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à nouveau

  • Le front social s’enflamme à nouveau

    Les grèves et les rassemblements refont surface dans plusieurs secteurs

    Par : Malika Ben

    Éducation, justice, santé, formation professionnelle, retraités, psychologues, communaux…, la liste des contestataires s’allonge de jour en jour et l’effet boule de neige est à craindre.

    Après quelques mois d’accalmie, le front social s’enflamme à nouveau. Un revirement de situation somme toute attendu, puisque les principaux conflits sociaux qui ont marqué le printemps dernier sont restés en suspens. En effet, la majorité des secteurs qui sont montés au créneau ont été contraints à l’approche des grandes vacances et du mois de carême à marquer une pause en attendant la rentrée sociale qui s’annonçait donc difficile.
    Cette pause a, selon toute vraisemblance, permis aux syndicats de divers secteurs de reprendre du poil de la bête. La contestation reprend de plus belle et les foyers de tension se multiplient ces derniers jours. À peine une grève s’arrête pour quelques jours ou semaines, qu’une autre se déclenche en attendant que d’autres menaces déjà brandies ne soient exécutées. À chacun son tour et parfois, hasard de calendrier, des grèves sont prévues à des dates identiques.
    Ce fut le cas d’ailleurs le 25 octobre dernier pour les secteurs de la santé et de la justice avec le débrayage des blouses blanches et le boycott des robes noires, sans oublier le rassemblement des retraités à la centrale syndicale. Si les avocats se sont contentés de trois jours de protestation et d’un ultimatum de vingt à trente jours adressé à leur tutelle, les spécialistes de la santé ont, de leur côté, opté pour un débrayage illimité.
    Mais bien avant le 25 octobre, d’autres foyers de tension ont été recensés. Pis, la fronde sociale va en grandissant, puisque des mouvements de protestation tous azimuts sont annoncés pour les jours à venir. L’effet boule de neige est d’ailleurs à craindre, d’autant que les précédentes fièvres sociales ont démontré qu’il suffit qu’une formation syndicale ouvre le bal de la contestation pour que d’innombrables protestataires suivent et se bousculent. Les motifs sont pratiquement les mêmes : des revendications salariales que la cherté de la vie impose. Il faut dire que cette nouvelle vague de protestation touche, certes, divers secteurs, mais c’est celui de l’Éducation nationale qui y est, comme à l’accoutumée, le plus exposé.

    Le département de l’Éducation nationale miné par la contestation
    Le département de l’Éducation nationale n’est, en effet, pas près d’en finir avec la fronde sociale qui semble s’y installer comme une tradition sacrée. Le fait que ce secteur sensible compte non seulement une armada de fonctionnaires mais aussi divers corps et intervenants le plonge assez fréquemment dans l’instabilité et l’effervescence. Enseignants, adjoints de l’éducation, corps communs, agents de sécurité, ouvriers professionnels…, c’est à chacun son tour et ses motifs pour déserter son poste et paralyser les établissements scolaires.
    Le fait, aussi, que les fonctionnaires du département de Benbouzid soient parrainés par différentes organisations syndicales n’arrange guère les choses. Même s’il leur arrive d’enterrer la hache de guerre et de faire front commun contre la tutelle, les différents syndicats de l’éducation qui se disputent toujours le leadership recourent au parrainage des différents corps de l’Éducation dont ils soutiennent, évidemment, les mouvements de protestation en vue d’assurer leur survie et leur représentativité. C’est le cas pour les corps communs dont certains activent sous la houlette du Syndicat national des travailleurs de l’éducation (SNTE) et d’autres sont affiliés à l’Union nationale du personnel de l’éducation et la formation (Unpef). Les premiers ont opté depuis le 23 octobre dernier pour quatre jours de grèves cycliques et des sit-in devant les différentes directions de l’Éducation nationale du pays.
    La coordination nationale des corps communs et des personnels de la formation et les travailleurs professionnels, présidée par Benmadour, justifie le recours au débrayage par “le mépris et la sourde oreille de la tutelle qui n’a toujours pas répondu à nos revendications”. La principale est l’intégration des corps communs dans le secteur de l’éducation “en raison de leur relation directe avec les élèves et le staff pédagogique”. La coordination réclame aussi une prime de rendement de 40% avec effet rétroactif à partir de janvier 2008 et l’octroi de primes spécifiques. Leurs collègues affiliés à l’Unpef et soutenus par les agents de sécurité et de prévention du secteur optent pour la même démonstration de force en usant de motifs identiques.
    En effet, c’est lundi dernier que ces fonctionnaires ont ouvert le bal de la contestation de rue via des rassemblements devant les DE. “L’objectif est d’unifier les rangs et les visions dans la perspective des prochaines actions de protestation dont les dates seront communiquées par l’Unpef.” Le syndicat se dit déterminé à aller jusqu’au bout, jusqu’à satisfaction de toutes les revendications, notamment l’intégration de ce corps dans le secteur de l’éducation, la prime de rendement de 40%, la révision du régime indemnitaire, la baisse du volume horaire, la régularisation des contractuels, le droit à la formation et la définition des missions de ce corps pour faire barrage à l’exploitation tous azimuts.

    Conseillers pédagogiques : sit-in dimanche devant la tutelle
    Par ailleurs, les conseillers pédagogiques chargés de l’orientation scolaire reviennent à la charge, cette fois-ci sous la houlette du SNTE. Ceux affiliés à l’Unpef sont montés au créneau au mois de mai dernier et rien ne dit qu’ils ne sortiraient pas de leur réserve. Après quatre jours de grève, la coordination nationale de l’orientation scolaire et professionnelle du SNTE maintient le cap de la protestation et appelle ses adhérents à un sit-in devant le ministère de l’Éducation nationale demain dimanche. Ils réclament la révision du statut particulier des fonctionnaires appartenant aux corps spécifiques de l’Éducation nationale, notamment la disposition instituant le changement de l’appellation de conseiller à l’orientation scolaire et professionnelle par conseiller à l’orientation et à la guidance scolaire, alors que leurs missions ont été maintenues. Autres revendications : obligation d’octroi d’un logement, élaboration du statut particulier des centres d’orientation scolaire, prime de transport, prime de risque, promotion
    De leur côté, les adjoints de l’éducation nationale, qui n’ont pas cessé de lancer des actions de protestation parrainées par le SNTE, n’ont pas hésité à adresser une mise en garde en direction de la tutelle. Un document portant des propositions en vue de la révision des lacunes du statut sera déposé au ministère d’ici le 25 novembre prochain. “La tutelle a jusqu’au 15 décembre pour répondre, faute de quoi, la protestation reprendra à tout moment via des sit-in devant le ministère de l’Éducation et la direction de la Fonction publique.”
    Reclassification de ce corps à la catégorie 10 au lieu de 7, droit à la promotion, révision des conditions d’accès à cette profession, notamment le niveau universitaire.
    Et dans la perspective d’une prochaine contestation, les professeurs ingénieurs se sont structurés au sein de l’Unpef en créant un comité national, qui aura la lourde tâche d’arracher une série de revendications. En clair, le secteur de l’Éducation nationale n’est pas près de sortir de la zone de turbulence.

    Formation professionnelle : vers deux jours de grève
    Après de longues années de stabilité, le secteur de la formation professionnelle a lancé sa première action de protestation en 2009.
    Une première qui a été suivie par d’innombrables autres débrayages et rassemblements organisés par le Syndicat national des travailleurs de la formation professionnelle (SNTF).
    Et c’est ce même syndicat qui compte mobiliser ses troupes pour une nouvelle grève nationale les 14 et 15 novembre prochain, pour inciter les responsables du secteur à répondre à la plateforme de revendication déposée le 12 mai 2009. Nous citerons entre autres : la révision du régime indemnitaire, le droit à la promotion, aux congés annuels et périodiques pour les fonctionnaires de l’administration comme pour ceux du secteur de l’Éducation nationale, la révision du statut particulier et l’intégration des fonctionnaires des corps communs dans le secteur de la formation professionnelle.

    Les psychologues débrayeront le 13 novembre
    Le Syndicat national des psychologues (Snapsy) vient d’annoncer à son tour un arrêt de travail de 5 jours à compter du 13 novembre prochain et ce pour protester contre “le refus de la tutelle de dialoguer”. Cette formation syndicale attend elle aussi la satisfaction d’une plateforme de revendications contenant 12 points.
    Les psychologues réclament à leur tour la révision du régime indemnitaire et la prise en charge des psychologues retraités. Le Snapsy prévoit enfin d’autres actions de contestation avant le 13 novembre; en particulier un sit-in devant la direction de la Fonction publique.

    Dialogue de sourds
    La position des départements touchés par la contestation est en fait pour beaucoup dans le malaise social qui n’en finit pas, puisque la plupart des tutelles ont toujours affiché un silence radio aux appels de leurs fonctionnaires.
    Une position “méprisante”, jugent les syndicats qui optent pour le durcissement. Même le ministère de l’Éducation nationale, qui a accepté d’ouvrir les portes de la concertation avec ses partenaires sociaux, ne le fait que pour les gros dossiers.
    Le département de la santé, qui mise à chaque perturbation sur des déclarations et promesses, se tourne vers un planning de concertation qui n’aboutit au final qu’à une nouvelle perturbation, notamment avec les deux principaux syndicats du secteur, à savoir le SNPSP et le SNPSSP.
    Ce dernier vient d’ailleurs de geler son débrayage en attendant le concret tant promis.
    La vie sociale est prisonnière du même cercle vicieux : revendication, protestation, promesse vaine et retour à la contestation.
    M. B.

  • Le CNT libyen critique à nouveau l’Algérie




     

     

    Le CNT libyen ne lâche pas Alger. Les relations entre l'Algérie et la Libye « passent par des périodes de tensions », a déclaré ce jeudi 8 septembre à Tripoli le numéro deux du Conseil national de transition (CNT) libyen, Mahmoud Jibril. Les sujets de discorde entre le CNT et le gouvernement algérien ne manquent pas. L'accueil par l'Algérie, fin août, de la seconde femme du dictateur déchu Kadhafi ainsi que de ses trois enfants, Mohamed, Hannibal et Aïcha, a suscité de vives critiques de la part des nouvelles autorités libyennes. L’argument humanitaire avancé par Alger pour justifier cet accueil ne convainc pas le CNT. « Ils (les Algériens, NDR) ont justifié l'accueil de membres de la famille Kadhafi par des considérations humanitaires mais ont refusé sans justification d'accueillir des officiers libyens qui ont fait défection », a déclaré M. Jibril au cours d’une conférence de presse à l’occasion de sa première visite officielle dans la capitale libyenne depuis la chute de Kadhafi.
     
    Les récentes déclarations du ministre des Affaires étrangères Mourad Medelci à Paris sur la reconnaissance du futur gouvernement libyen n’ont pas réussi à faire baisser la tension entre les deux parties. Le CNT poursuit ses attaques contre l’Algérie qui semble plus que jamais sur la défensive.