Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Le temps de l’autisme est révolu

Par : Outoudert Abrous

Mais est-ce que le pouvoir saura décortiquer cette passe d’armes qui ne fera que s’amplifier pour devenir ingérable ? L’autisme observé à ce jour risque de lui coûter cher demain s’il devait se poursuivre.

Indiscutablement, il y a une différence entre la marche du 22 janvier et celle d’hier. La première  a été outrageusement réprimée par les forces de sécurité. Du sang a même coulé. Celle d’hier, en revanche, même interdite, a pu se transformer en un rassemblement. L’impressionnant dispositif mis en place n’a pas eu à intervenir avec autant de violence que lors de la première. C’est dire que quelque chose a changé depuis.
En premier lieu, c’est qu’après la chute de Ben Ali et surtout celle de Moubarak, tous les regards sont braqués sur nous. Et c’est être mauvais élève que de refaire les erreurs des autres. Pour une lecture plus précise, les dirigeants ont compris que la répression ne peut plus constituer la solution.
Sur un autre registre, la marche d’hier a réuni, pour un même objectif, des personnalités qui ont dépassé ou laissé de côté les conflits personnels au profit d’un objectif commun et d’un projet fédérateur.
D’un côté comme de l’autre, l’air est à l’optimisme pour peu que la dynamique enclenchée par la Commission nationale pour le changement et la démocratie (CNCD) trouve son rythme de croisière, fasse boule de neige et entraîne les citoyens organisés en associations et les partis politiques à laisser de côté leurs divergences.
Ces rassemblements (celui d’hier a touché d’autres villes) ont démontré que les revendications dépassent le cadre du social.
Mais est-ce que le pouvoir saura décortiquer cette passe d’armes qui ne fera que s’amplifier pour devenir ingérable ? L’autisme observé à ce jour risque de lui coûter cher demain s’il devait se poursuivre. Car demain est pour le changement avec ou sans l’approbation de ceux qui gèrent le pays depuis l’indépendance, soit depuis cinquante ans, car ils ne peuvent aller contre le cours de l’histoire.
Après la Tunisie et l’égypte, personne ne pourra dire qu’il n’était pas au courant de la pauvreté endémique et des attentes d’ouverture politique de sa population, des dégâts de la concentration de tous les pouvoir et des conséquences du pillage des richesses du pays.

Les commentaires sont fermés.