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19 ans déjà

 

 

 

Tahar Djaout, le grand absent

Par : Samira BOUABDELLAH

"Le silence, c'est la mort. Et toi, si tu parles, tu meurs. Si tu te tais, tu meurs. Alors, parles et meurs", ce fut sa phrase. Lui, c'est Tahar Djaout.

 

Il y a exactement dix-neuf ans nous quittait à jamais le journaliste talentueux, écrivain de renom et directeur de la rédaction de l'hebdomadaire Ruptures, en l’occurrence, Tahar Djaout.  Il fut l'un des premiers intellectuels victime de la « décennie du terrorisme » en Algérie. Il faisait terriblement peur par ses vertus tant morales qu’intellectuelles et il dérangeait sans doute les prêcheurs de la violence et de l'obscurantisme.

 

Il ne se doutait pas qu’en ce 26 mai 1993 il avait rendez-vous avec la mort. Ce mercredi noir Tahar Djaout quitte son domicile situé à Bainem, une cité populaire de la banlieue ouest d’Alger, à 9h du matin. Il entre dans sa voiture et allume le moteur. Un jeune homme tapote sur la vitre avant. Djaout le regarde : il se retrouve brusquement face à un canon de revolver. Une détonation, puis une autre. Touché à la tête, il sombre dans un coma profond, dont il ne se réveillera jamais. Les agresseurs jettent le corps sur le sol, montent dans le véhicule et démarrent en trombe. Du balcon qui surplombe le parking, des voisines qui ont vu toute la scène donnent l'alerte. Evacué vers l'hôpital de Baïnem, Tahar Djaout rendra l'âme une semaine plus tard. Il avait 39 ans.

 

Bio Express:

 

Tahar Djaout est né le 11 janvier 1954, à Oulkhou (Ighil Ibahriyen) près d'Azeffoun. En 1970 sa nouvelle « Les insoumis » reçoit une mention au Concours littéraire « Zone des tempêtes ». Il achève ses études l'année suivante au Lycée Okba d’Alger et obtient en 1974 une licence de mathématiques à l’Université d’Alger. Tahar Djaout écrit ses premières critiques pour le quotidien El Moudjahid, collabore régulièrement en 1976 et 1977 au supplément El Moudjahid Culturel puis reprend ses chroniques dans El Moudjahid.

 

De 1980 à 1984 Tahar Djaout est responsable de la rubrique culturelle de l’hebdomadaire Algérie-Actualité,  En 1985 il reçoit une bourse pour poursuivre à Paris des études en Sciences de l'information.

 

De retour à Alger en 1987, il reprend sa collaboration avec "Algérie-Actualité".

 

Il quitte en 1992 Algérie-Actualité pour fonder avec quelques-uns de ses anciens compagnons son propre hebdomadaire : Ruptures, dont il devient le directeur. Le premier numéro paraît le 16 janvier 1993.

 

Le 26 mai Tahar Djaout est victime  d'un attentat. Il  meurt à Alger le 2 juin et est enterré le 4 juin dans son village natal d'Oulkhou.

 

S. B

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