Il doit avoir près de 30 ou 40 ans et mesure entre 1,70 mètre et 1 ,80 mètre. Madjid Mendjich a été ainsi surnommé parce que le jour de son mariage, il n'est pas venu, sa femme étant déjà ailleurs, même si elle était présente à la cérémonie. D'ailleurs, Madjid Mendjich ne vient jamais, ne va nulle part, sauf une fois, à sa naissance, quand ses propres parents ont hésité, fallait-il faire un enfant de plus ? Madjid l'a compris plus tard, il est venu, pour la première fois, et c'était sa dernière hésitation. Madjid Mendjich n'est pas pour autant malheureux, il a un travail, relativement bien payé, un appartement, relativement bien conçu, et une femme, relativement bien élevée. Mais Madjid ne va plus nulle part, quand on l'invite à une soirée, un dîner, un petit-déjeuner ou un café, il répond simplement, mendjich, sans excuse ou alibi, ce qui a conforté son surnom. Mais si Madjid ne va nulle part, il a quand même une philosophie, vision de la vie pour attendre la mort, le seul endroit où il doit bien aller un jour ; Madjid sait que tout peut arriver dans la vie, il ne faut pas y aller mais attendre et laisser les choses venir d'elles-mêmes, si elles arrivent. Madjid ne va ni aux enterrements, ni aux fêtes, ni dans les bureaux de vote quand il est convoqué pour un renouvellement. Pire, quand il a obtenu son baccalauréat, Madjid n'est pas allé le chercher sachant qu'on peut travailler avec un salaire supérieur à celui d'un universitaire sans avoir le baccalauréat. Ses factures, Madjid ne va pas les payer, il a choisi le prélèvement automatique, ses amis, il ne va pas les voir, il attend simplement qu'ils viennent chez lui. Madjid, comme les autres, va sûrement être invité à signer la nouvelle Constitution, à laquelle il n'a pas participé. C'est sûr, Madjid n'ira pas. Madjid n'ira nulle part, car il sait qu'il est nulle part et que là où il est, c'est sûrement mieux qu'ailleurs. Chawki Amari
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no moment

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souvenir d'algerie

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Tartag houm
C'est ainsi, des noms apparaissent puis disparaissent peu après, au gré des événements qui se font et se défont par oubli collectif. La seule constance est dans cette infinie course-poursuite entre voleurs et policiers, qui dure depuis un million d'années. Depuis quelques mois, par contre, tout le monde ne parle que des voleurs, Sonatrach en l'occurrence, face visible de l'iceberg fondu dans l'eau de mer de la matrice. Mais depuis quelques jours, on parle des policiers, ces incorruptibles chargés de débusquer le méchant.
La justice étant sourde, aveugle et hémiplégique, c'est au DRS, organe extrasensoriel, qu'a été donnée la prérogative de mettre quelques kilogrammes d'honnêteté dans un monde de brutes, et plus particulièrement au général Tartag, grand pourfendeur de terroristes. Tartag va certainement tartguer tous les voleurs, mais si les officiers du DRS sont connus pour travailler avec d'étranges pseudos qui ressemblent à ceux du raï – cheb Toufik, cheb Tarik ou cheikh Smaïl – pour Bachir Tartag, on ne sait pas si c'est son vrai nom.
Sauf que si réforme de la Constitution il doit y avoir, elle devrait aussi se pencher sur le cas du DRS. Quels sont ses pouvoirs ? Doit-il remplacer la justice et faut-il lui retirer la prérogative judiciaire ? Qui le contrôle et peut le sanctionner ? Car non concerné par l'équilibre des pouvoirs ou par la loi de finances, assemblage soudé de non-élus installés dans l'autorégénération en dehors de la biologie, du contrôle populaire ou même de celui de la Présidence, le DRS pose problème et fait peur à tous par son caractère divin, omniprésent, omniscient et dont les possibilités d'intervention sont immenses. La vraie question de la vraie question est d'ailleurs liée à la prochaine élection, elle-même liée à la prochaine Constitution ; le général Toufik va-t-il voter et a-t-il déjà voté en déposant un bulletin de vote en son nom dans une urne ?
Chawki Amari
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algeria-watch
http://www.algeria-watch.org/galerie/galerien.htm

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SNPSP:ALGERIA-WATCH
Les praticiens de la Santé renouent avec la protesta
par S. E. K., Le Quotidien d'Oran, 15 avril 2013
Après une «trêve» de 6 mois, le Syndicat national des Praticiens de la Santé publique (SNPSP) a décidé d'un débrayage de 3 jours renouvelable pour les journées du 22, 23 et 24 avril, une action qui sera précédée d'un sit-in le 17 avril.
Hier, le président du SNPSP Lyes Mérabet a expliqué dans une conférence de presse au siège national du syndicat à Alger, les raisons qui ont conduit le conseil national (réuni le 10 avril dernier) à opter pour le débrayage. Les praticiens de la Santé avaient cru, selon le conférencier, au moment de l'installation du nouveau ministre de la Santé, Abdelaziz Ziari fin 2012 à une prise en charge réelle de leur dossier de revendications, surtout après le feu vert donné à la même période par le Premier ministre Abdelmalek Sellal pour que les questions liées à ce dossier soient définitivement réglées. La dernière grève du SNPSP remonte au 16 décembre 2012, mais elle a été gelée, explique Mérabet, pour «laisser du temps au nouveau ministre et de le laisser travailler dans la sérénité, d'autant qu'il nous a été promis de régler le dossier des praticiens de la Santé publique». Selon le conférencier « plus de 6 mois sont passés et nous nous trouvons à la même case». Et d'ajouter que le dossier de «revendications n'a connu aucune évolution depuis».
Les praticiens de la Santé publique remettent sur la table leurs revendications socioprofessionnelles dès le 17 avril. Ils comptent les remettre à la tutelle lors du sit-in qu'ils organiseront devant le siège du ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière (MSPRH) à Alger.
L'application de l'accord négocié en 2011 concernant l'amendement du statut particulier est le point cardinal de la plateforme de revendications auquel viennent se greffer d'autres points comme l'accès au grade principal et au grade de praticien en chef. Lyes Mérabet insistera sur le problème des anciens praticiens de la santé, pharmaciens, ou encore chirurgiens dentistes qui ont obtenu leur diplôme sous l'ancien système de formation avant les réformes introduites il y a quelques années. Ces derniers qui se trouvent classés à la 13 n'ouvrent pas droit à la catégorie 16 comme le sont les praticiens, pharmaciens et chirurgiens dentistes issus de la réforme. Le SNPSP revendique une équivalence des diplômes pour les 2 catégories. Revalorisation des primes du Sud qui, selon le SNPSP, doivent être calculées sur les nouveaux salaires de base et également les primes de contagion et de garde dont la rémunération doit être augmentée.
Le thème des droits syndicaux a pris une grande part au débat. Mérabet relèvera les nombreuses entorses commises à l'encontre du syndicaliste. Il signalera le cas d'infirmiers (10) et de médecins (3) qui ont été licenciés par l'hôpital de Bordj Bou Arreridj. Le conférencier signale que des «harcèlements et attaques verbales» contre le les militants syndicaux sont signalés dans des établissements de santé (Mila, M'Sila et Batna). Mérabet a estimé que les adhérents restent attachés à leurs revendications. Ils sont 11456 praticiens de la santé et 18 000 pharmaciens et chirurgiens dentistes à être adhérent au SNPSP, a-t-il indiqué.

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Le Maghreb par attouchements
Etrange coordination d’événements de part et d'autre de la ligne de front, sur le grand champ miné de l'édification maghrébine. Après Islam Khoualed, Algérien de 14 ans condamné au Maroc à une année de prison ferme pour attouchements sur un mineur marocain, c'est un épicier marocain qui vient d'être condamné, toujours au Maroc, à deux mois de prison pour attouchements sur un mineur algérien, par ailleurs fils d'un diplomate à Rabat. Echange diplomatique ou principe de réciprocité, ces deux histoires mettent face-à-face Islam, du nom d'une religion antisexuelle, et une épicerie, du nom d'un vieux commerce. Qu'en penser ? Que dans ces deux cas, si les victimes sont mineures, l'un des accusés est aussi mineur. Que dans ces deux cas d'affaires de mœurs mettant en jeu 4 personnes, il n'y a aucune femme, ce qui en dit long sur le Maghreb futur. Que si l'on parle beaucoup du prochain vice-président algérien, on ne savait pas qu'il y avait des vice-ambassadeurs.
Que le mineur algérien a été condamné à une année de prison, mais l'épicier marocain, majeur, n'a eu que deux mois. Finalement, les lectures sont nombreuses pour attoucher au Maroc, il vaut mieux être Marocain et un épicier y est mieux protégé qu'un fils de diplomate. C'est dans les conclusions que tout se complique. On peut imaginer la construction bloquée du Maghreb se redéployer sur des bases d'attouchements, discrets mais efficaces, loin des inimitiés de fond et des réunions bureaucratiques. Ou bien, au contraire, que ces deux affaires vont provoquer une nouvelle crispation entre les deux frères ennemis et préparer des attaques sexuelles de part et d'autre. En tout état de cause, si la frontière terrestre est toujours fermée, faisant de cette pudique ligne entre l'Algérie et le Maroc un record mondial, celui de la plus longue frontière fermée depuis le plus de temps, les frontières sexuelles restent bien ouvertes.
Chawki Amari


