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Abstention : à qui la faute ?

Par : Salim Tamani

La crainte d’une forte abstention aux prochaines législatives semble hanter le gouvernement. Après Ahmed Ouyahia qui s’est exprimé sous sa double casquette de secrétaire général du RND et de Premier ministre, c’était le tour hier au ministre de l’Intérieur d’évoquer cette problématique qui risque d’être l’invité non désiré d’un scrutin qu’on veut transparent et donc mobilisateur.
Les résultats des législatives de 2007 ont été très significatifs de la désaffection exprimée par l’électorat algérien de la chose politique. Avec plus de 64% d’abstention, ce scrutin avait révélé un changement profond dans le comportement de l’Algérien qui au-delà du fait qu’il ne croit plus au discours des politiques, entendre par là pouvoir et opposition, semble lancer un message clair au gouvernement : “Laissez-nous vivre en paix et donnez nous nos droits.”
Cette lecture, parmi tant d’autres, s’est vérifiée lors des émeutes de janvier 2011 qui se sont produites au moment où dans d’autres pays des soulèvements populaires avaient balayé les régimes jusque-là intouchables. L’absence de revendication politique dans les manifestations qui ont touché bon nombre de wilayas à travers le pays était ce signal que les préoccupations populaires étaient ailleurs.
Aujourd’hui, alors que le monde entier “zoome” sur l’Algérie en tant qu’“exception régionale”, il s’agit de savoir comment remobiliser l’électorat afin de réussir le test de mai prochain même s’il est admis que l’abstention est devenue un phénomène électoral mondialement connu. Il faudrait aller vers une ouverture audiovisuelle pour renforcer l’expression plurielle. Des mesures du genre seraient à même de réhabiliter le politique et de permettre à toutes les tendances démocratiques et républicaines de s’exprimer. Mais n’est-il pas déjà trop tard pour les prochaines élections ?
Quant à la donne islamiste, personne ne peut prédire tel ou tel scénario même si l’expérience algérienne en la matière a été “sanglante et spécifique”. En théorie, les Algériens ne voteront jamais pour des partis dont l’obédience a plongé le pays dans la douleur des années durant.
Mais en même temps, il ne faudrait pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir achevé. Les islamistes étant devenus fréquentables dans un Occident qui a changé de stratégie pour on ne sait quel objectif, il faudrait se méfier de l’influence des TV satellitaires arabes qui sont de véritables canaux de la propagande intégriste surtout que le Printemps arabe a curieusement renforcé la mouvance fondamentaliste dans des pays qui sont pourtant censés connaître la démocratie.

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