Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

  • L’Anglais n’est pas rancunier, et le Japonais est juste un peu en retard !

     

    • Visite surprise du Premier ministre britannique en Algérie. Quand même ! Ça ne se fait pas ! Il aurait pu… … prévenir avant, passer un coup de fil ! L’Anglais n’est pas rancunier ! Il peut être gueulard. Il peut trépigner. Il peut trembler du menton comme tremble la gelée anglaise, cette odieuse gélatine vert fluo que l’on vous sert au petit déjeuner au Royaume-Uni, malgré les recommandations du Conseil de sécurité sur les armes culinaires de destruction massive, mais l’Anglais, au fond, n’est pas rancunier. Il peut ainsi vous reprocher à chaud de ne pas l’appeler plus souvent, de ne pas lui donner de vos nouvelles, mais aussitôt après, c’est lui qui vient vous rendre visite. L’Anglais est tellement prévenant qu’il peut vous expliquer que ce n’est pas de votre faute si vous ne l’avez pas appelé, mais bien plutôt celle de son portable pas assez réceptif ! C’est dire si l’Anglais n’est pas rancunier. Il est tellement peu rancunier qu’au lieu de vous faire porter le chapeau lorsqu’un truc ne fonctionne pas, il s’empresse d’houspiller les siens, de les accuser de négligence et de leur intimer l’ordre de se réorganiser. Non, assurément, l’Anglais n’est pas rancunier. Il n’hésite pas, malgré la crise, malgré la perspective d’un référendum sur la nécessité ou pas pour le Royaume de Sa Majesté de rester dans l’Union européenne, à annuler tous ses rendez-vous, à laisser poireauter un tas de gens importants devant le 10 Downing Street et à prendre l’avion pour venir partager le thé avec vous. Mieux encore ! Il ne rouspétera à aucun moment si vous ne lui servez pas de l’infâme pudding pour accompagner le thé. Bien au contraire, il dira tout le bien qu’il ne pense peut-être pas des «makroutes» et autres «knid’lates» que vous l’inviterez à goûter. L’Anglais est comme ça ! Quand il peut distribuer des BP, des bons points, il ne s’en prive pas ! Et dire que de mauvaises langues lui ont attribué cette étiquette horrible de sujet de la Perfide Albion ! Non ! Médisance ! Racontars ! Et surtout calomnie. Car l’Anglais, en plus de ne pas être rancunier, est totalement désintéressé. Je dois dire que l’Anglais n’est pas seul à avoir de telles qualités. Je vous ai déjà parlé du Japonais, le Nippon ? Non ? Eh bien, figurez-vous que le Japonais n’est pas rancunier. Il peut être gueulard. Il peut trépigner. Il peut trembler du menton comme tremblerait une geisha novice conviée à divertir une assemblée d’honorables membres de la Triade, mais au fond, le Japonais n’est pas rancunier. Il est juste un peu en retard, à l’aéroport Houari- Boumediène. En l’attendant, je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue. H. L.
  • LE SNAPAP INTERPELLE SELLAL ET MENACE :Grève multisectorielle des fonctionnaires en février


    Retour à la contestation dans la Fonction publique. Le Syndicat national autonome des personnels de l’administration publique, Snapap, appelle les fonctionnaires de 36 secteurs à débrayer les 18, 19 et 20 février prochain. Le syndicat menace de paralyser l’ensemble des administrations si sa plateforme de revendications n’est pas satisfaite.
    Nawal Imès - Alger (Le Soir) - Après avoir été à l’origine de plusieurs grèves sectorielles, le Snapap change de stratégie en ne s’adressant plus aux ministères dont dépendent les fonctionnaires mais au Premier ministre. Lassé de recevoir les mêmes réponses des différents ministres sollicités et suite à plus de 14 rencontres avec les représentants de ces derniers en 2012, le Snapap saisit le Premier ministre et menace : si aucune réponse favorable n’est donnée, le recours à la grève sera inévitable. Le conseil national du syndicat autonome a validé une plateforme de revendications comprenant onze points avec à leur tête la réhabilitation des corps communs qui, aux dires de Lemili Layachi, chargé de l’organique du Snapap, est le plus défavorisé. Le Snapap considère en effet que les chauffeurs, les agents administratifs et les gardiens, pour ne citer que ceux-là, sont lésés au mépris de la loi qui évoque une égalité entre les fonctionnaires. Pour mettre fin à cette situation, le syndicat appelle à la révision du décret exécutif relatif au statut particulier des fonctionnaires appartenant aux corps communs et celui relatif au statut particulier des travailleurs professionnels, chauffeurs et gardiens ainsi que le régime indemnitaire les concernant. Le Snapap revendique également la révision du statut particulier des agents de sécurité. Il appelle également à la titularisation des contractuels qui sont, selon Lemili Layachi, au nombre de 300 000, et à la proposition d’emplois durables aux 600 000 employés dans le cadre du pré-emploi. Le syndicaliste estime que cette proposition est réalisable au regard des statistiques qui font part du départ à la retraite de 20% des fonctionnaires dans les cinq années à venir. Le syndicat exige, d’autre part, le relèvement de la prime de rentabilité, la promotion de manière automatique des employés ayant dix années d’expérience, le classement des titulaires de DEUA à la onzième catégorie au lieu de la dixième actuellement. Il insiste également sur la nécessité d’abroger l’article 87 bis qui freine toute réelle augmentation de salaires. Le syndicat propose la révision à la hausse de la durée du congé de maternité et des heures d’allaitement et la révision du calcul de la retraite. Le Snapap préconise de calculer les pensions sur la base du salaire des trois dernières années et non pas cinq comme c’est le cas actuellement et de procéder à la promotion des personnes en fin de carrière juste avant leur départ afin de leur garantir de meilleures pensions de retraite.
    N. I.

  • À quelques lieues du 10, Downing Street...

     

    Par Maamar Farah
    Nos amis britanniques, ébranlés par le massacre terroriste d'In Aménas, doivent aussi savoir que de telles attaques peuvent frapper n'importe où et si nous avons déjà perdu 200 000 de nos sœurs et frères dans la guerre au terrorisme, faut-il rappeler que l'extrémisme religieux armé a ébranlé même le cœur de Londres ?
    L'Algérie combat le monstre depuis bientôt deux décennies, SEULE. Et pendant tout ce temps-là, la capitale de M. Cameron devenait le sanctuaire de tous les chefs terroristes et de leurs copains prédicateurs djihadistes ! Oui, M. Cameron, vous qui êtes certainement venu pour vous recueillir à la mémoire des disparus d'In Aménas, qui sont aussi nos disparus, dites-vous bien que le poison islamiste guerrier continue à être distillé de chez vous, à quelques lieues du 10, Downing Street, dans des cercles et des lieux de culte squattés par des prêcheurs illuminés qui alimentent la haine déstabilisatrice du Sahel et tueuse d'innocents à In Aménas !
    maamarfarah20@yahoo.fr
    «Je ne dis rien ! Rien du tout ! Je suis toujours traumatisée par le prix du navet qui a dépassé celui des... bananes ! Désormais, il faudra dire d'un mauvais film “c'est une banane !”»
    (Tata Aldjia)

  • La bosse du dromadaire d'In Amenas

    Taille du texte normaleAgrandir la taille du texte

     

    Une vieille dame qui tombe du balcon d'un immeuble, c'est la faute au Printemps arabe. Un accident de train, l'insécurité ou la corruption qui atteint des sommets, c'est encore la faute au Printemps arabe. Depuis quelques jours, le régime et ses petits soldats de la presse, autoproclamés experts en géostratégie globale, tentent de faire passer l'attaque d'In Amenas comme une conséquence directe du Printemps arabe. C'est oublier un peu vite que le terrorisme existe en Algérie depuis 20 ans et qu'il ne s'est jamais réellement arrêté. C'est oublier surtout que Mokhtar Belmokhtar est Algérien, a fait ses études au GIA puis au GSPC pour finir par une post-graduation à AQMI, et que s'il a une dent contre l'Algérie, voire un dentier, sa rancœur ne date pas du Printemps arabe mais d'un vieux dérèglement climatique algérien.

    Bien sûr, la chute du régime libyen a ouvert la voie à d'impressionnants stocks d'armes qui peuvent se retourner contre n'importe qui et l'intervention française a boosté les groupes dormants qui ne sommeillent que d'un seul œil. Mais le problème du terrorisme algérien tout comme le conflit targui ont tous deux plus de deux décennies. Avec le recul, on peut juste dire que pour avoir encore raté l'occasion de réformer le pays en 2011 et 2012, le régime algérien n'a aujourd'hui comme réponse à sa propre incompétence que d'accuser le Printemps arabe de créer du terrorisme alors qu'il est lui-même générateur et exportateur brut de violence. C'est d'ailleurs la seule question à se poser : comment génère-t-on du terrorisme ? L'une des approches est statistique. Sur 100 diplômés chômeurs du Sud arrêtés et mis en prison pour avoir osé manifester et demander du travail, il est probable que cinq d'entre eux choisissent le terrorisme pour exposer leurs revendications plus sérieusement. C'est un débouché comme un autre pour un diplômé de la grande université algérienne.

     

    Chawki Amari
  • Le contrat

    Taille du texte normaleAgrandir la taille du texte

     

    On le sent bien, l'Algérie est en guerre, même si l'on ne sait pas contre qui. Le triste état de son football, dirigé par l'inamovible milliardaire Raouraoua, aura au moins permis aux Algériens de se recentrer sur leurs vrais problèmes. Qui attaque l'Algérie ? La France, l'OTAN ou le Qatar ? A en croire les politiques et analystes, l'Algérie serait une cible à abattre, la prochaine sur la liste des restructurations. Possible, mais il faut voir les choses à grande échelle.

    Vendeuse de champs pétrolifères et achemineuse de gazoducs, l'Algérie est aussi acheteuse de toutes les camelotes européennes, américaines, chinoises ou turques et ne donne pas l'air de vouloir devenir une puissance industrielle concurrentielle. Pourquoi vouloir tuer la vache qui donne autant de lait ? En quoi l'Algérie représente-t-elle une menace ? Par son opposition au libéralisme américano-qatari ? Là aussi, la prudence est de mise, le régime algérien est libéral et docile sauf avec son propre peuple et signe sans hésiter contrats d'équipements et toutes les résolutions internationales. Quand il s'est agi d'appliquer le plan d'ajustement du FMI, l'Algérie l'a fait sans rechigner, en y mettant d'ailleurs du zèle. Quand il s'est ensuite agi de prêter de l'argent au même diabolique FMI, le régime l'a fait aussi sans l'ombre d'une remarque.

    Pourquoi vouloir attaquer l'Algérie avec le risque de détruire le plus formidable client de la région ? Ne reste alors que le projet d'une République islamique sponsorisée par les royaumes féodaux du Golfe. Mais pour en faire quoi  ? Quand on voit tous les projets attribués aux Emiratis et aux Qataris, quand on apprend que même la fabrication du sérum physiologique, simple solution de chlorure de sodium, a été attribuée aux Saoudiens, confirmant ainsi la destruction de Saidal, on se demande bien pourquoi attaquer l'Algérie. Elle sait si bien le faire toute seule.

     

    Chawki Amari
  • Oil attack

     

    Taille du texte normaleAgrandir la taille du texte

     

    Une base de gaz attaquée, l’armée donne l’assaut. Bilan, des morts mais une bonne partie est sauvée, et surtout tous les terroristes meurent. Puis un oléoduc du côté de Bouira, à Djebahia, subit un autre assaut. Bilan, 3 patriotes tués, ne s’y attendant pas. Il est évident qu’après 20 ans de tergiversations et d’hésitations, les groupes armés ont décidé de s’attaquer à l’essence de leur problème, en finir radicalement et détruire la base sur laquelle tout l’édifice est construit, c’est-à-dire s’en prendre au seul produit capable de rapatrier des ressources financières, en dehors des dattes de Tolga.

    Sans rentrer dans la question cruciale, pourquoi l’Algérie ne vit-elle que d’hydrocarbures, la réponse a été très rapide. Toutes les forces de sécurité sont en alerte maximale, les périmètres vitaux d’Arzew ou de Skikda, de Hassi R’mel ou Rhourde Ennouss ont été renforcés, tout comme la moindre bonbonne de gaz, absente l’hiver dernier, est encadrée par la police. Le régime, qui ne voyait que des patriotes, gendarmes, appelés ou civils mourir sous les coups du terrorisme, vient de réaliser qu’il s’agit d’une question de survie. Même Club des Pins n’est plus à l’abri, même les dirigeants craignent pour leurs salaires et les bons d’essence de leurs voitures de fonction.

    Leurs enfants ont peur pour leurs bourses à l’étranger et leurs femmes s’interrogent sérieusement sur le devenir de leurs soins esthétiques en Suisse. Finalement, aujourd’hui, toute l’Algérie est sous le coup de la même menace, unie dans la peur du lendemain, avec avantage à la population qui ne croit plus au futur depuis longtemps. Il n’y a que les scientifiques qui aiment à rappeler que la datte contient des protéines, des lipides et des glucides ainsi que des oligoéléments et des vitamines de toutes sortes. C’est un aliment complet. Mais même Mokhtar Belmokhtar n’a jamais pensé à attaquer une palmeraie.

     

    Chawki Amari
  • Nouvelle tension dans la santé publique

     

    Grève de trois jours à partir d’aujourd’hui

    Par : Malika Ben

    La Fédération nationale du secteur de la santé publique accuse la tutelle de ne pas assumer ses responsabilités.

    Les hôpitaux et autres structures relevant du ministère de la Santé seront une fois de plus perturbés, au grand dam des malades qui ne peuvent se permettre des prestations payantes. Le département de Ziari, qui a réussi récemment à faire baisser la fièvre des paramédicaux pour quelques semaines, n’a pu faire de même avec la Fédération nationale du secteur de la santé publique affiliée au Snapap.
    Le syndicat revient à la charge par trois jours de grève nationale, à compter d’aujourd’hui.
    Une nouvelle action que le premier responsable de la fédération justifie par “la non-prise en charge effective de notre plate-forme de revendications par la tutelle qui s’est contentée de promesses sans lendemain”.
    Il est également reproché aux responsables du ministère de la Santé “leur lenteur dans l’ouverture d’un dialogue sérieux” en vue de débattre des doléances des personnels de la santé publique.
    La rencontre bilatérale, qui a eu lieu le 19 décembre 2012 au siège de la tutelle, n’a finalement pas mis fin au bras de fer entre les deux parties. La fédération “a lancé des actions de protestation, grèves et  rassemblements, qui se sont soldées par une rencontre au siège du ministère, mais il semble que la tutelle ne veut pas assumer ses responsabilités”, note le communiqué. Et d’ajouter que vu la situation, le syndicat s’est concerté avec la base avant de tenir son conseil national qui a approuvé l’option d’un nouveau débrayage les 28, 29 et 30 janvier. Il faut préciser, à ce propos, que la Fédération nationale du secteur de la santé publique compte principalement des corps communs et des paramédicaux qui ont réussi lors de leur dernière grève à paralyser 75% des hôpitaux et structures de santé du territoire national.
    La plate-forme de revendications pour laquelle se bat la fédération ne diffère pas de celle des autres syndicats.
    Il s’agit principalement de l’ouverture d’un dialogue sérieux qui aboutirait à la satisfaction des doléances, révision des statuts particuliers des corps communs, des ouvriers professionnels et des chauffeurs, l’intégration des contractuels et des employés du filet social, augmentation et généralisation de la prime de contagion et révision à la hausse à 100% des primes et indemnités des corps communs et ouvriers professionnels avec effet rétroactif à partir de janvier 2008.
    Le syndicat réclame aussi la promulgation du statut particulier des infirmiers brevetés et des infirmiers chargés des enfants, la révision du statut particulier des assistants anesthésistes, l’abrogation de l’article 87 bis et l’amélioration des conditions de travail.

     


    M B

  • Foot, argent et patrie

     

    Par : Mustapha Hammouche

    Au lendemain de la double défaite de l’équipe nationale de football face à la Tunisie, puis face au Togo, plane comme une atmosphère de sidération. “Pourquoi une légion de bons joueurs de clubs, de grands clubs pour certains, n’ont-ils pas réussi à former une équipe nationale qui gagne ?” se demande-t-on.
    Pour l’heure, côté responsables, on se le demande, et on se tait. Tout en espérant que cette équipe sauve l’honneur dans le prochain match devant la Côte d’Ivoire ; ce qui donnerait les arguments permettant de relativiser la gravité du fiasco.
    Car, pour l’heure, les justifications de l’échec font défaut. Et on ne peut se limiter à accabler le sort et l’arbitrage pour expliquer une telle déroute. L’équipe n’a surtout pas l’excuse des moyens.
    Le onze national est conçu comme une entreprise d’écrémage des athlètes de nationalité algérienne les plus performants à travers les championnats nationaux les plus prestigieux, dont il faut financer, ensuite, la cohésion, et la motivation. Ainsi entendu, l’équipe nationale n’a aucun rapport avec la réalité du football national. Ou peut-être un seul : les deux sont affaire d’argent. On croit pouvoir construire une bonne équipe avec un entraîneur et des joueurs “cotés” tout en se contentant du spectacle d’un championnat où l’argent circule plus aisément que la balle.
    Le pouvoir est généreux avec l’équipe nationale. Et les sponsors, qui conçoivent leurs contributions comme une proposition d’échange de bons procédés avec le pouvoir, rivalisent, aussi, de largesses envers notre porte-drapeau. Mais le football, en tant qu’activité sociale et économique, ne trouve grâce, ni aux yeux du pouvoir ni aux yeux des mécènes de circonstance. Quand les autorités ont précipité “l’élite” du football local dans “le professionnalisme”, elles ont abandonné les clubs éligibles au professionnalisme avec seulement dix milliards de mise de départ. À ce tarif, l’opération revenait, ni plus ni moins, à un abandon en rase campagne. Les capitaux ne se sont pas, non plus, intéressés à cette activité. Celle-ci n’est “patriotique” que lorsqu’elle est pratiquée par une équipe nationale.
    Il y a comme un consensus autour de ce paradoxe : d’un côté, se contenter d’un championnat médiocre et d’un autre côté, s’arranger pour opposer aux autres nations une équipe nationale performante. Mais un paradoxe qui en cache un autre : un championnat qui veut produire de l’argent sans produire du jeu, et une équipe nationale qui veut produire du résultat sans s’encombrer d’un vrai championnat. Ce consensus est tel que, pour la première fois de l’Histoire du football, des supporters d’un club algérois ont manifesté pour que l’État prenne en charge le budget de leur club, comme cela a été fait pour d’autres, par Sonatrach interposée.
    Il est patriotique de soutenir l’équipe nationale, d’y jouer et de la sponsoriser. D’où ce trop d’empressement autour d’elle, un empressement qui n’est pas étranger à sa contre-performance. Dans notre pays, le patriotisme et l’argent sont de vieux compagnons. Si bien que, même en politique, on rassemble les partis du pouvoir, les partis de la rente, la tendance… nationaliste, par opposition aux deux tendances, islamiste et démocratique, qui complètent le paysage politique national à trois couleurs. Ce compagnonnage douteux est à la base de l’échec permanent et global du pays.


  • Géopolitique du terrain vague

     

    Taille du texte normaleAgrandir la taille du texte

     

    On prend les cartes et les équipes, on les mélange et on les redistribue. Des Touareg indépendantistes se révoltent à quelques kilomètres au sud de l'Algérie. Puis l'Azawad se fait dribbler par des islamistes, soutenus par le Qatar, qui s'emparent du Nord-Mali et marquent le premier but. Plus bas, un coup d'Etat a lieu à Bamako et le président est limogé pour mauvais résultats. Un Traoré armé prend sa place et, avec la Cédéao de Ouattara, appelle la France à défendre ses cages et son putsch. La France veut intervenir mais hésite, l'Algérie refuse, les USA observent, le Qatar est en embuscade. La France soutient les militaires maliens, l'Algérie Ançar Eddine, le Qatar les djihadistes et les USA les USA… Le courant ne passe pas. Heureusement, il y a l'avion. Le président français arrive à Alger, reçu comme un empereur. Juste après, c'est l'émir du Qatar, reçu comme un général. Coïncidence ? Il n'y en a pas en géopolitique.

    Le Français repart avec la promesse d'un vague appui à l'intervention. Le Qatari repart ; on ne sait pas ce qu'il a obtenu. L'Algérie continue de négocier avec Ançar Eddine pour une raison inconnue et le groupe finit par attaquer le Sud-Mali, pur suicide. La France intervient avec l'aide de l'espace aérien algérien. Deux scissions s'opèrent subitement : Belmokhtar quitte AQMI pour monter son équipe et attaque l'Algérie à In Amenas ; Ançar Eddine se scinde aussi en deux, avec un nouveau groupe, soutenu par l'Algérie, se déclarant favorable à la négociation. Négocier quoi ? Telle est la question, car le reste est à venir. Le colonel Halilhodzic a perdu la première bataille contre la Tunisie, mais tout n'est pas fini. Face au Togo, l'Algérie a joué le Mali qui a perdu face au Ghana et peut s'entendre avec le Français qui dirige l'équipe nationale pour gagner la Coupe. L'Afrique est complexe et l'Azawad a tout perdu. Ils ne savent pas jouer au football.

     

    Chawki Amari
  • L’ambivalence algérienne, ou le djihad contre l’intégrisme

     

    Par Hakim Laâlam  
    Email : hlaalam@gmail.com
    Les Verts d’Halilhodzic, on leur a demandé de marquer des
    buts, pas de les…

    … arracher !

    Tout le malaise actuel, toute la gymnastique non rythmique qui se déroule dans et hors du Palais sur cette question du Mali et d’In Aménas revient à un seul postulat que nous n’avons pas encore le courage de poser là, sur la table, bien en évidence : comment peut-on prétendre lutter contre le terrorisme intégriste lorsqu’on le considère aujourd’hui encore comme un interlocuteur, une partie au dialogue, parfois un alter-ego ? On ne peut pas afficher comme nous l’avons fait avec raison le slogan «L’Algérie ne négocie pas avec les terroristes preneurs d’otages alors qu’en interne, on a fait pire que négocier avec les frères barbus, on les a tout bonnement anoblis, élevés au rang de victimes de la tragédie nationale. Par son côté déshumanisant, assassin et destructeur de tout autre projet de société qui ne serait pas totalitaire, l’intégrisme ne doit appeler qu’un seul choix : on est avec. Ou on est contre ! On ne peut pas, dans nos murs, accrocher des galons à Hassan Hattab et à ses hommes, et à l’extérieur traiter Belmokhtar de tous les noms. Il n’y a pas de bons terros, et de méchants tangos. Kif-kif ! Bourricots ! Et l’impact foncièrement positif de l’assaut de l’ANP contre le commando de Belmokhtar ne dure que le temps de nos contradictions flagrantes dans la gestion du fait terroriste. Posons juste une question : un terroriste qui viendrait aujourd’hui à déposer les armes et à demander à bénéficier de la loi sur la réconciliation nationale pourrait-il en bénéficier ? Chiche, que quelqu’un me réponde ! Parce que si j’ai bonne mémoire, il devait y avoir une date-buttoir, laquelle date a été «réaménagée», puis mise quasiment aux oubliettes. Alors, oui, aujourd’hui, les portes de la repentance dorée sont de fait toujours ouvertes, béantes. Cette béance à elle seule illustre l’ambivalence de notre politique sécuritaire. On ne peut pas être ferme à In Aménas et mollasson à Alger. Dans cette configuration plutôt tordue, l’éradication du terrorisme est tout simplement impossible. Parce que ce que tu éradiques au Sud, tu le régénères au nord et dans les autres régions du pays sous forme de complaisance outrageante avec les Frères barbus. Et l’intégrisme se nourrit justement de cette contradiction criminelle. Le jour où les plus hautes autorités du pays annonceront la fin officielle des salamalecs avec les terros, la fermeture des portes du retour en République et en pardon, et refuseront systématiquement d’agréer des partis d’obédience islamiste, ce jour-là nous serons en adéquation avec notre réaction d’In Aménas. Nous serons surtout enfin lisibles, clairement lisibles et crédibles sur la question de l’islamisme politique, de l’intégrisme et du terrorisme. Pour l’heure, nous ne le sommes pas. Les paras éliminent du tango au Sud. Et au Nord, des «civils» leur offrent le gîte, le couvert et la… couverture ! Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
    H. L.

  • Davos ou la riposte à Tiguentourine


    Par Mohamed Benchicou
    C'est donc entendu : Mourad Medelci, illustre ministre des Affaires étrangères sous Bouteflika 1er, restera, à l'échelle de nos pauvres postérités, notre pâle comte de Champigny. En lâchant, l'autre samedi à Davos, devant les journalistes américains de l'agence Associated Press que «les forces de sécurité algériennes ont commis des erreurs dans la prise d’otages du site d’In Aménas», notre ministre des Affaires étrangères confirmait avec brio que le métier de chef de la diplomatie, en autocratie, a ceci de pratique qu'il vous dispense de subtilité et, à l'inverse, cela de pénible qu'il vous en exige au-delà de ce que peut produire un esprit commun.
    Selon que vous vous soumettiez au premier postulat ou que vous vous aventuriez à titiller le second, vous serez comte de Champagny ou Talleyrand. Le premier, «simple exécutant, discipliné et soumis», a succédé au second, «diable boiteux», mais sans jamais le remplacer. Ainsi va la mémoire implacable de l'humanité qui ne retient du temps et des actions des hommes que les fulgurances et les audaces. Talleyrand, visionnaire, admiré ou détesté, incarnation de l'esprit et de l'intelligence, du cynisme parfois, inspirera moult études historiques et artistiques. Notre Medelci se suffit, lui, de l’humble prestige nourricier du porte-voix du monarque. Car enfin, il n'a échappé à personne que cette affirmation brutale et sans panache selon laquelle «les forces de sécurité algériennes ont commis des erreurs dans la prise d’otages du site d’In Aménas», qui va à contrecourant des déclarations des grands de ce monde, n'était qu'une piteuse contre-offensive dans une basse compétition politicienne réglée sur les présidentielles de 2014. Dans le langage militaire, on appelle ça un «coup de main». Sous plusieurs aspects, ça le fut. Un «coup de main» à Bouteflika chef de l'État, et dont Tiguentourine avait significativement altéré l'image en même temps qu’elle avait rehaussé, contre toute attente, celle des généraux. Un «coup de main» pour Bouteflika futur candidat de 2014, dont un éminent observateur qui cumule l'expérience de l'ex-colonel du DRS et la clairvoyance du politologue, affirmait sur France 24 que «l’épisode d’In Aménas aura des répercussions sur [son] éventuelle candidature». Par la bouche de Medelci, promu ce samedi-là à Davos, torpille de riposte, le clan présidentiel répliquait à Tiguentourine qui avait tant discrédité Bouteflika, en tentant, à son tour, de dévaloriser l'image de l'armée algérienne. Et tant pis si Medelci, à Davos, désavouait, en preux chevalier au service de Sa Majesté, jusqu’à son propre Premier ministre, Abdelmalek Sellal qui, la veille, de la tribune du 20e sommet ordinaire de l’Union africaine où il représente le président Bouteflika, martelait que «le professionnalisme et les choix judicieux» de l’armée algérienne «ont permis de sauver des centaines de vies, et d’éviter les conséquences, assurément désastreuses, si la destruction du site gazier n’a pas été empêchée». Après tout, dira-t-on, ce n’est qu’une cacophonie qui s’ajoute à tant d’autres… Sans doute. Mais cette cacophonie-là a de la résonance. Par la voix de Medelci, le clan Bouteflika contredisait toutes ces voix algériennes et étrangères qui n'avaient vu dans l'opération militaire de Tiguentourine ni «erreurs» ni «aveuglement», mais seulement «l’efficace intervention et l’opération réussie», pour reprendre Mme Hanoune dont il faut bien relever, parfois, les insoupçonnables instants de lucidité. Il démentait l'Union européenne (UE) dont on retient l'«appui» aux mesures prises par les autorités algériennes pour limiter les pertes en vies humaines et préserver les installations économiques ; il démentait la Maison-Blanche qui rappella, avec tant de solennité, que la priorité est de repousser les hordes intégristes qui entendent s’emparer du Sahel. Tiguentourine a changé le contexte : nous ne sommes plus dans la phase de culpabilisation, j’allais dire de tétanisation, des généraux, la période de l’épouvantail-TPI et du juge suisse auditionnant un ancien ministre de la Défense ; nous sommes dans un cycle inattendu où le chef militaire algérien devient exécuteur d’un vaste projet de délivrance qui concerne une partie non négligeable de l’humanité. Ce qui provoque l’émoi du clan présidentiel, c’est que Tiguentourine a retourné contre Bouteflika jusqu’à ses supposés alliés. Les royaumes, du Conseil de coopération du Golfe (CCG) qui a «fermement» condamné l'acte terroriste et plaidé pour une «action commune dans la lutte contre le terrorisme et l'extrémisme», au Maroc qui a exprimé sa solidarité avec l'Algérie, ont paru changer de camp. Il va jusqu’à l’Otan, dont un membre singulier, la Turquie, a préconisé «l'unité et la solidarité de la communauté internationale», pour conforter les chefs militaires dans leur choix. Cela dit, la sortie de Medelci ressemble bien à un hommage discret à Talleyrand qui a de tout temps pensé que «le meilleur moyen de renverser un gouvernement, c'est d'en faire partie».
    M. B.