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  • #Ãlgerie Une pente douce mais sûre

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    L'enfoncement. Descendre, toujours, s'enfoncer encore. Jusqu'au point où la situation perd son aspect dramatique pour devenir risible. Une affaire Guerrara où les Mozabites accusent la police d'apartheid ; deux procès, un trafic de cocaïne jugé à Alger et un autre relatif à l’assassinat d’un militant politique à Oran, où des accusations de torture sont avancées. Avec, pour la dernière affaire, un tribunal qui refuse d’autoriser la défense à faire citer des témoins, à examiner les preuves avancées par l'accusation et à procéder au contre-interrogatoire de ses témoins, y compris le légiste qui a réalisé l’autopsie du professeur Kerroumi.

    Dans le même temps, un refus de visa pour Amnesty international, une interdiction de célébration pour la Journée contre la corruption, la dispersion par la police d'une manifestation devant le Palais du gouvernement, une conférence sur les droits de l'homme interdite à Constantine et le ministre de la Justice qui refuse de répondre à la question que tout le monde se pose au sujet du mandat d'arrêt algérien contre Chakib Khelil. Rien d'anormal, sauf qu'en cette Journée internationale des droits de l'homme et devant ces refus délibérés, Farouk Ksentini n'a rien trouvé de mieux que de décerner, au même moment, à Bouteflika, le prix national des droits de l'homme. Sur les 39 millions d'Algérien(ne)s, l'imprononçable CNCPPDH n'a pu trouver aucun militant harcelé ou figure de la lutte pour les droits de l'homme.

    Ayant cherché sans succès dans son répertoire téléphonique, Ksentini a donc décerné le prix à son Président, qui n'a d'ailleurs pas daigné assister à la cérémonie. Dans la foulée, on aurait aimé que le ministre des Sports remette aussi à Bouteflika la coupe d'Algérie de football. Ou, mieux, décerner à Ksentini le prix du meilleur cireur de l'année. Mandela, ne reviens pas à Alger. Ils sont capables de te mettre en prison. Juste pour rire.

     

    Chawki Amari
  • Un magistrat américain enquête sur Chakib Khelil

    Corruption

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    le 12.12.13 | 10h00

     

    L’étau commence à se resserrer autour de l’ancien ministre de l’Energie et des Mines, Chakib Khelil, accusé de détournement de deniers publics. «Le dossier Chakib Khelil est toujours ouvert, nous sommes en contact avec des ONG américaines, notamment Transparency International, qui nous ont révélé qu’un magistrat américain est en charge d’enquêter sur l’ancien ministre de l’Energie et des Mines», a indiqué, hier, lors d’une conférence de presse à Alger, Atoui Mustapha, président de l’Association nationale de lutte contre la corruption (ANLC).
                      

    Atoui Mustapha qui a préféré taire le nom de ce magistrat, n’a pas voulu s’étaler plus sur ce sujet au risque, a-t-il précisé, de gêner les investigations de la justice américaine concernant cette affaire. Il a toutefois tenu à assurer que «c’est un magistrat qui a déjà eu, par le passé, à gérer des affaires de corruption en Amérique latine et qui a donné des résultats».

    Cette information corrobore ainsi les révélations faites il y a quelques jours par l’ambassadeur des Etats-Unis à Alger, qui avait déclaré que la justice américaine divulguera bientôt des informations sur l’affaire Khelil.  «Ce n’est pas tout à fait un scoop», déclare, pour sa part, non sans une pointe d’ironie Djillali Hadjadj, président de l’Association algérienne de lutte contre la corruption (AALC). Contacté par téléphone, celui-ci a considéré qu’il y a lieu d’ajouter des éléments d’information par rapport à cette affaire. «Le FBI était déjà au fait de l’affaire Chakib Khelil dans toute sa dimension. Le ministère de la Justice américain, patron du FBI, transmettait régulièrement au département d’Etat et à la Maison-Blanche des données sur cette affaire.

    Le FBI avait dressé un inventaire chiffré des biens immobiliers, des avoirs bancaires de Chakib Khelil, son épouse et ses enfants majeurs, aussi bien aux USA qu’en dehors», a-t-il indiqué. Selon Djillali Hadjadj, outre Chakib Khelil, sur instruction des magistrats américains, le FBI enquête aussi sur Farid Bedjaoui, également au cœur de l’enquête sur le scandale Sonatrach, et ce, en coopération avec les magistrats français, italiens et canadiens. A ce titre, le FBI et la Gendarmerie royale canadienne (GRC), qui est dotée d’une unité anticorruption, coopéraient, selon notre interlocuteur, à propos des deux mis en cause, Farid Bedjaoui et Chakib Khelil. Et dans cette affaire, précise Djillali Hadjadj, «les entreprises italiennes ENI et Saipem (filiale du groupe ENI) cotées à New York, avaient montré leurs dispositions à travailler avec le gendarme de la Bourse américaine, la SEC, afin de reconnaître qu’elles avaient versé des pots-de-vin à des dirigeants de la société Sonatrach, à Farid Bedjaoui et Chakib Khelil». Ce qui permettra à ces deux entreprises, a-t-il ajouté, «de s’en sortir avec une très forte amende de plusieurs dizaines, voire des centaines de millions de dollars».

    Par ailleurs, affirme notre interlocuteur, qui regrette que «la justice algérienne traîne la patte sur cette affaire», les magistrats américains travaillent avec leurs homologues français sur les avoirs en France de Chakib Khelil et Farid Bejaoui.
    Selon Djillali Hadjadj, le gouvernement américain a fait voter en 2010 un dispositif législatif (loi Dodd Frank) visant à garantir la transparence dans les industries extractives. En vertu de cette loi, il est fait obligation à toute les multinationales qui exercent dans les ressources minières et gazières, qui sont cotées à la Bourse de New York, de déclarer et d’afficher publiquement tout ce qu’elles versent financièrement dans les pays où elles ont des marchés, ce qui permettra, en termes de lutte anticorruption, d’avoir des instruments complémentaires. «Ce qui explique pourquoi Saipem avait montré sa disposition à travailler avec la SEC», selon Hadjadj.

    Le refus d’agrément, une décision politique :

    Le président de l’ANLC est revenu hier sur la décision du ministère de l’Intérieur portant rejet de la demande d’agrément de son organisation, créée voilà une année et demie. «En tenant compte des arguments fournis par le ministère de l’Intérieur, qui sont dénués de tout fondement, nous estimons que le rejet de notre demande d’agrément est une décision politique», a déclaré Atoui Mustapha.

    Les membres de cette association, qui affirment que «ce refus implique qu’il n’y a pas de volonté de lutter contre la corruption dans notre pays», comptent à ce titre saisir le Conseil d’Etat à l’effet de revoir leur dossier d’agrément.  «Nous allons saisir le Conseil d’Etat, nous espérons dans ce cas avoir un magistrat qui fasse preuve de sagesse et statuera en notre faveur», a indiqué Halim Feddel, secrétaire général adjoint de cette association, non sans avertir que «si la justice refuse de nous donner l’agrément, nous avons la possibilité de saisir les instances internationales et d’écrire aux chefs d’Etat étrangers».

    En dépit du refus d’agrément de leur association, ces militants ne sont pas restés les bras croisés, ils ont décidé de peaufiner une stratégie de lutte contre la corruption en recourant à des actions de sensibilisation, de dénonciation des cas de corruption et en prenant attache avec des ONG étrangères.

    Ainsi, pour Atoui Mustapha, «le problème de la corruption en Algérie est un problème de mainmise du pouvoir exécutif sur tous les pouvoirs». «Il y a des magistrats honnêtes, mais ils sont victimes du système car la justice n’est pas indépendante. Elle est impuissante», estime de son côté Halim Feddel, qui fait part de certains cas de corruption, dont une affaire de dilapidation du foncier à Alger par un ex-ministre dont il a refusé de divulguer le nom. «Ce ministre a acheté un grand hôtel au Canada», s’est-il contenté de dire.    

    R. B.

  • L'envers de l’envers

     

    Sans avoir réellement vérifié, il semble que l'Algérie soit le seul pays au monde où les comités de soutien apparaissent avant l'annonce d'une candidature. Bouteflika, bien sûr, dont les comités de soutien fleurissent alors que lui-même ne s'est toujours pas défini par rapport à la présidentielle de 2014. Mais il n'est pas seul, des comités de soutien à Hamrouche ont récemment apparu alors que l'ex-chef de gouvernement, le plus audacieux sur les réformes, ne s'est officiellement pas présenté. Là où ailleurs, l'annonce d'une candidature est suivie de la mise en place d'un bureau de campagne, de la levée de fonds et de la structuration de groupes de soutien, tout se passe à l'envers en Algérie, en commençant par la fin.

    Cette loi empirique des contraires amène une question : et si l'on était sur la bonne voie, mais que l'on se trompait simplement de sens ? Bouteflika était président avant l’élection, ce qui est un contresens, mais il a été réélu avant de se représenter. Les exemples sont nombreux. On dépense l'argent avant la loi de finances, on dilapide avant de générer, on enquête sur les corrompus après qu'ils se soient enfuis et les dénonciateurs de la corruption sont suspects avant d'être écoutés.

    Les gouvernants utilisent des promesses futures comme bilans réalisés, on vote avant de connaître les programmes, on parle avant de réfléchir, on revend une voiture avant de l'avoir achetée et la majorité des Algériens(nes) rajoutent du sel dans le plat avant même d’y goûter. On torture des suspects après qu'ils aient avoué, mais on les juge avant qu'ils ne passent devant un tribunal. On épouse des femmes avant de les connaître et on les frappe avant qu'elles ne vous trompent, tout comme on parle d'héritage de la maison avant de la construire. Comment remettre tout cela à l'endroit ? C'est simple : il suffit de tout faire à l'envers. En quelques semaines, tout sera à l'endroit.

     

    Chawki Amari
  • logement en algerie =essence

    DILEM DU 12 DECEMBRE 2013