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Comment faire des affaires juteuses en Algérie

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Infrastructures, services financiers, agroalimentaire, formation : les besoins de l'Algérie sont immenses, et les entreprises canadiennes peuvent avoir leur part du lion dans ce marché de 34 millions d'habitants, l'équivalent de la population du Canada, affirme Denis Paradis, trésorier de l'Alliance d'affaires Canada-Algérie.

L'ancien député libéral de Brome-Missisquoi, aujourd'hui membre du cabinet d'avocats Dunton Rainville, va plusieurs fois par an dans ce pays.

L'Alliance organise un colloque dans la métropole, le 18 décembre, afin de mieux faire connaître l'Algérie et son potentiel d'affaires. Car, malgré la crise économique mondiale, ce régime autoritaire dont le territoire est riche en hydrocarbures devrait afficher une croissance économique annuelle de près de 6 % durant les cinq prochaines années, selon l'Economist Intelligence Unit.

Cela dit, l'Algérie demeure un pays risqué en raison d'une recrudescence d'attentats terroristes, en 2008, attribuables à l'organisation Al-Qaïda pour le Maghreb. Si le climat n'a rien à voir avec celui de la guerre civile du début des années 1990, le pays demeure dangereux : en août, 12 employés locaux de la firme d'ingénierie SNC-Lavalin ont été tués.

Journal Les Affaires - Vous organisez un colloque pour promouvoir l'Algérie. Pourquoi faire affaire avec ce pays en ces temps de crise plutôt qu'avec d'autres économies, comme la Chine, beaucoup plus dynamiques ?

Denis Paradis
- C'est vrai que la crise économique frappe toutes les régions du monde, ou presque, de l'Asie à l'Amérique du Nord en passant par l'Europe. L'Algérie est un peu à l'abri des perturbations. Ce pays se convertit à l'économie de marché. Aux alentours de 2000, le pays comptait 1 200 sociétés d'État; de ce nombre, près de 400 ont été privatisées. De plus, c'est un pays riche en ressources naturelles, qui a de grandes ambitions, soit de rattraper le niveau des économies développées.

JLA - Mais avec la chute du prix du baril de pétrole, les revenus de l'État chuteront. Le gouvernement aura moins d'argent pour investir dans ses ambitieux projets d'infrastructures, non ?

D.P. -
Cela aura peut-être un impact, mais il ne sera pas majeur. Ce qu'on me dit sur le terrain, en Algérie, c'est que le gouvernement a budgété ses projets avec des prévisions de prix du baril de pétrole à 37 $ US [l'or noir se négociait à un peu plus de 40 $ US le 5 décembre]. Ce superbe marché demeurera donc encore très intéressant.

JLA - L'Algérie est-elle trop dangereuse pour les entreprises étrangères, même si le pays est beaucoup plus sûr qu'au début des années 1990 ?

D.P
. - Je vais deux ou trois fois par an en Algérie. C'est vrai qu'il y a parfois des attentats, mais j'ai l'impression que cela prend des proportions plus grandes dans les médias étrangers. Les autorités tentent d'éradiquer le terrorisme avec des mesures de sécurité accrues. Dans une certaine mesure, il est plus dangereux de marcher la nuit dans les rues de Washington que dans celles d'Alger.

JLA - Dans quels principaux secteurs d'activité les entreprises canadiennes peuvent-elles tirer leur épingle du jeu ?

D.P
. - Les infrastructures, d'abord. Les besoins sont immenses, de la construction aux travaux routiers en passant par la signalisation. En environnement ensuite, nos entreprises peuvent partager leur expertise en matière de recyclage. L'agroalimentaire est aussi un secteur de choix. Par exemple, l'Algérie a de grands besoins en lait, et en importe beaucoup pour répondre à cette demande. Le pays veut donc en produire de plus en plus. Sans vous donner de nom, je peux vous dire que je participe à une négociation au terme de laquelle un éleveur canadien de vaches laitières Holstein transférera sa technologie [ de génétique embryonnaire] à un éleveur algérien dans une coentreprise.

JLA - Quels sont les autres secteurs clés ?

D.P
. - Le secteur financier est aussi à surveiller. Le gouvernement algérien veut privatiser des banques, même si ce processus est pour l'instant suspendu. Des institutions canadiennes pourraient sans doute prendre des participations dans des banques algériennes. Par ailleurs, l'assurance est un secteur qui offre beaucoup de potentiel. Les statistiques sont éloquentes : au Canada, une personne dépense en moyenne 2 000 $ par an en assurances (santé, vie, automobile, maison, etc.), comparativement à 17 $ en Algérie et 54 $ dans les autres pays du Maghreb. Ne serait-ce que rattraper la moyenne régionale équivaudrait à multiplier le marché algérien de l'assurance par trois !

Enfin, il y a la formation postsecondaire, et la demande est forte. En fait, il manque d'enseignants pour presque tous les niveaux. HEC Montréal et l'Université de Sherbrooke offrent déjà sur place des formations pour cadres.

francois.normand@transcontinental.ca

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