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  • importateurs verreux nous rassurent ils nous font manger de l'ane puis le buffle, puis on sait pas quoi? du chiens!!!!!!!

    Actualités : LES IMPORTATEURS RASSURENT
    Viande indienne : «elle est conforme et c’est du 100% halal»


    La première commande de viande indienne a été réceptionnée hier au port d’Alger. Les échantillons des 260 tonnes, une fois les procédures douanières terminées, seront confiés à l’Institut Pasteur pour analyses avant sa mise sur le marché. Son importateur affirme que «c’est une viande conforme et 100 % halal».
    Salima Akkouche - Alger (Le Soir) - La viande bovine indienne, autorisée à l’importation par le ministère de l’Agriculture, a suscité la suspicion du consommateur avant même son arrivée. «Infestée de parasites, couleur douteuse….», chacun y va de ses remarques. Pourtant, une commande de 10 000 tonnes a été faite par l’Algérie pour approvisionner progressivement le marché durant le mois de Ramadan. Les importateurs risquent- ils de ne pas parvenir écouler leur marchandise ? La société de transformation et d’importation de viande rouge Sotracov, unique importateur public de viande rouge, filiale du SGP-Proda, importera 4 000 tonnes dont 260 tonnes ont été réceptionnées hier. Rentrés hier d’Inde, un spécialiste dans la technologie et la transformation de viande et un agronome spécialiste en contrôle de qualité, travaillant à Sotracov, affirment tous les deux que «toutes les conditions sanitaires ont été réunies dans l’abattoir indien et rassurent sur la bonne santé des bestiaux abattus». Mieux, pour ces deux spécialistes qui ont passé 45 jours dans ce pays, «cette viande a non seulement bon goût mais elle est riche en minéraux et ne contient pas de graisse». Ce pays, précise-t-on, possède le plus grand institut de recherche vétérinaire au monde. Les deux spécialistes affirment que la viande importée a subi un contrôle rigoureux des vétérinaires algériens. L’abattage, poursuivent-ils, est non seulement fait dans de bonnes conditions d’hygiène mais selon les rites musulmans. De son côté, le Pdg de Sotracov, M. Zfizef, a assuré que cette viande est conforme au cahier des charges et correspond parfaitement aux exigences de l’Algérie. Pourquoi l’Algérie a choisi l’Inde ? Cet importateur a souligné que ce pays occupe la deuxième position avec le Brésil en matière d’exportation après les États-Unis, et représente  41 % de l’offre mondiale. «Cette année, il y a une raréfaction de l’exportation de la viande bovine» a-t- expliqué. «Il se trouve que l’Inde a soumis une offre commerciale intéressante». L’Inde, précise-t-on, travaille avec 64 pays dont le Maroc, la Jordanie, les Emirats arabes unis et l’Égypte qui vient de passer commande pour ce mois de Ramadan également. Soulignons que la viande importée est transportée de l’Inde vers l’Algérie à une température de moins 18°. Le trajet a duré 25 jours. La viande sera vendue à 400 DA le kilo pour les parties les moins chères, notamment la poitrine ou le collier, et pour les parties les plus chères, leur prix ne dépassera pas les 560 DA le kilo. En Algérie, l’offre de la viande est de 420 000 tonnes. L’importation représente 10 % de cette offre. La moyenne est de 11 kilos par habitant.
    S. A.

  • Echikoula !



    Par Hakim Laâlam
    Email : laalamh@yahoo.fr

    La France, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne déconseillent
    à leurs ressortissants de se rendre ces jours-ci en Algérie.
    L’Inde, elle, n’impose aucune interdiction en ce sens. New Delhi
    conseille juste à ses concitoyens devant se rendre chez nous
    de ne pas y…

    …consommer de viande !

    Ainsi donc, des trafiquants, ou plus exactement des présumés trafiquants, puisque l’enquête est toujours en cours, auraient tenté de faire entrer près de 200 fusils de chasse frauduleusement, par le port de Skikda. Seraient impliqués dans cette «opération» divers corps de métier exerçant au niveau de ce même port. Ces présumés complices auraient facilité l’introduction illicite de ces armes moyennant contrepartie. Et c’est là que ça devient fort intéressant. Les agents indélicats ont été rétribués pour leur complicité en monnaie pour le moins inhabituelle. Des tablettes de chocolat ! A ce niveau-là de révélations, on est bien obligé de se poser un certain nombre de questions avant d’aller plus loin. Comment expliquer que des personnes en charge de la sécurité d’un port transgressent leur serment contre quelques carrés de chocolat ? Quel message crypté devons-nous décoder derrière cette transaction, 165 fusils de chasse contre des tablettes de chocolat ? Le premier message me semble clair et limpide. L’Algérien aime le chocolat ! Au point de tout faire pour s’en mettre quelques grammes sous la dent. Et quand l’Algérien aime quelque chose, il ne recule devant rien pour l’obtenir. Mais en même temps, un rapide coup d’œil sur le marché intérieur du chocolat montre que ce produit n’est pas vraiment en rupture chez nous. Certes, il est souvent proposé à un prix plutôt élevé, surtout pour le chocolat d’importation. Cela voudrait-il dire que les Algériens, accros au chocolat, ne peuvent plus s’en payer, ne peuvent plus l’acheter ici, au point de commettre de gros délits pour pouvoir en croquer un peu ? Et c’est à ce niveau précis qu’intervient cet autre message important. Le cours de la vie en Algérie a tellement flambé que les complices de contrebande et de trafic aux frontières ont institué de nouvelles règles, de nouveaux barèmes. Finie la monnaie de singe avec laquelle ils se faisaient payer jusque-là leur complicité. Place maintenant à une valeur sûre : la tablette de chocolat ! Seulement voilà, l’enquête est tellement en cours qu’elle ne nous dit pas l’essentiel. Combien de tablettes de chocolat a-t-il fallu que les trafiquants présumés déboursent pour pouvoir faire entrer frauduleusement 165 fusils ? Plus important encore, quel est le barème dans cette bourse au chocolat, selon que l’on se paie une complicité en chocolat noir, en chocolat blanc, en chocolat fourré aux noisettes ou en chocolat praliné ? Et puis, question de fierté nationale et de promotion de notre production, le chocolat fabriqué ici, localement, est-il coté dans cette bourse au trafic chocolaté ? Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
    H. L.

  • Hachemi ! Ta mémoire est une flamme qui brûle encore !

    Voilà déjà cinq ans que tu as tiré ta révérence ! C’était cette journée funeste du 2 août 2005 où tu venais de livrer le dernier combat après une lutte stoïque contre la maladie.
    Depuis que tu n’es plus, la situation du pays s’est encore dégradée et les perspectives de redressement sont encore loin de se dessiner.
    Des minorités de plus en plus marquées vivent dans les enclaves de l’opulence, paradant dans un luxe insolent tandis que l’écrasante majorité de notre peuple se démène dans une autre planète, celle de la misère, de l’ignorance et de l’exclusion.
    L’Algérie aurait pu connaître un essor réel grâce à l’immensité de ses richesses mais l’absence de volonté politique acoquinée à une corruption généralisée, réduit à néant tous les espoirs.
    Notre peuple aurait pu vivre un autre sort si le pays avait plié ses ambitions aux exigences d’un véritable Etat moderne. Il n’en est rien malheureusement !
    Les Algériens sont victimes d’un système dont la gabegie, l’incurie et le népotisme font loi.
    Les jeunes, faute de perspective, sont toujours candidats à l’exil et la mer est devenue une grande faucheuse. Après avoir bradé les intérêts du pays, le système a dépouillé la jeunesse de ses rêves et l’Algérie ressemble à un long tunnel noir sans issue.
    Pourtant, il a suffi d’une victoire sportive arrachée de haute lutte pour que la jeunesse sorte spontanément dans les rues célébrer les couleurs nationales dans l’euphorie générale qu’une poignée d’imams fanatisés ont déshonorées. C’est dire, d’une part l’aspect antinational d’une telle posture et l’attitude hautement patriotique d’autre part d’une jeunesse qui a su se saisir d’un moment unique pour délivrer un message d’espoir et exprimer sa volonté de mettre toute son énergie au service du pays.
    La situation des femmes, elle aussi n’a pas changé d’un iota. Elles sont encore régies par des lois d’un autre âge et restent emmurées dans les lois-prison du code de  « l’infamie »
    Les terroristes recyclés en « repentis » sous couvert de « réconciliation nationale » et de « concorde civile » courent toujours dans le pays dans l’impunité totale et continuent de nous narguer du haut de privilèges grassement concédés par un pouvoir capitulard. Dans l’Algérie d’aujourd’hui, on punit la victime et on encense le bourreau. Mais le pouvoir a beau caressé la bête immonde dans le sens du poil, l’islamisme politique est toujours en embuscade fin prêt à s’emparer de tous les pouvoirs.
    Comble d’ironie ! le pouvoir a revalorisé les retraites de ceux qui mènent jusqu’à l’heure d’aujourd’hui le peuple à l’abattoir et assassinent son intelligence tandis que les contractuels de l’ANP sont contraints de manifester leur mécontentement pour obtenir la reconnaissance de leurs droits et que les défenseurs de la république tel que le moudjahid et patriote Gharbi est carrément condamné à mort.
    Au lieu de libérer la parole et d’essaimer la tradition du débat et de l’ouverture, le pouvoir a anémié le champ culturel et réveillé les vieux démons des zaouiates en poussant en sous main au tribalisme ravageur et à la division entre Arabes et Kabyles et entre Arabes et Arabes (Ghardaia-Beriane).
    Le champ politique est laminé et en déshérence. L’opposition est cooptée, la désertion des valeurs est devenue une norme, la corruption élevée au rang d’institution et le système est vindicatif à l’endroit de toute voix critique.
    Le courant démocratique quant à lui, au lieu de travailler à la fédération de ses forces, est inaudible, pire encore il est l’alibi d’un système dictatorial maffieux puisqu’il est le partenaire assidu d’un système électoral pipé depuis des lustres.
    Le pouvoir se croit garant de la stabilité du pays face à tous les périls. Le climat sécuritaire et la répression le rend oublieux du volcan social sur lequel il est assis.
    Au lieu de mettre en place un plan rationnel de sauvetage pour éviter le chaos et mettre un terme à la prédation, il dirige le pays à coup de pantalonnades comme le fait Bouteflika et  continue à considérer l’Algérie comme une vache à traire.
    Mais vois-tu camarade, malgré toutes ces difficultés le cœur n’est pas au désespoir !
    Tu nous as enseigné que la vie est un marathon où les obstacles ne manquent pas. Notre peuple a connu plus d’un séisme. Il s’en sortira la tête haute et saura trouver le chemin du combat pour abattre ce système à jamais.
    Nous ne sommes pas de ceux qui ont paré la victime de l’habit du bourreau pour pactiser avec la bête immonde !
    Nous ne sommes pas de ceux qui capituleront devant ce système rentier et maffieux.
    Il n’y a que toi en tant que premier responsable d’un parti démocratique qui avais compris en temps opportun la duplicité de son langage; as su mettre à bas ses masques et s’affranchir des étroitesses du dogme en tonnant à qui voulait bien t’entendre que la question centrale de l’Algérie était celle du projet de société dont le noyau central est l’idéal laïque. Ton coup de gueule est toujours d’une brûlante actualité !
    Camarade El Hachemi, demeure en paix ! Tu as su dynamiter les représentations du défaitisme et de la trahison et ouvrir la voie au renouveau !
    Merci d’avoir participer à nous ouvrir les yeux et de nous avoir légué un héritage révolutionnaire auquel nous rendons tous hommage aujourd’hui !
    Une gerbe de fleurs sera déposée sur ta tombe au cimetière Miramar (Bologhine-Alger) le lundi 2 août 2010 à 11 heures.

    Le Bureau National du Parti pour laLaicité et la Démocratie (PLD)

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  • Tunisie: Six mois de prison fermes pour Benbrik ou comment Ben Ali harcèle l'opposition démocratique

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    Le journaliste tunisien dissident Taoufik Ben Brik a été condamné aujourd'hui à six mois de prison ferme, par la justice de Ben Ali, a annoncé son avocat Mokhtar Trifi. Hier Benbrik avait été privé de visite. Ni sa famille, ni ses avocats n'ont eu le droit de le rencontrer. Alors qu'ils protestaient devant l’entrée de la prison contre le refus des autorités, tous les détenus ont le droit de recevoir leurs familles et leurs avocats, ils ont été chassés par les forces de l'ordre.

    Mardi, les avocats d'un autre journaliste emprisonné, Zouhaïer Makhlouf, au cours de la seconde audience du procès, n’ont pour ainsi dire pas pu plaider. Et le juge a annoncé que le verdict serait rendu le 1er décembre.

    Comment Ben Ali harcèle les dissidents

    Lorsqu’elle se déplace à pieds, Sihem Bensedrine, a toujours une moto qui la suit. Quelques fois, le motard s’approche très prés et va même jusqu’à la bousculer avec son engin. C’est ce qui s’est passé lundi 23 novembre. Elle a part la suite été empêcher de rendre rentrer au journal El Tejdid, la police lui a barré l’accès. Même chose lorsqu’elle a voulu rendre visite à une autre militante, Sana Benachour.

    La surveillance autour des domiciles des journalistes, des avocats et de presque tous les militants est impressionnante. Des véhicules, des équipes qui se relaient 24h sur 24, des filatures, les écoutes, tout y passe. Même les grands criminels n’ont pas droit à autant d’attention et de moyens. Ces pressions n’ont pas seulement pour but de vérifier qui ces gens reçoivent. Leurs domiciles sont inaccessibles, presque des prisons. Seuls les proches parents sont autorisés à y pénétrer. Le domicile de Taouwfik Benbrik n’échappe pas à la règle. Non content de l’avoir jeté en prison, la police de Ben Ali, maintien une surveillance stricte. Personne ne peut rendre visite à son épouse. Le tout, bien entendu sans aucun motif officiel, ni surtout de décisions de justice. Ben Ali agit à sa guise en faisant fi des lois qu’il a lui-même écrites et promulguées.

    Du harcèlement à la persécution

    En empêchant les opposants de se rendre visite les uns les autres, non plus seulement sur les lieux de travail, mais maintenant à leurs domiciles, Ben Ali veut les empêcher de communiquer. Ce harcèlement concerne Lotfi Hadji, le correspondant d’Al Jazeera, Lotfi Sidouni, Omar Mestiri, Ziad Elhani, les avocats Raouf Ayadi et Mohamed Abou, la militante des droits des femmes Khedidja Cherif et bien d’autres. Tous le téléphones sont sur écoutes et aucun d’eux n’a accès à internet. Même lorsque l’on tente de les joindre de l’étranger les appels sont détournés et sonnent dans le vide pour les priver du soutien international et les empêcher de raconter ce qui se passe en Tunisie. Leurs mails, quand ils arrivent à leurs destinataires, sont lus par la police politique. Il n’est pas rare que leur contenu soit changé par les sbires de Ben Ali. On y troue des vulgarités, des insultes et des menaces. Bref le harcèlement est permanent et tourne à la persécution.

    Les capitales occidentales ne réagissent toujours pas. Prompt à donner des leçons de démocratie et de respect des droits de l’homme partout sur la planète, la France de Sarkozy et de Kouchner, se mure dans un silence assourdissant face aux agissements du dictateur Ben Ali.

    Yahia Bounouar

  • Lettre d’un Africain perplexe à Barack Obama

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    Cette lettre est arrivée au bureau du président Obama, par le canal diplomatique.

    Monsieur le Président,

    Il se dit, depuis le sommet du G 8, que vous caressez le projet de recevoir en août, à Washington, 18 chefs d’Etats africains pour fêter les 50 ans d'indépendance de leurs pays. A entendre vos conseillers, il serait question de « débattre de l’avenir avec ces jeunes dirigeants d’Afrique ».
    Croyez-nous, Monsieur le Président, pas un seul des peuples du continent, du Nil au mont Nyangani, des montagnes du Djurdjura au massif du Chaillu, du Rif au fleuve Ogooué, oui, pas un seul des peuples d’Afrique ne manquerait d’applaudir à cette généreuse initiative si, par bonheur, vous arriviez à dénicher 18 « jeunes dirigeants »  soucieux de se projeter vers le futur.
    Mais, vous le savez, dans ce continent on ne quitte le pouvoir que pour le cimetière. L’Afrique – et je le vois dans mon pays, l’Algérie -  n’est que le vaste territoire d’une tyrannie endurcie, un continent interdit aux nouvelles générations, otage de vieux potentats grabataires et de quelques potentats en devenir, un continent fermé à l’alternance et à la démocratie, où l’on se demande encore à quoi pourrait bien ressembler l’indépendance, une contrée où les gamins naissent et grandissent dans l’intolérable différence entre les humains, dans un monde maudit,  le monde du malheur de naître et de mourir prosterné, condamné à quémander un répit, un vrai souffle d’amour, un instant de dignité… Un monde que leurs pères croyaient avoir aboli. Le monde qu’a vaincu Rosa Parks, la marraine du miracle qui vous a fait président. Mais un monde qui s’éternise pour nous…
    A quelle oreille escomptez-vous  adresser votre « débat sur l’avenir » ? A celle de ces tyrans pittoresques et cyniques, ces monarques archaïques qui règnent par la terreur et la corruption et à qui s’adressait déjà votre discours d’Accra : « Aucun pays ne peut créer de richesse si ses dirigeants s’enrichissent personnellement » ? A celle de Ben Ali qui vient d‘emprisonner son énième journaliste ? Ou à celle de ces treize autres autocrates africains dont la célèbre revue de New-York, Foreign Policy classe parmi les vingt-trois plus grands dictateurs de la planète : Teodoro Obiang Nguema, Hosni Moubarak, Robert Mugabe, Omar el-Béchir, Issayas Afewerki, Mélès Zenawi, Mouammar Kaddafi, Idriss Déby…. Vous ne parlerez pas du même cinquantenaire. Vous êtes la créature d’un triomphe historique sur la haine, le triomphe de Rosa Parks la couturière de Montgomery qui refusa de céder sa place à un homme blanc dans un bus. Assez des lois raciales, assez de l’humiliation ! « That it was the very last time that I would ever ride in humiliation of this kind ». Vous êtes la créature d’un triomphe historique sur la haine. Ils sont les artisans et les légataires de la haine.
    A quoi bon leur redire votre crédo d’Accra : « Le continent n’a pas besoin d’hommes forts, mais de fortes institutions » ? Ils ont désespéré Tocqueville ; ils désespéreront Rosa Parks. Ils ont désespéré Tocqueville qui préconisait que «  le plus grand soin d'un bon gouvernement devrait être d'habituer peu à peu les peuples à se passer de lui  », eux qui, deux siècles plus tard, persuadent toujours nos peuples de ne pas se passer d’eux.
    C’est comme une malédiction, Monsieur le Président.
    En un demi-siècle, l’Amérique a changé de couleurs. Rosa Park a triomphé. Vous êtes là : Premier Noir élu président des Etats-Unis.
    Après un demi-siècle, l’Afrique n’a toujours pas changé de pouvoir. Eux, ils sont toujours là.
    La ségrégation raciale a abdiqué, mais pas les oligarchies d’Afrique.
    Oui, c’est comme une malédiction. Songez, Monsieur le Président,  qu’à votre naissance, en 1961, l’actuel président algérien Abdelaziz Bouteflika était déjà capitaine de l’Armée, chargé de fomenter le premier coup d’Etat de la future Algérie indépendante ; songez que deux ans plus tard, l’année du discours du révérend Martin Luther King, « I have a dream », M. Bouteflika était déjà ministre des Affaires étrangères,
    Vous aviez 2 ans
    M. Bouteflika en avait 26.
    Songez qu’au rétablissement des droits des noirs, lors du « Civil Rights Act » et du « Voting Rights Act » sous la présidence de Lyndon B. Johnson, l’actuel président Bouteflika avait déjà provoqué son deuxième coup d’état contre Ahmed Ben Bella.
    Vous aviez 4 ans.
    M. Bouteflika en avait 28
    Et songez qu’à votre  investiture pour le Sénat, en 2004, il venait de réussir son troisième putsch contre son adversaire aux présidentielles, et qu’à votre victoire contre Mac Cain, le 4 novembre 2008, l’actuel président Bouteflika viola la Constitution pour rester au pouvoir.   
    Vous aviez 47 ans.
    Premier Noir élu président des Etats-Unis.
    Abdelaziz Bouteflika en avait 72.
    Troisième dictateur le mieux élu dans le monde, juste derrière Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, (Guinée Equatoriale) et  Noursoultan Nazarbaïev (Kazakhstan), mais devant Robert Mugabe (Zimbabwe) et Omar Hassan el-Béchir du Soudan.
    Depuis, j’entends parfois mon compatriote se confier à la mer : « I have a dream… »
    Si vous recevez M. Bouteflika, vous briserez ce rêve.

    Si vous recevez ces autocrates, Monsieur le Président, vous les laverez de leurs péchés et ils vivront cinquante autres années de votre absolution.
    Vous ferez pleurer nos Rosa Parks, Mandela et Lumumba.
    Ecoutez plutôt l’Africain qui rêve et qui se bat.
    Vous le savez, aujourd’hui, monsieur le Président : on ne peut rien contre un homme qui rêve et qui se bat.
    Lui seul saura vous raconter l’avenir.
    Cet homme existe, monsieur le Président. Il est vivant. Il est dans les geôles des potentats, parfois en exil, souvent traqué, ignoré, mais vivant. Il représente les sociétés civiles de l’Afrique muette.
    Ecoutez-le, monsieur le Président.
    Lui seul saura célébrer l’anniversaire des indépendances africaines.
    Je vous prie de croire, monsieur le Président, à ma plus haute considération.

    Mohamed Benchicou

    Cette lettre est arrivée au bureau du président Obama, par le canal diplomatique.