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des réalités

  • Déni des réalités

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    Contrairement aux Algériens qui se tiennent le ventre quant au sort qui guette l’avenir politique du pays à l’ombre des convulsions arabes, nos vénérables gouvernants affichent un optimisme béat. A la limite du mépris. L’Exécutif envoie des textes de loi cuisinés «maison», c’est-à-dire nettement en retrait par rapport à l’évolution du monde. Le Parlement, avec ses Chambres haute et basse, les expédie mécaniquement en deux temps un mouvement. Et les médias s’emploient un tantinet groggy à rendre compte des «réformes politiques» et à spéculer sur le calendrier électoral en conjecturant sur d’insondables enjeux des prochaines législatives. C’est, poussé jusqu’à la caricature, ce qui tient lieu de débat politique en Algérie sur fond d’un malaise rampant qui se vérifie même dans les discussions de café.

    Quand on lit que le Président se soit félicité de ce que tous ses textes de loi aient été adoptés dans les délais et qu’il est satisfait par anticipation d’un scrutin d’une «pluralité sans précédent», on se dit que le peuple algérien et ses responsables ne vivent pas sur la même planète.C’est ce déni des réalités décliné dans ce genre de déclarations et celles parfois arrogantes de certains ministres qui sont précisément un motif d’inquiétude pour ceux qui ont à cœur que l’Algérie négocie sereinement ce tournant crucial de son histoire, 50 ans après son indépendance. Il n’y a, hélas, pas de quoi bomber le torse en matière de perspectives démocratiques pour le pays.

    Ni la loi sur les partis n’a satisfait les acteurs politiques, ni celle sur l’information n’agrée les journalistes, ni encore celle sur les associations ne trouve grâce aux yeux de ce qu’il convient d’appeler la société civile autonome. La désillusion est inversement proportionnelle aux espoirs suscités par les promesses présidentielles d’avril. Du moins pour ceux qui y ont cru. Il est significatif de noter que même le MSP – un enfant de la maison pourtant – est sorti des rangs pour dénoncer une escroquerie politique qui n’est rien moins que la pérennité du système. Abstraction faite des calculs politiciens de ce parti et son souci de se poser comme l’alternative islamiste en Algérie qui renverrait l’écho au PJD marocain et Ennhada tunisien, la rébellion politique de l’ex-Hamas renseigne que là-haut point de soleil et de salut à l’horizon…

    Cette façon arbitraire et autoritaire de faire risque d’isoler le pouvoir. L’arnaque politique est plus grosse pour ne pas être saisie par le citoyen électeur. Et les quelques dinars versés aux retraités ne suffiront pas à faire voter des Algériens définitivement désabusés. La Corée du Nord, qui pleure son dictateur, Kim Jong-il, n’est pas, toutes proportions gardées, si loin de l’Algérie en termes de régime. La liberté de parole au moins.

     

    Hassan Moali