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La CIA et le MI6 avaient collaboré avec le régime Kadhafi

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Les placards du régime de Kadhafi commencent à livrer leurs premiers secrets. Après la société française qui avait livré du matériel pour surveiller les opposants libyens sur le Net, c’est la CIA et le MI 6 anglais qu’on découvre comme collaborateurs de l’ancien régime.

Des documents découverts dans le bureau abandonné de l'ex-chef du renseignement libyen montrent que les services secrets américains et britanniques ont pris une part active à la répression de la dissidence, avant le soulèvement de février, selon Human Rights Watch (HRW). Le mouvement de défense des droits de l'homme dit avoir mis la main sur des centaines de lettres de la CIA et du MI6 adressées à Moussa Koussa, qui fut également ministre des Affaires étrangères de Mouammar Kadhafi. Il vit aujourd'hui en exil à Londres.

Belhadj livré par la CIA à Kadhafi

L'agence de renseignement américaine avait établi une présence permanente en Libye, selon une note d'un haut responsable, Steve Kappes, adressée au chef des services secrets de l'époque, Moussa Koussa. Celui-ci a été chef des services de renseignement libyens de 1994 à 2009, puis ministre des Affaires étrangères. Il est arrivé à Londres le 30 mars après avoir fait défection, et est reparti libre vers le Qatar.

"Cher Moussa", écrivent ses interlocuteurs de la CIA, qui signent seulement de leur prénom, précise l'organisation, selon laquelle Abdel Hakim Belhadj, militant islamiste aujourd'hui chef militaire des ex-rebelles à Tripoli, a été capturé par l'agence américaine et livré au régime de Mouammar Kadhafi. "Parmi les documents que nous avons découverts au bureau de Moussa Koussa figure un fax de la CIA daté de 2004 dans lequel l'agence informe le gouvernement libyen qu'elle est sur le point de capturer et de livrer Belhadj", a déclaré à Reuters Peter Bouckaert, membre de l'équipe de HRW qui a fait cette découverte.

"L'opération a bien été menée. Il a été capturé par la CIA en Asie et embarqué à bord d'un vol secret pour la Libye, où il a été interrogé et torturé par les services de sécurité libyens", a-t-il ajouté. L'intéressé assure avoir également été torturé par des agents de la CIA avant son transfert en Libye et dit l'avoir été de nouveau à la prison Abou Salim de Tripoli.

"Ce qu'on attend de nous"

La découverte de HRW apporte un nouvel éclairage à la pratique des "renditions", mise en œuvre par le gouvernement de George Bush dans le cadre de "la guerre contre le terrorisme". Après leur capture, il s'agissait de transférer les terroristes présumés dans des pays moins scrupuleux que les États-Unis en ce qui concerne les méthodes d'interrogatoire. "Notre inquiétude est que ces gens étaient torturés lorsqu'ils étaient remis aux services de sécurité libyens et que la CIA savait ce se passait quand elle envoyait des gens comme Abdel Hakim entre leurs mains", a souligné Peter Bouckaert.Les services de renseignements occidentaux ont commencé à coopérer avec la Libye de Mouammar Kadhafi en 2004, lorsque le "guide la révolution" a officiellement renoncé à ses programmes d'armement non conventionnels. Les documents découverts par HRW montrent toutefois que cette coopération a été plus importante qu'on ne l'imaginait. "Il n'y a rien de surprenant à ce que l'Agence centrale de renseignements coopère avec des gouvernements étrangers pour protéger notre pays du terrorisme et d'autres menaces meurtrières. C'est exactement ce qu'on attend de nous", a fait valoir une porte-parole de la CIA, interrogée sur le sujet.

Le MI 6 avait des liens avec Kadhafi

L'agence de renseignement britannique, le MI6, entretenait des liens tout aussi étroits avec lui. Selon The Independent, les archives découvertes comprenaient des fax et des lettres lui étant adressées et portant les mentions "Salutations du MI6". Un agent britannique a même envoyé une carte de Noël signée "votre ami".

Au-delà de ces rapports cordiaux, la Grande-Bretagne aurait communiqué des informations sur des opposants du régime Kadhafi en exil. Dans une lettre du 16 avril 2004, les services secrets britanniques informent leurs homologues qu'un militant libyen vient d'être libéré en Grande-Bretagne.

Plusieurs documents témoignent de la collaboration entre les deux pays lors de la visite de l'ancien premier ministre Tony Blair en Libye. Une note laisse par exemple comprendre que M. Blair voulait rencontrer Mouammar Kadhafi sous la tente parce que "les journalistes aimeraient ça".

Les services secrets britanniques auraient aussi collaboré à la rédaction du discours où Kadhafi a officiellement renoncé aux armes de destruction massives. Le "Guide" tentait alors de changer l'image de son pays pour retrouver la confiance de l'Occident. Le ministre britannique des Affaires étrangères William Hague a refusé samedi de commenter des informations, qui "remontent à l'époque d'un gouvernement précédent".

Y. K et presse

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