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La Commission africaine accable l'Algérie

Droits de l'homme :

 

Par Le Matin DZ

 

L' Organisation mondiale contre la torture (OMCT) et de la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) qui se tient à Yamoussoukro, en Côte d’Ivoire, du 9 au 22 octobre 2012 ont vivement condamné la répression des militants des droits de l'homme en Algérie.

 

L'arrestation du militant Abdelkader Kherba a déclenché un vaste mouvement de solidarité.

 

La 52è cession de L’Organisation mondiale contre la torture (OMCT) et de la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) qui se tient à Yamoussoukro, en Côte d’Ivoire, du 9 au 22 octobre 2012 a brossé un tableau sombre de la situation des droits de l’homme dans le continent africain et particuloièrement de la répression dont sont victimes les défenseurs des droits de l’homme.

 

La FIDH et l’OMCT, dans le cadre de l’Observatoire, ont exprimé une nouvelle fois leurs graves préoccupations concernant la situation des défenseurs en Afrique.

 

Les ONG ont relevé que, depuis la dernière session de cette Commission en mai 2012, la situation des défenseurs des droits de l’homme sur le continent ne s’est guère améliorée. Bien au contraire, les violations des droits de l’Homme à leur encontre se sont poursuivies, notamment le harcèlement judiciaire, les menaces, les intimidations, les détentions arbitraires et les condamnations injustifiées. "Le déni de justice pour les victimes des violations des droits des défenseurs se poursuit dans de nombreux pays où l’impunité continue de prévaloir sur le continent africain, citant particulièrement le Congo et l’Algérie."

 

L’Observatoire des deux ONG internationales a particulièrement dénoncé "le harcèlement généralisé des défenseurs dans un grand nombre de pays". Citant le cas d’Algérie, la commission qualifie de "systématique" le harcèlement policier visant les militants au sein des associations et ligues des droits de l’homme en Algérie : "Ce harcèlement vise tant de défenseurs qu’il peut être incontestablement qualifié de systématique. La simple participation de défenseurs d’ONGs réputées telles que la LADDH, le MJIC, le RDLD et du SNAPAP à un sit-in pacifique en avril 2012 pour dénoncer le harcèlement judiciaire de Abdelkader Kherba, membre du CNDDC et de la LADDH, leur vaut d’être poursuivis pour « incitation à attroupement non armé » et les expose à une peine d’un an d’emprisonnement. Le 25 septembre 2012, le Tribunal de Bab el Oued s’est déclaré incompétent et a renvoyé cette affaire au Parquet."

 

Les intervenants de la Commission ont condamné la cabale judiciaire dont a fait l’objet le militant syndicaliste, Yacine Zaïd, membre de la LADDH ( Ligue algérienne pour le défense des droits de l’homme) : "Yacine Zaid, syndicaliste, membre de la LADDH et bloggeur, fait l’objet depuis plus de deux ans de multiples tracasseries policières et judiciaires en raison de son militantisme. Le 1er octobre, il a de nouveau été arrêté par la police, insulté, tabassé et maintenu en détention jusqu’à sa condamnation le 8 octobre par le Tribunal de Ouargla à six de prison avec sursis et 10 000 dinars d’amende pour +outrage à un agent de police dans l’exercice de ses fonctions+".

 

Citant également le procès toujpours en cours du militant et sysndicaliste, Abdelkader Kherba, dont la comparution devant le tribunal de Sétif, la semaine écoulée, a vu la présence musclée des forces de police qui ont violemment empêché un rassemblement de solidarité avec leur camarade, la commission y voit des mesures coercitives d’intimidations visant à bâillonner toute protestation de la société civile qui s’exprime pourtant dans un cadre légal : "Abdelkader Kherba avait, lui aussi, été condamné le 3 mai à un an de prison avec sursis et à 20.000 dinars d’amende après avoir été arrêté en avril lors d’une manifestation de greffiers devant le palais de justice à Alger. Il doit être jugé en appel le 4 novembre. La condamnation à des peines assorties de sursis en Algérie semble ainsi viser à intimider les défenseurs des droits de l’Homme."

 

Les deux ONG attirent également l’attention sur la mascarade de la grâce présidentielle dont a récemment bénéficié le militant Mohamed Smaïn après de longues années de détention arabitraire, comdamné pour "diffamation" et "dénonciation de crimes imaginaires" pour avoir révélé à la presse l’ampleur du massacre terroriste de Had Chekala (Relizane) en 1997 qui a fait 1000 morts alors que le bilan officiel ne faisait état que d’une dizaine et que les médias d’Etat ont été sommés de ne pas en parler : "La grâce présidentielle qui a permis la libération du défenseur Mohamed Smaïn, ne doit pas faire oublier qu’il avait été condamné pour «diffamation », «outrage» et «dénonciation de crimes imaginaires» alors qu’il s’est inlassablement battu pour que la lumière soit faite sur les victimes du conflit civil en Algérie dans les années 90."

Les rapporteurs de la Commission des droits de l’homme en Afrique ne cachent pas que, très souvent, "l’intimidation et les tentatives des autorités de réduire au silence les défenseurs prennent très souvent la forme de tortures et mauvais traitements, en violation flagrante non seulement du droit à l’intégrité physique et psychologique de tout être humain, mais de la responsabilité spécifique des Etats de protéger les défenseurs, comme la Déclaration sur les défenseurs le leur prescrit instamment dans son article 12.»

 

Dans son rapport sur les droits de l’homme (2011-2012) que l’Algérie vient de remettre à la Ligue arabe des droits de l’homme, au Caire, il est fait mention, entre autres, du dossier des disparus, de la liberté de l’information, de l’accès aux sources de l’information et de l’indépendance de la justice algérienne. Ledit rapport exprime un satisfécit dans ce qu’il considère de "nette amélioration" de la situation des droits de l’homme en Algérie.

 

R.N

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