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  • Certains-Autres !

      par A3ami Sa3id

    Il n’y a ni Boutef ni un autre

    C’est du cinéma ! Ils jouent, ils aiment jouer, nous sommes leurs jouets.
    Il n’y a ni armée, ni Drs, ni police, ni soutiens étrangers, il y a que nous sommes divisés pour des détails, des futilités, des riens remplis de rien. Il y a que nous sommes divisés comme les figues sur une planche. Que nous sommes divisés par ce qui doit nous unir. Que nous passons notre à nous diviser pour continuer à oublier nos intérêts: l’intérêt fondamental d’un pays: ne pas devenir une proie pour le monde entier. Comment s’unir et rester soi et servir son propre pays ? Comment produire et prendre la part qui te revient dans ce que tu as produit ? Comment investir pour produire ? Comment former ceux qui vont défendre leurs intérêts en défendant leur pays ? Comment discuter sans s’entredéchirer ? Comment sortir de cette impasse où ils nous ont emmené ? Comment vivre libre et digne sans voler, tuer, violer, torturer…? Comment prendre conscience que ceux qui sont au pouvoir depuis cinquante ans n’ont plus à donner, à changer, à faire d’autres que ce qu’ils savent faire depuis toujours…?

    Certains bien payés
    D’autres totalement castrés
    Certains complètement soumis
    D’autres ne subissent que mépris
    Certains torturés d’autres poussés à s’exiler
    Certains assassinés d’autres chèrement achetés
    Certains irradiés et d’autres poussés à tout arrêter
    Certains corrompus d’autres sont utilisés
    Utilisés pour cacher leurs lâchetés
    Certains surveillés d’autres manipulés au point qu’ils sont devenus pire qu’ils l’auraient souhaités
    Certains vivent dans les trous
    D’autres sont devenus complètement fous
    Certains ont pour métier la courtisanerie
    D’autres jouissent par la masturbation de la flatterie
    Certains sont parfaitement formatés
    D’autres sont crées pour tuer sans pitié
    Certains possèdent ce que leurs imaginations ne peuvent imaginer
    D’autres vivent dans une misère qui les a gravement laminé
    Certains croient que tout leur est permis
    D’autres pour un rien ils sont sévèrement punis
    Certains disent que tout est perdu
    D’autres errent sans objectif dans les rues
    Certains confondent leurs intérêts avec l’intérêt de la majorité
    D’autres passent leurs temps à vouloir éliminer les minorités
    Certains sont obsédés par les futilités
    D’autres ne supportent pas l’idée de l’unité
    Certains se contentent de boire, de dormir et de manger
    D’autres n’ont plus ni honneur, ni courage, ni dignité
    Certains confondent la liberté et la démocratie avec la servitude et la tyrannie
    D’autres vivent comme des pachas ou comme des zombies
    Certains sont convaincu que les langues font des pays
    D’autres affirment que celui qui ne prie pas ne doit être qu’un impie
    Certains dans leurs esprits ne respirent que l’Occident
    D’autres sont convaincus que dans leurs artères coulent l’orient
    Certains cherchent l’argent comme c’est lui qui va les sauver
    D’autres ont choisi de délirer, de détruire ou de rêver
    Certains sont disparus sans aucun espoir pour les retrouver
    D’autres les attendent sans aucun espoir de les récupérer
    Certains sont payés pour empêcher ceux qui veulent travailler, penser, créer, dessiner…
    D’autres sont obligés d’écrire pour se vêtir, manger, exister et se loger
    Certains se considèrent comme des entités indispensables à notre survie
    D’autres travaillent à nous humilier, à nous dominer et à nous pourrir nos vies
    Certains regardent les trains passés
    D’autres ne veulent pas renoncer au passé
    Certains changent de camps sans honte et sans se soucier de la moralité
    D’autres savent comment se placer là il faut quand le partage est décidé
    Certains sont morts mais plus vivants dans la réalité
    D’autres vivants sont déjà morts et enterrés
    Certains oublie au fur et à mesure leurs méfaits
    D’autres disent qu’ils ont tout fait même s’ils non rien fait

  • Gaz de schiste : un secret bien gardé

     

    Le Soir d'Algérie,

     

    La compagnie pétrolière British Petroleum va exploiter les gaz non-conventionnels au niveau du bassin d’Illizi, a-t- on appris de source bien informée. Tout est fin prêt pour entamer les forages, mais la compagnie britannique préfère attendre l’adoption du projet d’amendement de la loi sur les hydrocarbures afin de bénéficier des avantages fiscaux contenus dans ce texte pour les sociétés qui investissent dans les gaz de schiste.
    Selon nos sources, les premiers puits de gaz non-conventionnels seront exploités au niveau de Bourarhet, au sud d’In Amenas où BP opère déjà avec la Sonatrach.

     

    Un intérêt stratégique

     

    Les informations recueillies sur ce gisement font état d’une forte présence de «tight gas», assez proche d'un gaz conventionnel. On évoque la quantité de 50 tfc, soit l’équivalent des réserves actuelles de Hassi R’mel. Le tight gas est difficile à extraire en raison du fait que la roche qui le contient est très peu perméable. De même que la cimentation qui entoure les réservoirs est difficile à fracturer. Selon nos sources, des tests ont déjà été effectués sur ce gisement de Bourarhet et des difficultés énormes ont été rencontrées, non pas en raison des techniques de forage, mais plutôt à cause de la mauvaise prestation assurée alors (par une entreprise américaine) sur les services aux puits et à la nature de la fracturation. Mais, en dépit de toutes ces difficultés, le partenaire de BP, le norvégien Statoil, demeure très confiant et confirme par ailleurs dans un rapport récent les tests réalisés en Algérie : «Le nouveau flux de travail a été utilisé dans une étude sur le site de Tiguentourine dans le Sud-est algérien. Il s’agit d’un champ étanche aux gaz, exploité par une joint-venture entre Sonatrach, BP et Statoil. » Depuis 1995, BP aura été le plus grand investisseur étranger dans le secteur des hydrocarbures en Algérie avec plus de 5 milliards de dollars. La société est présente avec Sonatrach et Statoil dans le gisement d’In Salah (BP 33,15%) et In Amenas (BP 45,89%). En outre, elle est associée à hauteur de 60% dans le projet pétrolier de Rhourde El Baguel au sud de Hassi Messaoud, où elle a réalisé de belles performances. Seulement, certains investissements commencent à se rapprocher de leurs limites en raison de la baisse des produits extraits. Et BP devait penser à la reconversion de son activité en gardant pratiquement le même potentiel matériel. Dans cette démarche, la british a anticipé sur les gaz de schiste sans pour autant attirer l’attention sur cette opération. Dans le rapport d’activité de BP pour l’exercice 2011, il est clairement mentionné que la société mène des activités sur les gaz non-conventionnels en Algérie. «BP poursuit l’activité sur les gaz non-conventionnels aux États-Unis et dans d'autres pays tels que l'Algérie, à Oman et en Indonésie», a-t-on écrit dans ce rapport. BP ne donne pas de chiffres sur les volumes estimés ni encore moins sur les zones prospectées. Certaines sources expliquent que le choix de Bourarhet est judicieux à plus d’un titre. BP dispose déjà d’une infrastructure adéquate dans la région et du fait qu’il se trouve à proximité de la frontière avec la Libye, la société peut faire appel à ses experts qui opèrent au sud de Ghedames. Par ailleurs, la commercialisation des gaz ne devrait pas poser de problèmes d’investissement, car le gazoduc est déjà opérationnel. Mais cette exploitation reste aujourd’hui tributaire de la loi sur les hydrocarbures qui promet des avantages fiscaux aux sociétés étrangères qui viennent investir dans les gaz non-conventionnels. Et BP devra donc attendre l’adoption de cette loi pour pouvoir s’engager sur l’investissement en question.

     

    Schlumberger garde le secret

     

    Les recherches effectuées en Algérie sur les gaz non-conventionnels semblent relever du secret. Devant le mutisme de Sonatrach et de sa tutelle, les sociétés étrangères opérant en Algérie ne communiquent jamais sur les gaz de schiste. Et c’est un ancien cadre de Schlumberger, à travers le dépôt d’un CV au niveau d’une compagnie pétrolière, qui va révéler avoir travaillé avec Schlumberger sur les gaz non-conventionnels sur le projet de Tidikelt, au sud d’In Salah. Sonatrach a en fait dissimulé toute son activité sur les gaz non-conventionnels pour des raisons évidentes d’appréhensions liées à l’environnement. Car jusqu’à ce jour, les débats sur l’exploitation de ces gaz n’ont pas été abordés sur le fond. Et ce n’est pas un séminaire de deux jours qui est en mesure de tracer la stratégie du pays en la matière. D’ailleurs, à l’examen du programme moyen terme (PMT) 2012-2016, la Sonatrach n’a pas fait d’exposés sur le cas des gaz non-conventionnels. Dans la seule phrase évoquant le sujet de Bourarhet, il est écrit dans le document de la Sonatrach (PMT) : «L’effort d’exploration en partenariat se poursuivra pour les contrats conclus sous le régime de la loi 86-14 jusqu’en 2012, date d’arrivée à échéance de ces contrats, et concernera le forage de 2 puits en 2012 au niveau de Bourarhet Sud opéré par BP.»
    Mokhtar Benzaki

  • Le pouvoir, la Kabylie, le terrorisme et ses kidnappings

    Par Le Matin DZ |

    Le meurtre d’Aghiles à Tizi Ouzou soulève de nouveau le problème du kidnapping en Kabylie. En moins de sept ans, 71 personnes ont été enlevées. Le pouvoir algérien est accusé de laisser faire ces pratiques crapuleuses pour déstabiliser la Kabylie.

     

    Le pouvoir de Bouteflika veut régler un vieux compte qui remonte au printemps noir qui entache le règne du président.

     

    L’Algérie et ses kidnappings. Un fléau en Kabylie. En à peine sept ans, pas moins de 70 personnes ont été enlevées. Et c’est à chaque fois le même son de cloche : des dinars ou la mort. Le dernier otage en date était Aghiles Hadjou, 19 ans, fils d’un entrepreneur originaire d’Azzefoune, à 60 kilomètres de Tizi Ouzou. Enlevé le jeudi 18 octobre, le corps inerte d’Aghiles fut retrouvé mercredi dernier, enterré et enveloppé dans un sac en plastique, sur la plage du village Idjeremnan, dans la commune d’Aït Chaffaâ. D’après les médecins légistes, la victime a été assassinée le jour de son enlèvement. Une onde de choc pour la famille de la victime mais aussi pour toute la population d’Azzefoun qui s’était fortement mobilisée pour exiger la libération du jeune homme.

     

    Le commandant de compagnie de la gendarmerie de Tigzirt, Boubekeur Younes, a indiqué, ce jeudi, lors d’une conférence de presse que deux des trois ravisseurs avaient été arrêtés le 22 octobre. Le 21 octobre, l’un des trois ravisseurs est localisé grâce à un coup de fil passé depuis son propre téléphone mais avec la puce de la victime. L’arrestation du troisième suspect n’est plus qu’une question d’heures, selon le commandant Younes. Le comble du drame : l’enquête révèle que la victime n’était autre qu’un ami proche des assassins présumés.

     

    L’industrie du rapt

     

    On situe approximativement à 2005 l’apparition de cette pratique sordide en Kabylie. Malandrins de tout genre, groupes mafieux ou activistes d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), tout le monde trouve son compte dans cette pompe à fric. Chaque mois depuis sept ans, un kidnapping est signalé dans cette région. Un chiffre qui fait froid dans le dos quand on sait que la Kabylie est l’une des régions d’Algérie les plus militarisées. Les victimes sont, dans 99% des cas, choisies en fonction de leur situation financière. Les hommes d’affaires, diplomates et politiques, ou encore fils d’Algériens résidents à l’étranger sont des cibles privilégiées.

     

    Le sujet est tabou. Rares sont les victimes de rapt qui racontent leur mésaventure, de peur des représailles. Sous la menace, les familles de victimes ne contactent quasiment jamais les services de sécurité et s’exécutent à verser des sommes vertigineuses. Un silence qui profite aux ravisseurs puisque, à ce jour, aucune affaire de kidnapping n’a pu être élucidée. Dans ce qui est devenu une industrie du rapt, les familles n’ont d’autre choix que de payer au risque de mettre en danger la vie des otages. Quant aux négociations des sommes, les manœuvres sont étroites voire inexistantes pour les familles. Les ravisseurs d’Aghiles avaient exigé 20 millions de dinars (environ 200 000 euros).

     

    Le pouvoir remis en cause

     

    Le Mouvement pour l’autonomie de la Kabylie a estimé dans une déclaration que "les expériences passées ont montré que le pouvoir algérien, allié des islamistes terroristes et des bandits de tout acabit n’a jamais déployé le moindre de ses efforts pour sécuriser la région malgré la présence de plusieurs dizaines de milliers de militaires, de policiers et de gendarmes".

     

    Kabyles.com parle lui de l’indifférence totale des parlementaires algériens qui, "immunisés par la loi, aveuglés par le confort du poste de député, préfèrent regarder ailleurs." Le média en ligne pointe du doigt la précédente et nouvelle Assemblée Populaire Nationale (APN) qui n’a pas "daigné diligenter une commission d’enquête parlementaire pour s’enquérir de cette situation au moment où on assiste à la mise en place d’une véritable industrie du kidnapping."

     

    "La petite Suisse"

     

    Certains vont plus loin encore et affirment que le pouvoir algérien cherche à déstabiliser la région de la Kabylie. L’époque où le Front de libération national (FLN) perpétuait l’idée de faire de l’unité national un élément sacré est révolue ? Entre les groupes islamistes armés au Mali, des frontières avec la Libye compliquées à contrôler, des tensions récurrentes avec le Maroc et une guerre en préparation à quelques kilomètres de ses portes, le FLN a plutôt tout intérêt de continuer à faire vivre, ou de faire renaître de ses cendres, cette idée-là.

     

    Surnommée "la petite Suisse" au début des années 1990, la Kabylie, qui jadis accueillait les intellectuels, les chefs d’entreprises ou encore les opposants à l’islamisme radical, semble avoir cessé d’être un havre de paix. Ce sont de nos jours les terroristes, les ravisseurs ou les faux policiers qu’elle attire. Celle qui était élevée au premier rang lors du "printemps Berbère" pour la reconnaissance de l’identité Amazigh en Afrique du Nord, se vide désormais de ses donneurs d’ordres et de sa jeunesse. La Kabylie d’aujourd’hui est tourmentée.

     

    Fouad Harit pour afrik.com

  • "Bouteflika sera jugé par l'Histoire"

     

     

     

    Par Le Matin dz |

     

    M. Mohammed El Korso, ancien président de la Fondation 8 Mai 45 et devenu "spécialiste des relations algéro-françaises" affirme dans El-Khabar que le président de la République, M. Abdelaziz Bouteflika sera jugé par l’Histoire, dans le cas où les autorités refuseraient le projet de loi criminalisant le colonialisme. Il pense que l’Histoire témoignera, par ailleurs, en faveur du président Bouteflika si le colonialisme a été criminalisé pour la première fois dans son ère, dans le cas où le parlement réagira positivement à l’initiative des parlementaires.
    C'est un tournant. Même si M. Mohamed El Korso tempère : « je refuse de croire que le gouvernement refuse cette loi et que le président de la République soit responsable de son blocage étant donné qu’il est impossible pour ceux qui ont combattu le colonialisme et qui furent les premiers acteurs du recouvrement de la souveraineté nationale régiraient de cette manière. Si ces personnes tournent le dos au principe de criminalisation du colonialisme, ils feront également de même pour ce qui est des questions de la révolution et de leur lutte contre le colonialisme ».
    M. Mohammed El Korso veut encore prêter au président Bouteflika quelque scrupule politique quand il s'agit de défendre la mémoire. Par tactique, il refuse de regarder la réalité en face : la proposition de loi incriminant le colonialisme français n'était qu'un bluff politique, le pouvoir n'a jamais eu de réelle volonté politique de promulguer pareille loi et il y a bien longtemps de la mémoire ne relève plus, pour Bouteflika, du différend historique mais du cabotinage conjugal, cette pratique un peu malsaine qui consiste à rappeler au conjoint un antécédent fâcheux chaque fois qu’on éprouve le besoin de lui extorquer une nouvelle déclaration d’amour.
    La méthode est classique : Bouteflika fait provoquer, en sous-main, un début d’incendie par des pyromanes qualifiés et se donne ensuite le loisir d’intervenir en pompier, prestation qu’il monnayera alors au plus haut prix.
    Selon les réponses qu’il reçoit de la France, le président algérien peut ainsi passer de la plus grande « indignation » envers le préjudice colonial à la plus béate des indulgences.
    M. Mohammed El Korso le sait bien. Il suffit de se rappeler qu’avant de brandir le spectre d’une « loi algérienne criminalisant la colonisation" – signée, soulignons-le, par 125 députés appartenant à la majorité présidentielle - Bouteflika avait publiquement renoncé, et deux fois plutôt qu’une, à exiger de la France repentance de ses péchés coloniaux. La plus récente fut même énoncée, comble de l’ironie ou du cynisme, de la bouche du président de l’assemblée populaire nationale, celle-là même dont on redoute qu’elle adopte une loi criminalisant la colonisation ! C’était en mai 2009, à la veille de la visite d'Etat que devait effectuer en juin à Paris le président algérien et à laquelle ce dernier tenait beaucoup. Abdelaziz Ziari, un fidèle de Bouteflika, avait alors affirmé au cours d’un point de presse dans la capitale française, que la question de la repentance « n’était pas à l’ordre du jour » et « n’a jamais, depuis l’indépendance, constitué un obstacle aux relations algéro-françaises ».
    Bouteflika voulait ainsi « proposer un cadeau » aux Français pour les amadouer.
    Or, pour revenir à cette "loi" criminalisant le colonialisme, rien ne se serait produit s’il n’y avait eu, au printemps dernier, cette décision française que Bouteflika considère comme un camouflet : le report, voire l’annulation de cette visite d'Etat qu’il devait effectuer en juin à Paris et que l’Elysée a jugé embarrassante car trop « proche » du scrutin bokassien du 9 avril à l’issue duquel le chef de l’Etat algérien avait été réélu avec plus de 90 % des suffrages, réélection alors qualifiée en France de « pharaonique ». L’Elysée (si on en croit le Parisien), redoutant que cette encombrante victoire ne soit évoquée par l’opposition et par les médias, avait décidé de la repousser à la fin de l’année, ce qui a fortement froissé Bouteflika, furieux d’être assimilé à un vulgaire dictateur infréquentable.
    Voilà cinq ans que M. Mohammed El Korso se pose la même question : Bouteflika joue-t-il avec la mémoire? Il a même laissé à son successeur la même perpléxité. Le nouveau président de la Fondation 8 Mai 45, M. Kheireddine Boukherissa, dénonçant les propos du président de l’Assemblée populaire nationale (APN), Abdelaziz Ziari,à Paris, selon lesquels la repentance “n’est pas à l’ordre du jour”, s'était demandé : " M. Ziari était-il délégué par le président de la République pour tenir ce discours? Si oui, nous sommes en mesure de demander des explications au président de la République..." Mais, plus loin, ayant réfléchi : " M.Ziari persiste à dire qu’il a parlé en France au nom de l’Algérie officielle. Sur ce point, j’ai beaucoup de doutes. Je comprend bien que le président de l’APN ait reçu des orientations de la part de M.Abdelaziz Bouteflika avant son déplacement. Je ne pense pas qu’il lui ait demandé de reléguer la question de la repentance au dernier rang. Nous suivons les discours des uns et des autres. Nous ne pensons pas que le président de la République ait changé de position."
    L'avantage de la mémoire courte, c'est qu'il vous assure une belle carrière politique!
    Mais, Mohammed El Korso, en affirmant que " Bouteflika sera jugé par l'Histoire", veut dire : "La comedia e finita"

    L.M.

  • Mascara : des peines de 6 mois à un an de prison à l’encontre des émeutiers

     

     

     

    El Watan, 24 octobre 2012

     

    Le tribunal de Mascara a rendu, hier, son verdict dans le procès des 15 émeutiers.

     

    Des peines allant de 6 mois de prison avec sursis à un an de prison ferme ont été prononcées par tribunal à l’encontre de 10 jeunes émeutiers. Quatre personnes ont été condamnées à un an de prison ferme, deux à six mois de prison fermes et quatre autres à six mois de prison avec sursis. Les cinq derniers ont bénéficié d’un acquittement.

     

    Des militants du Comité national pour la défense des droits des chômeurs (CNDDC) étaient, hier, à Mascara. Ils sont venus de divers horizons, notamment de Ouargla, El Oued, El Bayadh, Oran, Tiaret, Oued R’hiou (Relizane) et de Maghnia (Tlemcen). L’objectif : apporter leur soutien aux présumés émeutiers écroués par le parquet de Mascara, jeudi 11 octobre, pour les chefs d’inculpation «attroupement illégal», «trouble à l’ordre public», «destruction de biens publics» ainsi que «coups et blessures volontaires contre des agents de l’Etat».

     

    En tout, a-t-on appris, ils sont une vingtaine de jeunes qui ont comparu devant le juge au tribunal de Mascara. Seules les personnes munies de convocation ont eu droit d’accès à la salle d’audience. Même les journalistes ont été interdits d’accès. «Ce sont les ordres !», nous répondra un policier.

     

    A l’intérieur du tribunal comme à l’extérieur, un important dispositif sécuritaire a été déployé. Sous les regards des policiers, les manifestants, dont des femmes, des hommes et des jeunes, encadrés par les membres du CNDDC, pendant toute la matinée, ont scandé des slogans hostiles au pouvoir. Certains brandissaient également des pancartes où on pouvait lire : «Le peuple réclame l’indépendance de la justice», «Non à la répression» et «Libérez les chômeurs», entre autres ont tenu à porter la photo du défunt Sahnoune Ahmed, décédé le 9 octobre 2012, lors de son interpellation par des policiers à Mascara. Dans l’après-midi, plus précisément à 15h, les manifestants, dont les membres du CNDDC, se sont dispersés dans le calme, sans incident.
    Abdelouahab Souag

  • La bêtise du génie ou le pari perdu des généraux.

     

    Mahmoud Hamana

     

    -Ailleurs , le génie permet de réaliser des prouesses à la hauteur de leurs auteurs et est toujours au service de la performance et du progrès de l’humanité toute entière et constitue le critère selon lequel est perçu le statut social de l’individu indépendamment de toutes autres considérations. Pour l’ algérien, son penchant inné pour tout ce qui va à contresens de la morale fait qu’il se prévale de tout ce qu’il croit susceptible de le rendre prédominant ,quitte à verser consciemment dans la médiocrité et la bêtise frisant souvent l’immoralité à la recherche de la distinction dans une manifestation ostentatoire typiquement algérienne, perdant ainsi de vue l’effet inverse de sa conduite et de son comportement pervers sur sa propre réputation en raison de l’impact de plusieurs décennies de propagande qui a terriblement agit sur son esprit ;perceptible à la faveur de son incapacité de se métamorphoser et d’avoir une conception de son devenir en osmose avec les bouleversements géostratégiques régionaux et internationaux.
    -Cet esprit est sciemment entretenu par la nomenklatura comme moyen d’aliénation, relayée par une classe politique non moins perfide et sournoise ,dans le dessein macabre de faire de la vassalité du citoyen un substitut à la citoyenneté qu’il perçoit de ce fait comme une fatalité ,et qu’ils veulent dénué de raisonnement et
    prédisposé à toutes formes d’embrigadement .
    -Le succès réalisé dans le maintien du citoyen non seulement en deçà des réalités politiques mais ne manifestant que peu d’intérêt à ce qu’on veut qu’il considère comme acte de
    civisme que de voir l’exercice de la politique comme une forme d’insubordination répréhensible prélude à l’insurrection est tel qu’il se trouve aujourd’hui à la croisée des chemins
    disputé entre ses aspirations de décider souverainement de son avenir et le sentiment de faillir ainsi à sa loyauté envers le pays, à l’idée que la libre pensée suscite à mettre en cause sa nature de citoyen authentique au regard de ses rapports avec le système et menacer en conséquence l’avenir politique de la mafia politico-militaire qui a beaucoup investi dans son isolement idéologique via un martelage médiatique impitoyable qui fit longtemps du système une force irrésistible et incontournable dans l’approche que fait le citoyen du processus de mutation vers la démocratie et de son émancipation en tant que credo de la légitimité.
    -Le constat de faillite qu’on peut faire de la gestion catastrophique du pays durant un demi-siècle renseigne sur les intentions de nos gouvernants qu’en voulant faire du citoyen un
    simple sujet ,ont perdu le contrôle de celui qui aurait pu être le plus sur de leurs alliés ,et fait que ces derniers se trouvent aujourd’hui pris dans leur propre piège et victimes de leurs propre stratégie ;en ce sens qu’ils sont enclins à composer avec un peuple de plus en plus sceptique, difficile à convaincre et qui redoute tout le monde y compris le système lui-même qui se trouve fustigé à longueur de journée et qui n’échappe pas au dénigrement et à la grogne de celui qu’ils croyaient définitivement acquis à leur cause. D’ou l’impasse dans laquelle ils se sont fourvoyés avec pour seule alternative, la multiplication des concessions en faveur des superpuissances en alternance avec les fausses promesses pour décongestionner un front social au bord de l’implosion ;sur fond de dilapidation des deniers publics pour l’achat de la paix sociale dont la gratification injustifiée, entre
    autres, des députés dans une tentative désespérée pour la récupération du terrain perdu corroborant ainsi les difficultés du système pour cacher son désarroi dont les vérités assénées par Sid Ahmed Ghozali et le général Yala en sont la parfaite illustration et également autant d’aveux de l’ampleur de leur implication dans les évènements ayant conduit au désastre national beaucoup plus qu’un appel se voulant réunificateur au regard des intentions non avouées de mettre,une nouvelle fois,à contribution l’attachement de l’algérien à son pays pour sauver le système d’un naufrage certain. Force est de constater que de telles voix,qui ne valent que si elles sont situées dans leur vrai contexte celui de
    1962 qui a mit le destin de la nation entre les mains des DAF, ne s’étaient jamais élevées pour dénoncer les massacres perpétrés par la police politique du régime mais mis à chaque fois sur le compte des groupes islamistes.
    -A cette sentence, nul n’échappe , pas même celui qu’on désigne sous le vocable fantaisiste « el mokh », en l’occurrence ,le général Touati qui s’est avéré être un mauvais stratège pour avoir à son actif la succession des malheurs qui se sont abattus sur le pays et l’ont conduit à l’impasse et qui se confine aujourd’hui dans un bureau à la présidence de la république sans doute convaincu qu’il n’est plus celui sur lequel on peut encore compter, en attendant de voir sur quoi vont déboucher les futurs évènements au sahel et ou il ne, peut prévenir la guerre qui devient de plus en plus imminente et aux conséquences imprévisibles sur l’avenir du régime dont il se fait le porte-parole. Etant lui à avoir tout
    manigancé , il endosse aujourd’hui seul la responsabilité des échecs de la politique éradicatrice qu’il a échafaudée s’estimant ,dans l’excès de folie du tout sécuritaire qu’il préchât , toujours capable de conjurer le jugement de l’histoire ,sans doute auréolé par la renommée sinistre de maitre des conspirations et des complots et sa réputation d’éminence grise de la nomenklatura et d’une classe politique mise au pas qui ne s’embarrasse nullement en se prostituant à l’occident au nom de la modernité et du rejet de l’obscurantisme religieux en s’érigeant obséquieusement en rempart contre l’intégrisme pour garantir la sécurité du flanc sud du vieux continent, et dont les ténors courtisent effrontément les grandes capitales à l’image de MEDELCI toujours en quête de la bénédiction du Quai d’ORSAY à qui il s’en remet et subordonne la conduite de la politique extérieure et aussi intérieur de
    l’Etat algérien aujourd’hui contraint de soutenir l’oncle SAM dans sa nouvelle croisée dans le sahel africain et s’inscrire ainsi en pion sur l’échiquier US ,fidèlement à son rôle de comparse agissant au gré des caprices occidentales dans une logique qui relève beaucoup plus de la vassalité que de la coopération et qui en dit long sur un système loin d’être au bout de ses turpitudes et qui a tendance à perdre son statut d’allié jadis privilégié dans la lutte antiterroriste et pouvant s’imposer aujourd’hui en tant que tel sur l’échiquier régional. Un rôle qu’ils ne peuvent pas contester sous peine de menaces des poursuites pénales qui pèsent sur eux comme l’épée de Damoclès. D’ou la procession interminable des concessions faites afin de ne pas tomber en disgrâce.
    -Un fiasco qui, conjugué au concept de junte militaire à la solde des grandes puissances ,confirme le pari piteusement perdu des généraux se voulant injustement ,à l’instar du chah d’Iran ,les gendarmes d’une certaine Afrique dans une approche qui rappelle l’histoire de la grenouille qui voulait se faire aussi gros qu’un bœuf ;à la différence cette fois qu’au lieu d’éclater ,ils ont terni la réputation de l’institution militaire dont ils relèvent tout comme ils ont bradé le pays sur l’autel de leurs privilèges sous l’impulsion de leur caractère inné de traitres à la nation, mis à l’index par une communauté internationale qui prend de plus en plus conscience de leur caractère scélérats sur lesquels pèsent les présomptions de culpabilité dans les massacres perpétrés contre leur propre peuple. Une responsabilité qu’ils ont réussi jusque-là à éluder et à escamoter mais qui resurgit avec force et dont le sentiment de culpabilité est perceptible à la faveur des restrictions que bon nombre de hauts responsables algériens se sont imposées quant à se rendre dans certaines capitales Européennes ou ils risqueraient de perdre leur immunité pour devenir de simples prévenus perdant ainsi l’appui d’une certaine Europe .
    -Si en Tunisie la rumeur ,encore non fondée ,de la présumée implication de l’ambassadeur de France en Tunisie dans le soutien à la grève des journalistes ;jugée comme étant une ingérence dans les affaires internes d’un pays souverain , a conduit à la saisine de ce dernier à qui a été notifiée la protestation du gouvernement tunisien à ce propos ,le fait qu’un ministre des affaires étrangères d’un pays qui se dit aussi souverain aille se faire auditionné par le parlement français aurait créé un scandale politique qui imposerait la démission du gouvernement si ce n’est la chute tout court de la république. Un message que non seulement il y a ,désormais, certaines limites à ne pas franchir, mais qu’une nouvelle Tunisie est née des vestiges du système aboli préconisant une nouvelle conception des rapports entre cette ancienne métropole et son colonisateur selon l’esprit et les impératifs du nouveau contexte induit par la révolution du jasmin.
    -Néanmoins, la justice divine ne se fait pas attendre: En réduisant le peuple à une plèbe, les généraux du cabinet noir ,en grande partie terrassés par les maladies ou emportés par la mort ,se sont faits ,malgré eux, les valets d’autrui. Une insulte que ne saurait accepter le plus bas gradé d’une armée qui se respecte .Drôles de généraux!!!Déjà de leur vivant, ils menèrent une vie de chiens, aux prises avec leurs fléaux, rejetés par ceux qu’ils sont sensés gouverner, humiliés et asservis par ceux là mêmes qu’ils présument être leurs égaux .Un mauvais présage pour ceux qui se prévalent de l’immunité que leur confèrent leur rang d’officiers supérieurs ,avant de répondre ,sans pompes et sans complaisance, de leurs
    forfaits devant la justice du tout puissant. Compromettant ainsi l’avenir des siens et de leurs progénitures livrées, à leur insu, au jugement de l’histoire comme étant indirectement responsables des préjudices subis par la nation et le pays du fait de leurs ascendants.

    Hammana Mahmoud,

    Retraité-Algérie

  • Le jeune Ghiles Hadjou exécuté par ses ravisseurs

     

    Enlevé jeudi dernier par des hommes armés près d’Azzefoun, à l’est de Tizi Ouzou, Ghiles Hadjou, 19 ans, a été exécuté par ses ravisseurs, a‑t‑on appris ce mercredi 24 octobre auprès de ses proches. La victime, fils d’un entrepreneur de la région, avait été kidnappée alors qu’elle se rendait de son village vers le chef‑lieu de la ville côtière d’Azzefoun. Son véhicule de type Peugeot Partner avait été retrouvé le lendemain non loin du lieu de l’enlèvement.

    Les ravisseurs n’ont pas formulé de demande de rançon. Les habitants du village du jeune Ghiles avaient organisé une marche pour exiger sa libération et effectué des recherches pour le retrouver.

    Imene Brahimi
    TSA 24/10/2012 19:20

  • Réponse du Dr SIDHOUM – Appel du général YALA

     

    Mon absence momentanée ne m’a pas permis de participer dès le début au débat suscité par l’appel de notre compatriote MT. Yala.

    Il est clair que le constat présenté par cet officier supérieur est celui de tout Algérien sincère et conscient de la grave situation nationale. Et ce constat a déjà été fait depuis des décennies bien avant l’accélération de la déliquescence sociale et de la faillite politique. A l’époque ceux qui osaient dénoncer cette triste réalité nationale, en dehors des discours ronflants des thuriféraires larbins de l’imposture totalitaire, étaient traités de réactionnaires, contre-révolutionnaires, quand ils n’étaient pas carrément étiquetés de fils de harkis.

    Il est encourageant de voir aujourd’hui d’ex-serviteurs du système, civils et militaires tenir le même discours que ces opposants « ennemis de la Révolution » et tirer les mêmes conclusions sur la nécessité impérieuse d’un changement radical du système.

    Il est clair aussi que la faillite de ce système honni est le résultat de 50 ans d’illégitimité du pouvoir (je dis bien 50 années). Un pouvoir pris par la force des armes, entretenu par les coups d’Etats, les intrigues et « légitimé » par des mascarades électorales à la Neagelen.

    J’aurais voulu connaitre le point de vue de Mr Yala sur le devenir de la sinistre police politique, dans l’Etat de Droit de demain auquel nous aspirons tous. Cette police politique, colonne vertébrale d’un régime illégitime, responsable par sa politique de terreur, de nombreux drames depuis 62 et qui continue à « gérer » sans partage tous les espaces de la vie publique, sociale et politique.

    Sinon sur le plan des propositions, il y a beaucoup de points de convergences avec d’autres initiatives dont celles du FCN (changement radical et pacifique, respect des valeurs civilisationnelles de la Nation, démocratie, droits de l’homme, alternance véritable, Constituante….). Mr Yala avance l’idée d’un « pacte national de citoyenneté » comme creuset à toutes les forces politiques réelles et comme base d’action pour le changement. Au FCN et bien avant avec l’Appel du 19 mars 2009, nous avons déjà proposé de nous entendre sur un « compromis politique historique ».

    Je crois que le moment est venu de fédérer sérieusement toutes ces volontés sincères, loin de tout calcul politicien et de visions idéologiques ou partisanes étroites, autour de ces principes et valeurs communes clairement énoncées qui constitueront le socle de notre pacte national ou compromis politique pour pouvoir lancer ce vaste et solide mouvement populaire pacifique du changement radical.

    Il est certain que ce mouvement fédérateur en vue d’une action bien définie qu’est le changement de système politique (et non un changement dans le système) ne doit en aucun cas être un assemblage de partis et autres associations hétéroclites mais un véritable front réunissant des volontés sincères et engagées sans exclusion ni exclusive, débarrassées de leurs oripeaux idéologiques stérilisants.

    En aucun cas, ce mouvement rassembleur ne doit être l’otage d’un quelconque esprit zaïmiste. Une direction collégiale doit piloter ce projet fédérateur.

    Il est important de rappeler aux adeptes du grenouillage boulitique le fait que nul n’a le monopole du changement, de la démocratie, de la religion ou de l’identité nationale. Le changement doit être l’œuvre de toutes et tous ceux qui sont engagés sur le terrain à SERVIR et à SAUVER l’Algérie de ce chaos programmé et non l’œuvre de prétentieux qui voudraient déjà se positionner pour une quelconque prise de pouvoir alors que le bateau Algérie risque de couler.

    Tout comme nous devons insister sur le fait que dans l’Etat de Droit de demain, auquel nous aspirons tous, aucune institution de l’Etat, quelle qu’elle soit, ne peut et ne doit se prévaloir d’être au-dessus de la souveraineté du peuple, seule source de légitimité.

    Sommes-nous capables d’avancer dans ce sens et de passer des multiples initiatives à une œuvre nationale unificatrice salvatrice qui nous permettra de passer d’un régime illégitime perdurant depuis 50 ans à un véritable Etat de Droit avec ses institutions stables démocratiquement élues ?
    La question reste posée.

    Amicalement.
    Salah-Eddine SIDHOUM.
    Alger 26 10 2012

  • Général Mohand Tahar Yala: Le changement ne peut être que radical

     

    Général Mohand Tahar Yala

    Général Mohand Tahar Yala. Membre du Collectif citoyen pour la réédification de la nation algérienne.

    Le général Mohand Tahar Yala, 65 ans, ancien patron des forces navales, compte lancer, avec d’autres cadres militaires et civils, un «mouvement national pour la citoyenneté». Une initiative qu’il prépare depuis trois ans afin de poser les jalons d’un «changement radical», selon ses déclarations. El Watan Week-end l’a rencontré pour plus de détails sur sa démarche et son analyse de la situation politique actuelle.

    Pourquoi prendre la parole* presque sept ans après votre retraite des rangs de l’ANP ? Et quelle est la part de l’ancien général et celle du citoyen dans votre démarche rendue publique ?

    Mon grade de général est l’aboutissement d’une carrière linéaire et de formations militaires qui m’ont permis d’acquérir le processus d’évaluation d’une situation donnée et de prise de décision dans un environnement aussi complexe et difficile que lors d’un conflit armé. Un général ne se contente pas de dresser un état des lieux, son esprit est formé pour chercher des solutions et pour agir en vue d’atteindre l’objectif final : le succès, la victoire. S’il réfléchit sans agir, c’est la défaite ! Mais le citoyen actif et patriote, pour sa part, existe avant le général et avant le militaire. Il est animé par l’amour de la patrie et est disposé à mettre toute son énergie pour contribuer à son apaisement, sa sécurité et son développement. Pourquoi ai-je attendu tout ce temps avant de parler ?

    Après la retraite, il m’a fallu des années de lectures, d’études, de recherches historiques et de contacts pour évaluer l’état des lieux et mesurer l’écart entre la situation du pays et ce que l’Algérie aurait pu devenir compte tenu de son magnifique potentiel. Et surtout, pour appréhender la solution politique et étudier sa faisabilité et son opportunité. J’en suis arrivé à la conclusion, que la citoyenneté est la seule idéologie pouvant faire de l’Algérie un pays puissant et prospère. Au début de ma retraite, je ne pouvais pas prendre la parole, tenu par mon devoir de réserve et parce que je n’avais pas encore de solution à proposer. Il est vrai qu’au cours de ma carrière, j’ai eu la chance de participer à plusieurs travaux de réflexion, de 1986 à 1992, à l’Institut des études de stratégie globale, qui m’ont permis, au contact d’éminents universitaires, d’élargir mon champ de vision sur les défis de notre nation, mais c’est surtout après mon départ à la retraite que j’ai beaucoup appris.

    -Quel a été l’élément déclencheur de votre prise de parole ?

    Plusieurs éléments, dès 2006, m’ont fait ressentir tout le mal que vivait mon pays : des jeunes candidats à l’émigration clandestine qui risquent leur vie dans des traversées périlleuses, au suicide d’une petite écolière parce que son père n’a pas les moyens de lui acheter les fournitures scolaires et préfère privilégier son jeune frère qui, lui, est un garçon ! A mes yeux, il ne s’agissait pas là de drames personnels ou familiaux, mais à chaque fois d’un drame national.

    -A partir de quel moment avez-vous senti que la situation du pays devenait périlleuse ?

    Il faut se placer dans un contexte régional et international. D’abord, il y a eu le morcellement du Soudan «un pays trop grand pour les Soudanais», selon certains états-majors politiques. Nous avons des raisons de croire que certains de nos «partenaires» pensent également que «l’Algérie est trop grande pour les Algériens» ! Ensuite, les révolutions arabes n’ont touché, comme par hasard, que des républiques (quid du Bahreïn et de l’Arabie Saoudite ?). J’ai alors fait le parallèle avec les révolutions dans les pays de l’ancien Pacte de Varsovie dans les années 1989-1990 et l’exemple de la Yougoslavie, un pays où on pensait avoir déjà fait sa propre révolution, et qui a fini morcelé après une terrible guerre civile. Tous ces éléments ont provoqué notre mobilisation intellectuelle dans le but de trouver et de proposer une solution pouvant éviter au pays un prix trop fort à payer.

    -Justement, pourriez-vous nous en apprendre plus sur le Collectif pour la réédification de la nation algérienne ? Ses objectifs à court et à moyen termes ?

    Le collectif est constitué d’un groupe de patriotes, anciens cadres de la société civile et de l’armée, et d’universitaires attentifs aux évolutions du contexte international, aux menaces qui guettent notre pays aussi bien de l’extérieur que de l’intérieur. Des menaces qui peuvent mettre en cause l’intégrité et l’unité de l’Algérie. C’est un ensemble d’Algériens qui savent qu’ils n’ont pas d’autre pays de rechange. Nous avons tissé des relations avec toutes les composantes du peuple et toutes les tendances dans le but de cerner le plus grand dénominateur commun applicable à un projet de société viable pouvant mettre le pays dans la voie de l’unité et du développement. C’est un collectif citoyen ouvert à tous, toutes générations confondues, en relation avec toutes les composantes de notre société. Notre objectif à court terme est, une fois le travail de base effectué, de lancer un mouvement national de citoyenneté. Nous visons la convergence de tous ces Algériens qui aspirent au meilleur sort pour leur pays. Nous ne nous engageons pas dans un agenda imposé, ni ne voulons entrer dans de faux débats ou de combats entropiques. Il y a suffisamment, malheureusement, de divisions créées entre Algériens.

    -Quel écho a eu votre appel pour une «démarche populaire pour un Etat de citoyenneté» au sein de vos anciens collègues du commandement militaire et au sein de la société civile ?

    Tous les échos qui nous sont parvenus ont été extrêmement favorables, de la part de mes anciens collègues, mais aussi de jeunes cadres. Souvent, on nous interpelle avec la même question : votre proposition est ce à quoi nous rêvons, mais comment y aboutir ?

    -Votre collectif appelle à un «changement radical». Voulez-vous nous préciser cette idée ? Quelles en seraient les étapes ? S’agit-il de changer une personne ou tout un système ?

    Il ne s’agit pas d’une seule personne. Mais de tout un système, bien sûr. Le changement ne peut être que radical parce que la situation actuelle est si lointaine des principes mêmes de la citoyenneté, qui reste un programme ambitieux pour le pays, échelonné sur des étapes. Un pays comme le Singapour – car il faut bien se nourrir des expériences des autres – était à genoux il y a cinquante ans, divisé avec des ethnies différentes et plusieurs religions. Mais il a su rebondir pour devenir un des pays les plus prospères du monde malgré l’absence de toute ressource naturelle, grâce à l’application du concept de citoyenneté comme contrat social. Alors pourquoi l’Algérie, avec son homogénéité ethnique et religieuse, avec ses formidables ressources humaines et naturelles, reste aussi dépendante de la désastreuse économie de la rente et aussi peu attrayante pour ses propres jeunes qui préfèrent partir ailleurs, parfois au péril de leur vie ? Pourtant avec sa position géographique centrale, ses ressources et son histoire, l’Algérie peut constituer une véritable locomotive de la région nord-africaine. C’est là notre ambition en tant qu’Algériens.

    -Vous axez votre initiative d’une «IIe République» sur le concept de «citoyenneté» : concrètement, comment voyez-vous se réaliser ce concept qui reste assez vague ?

    Le concept de citoyenneté est une véritable révolution. C’est d’abord un lien juridique commun entre les citoyens, dans une parfaite égalité des droits et des devoirs, basé sur la sauvegarde de la cohésion sociale et nationale. Même notre histoire et notre culture nous aiguillent vers des modèles de citoyenneté adoptés par nos aïeux pour éviter les dissensions et pour promouvoir le vivre ensemble qui construit une société forte, un Etat fort par l’adhésion volontaire de ses citoyens. La citoyenneté se décline en deux principes : la civilité et le civisme. La civilité, c’est d’abord le respect de la dignité de tous les citoyens à tous les échelons. Du simple citoyen, au général et au juge. Tous doivent respecter la dignité du citoyen. Ensuite, il y a le respect de l’espace et du bien public (nous devons en finir avec la mentalité du baylek) et enfin et surtout, le respect du drapeau !

    Quant au civisme, il s’agit du respect de la loi et des règles, une certaine idée de la solidarité déjà très ancrée dans notre société, et la liberté, la liberté des individus dans le respect de la liberté des autres citoyens. Nous souhaitons d’abord établir un pacte de la citoyenneté qui fixe les valeurs pérennes et les grands principes de l’identité algérienne. Un pacte enrichi grâce à l’apport de toutes les composantes de la nation algérienne et qu’il faudra faire voter par le peuple souverain pour le rendre immuable. Il faudra, en parallèle, peut-être envisager de dissoudre les partis actuels et réorganiser le paysage politique sur la base du dénominateur commun qui garantit l’intégrité de la nation et sa puissance. Il y aura d’autres mécanismes à mettre en place, qui seront précisés ultérieurement. Notre objectif est un Etat fort et des contre-pouvoirs aussi forts, un vrai système judiciaire qui ne méprise pas le citoyen et des médias réellement investis du quatrième pouvoir. Il faudra aller vers une Constituante, pour élaborer un texte rassembleur et ambitieux, fondateur de la deuxième République.

    -Comment voudriez-vous «engager toutes les forces dans les meilleurs délais» pour ce projet de «réédification nationale» ? N’est-ce pas trop tard maintenant que la machine électorale (dont vous dénoncez le côté mercantiliste) a démarré ?

    Le plus tôt, dans le processus de construction de la citoyenneté, serait le mieux ! Parce que nos ambitions sont très grandes pour notre pays. Mais il n’est jamais trop tard ! Nous nous mobilisons sans limite dans le temps. Il faut au plus vite nous inscrire, en tant que nation, dans une véritable dynamique de développement et d’apaisement, pour notre propre bien et pour celui de nos voisins. On ne veut pas, je le répète, subir un agenda imposé par les législatives, parce qu’on se retrouvera ainsi dans les mêmes éléments de langage répétés tous les cinq ans. On ne s’inscrit que dans l’agenda d’une Algérie puissante et qui donne toute la place à tous les Algériens.

    -Vous évoquez une «intelligence satanique» qui a encouragé «la médiocrité» dans plusieurs instances de l’Etat ? Peut-on identifier cette entité ?

    Certains ont pensé à une personne bien identifiée. Mais le fait est que cette entité n’est pas conjoncturelle, elle émane de l’alliance que j’ai dénoncée : une alliance entre l’opportunisme et la médiocrité à tous les échelons.

    -L’Algérie semble, selon vous, à un carrefour décisif de son histoire : défis internes, mais surtout externes (Printemps arabe, vague islamiste, déstabilisation du Sahel et convoitises énergétiques, notamment). Quels seraient concrètement les risques qu’encourt le pays dans l’actuelle conjoncture régionale et mondiale ?

    Autour de la région du Hoggar, riche en matières premières, nous avons l’impression que des forces veulent vider cette zone stratégique pour nous imposer des solutions à nos dépens ! L’Algérie ne peut rester muette avec ce qui se passe à nos frontières sud. Notre pays doit avoir une réaction vigoureuse. Déjà, lors de la crise libyenne, Alger aurait dû s’imposer dès les premières manifestations armées à Benghazi comme un acteur important, qui pouvait parler à toutes les parties grâce à son capital diplomatique et symbolique, s’imposer comme une puissance régionale et pas regarder passivement se dérouler les événements. Avoir une position d’un pays fort, qui peut servir d’intermédiaire régional ou, si les belligérants outrepassent leurs engagements, imposer sa force. C’est ce qu’on doit faire au Mali avec les derniers dangereux développements. Ou nous sommes offensifs ou nous sommes perdants !

    * «Manifeste national pour la IIe République, une démarche populaire pour un Etat de citoyenneté», contribution publiée dans El Watan le 21 mars dernier.

    Bio express :

    Né en 1947, Mohand Tahar Yala obtient son bac mathématiques en 1966 avec une mention qui lui permet d’être retenu pour des études en France en mathématiques supérieures et en mathématiques spéciales. Il rejoindra la marine nationale en 1968 et suivra en parallèle une formation à l’Ecole navale de Brest (France) de 1968 à 1971. Après une formation d’état-major naval en Yougoslavie (1983-1984) et une formation en Egypte (1993-1994), le futur général Yala prend le commandement de la façade Est entre 1994 et 2000 (à Jijel) avant de prendre le commandement des forces navales entre 2002 et 2005, date de son départ à la retraite.

    Adlène Meddi
    EW 05 04 2012

  • près l’immobilier et l’import-import le marché automobile, nouveau filon pour le blanchiment d’argent…

     

    El Watan 15/10/2012
    Safia Berkouk

    Ni la suppression du crédit à la consommation, ni la hausse des prix des véhicules, ni même les délais de livraison qui dépassent parfois ceux prévus par la loi, n’ont pu empêcher la croissance effrénée du parc automobile en Algérie qui a gagné plus de 10% entre 2010 et le premier semestre 2012.

    Les achats de véhicules se font encore largement en cash et à défaut d’une obligation du paiement par chèque, c’est la porte ouverte à toutes les pratiques spéculatives ou frauduleuses. Du temps où le crédit à la consommation était encore admis, la traçabilité était assurée puisque le versement des mensualités par les acquéreurs de véhicules neufs se faisait via le circuit postal. La suppression du crédit à la consommation n’a toutefois pas freiné la vente de véhicules neufs et la culture du cash étant largement répandue en Algérie (80% des transactions commerciales se font en espèces), les importations effectuées par la concessionnaires ont même continué à augmenter.

    Le PDG d’Elsecom affirmait récemment dans la presse nationale que le concessionnaire n’encaisse pas en liquide plus de 10% du montant du véhicule qu’il vend aux clients. Pour le reste, ce dernier est prié de verser la somme sur l’un des comptes bancaires de la société. La précision n’est pas anodine, quand on connaît les informations circulant sur le blanchiment d’argent par le biais du secteur, à l’image de ce qui se fait dans l’immobilier. L’automobile est devenue un bon filon pour non seulement blanchir de l’argent, mais aussi pour spéculer et engranger quelques bénéfices.

    Des particuliers qui rentrent dans les espaces commerciaux des concessionnaires avec des sacs remplis d’argent et qui ressortent avec une commande de plusieurs véhicules de marque prestigieuse sont un exemple sur ce qui se pratique au grand jour.
    Au niveau du showroom d’un concessionnaire d’une marque européenne, un client se présente avec un montant de plusieurs milliards de centimes en espèces et repart avec une grosse commande. Selon un agent commercial sur place, «il s’agit d’un client». En d’autre termes, «c’est un habitué», et pourtant «il n’a ni entreprise, ni agence de location de voitures et n’est pas non plus un revendeur».

    Certes, une facture est établie en bonne et due forme, mais le paiement s’effectue tout de même en espèces. Se pose alors le problème pour le concessionnaire de faire rentrer cet argent dans le circuit bancaire. «Quand le montant est trop important, il est encaissé par le concessionnaire, ensuite un chèque au nom du client est déposé au niveau de la banque de la société, la facture faisant foi de la transaction», explique un responsable commercial d’un concessionnaire automobile.

    Grosses cylindrées, gros trafic !

    Pour le représentant d’un autre concessionnaire, «généralement, ceux qui veulent blanchir de l’argent dans l’automobile le font davantage dans les grosses cylindrées». Toutefois, cela ne concerne pas uniquement les concessionnaires, mais également les importateurs agréés qui font dans le multimarque.
    «Le plus gros des trafics se fait dans les grosses cylindrées de type 4×4, car c’est là qu’il y a le plus d’argent. Les véhicules se vendent à coups de milliards de centimes. Et pourtant, au niveau de ces revendeurs, une voiture exposée le matin est liquidée avant la fin de la journée», témoigne un commercial au niveau d’un concessionnaire automobile. Pointés du doigt, les concessionnaires se défendent et à leur décharge on peut citer la pratique généralisée du cash en Algérie, le souci de rentabilité comme toute entreprise commerciale et l’absence d’une obligation réglementaire relative au payement par chèque (bien que la loi existe).

    «Si demain il y a une note qui interdit les transactions en cash, les choses changeront, mais de toute manière au niveau des concessionnaires on encourage davantage le chèque, surtout pour les véhicules les plus chers, même si au final le client fait ce qu’il veut, car on ne peut pas le contraindre», explique une source de l’Association des concessionnaires algériens d’automobiles (AC2A).
    Parades !

    Mais le problème ne concerne pas uniquement le cash, car une partie du marché des véhicules neufs s’est déplacée aujourd’hui en-dehors du circuit officiel des concessionnaires. Des véhicules neufs sont frappés d’un écriteau «A vendre», alors que leur matricule est encore  «00» et des annonces pour la vente de plusieurs véhicules avec carte jaune et un numéro de téléphone renvoyant à une seule et même personne sont publiés dans les journaux ou sur des sites web commerciaux. Il est devenu plus facile d’acquérir un véhicule neuf au marché noir que dans le réseau des distributeurs officiels, où souvent les délais de livraison dépassent largement les 45 jours réglementaires. Le problème est tel que certains consommateurs mécontents d’attendre la réception de leur véhicule n’hésitent pas accuser les concessionnaires «qui préféreraient liquider leur stock en vendant à quelqu’un qui a de grosses liquidités», dit-on. Faux, rétorquent ces derniers.

    «Le concessionnaire ne peut pas faire exprès de provoquer des ruptures de stocks. C’est mauvais pour eux, car c’est une perte de parts de marché et il est très difficile de se repositionner par la suite pour une marque donnée», affirme le responsable commercial au niveau d’un concessionnaire.  Une source à l’AC2A abonde dans le même sens : «Les concessionnaires ne peuvent en aucun cas être complices, car cela tue leurs réseaux dans la mesure où les acheteurs potentiels préféreraient s’approvisionner hors de ce circuit étant donné qu’il y a un problème de disponibilité». Pourtant, la pratique existe bel et bien et aucune loi ne l’interdit. Mais, pour en limiter la propagation, «une note a été élaborée il y a environ une année au niveau de l’AC2A en direction de ses adhérents, les appelant à ne pas vendre plus d’un véhicule à un client», nous dit la même source.

    Certains concessionnaires «ont même licencié certains de leurs agents commerciaux accusés de connivence avec les clients», précise-t-on encore. Toutefois, déplore-t-on «les gens trouvent des parades puisqu’ils contournent cette mesure en utilisant des personnes de leur famille ou de leur entourage». Ils trouvent également des astuces pour revendre des véhicules dont la carte grise n’a pas encore été délivrée, ce qui est théoriquement interdit. «Pour 4000 à 5000 dinars, certains notaires établissent des procurations à travers lesquelles les propriétaires de véhicule neuf cèdent à l’acheteur le droit de disposer de leur véhicule, en attendant que la carte grise soit prête. Il peut même lui céder le droit de récupérer cette dernière à sa place et encaisse en contrepartie le montant de la vente avec une plus-value évidemment», explique-t-on dans le milieu notarial.

    En attendant, la levée de la suspension sur la mesure instaurant comme obligation le paiement des transactions par chèque à partir de 500 000 DA, le blanchiment d’argent a encore de beaux jours devant lui.

    La loi non appliquée

    Dans le cadre de la lutte contre le blanchiment d’argent, un décret exécutif (10-181 du 13 juillet 2010 fixant le seuil applicable aux opérations de paiement devant être effectuées par les moyens de paiement à travers les circuits bancaires et financiers) qui fixe à plus de 500 000 DA, la somme à partir de laquelle toutes les opérations de paiement doivent se faire par chèque, virement, carte de paiement, prélèvement, lettre de change, billet à ordre et tout autre moyen de paiement scriptural.

    L’obligation devait entrer en vigueur le 31 mars 2011, mais son application a été reportée à une date inconnue dans la foulée des émeutes de janvier de la même année. Le ministre du Commerce,  Mustapha Benbada, avait fait savoir récemment que cette mesure «n’a pas été abandonnée», mais «différée pour mieux préparer le terrain». Il avait précisé que l’application de cette décision a été reportée «sur orientation du président de la République pour préparer l’opération».

    Safia Berkouk