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  • « Si ce pouvoir pouvait faire sauter la date du 5 Octobre du calendrier… »

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    Aujourd’hui, vingt-deux ans après, Azouaou, amputé de son bras gauche jusqu’à l’épaule et membre de l’Association des victimes d’octobre 1988 (AVO88), reviendra sur les lieux du drame et déposera une gerbe de fleurs à la mémoire des chouhadas d’octobre 88, et tout particulièrement, les 39 victimes tombées ce jour-là. « Moi je revendique un statut particulier pour les victimes d’Octobre en tant que victimes d’une bavure d’Etat et non pas d’un « accident de travail » comme on nous désigne honteusement », expliquera-t-il pour la vingt-deuxième fois. « C’est ici que je suis tombé » se remémorera-t-il pour la vingt-deuxième fois, en montrant du chef un portail vert attenant au lycée Emir Abdelkader. « Voyez ce mur : il y a encore les impacts de balles qui témoignent de la boucherie. Ce mur-là par contre a été recouvert de ciment pour effacer les stigmates des automitrailleuses » poursuit notre ami avec émotion. « Si ce pouvoir pouvait faire sauter la date du 5 Octobre du calendrier, il le ferait. Il fait tout pour effacer cette date, effacer ce qui lui est resté comme une tache noire », lâche Azouaou. « Nos mutilations sont considérées comme ‘’accident de travail’’. Accident de travail pour des gamins qui n’avait pas 18 ans à l’époque, ou même pour des enfants en bas âge touchés par des balles perdues. Accident de travail ! » dit Azouaou. Et ces centaines de jeunes qui ont subi la torture ? « Eux, ils n’ont rien. Alors là... », répond le président d’AVO88. « Depuis 1989, on a interpellé les gouvernements successifs, l’APN, les groupes parlementaires, nous avons déposé des mémorandums, des demandes...Nous voulons un statut », dit Azouaou. « Il faudrait bien que l’histoire condamne Lakhal Ayat (chef des services spéciaux militaires), Larbi Belkhir (directeur de cabinet du président Chadli), Khaled Nezzar et Hadi Lekhdiri (ministre de l’Intérieur) à divulguer les détails de ce qui s’était passé, surtout en ce qui concerne la torture », ajoute Azouaou qui préfère commémorer cet événement dans le deuil, seul. « Mais je salue RAJ (Rassemblement Action Jeunesse) qui dépose chaque année une gerbe à la Place des martyrs », dit Azouaou. 

    En 1990, le Parlement FLN décide de classer les victimes d'octobre 1988 sous la rubrique « accident de travail » au même moment que les députés du parti inique décrètent, déjà à l'époque, l'amnistie. En février 1989, les victimes et leurs proches se fédèrent dans une association, AVO 88, dont Azouou est membre du bureau. L'autorité rechigne à agréer l'association avant de proposer une proposition de statut : victimes de catastrophe naturelle ! Comme si les rafales de kalachnikovs fauchant des jeunes désarmés et les centres de torture étaient aussi naturels que les séismes ou les inondations. « C'est l'indécence même », dit Azouaou qui explique que les victimes ont refusé la proposition. Mais l'agrément est octroyé ensuite par défaut de statut. Est-ce un hasard également que les victimes du terrorisme et les proches de disparus n'ont ni statut ni associations agréées ' « Depuis 1989, nous n'avons pas arrêté : à chaque anniversaire d'Octobre nous avons interpellé tous les gouvernements, la présidence de la République, les groupes parlementaires. Sans la moindre réponse. » « En 1990 quelqu'un a daigné nous recevoir à la présidence de la République' habillé en survêtement. » Seule deux personnalités ont promis des avancées : Rabah Bitat, en 1989 alors président de l'APN et le regretté président Mohamed Boudiaf en 1992. Or, le premier a quitté son poste, le second, lui, a été assassiné. AVO 88 reste ainsi sans budget, ses membres sans statut et souvent sans espoir. L’espoir au fond d'un tonneau Sans espoir' et plein d'amertume. En colère. « En colère contre ces Betchine (ancien patron de la Sécurité de l'armée), ces Hichem Abboud (capitaine à l'époque de la Sécurité militaire, opposant à l'étranger) qui veulent se racheter une virginité alors qu'ils savaient qu'on tuait et qu'on torturait ! », explose Azouaou. Dans la foulée, il parle des crimes d'Octobre commis sous le règne de l'ancien président Chadli, Larbi Belkhir, Khaled Nezzar, le chargé du « maintien de l'ordre », Hadi Lekhdiri, le ministre de l'Intérieur, Mouloud Hamrouche, chef de file des réformateurs' « Il faudra préciser les responsabilités, parler de ces héritiers de Aussaress qui ont torturé en octobre, parler des voitures banalisées avec des tireurs anonymes à bord ciblant la foule' Il faut que les historiens ouvrent ces dossiers. »

     L'oubli est devenu le pire ennemi de Azouaou. « J'espère que le président Bouteflika se rappelle qu'il était signataire de la "motion des 18" », glisse-t-il. Publiée le 23 octobre 1988 et signée par dix-huit importantes personnalités politiques ' Mostefa Lachref, Lakhdar Bentobbal, Ali Haroun, Rédha Malek, etc. ' la déclaration fustigeait ouvertement la torture pratiquée durant et après la révolte d'Octobre et appelait à la fin d'une « légitimité historique qui s'est épuisée au fil des ans ». Fin 2005, lors de la campagne pour le référendum sur la charte pour la paix et la réconciliation nationale, Abdelaziz Bouteflika répétait que, en octobre 1988, « le peuple a été sorti », poussé dans des émeutes. Ça ne fait pas du tout sourire Azouaou. « Ils remettent en cause tous les acquis d'Octobre, il ne reste que la presse indépendante. C'est tout », soupire Azouaou en reposant sa tasse de café. En ce vingtième anniversaire, il compte se rendre à la place des Martyrs, non loin de là où son bras a été déchiqueté, avec l'association Rassemblement action jeunesses ' comme chaque année ' pour déposer une gerbe de fleurs à la mémoire des 500 morts, des blessés, des torturés, des disparus. Il veut perpétuer la mémoire. Le combat est de plus en plus vital. « La situation des droits de l'homme chez nous est la même depuis 20 ans, ce sont juste les méthodes qui ont un peu changé. »

     

    L.M.

  • Octobre 88 : le mépris de Bouteflika

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    Le 15 avril 1999 où il accède au pouvoir, Bouteflika ne retrouve rien de l’Etat absolutiste laissé par Boumediene.
    La constitution, élaborée en 1976, avait changé en 1989 puis en 1996 et prescrit désormais l’alternance au pouvoir : l’article 74 limite le nombre de mandats présidentiels à deux. Le FLN n’était plus seul « représentant du peuple », d’autres partis autonomes ayant été autorisés à activer ; il existe, désormais, une presse libre et des syndicats libres ; la société, mobilisée contre le terrorisme, affiche une certaine vitalité ; la Kabylie reste une zone de contestation…
    Pendant les vingt ans où il était en dehors du pouvoir, l’Algérie avait donc beaucoup changé. La société avait dit son mot et le pouvoir autocratique avait vacillé puis abdiqué. En avril 1980 d’abord, lors du Printemps berbère,  grandiose contestation populaire par laquelle des Algériens revendiquèrent la liberté et la reconnaissance de l'identité amazighe.  En octobre 1988, ensuite,  quand un soulèvement général s’acheva par la mort du parti unique, la consécration du multipartisme et de la liberté de la presse. Dans les années 90, enfin, avec la résistance au  terrorisme islamiste qui imposa définitivement la société algérienne comme acteur décisif.
    Bouteflika est ébranlé.
    Lui le rejeton d’un pouvoir absolu qui régna en maître sur l'Algérie, se désole de l'érosion de la puissance du contrôle étatique sur le citoyen :
    « J'ai laissé le pouvoir de Franco, je retrouve celui de la reine d'Angleterre. »
    C’est dans Marianne du 12-18 avril 1999, avant son élection, que Abdelaziz Bouteflika dévoilait le fond de sa pensée, à propos des problèmes sociaux et économiques qui (selon lui) s’accumulaient : « on les a traités par la thérapie miraculeuse et salvatrice des abstractions pompeusement appelées « pluralisme », c’est-à-dire affrontement dans la société; c’est-à-dire tapage et bavardage ».  L’APN (Assemblée populaire nationale, parlement) qui était « à 100% FLN est allée dans une direction pour le moins coupable » expliquera-t-il au Financial Times . « Elle a fait des lois qui ont fait passer l’Algérie d’un parti monolithique (…) à 60 partis. Le résultat vous le savez (…) C’est que l’Algérie aura payé le prix le plus fort pour apprendre un peu de démocratie ». Assénant: « je ne suis pas sûr qu’elle ait beaucoup appris, mais je suis qu’elle n’apprendra pas ». Aussi quoi d’étonnant quand il ajoute: « la liberté d’expression chez nous, c’est la liberté de la diffamation et de l’invective, le  multipartisme, c’est quelque chose de recherché, un petit fonds de commerce » . « D’une façon générale, dira-t-il une semaine plus tard dans El Pais, la démocratie est une culture de laquelle nous sommes très éloigné » . Plus d’une année après son élection, à la Conférence nationale sur la pauvreté, devant un parterre d’experts nationaux et étrangers, il affirme  que « dans tous les pays qui se respectent (…) la classe politique qui se respecte se résume à deux partis forts. Le multipartisme ne nous a ramenés que des problèmes » . Est-ce à dire que la démocratie, le pluralisme, la liberté d’expression et de la presse sont responsables des maux de la société algérienne? Abdelaziz Bouteflika, qui sait user de la séduction pour soigner son image devant les médias internationaux, surtout quand il sent qu‘il est allé trop loin, sait se rattraper. En paroles. Interrogé sur ce sujet qui le fâche, par l’Express daté du 19 août 1999, il se plaisait à se comparer au président américain Thomas Jefferson: « je suis un fervent admirateur du président Jefferson, lequel aurait préféré un pays où la presse est libre à un autre doté d’un bon gouvernement », ajoutant: « comme l’opposition, la presse est un antidote aux tentatives de dérive ou d’excès dans l’exercice du pouvoir ». Ces belles paroles seront vite contredites. Passéiste, homme politique d’une autre époque, ne supportant pas la contradiction, traitant les journalistes de « tayabates el hamam » (commères de bain maure) bien avant son arrivée au pouvoir, il n‘hésite pas à renier son engagement - « je ne poursuivrai ni ne suspendrai aucun journal » - pour ordonner de durcir le code pénal ( juin 2001) alourdissant les peines encourues par les journalistes pour outrage, diffamation contre le chef de l’Etat, les corps constitués et les institutions. Une décision coïncidant avec la révélation par des journaux de scandales touchant ses proches et ses amis. La presse est alors l’objet d’attaques en règle, des journalistes sont interpellés et condamnés, avec en toile de fond la mort programmé du Matin qui interviendra en juillet 2004 après l’emprisonnement de son directeur Mohamed Benchicou à deux ans de prison . Et ce, au risque d’écorner une image qu’il s’était efforcée de construire auprès des médias internationaux dans les mois ayant  suivi son élection. 
     
    L’idéal pour Bouteflika, l’Algérie d’avant 1988

    Il faudra toutefois attendre l’année 2005, en juin précisément, pour qu’Abdelaziz Bouteflika livre publiquement sa vision la plus aboutie de l’histoire et de l’évolution de la société algérienne. Participant à une réunion du BIT (Bureau international du travail), devant un parterre de personnalités et d’experts venus de plusieurs pays, quelque peu surpris par un discours n’ayant aucun rapport avec le monde du travail, le président algérien se livrera à une relecture de l’histoire récente de l’Algérie.
    Revenant sur la révolte populaire d’octobre 1988 ayant mis fin au système basé sur le parti unique, il affirmera d’emblée « qu’il n’y a pas eu de révolution démocratique parce que la société algérienne ne considérait pas l’Etat-parti unanimiste et autoritaire comme totalitaire et despotique. Les Algériennes et les Algériens, quelle que soit leur position dans l’échelle sociale, ont bénéficié, même de manière inégale, des prestations de l’Etat-parti qui se présentait comme un Etat providence (…) Pendant un quart de siècle, ce contrat social a généré une remarquable paix civile, la contestation ne portait jamais sur le système lui-même, mais sur le niveau et les modalités d’accès aux biens distribués par lui ». C’est la stratégie adoptée à partir de 1988 qui,  assurait-il,  « a fait voler en éclats le consensus sur lequel se fondait le pouvoir politique en ouvrant le champ politique de manière volontariste », ouverture qui a conduit à l’émergence d’un « totalitarisme millénariste » et « à un déferlement de violence brutale ».
    Cette foule à qui une élite a offert l’indépendance ne mérite pas de disposer de morceaux de souveraineté qui n’appartiennent qu’à l’Etat.
    « Le peuple algérien n'a formulé aucune demande démocratique. On a décidé pour lui. » 
    Tout est dit.
    Bouteflika vient de délégitimer le processus pluraliste en marche depuis octobre 1988.
    Il ne reste plus qu'à l'abolir.
    « C’est à une lecture singulière de la vie démocratique algérienne que le président de la République s’est livré hier au siège du BIT de Genève, réagit l’éditorialiste du quotidien El-Watan. En affirmant que la société algérienne « s’accommodait bien du système parti-Etat », Bouteflika enlève tout naturellement à la révolte d’octobre 1988 son cachet de révolution démocratique. »  
    Bouteflika dénie par là aux Algériens toute capacité d’avoir une réflexion sur l’orientation politique du pays et les cantonne dans une position infantile. Comme si ce vent de colère qui a soufflé sur l’Algérie avant 1988 en dépit du climat répressif régnant  - la Kabylie en 1980, les révoltes d’Alger, de Constantine, Sétif, les manifestations de femmes contre le code de la famille, les manifestations étudiantes, les grèves  - n’avait pas été un signe avant coureur d’un essoufflement de cette société socialement indifférenciée et unanimiste telle que perçue et fantasmée par Abdelaziz Bouteflika et les cercles conservateurs du système algérien. Sans doute est-ce pour cette raison qu’il s’en est pris à ceux qui « prônent le pseudo djihad », afin de mieux pointer les démocrates accusés d’avoir « créé la plus grande fitna (crise sanglante) jamais connue depuis l’ère d’Ali Ibn Taleb » , c’est-à-dire d’avoir contribué à briser ce « consensus sur lequel se fondait le pouvoir politique »! Aussi, faute d’arrêter la marche de l’histoire, Abdelaziz Bouteflika et les cercles du pouvoir qui l’ont propulsé à la tête de l’Etat tentent du mieux qu’ils peuvent de la freiner, quitte à remettre en selle le diable islamiste!
    H.Z.

  • Comment Bouteflika « effaça » octobre 88

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     Bouteflika comprend, ce 15 avril 1999, qu’il devra démolir ce legs qui faisait obstacle au pouvoir à vie, casser l’embryon démocratique qui faisait jour dans ce pays, dompter la société, briser les contre-pouvoirs qui émergeaient, sceller de nouvelles alliances pour enfin changer cette maudite  constitution de 1989 qui l’empêche de se présenter pour un troisième mandat …Il faut « remodeler » l’Algérie.La neutraliser.Sa stratégie va s’articuler autour d’un objectif unique : le rétablissement des conditions politiques du pouvoir à vie.La première des conditions est de « mater » la caste militaire.Bouteflika, en vieux pratiquant des pronunciamientos, méditant le sort de Ben Bella, a compris que l’autocratie qui peuple ses lubies était impensable tant que ses parrains gardaient leur autorité sur les leviers de décision.Et puis l’Algérie, à la différence de la Tunisie de Ben Ali, de l’Egypte de Moubarak ou de la Syrie d’Al-Assad, est la seule fausse république arabe où le président ne détient pas la totalité des pouvoirs.La seconde condition pour arracher le pouvoir à vie sera de « mater » l’Algérie.Bouteflika va alors discréditer les institutions, castrer l’Etat, déprécier les Chefs de gouvernement, aux ministres et aux grands commis.Et faire le lit de la voyoucratie.Personne ne trouvait grâce à ses yeux, ni les gouvernements qui ont succédé à la période Boumediene, ni le peuple qui a laissé faire, ni les généraux qui ont osé survivre à Boumediene.Cette précision est primordiale pour comprendre la suite. Toute la suite : la répression des contre-pouvoirs, la décapitation de l’embryon démocratique, l’amendement constitutionnel et la consécration du pouvoir à vie, le pacte avec les islamistes…                                                       

                                                      « Il me faut récupérer tout mon pouvoir » 

     Ainsi donc, Abdelaziz Bouteflika a donc un projet politique qu’il s’est attelé à mettre en œuvre graduellement. Il ne l’a pas exposé de manière franche, mais par bribes, au détour de multiples entretiens, discours, déclarations . Avec pour fil conducteur une attaque en règle contre tout ce qu’a engendré le soulèvement populaire d’octobre 1988, ciblant invariablement la constitution dont il a admis qu’il ne l’aimait pas et les institutions qui en émanent, l’ouverture politique, la démocratie, le multipartisme, la liberté d’expression et la liberté de la presse. Bouteflika profitera de son « statut de Messie » et de la mystification qui l’entoure, pour briser impunément l’embryon démocratique né d’octobre 1988, revenir au système unique et poser le socle du pouvoir hégémonique qui allait connaître son apothéose en 2009.  Sur Europe 1, il annonce la couleur : « Il me faut récupérer d'abord mes attributions constitutionnelles qui ont été dispersées à partir de 1989, il faut que je reprenne mon rôle présidentiel » Traduisez : effacer octobre 1988, se réapproprier les leviers de commande, restaurer l’Etat autocratique dans lequel il a mûri. Bouteflika entend revenir au système unique, à la presse unique, au syndicat unique, fût-ce par la terreur, par le chantage de la prison, la pression du juge ou la torture. 

     Neutraliser le pays supposait reprendre à la société ce qu’octobre 1988 lui avait donné, ce que des années de résistance à l’intégrisme islamiste lui avaient octroyé.Presse libre, syndicats autonomes, partis d'opposition : Bouteflika dit tout le mal qu’il pense de ces « machins » bâtards issus de  l'aventurisme roturier. Il les considère comme un intolérable transfert de prérogatives régaliennes  à une population « immature » qu’il tient dans un profond mépris. Surtout ce peuple-là qui a « souillé le passeport vert » et qui a « troqué la dignité contre le fromage rouge et un visa ». « Bouteflika considère le multipartisme comme un déséquilibre voulu par les ennemis de l’Etat, atteste son ancien Chef de gouvernement Ali Benflis. Il considère Octobre 1988 comme un complot contre l’Etat qui a abouti, selon lui, à amputer l’Etat de ses prérogatives. Il considère la création du poste de Premier ministre comme une atteinte à la fonction présidentielle. Il ne croit ni à la liberté de la presse, ni à la liberté d’entreprise, ni à la liberté d’expression. Son objectif central est de rétablir l’Etat dans sa fonction autocratique. Réduire le multipartisme avant de l’éliminer. Tout le reste n’est que façade. »  L’historien français Benjamin Stora partage le même avis : «Abdelaziz Bouteflika est un homme qui a du mal à accepter le pluralisme et la diversité politique ».  A sa façon, il se sentait le justicier d'un État absolutiste malmené, dix ans plus tôt, par les gamins d'octobre 1988 et qui avait dû concéder à la société, dans le sang, le droit au pluralisme. Pour lui, les acquis du pluralisme, c’est-à-dire la prérogative d’éditer des journaux ou de faire de la politique, sont des prérogatives du seul Etat central, des morceaux de pouvoir indûment volés à l’Etat.

    Pour normaliser la société, Bouteflika a réprimé : pendant dix ans, il a gardé le pays sous le régime de l’état d’urgence, y interdisant les rassemblements et les manifestations. L’état d’urgence, proclamé en 1991 pour juguler la menace islamiste, ne se justifiait pourtant plus en 2009. Maintenir ce régime restrictif n’avait donc comme objectif que de servir les desseins totalitaires de Bouteflika. L’état d’urgence a plus servi à réprimer les syndicats et les citoyens contestataires qu’à réduire le terrorisme. En décembre 1999, il l’utilisait déjà comme argument pour empêcher la création d’une seconde chaîne de télévision : « L'Algérie est encore sous état d'urgence. Tant que l'Algérie est sous état d'urgence, il n'y aura qu'une seule chaîne de télévision, une seule chaîne de radio en arabe, une seule chaîne de radio en français et une seule chaîne de radio en tamazight. Je ne veux pas ouvrir le paysage médiatique. » Fin 2003, alors que de son propre aveu le spectre terroriste avait reculé, il militait toujours pour le maintien de l’état d’urgence. « Il sera levé dès que les circonstances le permettront », déclare-t-il à un journal oranais. De quelles circonstances parlait-il puisque, dans la même interview, il proclame solennellement le retour de la paix : « Aujourd’hui, aucune menace ne pèse sur l’Etat républicain et les institutions. Le terrorisme est quasiment vaincu. La concorde civile a tenu ses promesses. »  En vérité, le faux civil Bouteflika avait besoin des conditions permanentes de la répression pour installer progressivement son pouvoir personnel.    

    Conséquence logique de cette vision de la société algérienne telle qu’elle existait selon lui, avant octobre 1988, au nom d’un Etat fort synonyme dans l’esprit du chef de l’Etat, de gouvernance du pays par une poignée de fer :  une reprise en main au pas de charge de l‘Etat, de ses institutions, des médias, des partis, des organisations de masse et de la société civile.  Le verrouillage médiatique - harcèlements et emprisonnements de journalistes, suspension de journaux - précède la fermeture du champ politique - limitation au maximum des activités de l’opposition, des activités des organisations de la société civile, interdiction des manifestations publiques - et au niveau des appareils de l’Etat, une épuration en règle qui ne dit pas son nom par la mise à l’écart de tous ceux qui dérangent ou qui manifestent leur désaccord avec la politique suivie par le pouvoir politique. Deux mois après son élection à la tête de l’Etat, le président Bouteflika limoge Abdelaziz Rahabi, ministre de la Culture et de la communication, jugé trop attaché à la liberté d’expression et de la presse. En août 2000, le premier ministre Ahmed Benbitour est contraint de démissionner. Son remplaçant, Ali Benflis, qui avait entrepris de rénover et rajeunir le FLN, est limogé en mai 2003 quand il  fait état de son intention de se porter candidat à l’élection présidentielle de 2004. Le FLN revient dans le giron du pouvoir suite à un putsch politico-judiciaire. L’UGTA et les organisations satellitaires du FLN rentrent dans le rang. L’APN n’échappe pas à cette reprise en main. Réduite à approuver sans débat tout ce que proposent le pouvoir politique - lois sur la Concorde civile et la réconciliation nationale, loi sur les hydrocarbures - elle n’assume aucune des prérogatives que lui confère la constitution comme par exemple, la fonction de contrôle. Avec la démission de son président, Mohamed Salah Mentouri, en mai 2005, le Conseil économique et social (CNES) est mis au pas: il perd son indépendance et ne produit plus que des analyses légitimant la politique sociale et économique du pouvoir. Enfin, dernier obstacle à la main mise présidentielle sur le fonctionnement de l’Etat - le poste de Premier ministre - devient avec la révision constitutionnelle, une fonction purement formelle, celle de coordonner l’activité gouvernementale. Il en est de même de l’Assemblée nationale populaire (APN). Selon le député Mohamed Hadibi, elle n’assume plus ses prérogatives : sur les 120 lois adoptées seules quatre émanaient du Parlement . 

    Ainsi, avec un appareil judiciaire aux ordres, des médias bâillonnés, un Parlement inféodé au pouvoir politique, une société civile réprimée, un syndicat (l‘UGTA) aux ordres, une opposition politique laminée, en bref, en l’absence de tout contre-pouvoirs, de tout garde-fous, il n’existait plus cet « antidote aux dérives du pouvoir » dont parlait d’ailleurs Bouteflika en 1999, ni à la corruption qui va gangrener comme jamais l‘Etat et les institutions. Et gare aux journaux qui osaient révéler des affaires. On sait ce qui est arrivé au Matin quand il avait informé ses lecteurs sur  certaines affaires fait état en 2002-03 ( BRC, marché de la téléphonie mobile, ..) On comprend alors qu’avec la presse, Bouteflika ait affiché le même mépris qu’envers la population, les chefs de l’armée ou les institutions de la République. « Tayabet el hammam », a-t-il surnommé les journalistes de son pays. Il a, jusqu’au bout, tenu à distance la presse algérienne, cette gueuse  intruse qui s'était indûment emparée d'un pouvoir régalien, celui de s'adresser au peuple et dont lui, Bouteflika, en sa qualité de créature de l'état putschiste aux commandes depuis l'indépendance, pense qu'il relève exclusivement de la prérogative du pouvoir central. En dix ans de pouvoir, il n’a jamais reçu un seul journaliste algérien. Puis il s’en est pris à la presse libre moins pour la mater que pour l'éliminer. Il s'en prenait à la presse libre pour  lui reprendre, enfin, ce privilège qu'elle avait chipé aux monarques : publier des journaux. L’état d’urgence fut d’un grand secours pour le régime : il décapitait les têtes rebelles en « toute légalité »Et les têtes rebelles n’ont pas manqué.Les dix années de  règne de Bouteflika furent des années d’émeutes et de sanglantes représailles. La révolte est la seule expression pour les citoyens livrés à l’injustice et pour les jeunes au chômage. Le règne de Bouteflika résonne encore du  bruit des balles, des hurlements de colère et des sanglots des sinistrés. Il a une couleur et une odeur : la couleur du sang et l’odeur des gaz lacrymogènes.

    Entre le pouvoir et la société, le divorce était consommé.

     

     

    H.Z.  
  • ZIGHOUT, L'ANTI-HEROS

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    C’est un homme simple, un forgeron, pas un intellectuel, dit-il, mais un autodidacte, qui succède à Didouche Mourad, tombé à Oued Boukerker le 18 janvier 1955, à la tête de ce qu’on appelait encore la Zone II, qui correspond géographiquement au Nord constantinois. Comme pratiquement toutes les grandes figures qui ont marqué la guerre de libération, nous savons très peu de choses de la vie de Zighout Youcef. Les biographes ne sont pas légion dans notre pays et ceux qui l’ont connu ou côtoyé se rendent à l’évidence, seulement maintenant, combien leur témoignage est précieux et irremplaçable pour, fort justement, combattre la mystification et dénoncer les portraits naïfs, franchement grotesques et caricaturaux qui ont été élaborés par-ci, par-là.

    Les rares textes crédibles qui existent et qui donnent des indications biographiques font peu de descriptions du personnage qu’était Zighout. Jacques Duchemin, auteur de la trop superficielle Histoire du FLN(4), dit de cet homme au chapeau de brousse vissé sur la tête, « ce loup maigre et sec qu’était Zighout » était néanmoins « fort comme un bœuf, moustachu, bourru, père d’une petite fille qu’il adorait, il avait décidé de faire la guerre aux Français sans commettre pour autant des exactions. Il n’aimait pas tuer des civils ni achever des prisonniers. » Il aurait, toujours selon cet auteur, fait jurer à Lakhdar Ben Tobbal, alors son adjoint militaire, de veiller sur sa fille et de l’adopter s’il venait à disparaître. 

    Présenté comme un combattant « chevaleresque » qui forçait le « respect » des ennemis qui ont eu à l’affronter, Zighout Youcef marquera toute une génération de combattants, tout comme il a donné à la Wilaya II un style de commandement tout à fait particulier. Il est utile, à ce propos, de rappeler que c’est la seule wilaya qui a échappé aux terribles purges qui ont gangrené les maquis à partir de la fin 1958. Le Pr Mahfoud Bennoune, officier de la Wilaya II, témoigne qu’il était « un homme réfléchi, intelligent, sérieux, profondément engagé pour la cause nationale, bien organisé et surtout d’une extrême modestie ». Ceux qui ont côtoyé cet officier, qu’ils décrivent comme un djoundi intrépide, attestent que bien qu’homme d’autorité, il prenait en considération l’opinion de ses collaborateurs et subordonnés et qu’il ne « se soustrayait à aucune tâche », pas même les plus ingrates, comme par exemple, écrit encore le défunt professeur Bennoune, prendre son tour de garde « la nuit, préférant l’aurore, l’heure la plus dangereuse en cas d’attaque »(5).

    Outre qu’il est né dans un milieu modeste, le 18 février 1921, à mi-chemin entre Constantine et El Harrouch, plus exactement à Condé Smendou, qui porte désormais son nom, on sait qu’il a tôt, comme les enfants de son âge à cette époque, fréquenté l’école coranique avant de s’engager, tout jeune, dans les Scouts musulmans algériens (SMA). Orphelin, il déserte les bancs de l’école communale avec le niveau de certificat d’études primaires (CEP). Militant du PPA-MTLD, il sera élu en 1947 aux élections locales. Il occupera le poste de vice-président du conseil municipal jusqu’en 1949.

    Audace et discrétion

    Parallèlement à ses fonctions d’édile, il mettra en place, dans la clandestinité, les structures de l’Organisation spéciale (OS) dans sa région. Il sera arrêté en 1950, après « l’affaire de Tébessa », qui fut fatale à l’OS. Il est embastillé à Annaba, dans un ancien couvent transformé en prison, d’où il s’évadera de façon tout à fait rocambolesque en avril 1951, en compagnie de trois autres militants : Slimane Barkat, Mostepha Benaouda et Abdelbaki Bekkouche(2). En effet, habile de ses mains de forgeron, il avait confectionné à l’aide d’un ouvre-boîtes métallique, des passe-partout avec lesquels il a crocheté les serrures des portes des cellules. Comme le plafond du couvent communiquait avec celui du tribunal situé à proximité, les hardis captifs se sont aisément fait la belle. Selon le colonel Salah Boubnider, son codétenu, proche compagnon d’armes, qui avait apporté son concours pour le succès de son évasion, Zighout a confié aux autres prisonniers, au moment de les quitter, comme pour s’excuser, que si l’opération ne concernait que les seuls responsables au sein du mouvement national, c’était parce que la plus grande discrétion était requise pour qu’elle réussisse. « Lorsque les gardiens vous interrogeront, mettez tout sur notre dos, de toutes les façons nous ne serons plus là », a dit Zighout aux autres reclus, déçus de ne pas faire partie de l’équipée. Audacieux, comme cela n’est pas permis, il mettra le feu à tous les dossiers du tribunal. C’est sans doute cette action qui permettra l’acquittement de beaucoup de militants qui seront jugés plus tard, les dossiers de l’accusation étant partis en fumée (3). Il rejoindra les Aurès, où il se réfugie dans une semi-clandestinité. Toutefois, après un bref séjour dans les maquis, il reviendra dans le Constantinois où il poursuivra ses activités subversives et anticolonialistes. Puis il se manifestera à Alger quelques mois plus tard et il figurera au nombre des « 22 » d’El Madania en juin 1954, lesquels créèrent le Comité révolutionnaire d’unité et d’action (CRUA).

    A la répartition des responsabilités, il est désigné comme adjoint de Didouche Mourad à la tête de ce qui deviendra, après le Congrès de la Soummam (20 août 1956 à Ifri), la Wilaya II. C’est lui qui a mené les actions contre la caserne de gendarmerie de Condé Smendou en novembre 1954. Lorsque meurt Didouche Mourad, Zighout lui succède. Il avait alors 27 ans.

    B. AMAZIT - EW

  • Hachemi ! Ta mémoire est une flamme qui brûle encore !

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    Voilà déjà cinq ans que tu as tiré ta révérence ! C’était cette journée funeste du 2 août 2005 où tu venais de livrer le dernier combat après une lutte stoïque contre la maladie.
    Depuis que tu n’es plus, la situation du pays s’est encore dégradée et les perspectives de redressement sont encore loin de se dessiner.
    Des minorités de plus en plus marquées vivent dans les enclaves de l’opulence, paradant dans un luxe insolent tandis que l’écrasante majorité de notre peuple se démène dans une autre planète, celle de la misère, de l’ignorance et de l’exclusion.
    L’Algérie aurait pu connaître un essor réel grâce à l’immensité de ses richesses mais l’absence de volonté politique acoquinée à une corruption généralisée, réduit à néant tous les espoirs.
    Notre peuple aurait pu vivre un autre sort si le pays avait plié ses ambitions aux exigences d’un véritable Etat moderne. Il n’en est rien malheureusement !
    Les Algériens sont victimes d’un système dont la gabegie, l’incurie et le népotisme font loi.
    Les jeunes, faute de perspective, sont toujours candidats à l’exil et la mer est devenue une grande faucheuse. Après avoir bradé les intérêts du pays, le système a dépouillé la jeunesse de ses rêves et l’Algérie ressemble à un long tunnel noir sans issue.
    Pourtant, il a suffi d’une victoire sportive arrachée de haute lutte pour que la jeunesse sorte spontanément dans les rues célébrer les couleurs nationales dans l’euphorie générale qu’une poignée d’imams fanatisés ont déshonorées. C’est dire, d’une part l’aspect antinational d’une telle posture et l’attitude hautement patriotique d’autre part d’une jeunesse qui a su se saisir d’un moment unique pour délivrer un message d’espoir et exprimer sa volonté de mettre toute son énergie au service du pays.
    La situation des femmes, elle aussi n’a pas changé d’un iota. Elles sont encore régies par des lois d’un autre âge et restent emmurées dans les lois-prison du code de  « l’infamie »
    Les terroristes recyclés en « repentis » sous couvert de « réconciliation nationale » et de « concorde civile » courent toujours dans le pays dans l’impunité totale et continuent de nous narguer du haut de privilèges grassement concédés par un pouvoir capitulard. Dans l’Algérie d’aujourd’hui, on punit la victime et on encense le bourreau. Mais le pouvoir a beau caressé la bête immonde dans le sens du poil, l’islamisme politique est toujours en embuscade fin prêt à s’emparer de tous les pouvoirs.
    Comble d’ironie ! le pouvoir a revalorisé les retraites de ceux qui mènent jusqu’à l’heure d’aujourd’hui le peuple à l’abattoir et assassinent son intelligence tandis que les contractuels de l’ANP sont contraints de manifester leur mécontentement pour obtenir la reconnaissance de leurs droits et que les défenseurs de la république tel que le moudjahid et patriote Gharbi est carrément condamné à mort.
    Au lieu de libérer la parole et d’essaimer la tradition du débat et de l’ouverture, le pouvoir a anémié le champ culturel et réveillé les vieux démons des zaouiates en poussant en sous main au tribalisme ravageur et à la division entre Arabes et Kabyles et entre Arabes et Arabes (Ghardaia-Beriane).
    Le champ politique est laminé et en déshérence. L’opposition est cooptée, la désertion des valeurs est devenue une norme, la corruption élevée au rang d’institution et le système est vindicatif à l’endroit de toute voix critique.
    Le courant démocratique quant à lui, au lieu de travailler à la fédération de ses forces, est inaudible, pire encore il est l’alibi d’un système dictatorial maffieux puisqu’il est le partenaire assidu d’un système électoral pipé depuis des lustres.
    Le pouvoir se croit garant de la stabilité du pays face à tous les périls. Le climat sécuritaire et la répression le rend oublieux du volcan social sur lequel il est assis.
    Au lieu de mettre en place un plan rationnel de sauvetage pour éviter le chaos et mettre un terme à la prédation, il dirige le pays à coup de pantalonnades comme le fait Bouteflika et  continue à considérer l’Algérie comme une vache à traire.
    Mais vois-tu camarade, malgré toutes ces difficultés le cœur n’est pas au désespoir !
    Tu nous as enseigné que la vie est un marathon où les obstacles ne manquent pas. Notre peuple a connu plus d’un séisme. Il s’en sortira la tête haute et saura trouver le chemin du combat pour abattre ce système à jamais.
    Nous ne sommes pas de ceux qui ont paré la victime de l’habit du bourreau pour pactiser avec la bête immonde !
    Nous ne sommes pas de ceux qui capituleront devant ce système rentier et maffieux.
    Il n’y a que toi en tant que premier responsable d’un parti démocratique qui avais compris en temps opportun la duplicité de son langage; as su mettre à bas ses masques et s’affranchir des étroitesses du dogme en tonnant à qui voulait bien t’entendre que la question centrale de l’Algérie était celle du projet de société dont le noyau central est l’idéal laïque. Ton coup de gueule est toujours d’une brûlante actualité !
    Camarade El Hachemi, demeure en paix ! Tu as su dynamiter les représentations du défaitisme et de la trahison et ouvrir la voie au renouveau !
     Merci d’avoir participer à nous ouvrir les yeux et de nous avoir légué un héritage révolutionnaire auquel nous rendons tous hommage aujourd’hui !
    Une gerbe de fleurs sera déposée sur ta tombe au cimetière Miramar (Bologhine-Alger) le lundi 2 août 2010 à 11 heures.

  • Naguib Sawiris : « Là où je sens l'odeur de l'argent, je vais »

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    Naguib Sawiris , l'homme Corruption : partout où il va , on sent la corruption . Comme le montrent de récents articles de presse mettant en évidence les actes de corruption du magnat des télécoms , il n'est pas surprenant d'apprendre que Naguib Sawiris utilise des pots de vin afin de conclure des ententes commerciales lucratives . «Je suis l'homme d'argent . Partout où je sens l'odeur de l'argent , je vais », a-t-il déclaré à la Conférence de 2007 3GSM World . Naguib Sawiris peut être l'homme d'argent , mais c'est parce que partout où il va , nous l'odeur des pots de vin . Ce fut le cas lorsque Orascom a obtenu une licence de téléphonie en République du Congo par l'achat de 100 pour cent de Libertis Telecom . Pour « ficeler » la transaction Congo, en collaboration avec Rami Antaki , Naguib Sawiris a accepté de faire une "faveur" pour le président congolais Denis Sassou Nguesso : il a promis à la fille du président , Julienne Sassou Johnson (alias " Joujou " ) , une participation de 20 pour cent dans sa compagnie . L'arrangement a été organisé de sorte que M. Antaki obtiendrait une participation de 15 pour cent dans l'entreprise de télécommunications par le biais d'une société off shore mauricienne appelée Babybells  tandis que 20 pour cent iraient à la fille du président Joujou. C'est 35 pour cent de la société Naguib Sawiris réservé pour la corruption pure . Les choses se sont compliquées en cours de route . Autour de Décembre 2005, Orascom Telecom a vendu Libertis Congo à MTN pour environ 100 millions de dollars .MTN a payé 100 pour cent des produits de rachat à Orascom et 35 pour cent de ce total réservé pour la corruption était alors payé par Orascom au frère de Rami Antaki et bon ami Naguib Sawiris , Christian Antaki , qui a un compte chez HSBC au Caire . Pourquoi les fonds vont à Christian et pas Rami ? Parce que Rami était déjà en difficulté pour avoir triché sur les impôts en France. Mais au lieu de donner les 20 pour cent promis de la fille du président , Rami Antaki retenu les fonds et a commencé à se livrer à la spéculation avec des parts d'Orascom , en utilisant la possibilité de manipuler le cours des actions d' Orascom en utilisant les informations d'initiés , et faire de l'argent rapide. Les choses se sont gâtées en 2006 , lorsque le prix de la part d'Orascom a considérablement diminué, et l'argent Rami Antaki dû Joujou était attendue depuis longtemps . En Juillet 2006, le président congolais est intervenu et a dit Rami Antaki de payer sa fille immédiatement. Rami Antaki a rapidement organisé le transfert d'argent (au nom de son frère Christian Antaki ) , le câblage de 20 pour cent du produit de la vente Joujou à la mi -2006 . Le pot de vin a été ainsi « honoré » jusqu’au bout . Mais restez à l'écoute : il ya plus. . . Tanmirth a tous