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La mare finissante

 

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L’étrange Ahmed Ouyahia vient de retirer la gestion du foncier touristique au ministre du Tourisme, pour entraves et dysfonctionnements divers. Juste avant, il avait retiré la gestion des médicaments au ministre de la Santé, à peu près pour les mêmes raisons. S’il continue dans sa lancée de retireur, il pourrait aller jusqu’à retirer les routes au ministre des routes, le tapis au ministre de l’Artisanat ou son travail au ministre du Travail. S’il pouvait, il retirerait d’ailleurs le permis de conduire à tous les Algériens et Algériennes, lui qui leur avait déjà retiré la possibilité d’acheter une voiture à crédit. Mais la question n’est pas là, pourquoi retirer à un ministre une partie de sa fonction, au lieu de simplement retirer le ministre et d’en mettre un autre ?

Les habitués du pays vous le diront, en Algérie on ne retire pas un ministre pour incompétence. On lui retire l’une de ses prérogatives, son droit de visite au président ou au pire son abonnement à El Moudjahid. Pourquoi ? On ne peut démettre un ministre qui a grandi dans le gouvernement et qui était là bien avant M. Bouteflika et M. Ouyahia. Et il est dans la prérogative du dirigeant de retirer des prérogatives aux dirigés. Juste avant lui, DOK, le ministre de l’Intérieur, dont on murmure qu’il va être nommé Premier ministre pour superviser les élections, avait retiré un tas de choses, comme le droit aux associations de se mêler des affaires de l’Etat ou de se rassembler.

D’ailleurs, si ce n’était le regard des Occidentaux, le gouvernement retirerait les partis, les associations, les journaux, les syndicats et tous les Algérien(ne)s à problèmes. Mais pourquoi ? C’est le syndrome de la solitude du crocodile, qui aime vivre retiré dans sa mare du Club des Pins en regardant le temps vieillir. Ils n’ont pas d’enfants ou alors ailleurs, pas d’avenir ou alors derrière. Il faut vite les retirer du circuit.

 

Chawki Amari

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