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Prenez une douche, vite ! Vous puez la trouille !



Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr
Abdekka préside aujourd’hui un Conseil des ministres. Sur la table, deux
ordonnances. Une de…

… Rhumafed et l’autre de Médiator !

Alors ? C’est ça le débat ? Hada ma yella ? Vous n’avez rien trouvé d’autre comme sujet de discussion que la «présence ou non de Sadi dans les marches du 12 et du 19» ou encore les «tentatives de récupération de la Coordination par le RCD» ? Ben dis donc ! Vous ne nous parlez plus que de cela. Saïd Sadi est soudain devenu le problème numéro 1 de l’Algérie. De votre salon douillet, les persiennes et les fenêtres fermées, et les rideaux opaques tirés, vous nous jurez que vous seriez allés marcher si et seulement si Sadi ne figurait pas parmi les marcheurs. Ah ! La belle affaire ! Le suprême courage. L’inimitable bravoure en pantoufles et pyjama ! La vérité elle pue. Elle pue de la même manière que vous suintez mauvais des aisselles. Cette peur d’y aller, de prouver qu’il y a une démocratie au-delà d’un clic sur Facebook. Et pour masquer votre peur, vous agitez Sadi sous notre nez. Vous l’agitez même plus fort que vous n’auriez agité Abdekka, pourtant le seul vrai bourourou dans cette histoire. Quel cruel dilemme que celui qui vous agite en ce moment. Vous n’avez pas le cran de créer votre révolution du jasmin, vous n’avez pas l’intelligence d’occuper votre place Tahrir. Alors, et pour détourner notre attention olfactive des relents horribles qui se dégagent de vos frocs, vous nous proposez l’os Sadi à mordiller. Vous nous sortez de vos entrailles bourrées de paille un combat à engager contre un leader politique qui, lui, y va. Oui ! Sadi y va. Et ça, vous ne pouvez le gober, parce que prisonniers de vos sofas et de votre douillet confort. Il vous emmerde au plus profond ce dirigeant du RCD qui descend dans l’arène, qui fait face aux flics chargés de la castagne. Il vous emmerde parce qu’il vous place en mode «lâcheté». Lâcheté non assumée et qui s’agrippe lamentablement à ce mauvais et pitoyable alibi. Bonté divine ! De quel droit devrait-on interdire à un dirigeant de parti d’opposition de faire de l’opposition, dans la rue, en première ligne ? Qui a décrété que le RCD n’avait pas le droit d’intégrer une marche, une coordination et un mouvement appelant au départ du régime ? La vérité, oui, une autre vérité, c’est que Sadi présent ou non dans ces marches, vous n’y seriez pas allés, de toutes les façons. Pour une raison toute simple. On ne se façonne pas virtuellement manifestant de la place Tahrir ou de la place de la Perle. La vérité, et je vous rassure, c’est la dernière, c’est que vous chlinguez la peur. Et terrorisés à l’idée même de vous retrouver en face de la matraque et des balles, vous vérifiez que votre porte est bien fermée à double tour, vous vous dirigez vers votre ordinateur et avec vos doigts encore humides de trouille vous tweetez : «Je t’assure que j’y serais allé s’il n’y avait pas Sadi !» S’il vous plaît, profitez du fait que vous soyez à la maison et prenez une douche, vite. L’odeur que dégage votre couardise devient insupportable ! Intolérable ! Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.

Commentaires

  • A mon avis, les algeriens ne sont pas unis, ils ont perdus toute confiance aux partis opposants (Saadi et sa ministre de culture - les freres musulmans qui ont pris leurs part du gateau; des villas des commerces etc... les autres partis restants se battent aussi pour avoir une part du gateau....) Que reste t-il de tout cela? la classe intellectuelle ? elle est deja divisee.
    la classe populaire ? celle la, elle est encore plus divisee et ses blessures de la decenie noire ne sont pas encore gueries donc ne voudrait pas revivre cela.
    Sincerement, il faudrait un miracle pour qu'il y est une revolte chez nous.

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