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Les enseignements des émeutes L’heure des bilans

Par : RABAH LARBI

Pour le pouvoir, le bouc émissaire est tout trouvé ! Et comme le ridicule ne tue pas, on lui reproche une chose et son contraire.  Si tu parles… “Tout  ce que tu dis, se retournera contre toi !”
Et si tu te tais, on t’avertira que… “Qui
ne dit mot, consent’’ ! Quoi que tu fasses,
le résultat est le même. Si le pouvoir
pense que le moment de casser du
sucre est venu, ben, il en sera ainsi !
Le loup ne deviendra jamais berger
et la raison du plus fort est toujours la meilleure.
Et la raison, l’État l’a trouvée.
Tout seul, comme un grand. OK !
Pour éviter que la population ne sorte à nouveau, on va baisser les prix de deux denrées alimentaires. L’État a donc, dans un sursaut de générosité et d’illumination retrouvées, décidé que désormais l’huile
et le sucre seraient respectivement cédés à 600 DA le bidon de 5 litres et 90 DA le kilo. Mais, en réalité, ce qui a réellement changé dans le prix au détail, ce sont les taxes.
C'est-à-dire ce que l’État prélevait
exagérément sur ce type de produits,
déjà chèrement négocié sur les marchés mondiaux. Un manque de discernement de la part des structures chargées de la commercialisation qui aura coûté et des vies humaines et de l’argent… au contribuable.       
Cherchez le coupable
ailleurs !
Plutôt que de décider de “justes” sanctions contre les dérives d’un gouvernement navigant à vue, le département du Commerce, toute honte bue, profère des menaces contre un opérateur privé, libre investisseur dans son propre pays, offrant des milliers de postes de travail à des Algériens, payant rubis sur l’ongle, ses obligations fiscales… il y a comme un délit de lèse- majesté ! Ce n’est quand même pas lui qui a prêté serment devant la nation ? Ce n’est point le rôle d’une entreprise, somme toute importante. Cela relève des prérogatives d’un président de la République. Lui, il n’a rien promis à personne !
Faut quand même reconnaître qu’on est devant un crime d’une grande indélicatesse. Vouloir sacrifier sa marchandise à des prix inférieurs que ceux décidés par des experts d’État “ès sucre et huile’’, cela relève de la Cour martiale. Tant que le ridicule ne tuera pas, la démagogie gouvernementale s’en portera bien !
Ce type de comportements, ça vous pousse à tout, sauf à la sérénité. Et la justice, la vraie, la rue sait la rendre. Ne dit-on pas, “le peuple reconnaîtra les siens’’ !
Malheureusement, la rue ne fait dans la dentelle. C’est connu, colère et raison ne font pas bon ménage.
Il y a eu des victimes. De la casse. La facture sera lourde de conséquences. Aussi lourde de conséquences que d’enseignements à en tirer.  Mais ne tire pas de leçons qui veut. Chez nous, des leçons, on n’aime pas en recevoir. Pour notre pouvoir, les enseignements ça ne va qu’à sens unique. Je dicte et tu exécutes ! Or, aujourd’hui, en l’an 2011, le peuple ne l’entend plus de cette oreille. Il veut que ça change. Et s’il est sorti en ce début d’année, c’est parce que cela fait peut-être partie de ses résolutions pour 2011. Ce n’est pas parce que les prix ont augmenté, comme on veut bien le faire croire. Il est vrai qu’il est plus aisé pour l’État de ramener les prix de deux produits à la baisse que de concéder un iota de liberté. Liberté d’opinion, accès à l’information, liberté de circuler avec levée de boucliers sur toutes nos routes, combattre la bureaucratie, mener la vie dure aux adeptes de la corruption, faire halte aux passe-droits, etc. Et la liste de toutes ces revendications aussi légitimes les unes que les autres est encore trop longue.
C’est ce type de réclamation que formule le peuple. De l’huile et du sucre, il n’en fait pas tout un plat ! Tu bouffes ou tu ne bouffes pas, tu crèves quand même ! (dixit les fables de la Fontaine) cela, le peuple l’a compris !

Gouverner, c’est anticiper !
Quand il sort, il est comme un éléphant dans un magasin de porcelaine. Il peut être très maladroit, gauche, violent dans ses protestations, il casse, il brûle, il saccage, il pille même… mais il faut chercher le coupable ailleurs ! Il ne faut pas en vouloir à la mèche, mais à celui qui l’allume.  Gouverner, c’est anticiper !
Babor Ed’zaïr navigue à vue. Sans équipage, ni pilote, la galère a fini par chavirer. Et à défaut de changer de cap, et en toute urgence, le brassage du vent ne mènera qu’à la tempête. Vaut mieux agir en temps d’accalmie, le beau temps risque de ne pas durer. Et l’on ose espérer que l’on ne se trompe pas encore de cible. Le fautif n’est pas là où vous croyez. Il faut chercher plus près de chez soi !  

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