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Ce qui marche ne fonctionne pas toujours
A première vue, rien ne marche, à part ces inépuisables colériques qui marchent contre le chômage, le cancer, le Val-de-Grâce ou cette panne système qui dure. Mais il y a bien des choses qui fonctionnent, car, dans l'absolu, le désordre et le chaos n'existent pas, n'étant qu'une autre formulation de l'ordre. Ce qui marche, par exemple, c'est d'augmenter les salaires des députés, déjà très bien payés, pour qu'ils votent la Constitution sans que le ministre des Finances, Karim Djoudi, ne commente cette nouvelle atteinte à la rigueur budgétaire et à la spirale inflationniste.
Ce qui ne marche pas, ce sont par contre ces appareils hypertechnos dont l'antenne est dirigée contre vous et qui sont censés détecter des explosifs aux barrages de police. Les fennecs – nom du modèle que l'Algérie a payé très cher – ne marchent pas, on vient d'apprendre par le journal Le Monde qu'il s'agit en réalité d'une arnaque, leur concepteur étant d'ailleurs en prison. Par contre, ce qui marche dans ce domaine sécuritaire est ce qui s'est fait dans le Sud récemment et va probablement être appliqué à l'Est, où les chômeurs BTS grondent : organiser des salons de recrutement de la police en pleine ambiance d'émeutes, avec comme résultat des manifestants contre le chômage qui ont trouvé un travail, dans la police, pour réprimer les manifestants qui n'en n'ont pas encore trouvé.
A terme, un pays entier fait de policiers et peut-être sans ministre des Finances, vu son inutilité. Mais ce qui marche pour la DGSN dans le Sud ne semble pas marcher pour Sonatrach et son Mouloudia, qui a perdu la finale et n'a pas daigné se présenter à la cérémonie. Partisan du quatrième mandat, il a cru bien faire puisque le Président n'était pas là, tout comme Chakib Khelil. Mais Raouraoua y était, lui, en bonne place, et il marche très bien, tout comme ses affaires, florissantes. Le football, ça marche, ça c'est sûr. Même que ça court.
Chawki Amari
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L'invisibilité du fantôme
L'éminent économiste Adam Smith avait, en son temps, théorisé sur «la main invisible du marché», mécanisme indépendant des lois et des hommes qui régule l'offre, la demande, la productivité et les prix par des interactions silencieuses. Le non moins éminent ministre des Finances algérien vient d'en faire une importante mise à jour en développant l'économie fantôme. Devant les députés de l'APN, il a expliqué qu'il n'y avait plus beaucoup d'argent dans les caisses à cause de la baisse de la rente, due à la baisse de la production des hydrocarbures et que donc, les augmentations de salaires des affiliés à l'Etat étaient imprudentes. Il savait bien sûr que les députés à qui il s'adressait venaient encore d'être augmentés pour passer à 400 000 DA mensuels. Mais il n'a rien dit à ce sujet, se contentant de parler d'économie ectoplasmique à des fantômes ennuyeux.
Etaient-ils là, ces députés ? Et lui, Karim Djoudi, était-il vraiment là, ou tout ce monde était-il dans un cyberespace flottant et connecté ailleurs ? Car la question relative à l'invisibilité de la gouvernance et autres zombies dirigeants oscillant entre la vie et la mort structurés officiellement dans un gouvernement fantôme qui ne se réunit pratiquement pas est bien là. A qui parle-t-on ? A qui s'adressent les gouvernants, les députés, l'ENTV, les réformes et les bilans ? A des gens qui n'existent pas, sans réalité ou existence matérielle, gaz inodores qui se répandent dans l'air simplement pour occuper un espace qu'ils n'utilisent pas. De là, la main invisible du marché, rejointe en Algérie par la main invisible de Karim Djoudi, prend tout son sens et donne enfin une explication à l'errance collective. En fait, c'est toute l'erreur d'appréciation. Ce ne sont pas eux qui ne sont pas là, c'est nous. Ce ne sont pas eux qui n'existent pas, c'est nous. Ce ne sont pas eux qui sont mourants, c'est nous.
Chawki Amari
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Des détenus «gâtés»
Pas moins de 135 fourgons cellulaires haut de gamme viennent d’être commandés par les services du ministère de la Justice auprès d’un constructeur italien. Une opération qui coûtera à l’Etat la bagatelle de 83 milliards de centimes et qui fera certainement des «prisonniers gâtés», ironise-t-on.
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no moment


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La harga du futur
Par Maâmar Farah
Dans un article paru en… 1900, un ingénieur américain imaginait le monde et ses techniques en l'an 2000. Beaucoup de ces prédictions se sont révélées exactes, comme l'air climatisé, le chauffage central, les plats préparés, les appareils photos numériques en couleur, le TGV, la télévision, le téléphone portable, le métro… Mais au vu de l’extraordinaire développement des sciences engrangé jusque-là, un autre ingénieur peut-il prédire avec succès le monde et ses techniques en 2100 ? Quand on pense, par exemple, que la 3D a créé l’image en relief, on peut se poser la question de savoir s’il est possible de faire plus. Pourtant, demain, la 3D paraîtra bien ridicule puisque des expériences ont réussi à rendre des objets invisibles alors que la physique quantique prépare la téléportation ! Si nos jeunes s’en f… généralement des sciences, la téléportation risque, par contre, de les passionner ! Une harga sans traverser la mer, voilà l’invention la plus attendue depuis la… dérive des continents !
maamarfarah20@yahoo.fr
«Si je disposais d'un système de téléportation, j'échangerai volontiers l'arrivée de Chakib Khelil et Farid Bedjaoui contre le départ de Sihem Lavabo, Fatiha Air Bag et tant d'autres tempêtes tropicales de force 7 abattues sur ton tonton Lekhmissi !»
(Tata Aldjia) -
Place maintenant au Dzaïr-Poker-Emploi Tour !

Par Hakim Laâlam
Email : hlaalam@gmail.comAbdekka l’a promis. Dès qu’il ira mieux, il rentrera chez lui. Bon, d’accord ! Mais en… … Algérie, il revient quand ?
La police vient de décider de doubler le nombre des recrutements au Sud. De 6 000, il devrait passer à 12 000. Comme ça, sans coup férir, d’un claquement de doigts, le compteur explose. J’entends d’ici les grincements de dents des principales capitales européennes, notamment la française où la crise plombe l’emploi et dope la courbe du chômage. Ils enragent nos voisins de l’autre rive. Impossible pour eux d’imiter notre modèle. Vous voyez, vous le premier flic de France, Valls, se présenter devant les caméras et annoncer un recrutement de 12 000 policiers d’un bloc ? La Commission européenne serait au bord de la crise de nerfs, Bruxelles sonnerait la charge contre l’équipe Hollande et les sanctions tomberaient aussitôt. Et ben nous, on peut ! Et ouais ! Ni une ni deux, la DGSN dégaine le carnet d’embauche, biffe l’ancien chiffre de 6 000, jugé finalement ridicule, et inscrit le nouveau, 12 000, à l’encre grasse et fort sympathique. Et encore, ce n’est là que le premier volet du plan bien algérien de résorption du chômage et de la colère au Sud. Parce qu’on me dit dans mon oreillette que d’autres corps de sécurité vont emboîter le pas à la police. La gendarmerie aurait ainsi décidé de faire mieux, de se distinguer de son éternelle rivale bleue en triplant le chiffre des recrutements de gendarmes, 18 000 darkis et darkias devraient être bientôt embauchés. Allez ! Qui dit mieux ? Rien ne va plus ! Les jeux sont faits ! Les pompiers se joignent aussi à la table de Blackjack ? Qu’ils soient les bienvenus ! Alors ? De combien est la mise ? La gendarmerie a monté les enchères à 18 000 ? Pfuit ! Ce n’est rien, répond en écho la Protection civile. Dans quelques jours, nous devrions apprendre l’excellente nouvelle : le recrutement de… 24 000 nouveaux pompiers au Sud. Ah ! Ah ! La partie se corse, n’est-ce pas ? Les mises augmentent, et la tension est à son comble à ce Poker-Emploi-Tour. Ils sont tous là, lunettes noires sur le nez à essayer de deviner ce que va faire l’autre. Si la police tente un bluff en laissant poindre une nouvelle embauche à 30 000 postes, la gendarmerie a encore la possibilité de relancer à fois deux, c’est-à-dire 60 000 nouveaux petits bonhommes verts lâchés dans la nature. Mais ne croyez pas que la partie serait ainsi bouclée. Car la Protection civile est capable de faire tapis ! Et d’exiger de voir les cartes, en avançant tous ces jetons, à hauteur de 120 000 nouveaux pompiers à recruter en urgence au Sud, notamment pour faire face aux risques de noyades en été. 120 000 emplois en une soirée de poker. Vert de rage, Hollande n’a plus qu’une seule solution : embaucher Patrick Bruel à la tête du ministère de l’Emploi. Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L. -
no moment

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La géographie déchirée
On le sait au moins depuis les Pharaons nubiens ou Alexandre le Grand, l'homme qui a inventé la macédoine avant la mayonnaise : un lieu de naissance n'est pas une idée, mais simplement un particularisme géographique, c'est-à-dire un doigt sur la carte. Depuis trois mois, le bloc au pouvoir en Algérie, construit sur des cousinages régionaux, se fissure. Après Chakib Khelil, pétro-émir tlemcénien à l'odeur de goudron, c'est au sein même de la famille régnante que les failles apparaissent.
C'était à prévoir, pour construire une nation, il faut mélanger les genres ; pour faire un pays, une vision qui dépasse le quartier s'impose et, en 14 ans de règne, Bouteflika ou son autre versant topographique, le général Toufik, n'ont pas pondu une seule bonne idée à ce sujet. Il ne faut pourtant pas croire que la fin du paradigme de Tlemcen signe le début de la décentralisation. Déjà le clan de l'Est, éliminé en finale lors du dernier championnat, est à l’affût en attendant l'irruption du clan du Sud, celui d'Alger et du Centre, ou le clan kabyle qui, pour l'instant, est décidé à jouer tout seul sur sa propre carte.
Comme modèle micro-régional de par sa surface équivalente à Hong Kong et sa densité de milliardaires, le Club des Pins aurait pu réussir ce miracle de la prospérité. Là aussi, échec total puisqu'il s'agit de fortunes non productives. L'été approche, on comprendra vite la différence entre une station balnéaire et une terre productrice de richesses même si, en déroute, le régime pense à démultiplier le modèle des cloisons pour attirer la sympathie des foules qui ne s'aiment pas entre elles. Faire des milliers de stations fermées sur la côte par catégories : un Club des Pins pour avocats, un autre pour mécaniciens ou médecins et, bien sûr, un Club des Pins pour chômeurs. Pour beaucoup, c'est le rêve, pouvoir accéder au paradis estival avec une carte de chômage délivrée par l'APC.
Chawki Amari
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La présidence maintient le flou
Abdelaziz Bouteflika, «dont l’état de santé s’est nettement amélioré, doit observer une période normale de repos prescrite par ses médecins». C’est ce qu’indiquait, hier mardi en fin d’après-midi, la présidence de la République dans un communiqué officiel repris par l’agence APS.
Kamel Amarni - Alger (Le Soir) - Ce communiqué laconique, dont les mots sont minutieusement pesés, confirme, par ailleurs, ce que nous rapportions dans une de nos précédentes éditions, à savoir l’évacuation, dans un premier temps, le 27 avril dernier, de Bouteflika vers l’hôpital militaire de Aïn Naâdja. On y lit, en effet, que «les premières investigations effectuées à l’hôpital militaire Mohamed-Seghir Nekkache d’Aïn Naâdja (Alger), où le chef de l’Etat a été admis le 27 avril 2013, suite à l’incident ischémique transitoire sans séquelles qu’il a subi, avaient montré que son état de santé ne suscitait aucune inquiétude». Cela, avant que le communiqué ne poursuive : «Ses médecins lui avaient recommandé, néanmoins, des explorations médicales complémentaires à l’hôpital parisien du Val-de-Grâce, à l’issue desquelles le président de la République va entamer la phase de repos prescrite». C’est tout ce que dit le communiqué. Pas un mot de plus ! Ceci étant, une première remarque s’impose : cette fois, c’est la présidence qui endosse le communiqué sans en associer, comme au premier jour, le professeur Bougherbal. Selon une source, ses sorties médiatiques au lendemain de l’évacuation du 27 avril n’ont pas du tout été appréciées en haut lieu. D’ailleurs, il s’est «éclipsé» depuis. En haut lieu, l’on a tenu à l’évidence à contrôler directement l’information sur ce sujet, car, nous apprenons aussi de source sûre que ledit communiqué devait être publié lundi dernier avant d’être mis sous embargo pour vingt-quatre heures. Aussi, est-il clair que la finalité recherchée à travers cette sortie était de mettre en évidence la nécessité d’une «période normale de repos prescrite par les médecins». En d’autres termes, cette période de repos sera plus longue qu’initialement prévue et annoncée. Mais ce que ne dit ni le communiqué ni aucune autre source, c’est qu’en réalité, tout dépendra de l’état réel de santé de Bouteflika qui n’admettrait jamais de se montrer devant les caméras dans n’importe quel état. Car la suite, toute la suite, sera une affaire d’image.
K. A. -
Lettre à un infirmier franco-algérien qui travaille au Val de Grâce

