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Algerie:Remak,du surplace

Exécutif et législatif : les présentations

Par : Mustapha Hammouche

À la veille de l’officialisation de sa nomination à la “coordination” du gouvernement, Sellal se faisait connaître à travers ses interventions opportunément improvisées. L’image qu’il semblait vouloir nous communiquer était celle d’un responsable affable, ouvert et entreprenant. Pour la première qualité, la réputation avait précédé le “show”. En voulant la confirmer, il a forcé sur la dose de termes puisés dans les débats de café du commerce. Déjà en campagne, le Premier ministre semblait vouloir faire passer l’intempérance verbale pour une preuve d’ouverture d’esprit.
Une ouverture théâtrale donc. Et qu’en est-il de “l’entreprise” ? La composition du gouvernement, faite de quatre-vingt pour cent de ministres reconduits, de dix pour cent de ministres rappelés et de dix autres pour cent de ministres nouveaux, suffirait à désespérer les plus optimistes d’une volonté de faire évoluer l’action gouvernementale.
Par ce “changement”, l’on a remplacé le discours dépouillé et suffisant, à l’occasion marqué d’avanies sarcastiques, par le propos improvisé où le badinage tient lieu de signe de modernité et de message de proximité. À l’approche de l’échéance 2014, le Président a installé un gouvernement de campagne.
Hier, c’était au tour des présentations publiques du nouveau président de l’Assemblée nationale.
Il ne nous a pas fait regretter les performances de ses plus illustres prédécesseurs en matière de langue de bois. Le coup des “cercles” de “l’outre-mer” (qui) n’ont pas le droit de se proclamer professeurs jaloux de la démocratie et des droits de l’Homme dans notre pays, parce que leur passé ne les habilite pas à le faire, Ziari nous l’a déjà fait quand il justifiait le troisième mandat par le fait que la limitation des mandats était une invention coloniale imposée à l’Afrique !
La journée parlementaire qui devait pompeusement nous éclairer sur le rapport entre “la démocratie et le Printemps arabe” s’est transformée, dans le discours du président de l’APN, et dans le plus pur style Belkhadem, en procès de “la main de l’étranger”. Et c’est dans les élections du 10 mai et dans l’Assemblée qui en est issue, “fruits des réformes politiques initiées par le président de la République”, que Larbi Ould Khelifa puise l’expression de la démocratie algérienne aux origines séculaires  qui nous viennent des tadjmaât ou azzaba ! Nous le fûmes, donc nous le sommes.
Pour ne rien perdre des bénéfices du populisme verbal, le président de l’APN trouve dans  “les derniers évènements dans la région”, “la démonstration de la maturité du peuple algérien ainsi que de sa capacité à distinguer entre le métal précieux, qu’il a choisi en toute liberté et qui est le nationalisme algérien renouvelé, et le métal brillant mais sans intérêt”. Après cet effort de préciosité minéralogique où il est question de métal précieux dont est fait notre système et de “printemps arabe de toc”, Ould Khelifa ne s’est pas arrêté en si bon chemin : “Le printemps s’est transformé en tempête” et il craint que la situation “ne soit pas meilleure que celle qui l’a précédée. Si ce n’est pire”.
Entre un discours qui, ici, devait nous fait sourire et, là, nous émouvoir, il en manquait un troisième pour nous faire pleurer. Mais, maintenant que la parole n’est plus qu’un simple ustensile, qui l’écouterait ?


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