Par Maamar Farah
La prochaine visite de François Hollande excite les rédactions. Pourtant, ce n'est pas la première fois qu'un chef d'Etat d'en face se rend à Alger. On se souvient de la visite historique de Giscard d'Estaing et de la sensationnelle apparition de Boumediène à la réception organisée pour la communauté française.
Une sortie très peu protocolaire et un signal fort pour un nouveau départ... Chadli avait tout fait pour la réussite du voyage de Mitterrand et Bouteflika n'a pas lésiné sur les moyens pour offrir à Chirac, puis à Sarkozy, le meilleur accueil. Seul Zéroual avait refusé de rencontrer Chirac à l'ONU sous «conditions»... Les Français pensaient que l'Algérie, fauchée, en proie à la violence et isolée, allait sauter sur l'occasion pour «redorer son blason». Erreur ! Les Algériens n'ont pas besoin de repentance, ni de promesses pour accroître le nombre de visas ou de projets communs. Ils n'attendent rien de ceux qui viennent. Ils attendent, par contre, beaucoup de leurs dirigeants : ils leur demandent d'être dignes. Simplement.
maamarfarah20@yahoo.fr
«Je suis capable du meilleur comme du pire, mais pour le pire, c'est moi le meilleur.»
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Comment éliminer la classe moyenne
Au moins, c’est clair. La commission de finances de l’Assemblée a refusé un impôt sur la fortune, estimant que les riches payent déjà assez. Pourtant, avec 11 000 milliardaires recensés en Algérie, cet impôt aurait pu soulager des catégories comme les classes moyennes pressurisées par une lourde fiscalité, ou les petites entreprises asphyxiées par les taxes, impôts et charges. A raison d’un million de dinars par milliardaire, l’Etat aurait de fait pu générer 11 milliards de dinars de recettes fiscales. Mais c’est ainsi, on libère les riches et on enferme les classes moyennes et les moyennes entreprises dans l’impossibilité financière.
Car il faut bien noter que dans le même temps, cette commission des finances a jugé inutile de supprimer la taxe sur les véhicules, l’impopulaire vignette automobile. Avec un argument qui semble solide : cet impôt fait gagner 7 milliards de dinars au Trésor public. Avec ces petits comptes d’épicier, on aurait pu imposer les fortunes et soulager d’autres contribuables moins nantis, avec en prime un bénéfice de 4 milliards de dinars que l’on pourrait offrir en méchouis aux membres de la commission de finances et leurs familles. Mais trop tard, la loi de finances pour 2013 est passée telle qu’elle a été écrite par l’Exécutif, tous les amendements ayant été rejetés grâce au soutien massif des députés FLN et RND.
On l’aura bien compris, les représentants du peuple ne sont pas réellement élus par la population, mais placés par les puissances de l’argent et de la rente. C’est donc à elles qu’ils rendent des comptes et non pas à la population. Finalement, par dérapages successifs, le régime, pressant la population comme des citrons d’importation, n’aura fait de concessions qu’à ceux qui ont pris les armes et à ceux qui ont volé de l’argent. Techniquement, cela s’appelle une mafia. Une féodalité. Ou une colonisation. C’est peut-être un habile mélange des trois.
Chawki Amari
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Comment en finir avec Ouyahia
Quand le dîner est desservi, il faut savoir quitter la table, dit le proverbe. Mais on peut aussi rester sous cette même table en attendant le prochain repas, précise un autre adage. Justement, que deviennent les chefs de gouvernement quand ils ne sont plus chef de gouvernement ? En général, ils se recyclent dans les affaires, restent à la périphérie du système en attendant de reprendre du service ou s’exilent. Que deviennent Smaïl Hamdani, Ali Benflis, Ahmed Benbitour ou Ahmed Ouyahia ? On ne le sait pas, sauf pour ce dernier qui, après avoir été 10 ans au pouvoir, en est sans honte au lendemain de son éviction à décrire les problèmes du pays.
Engagé dans les élections, il a fustigé le régime d’import-import et demandé à réformer l’administration sans que quelqu’un ne lui demande pourquoi les taxes à l’exportation sont-elles aussi élevées que celles à l’importation, et pourquoi faut-il des mois pour ouvrir une entreprise là où quelques heures suffisent dans les pays qui ont compris l’importance de la moyenne entreprise ? Même principe pour les sociétés étrangères sollicitées pour construire des logements, ce que M. Ouyahia condamne tout comme la déstructuration du tissu productif, alors qu’il n’a pas fait grand-chose en 10 ans pour imposer les entreprises locales en restructurant le marché interne.
Enfin, même discours sur le FMI et le fait de lui avoir prêté de l’argent, qui serait un signe indéniable de prospérité, alors que c’est le même Ouyahia qui, sous les ordres du même FMI, avait laminé le tissu productif et licencié 200 000 travailleurs. L’échec n’étant pas disqualifiant, c’est pour cette raison que M. Ouyahia est encore dans le circuit. N’ayant jamais été élu, il faudrait peut-être penser à voter pour lui. Car c’est connu, en Algérie, les hommes politiques n’ont plus aucun pouvoir une fois élus. C’est la seule manière de se débarrasser définitivement de lui.
Chawki Amari
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no moment

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