Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

les gens ont peur”

  • Me Ali Yahia explique les réticences à rejoindre les marches “On a subi trop de violence, les gens ont peur”

    Par : Karim Kebir

    “Il y a un pourrissement partout, dans l’éducation, dans la justice (…) tout le monde bouge. Même en haut, ça bouge”, a-t-il dit.

    En dépit de l’impressionnant dispositif policier que le pouvoir convoque à chaque manifestation et le peu d’engouement de la population algéroise, la Coordination nationale pour le changement et la démocratie (CNCD) n’est pas disposée à mettre en berne le flambeau de la contestation. Elle persiste à maintenir la pression sur un pouvoir duquel, selon Me Ali Yahia, il “ne faut rien attendre”. Ainsi, elle projette d’organiser trois nouvelles marches samedi prochain à Alger dont l’une sur l’itinéraire Hussein-Dey-place du 1er-Mai, l’autre d’El-Madania vers le siège de l’ENTV et la troisième de Aïn Bénian vers la place des Martyrs.
    Mais eu égard aux circonstances dans lesquelles se sont déroulées les précédentes manifestations, nul doute que des interrogations sur le degré d’adhésion de la population ainsi que la défection de la population algéroise ne manqueront pas d’être soulevées. Explication du président d’honneur de la Ligue algérienne de défense des droits de l’homme (Laddh). “Nous sommes encore dans un état de siège. On a subi trop de violence, les gens ont peur. Il y a un mouvement de l’histoire et personne ne peut l’arrêter”, a-t-il affirmé, hier, lors d’une conférence de presse animée à la maison de la presse Tahar-Djaout, à Alger. Indice que même l’Algérie n’est pas à l’abri du vent de révolte qui balaie le monde arabe ? “Il y a un pourrissement partout, dans l’éducation, dans la justice (…) tout le monde bouge. Même en haut, ça bouge”, a-t-il dit. Dès lors qu’il y a des mouvements de contestation un peu partout et dans tous les secteurs, pourquoi la mayonnaise ne prend pas pour un grand mouvement à l’image de ceux de Tunisie ou de Libye ? “Laissez le temps de réflexion aux gens (…) il y a ceux qui s’interrogent sur la manière dont devra se faire le changement. Dès que l’état d’urgence sera levé, vous allez voir si le peuple ne va pas sortir.” Mais, insiste-t-il, “il faut aller vers le peuple et expliquer à tous les mouvements que le problème commun, c’est le pouvoir. Il ne faut exclure personne”. Comme pour les précédentes manifestations, l’avocat rappelle que la CNCD entend marcher pour dénoncer la télévision et dire “qu’elle appartient à tous les Algériens”, mais aussi pour revendiquer le départ du système et le changement de régime. “Pas dans le régime”, précise-t-il. Une occasion pour lui d’évoquer l’initiative d’Abdelhamid Mehri, lequel a envoyé une lettre à Bouteflika et dans laquelle il suggère l’organisation d’une transition. “Il demande un changement à l‘intérieur du régime. Il avait écrit déjà une lettre similaire à Zeroual”, rappelle Ali Yahia, avant de décréter : “notre génération est finie. Fini le zaïmisme, l’avenir appartient aux jeunes et l’Algérie n’ira à la démocratie que si ce système part.” Réitérant la solidarité de la coordination avec les révolutions des autres pays de la région, Me Ali Yahia soutient que l’Algérie reste toutefois différente, notamment en raison de l’histoire de sa révolution, de la décennie de violence vécue, mais surtout de la structure du pouvoir en place. “Ici, c’est l’armée qui désigne le Président. Elle est capable de le relever. Elle en a déposé trois, et le quatrième est peut-être en cours”, a-t-il lâché.