Par Maâmar Farah
A peine Dieudonné a-t-il annoncé qu'il allait se produire à Alger que les «bonnes consciences», à qui la France n'a rien demandé, veulent interdire son spectacle, comme si notre pays était une sous-préfecture française et comme si le Conseil d'Etat français avait un quelconque pouvoir en Algérie ! En vérité, Dieudonné peut donner son spectacle «Le Mur» où il veut en dehors de la France. En Suisse, par exemple, cette représentation n'est pas interdite. Parce que la Suisse est un pays démocratique qui respecte la liberté d'expression. L'Algérie fera-t-elle comme la Suisse souveraine ou obtempérera-t-elle aux ordres de Paris ?
Au lieu de fustiger le discours raciste qui vise quotidiennement les Algériens et les musulmans, au lieu de clouer au piloris BHL et consorts qui roulent pour le sionisme international, au lieu de s'élever contre la tendance fascisante des Zemmour et autres prédicateurs cathodiques qui distillent un discours de haine et d'exclusion, au lieu de s'émouvoir des relents colonialistes d'un humoriste de série B qui raille leur pays sur Canal+, voilà que ces censeurs endossent l'habit des protecteurs des juifs persécutés, reprenant à leur compte une terminologie et des arguments qui n'ont aucune chance de faire mouche ici. Vivent-ils en Algérie ? On se le demande !
Dieudonné s'est déjà produit sans problème en Algérie. C'était avant que la meute socialiste ne soit lâchée à sa poursuite. Si Alger interdit cette fois-ci son spectacle, on l'aura compris : c'est Paris qui décide pour nous !
maamarfarah20@yahoo.fr
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visa accordée par la france

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boutef face aux clowns
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La ruée vers l’urne
Par : Mustapha Hammouche
Vingt-sept candidats à la candidature avaient retiré les formulaires de souscription de signatures individuelles.
Il y a de fortes chances que d’ici à la fin du délai de dépôt de candidature, ce nombre augmente sensiblement. Loin d’être la preuve d’un dynamisme démocratique, cette facilité à prétendre à la fonction suprême illustre le peu de crédit accordé à l’idée d’un fonctionnement démocratique de l’État.
À observer l’état de sous-développement de la classe politique, le rachitisme de ses structures organiques, la faiblesse de sa base militante, on ne devrait pas s’attendre à l’expression d’autant de prétentions à une élection présidentielle. Car les conditions d’accès à la candidature officielle sont telles qu’il faut soit disposer d’un parti qui partage déjà et, dans un certaine mesure, le pouvoir, soit être assuré d’un soutien logistique institutionnel. C’est ce pari sur l’assistance complaisante d’institutions de l’État qui, peut-être, fonde la plupart des engagements.
Et les candidats issus de la société civile, s’ils ont quelque popularité à faire valoir, sont pénalisés par le défaut de base logistique.
Au commencement, il y a eu l’effet CNT ! En janvier 1994, le HCE, version Ali Kafi, édictait une “plateforme portant consensus national sur la période transitoire” en instituant un Conseil national de transition qui allait occuper la fonction délibérative de 1994 à 1997. Le dispositif devait compenser l’absence d’Assemblée législative due à l’arrêt du processus électoral, deux ans plus tôt, et permettre à l’Exécutif de donner une caution “parlementaire”, qui plus est “consensuelle”, à ses décisions. Mais il a aussi permis de créer une petite classe de “conseillers” issus d’une myriade d’anonymes petites formations. C’est ainsi que les milieux politiciens ont découvert la possibilité d’avoir une existence politique et celle de bénéficier de ses attributs statutaires sans qu’il soit nécessaire de s’appuyer sur une base populaire.
Le pouvoir, tel qu’il est politiquement configuré, a besoin de femmes et d’hommes politiques, sous forme d’alliés ou d’opposants, mais qui ne soient pas suffisamment représentatifs pour constituer des forces politiques ; ils sont juste là pour mimer le multipartisme.
À partir de 1999, la monétarisation excessive de l’activité politique, et de celle militante ensuite, a créé une nouvelle vie publique faite de professionnels de la candidature, de la campagne électorale et même de l’activité de supervision de processus électoraux. Au titre de candidats ou de soutiens, de moins en moins d’Algériens s’engagent bénévolement. L’action politique est prioritairement évaluée en fonction de ses retombées économiques : fonds de sponsoring privés, budgets de campagne, indemnités ultérieures, etc. D’ailleurs, les fonctions électives sont régulièrement revalorisées pour que soit d’abord maintenu leur attrait financier.
C’est ainsi que même l’élection présidentielle n’a plus ce tabou qui en faisait la dernière citadelle que l’on convoite pour des considérations strictement politiques. Puisque tout est désormais histoire d’argent, pourquoi donc ne pas tenter sa chance (.) ? Si l’on n’est pas élu, l’on y gagnera toujours quelque chose. Ne serait-ce que parce que l’on aura été candidat, le temps de se voir refuser sa candidature.
M. H.
musthammouche@yahoo.fr -
boutef
