroupé, selon toujours la même source, Ahmed Gaïd-Salah, Saïd Bouteflika, Amar Saâdani et Amar Ghoul. La réunion a porté sur l’alternative à présenter si Abdelaziz Bouteflika était dans l’incapacité de briguer un quatrième mandat. Saïd Bouteflika et Amar Ghoul ont alors adoubé Abdelmalek Sellal. Mais Gaïd-Salah et Amar Saâdani se sont opposés à cette éventualité estimant que le premier ministre est un proche du général Toufik.

    Les attaques de Amar Saâdani contre le Général Toufik font-elles donc suite à ces réunions qui ont affaibli le DRS ? Possible. Mais la réponse va être donnée dans les prochains jours.

    Essaïd Wakli

  • Déclaration de Saadani, du déjà-vu…

    RSS - Débats

     

    Par Le Matin | Il y a 18 heures 16 minutes | 9525 lecture(s) | Réactions (5)

    La situation se dévoile devant les yeux de citoyens ébahis. Sellal se dit prêt à verser le sang, pas le sien bien sûr. Sidi Said et Ghoul, glorifient le nouveau Messie, des enfers s'entend. Saadani, l'héritier du coup de force de 1957, s'en prend à la police politique institutionnelle, il lui préfère une police politique privée[1].

    Chadli et Saadani Chadli et Saadani

    Bouteflika président, mort ou vif ! L'inspiration yankee ne fait pas de doute. Dans la perspective de ce "rab", Jean-Marc Ayrault, premier ministre français, s'est mouillé dans la mise en scène médiatique d'un bras mouvant à rebond. De son côté, le gouvernement de Sa Majesté a gracieusement livré l’arme à destruction massive : Moumen Khalifa. Relevons aussi qu'une presse occidentale, bien conciliante, s’est dispensée d’un regard lucide sur les évènements de Taghardait. L’enjeu est de taille : capter l’essentiel des réserves de change engrangées lors des trois précédents mandats. Deux cents milliards à capter. Quelques-uns iront dans les comptes offshore, mais l’essentiel tombera dans l’escarcelle des majors pétroliers et autres magnats de la finance internationale. Ce que "la valorisation" des hydrocarbures non conventionnels ne pourra pas siphonner sera englouti dans des projets d’infrastructures sur le modèle autoroute Est-Ouest.

    Pourquoi ceux qui ont toujours été des toutous devant les hommes en kaki se découvrent une telle audace aujourd’hui ? Ne serait-ce pas qu’ils se sont mis au service de nouveaux maîtres [2] ? Saadani, qui se proclame champion de "l’Etat civil" se tait sur la batterie d’interdictions signifiées par le prétorien de l’intérieur[3]. Là n’est pas la seule faille de son funèbre chant. Relayer les accusations d’échec sécuritaire à Tiguentourine relève de la trahison, alors que s’il faut supposer un échec il serait celui de tous les services opérant dans la région. Faut-il s’offusquer maintenant d’une forfaiture entamée depuis longtemps ? Il fallait la détecter le jour où la sommation a été donnée de projeter des supporters à Oum Dormane, alors que lorsque la sécurité de la Nation imposait d’agir en Libye et au Mali, les défenseurs de la patrie ont été cantonnés armes aux pieds.

    Avant octobre 1988, en septembre, le chef libéral Chadli Bendjedid avait fait un discours "subversif" suggérant aux "masses" d’investir la rue pour s’élever contre les pénuries… En octobre il compromettra l’armée en la faisant tirer sur le peuple. Aujourd’hui, l’écho de ce discours revient en annonces de mauvais augure. L’impression de déjà-vu est saisissante. Est-ce pour autant que les pièges seront déjoués ? Les forces à l’œuvre aujourd’hui sont bien plus puissantes qu’en 1988 et les forces démocratiques ont été tellement éprouvées depuis. Pourtant il faut garder espoir… Peut-être que dans les nouvelles épreuves qui s’annoncent ….

    Mohand Bakir

    Renvois

    [1] http://mob.dz.over-blog.com/2014/01/liquider-le-drs-au-profit-de-la-police-politique.html

    [2] http://mob.dz.over-blog.com/2014/02/hocine-malti-sonatrach-50-ans-apr%C3%A8s.html

    [3] Gel d’associations, interdiction d’activités d’autres ; exclusion des partis opposés à la prochaine présidentielle de toute activité en salle,…

  • L’admirable défi tunisien

     

     

    Par : Mustapha Hammouche

    La Tunisie vient d’adopter une nouvelle Constitution, quelques jours après le troisième anniversaire de la chute de la dictature Ben Ali.
    Elle consacre la république, la démocratie, la parité homme-femme et la liberté de conscience. Ce n’est pas encore le triomphe du principe de laïcité mais, pour un pays inscrit dans la sphère dite de culture arabo-musulmane, ce n’est pas rien. C’est même l’unique Constitution dans le monde dit arabe à inscrire le droit à la liberté de conviction.
    Avec ce texte, la Tunisie a pris une longueur d’avance historique sur les États de l’espace “arabe”. Bien sûr, une fois gravés dans le texte fondamental, la préservation de ces acquis démocratiques subsistera comme l’enjeu politique à venir de la Tunisie. Car c’est évidemment par intelligence tactique que les islamistes tunisiens, en général, et Ennahda, en particulier, ont souffert la consignation de la liberté de croyance et l’égalité des sexes dans le texte fondateur de la nouvelle République de Tunisie.
    Ce document ne vaut pas par son seul contenu. Il vaut aussi par le fait qu’il est le produit d’un débat entre les forces politiques et civiles du pays. Il est à la fois l’aboutissement d’un rapport de force et celui d’un consensus national. En cela, aussi, il constitue un évènement inédit dans le monde dit arabe. En Algérie, par exemple, où le pouvoir se prévaut d’une Constitution multipartite, et donc démocratique, nous n’avons pas connu de texte fondateur issu d’une délibération nationale depuis la plate-forme de la Soummam. Il est, d’ailleurs, significatif que le principal animateur de ce premier rendez-vous national ait été assassiné par les opposants d’une Algérie démocratique et que les héritiers de ces derniers continuent, plus d’un demi-siècle après le Congrès de la Soummam, à cultiver une conception sectaire du pouvoir. Et pour justifier l’arbitraire qui préside à la conception et au fonctionnement institutionnels, le personnel de notre régime autoritaire explique au peuple ingénu que “la révision de la Constitution relève de la prérogative du président de la République” ! Il paraît qu’on lui aurait même accommodé des variantes de “révisions”, pour qu’il puisse, quand il le souhaite, et s’il le souhaite, disposer de “la réforme” qui l’agrée.
    C’est, justement, ce processus de restauration autoritaire, venu contrecarrer, chez nous, les acquis démocratiques d’après-1988 qui prévient de la précarité des conquêtes démocratiques dans notre sphère culturelle. Entamée au lendemain de l’abolition du parti unique, et hâtée depuis 1999, la remise en cause a vidé de son sens la notion même de parti pour personnaliser l’idée même de pouvoir.
    Par la méthode et par le résultat, les députés de l’ANC de Tunisie viennent, en quelques semaines de chicanes, d’altercations et de compromis, de fonder, dans un contexte arabo-musulman globalement intolérant vis-à-vis des libertés individuelles, une exception tunisienne. L’ampleur du progrès donne cependant la mesure de sa précarité. Le plus dur reste donc à faire : soumettre le projet démocratique à l’épreuve de la pratique et l’imposer à une sphère culturelle hostile à la démocratie.
    Avec un remarquable réalisme, le président Marzouki semble avoir déjà pris la mesure du défi : “Le chemin est encore long”, a-t-il noté.
    Et d’ajouter : “Il reste un grand travail à faire pour que les valeurs de notre Constitution fassent partie de notre culture.”

     

  • boutef

    DILEM DU 25 JANVIER 2014