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ahmed

  • nouba des auditions mensogeres

     

    Discrets devant leur peuple, ils expliquent leur politique aux étrangers

    Ouyahia, Belkhadem et Soltani "auditionnés" par les ambassadeurs européens à Alger



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    Ahmed Ouyahia, Abdelaziz Belkhadem et Bouguera Soltani, les patrons des trois plus puissants partis politiques algériens, ceux de l’Alliance présidentielle, se font, c’est le moins qu’on puisse dire, particulièrement discrets quand il s’agit d’expliquer à leur peuple le train des "réformes politiques" en cours. En revanche, ils viennent de le faire devant les ambassadeurs de pays européens, en réunion à Alger. Chacun son tour, le Premier ministre, le chef du FLN et celui du MSP sont passés devant un parterre de représentants de la France, de l’Angleterre, de l’Allemagne…

     

     
    Le dernier à avoir été entendu est Ahmed Ouyahia. Il a été "auditionné" par les ambassadeurs européens le 15 novembre dernier dans la discrétion la plus totale. Il a détaillé les réformes politiques en cours dans le pays et tenté de convaincre les ambassadeurs. Un comble pour un premier ministre habituellement peu enclin à s’exprimer et à accorder des interviews. Officiellement, Ahmed Ouyahia s’est exprimé devant les ambassadeurs européens en tant que patron du RND. Mais il est difficile de dissocier cette fonction de celle de Premier ministre qu’il occupe et surtout d’homme puissant du système. Le RND, qui communique en général sur les activités de son chef, est resté discret sur cette rencontre. « Les sorties et les rencontres avec les militants sont quotidiennes », se défend Miloud Chorfi, chargé de communication du RND. « Chaque week‑end, le secrétaire général organise des sorties avec eux [les militants, NDLR] et avec les cadres du partis dans toutes les wilayas du pays ».

     

     
    Que ces trois importants personnages du pouvoir algérien préfèrent s’exprimer devant les responsables européens plutôt que devant la population, ne serait‑ce que via l’Assemblée populaire nationale, est un comble. « Il arrive très souvent qu’on réponde aux invitations des ambassades en tant que parti politique. Celle dont vous parlez remonte à deux mois, voire plus. Les explications à l’opinion, nous les rendons publiques à travers les entretiens, les débats au sein du Parlement et au cours des journées thématiques qu’on organise pour les militants », justifie pour sa part Aïssi Kassa, responsable de la communication du FLN.

     

     
    Reste malgré tout cette impression qu’en Algérie, contrairement à n’importe quel pays démocratique, ceux qui tiennent le pouvoir préfèrent visiblement s’exprimer en priorité devant les représentants d’autres peuples que le leur. Déjà, l’audition hier de Mourad Medelci, – qui certes avait pris soin mais de façon précipitée et comme pour "rattraper le coup" de prendre la parole dimanche devant le Conseil de la nation – par la commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale française est ressentie comme une forme de mépris de la part des dirigeants, voire d’ingérence de la France. Mais ce n’est pas fini : Medelci va s’expliquer de nouveau devant les ambassadeurs européens.