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«Le pouvoir fait semblant de bouger»

Le Front des Forces Socialistes tient depuis hier une session ordinaire de son Conseil national.

Une session dont la tenue coïncide avec le rendez-vous de la rentrée sociale intervenant après un mois de Ramadhan particulièrement éprouvant pour l'Algérien moyen. Le premier secrétaire du parti, Karim Tabbou, a d'ailleurs saisi cette occasion pour porter un regard sur la situation politique, économique et sociale du pays qu'il qualifie de «phase délicate». «Nous venons de sortir d'un été difficile. Nous venons de sortir d'un mois de Ramadhan éprouvant. Mais tout le monde ne dormait pas sous juillet. L'actualité sécuritaire, politique et économique a été marquée par un certain nombre d'événements et de prise de décisions. L'impact de ces événements et de ces décisions peut s'avérer important dans les mois à venir» dit-il dans l'entame de son discours d'ouverture des travaux du CN.

Dans son analyse de la situation économique, Mr Tabbou évoque l'adoption de la loi de finances complémentaire 2010. «Lorsqu'une loi a un impact direct sur la vie du pays, nous ne pouvons que nous étonner sur les motifs de sa promulgation par ordonnance. Cette curiosité institutionnelle n'est-elle pas le reflet de luttes au sommet ou au contraire est-elle le révélateur d'une gestion présidentielle omnipotente ?» dit-il en s'interrogeant sur la doctrine et la stratégie économique du gouvernement. «Gérer l'économie d'un pays aujourd'hui c'est comme conduire un supertanker dans l'océan, on ne peut pas faire virer brutalement à 360° le supertanker sans prendre de risque de le couler, il en est de même de l'économie : un jour on décide d'ouvrir, de libéraliser, de privatiser et le lendemain on ré-étatise à tous crins » estime Tabbou en notant qu'il ne s'agit pas de la meilleure manière de protéger l'économie nationale.

«L'avis des institutions spécialisées dans l'évaluation du risque politique et commercial est tombé comme un couperet : le pays enregistre un déficit de crédibilité et retourne à la case de départ en étant classé pays à risques élevés» assène le premier secrétaire du FFS en soulignant qu'il s'agit là d'un débat qu'il va falloir imposer sur la scène médiatique et politique.

Sur le plan politique, Karim Tabbou considère que «le pouvoir fait semblant de tout bouger pour que tout reste en place. Depuis quelques mois, le chef de l'Etat a procédé à un énième remaniement ministériel. Mais c'est un coup pour rien, un coup d'épée dans l'eau». Il fait remarquer que rien n'a changé pour les citoyennes et les citoyens qui «sortent exsangues du mois de Ramadhan». Passant à l'actualité sécuritaire, Tabbou relève un manque de maîtrise de la situation. «Il révèle, une fois encore, l'inanité des discours des officiels. N'a-t-on pas promis la fin du terrorisme pour la fin de l'année ? Cela fait presque deux décennies qu'on nous promet la fin du terrorisme pour la fin de l'année !!! » indique l'homme politique. Et de relever que «d'aucuns tentent de réengager le pays dans des logiques d'affrontements. Ils s'emploient à instrumentaliser les archaïsmes locaux pour des objectifs politiques. L'instrumentalisation de la religion à des fins politiques est à la fois le fait de cheffaillons politiques mais aussi de l'administration.»

Le rituel des auditions des ministres par le chef de l'Etat ainsi que les mouvements répétitifs dans le corps des walis, n'ont pas été en reste de l'analyse du responsable du FFS en soulignant qu'ils participent de la même logique. «Ils tentent de masquer la panne de perspectives sociales, économiques et politiques. «Mieux, certains ministres ne répugnent pas à la gestion par l'intimidation et la menace. Ils sont devenus les adeptes de la ’’violence préventive’’».
Pour Karim Tabbou, «la situation est trop sérieuse pour laisser le monopole politique aux seuls détenteurs du pouvoir». Des objectifs que le FFS tente d'atteindre à travers l'organisation d'une conférence nationale d'évaluation.     

Nadjia Bouaricha

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