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  • Un petit tour et (elles) s'en vont !

     

    Par Maâmar Farah
    Va dire à la femme de ménage qui essaye depuis l'aurore de mettre un peu d'ordre dans cette salle des fêtes transformée en bergerie et dans ce bureau sens dessus-dessous, elle qui s'est levée avec sa ménopause, sa laideur, son stress et son lombago, va lui dire «bonne fête, madame !», toi, le ministre, la secrétaire d'Etat, le P-dg, le proviseur ou, simplement, le chef du personnel !
    Les prémices du printemps étaient bien là, l'amour aussi ; les roses ont surfé sur les vagues des «je t'aime !» et «je t'adore !», les chanteurs et les chanteuses ont bien chanté et les nuages se sont inclinés devant le roi soleil. Le 8 Mars peut retourner dans sa crypte, froide et triste ; les ouvriers du château ont fermé la lourde porte et le chef du protocole a apposé un scellé inviolable ! Retournez à vos misères, à vos maigres pensions de divorcées répudiées, à vos petits droits, à votre rôle de mineure... Retournez à votre statut d'être inférieur. Le 8 Mars 2014, le chef du protocole sera au rendez-vous pour ouvrir la porte de la fête. Mais le soleil, sera-t-il au rendez-vous ?
    maamarfarah20@yahoo.fr
    «Hier, j'ai dansé et chanté et j'ai même jeté un gobelet de café sur le chignon de Sihem Lavabo. Et ce n'est pas fini, moi, les nanas qui veulent occuper la deuxième page de mon livret de famille, je les maquille à ma manière... J'ouvrirais même un institut d'inesthétique !»
    (Tata Aldjia)

  • no moment

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  • no moment

    DILEM DU 09 MARS 2013

  • Avec un aussi beau sourire

    c’est tout de même pas la mer à boire !

    Par Hakim Laâlam Email : hlaalam@gmail.com

     

    Farid Bedjaoui aurait investi une partie de sa fortune dans des vignobles. Finalement, au fond, ça doit être… … un bon gars ! Je ne le connais pas personnellement. Mais de prime abord, je lui trouve une tête plutôt sympa sur les photos diffusées par la presse. Par exemple, lui sourit. Vous prenez d’autres ministres, d’autres responsables du pays, ils font la gueule tout le temps. Pour ne citer que Ziari. Là, j’ai sous les yeux un cliché illustrant un papier sur sa candidature à la succession de Belkhadem à la tête du FLN, eh bien le gars tire la tronche. M’enfin ! Tu es candidat, c’est une bonne nouvelle, souris au moins ! Mais bon, le sujet, ce n’est pas la tête à Ziari mais plutôt celle du ministre de la Pêche et des Ressources halieutiques, Sid-Ahmed Ferroukhi. Réellement, il a la bobine du mec franc du collier. Tu irais taquiner le gardon en sa compagnie sans aucun problème. Sauf qu’il n’y a pas de rivière à gardons en Algérie. Par contre, il y a de la sardine ! Et hier vendredi, sur un marché de l’Algérois, un marché à proximité de la mer, à quelques mètres seulement pour tout vous dire de la mer et d’un port de pêche, j’ai acheté de la sardine à 400 dinars le kilo. Pourquoi je vous raconte mes courses à écailles ? D’abord, parce que c’est tout de même 400 dinars pour une poignée de sardines vachement malheureuses et flétries au fond du sachet dans lequel elles m’ont été servies. Ensuite, il se trouve que j’aime la sardine. Oui ! J’adore la sardine. Et un ami, sachant cela, me racontait hier toujours, vendredi — une journée durant laquelle la sardine est décidément au centre de ma vie — qu’il était en mission de travail en Tunisie, la semaine d’avant. Et là, en Tunisie, plus précisément dans la région de Mahdia, il a acheté de la sardine à un dinar tunisien le kilo. Un dinar tunisien, c’est l’équivalent de 50 dinars algériens. Cet ami a tenu à me préciser, par ailleurs, que tous les autres produits de large consommation ont flambé de prix en Tunisie, depuis notamment les événements, mais la sardine, elle, est restée bon marché. Alors voilà ! J’en viens à notre nouveau ministre de la pêche et du poisson. A un visage aussi avenant, aussi souriant et ouvert, je n’ai qu’une question à poser : peut-on un instant laisser de côté le discours savant sur la protection de nos ressources halieutiques, l’injection de nouvelles capacités techniques et matérielles de pêche, l’encouragement tous azimuts des jeunes entreprises d’élevage et autres beaux projets qui sentent la crevette royale tous les midis sur nos tables, et exiger ceci de tout bon ministre efficace et souriant : de la sardine à 50 dinars régulièrement, ou presque. Juste cela, loin du blabla et des théories… vaseuses. C’est un challenge pour un ministre. Venir à la rescousse des petites bourses et enfin redonner un sens à l’expression, hélas aujourd’hui incompréhensible, «sardine = viande du pauvre». Un ministre comme le nôtre, avec un aussi beau sourire, doit pouvoir relever ce genre de défis. Sinon, c’est moi qui finirais par tirer une tête à la Ziari ! Tout en fumant du thé pour rester éveillé à ce cauchemar qui continue. H. L.

  • Traitement de l’affaire Sonatrach, la cadence s’accélère

    DES COMMISSIONS ROGATOIRES TRANSMISES AUX JUSTICES SUISSE, ITALIENNE ET ÉMIRATIE

    Le procureur général de la cour d’Alger a rendu public, jeudi, un communiqué dans lequel il annonce une accélération de la «cadence» dans le traitement de l’affaire Sonatrach 2. Belkacem Zeghmati a précisé que le magistrat instructeur algérien avait transmis des commissions rogatoires aux juridictions italienne, suisse et émiratie.


    Tarek Hafid - Alger (Le Soir) - C’est la seconde fois en l’espace de quelques semaines que le procureur de la cour d’Alger intervient publiquement sur l’affaire Sonatrach. Une action de communication qui, semble-t-il, vise à «rassurer» l’opinion publique quant à la détermination de l’appareil judiciaire algérien à traiter cette affaire. «L’information judiciaire connaîtra, sans nul doute, une cadence accélérée dès réception des résultats des commissions rogatoires internationales par le juge d'instruction et la convocation ou l'émission de mandats de justice à l'encontre de toute personne impliquée sera requise», indique Belkacem Zeghmati dans un communiqué officiel transmis à l’APS. Les commissions rogatoires auxquelles il est fait référence ont été transmises aux justices suisse, italienne et émiratie. «Le juge d'instruction a eu à décerner plusieurs commissions rogatoires internationales à destination des autorités judiciaires suisses, italiennes et émiraties.» L’Italie semble être une priorité. C’est le pays où le scandale Saipem a éclaté suite à une enquête concernant une série de pots-de-vin accordés à des responsables algériens en contrepartie de marchés dans le secteur des hydrocarbures. Outre les dirigeants de Saipem et du groupe ENI, le tribunal de Milan a confirmé l’implication de l’ancien ministre de l’Energie Chakib Khelil ainsi que Farid Bédjaoui, neveu de l’ex-ministre des Affaires étrangères Mohamed Bédjaoui. «Le juge d'instruction a sollicité l'accord des autorités judiciaires italiennes en vue de se déplacer personnellement à Milan (Italie) dans le but de rencontrer ses collègues italiens en charge du dossier ouvert à leur niveau pour des faits similaires», note à ce sujet Zeghmati.
    Bédjaoui à la loupe
    Pour ce qui est des justices suisse et émiratie, les commissions rogatoires devraient être axées sur Farid Bédjaoui. En Suisse d’abord où son nom est cité depuis 2010 dans un autre scandale : l’affaire Ryadh Benaïssa. Ancien vice-président du groupe canadien SNC Lavalin, il est actuellement en détention préventive en Suisse pour escroquerie, corruption et blanchiment d’argent. Les enquêteurs ont découvert des virements bancaires effectués par le groupe canadien en faveur de Farid Bédjaoui. Mais l’essentiel des informations concernant cet individu se trouvent aux Emirats arabes unis, à Dubaï précisément. C’est dans cet émirat que Farid Bédjaoui a concentré la quasi-totalité de ses activités. Rayan Asset Management, une entité affiliée au fonds d’investissement américain Russell Investments, est la pièce maîtresse de l’empire qu’il a bâti grâce à l’argent public de l’Etat algérien. Selon certaines sources, les autorités de cet émirat connaissent parfaitement le profil et les activités de ce businessman qui vit avec son épouse et ses six enfants dans une grande propriété à Emerites Hills. Reste à savoir si les Emiratis se montreront disposés à collaborer avec la justice algérienne.
    Conventions
    Théoriquement, l’échange d’informations ne devrait pas poser de problème puisque l’Algérie est signataire de conventions judiciaires avec les Emirats arabes unis, tout comme l’Italie et la Suisse. Signé en juin 2006, l’accord avec la Confédération suisse prévoit l’octroi de l’entraide judiciaire pénale dans toute enquête ou procédure visant des infractions. Les conventions avec l’Italie et les Emirats sont encore plus larges. Outre les procédures d’échanges d’informations dans le cadre de commissions rogatoires, l’Etat requérant a la possibilité d’introduire une demande d’extradition. Une procédure qui pourrait être appliquée dans le cas de Farid Bédjaoui. Dans le cadre des procédures d’échanges d’informations, le processus inverse a déjà débuté puisque dans son communiqué, le procureur général de la cour d’Alger indique clairement que la justice algérienne a été destinataire de commissions rogatoires en provenance «de ses homologues étrangères». Pour les faits qui se sont déroulés au Canada — notamment les marchés accordés au groupe SNC Lavalin — la justice algérienne risque d’être confrontée à un véritable blocage puisque les deux pays ne sont pas liés par une convention.
    L’énigme Khelil
    Que va faire la justice algérienne dans le cas de Chakib Khelil ? Dans le communiqué du procureur général de la cour d’Alger, il n’est pas fait référence à la justice des Etats-Unis d’Amérique, pays où résiderait l’ancien ministre de l’Energie et des Mines. Pourtant, les Etats-Unis et l’Algérie sont liés depuis juin 2011 par un Traité d’entraide judiciaire en matière pénale qui, dans le cadre de cette affaire, offre des mesures pratiques au magistrat instructeur algérien. Le traité permet en outre «l’exécution des demandes de perquisition et de saisie, l’assistance, l’identification, la localisation, le gel, la confiscation et le recouvrement des produits ou instruments du crime». Il est évident que dans un dossier aussi sensible, les magistrats risquent d’être confrontés à des contraintes d’ordre «politique ». D’où la précision de Belkacem Zeghmati : «Si, certes, l'identité des personnalités algériennes, ministre ou cadres de la Sonatrach, visées dans cette affaire, a été clairement portée à la connaissance de l'opinion publique par les organes d'information nationaux et étrangers, la loi algérienne n'autorise pas l'autorité judiciaire à le faire avant leur inculpation officielle.»
    T. H.

  • Ce que risque Chakib Khelil


    En se référant à la loi 06/01 sur la corruption, Chakib Khelil et consorts risquent gros dans l’affaire Sonatrach. Selon l'article 27 relatif aux marchés publics, il peut écoper d'une peine allant jusqu'à 20 ans de prison.


    En touchant à la mamelle des Algériens, il a porté un très grave préjudice, qui est à la fois financier, éthique, moral et de souveraineté sans oublier qu’en favorisant des sociétés étrangères dans l’octroi de contrats à coups de pots-de-vin, il n’a pas veillé aux intérêts du pays, alors que son poste de responsabilité exige qu’il les protège. Dans cette affaire, l’engagement de l’Etat, à sa tête le président Bouteflika en sa qualité de premier magistrat du pays, doit être prompt et tranchant pour permettre à la machine judiciaire de se mettre réellement en marche, loin des pressions et des injonctions. En l’absence d’informations sur l’enquête en Algérie qui a été ouverte suite aux révélations sur les pots-de-vin impliquant l’ancien ministre de l’Energie et le neveu de l’ancien ministre des Affaires étrangères par les Italiens et les Canadiens, dans le sillage d’un coup de balai dans la fourmilière auquel ils ont procédé au sein de leurs entreprises et les spéculations qui ont suivi, nous avons sollicité deux spécialistes en droit pour nous éclairer. Le Dr Bousmaha Nacerddine est spécialiste en droit public et auteur d’une thèse de doctorat sur «les crimes des chefs d’Etat». Il nous dit que «la promulgation de la loi 06/01 relative à la prévention et la lutte contre la corruption en 2006 n’est pas venue à l’initiative du gouvernement. Elle entre dans le cadre des obligations internationales». Il faut signaler que l’Algérie a ratifié en 2005 la convention des Nations-Unies de lutte contre la corruption. La loi algérienne, qui complète le code pénal, comprend deux volets : la corruption dans le secteur privé et la corruption dans secteur public. C’est ce dernier volet qui nous intéresse. Il comprend toutes les institutions, les administrations, les entreprises et les entreprises économiques. Nous distinguons au moins 12 infractions qui concernent la corruption. Nous citerons les pots-de-vin, les cadeaux et avantages, la dilapidation des deniers publics, les abattements de taxes et impôts illégaux sur la base de fausses déclarations, la nondéclaration du patrimoine. Mais à ce stade préliminaire de l’enquête, nous n’avons pas suffisamment d’informations, sauf ce qui est révélé par la presse. Selon les recoupements, dans l’affaire Sonatrach, il existe tout un réseau international spécialisé dans le blanchiment d’argent. Autant dire que c’est un nid de guêpes. Mais ce qu’il faut retenir, c’est que la loi est très stricte et si elle est appliquée, voire s’il y a une réelle volonté politique, il n’échappera pas facilement à une peine privative de liberté. Il devra par ailleurs restituer les biens mal acquis. Le ministre Khelil ne signe pas les contrats, c’est le P-dg de Sonatrach qui en a la charge mais cela ne l’absout pas. Dans son cas, la loi le définit comme un agent public et voilà ce que dit l’article 2 de la loi 01/06 : «Un agent public est toute personne qui détient un mandat législatif, exécutif, administratif ou judiciaire ou au niveau d’une assemblée populaire locale élue, à titre permanent ou temporaire, qu’elle soit rémunérée ou non ou quel que soit son niveau hiérarchique ou son ancienneté. Toute personne investie d’un mandat même temporaire rémunéré ou non et concourt à ce titre au service d’un organisme public ou d’une entreprise publique ou de toute autre entreprise dans laquelle l’Etat détient tout ou une partie de son capital ou toute autre entreprise qui assure un service public.» Quelle peine encourt, au regard de la loi, Chakib Khelil ? interrogeons-nous. «Selon la loi, souligne le Dr Bousmaha, il peut être poursuivi pour usurpation de fonction, trafic d’influence, pots-de-vin, réception de cadeaux et avantages, mauvaise gestion, non-déclaration de patrimoine et ainsi de suite, selon les conclusions de l’enquête. Il faut signaler que dans le droit, il y a quatre catégories, les contraventions avec une peine maximum de moins de deux mois, les délits avec des peines entre 2 mois et 5 ans plus des amendes parfois, la plus grave est le crime. Les peines concernant les crimes, selon leur gravité, peuvent aller de 5 à vingt ans d’emprisonnement, de la perpétuité ou la condamnation à mort». Dans la précédente loi, la corruption était considérée comme un crime mais l’actuelle la définit comme un délit car la procédure est plus rapide et l’accusé peut faire appel. Le délit peut aller jusqu’à 10 ans de prison en plus d’une amende entre 200 000 DA et 1 000 000 DA. Ce revirement est dû à la controverse engendrée par la campagne «mains blanches» du temps d’Ouyahia, qui a vu des cadres injustement incriminés pour mauvaise gestion. On a décidé de faire marche arrière mais la mauvaise gestion est punie par le code du commerce dans ses articles 800 jusqu’à 806, la loi 06/01, a suspendu ce délit. Certaines voix appellent à le réintégrer parce qu’elles pensent que si on ne peut pas épingler les hauts responsables pour corruption, on peut les condamner pour mauvaise gestion. Dans l’affaire de Sonatrach, Chakib Khelil est concerné par l’article 27 relatif aux marchés publics qui stipule que «est puni d’un emprisonnement de 10 ans à 20 ans et d’une amende de 1 million à 2 millions de dinars, tout agent public qui a, à l’occasion de la préparation, de la négociation, de la conclusion ou de l’exécution d’un marché, d’un contrat ou avenant, conclu au nom de l’Etat ou des collectivités locales ou des établissements publics à caractère administratif, ou des établissements publics à caractère industriel ou commercial ou des entreprises publiques économiques, perçoit ou tente de percevoir directement ou indirectement à son profit ou au profit d’un tiers une rémunération ou un avantage quelle que soit la nature». Cet article est très clair : les avantages peuvent être des cadeaux, des voyages, des biens, etc.
    Chakib Khelil à la barre, est-ce possible ?
    Interrogé sur l’affaire Sonatrach et les appels visant son internationalisation, le Dr Mohamed Bousoltane, expert en droit international, nous donne son appréciation de la situation. Il y a deux aspects dans l’affaire Sonatrach : l’un est politique et déontologique et l’autre est financier. C’est un haut responsable représentant de l’Etat mais qui s’est servi dans le Trésor public en portant préjudice aux intérêts du pays. Le perdant dans ce dossier est l’Algérie et non l’Italie ou le Canada. Ces deux pays ne vont pas défendre les intérêts des Algériens, c’est aux Algériens eux-mêmes de le faire. Il peut y avoir une coopération et un échange de renseignements mais l’affaire Sonatrach relève de la justice algérienne et non des instances internationales. Il faut que les choses soient claires. Récemment, Chakib Khelil a été aperçu à Oran. Il a donc pu entrer et sortir du pays sans difficulté. La question que tout le monde se pose, après toutes ces révélation, est celle de savoir pourquoi il n’a pas été appréhendé. Ce fait nous laisse perplexes. Il ne semble pas être inquiété. Ce retard dans la prise en charge de cette grave affaire donne une longueur d’avance à l’ancien ministre indélicat afin de trouver des échappatoires. Il a aussi tout le temps nécessaire pour prendre ses dispositions et dissimuler les biens et l’argent qu’il a pris.» A la question de savoir si Chakib Khelil pourrait se prévaloir de sa nationalité américaine, notre interlocuteur nous répond par la positive : «Il pourra toujours se réfugier aux Etats-Unis et en tant que citoyen américain, ces derniers pourront toujours refuser de l’extrader.» Et de rappeler que «dans l’affaire Khalifa, les Britanniques ont refusé de l’extrader». Et de poursuivre : «Il faut savoir qu’il y a des conventions de partenariat sur les plans judiciaire et économique ratifiées entre les pays mais si le concerné se trouve dans un pays où ce genre de convention n’existe pas, il s’en tire à bon compte. Le droit international ne s’est pas bien développé dans ce domaine. Il y a une dizaine d’années, la corruption était perçue comme une opération de facilitation, les Italiens ont gagné des marchés en milliards mais c’est l’Algérie le grand perdant car c’est son économie qui en souffre. En Arabie saoudite, par exemple, le bakchich est toléré, il serait considéré comme une commission de courtier. Nous avons chez nous des textes très rigoureux que ce soit sur les plans pénal, commercial ou autre mais dans la réalité, on n’a jamais jugé quelqu’un qui soit si proche du pouvoir. Chakib Khelil peut toujours dire qu’il a commis quelques infractions dans l’intérêt du pays.» Notre interlocuteur continue son analyse : «Il y a aussi Farid Bedjaoui qui a joué un rôle d’intermédiaire. C’est un élément- clé dans toute cette affaire. En outre, les signataires des contrats sont les P-dg de Sonatrach, ils apparaîtront également dans l’image.» On a donc laissé filer Chakib Khelil ?, demandons-nous «Effectivement !» répond notre expert qui conclut que «dans cette affaire, le droit international ne peut pas opérer. Cela reste interne au pays. C’est une question de souveraineté et d’Etat de droit». L’affaire de Sonatrach est plus qu’un délit de corruption, c’est un crime perpétré contre le pays, le peuple, son Histoire, ses martyrs qui ont donné leur sang, leur vie pour que l’Algérie recouvre sa dignité mais pas pour qu’une bande de prédateurs dilapident ses richesses et la mettent à genoux. C’est aussi un crime contre les générations futures qui devront souffrir des séquelles des politiques énergétiques successives qui n’auront pas su préserver leurs moyens de subsistance en hypothéquant leur avenir. On parle déjà d’assèchement des puits de pétrole.
    Fatma Haouari

  • Débrayage national et sit-in des corps communs,

     


     ouvriers professionnels et adjoints d’éducation

    Le déroulement des compositions perturbé !

    Par : Malika Ben

    Certains établissements scolaires ont préféré reporter à une date ultérieure les compositions programmées initialement pour la journée d’hier.

    C’est dans des établissements scolaires vidés de la grande majorité de leurs personnels que se sont déroulées les compositions programmées pour la journée d’hier. Seuls les directeurs et les enseignants étaient présents à leur poste. La raison ? Le Syndicat national des travailleurs de l’éducation (SNTE) a, une fois de plus, mobilisé ses troupes pour réitérer son rejet pur et simple des modifications introduites dans le statut particulier des personnels spécifiques de l’éducation nationale. Deux coordinations représentant différents travailleurs du secteur ont décidé de lancer une action de protestation commune : grève et sit-in devant l’annexe du MEN. Il s’agit de la Coordination nationale des adjoints d’éducation nationale et de celle des corps communs, ouvriers professionnels et agents de sécurité affiliés au Snte.
    Tous ces personnels ont déserté leur poste de travail pour une journée de grève nationale perturbant ainsi le bon déroulement des compositions programmées pour la journée d’hier. L’administration étant paralysée, alors qu’en temps normal, la période des examens est celle où elle est le plus active, certains établissements scolaires ont décidé de reporter à une date ultérieure les compositions prévues initialement hier.
    Il faut préciser, à ce propos, que la grève de ces personnels paralyse bon nombre de prestations au niveau des écoles notamment les activités administratives, la sécurité, la restauration, le nettoiement… Des prestations assurées quotidiennement par des travailleurs qui se disent “avoir été lésés, méprisés et humiliés” lors de la révision du statut particulier. Ils exigent, par conséquent, “une réparation à la hauteur des injustices causées”.
    L’augmentation salariale de 10% accordée récemment par le Premier ministre aux corps communs, ouvriers professionnels et agents de sécurité n’a finalement pas apaisé les esprits. Bien au contraire ! La décision de Sellal a été tout simplement “dénoncée” par les concernés.
    “Elle ne répond point à nos revendications. C’est une manœuvre du gouvernement pour faire taire notre revendication pour une vie décente”. Une vie décente qui ne peut être garantie, selon la coordination du Snte, que par la réforme de la politique salariale, l’intégration de ces corps dans le secteur de l’éducation, la révision du décret relatif au statut et au régime indemnitaire de ces travailleurs… Pour ce qui est des revendications des adjoints d’éducation, elles ont trait notamment au classement à la catégorie 10, à la valorisation de l’expérience professionnelle des adjoints qui exerçaient dans l’enseignement, à la valorisation de tous les diplômes et paiement des indemnités d’encadrement des examens scolaires.
    La coordination hausse le ton et prévoit de revenir à la charge le 26 mars prochain et les 2 et 3 avril prochain au cas où la tutelle refuserait de satisfaire ces doléances.


    M B

  • La troisième guerre mondiale

     

     

    Par : Mustapha Hammouche

    L’Algérie a-t-elle une position sur la situation au Mali ? En tout cas, elle est difficile à cerner. Qui plus est, à travers les propos de Rezzag-Bara.
    Dans une récente conférence à l’École supérieure des sciences politiques, le conseiller à la Présidence affirmait que l’Algérie “accorde la priorité au règlement de la crise par les pays du champ” et “rejette toute ingérence étrangère dans les affaires internes des pays et privilégie la solution politique à la solution militaire” dans la crise malienne. On croirait écouter un discours rédigé avant le 11 janvier !
    Car, depuis, les forces françaises, tchadiennes et maliennes — ou ce qu’il en reste — conduisent une guerre soutenue contre les groupes islamistes présents au Mali, qu’elles ont repoussés dans leurs derniers retranchements et auxquels elles ont infligé des pertes significatives.
    La question de l’internationalisation, que Rezzag-Bara semble tant redouter, en ce qu’elle “ne sert pas la cohésion ethnique, sociale et économique des Maliens”, semble donc dépassée : c’est le pouvoir malien — illégitime, peut-être, mais cette question ne se pose pas en Afrique, l’UA n’ayant pas défini les critères de légitimité des régimes de ses pays membres — qui a appelé les forces régionales et étrangères à la rescousse ; la guerre est bien engagée, au vu de ses premiers bilans, il n’y a pas de regrets à avoir, et l’Algérie, en autorisant le survol de son territoire par l’aviation française, a admis l’utilité de cette intervention.
    En 2010, Rezzag-Bara nous rassurait en affirmant : “Les pays de la région ont la pleine capacité de maîtriser les réponses à donner à cette menace importante.” Et de déduire : “Nous rejetons absolument toute tentative d’ingérence.” Si le pouvoir malien avait attendu les initiatives des “pays du champ”, l’ordre islamiste régnerait aujourd’hui sur Bamako !
    À la fin juin 2012, Rezzag-Bara, présentant la stratégie nationale de lutte contre le terrorisme, soutenait que “la réconciliation nationale” avait permis d’“assurer le retour de la paix civile, restaurer la cohésion sociale et promouvoir le développement économique et social”, omettant toutefois d’évoquer l’attentat de Ouargla, commis, quelques jours avant, par des islamistes, et revendiqué par le Mujao… à partir du Mali.
    Cela fait une quinzaine d’années que l’Algérie éprouve “la solution politique”. Sans se départir des solutions “techniques”. S’il y avait “une solution politique” au terrorisme islamiste, on aurait été les premiers à le savoir. Quant à la question absurde de l’internationalisation de la lutte antiterroriste quand le terrorisme islamiste l’a lui-même résolue : lui n’en connaît pas les frontières.
    La souveraineté de pays sanctuaires, qu’ils soient pays sans État, comme le Yémen ou le… Mali, ou pays complices, comme le furent l’Iran et le Soudan, reste la meilleure protection pour les armées de terroristes. Les islamistes n’ont pas de limites stratégiques : leur objectif est la rédemption des États et sociétés musulmans dépravés et  la conversion ou soumission des peuples non musulmans égarés.
    L’on peut se réfugier derrière les faux-fuyants munichois de “la solution politique”, mais ce serait peine perdue : même si elle est disséminée dans l’espace et dans le temps, le terrorisme islamiste est bien engagé dans une — troisième — guerre mondiale.

     


    M. H.
    musthammouche@yahoo.fr

  • no moment

    DILEM DU 07 MARS 2013

     

  • Vous avez une question ?

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    Même si chacun le sait, c'est apparemment un secret bien gardé ; il n'y a que les dirigeants qui ne savent pas encore que le pays est mal dirigé. C'est probablement pour cette raison que le Premier ministre Sellal a promis que la réforme de la Constitution, écrite sans consultation populaire, sera approuvée par un référendum du même substrat populaire. La méthode reste la même, les décideurs décident, bien ou mal, puis dans un deuxième temps envisagent ou pas de demander l'avis de la population.

    Cette dernière ayant bien compris pourquoi elle est née, répond ou pas à son tour, bien ou mal à la question posée. Mais peut-on croire le Premier ministre, quand son premier bilan est très loin des premières promesses sur l'état du service public, sur l'économie parallèle ou le respect du droit ? Surtout quand on se rappelle que notre propre président Abdelaziz Bouteflika avait, lui aussi, promis de faire passer la réforme de la Constitution, qui lui a permis de briguer un troisième mandat par référendum populaire. Il ne l'a pas fait, a oublié ou s'est endormi sur une bouteille de gaz, se contentant de passer par les mains éternellement levées des députés et sénateurs, main levée que chacun a comparé à une situation de hold-up. Pourquoi le Premier ministre Sellal, nommé par le premier président Bouteflika, ferait-il ce que le second n'a pas fait ? Parce qu'il est plus sérieux, plus grand ou plus moustachu ? Comme personne n'habite à la Présidence, il faut utiliser la logique.

    Deux cas se présentent. Si le référendum limite les mandats présidentiels à deux, la population sera certainement d'accord, donc le référendum se fera. Si cette Constitution ne remet pas en question la présidence à vie, la population risque de ne pas être d'accord, et le référendum risque de ne pas avoir lieu. On a bien compris. Le régime ne pose jamais une question s'il ne connaît pas déjà sûrement
    la réponse.

     

    Chawki Amari