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  • boutef

    De l’enjeu colossal autour de 2 kilos de pêches et d’un pack d’Evian !

    Par Hakim Laâlam  
    Email : hlaalam@gmail.com
    Quel est le point commun entre le bac et l’élection présidentielle ? Celui qui a triché a quand même le droit de se représenter…

    … la fois d’après !

    J’ai encore en mémoire les images ! Le roi des Belges rendant visite à Chadli tout juste opéré dans un hôpital bruxellois. Les télés belges et l’Unique algérienne en avaient fait un sujet, diversement traité, certes, mais un sujet, tout de même. Pourquoi j’évoque cette histoire aujourd’hui ? Parce que je me rends compte, là, tout juste, que Hollande n’a pas rendu visite une seule fois à Abdekka. Ni au Val-de-Grâce ni aux Invalides. Et ça me met un peu en rogne. C’est tout de même un chef d’Etat, et pas de n’importe quel Etat, un Etat lié à la France par un grand pan d’histoire forcément commune qui réside depuis près de trois mois dans la capitale française. Alors ? Pourquoi Hollande n’a-t-il pas eu la courtoisie élémentaire d’aller rendre visite à Boutef’ ? C’est le minimum diplomatique et relationnel en la matière. Deux kilos de pêches, un pack d’Evian, et François aurait ainsi satisfait à un «Wadjeb» en matière de relations entre deux pays. Le fait qu’Hollande ne se soit pas rendu au chevet d’Abdekka est d’autant plus intrigant que le chef de l’Etat français n’avait même pas besoin d’être au chevet de notre raïs bien-aimé, puisque ce dernier va mieux, beaucoup mieux, nettement beaucoup très mieux et qu’il n’est même plus en chevet, mais juste en rééducation fonctionnelle. Je ne pense pas non plus que cette inconvenance diplomatique puisse s’expliquer par la crise qui frappe de plein fouet la France, avec la confirmation ces dernières heures de la perte de son triple A. D’accord, la crise, c’est terrible, mais pas au point d’empêcher François d’acheter deux kilos de pêches et un fardeau d’Evian, tout de même ! Non, vraiment, je trouve ça blessant pour Abdekka et pour mon amour-propre d’Algérien. A moins qu’Hollande n’ait programmé pour plus tard sa visite aux Invalides. Eh oui ! Faut pas non plus que je fasse montre d’impatience juvénile – comme dirait l’autre ­— en accusant trop vite le Président français de négligence envers son homologue algérien. Peut-être que l’agenda élyséen est très chargé, et que Flamby a arrêté une date à venir pour une visite éclair à l’hôpital des Invalides. Mais alors, si cette thèse est la bonne, elle viendrait contredire violemment et frontalement l’autre thèse. Quelle autre thèse ? Celle de ceux qui nous jurent depuis quelques jours déjà que Abdekka est sur le point éminemment imminent de rentrer au pays. Parce qu’Hollande, lui, en tant que chef des armées, il doit bien savoir quand Boutef’ pourra vraiment revenir chez lui, en Algérie, n’est-ce pas ? Et s’il ne s’est pas encore rendu aux Invalides, c’est qu’il doit se dire «j’ai encore le temps pour ça !» Mon Dieu ! C’est fou ce qu’il peut y avoir comme complications autour de deux kilos de pêches et d’un pack d’Evian ! Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
    H. L.

     

  • La boîte à horreurs

     

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    Depuis plusieurs années, le Ramadhan nous rappelle l’état de médiocrité de la Télévision nationale à travers la faiblesse qualitative des programmes qu’elle diffuse. Loin de réconcilier les Algériens avec ce média public, cette indigence du contenu les pousse au contraire à aller voir ce qui se passe ailleurs, sur les chaînes étrangères. En d’autres termes, à chercher ce qu’ils ne trouvent pas «localement». La télé nationale finit par devenir cette «boîte à horreurs» tant décriée.

    Malheureusement, au niveau officiel, personne ne semble préoccupé par le recul de son audience, «coiffée au poteau» par les télés privées «offshore» émettant à partir de l’étranger et qui ne font pas forcément dans la qualité, tout comme elles se soucient encore moins de contribuer à l’élévation du niveau culturel des téléspectateurs algériens. Celles-ci se contentent de faire le contraire de ce qui a caractérisé jusqu’à présent la télévision officielle. Au «tout va bien» de rigueur depuis des décennies au 21, boulevard des Martyrs à Alger (siège de l’ENTV), elles lui ont substitué le «rien ne va plus». C'est-à-dire à la démagogie du discours officiel, le populisme le plus flatteur qui séduit parce qu’il donne l’impression d’une liberté de ton retrouvée et un tant soit peu iconoclaste. L’absence de moyens et le manque de professionnalisme font qu’elles non plus n’échappent pas à la médiocrité. Ce serait trop leur demander, d’autant que la recette de leur «succès» est pour l’instant toute trouvée et on ne voit pas pourquoi elles changeraient.

    Ce marasme généralisé qui affecte les Algériens, y compris dans la culture, est d’abord de la responsabilité du pouvoir qui s’obstine à rejeter toute ouverture du champ audiovisuel national et maintient toujours un verrouillage absolu, à l’instar des quelques régimes autoritaires de la planète encore en place. Plus qu’une lacune ou une faiblesse, cet état de fait est d’abord le résultat d’une pratique de pouvoir et de l’autoritarisme dont il fait preuve dans tous les domaines, y compris dans celui des médias lourds et de l’audiovisuel. Le monopole politique de contrôle qu’il maintient en dépit du bon sens lui assure sa survie, même s’il a cédé par ailleurs, en partie, de sa mainmise sur certains secteurs, donnant ainsi l’illusion d’ouverture et de pluralisme. Cet «instinct de conservation» d’un pouvoir en fin de course, dans lequel beaucoup d’Algériens, surtout les jeunes, ne se reconnaissent pas, fait que dans l’immédiat, il n’est pas prêt à opérer de lui-même les changements attendus. L’autisme dont il fait preuve à l’égard des attentes des citoyens risque de perdurer tant qu’il a la haute main sur les médias lourds alors que partout ailleurs, là où l’autoritarisme avait cours encore récemment, la tendance est plutôt à l’ouverture démocratique.

     

    Reda Bekkat
  • Nassim, l'Algérien du 60e . Feuilleton (1er épisode)

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    un musulman au Groenland ? Oui. Il a un prénom d'air frais, le pas léger et depuis quelque temps, Nassim flirte avec le cercle arctique à 4643 km de ses terres brûlantes de la banlieue d'Alger.
    Car Nassim est le seul Algérien du Groenland, il a rejoint Nuuk,
    64° 11' Nord, capitale de la province autonome après plusieurs séquences de vie en Allemagne, puis au Danemark. Où de là, il y a un an, il a décidé de partir plus au Nord. Pour le Groenland, la grande île de glace qui appartient encore au royaume de la reine Marguerite II du Danemark, fille du roi Frédéric IX.
    - Combien ?

    Parti à 24 ans de Khemis El Khechna, son point de naissance, Nassim en a aujourd'hui 35. Mais pourquoi le pôle Nord plutôt que le pôle Sud ? Parce que Nassim a été un peu à l'école, et sait qu'en Antarctique, il n'y a que des pingouins, contrairement à l'Arctique, le pôle Nord, qui est habité. Surtout, pour d'étranges raisons, Nassim déteste les pingouins, qui lui rappellent les femmes en hidjab qu'il a laissées chez lui, être errant sans vie à la recherche perpétuelle de quelque chose à mettre dans les sachets noirs qu'elles transportent toute la journée. Nassim n'est pourtant pas antireligieux puisque là où il est, à Nuuk au-delà du 60e parallèle nord, il tient à faire le Ramadhan. Sauf que la partie n'est pas facile. En ce 14 juillet d'été où le soleil ne se couche pratiquement pas, ce sont 20 heures de jeûne par jour à faire, de l'aube-fejr à 3h35 du matin jusqu'au coucher-maghreb à 23h27. Pendant le Ramadhan, Nassim fait aussi la prière, et à Nuuk, entre les prières d'el icha et d'el fedjr, 30 minutes seulement. Mais Nassim y tient.
    - Dis moi combien ?

    A Nuuk, Nassim a appris quelques mots de groënlandais, une langue inuit, et même pris une femme, Aleqa, une Inuite rieuse qu'il appelle affectueusement Atika. Ils n'ont pas encore d'enfants et dans sa maison multicolore, typique des habitations de Nuuk, Nassim insiste :
    - Quelle heure est-il ?, demande-t-il en regardant par la fenêtre le soleil si haut en cet été interminable.
    Aleqa, qui a aussi appris quelques mots d'algérien et du fond de sa cuisine, a finalement répondu à Nassim :
    - Il te reste 10 heures pour le f’tour, omri.
    Par solidarité, Aleqa a bien tenté de jeûner avec son mari, qu'elle aime au-dessus de tout, lui et la viande de phoque. Mais le premier jour, elle a failli mourir. 20 heures de jeûne, non, c'est impossible. Non, SF, ce n'est pas de la science-fiction. C'est saha ftorkoum.
    … A suivre

     

    Chawki Amari
  • ramdhane ou cha3bane au marché des dupes

    Ces p’tits riens qui pourraient nous rendre la vie tellement plus simple !

    Par Hakim Laâlam  
    Email : hlaalam@gmail.com
    Ramadan. Dans le doute…

    … s’abstenir !

    Dans le cadre en bois massif de la réforme de la Constitution, les experts ont planché principalement sur le retour ou non à la limitation des mandats. C’est bien ! Mais, ça reste insuffisant. Je ne dis pas que la limitation des mandats ou le mandat à vie, ce n’est pas important. Je dis juste qu’il y a une réforme qui a été oubliée, et c’est fort dommage. J’aurais tant souhaité que les experts constitutionnalistes introduisent enfin cet article qui réglerait définitivement un problème qui mine notre quotidien d’Algériens depuis des lustres. Il fallait que ces experts aient le courage de le faire. Hélas, ils ne l’ont pas fait. Est-il trop tard pour y remédier ? Je ne le sais pas, n’étant ni constitutionnaliste, ni expert, ni médecin de Sellal, le seul en ce moment à pouvoir prendre la décision. Me reste tout de même la capacité de vous faire partager ma profonde déception de voir que l’article exigeant de tout président algérien en exercice de porter au poignet ou à la cheville – selon les convenances et les goûts et penchants de chacun – un bracelet GPS n’a pas été retenu. L’idée, vous le voyez bien, est pourtant simple, peu onéreuse et d’une efficacité sans faille. Plus de séminaires longs, fastidieux et coûteux sur les défauts de la communication institutionnelle. Plus de communiqués alambiqués sur la taille, l’épaisseur et l’âge de l’AVC. Plus de médecins contraints sous la torture de ne pas divulguer le dernier lieu où ils auraient pris la tension présidentielle. Plus d’obligation de déranger à chaque fois des caméramans et des preneurs de son pour aller filmer à l’étranger le Raïs. Surtout les preneurs de son que l’on fait voyager pour rien, les pauvres. Et surtout, ça mettrait fin au débat à rallonge «Le Président est-il rentré ? Sur le point de le faire ? Déjà ici ? Ou en passe de repartir là-bas ?» Juste un bracelet GPS. Juste un article dans la Constitution et tout un tas de chroniqueurs, d’éditorialistes et de polémistes se retrouveraient de facto au chômage. Oh ! Bien sûr, il s’en trouvera toujours des grincheux pour chipoter comme à leur habitude et prétendre que doter le châtelain d’un bracelet GPS, ça reviendrait à le fragiliser, à rendre publique sa position sur la carte et donc à permettre à d’éventuelles mauvaises âmes de lui nuire, voire de programmer son élimination sur la base de ses coordonnées géostationnaires. Ridicule ! Proprement ridicule ! Qui voudrait profiter de ce bracelet pour faire du mal au Président ? Hein, qui ? Tout le monde l’aime ! Et tout le monde l’aime tellement que le seul souhait de tout le monde est de savoir dans quelle portion du monde il se trouve. Et ça, la nouvelle Constitution n’en a pas tenu compte. Encore un virage historique et technologique lamentablement raté par l’Algérie ! Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.

  • Décryptage politique de la technique des dos-d’âne

     

    Par Maâmar Farah
    Je vous avais quitté avec cette histoire de dos-d’âne mystérieusement disparus des routes de la wilaya de Souk-Ahras. Et ce matin, alors que l’absence de café commençait à installer irritation et mine défaite, c’est Tata qui m’appelle du bled :
    - Bonjour neveu ! Je crois que Sellal sera le nouveau président !
    - Bonjour, Madame Soleil !
    - Ni Madame Soleil, ni Bornia Echouaffa ! J’ai étudié la question des dos-d’âne !
    - Et alors ?
    - Jusque-là, ces dos ne s’aplatissaient que lors des passages du cortège présidentiel. Ils sont restés debout quand Benflis est passé. Idem pour Ouyahia, Belkhadem, Benbitour, Hamrouche, Djaballah, etc. Donc, il y a un secret qu’il fallait percer quand, soudainement et contre toute attente, ces dos se sont aplatis sous la bagnole de M. Sellal qui visitait la wilaya de Souk-Ahras !
    - Bah ! Si c’est ça ta preuve !
    - Non, il y a mieux. Après le passage de M. Bouteflika, ils rebâtissaient les dos-d’âne aussitôt. C’est ce qu’ils ont fait après la visite de M. Sellal. Mais ils ont mis de petits ralentisseurs, par tranche de deux, qu’ils sont en train de peindre en blanc !
    - Et alors ?
    - C’est le style Sellal. Couper la poire en deux et voir tout en blanc !
    maamarfarah20@yahoo.fr

    «Premier jour. Déjà 10 bagarres pour ton tonton. Pour tout et rien ! La dernière, c’est quand je lui ai dit qu’il faisait des grimaces comme Bounedjma quand il évoquait les réalisations de Bouteflika. Il m’a alors répondu que je ressemblais à Louisa quand elle défendait, sans en avoir l’air, le même Bouteflika !»
    (Tata Aldjia)

  • des pays du Golfe au secours de l’Egypte !!sisi non morsi

     

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    zoom | © D. R.
     

    L’Arabie Saoudite, les Emirats arabes unis et le Koweït consentent des aides financières importantes pour soutenir l’effort de redressement économique à la faveur du changement du pouvoir à la tête de l’Egypte.

    Les observateurs y voient la preuve d’un déclin de l’influence du Qatar qui avait jusque-là parrainé l’accession au pouvoir des Frères musulmans et leur soutien le plus fort durant une année de règne. La chute du pouvoir des Frères musulmans semble avoir reconfiguré la géopolitique dans la région du Moyen-Orient. Le Koweït, les Emirats arabes unis et l’Arabie Saoudite se repositionnent aux dépens du Qatar.
    La transition politique en Egypte se met en place sur fond de tension politique extrême et d’une déconfiture économique inquiétante. Débarrassé de Morsi, le pays du Nil, qui est au bord de la banqueroute, peut espérer désormais un redressement de la situation grâce aux monarchies du Golfe qui volent au secours des nouvelles autorités provisoires du Caire.

    En l’espace de quarante-huit heures seulement, l’Arabie Saoudite, le Koweït et les Emirats arabes unis ont injecté pas moins de 12 milliards de dollars dans les caisses de l’Egypte. Riyad, qui a ouvertement soutenu la déposition de Mohamed Morsi, a fourni une aide de 5 milliards de dollars, tandis que le Koweït a accordé une aide de 4 milliards, un don d’un milliard de dollars, un dépôt de 2 milliards de dollars à la Banque centrale d’Egypte et la fourniture à ce pays pour un milliard de dollars de produits pétroliers. Cette importante assistance vient s’ajouter à une aide de 3 milliards de dollars des Emirats arabes unis.

    Ces trois pays, franchement opposés à la prise du pouvoir par les Frères musulmans en Egypte, opèrent ainsi un repositionnement stratégique dans la région, qui se fait fatalement aux dépens du rôle du Qatar. Doha, qui a apporté un soutien politique, financier et médiatique aux Frères musulmans égyptiens, perd une zone d’influence considérable.

    Les Frères en déroute

    Le Caire était un terrain de bataille idéologique et financier entre l’Arabie Saoudite, qui soutenait depuis longtemps les salafistes égyptiens d’un côté et le Qatar, principal appui des Frères musulmans et pourvoyeur de fonds de l’Egypte, sous la présidence de Morsi de l’autre.  Au plan politique, l’étau se resserre autour des Frères musulmans d’Egypte depuis le renversement du président Mohamed Morsi. Tandis que le nouveau Premier ministre, l’économiste Hazem Beblawi, entame des consultations pour la formation d’un cabinet, la justice a ordonné, hier, l’arrestation du guide suprême des Frères musulmans, Mohamed Badei, et d’autres dignitaires de la confrérie, dont l’influent prédicateur Safwat Higazi, selon des sources judiciaires citées par les médias. Ils sont accusés d’incitation à la violence dans le cadre de la répression meurtrière, lundi, devant le siège de la Garde républicaine au Caire.

    En revanche, le président déchu, Mohamed Morsi, ne fait «pour l’heure l’objet d’aucune poursuite» judiciaire, a assuré un porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Badr Abdelatty. Il se trouve «en lieu sûr, pour son propre bien, et il est traité dignement», a-t-il assuré. Auparavant, plus de 200 personnes ont été inculpées.

    Profitant du rejet massif des Egyptiens, les nouvelles autorités provisoires du pays cherchent à décapiter l’organisation islamiste qui, en une année de pouvoir, a réussi à noyauter plusieurs sphères de l’appareil de l’Etat. Affaiblie et surtout dépourvue du soutien des autres mouvements islamistes, l’organisation fondée par Hassan El Bena en 1928 traverse une phase cruciale. Elle est sérieusement menacée dans son existence. Le pouvoir qu’elle a pu conquérir lui a été fatal. Par ailleurs, le processus politique post-Morsi risque de connaître des trébuchements. Le consensus peine à s’établir entre le pouvoir provisoire et les forces politiques qui ont conduit à la chute de Mohamed Morsi.

    La feuille de route proposée par le président provisoire, Mansour Adly, est critiquée par les différents acteurs politiques mobilisés contre Morsi. Le mouvement Tamarod (rébellion) – fer de lance de la révolte du 30 juin –, le Front de salut national (FSN) et le Courant populaire estiment que la déclaration constitutionnelle, composée de 33 articles relatifs à la mise en place du processus institutionnel, a été décidée sans consultation préalable des forces politiques. La coalition des forces révolutionnaires a exprimé son désaccord avec certains articles. «Cette déclaration constitutionnelle confère de larges prérogatives au président intérimaire», juge le FNS, qui propose ses propres amendements.

    De son côté, le Parti de la liberté et de la justice (PLJ), bras politique de la confrérie des Frères musulmans, conteste le décret constitutionnel qui annule de fait la Constitution de Morsi et refuse également de participer à un nouveau gouvernement. «C’est un décret constitutionnel (...) par un homme nommé par des putschistes, qui ramène le pays à la case départ», a réagi Essam Al Erian, vice-président du PJL. En somme, deux ans après le renversement du dictateur Hosni Moubarak, l’Egypte n’arrive toujours pas à édifier un nouveau régime politique tant les antagonismes entre les forces en présence, aux intérêts opposés, sont difficiles à concilier. Le mouvement révolutionnaire né en janvier 2011 reste puissant, mais peine à prendre le pouvoir tant qu’il ne s’est pas doté d’un programme et d’une direction politique.

    Hacen Ouali
  • Correctifs

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    Une journée très calme, sans sourire mais sans circulation, traduisant évidemment un assommage collectif et surtout un énorme absentéisme au travail. Mais sérieusement, que faire, à part rien, un premier jour de Ramadhan ? C'est ce qu'a fait Alger hier et probablement le reste du pays, se demandant s'il y a une vie avant le f’tour. Mais pour cette première phase de réglage, des gens ont quand même travaillé et des correctifs ont été annoncés : finalement, les tricheurs du bac pourront passer le bac l'année prochaine sauf s'ils trichent encore l'année prochaine. Le président de la République ne rentrera que si tout le monde part. L'Algérie vient d'être classée 105e pays corrompu sur 107 par Transparency International parce que les deux derniers pays ont coupé leur téléphone. Selon le ministre du Commerce, les prix des produits alimentaires n'augmenteront pas ce Ramadhan, mais il est possible que les rations diminuent.

    La météo nationale n'annonce pas de vague de chaleur pour le Ramadhan, mais cela ne signifie pas qu'elle travaille. Ce n'est pas Sonelgaz 1 qui est visé par l'enquête Sonatrach 2, mais ce serait Sonatro 5. Le Real Madrid ne viendra pas jouer pendant le Ramadhan parce que Raouraoua a rendez-vous. Les billets d'avion d'Air Algérie vont baisser cet été, mais en hiver ? Il y aurait des virus dans certaines bouteilles d'eau minérale, mais moins chers que la viande hachée. L'autoroute Est-Ouest ne sera finalement livrée qu'en 2016, avec les voitures qui vont rouler dessus. Belmokhtar a encore revendiqué l'attentat de Tiguentourine, mais comme il est mort, plus personne ne l'écoute. Enfin, rectificatif plus sérieux annoncé par la presse, le premier drone algérien n'a finalement pas décollé, c'était une fausse information, reprise ici même. Amel, du nom du drone, est donc restée à terre, sans pouvoir bouger. En même temps, si elle s'était envolée, qui aurait fait à manger ?

     

    Chawki Amari
  • Amel vous regarde

     

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    Hier, le premier drone algérien a été lancé d’un aérodrome de Sidi Bel Abbès. Ce drone, avion sans pilote, nommé Amel par ses pères de la plateforme technologique du Centre de recherche en sondage et contrôle (CSC) de Bou Ismaïl, est d’une conception entièrement algérienne et fabriqué avec des composants tout aussi algériens. Cette première victoire dans la construction aéronautique nationale est à saluer fortement en cet anniversaire de l’indépendance. Mais il ne s’agit pas que de faire flotter un objet algérien dans le ciel comme un exercice de lévitation, le drone servira à quelque chose : il aura deux caméras haute résolution embarquées, à bord, qui émettront des images et des données cryptées par des algorithmes complexes au centre de contrôle. Sur Terre pourtant, déjà, le message est lui aussi décodé par L. Abahri, célèbre opposant qui affirme que «cet envoi de drone est un avertissement adressé à la population ; nous voyons tout ce que vous faites et l’Algérie est un pays qui veut voler sans Président, comme un drone commandé de la terre».

    On connaît Abahri, il n’a jamais pris l’avion, mais il est formel : «Ce décollage au moment de l’absence du Président ne peut être une coïncidence. Ils veulent nous dire que tout va bien. Les airs ? Pas de problème, c’est juste de la terre à l’état gazeux. Un pilote ? Pour quoi faire ? Un être humain ? Il possède de l’émotion, de la rancœur et calcule en dehors des algorithmes.» Bien sûr, Abahri exagère, si l’Algérie ne construit toujours pas de voiture ou de rollers, ce n’est pourtant pas la première fois qu’elle lance quelque chose dans les airs. Il y a déjà deux satellites, Alsat-1 et Alsat-2, lancés de Russie et d’Inde, et qui sont quelque part dans l’univers. Mais d’ici, une idée encore plus audacieuse pourrait être lancée pour cet été : et si l’Algérie pouvait réellement se diriger seule, sans pilote mais sans centre de contrôle ?

     

    Chawki Amari