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Quand passent les criquets

«Le temps est un gaspillage d’argent»
Oscar Wilde

Gouverner, c’est prévoir: il n’y a pas sentence mieux connue chez les gouvernés comme chez les gouvernants. Cependant, il serait utile d’ajouter que tout le monde ne prévoit pas la même chose en même temps et que beaucoup n’envisagent un avenir possible qu’en fonction de leurs égoïstes intérêts. Ce sont en général ceux qui font les carrières les plus longues et qui arrivent au bout de leurs ambitions.
Comme il y a des choses que nul mortel ne peut prévoir: des catastrophes naturelles, tremblements de terre, tsunamis, accident nucléaire, pandémie, invasions de criquets bipèdes, inondations, sécheresse prolongée, crise économique...
L’Algérie peut connaître, comme l’Egypte de la Bible, tous les fléaux que la Nature et la Volonté divine tiennent en réserve pour montrer aux pauvres humains la juste proportion des choses: il serait alors important de savoir si le pays est préparé pour faire face à toute éventualité. La population désarmée va-t-elle subir les assauts d’un destin contraire ou, à moins que les gens qui ont pris les rênes du pays, sans céder au fatalisme ancestral qui a causé une régression (non féconde) inexorable, va-elle redresser le torse et relever les défis qui lui sont imposés?
Evidemment, il est très difficile de prévoir les catastrophes naturelles, mais il est facile d’atténuer les conséquences d’un séisme en faisant construire des maisons plus solides et il est encore plus aisé de se prémunir d’un arsenal judiciaire contre les entrepreneurs marrons...
Les inondations, par contre, peuvent être prévues et combattues par une politique d’aménagement du territoire et une urbanisation adéquate. Seuls le laisser-aller et le laisser-faire peuvent être la cause de ces catastrophes majeures qui, périodiquement, lèvent un lourd tribut.
Cependant, la liste des négligences ne s’arrête pas là si l’on se réfère au long énoncé des épidémies qui ont sporadiquement émaillé le territoire national au moment des grandes chaleurs.
Cependant, il y a des domaines où les autorités peuvent prendre des mesures énergiques, qu’elles soient d’ordre préventif ou immédiat: il est étonnant que les photos scandaleuses concernant les conditions de soins dans les hôpitaux et qui ont été publiées sur Internet et mises à la portée de tous par un quotidien national, n’aient pas suscité une quelconque réaction du ministère concerné, qui a d’ailleurs fort à faire devant les revendications légitimes de praticiens dont certains ont un cursus de Bac +12...
Les citoyens ne se sentent plus en sécurité à l’hôpital, vu les conditions d’hygiène qui y règnent.
Et ce n’est pas l’équipement qui fait défaut, ni la qualité des praticiens qui est à déplorer. C’est en général la gestion des hôpitaux qui est mise en cause parce que c’est elle qui retient l’attention, qui intéresse tout le monde à court ou à moyen terme: seuls quelques privilégiés ne se sentent pas concernés car ils ont toutes les chances de se faire soigner ou.... de mourir dans une clinique européenne.
La gestion de l’hôpital n’est qu’un triste exemple de ce qui se passe dans tous les secteurs de la vie quotidienne. Les responsables ont beau pousser des cocoricos en inaugurant chaque réalisation, infrastructure importante, ils ne peuvent cacher le fait que ces chantiers ont tous été réalisés avec des retards très importants, c’est-à-dire avec des surcoûts qui n’auraient jamais dû être...Car le temps est un facteur important dans un projet, et tous les criquets le savent.

Selim M’SILI

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