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la sardine n'est pas disponible, vous me parliez du thon bled miki!!!!!

Magouilles autour du quota de thon rouge

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Hier matin, le ministre de la Pêche et des Ressources halieutiques (MPRH), Abdallah Khanafou, n’avait manifestement pas lu la presse avant de répondre aux questions de «Actualité» sur les ondes de la Chaîne III.

Car, pendant qu’il s’échinait à justifier l’absence de l’Algérie à la 17e réunion extraordinaire de la Commission internationale pour la conservation du thon de l’Atlantique (Iccat) par le refus du consulat de France de délivrer des visas aux missionnaires désignés, l’ambassade, de son côté, faisait savoir par la presse que ses services consulaires n’avaient jamais reçu de demande de cette institution, ajoutant qu’elle traite toujours ces demandes dans les meilleurs délais.

 

Ce qui semble régulier. Que s’est-il donc passé ? Avant la réunion de Paris qui s’est tenue du 17 au 27 novembre, trois cadres du MPRH avaient été désignés pour représenter l’Algérie. Comme tous les hauts fonctionnaires de cette catégorie, ils disposent de passeports spéciaux qui facilitent leurs missions et l’obtention quasi immédiate de visa. Cependant, à quelques heures de l’ouverture des travaux, contre toute attente, ils se voient refuser les ordres de mission pour des raisons qui n’ont pas été communiquées. Ils ne se rendront donc pas à Paris.
L’affaire aurait été passée sous silence si El Watan n’avait pas donné l’information, le 25 novembre, que le quota de l’Algérie pour 2011 – 638 tonnes – a été réclamé en totalité par les Libyens. Un représentant du MPRH arrive le 26 au soir, en catastrophe. Trop tard. Les jeux sont faits.


La réunion de Paris est prévue depuis novembre 2009. C’est une réunion annuelle de l’Iccat où on fait les bilans des activités des parties et où on ajuste définitivement les quotas de l’année suivante. Les griefs formulés à l’encontre de l’Algérie – qui n’a pas dépêché de représentant pour s’expliquer – sont l’irrespect des articles de la recommandation 08-05 : elle n’a pas fourni la liste des navires qui ont pêché le quota de 2009 avant la date limite du 15 mars 2010 et elle n’a pas remis son plan de campagne de 2011 avant le 15 octobre 2010. Elle n’a pas envoyé de représentant et il est de notoriété publique – sauf en Algérie –qu’elle ne dispose pas de thoniers pour pêcher par ses propres moyens. C’est à partir d’un calcul simple basé sur les informations sur la flottille thonière algérienne que la commission a octroyé 138,6 tonnes pour 2011. Le reste des 616 tonnes accordées en novembre 2009 a été réparti entre la Libye (300 t), la Turquie (100 t), la Croatie (78 t) et l’Egypte (30 t).
Les parties contractantes ont également été intriguées par le rapport de janvier 2010 relatif à l’interdiction, par le ministre, d’importer des bateaux neufs et la contradiction d’un rapport presque simultané du MPRH qui indique l’introduction de 5 nouvelles unités de 24 à 40 mètres entre 2011 et 2013.


M. Khanafou annonce des actions pour récupérer le quota initial. C’est possible, mais selon nos sources, ce ne sera pas une tâche aisée. En février 2011 à Barcelone, la Commission examinera le recours de l’Algérie qui pourra exiger une réaffectation de 450 tonnes, soit 50% du quota de 2009 qui n’a pas été pêché. Cette disposition n’existe plus depuis cette date et l’Algérie ne pourra disposer des 880 tonnes non pêchées de 2010. Dans le meilleur des cas, l’Iccat pourrait accéder à cette demande en accordant 90 tonnes en 2011, 150 t en 2012,
150 t en 2013 et le reste en 2014. Il faudra que l’Algérie déploie d’énormes efforts diplomatiques pour obtenir le soutien des deux tiers de l’assemblée. On estime que l’UE ne s’opposera pas à sa demande, car elle bénéficie, pour ses pays de la rive nord, de 54% du quota global. Les pays qui viennent de bénéficier de la défaillance algérienne ne devraient pas non plus s’opposer. Toutefois, avertissent nos sources, il serait périlleux de faire croire à l’Iccat et aux pays membres à une utilisation de son quota par des captures avec des bateaux côtiers qui débarqueraient 680 t pour une consommation locale. Car actuellement, aucun établissement algérien n’est en mesure de traiter convenablement et qualitativement d’aussi grandes quantités. A moins que ce ne soit pas si grave puisque, comme le disait hier matin M. Khanafou, nous n’avons perdu que 7 milliards. Ce qui n’est pas faux si l’on ne tient pas compte des dizaines de milliers de tonnes allouées depuis 15 ans à l’Algérie, notamment le quota national pêché par des thoniers algériens qui n’ont jamais existé.Qui a pris les centaines de milliards de ces précédents quotas? Le MPRH n’a jamais répondu à cette question.

Slim Sadki

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