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vouloir est un verbe du futur

  • Vouloir est un verbe du futur

    vouloir est un verbe du futur 

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    Il y a Cette insupportable nostalgie qui évite soigneusement le chemin de l’avenir. Il y a cette quête stupide de l’amour perdu que l’on recherche encore, alors que la plus belle histoire d’amour est celle qui n’est pas encore arrivée. Il y a cette horrible plongée dans la magnificence d’une existence qui n’a pas existé, cette idolâtrie d’une Algérie heureuse, que les moins de 40 ans ne connaissent pas. Ce temps inconjugué où la SM, père naturel du DRS, torturait les opposants à la pince en expliquant à la population qu’une machine à laver ou un frigo est d’abord une faveur. Il y a cette idée d’un avant mieux que quand c’était moins pire, idéalisation du passé pour craintifs structurels, qui ont peur de perdre ce qu’ils n’ont plus en pensant garder ce qu’ils ont déjà perdu, armés de la seule conviction que le mal est une maladie du futur.

    Il y a cette récurrence meurtrière de la guerre de libération où il n’y avait qu’un seul objectif, l’indépendance, alors que revendiquer un autre objectif aujourd’hui est tout aussi noble, le développement, le pouvoir vivre ici et le mieux être. Il y a ces contresens installés, ces rétroviseurs cassés, il y a Ouyahia qui se dit finalement prêt pour l’ouverture de l’audiovisuel, mais à capitaux mixtes, privés et publics, pour, comme il le dit, contrôler la ligne éditoriale. Il y a cette évidence rétroactive qu’il n’a rien compris au progrès, il y a cette peur du futur agitant les monstres de l’avenir, qui fait autant peur aux conservateurs du FLN/RND qu’aux islamistes, au président et à ses obligés d’hier, recroquevillés sur l’obligation d’un calendrier monté à l’envers.

    Il y a cette répulsion, gérontographique, qui tente vainement d’expliquer aux jeunes que les lendemains ne font pas grandir. Il y a cette génération de quinquagénaires et quadragénaires studieux, qui disent encore que les étudiants d’aujourd’hui ne sont plus les étudiants d’hier. Justement, hier, les étudiants ont donné une bonne leçon aux partis politiques, aux syndicats, aux groupes facebook et à la police. Armés de leur seule conviction, ils ont paralysé Alger et revendiqué haut et fort ce qu’ils veulent.
    Le désir est le seul moteur de l’histoire.

    Chawki Amari