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  • helas les vautours ont encore frapper 1er novembre

    Les grands chantiers de la capitale

    Le plaisir gâché par les coûts et les délais

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    Le président Bouteflika a inauguré hier des réalisations d’utilité publique et institutionnelle, dont le métro d’Alger, et a lancé les travaux d’autres grands projets. La joie des Algérois a été quelque peu atténuée par les délais trop longs et les coûts exhorbitants.

    Il a inauguré également le très beau siège du ministère des Affaires étrangères, un édifice imposant, sur les hauteurs de la capitale, qui malheureusement contraste si mal avec la mauvaise passe dans laquelle se trouve la diplomatie algérienne qui, dans sa chute, faut-il le dire pour la circonstance, touche le fond.
    Ces inaugurations n’ont pourtant mérité aucun commentaire ni déclaration de la part du chef de l’Etat. Est-ce à dire que ce sont autant de réalisations qui parlent pour lui ? Pas si sûr tant il est vrai que Bouteflika reste attendu sur la réalisation d’autres chantiers, beaucoup plus politiques ceux-là, puisqu’il s’agit de sortir le pays de son enfermement politique stérilisant.

    A l’heure où le contexte international est marqué par une crise économique évidente et, surtout, des bouleversements politiques déchirants qui visent à remettre en cause les choix du passé, en Algérie, l’on ne semble pas en tenir compte. Du moins pas avec la même rigueur pour tous les projets. Que peut-on dire en effet du choix porté sur la construction de la Grande mosquée d’Alger, qui coûtera au Trésor public pas moins d’un milliard de dollars ?
    Bien loin de discuter de l’importance de tous ces projets et encore moins leur utilité, le sujet suscite par contre toutes sortes de commentaires sur leur priorité, au moment où le pays est déjà mis sur les rails de la maîtrise des dépenses budgétaires ou de la diminution de la facture des importations. Cet argument a fondé même la suppression du crédit à la consommation des ménages, la surtaxation de l’acquisition des véhicules notamment. Tout cela sans compter que le pays souffre profondément de déficit en matière de projets structurants capables de redresser une situation économique et sociale en déclin.

    Engager des chantiers aussi coûteux  au mépris des priorités, dans un contexte de crise économique qui ne manquera pas d’avoir un impact sur les finances publiques, risque de connaître le même sort que celui réservé au métro d’Alger, un cauchemar qui a hanté les Algérois pendant bien longtemps. Ainsi, pour sa première sortie dans la capitale depuis sa réélection, Abdelaziz Bouteflika a-t-il vraiment fait son choix politique de faire de ces réalisations un des objectifs atteints de Novembre ? Force est de constater que l’instauration d’un Etat véritablement démocratique et la consécration d’une réelle justice sociale, que le 1er Novembre 1954 s’était fixé comme objectifs stratégiques, restent à conquérir, un demi-siècle après l’indépendance.

    Hacen Ouali
  • la police laisse faire le traffic de devise parseque les ordres viennent d'en haut.

    La chasse aux sorcières n’effraye pas les cambistes

    Rien n’ébranle le business de la devise !

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    le 31.10.11 | 01h00 3 réactions

     

    La descente opérée durant le mois d’octobre par les services de sécurité dans les milieux connus pour être des plaques tournantes du marché noir de la devise sur la place d’Alger n’aura pas fait vaciller le moins du monde ce business fructueux.

    S i l’offre s’en trouve quelque peu perturbée, les pourvoyeurs de ce marché sont en revanche toujours présents.
    Au square Port Saïd, les cambistes n’ont jamais été aussi nombreux. Adossés à des véhicules en stationnement ou simplement debout sur les rebords des trottoirs, ils abordent au passage des automobilistes et autres passants, leurs liasses de billets, des euros bien en évidence, faisant mine de les compter et les recompter inlassablement. A quelques mètres de là, les agents de police font mine de ne rien voir.

    Quant on demande à l’un des cambistes s’il n’est pas inquiet après les dernières opérations des forces de sécurité, il répond avec flegme et assurance : «Vous savez, ce n’est pas la première fois qu’il y a ce genre d’opération et pourtant moi je suis là tous les jours depuis des années.» Et d’ajouter : «J’essaie de gagner ma vie et c’est quand même mieux que d’aller se jeter à la mer.» Et c’est d’autant mieux que le business semble prospérer avec la flambée des cours de l’euro, la devise la plus échangée sur la place. Depuis le début de l’année, la monnaie unique européenne caracole à plus de 140 DA pour un euro avec des pics allant jusqu’à 147 DA la semaine dernière. Une hausse qui s’explique, selon notre cambiste, par «la baisse de l’offre suite aux arrestations qu’il y a eu». Beaucoup de cambistes «se sont mis un peu à l’ombre pour ne pas attirer l’attention, ce qui fait que l’euro manquait un peu sur le marché», dit-il. Cela sans compter qu’on est en pleine saison de pèlerinage, ce qui a tendance à booster la demande.

    Il n’y a pas que le Square

    Se mettre au vert pour éviter les soupçons, c’est ce que nous avons pu vérifier la semaine dernière chez le propriétaire d’un commerce de cosmétiques dans une commune de la banlieue ouest d’Alger. A priori, rien ne laissait penser que dans l’arrière-boutique on échangeait des devises, essentiellement des euros, mais le bouche-à-oreille fonctionnant parfaitement, nous avons tenté d’avoir confirmation. Nous avons donc approché le vendeur, une fois le magasin vidé de sa clientèle, nous lui avons demandé s’il acceptait de nous acheter quelques centaines d’euros. «Non, nous ne le faisons plus», nous répond-il quelque peu embarrassé. A la question de savoir pourquoi, le vendeur ne donna aucune réponse.  «Est-ce parce que les cours sont trop élevés ?», avons-nous demandé.

    «Non, ça n’a rien avoir, mais il faut faire attention, il y a les hommes de la sécurité qui rôdent dans les environs», nous a-t-il dit en guise d’avertissement et d’explication. A quelques centaines de mètres de là, nous avons entendu parler d’un autre magasin où l’on vendait des vêtements pour hommes et où on pouvait accessoirement acheter et vendre des euros. Après avoir indiqué au vendeur le nom de la personne qui nous a tuyautés, l’homme a, volontiers, accepté de nous échanger nos euros. «Le cours est à 14 (140 DA pour un euro)», dit-il, comme pour s’assurer que nous ne changerions pas d’avis et d’ajouter qu’il est assez «bas ces jours-ci». Il indique dans la foulée «que les euros se font rares», sans pour autant pouvoir l’expliquer.

    Mais la logique commerciale voudrait qu’en période de rareté, les prix augmentent ; or, ce qui se passe sur le marché noir indique parfois le contraire. «Quand le cours est trop élevé ou trop bas, on préfère ne pas faire de transaction, pour éviter qu’on soit perdant dans l’affaire ou que la personne qui vient nous voir soit lésée», nous dit le propriétaire du magasin. Quant à savoir qui fixe le cours journalier sur le marché parallèle, toute réponse serait aléatoire. En effet, dans la même journée de mercredi (26 octobre 2011), et sur la même place du square Port Saïd, nous nous sommes vu proposer trois taux de change différents par trois cambistes différents. Les cours à l’achat allaient de 140, 141 et 141,5 DA pour un euro, alors qu’à la vente, ils oscillaient entre 141, 142 et 142,5 voire 142,7 DA pour un euro.  

    En dehors des facteurs de saisonnalité comme la saison estivale, la période du hadj ou les vacances de fin d’année qui dictent le principe de l’offre et de la demande, la logique du profit semble pour l’heure la seule à laquelle obéit le commerce informel de la devise, comme pour toute autre business du reste.             
     

    Safia Berkouk
  • El métro-messie et la catastrophe-météo

     

     

    Par : Mustapha Hammouche



    Cela fait quelques jours que les personnels et les moyens de la wilaya et certaines communes d’Alger sont sur la brèche pour astiquer, enluminer et enduire les espaces et les façades du périmètre bordé par la Grande-Poste et la Fac centrale.
    On s’affaire avec une frénésie qui rappelle l’entrain de veille de fêtes nationales de la belle époque des “trois révolutions”. Le tiers-mondisme, alors opérant sur les consciences naïves des “masses”, faisait passer les pompes des jubilés pour des bilans de développement. Dans cette pure tradition de badigeonnage de circonstance, tous les tracés de signalisation, murs et devantures d’alentour ont droit à leurs couches d’enduit.
    Pas besoin d’être astrologue pour deviner que demain sera enfin inaugurée une ligne de métro. Il n’est pas encore dit qu’on inaugurera en même temps son service régulier. Pendant que la capitale est tout entière investie dans le blanchissage de cette portion de la ville, de mauvaises nouvelles nous parviennent de l’est du pays. Dans différentes localités de Biskra, Batna et Oum El-Bouaghi et d’ailleurs, ce n’est pas le vernis qui a déteint, mais ce sont les structures qui cèdent dès les premières pluies : inondations, écroulement d’habitations et, parfois, mort d’homme. Pour être équitable, il faut dire qu’Alger a eu, il y a moins d’une semaine, son lot de désagréments pour cause d’intempéries : la toute récente trémie de la place du 1er-Mai a été noyée.
    Il n’y a pas longtemps, El-Bayadh a été endommagée par les eaux, faisant encore plus de victimes. Deux vagues d’orage ; deux catastrophes. Même l’Office national de météorologie prend désormais ses précautions de forme : à la moindre prémonition de précipitation, il émet un bulletin météorologique spécial, faisant du BMS un acte de prévention contre l’argument de la mauvaise prévision.
    Des slogans dominés par le terme de “réalisations” complètent l’œuvre d’embellissement de l’avenue qui accueille la bouche de métro inaugurale. Huit kilomètres en trente ans, soit moins de trois cents mètres par an. Si on devait ne s’en tenir qu’au délai, sans prendre en compte le surcoût, méprisé dans ce contexte dépensier, il n’y a pas de quoi pavoiser.
    Sous un régime plus préoccupé de s’autocélébrer que de s’imposer une efficacité de gestion, le prétexte à se glorifier suffit ; qu’importe si le motif de satisfaction manque. Les accidents pour intempéries se répètent tous les ans et sur le territoire national — de Bab El-Oued à Ghardaïa, d’El-Bayadh à Batna — et constituent les symptômes d’une évidente incurie en matière d’aménagement, de localisation, d’étude, de conception, de réalisation, d’entretien.
    Le combat entre le développement et le sous-développement, c’est aussi le combat entre le vernis et la structure, entre la norme de construction et la dépense improvisée, entre la rigueur stratégique et l’improvisation politicienne.
    Pas plus qu’une hirondelle ne fait le printemps, l’arrivée d’un métro qui a traversé les générations ne fait pas le développement. Au mieux, ce sera l’arbre d’un jour qui cache la gabegie de décennies. L’échec est trop patent dans ces catastrophes de gestion qu’on fait passer pour des catastrophes naturelles !
    M. H.
    musthammouche@yahoo.fr

  • Tourisme en Algérie : oh, le gros complot !!!

     

    Par
    Smaïn Mimoune, le ministre du Tourisme.

    Une vieille déclaration sur le tourisme algérien en général sur laquelle je m'étais déjà expliqué ressurgit dans les déclarations de Smaïn Mimoune sur le journal El Watan... Pourquoi ? Fouillez-moi !

    Dieu que ce ministre a du temps à perdre avec ces niaiseries... Accepter l'inacceptable de Smaïn Mimoune

    Imaginez ce qui arriverait à un ou une touriste qui arrive chez nous d’Europe, c’est-à-dire d’à peine deux heures de vol de chez nous, avec trois de leurs copains ou copines et qu’ils nous demanderaient de les sortir danser quelque part…: la police se pointerait, non ?

    Alors pourquoi la police ne fait rien quand ce ministre dit n’importe quoi ? Mais aussi pourquoi ce journal El Watan ne pose pas les bonnes questions ? Qu’en est-il des chantiers des hôtels du Sud à la veille de la fin d’année ? Qu’en est-il de ces pauvres gens travailleurs qui sont sous le diktat de ce DG voyou à l’hôtel Sheraton comme celui de l’Aurassi d'ailleurs ? Qu’en est-il de ces agences de voyages mises en berne par le ministère ? Quelle décision a pris Monsieur le ministre a propos de ses syndicalistes et contre ces DG ? Que veux dire une politique à moyen terme et que veut dire a long terme ? 500 ans ou dans mille ans ? Que veut-il dire par le développement du tourisme est l’affaire de tous ? Des APC, des wilayas ou des citoyens ou de vos hôtels ou de vos centres touristiques minables ?

    Après nous avoir raconté que la seule possibilité du développement touristique c’est le Sahara, maintenant c’est le littoral, Quel littoral ? Celui qui est totalement dégradé par la pollution ou celui qui est "bouffé" tous les jours au point où il n'en reste que 400 kilomètres ? Je crois comprendre que ce ministre débarque sur un chantier en construction, qu’il est sûrement honnête mais à ce travail il ne sait rien et il doit quitter son poste. Cela vaudrait mieux pour son prestige. 

    D’ailleurs, son patron, c’est-à-dire le secrétaire général de son parti, vient de le désavouer publiquement en déclarant qu’il n'y a pas de ministre du Tourisme et encore moins un tourisme en Algérie. Voilà qui est clair. L’intimidation, si c’est de l’intimidation est maintenant légale et claire.

    A moins que je ne comprenne plus rien. D’un côté, on ne cesse de dire que l’intimidation et le harcèlement administratif sont formellement interdits, Aboudjerra Soltani comme un gorille désavoue son ministre et le menace du regard, les autorités baissent les yeux et font comme si personne n’a rien vu, rien entendu.

    Faudrait se brancher. Ce n’est pas correct d’écœurer le monde de cette manière. Comment voulez-vous faire régner l’ordre dans de telles conditions ? C’est comme si vous disiez à vos enfants : "Toi, t’as pas le droit de manger des bonbons, mais toi, vas-y fort et vide le plat…"

    Soyons cohérents

    Si les gros bras ont pris autant de place dans l’absence des services touristiques, c’est parce qu’on leur a permis de prendre autant de place. Seulement, il ne faut pas parler de tourisme. Cela arrangerait un tas de monde. Le tourisme quoi qu’en dise monsieur Smaïn Mimoune est dans un état de dégradation total.

    Si le gouvernement veut vraiment faire le ménage et éradiquer la médiocrité culturelle, cette culture de la terreur qui règne depuis trop longtemps dans notre pays, il devra être cohérent et traiter ces "incidents  touristiques" avec tout le sérieux qui le méritent. 

    C’est illégal, d’intimider et de se moquer des gens, n’est-ce pas Monsieur le ministre du Tourisme ? "L’intimidation, c’est quand une personne qui n’en a pas le droit empêche quelqu’un de faire une chose qu’elle a le droit de faire ou force quelqu’un à faire quelque chose qu’elle a le droit de ne pas faire". Vous nous empêchez de vivre correctement dans le confort de notre beau pays.

    "L’infraction peut être commise en faisant des menaces ou en utilisant la violence à l’endroit de quelqu’un, en endommageant les biens d’une personne ou en encerclant quelqu’un de façon menaçante contre son gré". C’est exactement ce que vous faites a l’encontre des agents de voyages. Alors arrêtez de raconter n’importe quoi.

    Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais je me pose une question : êtes vous honnête ? Croyez-vous un instant dans ce que vous racontez ? A-t-on une seule chance de voire défiler quelques touristes avant les prochaines élections ? A moins que vous voulez avoir le dernier mot, répondez moi , est-ce une question de fierté, d’orgueil que vous dites n’importe quoi ?

    Une seule conclusion possible

    "Il faut savoir quitter la table lorsque l’amour est desservi", chantait le chanteur Charles Aznavour. Dans le cas Monsieur le ministre, l’amour n’a pas seulement été desservi : on l’a lavé, essuyé et rangé dans l’armoire tous nos espoirs de voir un jour ce pays s’ouvrir au tourisme. 

    Les chaises ont été montées sur les tables, et on a fermé la lumière et barré la porte du restaurant. Quant au tourisme que vous nous faites miroiter, nous savons qu’il existe mais vous ne savez pas par ou le prendre.

    Pourquoi alors persistez-vous à rester ? Ne voyez vous  pas qu’il n’y a qu’une seule conclusion possible à cette farce que vous construisez — c’est-à-dire encore plus de contestations et d’humiliations ? Le tourisme n’est pas votre affaire et vous ne savez même pas comment vous y prendre, ça se voit à vos déclarations ridicules.

    Fayçal Maarfia

  • Scandale à l’université : Grève à la faculté de médecine de Sidi Bel Abbès

     

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    Scandale à l’université : Grève à la faculté de médecine de Sidi Bel Abbès

     

    La faculté de médecine de Sidi Bel Abbés a été paralysée dimanche 30 octobre, pour la deuxième journée consécutive, par un mouvement de grève initié par des étudiants en médecine, en chirurgie dentaire et en pharmacie.

     

    Tôt le matin, un sit-in a été observé devant les locaux de l’administration alors que  les principaux accès ont été bloqués. Les grévistes ont tenu à dénoncer, à travers ce mouvement de protestation, la falsification de procès-verbaux de notes finales d’examens, notamment ceux de la filière médecine (biochimie), ayant conduit à l’ajournement d’une dizaine d’étudiants alors qu’ils étaient portés admis.

    Par contre, un certain nombre d’étudiants  ont été admis en troisième année alors qu’ils étaient recalés, d’après des documents authentifiés remis El Wantan.

    Ce mouvement de protestation fait suite, rappelons-le, au sit-in observé jeudi dernier au niveau de la faculté, dont l’accès principal a été couvert de banderoles hostiles à l’administration universitaire.

    Des banderoles sur lesquelles on pouvait lire : « Non à la hogra »«Non à la vente des notes», « Où est la dignité  de l’étudiant ».  Une commission d’enquête composée de quatre membres et institué par le recteur de l’université a entamé  aujourd’hui son travail à l’effet de faire la lumière sur cette scabreuse affaire. Elle devrait rendre ses conclusions

    dans les plus brefs délais, a indiqué ce matin le vice recteur chargé de la pédagogie. 

    Mammeri Abdelkrim
  • 30 année pour voir ça et100milliars et c'est pas plus ,c'est lamentable et ridicule + la belle mosquée de boutef ,les gens crévent de faim!!!

     

    Métro d’Alger

    28 ans, 9,5 km,100 milliards de DA…

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    Que de polémiques et de suspicions avant ce désespérant jour J : lancement tant attendu du métro d’Alger. Il est enfin sur les rails, avec une inauguration en grande pompe, aujourd’hui même, par le président de la République, lors d’un périple officiel allant d’inauguration en inauguration à travers plusieurs points de la capitale.
     

    Les Algérois ont dû attendre plus de 30 ans et également pardonné (malgré eux) des dizaines de promesses non tenues, justifiées tour à tour par des retards dus aux normes sécuritaires, à la décennie noire, à la chute du prix du baril de pétrole, aux crises politiques… la liste est longue.

    Cependant, les Algérois ont su se détourner de ce projet «désespérant» jusqu’à en rejeter la seule évocation. Il est enfin là, 30 ans et plus de 100 milliards de dinars plus tard, même si ce n’est qu’une réception provisoire !
    Amar Tou, ministre des Transports, avait fixé, en juillet dernier, la date du 31 octobre pour la mise en service de la ligne 1 desservant dix stations entre la Grande-Poste (Alger-Centre) et Haï El Badr (Kouba). Contredisant les déclarations de Pierre Mongin, président de la Régie autonome des transports parisiens (RATP), exploitant de la première ligne du métro, qui parlait alors d’une réception pour le début de l’année 2012, le ministre des Transports aura tenu sa promesse, pour une fois.


    Une inauguration précipitée ?


    La RATP-El Djazaïr a dû commencer ses «marches à blanc» le 8 septembre dernier pour venir à bout des centaines de tests nécessaires à la mise en exploitation du métro dès novembre. Ce qui n’a pas manqué d’inspirer de nouvelles suspicions sur les mesures de sécurité. Bâclages et normes non respectées sont vite craints et même dénoncés. D’une longueur initiale de 9,5 km, le projet du métro d’Alger devra desservir, sur dix stations, les communes de Bachdjarah, El Magharia, Hussein Dey, Sidi M’hamed et Alger-Centre. Ces derniers mois, la pression est montée d’un cran sur les chantiers.


    La voie, la signalisation, le poste de commande centralisé, l’électrification, la billettique, l’aménagement intérieur des stations, confiés à Siemens France et à Vinci, la réalisation des rames assurée par le constructeur ferroviaire espagnol CAF : les différentes parties travaillant sur le projet ont dû redoubler d’efforts pour respecter le dernier deadline fixé par Amar Tou. Tellement que plusieurs voix se sont élevées pour dénoncer une précipitation peut-être dangereuse. Une suspicion inspirée et accentuée par les déclarations de l’exploitant français qui avait assuré, en été, que la mise en marche du métro devait attendre le début de l’année 2012 pour une bonne application des normes internationales de sécurité. Aujourd’hui, plusieurs ingénieurs présents sur le chantier rassurent : «Tout se fait dans les règles : le système de pilotage automatique du métro est l’un des plus sécurisés au monde.» Une inauguration précipitée ? La question ne mérite plus d’être posée, surtout si l’on se réfère à la date du premier coup de pioche pour la construction du métro : 1982.


    Un coût dépassant les 100 milliards de dinars


    Le projet datant des années 1970 n’a pris forme de façon effective qu’en 2003, à la faveur du Plan de soutien à la relance économique 2000-2005 et du Plan complémentaire de soutien à la croissance 2005-2009. Mais d’autres blocages sont survenus par la suite. Le dernier en date, un conflit financier entre Vinci-Siemens et l’Entreprise métro d’Alger (EMA), résolu en quelques mois durant l’année 2010. Cinq présidents se sont succédé à la tête de l’Etat et le ministère des Transports a vu passer une dizaine de ministres pour que les 14 rames et les 6 voitures de la première ligne soient en place. Ainsi, le transport de 21 000 personnes par heure est promis. Mais à quel coût ? Sans grande surprise, une question entourée de flou. Le coût total de la réalisation de cette première ligne serait de 77 milliards de dinars, dont 30 milliards pour le génie civil et 47 pour l’équipement.


    Une facture colossale alourdie par des indemnisations à coups de centaines de millions d’euros dues aux retards répétitifs. Le coût dépasserait largement les 100 milliards de dinars, assurent plusieurs sources. Mais au grand bonheur des Algérois, le métro devrait définitivement rouler sept jours sur sept de 5h à 23h, avec un ticket d’accès de 50 DA dans les jours à venir. Plus de 500 agents et 400 policiers assureront la sécurité sur place. Plusieurs extensions sont prévues pour atteindre un réseau de 40 km allant de Dar El Beïda à Draria à l’horizon 2020, assure-t-on. Une date et des promesses à prendre avec des pincettes, évidemment.

    Historique :


    - 1970 : naissance du projet
    - 1982 : lancement officiel des premiers travaux
    - 1985 : fin des études techniques
    - 1994 : réalisation d’un premier tronçon, de la place Emir Abdelkader à la Grande-Poste
    - 1999 : l’Entreprise du métro d’Alger (EMA) lance un appel d’offres international ; deux groupements sont choisis : le français Systra et l’algéro-allemand Gaama 
    - 2003 : le gouvernement décide de doter le projet de moyens financiers et de nouvelles structures
    - 2006 : la réalisation du «système intégral» (clés en main) est confiée au groupement Siemens, Vinci et CAF
    - 2007 : pose et soudure des voies
    - 2008 : arrivée de la première voiture à Alger
    - 2010 : conflit financier entre Siemens-Vinci et EMA avec un arrêt des travaux durant des mois
    - 2011 : fin des travaux et réception provisoire de la première ligne

    Un ticket à 50 DA et des réserves ! :

    Le lancement du métro d’Alger après plus de 30 ans d’attente doit assurer aux habitants de la capitale un moyen efficace de se déplacer sans se perdre dans les innombrables bouchons qui enlaidissent Alger. Un soulagement tant espéré. Le prix du ticket de métro a été fixé avec une subvention de plus de 50% de l’Etat. Mais la délivrance pourrait vite prendre les couleurs d’une parfaite désillusion concédée aux Algérois avec un billet à 50 DA.


    Le tarif d’un ticket 10 voyages, permettant de voyager 10 fois, est fixé à 400 DA, soit une réduction de 20% par rapport au prix du billet unique. Les clients peuvent également bénéficier d’un tarif promotionnel avec la formule abonnement pour des déplacements réguliers avec une périodicité d’une semaine ou un mois. Le tarif d’un abonnement hebdomadaire pour une personne qui ferait un aller-retour quotidiennement six jours sur sept est fixé à 540 DA, soit une réduction de 10%, certes.

    Mais avec l’érosion continuelle du pouvoir d’achat, les Algérois émettent tout de même des réserves. Le recours au métro ne sera peut-être pas aussi salvateur que présenté depuis trois décennies, à comparer avec le prix des autres moyens de transport. Seul le facteur temps peut jouer en sa faveur. Le métro sera forcément plus rapide, mais les Algérois sont-ils prêts à payer aussi cher ce temps à gagner ?

    Fella Bouredji