
- Page 2
-
-
aucun changement en algerie, poudre de perlimpinpin!!!!!
Quand on apprend que c’est le Département du Renseignement et de la Sécurité (DRS), qui, se substituant à la justice, intervient pour enquêter sur des scandales financiers impliquant de hauts fonctionnaires et par ricochet, de manière directe ou indirecte, des ministres, cela laisse penser qu’il s’agit vraisemblablement d’une manœuvre politique mettant en prise deux camps au sein d’un pouvoir en désaccord.
Les observateurs parlent d’un affrontement entre, d’une part le gouvernement actuel, représenté par le président Bouteflika et ses lieutenants, et d’autre part une partie de l’armée et son bras actif le DRS.
Bouteflika ne représente-t-il plus alors l’homme du consensus, dès lors que toute cette opération sous-tend une campagne de déstabilisation visant à l’affaiblir en s’attaquant à ses plus proches ministres ?
On est tenté de répondre par l’affirmative, eu égard aux multiples indices qui ressortent de la crise actuelle en Algérie traduisant un malaise dont, en vérité, les prémices remontent bien au début du troisième mandat de Bouteflika.
En effet, depuis un moment, le courant paraît-il ne passe plus entre le président et le patron du DRS, « Toufik », alias Mohamed Mediène. Ce dernier, excédé par le comportement de Bouteflika, aurait décidé de mettre le holà à un président fin tacticien qui chercherait à neutraliser l’armée par le truchement de diverses actions et décisions politiques.
Ainsi par exemple, la « volonté » de Bouteflika de renforcer et de contrôler le corps de la police nationale est perçue comme une tentative de contrecarrer l’armée- particulièrement Toufik- en créant un contre poids à celle-ci.
Par ailleurs, la présence de plus en plus visible du frère du président Saïd Bouteflika dans l’aréopage de la présidence (ilse fait discret ces derniers temps) et ses velléités politiques « dynastiques », participent également à détériorer la relation entre le locataire d’El Mouradia et le patron du DRS.
Enfin, signe apparent du coup froid entre les deux hommes, Bouteflika a séché le 5 juillet son rendez-vous annuel au ministère de l’intérieur où il tient d’habitude son traditionnel discours de fête nationale.
Avertissement ou rupture ?
Le 13 décembre, la presse nationale faisait échos de l’enquête du DRS sur les attributions des marchés de l’autoroute est-ouest, un projet qui relève de la responsabilité du ministre des transports, Amar Ghoul, placé par Bouteflika.
Cette affaire devait annoncer une série de révélations sur d’autres scandales financiers. Le 13 janvier, le DRS déclenche en effet une opération « mains propres » contre de hauts cadres de la Sonatrach, première entreprise nationale, dirigée par le ministre de l’énergie et des mines, Chakib Khelil, lui aussi installé à ce poste clé par le président. Et ce n’est pas fini. Selon certaines sources, la prochaine cible des limiers du DRS serait l’autre pilier du gouvernement, le ministre des affaires étrangères, Mourad Medelci.
Par ailleurs, les choses se gâtent sérieusement pour le gouvernement sur le plan social avec la multiplication des grèves et la grogne populaire qui enfle. L’importance mobilisation des algériens autour de l’EN de football témoigne de la capacité des « services » à mobiliser les foules, une démonstration de force que Bouteflika a bien comprise.
Toute cette agitation au sommet de l’Etat étalée sur la place publique – fait exceptionnel venant d’un pouvoir d’habitude si discret-, montre bien qu’il s’agit d’une mise en garde énergétique en direction d’un président quelque peu « capricieux », et que l’armée, particulièrement Toufik, qui au départ a été favorable au troisième mandat de Bouteflika, n’exclut pas la possibilité de s’en séparer si besoin.
Qui sera le prochain président ?
Si l’armée et le DRS devaient in fine passer à l’acte et se séparer de Boutelika, qui sera alors son successeur ?
Certainement un homme de « consensus », capable de mettre tout le monde d’accord, aussi bien dans le milieu politique que dans celui des affaires. L’actuel premier ministre, Ahmed Ouyahia serait la personne sur laquelle miserait l’armée pour s’acquitter de cette « mission ». Il est bien vu par les décideurs, connait parfaitement les rouages du pouvoir en Algérie et sa présence dans le gouvernement a été quasi « imposée » à Bouteflika. Il a remplacé Belkhadem pour appliquer un programme de « ré-algérinisation » de l’économie algérienne.
Le nom de Abdelkader Bensalah, le président du Conseil de la Nation, circule aussi comme étant un candidat potentiel. De même que, mais sans trop de conviction, les noms des deux anciens premiers ministres, Mouloud Hamrouche et Sid Ahmed Ghozali sont cités.
Bouteflika contre-attaque
Selon nos informations, acculé par les pressions qu’exerce sur lui le DRS, le locataire d’El Mouradia a ordonné la création d’une « commission sécuritaire autonome », composée de plusieurs magistrats et procureurs civils et militaires en vue de rouvrir certains dossiers et affaires restés en suspens ou bâclés à leur époque. «Ces dossiers que Bouteflika veut rouvrir, c’est du lourd», nous dit notre source, qui a requis l’anonymat. Il s’agirait, selon notre source, de plusieurs affaires d’assassinats menées durant la décennie noire et qui avaient ciblé des personnalités nationales, à l’instar de feu Mohammed Boudiaf ou encore du Général Fodil Saidi.
Fruit du hasard ou manœuvres en coulisses, le coup de projecteur que Bouteflika menace de braquer sur la période trouble de la décennie noire, coïncide curieusement avec la décision de Washington de faire figurer l’Algérie dans liste des 14 pays accusés de « soutenir le terrorisme ». Cela fait craindre effectivement un retour sur l’affaire du « qui tue qui », à laquelle, paradoxalement, Bouteflika lui même a tenu à mettre un terme avec son projet « de réconciliation nationale ».
En tout état de cause, seul l’avenir nous dira jusqu’où les uns (Bouteflika et ses ministres), comme les autres (Toufik et le DRS), sont capables d’aller pour montrer qui décide en Algérie. Wait and see
RAF
-
URGENT : Bouteflika s'adresse à la Nation.
-
Kadhafi - THE BEST - Les guignols de l'info .mpg
-
sauvez le soldat boutef,monsieur raffarin,on vient pas en algerie pendant les moments troubles et flous pour discuter du commerce!!!!!
ALGER POSE SES CONDITIONS À LA FRANCE
Renault doit fabriquer 100.000 véhicules

L’aboutissement des projets de partenariat permettrait la création de plus de 20.000 emplois directs en Algérie.
Rien de concret! La visite de l’envoyé spécial de l’Elysée ne sera pas vraiment fructueuse. Aucun contrat ne sera signé à l’issue de cette visite, annoncée en grande pompe, pour mettre sur rail des projets de partenariat. Les projets sont toujours en phase de discussions. «Les discussions autour des projets de partenariat algéro-français relevant des secteurs comme l’énergie, l’automobile, les matériaux de construction et l’industrie pharmaceutique avancent bien», a affirmé hier à Alger l’envoyé spécial du président Sarkozy, Jean-Pierre Raffarin.
Lors d’un point de presse animé conjointement avec le ministre de l’Industrie, de la PME et de la Promotion de l’investissement, M.Benmeradi, Monsieur Algérie a tenu à assurer que les pourparlers sont en bonne voie.
Revenant sur les dossiers Renault, Total et Lafarge, l’ancien Premier ministre français a annoncé que les discussions sont à «mi-chemin d’accords». Une déclaration appuyée par le ministre de l’Industrie, de la PME et de la Promotion de l’investissement.
M.Benmeradi a assuré de son côté que les dossiers de coopération sont à un stade avancé. Selon lui, les projets de partenariat avec Lafarge, Renault et Sanofi-Aventis sont en bonne voie. Or, ces projets ont fait l’objet de discussions depuis plusieurs mois sans pour autant aboutir. Y a-t-il des blocages? M.Benmeradi a écarté complètement cette hypothèse. «Il n’y a pas de blocage», a-t-il réitéré en guise de persuasion.
Néanmoins, MM.Benmeradi et Raffarin ont reconnu qu’il y a des difficultés sur le terrain. Lesquelles? Les deux responsables n’ont pas voulu entrer dans les détails. «Nous avons levé beaucoup de difficultés et nous continuons à travailler pour baliser le terrain», a précisé le ministre de l’Industrie.
A la question de savoir si c’est le cadre juridique qui pose problème, M.Benmeradi a estimé que cette question n’est plus débattue. Selon lui, le cadre juridique convient à la politique d’investissement. Il a justifié le retard accusé dans la conclusion des partenariats par la nature des projets.
A propos de Total, ce projet de 5 milliards d’euros, explique le ministre, «ne pouvait pas se décider au cours d’une (seule) réunion entre des représentants». Concernant l’implantation de Renault en Algérie, M.Benmeradi a fait état d’une contre-proposition algérienne sur la production de 100.000 véhicules de gammes variées, et d’une liste de 50 entreprises de sous-traitance algériennes qui peuvent être intégrées au projet.
Afin de ne pas focaliser trop sur les accords, les responsables sont allés loin en évaluant d’ores et déjà l’impact des accords en discussions sur l’économie. «L’aboutissement de ces projets permettrait la création de plus de 20.000 emplois directs», a déclaré M.Raffarin en précisant toutefois: «Il s’agit d’un travail économique et social».
Interrogé par ailleurs, sur le métro d’Alger qui fait l’objet d’un désaccord entre le gouvernement et la société en charge des travaux, M.Raffarin a assuré que les travaux ont repris et des équipements ont été livrés. «Je mettrais toute mon influence pour que le métro soit mis en service avant la fin de l’année en cours», a-t-il promis en précisant que les discussions sont en cours. Par ailleurs, l’envoyé du président Sarkozy a eu des entretiens avec différents responsables. Il a été reçu par le président de la République à la résidence d’Etat El Mufti, en présence de Mourad Medelci, ministre des Affaires étrangères, et de Mohamed Benmeradi, ministre de l’Industrie, de la PME et de la Promotion de l’investissement. Même si cette visite porte le cachet économique, il n’en demeure pas moins que la politique s’est certainement conviée à la discussion.Nadia BENAKLI
-
vous aurez pas le pétrole :-) obama,sarko,merkel,berlo,netanyahu !!!!!
Le colonel dans la tempête

La révolution de Jasmin et celle du Nil sont sur le point d’épingler à leur tableau de chasse une troisième pièce de choix d’un puzzle indispensable à la recomposition d’un Maghreb dépouillé de ses oripeaux.
Le régime du dirigeant libyen vit les pires moments de son histoire. Plusieurs villes du pays, dont Benghazi, sont tombées aux mains des manifestants après des défections dans l’armée, a affirmé hier, la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (Fidh), qui avance un bilan de 300 à 400 morts depuis le début du soulèvement. «Beaucoup de villes sont tombées, notamment sur l’est de la côte. Des militaires se sont ralliés au soulèvement contre El Gueddafi», a déclaré la présidente de la Fidh, Souhayr Belhassen, citant notamment Benghazi, bastion de l’opposition. En revanche, Syrte, ville natale du colonel El Gueddafi, n’est pas aux mains des manifestants, a précisé cette responsable. Hier, des villes proches de la capitale comme Misrata, Khoms, Tarhounah, Zeiten, Zaouia et Zouara, étaient plongées dans le chaos.
Des défections au sein de l’armée auraient été déterminantes dans la tournure inattendue que viennent de prendre les événements.
L’insurrection a gagné la capitale libyenne. Les émeutiers ont répondu aux menaces agitées par le fils de Mouaâmar El Gueddafi au cours d’une intervention télévisée. La révolte ne donne pas de signes de faiblesse. Elle monte en intensité. «Le siège d’une télévision et d’une radio publiques ont été saccagés dimanche soir par des manifestants à Tripoli où des postes de police, des locaux des comités révolutionnaires et l’immeuble du ministère de l’Intérieur ont été incendiés», indique une dépêche de l’AFP. «Un local qui abritait la télévision Al-Jamahiriya 2 et la radio Al-Shababia a été saccagé», a indiqué un témoin sous couvert de l’anonymat.
«Des manifestants ont brûlé et saccagé l’immeuble qui abrite le ministère de l’Intérieur dans le centre de Tripoli», a confié un autre à l’agence de presse française. Plusieurs témoignages font état de commissariats de police, de locaux de comités révolutionnaires et de bâtiments publics incendiés...
La «Salle du peuple», qui abrite des manifestations et des réunions que tiennent, à l’occasion, les officiels du régime, a été réduite en fumée, a indiqué un habitant de la capitale qui réside à proximité de ce bâtiment qui est situé à l’entrée du quartier résidentiel de Hay Al-Andalous. Pro et anti-Gueddafi s’affrontent à l’arme automatique dans les quartiers de Tripoli.
Les ingrédients d’une guerre civile sont réunis. Son issue imprévisible se terminera probablement dans un bain de sang annoncé par un des fils du colonel. «En ce moment, des chars se déplacent dans Benghazi conduits par des civils. A Al-Baïda les gens ont des fusils et de nombreux dépôts de munitions ont été pillés. Nous avons des armes, l’armée a des armes, les forces qui veulent détruire la Libye ont des armes», a confié Seïf Al-Islam Gueddafi lors d’une allocution télévisée retransmise dans la nuit de dimanche à lundi.
La Libye serait-elle au bord de l’implosion? Le fils du dictateur libyen a affirmé que des manifestants armés étaient en train d’affronter les forces restées loyales au dirigeant libyen à Benghazi et Al-Baïda ainsi que dans l’est du pays. Les affrontements seraient d’une extrême violence. «Nous allons détruire les éléments de la sédition», a-t-il assuré. «La Libye est à un carrefour. Soit nous nous entendons aujourd’hui sur des réformes, soit nous ne pleurerons pas 84 morts mais des milliers et il y aura des rivières de sang dans toute la Libye», a affirmé Seïf Al-Islam.
Des déclarations annonciatrices du chaos à venir. La répression est déjà terrible. selon les derniers chiffres communiqués par l’ONG américaine, Human Rights Watch, au moins 233 personnes ont été tuées depuis le début du soulèvement, dont 60 pour la seule journée de dimanche à Benghazi qui était le centre de la contestation. La plupart des victimes y ont été dénombrées. Mouaâmar El Gueddafi connaîtra-t-il le même sort que Zine el Abidine Benali et Hosni Moubarak? Tout indique qu’il serait en voie de compléter le podium de ce vent de liberté qui souffle sur le Monde arabe.
La révolution de Jasmin et celle du Nil sont sur le point d’épingler à leur tableau de chasse une troisième pièce de choix d’un puzzle indispensable à la recomposition et l’édification d’un Maghreb dépouillé de ses oripeaux. Le prix à payer se compte en vies sacrifiées, arrachées, et en sang versé.
La Libye est en train d’en payer peut-être le plus lourd tribut. Le guide de la Jamahirya, qui règne sans partage sur son pays depuis près de quarante-deux ans, a plongé la Libye dans un bain de sang. La contestation en Libye s’annonce comme la plus dure depuis le début des révoltes dans les pays arabes. Elle est l’objet d’une répression sauvage qui atteste de la volonté manifeste de Mouaâmar El Gueddafi à tenter de garder coûte que coûte un pouvoir confisqué depuis plus de quatre décennies. Les déclarations de son fils illustrent la déconnexion entre le pouvoir libyen incarné par un seul homme, et les aspirations de sa société à laquelle est déniée toute existence. «La Libye n’est pas comme la Tunisie ou l’Egypte (...). Il n’y a ni société civile ni partis politiques», a lancé Seïf Al-Islam, lors d’une allocution télévisée dans la nuit de dimanche à lundi en allusion aux révoltes qui ont provoqué la chute des présidents de ces deux pays.
Les «forces qui tentent de détruire la Libye et de la démembrer sont armées et le résultat sera une guerre civile. Personne ne se soumettra à l’autre et nous nous battrons. Si le pays se divise, la Libye tombera dans une guerre civile (...) nous nous entre-tuerons dans les rues».
Une fuite en avant. Des déclarations irresponsables qui ont sans doute précipité un bain de sang et le départ massif des résidents étrangers. Le drame se jouera entre Libyens.Mohamed TOUATI
-
décadence d'un tyran!!!!!

-
Les juges attendent la décision de Tayeb Belaïz
Une réunion a regroupé hier le ministre de la Justice, Tayeb Belaïz, et les membres du bureau du Syndicat national des magistrats (SNM). A l’ordre du jour, le départ du contesté inspecteur général. Mais jusqu’en début de soirée, la rencontre n’avait toujours pas pris fin.
Les syndicalistes, à leur tête le président, Djamel Aidouni, n’avaient qu’une seule revendication : le départ de l’inspecteur général et, avec lui, l’annulation de toutes les décisions jugées «iniques» qu’il a prises, ainsi que la réhabilitation des magistrats qu’il a déférés «injustement» devant le Conseil supérieur de la magistrature.
Lors d’une réunion tenue la veille de ce rendez-vous, les membres du bureau du SNM ont discuté de manière houleuse l’ordre du jour de la rencontre avec le ministre. Finalement, la majorité a imposé la nécessité d’exiger le départ de l’inspecteur général «parce que ses actes portent atteinte à l’indépendance du magistrat, aux lois de la République et à la justice». Pour de nombreux magistrats, «il n’est plus question de problèmes socioprofessionnels, mais de dignité et de crédibilité de la justice».Ils espèrent que le ministre de la Justice «prendra en considération leur exigence» et se déclarent «mobilisés pour aller jusqu’au bout du combat». Ils affirment qu’en cas de non-satisfaction de cette revendication, «des actions de protestation seront menées et des démissions collectives ne sont pas à écarter». Ce mouvement de protestation a suscité la «solidarité» de la Ligue algérienne des droits de l’homme (LADH) dirigée par maître Boudjemaâ Ghechir qui, dans un communiqué rendu public hier, a «salué l’intifadha» des magistrats qui «ont le courage de dénoncer les injonctions et les pressions dont ils font l’objet de la part d’un fonctionnaire du ministère de la Justice». La Ligue exhorte le président de la République, en tant que premier magistrat du pays, à intervenir pour «mettre un terme à ces agissements et garantir une justice qui s’exerce à travers des magistrats n’obéissant qu’à la loi et à leur conscience». La Ligue est, pour l’instant, la seule organisation qui a exprimé son soutien aux juges.
Salima Tlemçani
-
Les momies
Une momie a un regard vide puisque sans vie, tout comme une momie n’a rien dans le ventre puisqu’il faut la vider de l’intérieur pour assurer sa parfaite conservation. Car une momie s’inscrit dans le temps et c’est d’ailleurs son but ultime. Une momie n’a pas d’âge, ou alors un âge si grand que personne ne s’en rappelle. De fait, une momie survit à tous ceux qui n’ont pas été momifiés et sa grandeur ne réside que dans le traitement que les momificateurs lui ont fait glorieusement subir.
La raison d’être de la momie est de rester là pour effrayer les vivants et leur rappeler que le passé est là pour terroriser le présent. Une momie ne bouge pas, elle est immobile, se laisse regarder ou visiter par les touristes ou les ambassadeurs. Mais personne n’a le droit de toucher une momie, sauf un archéologue assermenté et avec d’infinies précautions. La force d’une momie ne réside pas dans son identité propre, mais dans l’histoire dont elle a été contemporaine. Profondément solitaire et bercée par la nuit éternelle, une momie possède néanmoins une armée destinée à la protéger des avaries du temps, du climat et des intempéries. Une momie dort près de ses trésors qu’elle a amassés au temps de sa splendeur. Pour toucher à ses trésors, il faut être soi-même une momie.
Une momie est sèche, toute présence d’eau la perturbe et son ennemi premier est l’air, qui la détériore rapidement. Une momie s’inscrit dans le temps et, en théorie, si personne ne la déplace, elle est éternelle, ce qui est sa fonction principale. Une momie n’a pas de vie, elle ne mange pas, ne fait pas d’enfants, ne travaille pas, se contente de régner sans parler du seul fait de sa présence. Au niveau temporel, la momie n’a qu’un seul défaut : quand lui on enlève les bandelettes roulées autour d’elle, celle-ci tombe en poussière à une vitesse effrayante ce qui, généralement, effraie toutes les autres momies.
Chawki Amari
-
Prenez une douche, vite ! Vous puez la trouille !

Par Hakim Laâlam
Email : laalamh@yahoo.frAbdekka préside aujourd’hui un Conseil des ministres. Sur la table, deux
ordonnances. Une de…… Rhumafed et l’autre de Médiator !
Alors ? C’est ça le débat ? Hada ma yella ? Vous n’avez rien trouvé d’autre comme sujet de discussion que la «présence ou non de Sadi dans les marches du 12 et du 19» ou encore les «tentatives de récupération de la Coordination par le RCD» ? Ben dis donc ! Vous ne nous parlez plus que de cela. Saïd Sadi est soudain devenu le problème numéro 1 de l’Algérie. De votre salon douillet, les persiennes et les fenêtres fermées, et les rideaux opaques tirés, vous nous jurez que vous seriez allés marcher si et seulement si Sadi ne figurait pas parmi les marcheurs. Ah ! La belle affaire ! Le suprême courage. L’inimitable bravoure en pantoufles et pyjama ! La vérité elle pue. Elle pue de la même manière que vous suintez mauvais des aisselles. Cette peur d’y aller, de prouver qu’il y a une démocratie au-delà d’un clic sur Facebook. Et pour masquer votre peur, vous agitez Sadi sous notre nez. Vous l’agitez même plus fort que vous n’auriez agité Abdekka, pourtant le seul vrai bourourou dans cette histoire. Quel cruel dilemme que celui qui vous agite en ce moment. Vous n’avez pas le cran de créer votre révolution du jasmin, vous n’avez pas l’intelligence d’occuper votre place Tahrir. Alors, et pour détourner notre attention olfactive des relents horribles qui se dégagent de vos frocs, vous nous proposez l’os Sadi à mordiller. Vous nous sortez de vos entrailles bourrées de paille un combat à engager contre un leader politique qui, lui, y va. Oui ! Sadi y va. Et ça, vous ne pouvez le gober, parce que prisonniers de vos sofas et de votre douillet confort. Il vous emmerde au plus profond ce dirigeant du RCD qui descend dans l’arène, qui fait face aux flics chargés de la castagne. Il vous emmerde parce qu’il vous place en mode «lâcheté». Lâcheté non assumée et qui s’agrippe lamentablement à ce mauvais et pitoyable alibi. Bonté divine ! De quel droit devrait-on interdire à un dirigeant de parti d’opposition de faire de l’opposition, dans la rue, en première ligne ? Qui a décrété que le RCD n’avait pas le droit d’intégrer une marche, une coordination et un mouvement appelant au départ du régime ? La vérité, oui, une autre vérité, c’est que Sadi présent ou non dans ces marches, vous n’y seriez pas allés, de toutes les façons. Pour une raison toute simple. On ne se façonne pas virtuellement manifestant de la place Tahrir ou de la place de la Perle. La vérité, et je vous rassure, c’est la dernière, c’est que vous chlinguez la peur. Et terrorisés à l’idée même de vous retrouver en face de la matraque et des balles, vous vérifiez que votre porte est bien fermée à double tour, vous vous dirigez vers votre ordinateur et avec vos doigts encore humides de trouille vous tweetez : «Je t’assure que j’y serais allé s’il n’y avait pas Sadi !» S’il vous plaît, profitez du fait que vous soyez à la maison et prenez une douche, vite. L’odeur que dégage votre couardise devient insupportable ! Intolérable ! Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L. -
no moment

-
La police bastonne les étudiants
Bastonnés, malmenés, les étudiants venus des différentes universités du pays pour participer à un rassemblement devant le ministère de l’Enseignement supérieur ont été choqués par l’attitude de leur tutelle.
La rue menant au ministère s’est transformée, hier, en une véritable scène de combat. Dès la matinée, un impressionnant dispositif de sécurité a été mis en place. «Les casques bleus qui nous ont attaqués sont sortis du du ministère. M. Haraoubia, qui n’a pas réussi à nous convaincre par de fausses solutions, a transformé notre tutelle en caserne», a vociféré un étudiant, les yeux larmoyants, tabassé déjà la veille.
Plus de 4000 étudiants, qui se sont entendus sur la tenue d’un autre rassemblement pour contester les recommandations de la dernière conférence nationale, ont fait face aux forces de l’ordre à 200 m du siège de ministère.
Radicalisation
Les policiers ont repoussé avec violence les étudiants, leur interdisant de tenir leur sit-in devant le ministère. Le bras de fer entre les étudiants déterminés à rejoindre le ministère et les CNS qui les repoussaient en usant de leur triques a causé au moins une quinzaine de blessés, dont certains ont perdu connaissance. Les revendications se sont désormais radicalisées. Les étudiants, qui demandaient depuis deux semaines l’annulation de décret dévaluant leurs diplômes, changent de slogan : «Harraoubia dégage, wizara irhabia» (ministère terroriste), ont-ils martelé, protestant contre les agissements de leur tutelle. Bien que certains se rencontrent pour la première fois dans la mesure où ils viennent de différentes universités du pays, ils se sont montrés très solidaires. «Ni les manœuvres du ministre ni l’agressivité des CNS ne peuvent détourner notre mouvement», ont-ils assuré. Ils sont tout de même déçus du sort réservé à leur mouvement pacifique. Comme première action, les étudiants refusent toute forme de négociation. «Il ne reste plus rien à dire. Au départ, nous avions un problème que nous voulions régler avec le ministère de l’Enseignement supérieur, mais là, on se retrouve face au ministère de l’Intérieur», déplore un délégué, dénonçant l’usage de la violence contre les étudiants.
Le coup de la veille
«Nous avons bien réussi l’organisation des rassemblements précédents. Mais les policiers ne savent pas parler. Ils disent n’importe quoi. Ce sont eux qui provoquent les étudiants», accuse un délégué. Au moment où des étudiants se regroupent pour traverser le cordon de sécurité qui leur a été imposé, ceux de l’Ecole nationale des statistiques et de l’économie appliquée, échappant au contrôle de la police, se rassemblent devant le ministère pour épauler leurs camarades. Les CNS se trouvaient ainsi entre deux groupes qui ne voulaient pas renoncer à leur objectif : accéder au ministère et tenir un sit-in permanent. Les affrontements avaient commencé la veille lorsqu’un groupe d’étudiants qui avaient décidé de passer la nuit devant le ministère ont été violemment chassés. Cinq d’entre eux ont été blessés durant ces affrontements. «Un étudiant souffre d’une grave blessure au niveau de la colonne vertébrale», témoigne un participant aux affrontements de la veille.
Vers 12h30, les étudiants qui ont résisté aux coups de matraque ont réalisé leur premier exploit. Les policiers ont fini par céder. Des milliers d’étudiants, dont certains sont venus de Ouargla, observent in sit-in permanent devant le siège du ministère. Les photos des étudiants blessés circulent déjà sur facebook. D’autres, choqués par le traitement réservé à leurs camarades, ont pris le bus à destination d’Alger. «Ça va prendre de l’ampleur», promet un délégué.Djedjiga Rahmani
-
S’unir contre la rapine et la hogra
Dans cette partie de bras de fer qui oppose le pouvoir algérien et la contestation politique regroupée autour de la Coordination nationale pour le changement et la démocratie (CNCD), et surtout à la lumière du dispositif répressif impressionnant déployé pour empêcher la marche de samedi dernier, beaucoup pensent, en dépit de la promesse des organisateurs de se donner rendez-vous sur les lieux samedi prochain, que l’on ne peut pas continuer ainsi. La préoccupation la plus largement partagée est que la mobilisation politique contre l’autoritarisme devrait passer à un palier supérieur. Certains suggèrent même la tenue d’une sorte de «congrès de l’opposition» pour sortir de ce confinement dans lequel des partis et des associations de la CNCD ont été poussés par un pouvoir autiste aux revendications d’ouverture démocratique et de changement.
Confinement qui fait craindre un «effilochement» de la mobilisation contestataire au fil des jours, comme on a pu le remarquer à la suite des deux marches du 12 et du 19 février. Les analystes et politologues laissent entendre que les ingrédients pour une «révolution» comme en Tunisie et en Egypte ne sont sans doute pas encore réunis en Algérie.
On pourrait faire remarquer, au regard de la faible mobilisation, que ce mouvement de contestation politique pacifique est parti de rien ou presque, si ce n’est la série d’émeutes qui ont jalonné le pays depuis de nombreuses années et dont les dernières se sont soldées par des décès et des immolations de citoyens pour attirer l’opinion publique nationale sur la dégradation de la situation économique et sociale dans laquelle se trouve la majeure partie de la population. Ce «vide politique» a été accentué par une décennie sanglante durant laquelle le terrorisme, par son entreprise de destruction, a privé le pays d’une bonne partie de ses élites, contraintes à la survie ou à l’exil. Si le pays n’a pas sombré totalement dans le chaos et l’anarchie, c’est en grande partie grâce à une mobilisation populaire et au rejet de l’intégrisme islamiste aussi bien dans les villes que les campagnes.
Mais force est de constater que le régime de Bouteflika a choisi, pour se maintenir, de s’appuyer sur une alliance islamo-conservatrice, rentière et prédatrice, plutôt que sur des forces démocratiques et des segments patriotiques du courant nationaliste ouvert sur le progrès social et le développement. Et pour preuve de cette «accointance kleptomane» qui a gangrené tout le système politique algérien, les scandales de corruption révélés par la presse indépendante ces dernières années n’ont épargné aucune sphère du pouvoir, jusqu’à l’entourage immédiat du président de la République. Dès lors, après avoir choisi ses alliances et trahi en quelque sorte le pacte antiterroriste, plus rien ne pouvait empêcher le régime actuel de réprimer les forces démocratiques, des pans entiers de la société civile et une bonne partie des élites (médecins, enseignants, etc.).
La dynamique de changement tant espéré se doit avant tout d’intégrer que face à un pouvoir composite islamo-conservateur, il est nécessaire de déployer des capacités unitaires en direction de tous les secteurs qui ont intérêt à mettre fin à ce statu quo dévastateur basé sur la rapine et la hogra.
Reda Bekkat
-
Seule la morgue les départagera
Il y a trois sortes d’autocrates dans le monde arabe. La version Ben Ali et Moubarak, qui ont tous deux régulièrement essayé de négocier avec leur peuple jusqu’au bout, leur parlant plusieurs fois par l’intermédiaire de la télévision pour trouver un terrain d’entente, même miné. Il y a ensuite la version Gueddafi, qui parle à son peuple, sort dans les rues manifester et tire sur la foule des mécontents à balles réelles. Il y a enfin la version Bouteflika, qui ne sort pas, ignore, évite, méprise et ne parle pas à son peuple ni même à ses propres partisans, préférant envoyer policiers et baltaguias dialoguer avec tout le monde. La différence entre les trois est que les uns sont déjà partis et les autres dans une luxueuse salle d’attente équipée d’écrans de contrôle et de petites fentes pour tirer sur ceux qui s’approchent trop.
La ressemblance entre les trois est liée à leur pratique du pouvoir, exclusive, à leur mégalomanie d’homme providentiel indispensable et à leur destin de gouvernants qui se sont ou vont se retirer à plus ou moins court terme. Avec ce triste bilan de n’avoir pas été la hauteur de l’histoire, d’avoir livré leur pays à la corruption et tout autant enrichi les classes mafieuses que déprimé le reste de leur population.
En fin de compte, les sombres tiroirs de la morgue seront là pour finir de départager les tristes concurrents ; 200 morts en Tunisie, 300 en Egypte et si, en Libye, Gueddafi a déjà tué plus de 200 de ses concitoyens, en Algérie, il y aurait de l’éthique dans la répression, la police redoutant le premier mort comme la première goutte de sang d’une vendetta géante.Hier, pourtant, comparaissait en appel un policier accusé d’avoir tué un jeune émeutier de 17 ans à Diar El Kef. Verdict premier : 6 mois de prison, dont 4 avec sursis. Ôter la vie à un jeune Algérien ne coûte donc que deux mois de prison. Ce qui s’apparente étrangement à un permis de tuer.
Chawki Amari
-
Alger : Répression féroce des étudiants devant le ministère de l'Enseignement Supérieur
zoom | © Lyes Hebbache (El Watan)Un étudiant blessé lors du rassemblement réprimé de lundi devant le ministère de l'enseignement supérieur
Les forces de l'ordre ont violemment passé à tabac des étudiants grévistes venus manifester pacifiquement à Ben Aknou devant le ministère de l'Enseignement Supérieur. Plusieurs étudiants ont été grièvement blessés et au moins trois d'entre eux ont été transférés à l'hôpital pour des soins intensifs. Choqués par cette répression qu'ils qualifient "d'ordurière", les étudiants promettent de poursuivre leur mouvement de contestation jusqu'au bout.
En dépit de la répression policière, pas moins de quatre mille étudiants, selon les estimations des délégués, ont réussi à passer outre le dispositif des forces de l'ordre pour marcher jusqu'au siège du ministère de l'Enseignement Supérieur et se rassembler pacifiquement devant ses portes.
Cependant, au moins cinq blessés ont été déplorés parmi les étudiants, signalent des délégués d'étudiants que nous avons joint par téléphone. "Nous avons transféré trois de nos camarades à l'hôpital. Ils souffraient de plusieurs blessures", explique Karima, déléguée à l'école supérieure d'informatique (ESI).
"Depuis la matinée, des barrières de la police nous ont empêchés de marcher jusqu'au ministère de l'Enseignement Supérieur. Mais lorsqu'on a coupé la route, les policiers ont compris que nous étions vraiment déterminés à tenir notre rassemblement. Dés lors, ils ont relâché leur dispositif", précise encore notre interlocutrice.
Pour rappel, les forces de l'ordre ont tenté lundi matin de disperser par la force plusieurs centaines d'étudiants protestataires à Ben Aknou, au niveau du siège du ministère de l'Enseignement Supérieur. Les étudiants qui ont décidé de reconduire leur mouvement de protestation ont démontré fermement leur détermination à se rassembler devant le département de Harrouabia. Mais les policiers, mobilisés en nombre, ont empêché ce nouveau sit-in. Ils n'ont pas hésité également à recourir à la matraque pour effrayer et terrifier les étudiants.
Toutefois, révoltés par la présence de cet arsenal répressif, plusieurs centaines d'étudiants ont tenté de forcer le cordon de sécurité mis en place au niveau du siège du ministère de l'Enseigmenet Supérieur. Des "Casques Bleus" et des "CRS" se sont installés tôt la matinée devant le département de Harrouabia pour empêcher une nouvelle manifestation de colère des étudiants grévistes.
Par conséquent, quelques affrontements ont éclaté entre les forces de l'ordre et des centaines d'étudiants qui réclament haut et fort leur droit à manifester pacifiquement. Repoussés et malmenés par les services de sécurité, ces étudiants ont décidé ainsi de bloquer la route qui mène vers le ministère de l'Enseignement Supérieur.
"Nous resterons ici jusqu'à l'aboutissement de notre combat. La matraque et la répression ne vont pas nous effrayer. On ne se laissera pas faire comme ça. On se battra jusqu'au bout", s'écrient des étudiants que nous avons joint par téléphone. Ces derniers ont confirmé que les foules estudiantines scandent en ce moment des slogans contre le régime.
"Pouvoir Assassin !" ont lancé, en effet, ces étudiants grévistes qui ne comprennent pas pourquoi on les a réprimés alors qu'ils ne tenaient "qu'un rassemblement pacifique" !
Abderrahmane Semmar
-
L’échec recommencé ?
Va-t-on une fois de plus parler d’occasion historique ratée d’imposer un changement démocratique après l’échec de la manifestation du 19 février ?
S’il est vrai que le déploiement impressionnant des forces de sécurité a découragé beaucoup d’Algériens et d’Algériennes susceptibles de rejoindre et d’élargir le champ de la contestation, il est tout aussi vrai que les acteurs de la coordination nationale n’ont, en particulier certains d’entre- eux mus par des ambitions purement partisanes, ni la crédibilité ni l’autonomie de décision pour mobiliser de larges couches de la société.On serait même tenté de voir dans la précipitation à organiser des marches à répétition les éléments d’une opération conçue par les services de renseignements pour désamorcer une contagion possible dans la foulée des événements de Tunisie et d’Egypte. Mettre en avant des sigles de nature à régionaliser la contestation et à provoquer la suspicion, n’est-il pas le meilleur moyen pour le DRS d’empêcher la jonction entre la contestation sociale et l’affirmation politique ?Sans être atteint de paranoïa politique, de « complotite aigue » ou justifier un quelconque immobilisme, sous-estimer les capacités de manipulation et d’anticipation du DRS peut conduire à des erreurs politiques fatales.La guerre contre le politiqueAprès avoir, sous couvert de la lutte antiterroriste, éradiqué tout embryon de vie politique, ne laissant s’exprimer que des appareils politiques intégrés au système rentier et bureaucratique, avec cet avantage de créer une illusion de vie institutionnelle pluraliste, le DRS est apparu aux yeux des états européens et de l’Amérique comme le principal organe stabilisateur du système et donc du pays, l’unique rempart à l’islamisme, au chaos et à la contagion terroriste.Les confidences rapportées par un câble de Wikileaks suite à un échange entre un leader politique et le chef du DRS sont révélatrices de la stratégie qui consiste à mener une politique de la terre brulée pour marginaliser ou forcer à l’exil toutes les élites politiques forgées dans le combat démocratique et feindre s’offusquer de l’absence de forces démocratiques ou d’interlocuteurs crédibles ?La guerre contre la société menée par le DRS depuis le coup d’état de janvier 1992, dont le prolongement de celle menée par le Malg puis la SM, visait à faire de la violence le principe structurant des rapports sociaux et bloquer ainsi tout processus d’autonomisation du politique. La culture de l’émeute sert précisément d’instrument non institutionnel ou non conventionnel de répression des luttes politique et sociales pacifiques.La grosse supercherie : Le retrait de l’Armée !Cette stratégie possède un double avantage, en particulier depuis l’intronisation de Bouteflika : d’une part redonner une cohésion interne à l’Armée et anticiper sur d’éventuelles fissures en raison des soupçons qui pèsent sur l’implication de certaines parties dans le détournement de deniers publics, des massacres de civils et autres assassinats politiques ; d’autre part offrir des garanties aux partenaires étrangers quant au retrait de l’armée de la gestion des affaires politiques en crédibilisant, par de multiples canaux, les affirmations d’un Bouteflika triomphant qui a réussi à « soumettre les généraux ». La finalité de cette conjoncturelle répartition des rôles étant de neutraliser les actions menées par des ONG sur l’exigence de vérité et de justice et de s’assurer d’une impunité, consacrés dans la charte pour la réconciliation nationale de Bouteflika.Une répartition des rôles que Bouteflika et son entourage ont mis à profit pour s’assurer une liberté d’action et structurer autour de la présidence des clientèles politiques, économiques et sociales, réactivant les archaïsmes à l’image des Arouchs et des Zaouïas. La gigantesque manne financière, au lieu de servir le développement, est utilisée pour renforcer ce système clientéliste de prédation. La corruption, en raison de cette aisance financière, ne pouvait qu’atteindre des proportions inimaginables jusqu'à provoquer des réactions chez d’autres clans du régime, s’estimant exclus des circuits de corruption ou pas suffisamment intégrés.Des luttes féroces pour le contrôle de la renteLa guerre des clans s’organise essentiellement autour du contrôle et de la répartition de la rente. Les enquêtes diligentées sur les malversations que connait Sonatrach témoignent de cette guerre sourde. Les émeutes de janvier qui, très vite, ont été contenues en cédant une part de la rente par l’annonce de mesures totalement incohérentes et démagogiques, n’obéissent à aucune rationalité économique.Les événements en Tunisie ont vite mis entre parenthèse ces luttes internes. La crainte d’un « dérapage dans la société » et d’une insurrection populaire généralisée, que le contexte actuel peut favoriser, a probablement poussé le DRS à agir pour une « trêve interne », tout en prenant la précaution d’encourager ses traditionnels ou nouveaux relais politiques à s’emparer de la contestation pour l’affaiblir, à occuper les médias étrangers, à tenter de se refaire une virginité politique pour certains et pour d’autres se construire une image d’opposant, quitte à faire dans la surenchère et occuper le champ sémantique de l’opposition historique.L’après-Bouteflika est ainsi différé pour éviter les risques d’un tsunami populaire qui risquerait de tout emporter. L’objectif étant de se donner le temps de réunir les conditions politiques d’un changement de façade tout en neutralisant les acteurs autonomes du changement radical et pacifique.Un 11 décembre 1960 pour réparer l’injustice historique?Ce climat de confusion organisé rend l’action des acteurs autonomes, à l’intérieur comme à l’extérieur de la coordination, difficile, voire compliquée. A l’évidence le-ras-le bol généralisé, le divorce irrémédiable entre le pouvoir et la société, les injustices criantes créent des conditions objectives à l’enclenchement de dynamiques populaires porteuses de changement radical.Un parti comme le FFS conserve un capital de sympathie significatif qui peut lui permettre de jouer un rôle d’aiguillon et de locomotive politique de l’alternative démocratique. Si la direction actuelle a raison de faire preuve de vigilance politique pour ne pas se laisser entraîner dans des dynamiques d’appareils et des stratégies de recomposition autoritaire du « champ politique », elle se doit en revanche de s’ouvrir sans tarder à la société et aux acteurs et militants autonomes qui ont refusé de marchander leur autonomie ou de la troquer contre une notoriété illusoire et provisoire. L’idée d’assises ou de congrès de l’opposition peut offrir une perspective politique intéressante.Car ni les manœuvres des laboratoires, ni les diversions criminelles et ni les gesticulations sans lendemain des pseudo-opposants ne stopperont un inéluctable 11 décembre 1960 qui mettra fin à un ordre autoritaro-maffieux qui n’a rien à envier à l’ancien ordre colonial.*Samir Bouakouir est ancien dirigeant du FFS et membre du CALD (Collectif Algérien pour la liberté et la démocratie) -
LIBYE Massacre à huis clos

La situation vire rapidement au drame humanitaire en Libye où, entre jeudi et dimanche déjà, l’on annonçait pas moins de 173 morts, tous tués par balles, parmi les manifestants contre le régime Kadhafi.
Kamel Amarni - Alger (Le Soir) - Et encore, il ne s’agit que d’un décompte à minima dans une «Jamahirya» qui, avec la Corée du Nord, peut être considérée comme le pays le plus fermé de la planète. Dans ce pays où tout est interdit, des médias jusqu’aux partis politiques, en passant par la société civile et les organisations internationales, l’internet et même le téléphone qui y a toujours été sous haute surveillance, c’est dans un parfait huis clos que le colonel Kadhafi réprime la révolte populaire qui secoue la Libye depuis mardi dernier. Les sources d’information se réduisent, dès lors, à quelques témoins oculaires, des militants des droits de l’homme ou alors des opposants libyens tous vivant en exil. Difficile dans de telles conditions de se faire une idée précise sur l’ampleur du drame. Tout a commencé à Benghazi, la capitale économique et deuxième ville du pays, à 1 000 km à l’est de Tripoli, dans la nuit de mardi à mercredi dernier. Inspirés et motivés par la bravoure des Tunisiens et des Egyptiens, des citoyens libyens y ont, en effet, organisé un sit-in de contestation contre le pouvoir, réclamant la libération d’un avocat représentant des familles de prisonniers tués lors de la fusillade dans la prison de Tripoli en 1996 lors de laquelle 1 000 personnes ont trouvé la mort. Intolérable pour le «Guide» et la riposte est fulgurante. La police intervient de manière féroce. Dans la ville d’Al Baïda, les services libyens donneront le jour même un aperçu de ce que sera la suite : tirs à balles réelles qui feront 2 morts et des dizaines de blessés. Une tendance qui se confirmera, hélas, dès le lendemain, mercredi, et les jours qui suivront. Pour faire face à la contestation populaire, Khadafi mobilise des moyens de guerre : il lâche ses troupes mais aussi des snipers professionnels et même des mercenaires étrangers, essentiellement africains. Le bilan prend alors des proportions alarmantes, surtout à l’est du pays où l’insurrection tend à se généraliser. Des dizaines de morts et de blessés, sans parler des arrestations, sont annoncées chaque jour, depuis, alors que Khadafi, d’habitude si prompt aux sorties discursives pour le moins «insolites » et pour beaucoup moins que cela, se mure cette fois dans un silence étrange. Sa seule réaction publique se résume à une marche de soutien «au frère le Guide» qu’il a organisée et conduite lui-même dans les rues de Tripoli. Au plan diplomatique, il a choisi de recourir au chantage et la menace pour faire face aux réactions d’indignation et de condamnation qui le ciblent. Après une déclaration de Catherine Ashton, la chef de la diplomatie de l’Union européenne, appelant, par le biais de sa porte-parole, les autorités libyennes à «écouter les manifestants» et à «cesser la violence contre les manifestants », Kadhafi fait convoquer l’ambassadeur de Hongrie à Tripoli, pays qui assure la présidence tournante de l’Union, pour lui transmettre une mise en garde claire : «Tripoli cessera toute coopération avec l’UE dans la lutte contre l’immigration clandestine» si l’Union européenne «continue à encourager les manifestations en Libye». Mouamar Kadhafi n’ignore pas combien ce sujet est très sensible de l’autre côté de la Méditerranée. Et pour qui connaît le «Guide», il est pour sûr que, non seulement il cessera effectivement la coopération en question mais fera tout pour l’encourager et il en a les moyens ! Le maître de Tripoli a toujours fonctionné de cette manière depuis 42 ans : mettre au service de ses «folies», parfois invraisemblables, tous les moyens, gigantesques du reste, de l’Etat libyen. Car, depuis son accession au pouvoir, le 1er septembre 1969 à la suite d’un coup d’Etat sur la monarchie, à la tête d’un «mouvement des officiers libres» calqué sur le modèle égyptien de Gamal Abdenasser, Kadhafi a instauré un pouvoir personnel unique dans l’Histoire. Ni constitution, ni contrepouvoir et, plus anecdotique encore, se définissant ne détenir aucune responsabilité officielle, Kadhafi a interdit toute élection, de quelque nature que ce soit. N’ayant pas un parti politique à proprement parler, il tient le pays à travers les redoutables «comités populaires» et pour seule référence législative son fameux «Livre vert» que lui-même avait écrit «pour l’humanité». Un peu comme le régime iranien, Kadhafi a consacré toute sa carrière et toutes les ressources du pays pour «exporter» sa révolution qu’il appelle «la troisième théorie». Aussi, et pour mieux comprendre le fonctionnement du pouvoir en Libye, il y a lieu de préciser que toute déclaration de Kadhafi, sur quelque sujet que ce soit, a valeur de… décret applicable sur le champ !
K. A.


