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  • toxicomanie est partout en algerie

     

    La toxicomanie au coeur d'une rencontre régionale : La réalité fait peur…aux chiffres

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    Malgré une légère baisse des produits hallucinogènes saisis, par rapport à l’année dernière, le fléau demeure redoutable.

    La 9ème journée régionale d’étude sur le rôle du pharmacien dans la lutte et la prévention contre la toxicomanie, organisée par le bureau local du syndicat national des pharmaciens d’officine (SNAPO), accompagné par la sûreté de wilaya et la direction de la santé de Constantine, s’est tenue hier au palais de la culture Malek Haddad. Il y avait foule à cette manifestation, rehaussée par la participation de représentants des wilayas de Batna, Guelma, Sétif, Oum El Bouaghi et Jijel, ce dont s’est félicité Abdelkrim Bouhrid, président du SNAPO, conscient par ailleurs des retombées positives d’une telle rencontre. «L’identification du rôle du pharmacien d’officine et la gestion des psychotropes est indispensable pour réduire les dangers de la drogue», a-t-il déclaré. «Nous avons programmé une campagne de sensibilisation pour la lutte contre la toxicomanie, notamment au niveau des officines de la wilaya par la distribution d’affichettes portant des consignes de prise en charge avec orientation des malades», a-t-il assuré.

    Il faut espérer, ajoute-t-il, que cette campagne fera bouger les choses et inciter les autorités de tutelle, la société civile et le mouvement associatif à s’impliquer davantage. Ceux-ci seraient, selon lui, trop en retrait par rapport à l’ampleur du phénomène et des tâches à accomplir pour s’opposer sérieusement à ce fléau. D’autre part, le commandant Mustapha Benaïni, le chef de la sûreté nationale de la wilaya, a avancé que le taux de consommation de drogue a considérablement augmenté durant ces dernières années. «Nos services ont eu à saisir 5, 478 52 kg de kif traité, 3 633 comprimés de psychotropes et 760 kg de résine de cannabis au cours des dix derniers mois de l’année en cours, avec toutefois une légère baisse par rapport à 2010 avec 7, 194 kg de kif traité et 3 510 comprimés de psychotropes», a-t-il fait savoir. La frange sociale la plus touchée par le fléau, est, selon lui, celle des jeunes. «Nous avons inscrit 1434 cas de détention dont 2 706 adultes et 62 mineurs», précise-t-il.


    L’écoute est essentielle


    Ce qui représente, de ce point de vue, un sacré challenge, estime Samir Hamidi, chargé de la communication et de l’action sociale à la direction de la sûreté nationale. «Les structures d’accueil, d’écoute et de prise en charge des toxicomanes font cruellement défaut en Algérie, ce qui influe négativement sur les missions du centre national de désintoxication de Blida, une structure largement dépassée par l’importance de la demande, et de ce fait ne pouvant répondre correctement à ses missions», relève-t-il. Ceci dit, poursuit-il, il faut parer au plus pressé, et dans ce cadre la prévention est essentielle pour faire avancer les choses. D’où la mise en œuvre, à la faveur de cette journée, d’un SAMU scolaire et de deux psychobus.
    L’un des deux a pour mission de porter la bonne parole au niveau de quatre établissements scolaires de Constantine, où seront animés des ateliers visant à sensibiliser nos potaches sur les dangers des stupéfiants sous toutes leurs formes et déterminer leur niveau de connaissance du phénomène.

    Les deux psychobus ont été positionnés respectivement à hauteur de la place du 1er Novembre, au cœur du Vieux Rocher, et au niveau de la cité Daksi où, selon notre interlocuteur,  tout est mis en œuvre pour écouter et orienter en toute discrétion les jeunes qui se présenteront devant des éducateurs spécialisés et des psychologues. Au bout du compte, souligne-t-il, une fois leur degré de dépendance analysé, les jeunes qui auront fait cette démarche seront orientés vers le centre intermédiaire de soins aux toxicomanes, sis au niveau de l’agglomération d’El Khroub.
    Un établissement où la prise en charge des toxicomanes est assurée par une équipe pluridisciplinaire composée de 5 psychologues cliniciens, un neurologue, un médecin généraliste et une assistante sociale. Malheureusement et dans la plupart des cas, seule une minorité des toxicomanes va jusqu’au bout de la démarche, déplore le représentant de la sûreté nationale.
     

    Ahmed Boussaïd et Ratiba B.
  • Ilyès Benyoucef est rentré hier en France

    Expulsé le 2 novembre dernier

     

    Par :

    Le lycéen algérien, Ilyès Benyoucef est finalement retourné ce samedi en France. La mobilisation de ses camarades relayée par le réseau éducation sans frontière (RESF) a finalement payé. A la demande expresse du ministre de l’intérieur, Claude Guéant, la préfecture accorde un titre de séjour « à titre exceptionnel et humanitaire».  L’affaire avait fait, à juste titre, un boucan qui a vraisemblablement résonné jusqu’au ministère de l’intérieur.  Le 10 novembre, au lendemain d’une manifestation de 700 lycéens réclamant son retour, Claude Guéant ordonne au préfet de Saône et Loire d’inviter Ilyès Benyoucef à « déposer une demande de visa long séjour », a fait savoir le réseau éducation sans frontière qui s’est emparé de l’affaire pour faire valoir les droits d’Ilyès.

    Après une expulsion manu militari à l’aube de sa majorité provoquant l’émoi général au sein du lycée qu’il fréquentait, c’est la stupeur qui s’empare de Montceau Les Mines, la ville où vivait Ilyès. Alors qu’une procédure de demande de titre de séjour a été déposée par Ilyès à l’approche de sa majorité comme c’est d’usage. Sa demande déboutée, Ilyès fût arrêté au domicile de ses parents, en l’absence de ses derniers, pour être emmené au commissariat. Le comble de l’aberration, les policiers laissent un mot aux parents pour leur indiquant qu’il détenait Ilyès. Ensuite, emballement de la procédure, direction l’aéroport de Lyon pour être embarqué dans un avion à destination d’Alger. Ilyès a été expulsé le 2 novembre. Bien que ses parents, originaires de Batna dont le père est chirurgien-dentiste, et ses deux frères résident en France de manière régulière en possession de titres de séjour en règle, Ilyès, des bancs du lycée se retrouve du jour au lendemain chassé du territoire. Pour hâter la procédure d’expulsion, la préfecture se défausse en expliquant avoir perdu le recours gracieux déposée par le jeune Ilyès. Dénouée d’humanité, les méthodes de la préfecture répondent ainsi à une politique du chiffre faisant fi de certains cas qui demande parfois une diligence particulière. L’histoire avait suscité l’émoi dans la ville d’Ilyès à Monceau Les Mines en Bourgogne. Scolarisé depuis janvier 2011 au Lycée Pierrat de Monceau Les Mines, Elève modèle et bons sous tous rapports, personne ne s’attendait à son expulsion, tant le jeune lycéen y était parfaitement intégré. Si bien qu’il avait bénéficié d’un soutien sans faille de toute sa ville. « Tous se sont dressés, manifestant à 6 ou 700 tous les trois jours, faisant signer des milliers de pétitions, sollicitant les interventions d’élus, faisant paraître des articles dans la presse locale et nationale, provoquant l’intervention de syndicats d’enseignants et de la FCPE auprès des ministères. Bref, Ilyès revient parce que la société, et d’abord ses proches, ses enseignants et ses camarades, n’acceptent pas les façons de voyou, le kidnapping et l’expulsion minute, du ministre Guéant. », Souligne le réseau éducation sans frontière (RESF)

    Bien que la fin de l’aventure fût heureuse, il n’en demeure pas moins que les méthodes brutales du ministère de Claude Guéant restent intolérables. Selon RESF « En pleine campagne de promotion de son candidat, M. Guéant multiplie les déclarations et les provocations à l’encontre des diplômés à qui il interdit d’acquérir une expérience professionnelle en France, fait saccager les campements de Roms, fait chasser de la rue les déboutés du droit d’asile à Beauvais, refuse de régulariser les lycéens. Il faut que tout le monde sache qu’il est aussi possible de le faire reculer, et publiquement, dès lors que les jeunes et la population ne laissent pas faire et que le mouvement menace de durer et de s’étendre(…) Et d’ajouter : « Le retour d’Ilyès est un formidable encouragement pour tous ceux qui sont décidés à ne pas laisser les émules de Le Pen saccager la société ».

    Une correspondance particulière de Lyon, Mounir CHERIFFA

  • no moment.

     

    Dilem Lundi, 21 Novembre 2011 , Édition N°5849 Facebook Imprimer Réagir

    Dilem du 21 Novembre 2011

  • 24 morts en Egypte : L’armée ébranlée

     

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    le 22.11.11 | 01h00 Réagissez

     

    Depuis samedi, les Egyptiens occupent la place Tahrir, au Caire, pour obtenir le départ des militaires du pouvoir, à leur tête le maréchal Hussein Tantaoui qui occupe les fonctions de chef de l’Etat depuis le départ de Hosni Moubarak.

    Ces manifestations se sont transformées en affrontements avec les forces de la police au Caire et dans plusieurs villes, faisant 24 morts, selon l’AFP citant un bilan officiel, de ces trois jours de protestation, rendu public hier. Appréciée durant la protestation populaire qui a provoqué la chute de Hosni Moubarak, l’armée est aujourd’hui discréditée et n’inspire pas confiance. Elle est accusée par les manifestants d’entraver le processus devant mener à un changement démocratique et de vouloir se maintenir au pouvoir, et de surcroît, de poursuivre la politique de répression de l’ère Moubarak. Les militants, parmi eux les Frères musulmans, la force la plus importante du pays, refusent que les principes de la nouvelle Constitution soient rédigés par le gouvernement actuel, dirigé par l’armée, une tâche qui, selon eux, doit incomber au Parlement dont l’élection débute le 28 novembre.

    Une déclaration constitutionnelle est présentée par le gouvernement, qui exemptait en particulier le budget de l’armée de tout contrôle parlementaire. Ce qui a nourri davantage les soupçons des politiques et des manifestants aspirant au changement. A leurs yeux, les militaires veulent perpétuer l’ancien système sans Hosni Moubarak. Pourtant, l’armée s’est engagée à rendre le pouvoir aux civils après l’élection d’un nouveau Président. La date de la présidentielle qui doit suivre les législatives n’est toutefois pas encore connue, ce qui suscite aussi de nombreuses craintes de voir les militaires s’accrocher au pouvoir.  

     

    Démission du ministre de la Culture


    De son côté, le ministre égyptien de la Culture, Emad Abou Ghazi, a présenté sa démission pour protester contre la réaction du gouvernement face aux violences entre manifestants et forces de l’ordre, a rapporté hier l’AFP, citant l’agence officielle égyptienne Mena. «J’ai présenté ma démission pour protester contre la manière avec laquelle le gouvernement a traité les derniers événements sur la place Tahrir» au Caire, a-t-il dit après les affrontements meurtriers entre les forces de l’ordre et des manifestants réclamant la fin du pouvoir militaire. Le ministre a précisé qu’il ne reviendrait pas sur sa démission, présentée dimanche soir en Conseil des ministres.      

     
    La communauté internationale appelle à la retenue


    De leur côté, les Etats-Unis ont appelé «chacun à la retenue» a affirmé hier un porte-parole du Pentagone. «Nous partageons bien sûr l’inquiétude de tout le monde à propos de ces violences et nous appelons chacun à la retenue», a déclaré à la presse le capitaine de vaisseau, John Kirby. Le porte-parole a également confié que le Pentagone est «satisfait de la volonté du Conseil suprême des forces armées (CSFA) d’organiser les élections». A son tour, la France est «vivement préoccupée» par la situation en Egypte, a indiqué le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères. «La France est vivement préoccupée par les affrontements de ces derniers jours. Elle condamne les violences qui ont conduit à la mort de plus de 20 manifestants», a déclaré Bernard Valéro. «Elle appelle à l’esprit de responsabilité de tous dans ces jours critiques», a ajouté le porte-parole du Quai d’Orsay, réitérant «son soutien à la poursuite de la transition démocratique en Egypte, qui doit aboutir en 2012 au transfert du pouvoir à des autorités civiles législatives et exécutives élues».

    Le ministre britannique des Affaires étrangères, William Hague, s’est déclaré pour sa part préoccupé par les violences au Caire, tout en estimant qu’il fallait «rester optimiste sur le Printemps arabe, en dépit des nombreux conflits et difficultés tout au long de la route». Pour W. Hague, «il y a, certes, ces problèmes en Egypte, mais des élections vont avoir lieu et bien sûr». Il a jugé «important» que l’actuel pouvoir militaire au Caire «supervise les prochaines élections» et qu’ensuite «il y ait la transition la plus rapide possible vers un pouvoir démocratique et civil». «Le pouvoir militaire en Egypte a beaucoup de choses à faire», a ajouté le ministre, notamment «mettre fin à l’état d’urgence et à la détention des manifestants». Mais il lui faut aussi «faire preuve d’audace en matière de réformes économiques» et «combattre l’extrémisme et le sectarisme», a-t-il fait valoir. «Il a toutes ces choses à faire, mais je ne pense pas que cela passe par la remise du pouvoir à une autorité non constituée», a-t-il souligné.

    Amnay idir
  • bensallah dans l'embarras les choses serieuses commencent!!!

    ABDELKADER BENSALAH MIS DANS L’EMBARRAS
    Deux projets de loi anticonstitutionnels devant le Sénat !

    Le Conseil de la nation est appelé à examiner deux des nouvelles lois sur les réformes politiques, successivement celle portant sur les cas d’incompatibilité des mandats parlementaires et celle traitant des quotas des femmes dans les assemblées élues. Une simple formalité ? Pas cette fois-ci. Et pour cause.
    Kamel Amarni - Alger (Le Soir) -L’une et l’autre s’avèrent anticonstitutionnelles ! Une source très bien informée nous révèle, en effet, que le gouvernement tente de rattraper le coup avant que cela ne soit trop tard. «Abdelkader Bensalah est vraiment dans une position peu enviable, lui qui hérite d’un autre cadeau empoisonné que lui a légué Abdelaziz Ziari», nous confie notre source. Il s’agit de l’avant-projet de loi sur la représentativité des femmes dans les assemblées élues. «Complètement modifié au niveau de l’Assemblée, le texte voté par les députés n’a plus rien à voir avec celui présenté par le gouvernement. Sur pression de Abdelaziz Belkhadem, la commission juridique a trituré le texte sans pour autant procéder aux simulations d’usage en pareilles circonstances. A savoir examiner l’applicabilité des dispositions modifiées. Or, la commission juridique revoie le taux de la représentativité féminine, initialement fixé à 30% par le gouvernement sans tenir compte des mécanismes de la mise en application en réel, ni de la Constitution.» S’agissant de la première tare, l’applicabilité impossible de ces dispositions, l’on cite par exemple le cas d’une législative et des quotas réservés aux femmes sur les listes électorales pour la communauté algérienne à l’étranger. Le nombre total des sièges de la communauté est de huit, dont quatre rien que pour la communauté établie en France. Pour le reste des circonscriptions (reste de l’Europe, Amérique du Nord et Asie, Maghreb arabe et le reste du monde arabe), il est prévu un siège chacune. «Comment dès lors faire appliquer la parité pour un seul siège comme prévu par la commission juridique de l’APN ?» ironise notre source. Au niveau national, la même commission juridique prévoit des taux respectifs de 40% pour Alger, de 35% pour Oran, Sétif et Tizi Ouzou, 30% pour trente wilayas et 20 % pour quatorze autres wilayas. Pour ces quatorze dernières wilayas, le cas relève également de l’insolite. Pour la simple raison qu’il s’agit des wilayas dont le nombre de sièges à se disputer est de quatre et moins. Or, 20% de 4, c’est 0.8 ! «C’est mathématiquement juste, mais humainement irréalisable ! Nos députés sont dans l’irréel. Et c’est inadmissible lorsqu’on sait que le président de l’APN a, à sa disposition, une armée de conseillers», fera remarquer notre source. Des conseillers qui auraient également pu aisément lever l’autre entorse, constitutionnelle celle-là, faite en procédant à la répartition des quotas à des taux différents entre les wilayas. «De quel droit accorde-t-on aux femmes d’Alger 40% et celles du Sud par exemple 20% seulement ?» Une répartition en tout cas qui tombe en parfaite violation de l’article 29 de la Constitution algérienne qui stipule ce qui suit : «Les citoyens sont égaux devant la loi, sans que puisse prévaloir aucune discrimination pour cause de naissance, de race, de sexe, d’opinion ou de toute autre condition ou circonstance personnelle ou sociale.» C’est dire que, même si le Sénat adopte la loi telle que modifiée par l’APN, elle sera invalidée par le Conseil constitutionnel ! «Des tractations sont en cours d’ailleurs pour que les membres du Conseil de la nation puissent, comme ils en émettent le vœu, procéder à un vote article par article. Cela passe par une réunion des membres des bureaux des deux chambres du Parlement», nous confie encore notre source. Les cas d’incompatibilité ? C’est tranché depuis 1989 ! L’Assemblée populaire nationale et le gouvernement se partagent par ailleurs la responsabilité d’avoir fait adopter un autre texte de loi en violation de la Constitution : la loi sur les cas d’incompatibilité des mandats parlementaires. Telle qu’approuvée par les députés jusque-là, cette loi dispense deux catégories professionnelles, les professeurs d’université et les professeurs de médecine de la contrainte de ne pas cumuler exercice du mandat et celui de leur profession. C’était exactement ce que prévoyait l’article 8 de la loi 89-14 portant statut du député adopté en été 1989, déjà. Mais qui sera invalidé par le Conseil constitutionnel par arrêté n° 2-83 du 30 août 1989, faisant référence aux dispositions du même article 29 de la Constitution cité plus haut ! Le même projet de loi est présenté aujourd’hui, mardi, au niveau du Sénat par le ministre de la Justice, Tayeb Belaïz. Sans la moindre chance de voir le jour, un jour...
    K. A.

  • La plainte contre l’ex-inspecteur général du ministère de la Justice relancée

    LE MAGISTRAT ABDALLAH HABOUL OBTIENT GAIN DE CAUSE

    La chambre d’accusation près la cour d’Alger a décidé, hier, de relancer la plainte pour «offense et insulte» introduite par le magistrat Abdallah Haboul contre Ali Badaoui, l’ex-inspecteur général du ministère de la Justice.
    Tarek Hafid - Alger (Le Soir) - Le doyen des juges d’instruction du tribunal de Bir Mourad Raïs devra rouvrir l’affaire Haboul - Badaoui après s’être déclaré «incompétent» sous prétexte de «non-paiement du plaignant». La décision a été prise, hier, par la chambre d’accusation près la cour d’Alger après avoir examiné le dossier durant plusieurs heures. Une victoire pour le magistrat Abdallah Haboul et ses avocats, Abdelhamid Rehioui et Mohamed Ras El Aïn, l’ex-secrétaire général du Syndicat national des magistrats. Dimanche, lors des plaidoiries, les deux avocats s’étaient attelés à démontrer la situation de blocage induite par le refus du doyen des juges d’instruction de Bir Mourad Raïs de fixer le montant de la caution. Une situation, ont-ils précisé, «contraire aux dispositions des articles 73 et 75 du code pénal». Dans son arrêt, la chambre d’accusation de la cour d’Alger a exigé du magistrat instructeur de fixer le montant de la caution et d’ouvrir une information judiciaire. Dans le cadre de cette procédure, il devra convoquer et entendre le plaignant, le mis en cause ainsi que tous les membres de la commission de discipline du Conseil supérieur de la magistrature présents en 2005 lorsque Ali Badaoui a qualifié Abdallah Haboul de «magistrat indigne». Ancien membre de la section syndicale SNM dans la wilaya de Constantine, Abdallah Haboul avait été muté en 2004 en qualité de procureur de la République dans la wilaya d’El-Bordj. Après quelques mois d’exercice, il a fait l’objet d’une suspension pour retard à une audience et absence à deux cours d’informatique. Il sera ensuite déféré devant la commission de discipline du Conseil supérieur de la magistrature où il a été pris à partie par l’ex-inspecteur général du ministère de la Justice. Notons que suite à cette affaire, le magistrat avait introduit deux plaintes administratives auprès de la tutelle. Des procédures qui sont restées sans suite. Il décide alors de saisir la justice, mais la première plainte pour offense et insulte déposée devant le tribunal de Bir Mourad Raïs disparaît mystérieusement. La seconde procédure, introduite en 2008, sera finalement «ralentie» par le doyen des juges d’instruction qui a refusé de fixer la caution à payer par le plaignant. Rappelons que Ali Badaoui a été relevé de ses fonctions en mars 2011 suite à un vaste mouvement de protestation organisé par des magistrats.
    T. H.

  • les 50 tonnes archives remis au clan d'oudja c'est une blague!!!!!

    DAHO OULD KABLIA

    «L'Algérie a récupéré 50 tonnes d'archives»

    Par
     
    «L'Algérie a récupéré 50 tonnes d'archives»

    «L'Algérie aurait pu s'offrir un Etat démocratique si le Gpra avait continué la gestion de la transition post-indépendance.»

    Le ministre de l'Intérieur et des Collectivités locales, Daho Ould Kablia, a déclaré, hier, dans les colonnes du journal arabophone Ennahar, que l'Algérie a récupéré 50 tonnes d'archives à partir de la Tunisie.
    Selon lui, ces archives sont dans les tiroirs du ministère de la Défense et elles seront ouvertes le moment venu. S'exprimant au nom du Malg (ministère de l'Armement et des Liaisons générales), M.Ould Kablia a indiqué que ce département «a fourni à l'Algérie indépendante entre 16 à 19 walis et 21 ministres».
    L'invité d'Ennahar a soutenu que «le Malg assumait des responsabilités hautement importantes lors de la Révolution de Novembre 1954 dans l'acquisition des armes et leur fabrication ainsi que dans la transmission des renseignements», relevant que le succès militaire et les coups portés à l'ennemi par les services du Malg ont connu une montée en cadence prodigieuse.
    Dans le même contexte, il a fait savoir que le Malg connaissait les véritables relais de la Révolution algérienne dont l'existence même les chefs suprêmes du Front de libération nationale (FLN) ignoraient complètement. Pour l' invité du quotidien arabophone Ennahar, le Malg constituait la première école des services secrets de la Révolution, qui avait formé et instruit des stratèges et spécialistes dans divers domaines sensibles, à commencer par le renseignement, l'armement, le suivi et l'analyse des stratégies mises en place par l'entreprise coloniale pour détruire les mécanismes de base de la Révolution.
    «Le Malg était la première cellule de la Révolution chargée de contrecarrer les agissements des services de contre-espionnage français et de les étudier pour connaître ses points forts et ses faiblesses», a témoigné l'ex-responsable du ministère de l'Armement et des Liaisons générales, ajoutant que c'est également le Malg qui s'occupait de l'achat et l'acheminement des armes de l'extérieur pour les introduire à l'intérieur du pays où les troupes du FLN menaient une guerre contre la France. «On a beaucoup parlé sur les armes introduites en Algérie via des réseaux étrangers, mais on a oublié de dire que Abdelhafid Boussouf était le seul et l'unique, qui avait enrôlé et recruté des étrangers dans les rangs de la Révolution», a précisé Daho Ould Kabilia.
    Par ailleurs, le ministre de l'Intérieur et des Collectivités locales a indiqué que c'était durant l'année 1957 qu'il avait pris contact en France avec des membres de la Révolution.
    «Je suis rentré au pays durant l'année 1957, soit après la grève des 8 jours, pour devenir instructeur à Mascara où ma famille avait élu domicile», a-t-il précisé. Abordant l'itinéraire de sa famille, Daho Ould Kablia a fait savoir que son père est sorti de l'armée française en 1924, avant de rejoindre durant les années 1930 l'Ecole des officiers de la gendarmerie se trouvant au Maroc. Une école qui, a-t-il expliqué, était sous la tutelle du trio France, Espagne et Italie.
    Né au Maroc avec ses trois frères dont la chahida Zoubida assassinée par un commando français, à Mascara lors d'une embuscade en 1958, Daho Ould Kablia s'est inscrit dans les rangs du Malg, dirigé par Boussouf. Ce dernier demeure à ses yeux l'un des architectes du Malg qui, au lendemain de l'Indépendance, a fourni la majorité des cadres de l'Algérie.
    Sur un autre chapitre, l'invité du quotidien arabophone Ennahar a affirmé que l'Algérie a récupéré 50 tonnes de documents et archives de la Révolution à partir de Trablesse (Tunisie), qui sont aujourd'hui au ministère de la Défense nationale. Ces archives seront ouvertes et mises à la disposition des spécialistes de l'Histoire au moment opportun. S'agissant des archives de la Révolution se trouvant en France, Daho Ould Kablia a soutenu qu'il est du devoir de l'Algérie de les récupérer; elles sont entre les mains de la France.
    Ces archives que certains, a-t-il expliqué, pensent qu'elles peuvent nuire et permettre d'accuser des hauts responsables de l'Etat de trahison durant la Révolution, se trompent.
    «On peut qualifier certains événements qui se sont déroulés durant la Révolution de négatifs, mais il y en a eu beaucoup de positifs», a-t-il argué, avant de renchérir qu'il y a toujours eu dans les guerre des erreurs.
    Et en évoquant le Gouvernement provisoire de la République algérienne (Gpra), le président de l'Association des anciens du Malg a, en effet, regretté la fin de mission de cette institution qui aurait dû continuer son activité après l'Indépendance.
    «Si le Gpra avait continué la gestion et l'orientation des affaires du pays, l'Algérie aurait pu s'offrir un Etat démocratique où la justice sociale et le développement auraient été atteints, il y a bien longtemps», a tenu à préciser enfin Daho Ould Kablia.

  • Il s’est immolé à Ouargla : L'avocat au chômage Abdellah Kebaïli succombe à ses brûlures


    | Hassan Madi

     

    Abdellah Kebaïli, 25 ans, avocat au chômage qui s'est immolé le 14 novembre dernier au sein même de la Direction de l'emploi de la wilaya de Ouargla (plus de 800 kms au sud d’Alger), a succombé à ses blessures, lundi 21 novembre à 10 heures au Centre des brûlés de l’avenue pasteur (Alger Centre). Diplômé de droit, titulaire d'un CAPA, l'avocat n'a pas réussi à trouver un emploi en dépit de ses multiples démarches auprès de l'administration.


    L’information a été confirmée par Madani El Madani, membre et militant de la section de la ligue algérienne pour la défense des droits de l'homme (LADDH) à Ouargla, joint au téléphone par DNA.

    « Abdellah Kebaïli a succombé à ses blessures ce matin au Centres des brûlés d’Alger. N’étant pas transféré à temps, le jeune avocat a rendu l’âme à cause d’une prise en charge tardive. Il a fallu l’insistance de sa famille et des militants de LADDH pour que Abdellah soit transféré pa avion à Alger, après qu’il a eu des complications et fait une hypotension », explique Madani El Madani.

    La dépouille du jeune avocat  se trouve encore à la morgue du centre des brûlés où il été hospitalisé.

    Avocat de formation, le jeune Abdellah a tenté de se donner la mort  par immolation dans le bureau du premier responsable de la direction de l'emploi de la wilaya après que toutes les portes se soient  fermées devant lui.

    Le 14 novembre dernier, le jeune demandeur d'emploi est passé à l'acte fatidique en mettant le feu à ses vêtements après s'être aspergé d'essence.

    « Le cas de ce jeune avocat, licence en droit et CAPA en poche, confirme la bureaucratie et les passe-droits de l’administration locale qui pousse les jeunes au suicide », déplore M. Madani.

    Abdellah Kebaïli avait participé à de nombreuses actions de protestation organisées par les chômeurs de Ouargla, une ville du sud d’Algérie pourtant immensément riche grâce aux sociétés pétrolières qui activent dans la région.

    Un vent de colère a soufflé sur Ouargla à l’annonce de l’immolation du défunt. Des centaines jeunes se sont rassemblés devant le siège de la direction l’emploi pour dénoncer le mépris et l’indifférence des responsables locaux.

    Chaque semaine, des tentatives de suicide par immolation sont signalées aux quatre coins d’Algérie. Depuis janvier 2011, au moins cinq personnes sont mortes des suites de leurs brûlures.

  • Nouvelles révélations : 2,6 millions de dollars largués par avion pour libérer les marins du Blida

    | Farid Alilat et Mourad Khatir


     

     

    Les marins du navire MV Blida, arraisonné le 1 janvier 2011 par des pirates somaliens, ont été libérés après versement d’une rançon de 2,6 millions de dollars. Contrairement aux dénégations des officiels algériens et de l’armateur, les pirates ont bel et bien obtenu le paiement d’une rançon avant de libérer leurs otages le 3 novembre dernier. L’argent, largué en deux colis, a été compté par les membres de l’équipe du vraquier.


    DNA a pu obtenir des témoignages de certains marins qui ont assisté à la remise de l’argent. Pour protéger ces témoins, nous avons décidé de ne pas divulguer leurs identités afin de leur éviter d’éventuelles représailles.

    Samedi 1 janvier 2011. Un groupe de pirates somaliens arraisonnent le vraquier MV Blida, avec à son bord 27 membres d'équipage dont 17 Algériens, à 150 miles au sud-est du port de Salalah (Oman).

    Flibustiers sans foi ni loi, les Somaliens en fait de l’arraisonnement des navires qui croisent aux larges de la Somalie un business lucratif. Mieux, une économie qui leur a rapporté 238 millions de dollars en 2010.

    Mahmoud le Soudanais

    Avec les marins du MV Blida, ils ne feront pas exception.

    Il faudra attendre deux mois pour que les premières négociations démarrent sur le sort des otages. Au cœur des pourparlers, l’argent. Rien que l’argent.

    L’intermédiaire des ravisseurs, Ali, démarche auprès d’un certain Mahmoud, de nationalité soudanaise, lequel négociera au nom de l’armateur. A partir d’Athènes, en Grèce.

    Ce dernier explique que le montant de la rançon sera d’un million de dollars. Pas plus !

    Les pirates s’énervent. Ils s’énervent d’autant plus que leur interlocuteur exige des documents, des formulaires à remplir, des fax à envoyer.

    Bref, tout ce qui a don de mettre en colère les ravisseurs, des voyous de haute mer peu enclins aux procédures bureaucratiques.

    Les premières discussions sont rompues au mois d’août

    Passablement énervés du déroulement des négociations, les pirates chargent leur porte-parole, Mohamoud Haji Ismail, d’envoyer un message très clair : 7 millions de dollars contre la vie des otages.

    « Si le propriétaire du navire ne veut pas payer de rançon, on s’en fiche. On reste sur notre position. Nous avons une négociation avec les affréteurs mais on n’est pas satisfait de rythme de cette négociation. Notre dernier message est que nous passeront les otages au couteau s’ils n’acceptent pas de payer la rançon exigée », prévient Haji Ismail, dans une déclaration au site Somalia Report.

    Devant le refus de l’armateur d’avancer une telle somme d’argent et face à l’intransigeance des autorités algériennes concernant le paiement d’une rançon, les négociations butent. Elles buteront encore plus dans la mesure où les pirates changeront à maintes reprises d’intermédiaires.

    Menaces et privations

    Pour mettre la pression sur l’armateur et sur le gouvernement algérien, les ravisseurs menacent donc d’exécuter les otages et leurs font subir de multiples tortures physiques et morales.

    Menaces de mort, privations de nourritures et de soins, conditions d’hygiènes dégradantes, coups et maltraitances physiques, tout était bon pour accentuer le chantage autour de la vie des marins.

    Bien que ces derniers aient toujours été détenus à bord de leur navire, leurs ravisseurs leurs faisaient souvent changer de place. Ce qui contribue à accentuer davantage cette pression autour des négociateurs.

    Mais par de là les menaces et les privations, les discussions ne se sont jamais rompues.

    Des médicaments, du gasoil, de la nourriture et 21 000 dollars

    Dans le courant du mois d’octobre, Mahmoud arrive à conclure une première vraie transaction avec les pirates : il leur fait livrer des médicaments, du gasoil et de la nourriture pour les otages ainsi qu’une somme de 21 000 dollars.

    Le précieux paquet est largué par hélicoptère au dessus du navire MB Blida. Le dénouement est donc proche.

    C’est ainsi que mardi 11 octobre, les ravisseurs consentent à libérer deux otages, un Algérien et un Ukrainien. Cinq jours plus tard, Azzedine Toudji regagne Alger. Il reste encore 25 membres de l’équipage : 16 Algériens, cinq Ukrainiens, deux Philippins, un jordanien et un Indonésien.

    Pour obtenir leur libération, il faut payer. Combien et comment ?

    Après dix mois de captivité, les négociateurs mandatés par les pirates et l’armateur tombent d’accord sur la somme à verser : 2,6 millions de dollars. La cargaison sera livrée par avion.

    Nous sommes mercredi 2 novembre. Un hélicoptère s’approche  du MVBlida, fait trois rotation autour du navire, prend plusieurs clichés avant que le commandant ne lui accorde l’autorisation de largage.

    L’appareil lâche alors deux colis contenant 1,3 million de dollars chacun, rangés par liasses de 10 000 dollars. Les pirates récupèrent le butin.

    Pour s’assurer que la somme négociée est bel et bien livrée, ils chargent deux membres de l’équipage du vraquier, le commandant de bord ainsi que le chef mécanicien, tous deux de nationalité ukrainienne, de compter l’argent contenu dans les deux colis.

    L’opération durera une bonne demi-heure.

    Le compte est bon, les pirates quittent le MV Blida par petits groupes avec 2,6 millions de dollars entassés dans leur embarcation. Leurs otages sont désormais libres.

    Pas de rançon disent les officiels

    Jeudi 3 novembre, le gouvernement algérien annonce que l’ensemble de l’équipe du MV Blida a été libéré. Acheminés à Alger à bord d’un avion spécial, les 16 marins algériens atterrissent dimanche 13 novembre à l’aéroport militaire de Boufarik.

    Leur retour se fera sous bonne escorte, le ministère des Affaires étrangères ayant décidé d’écarter les journalistes de la presse privée en n'autorisant que la télévison et l’agence d’Etat à approcher les ex-otages.

    Après une semaine à l’hôpital Ain Naâdja, ils sont autorisés à regagner leurs familles.

    Depuis la capture jusqu’à la libération des otages, les officiels algériens se sont employés à nier le principe même de paiement d’une rançon. Nacereddine Mansouri, directeur général d’International Bulk Carriers (IBC), armateur du navire MV Blida, en fera de même.


    Lire l'article original : Nouvelles révélations : 2,6 millions de dollars largués par avion pour libérer les marins du Blida | DNA - Dernières nouvelles d'Algérie

  • Un président, 12 ministres, 10 milliards : Tlemcen, nouveau petit royaume d'Algérie

     Farid Alilat

    Un président de la République originaire de Tlemcen, près de la moitié de ses ministres issus de la même région, une flopée de conseillers, de hauts responsables civils et militaires nommés en raison de leurs origines tlemceniennes et enfin la ville de Tlemcen qui bénéficie de 10 milliards de dollars en projets, le cœur du pouvoir algérien se situe désormais à l’Ouest.


    Au moins deux câbles de l’ambassade américaine à Alger, mis en ligne par le site wikileaks, évoquent cette tribalisation du pouvoir au profit d’une caste de responsables issus d’une seule région d’Algérie : Tlemcen.

    Depuis qu’Abdelaziz Bouteflika, aujourd'hui âgé de 74 ans, est devenu président en 1999, le centre de gravité au sein du pouvoir s’est progressivement déplacé vers l’Ouest, écrit un mémo US en date du 12 septembre 2008.

    « Bouteflika est lui-même originaire de l’ouest, 12 des 34 ministres viennent de Tlemcen ou de wilayas limitrophes, et une majorité de conseillers de Bouteflika proviennent de Tlemcen ou de sa ville natale –officielle- Nedroma », rapporte ce câble.

    Bien qu’officiellement né à Tlemcen le 2 mars 1937, le président algérien a vu le jour dans la ville d’Oujda, au Maroc, où ses parents tenaient commerces.

    Le curseur glissé vers l'Ouest

    Lors d’une rencontre avec des diplomates américains, Fatma Oussedik, sociologue au Centre de Recherche en économie appliquée au développement (CREAD), analyse ce glissement du pouvoir algérien de l’Est vers l’Ouest.

    Au cours des 15 dernières années, dit-elle, il y a eut une volonté délibérée de déplacer les centre des décisions, à telle enseigne que les Algériens considèrent le « gang de Tlemcen » comme étant le véritable détenteur du pouvoir.

    Oussedik explique que « dans les années 1980 et 1990, les centres d’influences se concentraient autour du triangle BTS-un groupe de civils et de militaires originaires de Batna, Tebessa, Souk Ahras.

    A la fin des années 1990, poursuit-elle, des clans rivaux issus de l’ouest ont cherché à arracher le contrôle du pays des mains du BTS.

    « Depuis son élection en 1999, Bouteflika a progressivement remplacé les responsables militaires et civils du BTS avec des personnes loyales issues de la région de Tlemcen », note encore cette universitaire.

    Sur les 7 chefs d'Etat deux sont issus de l'Ouest

    De 1962, date de l’indépendance, à 1999, l’Algérie aura connu sept chefs d’Etat : Ben Bella, Boumediene, Bendjedid, Boudiaf, Kafi, Zeroual et Bouteflika.

    Hormis ce dernier ainsi que Ben Bella, renversé par un coup d’Etat le 19 juin 1965, tous sont issus du centre ou de l’est.

    Si les 5 chefs d’Etat –autoproclamés, élus ou désignés-, et une grande partie de la hiérarchie militaire proviennent de ce qu’on désigne communément en Algérie « clan de l’est » ou les « BTS », les différentes composantes du pouvoir veillaient à assurer une sorte d’équilibre entre les différentes régions d’Algérie, prolongeant ainsi une vieille tradition instaurée au début de la guerre de libération en 1954.

    A l’époque, le pays était divisé en 6 wilayas représentatives de la société algérienne. Même les Algériens installés en France avaient droit à une représentation offciele, à travers la Fédération de France du FLN.

    Bien qu’il ne soit pas gravé dans le marbre de la constitution, ce système s’est perpétué au cours des quatre décennies qui sont suivies l’indépendance, garantissant ainsi un équilibre entre différentes régions du pays.

    Equilibre rompu

    De fait, ce dosage conférait au pouvoir algérien une sorte d’homogénéité entre les différents clans qui le composent.

    C’est donc cet équilibre qui a été rompu depuis l’arrivée au pouvoir du président Bouteflika.

    Subrepticement mais méthodiquement, celui-ci s’est employé avec une très grande habilité, à travers une série de nominations, de dégommages et de mises à l’écart, à promouvoir des personnalités, issues des régions de l’ouest, à de hautes fonctions au sein de tous les appareils de l’Etat.

    Ministères, diplomatie, armée, grande et petite administration, aucune institution n’a échappé au reformatage du disque dur du pouvoir opéré par le chef de l'Etat.

    C’est que pour asseoir son emprise, le président Bouteflika, fin stratège, habile manipuler, fin connaisseur des arcanes du système, s’est appuyé sur des cercles concentriques qui s’articulent autour de sa personne.

    Au coeur du réacteur

    Au fil des années, ces cercles se sont élargis progressivement au point où ils se sont coagulés autour des Bouteflika pour former un noyau dur.

    Au cœur du réacteur, il y a la famille Bouteflika. La mère, décédée en juillet 2009, était le socle autour duquel se soudait la fratrie. Il y a ensuite les frères et les sœurs.

    Autour du président, tous jouent un rôle primordial. Said est conseiller, Mustapha (décédé en juillet 2010), était le médecin personnel alors que l’une des sœurs fait office de cuisinière. Les autres frères, Abdelghani et Abderahim, sont les moins exposés au public.

    Reprofilage du système

    Au-delà de ce pré-carré, il y a les ministres. Ceux qui détiennent ou détenaient les gros ministères : intérieur, justice, affaires étrangères, énergie, santé, solidarité, transport, économie et finances...

    Zerhouni, Temmar, Khelil, Belaiz, Benachnou, Belkhadem, Louh, Ould Abbès, Tou, Medelci, Ould Kablia...Tous sont originaires, ou ayant grandis, dans des régions de l’ouest d’Algérie.

    Tous doivent leurs nominations et/ou leurs maintiens à leurs origines tribales ou à leur capacité à faire allégeance au chef de l'Etat ou à son entourage.

    Le cercle des fidèles et des serviteurs s’élargira plus tard aux ambassadeurs et aux diplomates, aux divers chefs de la hiérarchie militaires, aux walis, aux sous-préfets.

    Au terme d’une présidence qui aura duré 12 ans- et qui dure encore-, Bouteflika aura donc réussi à reprofiler le pouvoir au profit de sa personne, de sa fratrie, ou des hommes issus de sa région. Une sorte de royaume dans la république.

    Tlemcen, capitale d'Algérie

    Pour les diplomates américains, le point culminant de l’emprise des hommes de l’ouest est la désignation en 2011 de Tlemcen « capitale de la culture islamique », initiative pilotée par la ministre de la Culture Khalida Toumi, originaire de Kabylie mais totalement inféodée au clan présidentiel.

    Pourquoi Tlemcen ?

    Le sociologue Daho Djerbal affirme aux Américains que les mérites relatifs de l’héritage islamique de Tlemcen ne justifient pas son choix comme capitale islamique. « Constantine, considère-t-il, est le centre de l’Islam en Algérie. Elle est le berceau des oulémas et fut un temps capitale du Maghreb et rivale de Rome. »

    « L’héritage islamique de Tlemcen est modeste, ajoute-t-il. Son statut de capitale d’un petit royaume entre le 12e et le 15e siècles lui confère davantage un crédit historique qu’islamique. »

    La désignation de Tlemcen comme capitale de la culture islamique aurait pu être anecdotique si cette région n’avait pas bénéficiée d’un traitement particulier de la part du pouvoir central.

    10 milliards pour Tlemcen

    Plus que toute autre wilaya d’Algérie qui en compte 48, Tlemcen aura bénéficié d’une enveloppe de 10 milliards de dollars en projets d’infrastructures au cours des douze dernières années.

    En comparaison, cette enveloppe équivaut presque le montant du projet de la grande autoroute qui devrait relier l’ouest à l’est d’Algérie.

    Tlemcen, une ville plus que choyée

    Au cours d’une visite effectuée par des diplomates américains à Tlemcen en 2008, visite dont le compte rendu est largement rapporté dans un câble datée du 9 décembre 2008, un official algérien leurs révèle que le wali supervise des projets dont les dépenses culminent à 10 milliards de dollars.

    Aéroport, téléphérique, routes, hôtels, bâtiments administratifs campus, logements, c’est une nouvelle ville, moderne, qui émerge à Tlemcen et autour de sa périphérie.

    Si les pouvoirs publics ont généreusement arrosé Tlemcen, il semble que cette manne providentielle n’a pas contribué à faire de cette ville un pôle économique.

    « A l'ombre de ces grands projets publics, le climat socio-économique à Tlemcen semble stagner et souffre du même manque de dynamisme constaté ailleurs dans le pays », note le document de l’ambassade américaine.

    Peu importe. L’essentiel est de faire de Tlemcen et des ses hommes le cœur du pouvoir en Algérie.


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  • les bus d'ouyahia du cous ne sont pas fictifs

    Ahmed Ouyahia attaque Ferhat Mehenni

    Par |
    Ferhat Mehenni

    Le Premier ministre algérien et secrétaire général du Rassemblement national démocratique Ahmed Ouyahia s’en est pris, samedi, de M’sila, au chef de file du MAK et fondateur du Gouvernement provisoire kabyle en exil, Ferhat Mehenni.

    Ahmed Ouyahia  s'exprimant dans un meeting, animé samedi à M'sila au nom de son parti, le RND, a vertement taclé Ferhat Mehenni et le MAK (Mouvement pour l'autonomie de la Kabylie) en critiquant sa démarche auprès de l'ONU en sa huitième session de son instance permanente sur les questions autochtones dans le cadre des peuples autochtones du 18 au 29 mai 2009.  Ahmed Ouyahia s’en est pris à l’Autonomie de la Kabylie prônée depuis le Printemps noir de 2001 par le S.G du MAK : "Il n'existe aucune minorité en Algérie étant donné que tous les Algériens sont des Amazighs", a-t-il cru bon de déclarer. Le Premier ministre algérien avait déjà qualifié la proclamation à Paris en juin 2010 d'un gouvernement provisoire kabyle (G.P.K)  de "tintamarre".

    Ferhat Mehenni n'était pas resté insensible à ces propos narquois tenus par le Premier ministre algérien. Dans sa déclaration datée du 3 juin 2010, Ferhat Mehenni fait le parallèle entre les propos d’Ahmed Ouyahia qualifiant de "tintamarre" la création du GPK et ceux tenus par Ali Ammar sur les événements d’octobre 88 : "Du "chahut de gamins" d’octobre 1988 au «tintamarre" du GPK de juin 2010, en passant par le "voyou" de 2001, le pouvoir algérien excelle dans le déni de la réalité y compris au prix de centaines de vies innocentes. Réduire la gravité d’une situation à "ce n’est que" pour la dédramatiser, on l'aura compris, est de l’irresponsabilité." estimant que ces formules expriment "l’inconséquence de leurs auteurs, ces formules assassines sont d’abord l’expression de l’incompétence que l’on cherche à dissimuler derrière l’arrogance, la morgue et le mépris." Dans le même document, Ferhat Mehenni tient à rappeler l’acte déclecheur des évenements du Printemps noir "En 2001, Yazid Zerhouni avait traité de « voyou » le lycéen kabyle, Guermah Massinissa qui venait d’être abattu à bout portant par un gendarme. Cet acte  déclencha la révolte du Printemps Noir en Kabylie où, quelques jours plus tard, il y avait déjà des dizaines de morts parmi les manifestants venus défendre la mémoire de la victime. Ils furent abattus par d’autres gendarmes un peu partout en Kabylie."

    Dans un entretien publié sur son site Siwel, Ferhat Mehenni s’exprimant sur les limites géographique d’une "Kabylie autonome", considère que "c’est un détail" mais  précise tout de même que c’est le pouvoir algérien qui les a fixées : "Le pouvoir voulait organiser en Kabylie, qui était alors en insurrection citoyenne, une session spéciale pour ses lycéens. Il avait donné toutes les circonscriptions où ces épreuves allaient avoir lieu. Malgré lui, il nous avait donné lui-même les limites géographiques de la Kabylie. Mais globalement, disons que les limites géographiques de la Kabylie sont celles de la wlaya III, ajustées aux réalités sociolinguistiques kabyles. Plus précisément, la Kabylie démarre de Ziama Mansouria à l’Est, sur la côte méditerranéenne, jusqu’à Boumerdes à l’Ouest (200 km) et s’étend en profondeur, vers le Sud, jusqu’à Bordj Bou Arréridj (200 km)." Rappelons que le MAK a condamné, vendredi dernier, le rapt du cardiologue, Nacer Djellal, à Ath-Aïssi, à 15 kilomètres au sud de Tizi-Ouzou, et la série de kidnappings en Kabylie. Il a souligné "l'indifférence criminelle" des services de sécurité, accusant le pouvoir algérien par sa passivité à ce phénomène, de terroriser la kabylie :  "La complicité, ou plus exactement la responsabilité, du pouvoir algérien qui actionne ses groupes armés (repentis ou non) et ses voyous pour terroriser la Kabylie puisqu’il avait échoué à la normaliser par la corruption et la manipulation".

  • Djamel Ferhi : "Il est plus aisé de s’insurger en Suisse que dans un pays comme l’Algérie"

     

    alors en "y"va  en suisse ,on s'insurge et on revient.... sur air couscous.

    Par |

    Djamel Ferhi

    "Le bunker ou le requérant d’asile en Suisse" de Djamel Ferhi raconte, dans une forme narrative originale, la vie quotidienne de jeunes immigrés de toute nationalité, demandeurs d’asile en Suisse, parqués dans les camps, des « bunkers » à la périphérie des villes helvétiques.

    Le bunker ou le requérant d’asile en Suisse, roman de Djamel Ferhi (Ed. Chihab, 2010)

    Journal d’un réfugié algérien en terre helvétique

    Ce témoignage d’un requérant d’asile en Suisse  décrit la réalité de la vie quotidienne des bunkers dans lesquels le narrateur, Nazim Gaya, est assigné à résidence. Il  raconte sans fioritures les heurts, les solidarités, les larcins, les amours avec les filles du pays et tout cela, avec gravité, humour dans des univers cosmopolites, multiethniques, dans lesquels les langues, les traditions, les religions, les clans communautaires et les rêves se côtoient, s’affrontent, se neutralisent devant la survie des pensionnaires de l’asile. Des emails sont injectés dans le journal (presque intime) du demandeur d’asile ; des texto sur une relation virtuelle entre le narrateur et une femme, M. Marchand . Ceux-ci renseignent sur le passé de "Nazim Gaya" qui ne décline son identité que dans la brièveté de ces emails comme pour opposer le passé qu’ils évoquent au présent des bunkers. 

    Le bunker, qui est la référence spatiale du récit, trouve son origine dans les fortifications souterraines militaires construites durant les deux guerres mondiales notamment par les Allemands et sont censés résister aux bombardements de l’artillerie lourde. Ils sont généralement situés hors des agglomérations et tenus au secret. Ce terme à lui seul, imagé, traduit l’identité carcérale de ses résidents étrangers au pays d’accueil ou d’écueils qui, pour s’en protéger, les y parque, à la périphérie de petites villes froides, frontalières, sous surveillance, avec un règlement strict, comme dans une prison sans barreau. « Asile », « chalet », « roulottes », employés tout au long du récit, en constituent un champ lexical qui accentue la charge sémantique contenue dans « bunker » et ces termes ne sont pas sans évoquer les expulsions médiatisées des « Roms » du territoire français et la destruction de leurs « camps ».

    Le narrateur, précisons-le, a quitté l’Algérie, non comme un « harrag » mais dans la plus complète légalité. Il a connu, via internet, une femme, mariée divorcée, vivant avec sa fille, Clémentine. Elle lui rend visite en Algérie et l’invite à son tour en Suisse. C’est m. marchand des emails. Il arrive en Suisse où elle l’accueille pour un séjour régulier de 15 jours. Mais, il disparaît de sa vie et ne refait surface que quelques années plus tard dans un email qu’elle reçoit. Il a vécu successivement dans trois bunkers : De Vallorbe à Kreuzelingen, Aarau et Obermumf d’où il rejoint l’aéroport de Zurich pour le retour en Algérie. C’est à Aarau qu’il passe le plus long séjour, qu’il écrit, qu’il pénètre l’inhumanité et l’humanité des résidents, des Russes qui l’adoptent « Victor et Alexei étaient contents que je leur parle de Tchekov, Pouchkine, Gogol, Dostoïevski, Tolstoï et bien d’autres encore et Jean était fier que je lui cite Joseph Conrad et Chopin. Victor, Alexeï et Jean m’adoptèrent. Chaque fois qu’ils se réunissaient, ils m’appelaient pour parler littérature, musique etc. », mais aussi des Polonais, des Palestiniens, des Somaliens, rivés à la télé et les trublions de Tunisiens et Algériens comme lui.

    Il se lie d’amitié avec ses compatriotes, personnages attachants, déjà rompus à l’art de la débrouille par des larcins en tous genres, persuadés qu’ils n’obtiendront pas le droit d’asile en terre helvétique. Alors ils se défoncent à cent à l’heure : vol de portefeuilles, de portables revendus, trafic de drogues dans les bars confinés de petites villes à la périphérie du bunker, la nuit. Ils ne rejoignent l’asile qu’au petit matin. Le narrateur, un moment révolté par l’opulence douteuse de Nounou et Rachid qui lui remettent une partie du butin, finit par s’y ranger, non par cupidité, mais par solidarité dans la précarité la plus totale. Il en devient même le spectateur complice non sans scrupules : « Dans le dortoir du bunker, Rachid tira un portefeuille, de couleur marron foncé, gros comme ça. Il l’ouvrit et en tira tous les billets de banques et la monnaie qu’il recelait et il le remit dans sa poche. Il me dit qu’il jettera le portefeuille, dehors, plus tard. Il se mit à compter l’argent. Il y en avait pour plus de 300 francs. Il me tendit 150 francs en disant : voilà ta part. Je regardai sa main tenant “ma part” d’argent. C’était une véritable fortune. Deux semaines de paie d’un seul coup. Mon cœur me disait de les prendre ? Je dis ça car j’ai un cœur légèrement corrompu sur les bords. Mais une chose est sûre, ma tête s’y refusa…C’est donc ainsi qu’on s’en sort. Avec ce genre d’à-côtés. Cela veut-il dire qu’on ne s’en sort pas avec 77 francs? »

    Nounou et Rachid ont la nostalgie du pays mais ils ne veulent pas y retourner. Ils sont devenus des oiseaux de la nuit qui ont appris à voler malgré leurs ailes brisées. Ils prennent conscience des dangers que vit leur pays, l’Algérie mais ils n’en font pas dans le discours. Le drame est en eux. Grâce à ce requérant d’asile pas comme les autres, lettré, écrivain, anciennement journaliste dans son pays, Nounou et Rachid vont connaître les délices d’ un autre univers. Ils deviennent en quelque sorte des requérants d’amour auprès de jeunes filles des pin-up où ils sont rois, experts des vols à la tire.

    A Aarau, le narrateur vit une relation d’amour charnelle avec Emilie « une anglaise venue vivre en Suisse depuis cinq ans et que j’ai connu début octobre par Internet quand j’étais chez Michèle à Vevey. » Elle compatit à sa situation de réfugié mais, en dépit d’instants de bonheur qu’elle lui procure, il ne cède pas à la tentation d’une relation durable. Il rejoint le bunker sous l’admiration des « siens » pour ses conquêtes amoureuses. Nounou et Rachid vont vivre sur ses pas, des conquêtes féminines équivoques d’ Eve, Noémie et Hélène. Ce qui fera dire à Rachid « 35 ans. Si j’étais resté au pays, je serais demeuré puceau jusqu’au mariage. » Ces conquêtes des filles du pays d’accueil rassurent et donnent l’illusion ou le pouvoir d’une autre conquête : celle du territoire. Nounou et Rachid exorcisent leurs fantasmes sexuels et se libèrent des interdits de leur éducation, de leur personnalité timorée alors même qu’elle est oppressée au quotidien du bunker. Ils se découvrent des dons insoupçonnés, ils sont capables de communiquer avec les filles malgré le handicap de la langue. Ce qu’ils n’ont pas pu faire en Algérie. Leur vraie politique est celle-là. Tout lecteur pourra relever une nette opposition entre le microcosme du bunker, avec son règlement, ses déprimes, ses silences, ses gardiens, ses méfiances et les quelques lueurs des jours de paie misérable d’un côté ; et, de l’autre, l’éclat, les rires, les tournées de bière, avec les filles, leur liberté d’esprit et de corps bien que la plupart soit paumée (l’une d’elle travaille dans un mouroir). A l’absence de vie au bunker, les requérants d’amour se contentent d’illusions de bonheur de ces filles de compagnie. La quête de l’amour, sur fond de mal vie et de tensions psychologiques est une « thérapie » inconsciente. Ce paradoxe rappelle le roman de l’écrivain haïtien, Dany Laferrière ( prix Médicis 2009) Le goût des jeunes filles dans lequel il oppose la joie de vivre des jeunes filles, leur excentricité tapageuse à la noirceur de la dictature du régime de Duvalier. Dans un de ses emails, adressés à m.marchand, « Nazim Gaya » emploie « thérapiser » avec ironie: « Non en effet je ne crois pas que nous soyons en mesure de nous thérapiser :… Mais je ne crois pas non plus que les thérapies soient réservées aux seuls rescapés de guerre. Il y a nombre de simples rescapés de la vie à qui ça fait du bien. »

    Dans ces emails dialogiques, qui s’interfèrent au récit, il y a comme une douce ironie des deux correspondants via hotmail. M. marchand est la destinatrice élue des écrits passés et présents ( du bunker) de son requérant de l’intellect. M. Marchand devient une voix vers la fin du récit. Il semble que sa présence-absence par ses messages sur la littérature, la création littéraire et les doutes qu’elle nourrit, soit plus prenante qu’Emilie et toutes les autres à Aarau.
    L’insertion d’emails dans le corps narratif du texte est sans doute une technique originale, même si leur distribution est par moments inégale et pas toujours cadrée à l’évolution du récit. Mais ce n’est là qu’un détail. La charpente esthétique du roman entre le récit fluide, prenant, authentique et l’insertion de ce moyen de communication universel – l’email – est d’une architecture taillée aux rigueurs et aux urgences des réfugiés du bunker.
    C’est le roman de la rentrée à découvrir, à lire absolument.

    L’entretien avec l'auteur

    L’auteur du Bunker ou le requérant d’asile en Suisse explique, dans cet entretien, la raison pour laquelle son roman est une suite ininterrompue d’emails écrits de ses camps à une amie suisse qu’il a connue en Algérie…  

    Le bunker ou le requérant au droit d’asile est-il un témoignage recueilli et romancé ou est-ce une histoire vécue par l’auteur?
    Djamel Ferhi : L’histoire est authentique. Je l’ai vécue. Je dois vous dire deux choses. Tout d’abord, Nazim Gaya avait en tête de partir dans ce pays pour la durée de son visa. C’est-à-dire 15 jours. Ensuite, il n’avait pas l’intention, au départ, de demander l’asile. Il est parti rendre une visite à une amie connue sur internet qui, auparavant, lui avait rendu visite à Alger. Comme le contact lui a semblé plus que positif, elle a tenu à l’inviter, à son tour, à lui rendre visite chez elle. Ce qu’il a failli ne pas faire. Peut-être par peur de l’avion. Oui, c’est la première fois qu’il allait prendre les airs.

    Le narrateur est un journaliste algérien qui quitte le pays légalement (contrairement aux harragas). Il arrive en terre helvétique où il demande l’asile. Il est ainsi soumis à séjourner dans des « asiles » dont les pensionnaires sont de nationalité cosmopolite. Pourquoi y reconstitue-t-il sa communauté d’origine ?
    Nazim Gaya n’avait que le choix de « reconstituer » sa communauté d’origine pour plusieurs raisons bien que s’il avait été maintenu à Kreuzelingen aux abords du lac de Constance aux frontières de l’Allemagne, il serait resté ami avec les Russes avec lesquels il partageait bien des points communs. Quand on part en exil, surtout forcé, et là je crois que le départ pour le service national en fait partie, on a tendance à se rapprocher de ceux avec lesquels on partage la même culture, les mêmes vue et points de vue, la même langue voire la même religion même si ce dernier point n’est pas le fort de Nazim Gaya. Nazim aurait bien aimé se rapprocher des Noirs Africains, ce qu’il a fait avec une Togolaise à Kreuzelingen, dans le bunker mais ceux-ci faisaient bande à part et étaient occupés avec leur marché de drogue. Ils ne voulaient pas être gênés et ils ne faisaient pas confiance aux « blancs » d’Afrique du Nord. Je rappelle que Nazim s’est lié d’amitié avec Jean le Polonais et Victor et Alexeï, les Russes. Il était même devenu très lié avec Victor comme il était très lié avec Vladimir à Kreuzelingen.

    Il séjourne dans trois « centres » dont le plus important est celui de la ville d’Aarau. C’est le « bunker » du titre. Pourquoi cette expression qui rappelle la période fasciste de l’Allemagne ?
    Le « bunker » comme son nom l’indique se trouve à Aarau, en Argovie. Il est construit dans la forte tradition des bunkers sous un minuscule monticule. Il est tout de béton fait et creusé sous terre. Je pense qu’il est là pour abriter les civils de quelque bombardement… Evidemment, c’est Nazim Gaya qui lui a donné ce nom de « bunker ». Je ne peux rien dire de plus.

    Ces « asiles », situés hors des agglomérations, soumettent les requérants d’asile à un règlement strict N’y a-t-il pas une forme d’aliénation qui accentue l’angoisse et nourrit en eux le sentiment d’être victimes du racisme ?
    Là, on arrive à un point nodal. Pourtant soyons sincères, les réfugiés n’ont-ils pas fui leurs pays d’origine justement à cause des nombreux écueils qu’ils y ont rencontrés parmi « les leurs ? » Cela dit, l’accueil est limite, limite. Je peux vous donner un exemple. Nazim Gaya s’est intéressé tôt à la langue allemande qu’il voulait parfaire après son départ de Kreuzelingen pour Aarau, toute deux villes alémaniques. C’est signe qu’il veut s’intégrer car personne alors ne savait que Nazim Gaya avait l’intention de rentrer aussitôt que possible à Alger… Bien, il a reçu une fin de non recevoir. Oui, je confirme : l’accueil dans les pays d’asile est froid même par les journées chaudes d’été et on n’y fait rien pour briser la glace ou balayer les barrières.

    Pourtant le narrateur et ses amis s’y « adaptent ». Les plus tenaces vivent de larcins, de vols et sont solidaires. Le narrateur, lui, vit même d’étranges histoires d’amour. Est-ce une manière de peindre à rebours l’Algérien harrag décrit par ailleurs sous une certaine morale ?
    On fait bien de mettre ce mot entre guillemets car rares sont ceux qui s’adaptent vraiment. La plupart font plusieurs demandes d’asile dans plusieurs pays d’Europe et vadrouillent ainsi de pays en pays, sans espoir de stabilité. Du reste, il n’y a pas de loi justement au bunker ni de discipline. Pour le reste, l’amour est essentiel pour Nazim Gaya même s’il est sans lendemain.

    Alors que la plupart des requérants tiennent à leur culture, tradition de leur pays d’origine, le narrateur lui s’en insurge malgré les pressions de la vie collective au bunker. Comment l’expliquez-vous ?
    Je ne m’explique rien, mais je peux vous assurer qu’il est plus doux et aisé de s’insurger en terre helvétique que dans un pays comme l’Algérie où, bientôt, il nous sera, peut-être, interdit jusqu’à de penser. J’ajouterai que Nazim Gaya a toujours été un anti conformiste même sur sa terre natale. Il est comme ça.

    Il semble plus révolté par la situation politique de son pays que par sa propre situation de « réfugié ». Qu’en pensez-vous ?
    Comme réfugié ou comme étranger dans un pays censé être accueillant Nazim Gaya s’intègre vite avec ceux qui veulent bien de lui. Et c’est vrai qu’il est révolté par ce qui se passe dans son pays, mais entre nous : qui est satisfait de sa situation ou de son pays ? Les Algériens rêvent de la France ; les Français veulent s’installer aux Etats-Unis et les Américains veulent aller sur Mars. Nul n’est satisfait de sa situation ou de son gouvernement. Il faut dire que chez nous ça dépasse certains seuils de tolérance.

    Le narrateur décide de revenir au pays et il s’y était même préparé. Cela ne semble pas ambigu ?
    Insatisfait pour insatisfait éternel où qu’il soit, ou qu’il se trouve, Nazim Gaya préfère le soleil chaud de son pays. L’ambiguïté est en nous. On la trimbale de pays en pays sans rémission de pouvoir s’en débarrasser un jour.

    Dans le bunker, le narrateur écrit, il est le seul à le faire. Veut-il laisser trace de ses séjours aux bunkers ?
    Ecrire, Nazim Gaya écrit depuis 1978. Le nombre d’ouvrages qu’il a brûlé est effarant histoire de ne pas embêter le monde avec ses états d’âmes le plus souvent saugrenus. A l’origine, ce livre ne devait jamais être écrit même si la femme de George et mère d’Anne avait fait promettre à Nazim d’écrire sur leur vie à l’asile et de citer son cas. Ce qu’il a fait succinctement.

    Le récit est ponctué d’emails dans leur forme d’internet. Des mails entre Nazim Gaya (le narrateur) et m. marchand. Leur échange porte sur ce qu’écrit le narrateur, leur amour tantôt passionnel, tantôt distancé. Il est question aussi d’Algérie et de sujets politiques. Quelle est la relation entre le récit proprement dit et ces emails ?
    En effet, le récit est ponctué d’emails. Ce qu’on doit savoir c’est que tout le livre est une suite d’emails. Je m’explique : quand Nazim quitte Michèle, il lui dit : je quitte bientôt cette terre. Il pensait à la terre helvétique. Elle a compris « Terre » avec une lettre majuscule. Elle a cru qu’il allait attenter à sa vie. Il ne lui donne signe de vie que plus de cinq ans après quand il lui envoie un bref salut qu’elle reçoit de façon mitigée. Elle ne sait comment réagir devant ce brusque retour dans sa vie de l’amant disparu qu’elle n’a pas pu oublier. C’est pourquoi, elle ne lui répond qu’au bout d’un mois. Elle veut savoir ce qu’il fait, ce qu’il devient, ce qui a pu bien lui arriver depuis le moment où il l’a quittée et le jour où il réapparaît dans sa vie. Commencent alors les emails qui constituent ce livre. Entendre par-là que tout le livre est une suite ininterrompue d’emails.

    Comment vous est venue l’idée d’injecter dans le récit ces mails ?
    En fait, pour être sincère, j’en ai lu des livres, mais je n’en ai jamais lu qui soient intercalés d’emails. Je pense que je voulais écrire quelque chose d’original, toujours pour être sincère. Cela dit, je répète que tout le livre n’est qu’une succession d’emails.

    Il y a très peu de témoignages poignants comme le vôtre sur ce phénomène alors que foisonnent des fictions qui s’inspirent de ces réalités. Quel est votre avis ?
    Je pense que l’exil et les exodes massifs que connaissent les pays à risques sont le mal du siècle. C’est bon d’en parler, de rabâcher, de ressasser et d’étudier le sujet de fond en comble. Ce qui est dommage, par exemple, c’est qu’on ne se penche pas sur l’étude approfondie des raisons et des phénomènes des « harragas », chez nous. On se contente de faire barrage aux harragas, qui préfèrent mourir en mer plutôt que sur la terre ingrate qui les a vu naître, et de leur intenter des procès pour les enfermer. C’est dingue, je trouve. Pour le reste, mon avis est qu’il faut rester modeste. Le dernier mot reviendra aux lecteurs…

    Le récit est écrit avec un  "je". Cela renforce-t-il la véracité du témoignage ?
    J’ai toujours écrit avec ce « je » qui ne me quitte pas. C’était un jeu entre moi et mes lecteurs potentiels de l’époque où je scribouillais pour mes amis et les membres de ma famille. C’est aussi qu’à mon avis cela donne l’impression pour l’auteur que le lecteur s’implique plus. Même si le « il » permet une certaine distanciation, pour ma part, je préfère sentir que je m’implique dans mes histoires. Ce « je » est peut-être pour moi, une façon de m’affirmer. Comment savoir ?

    Note et entretien réalisés par R.M

  • Contrechamp

    La rumeur, une spécificité du système politique

    Par : Mustapha Hammouche

    La veille de son limogeage, l’ancien président-directeur général, Nordine Cherouati, fustigeait les colporteurs de ragots qui fabulaient sur son supposé remplacement. Puis la rumeur devenait information : Abdelhamid Zerguine est officiellement nommé à la tête de la compagnie nationale des hydrocarbures.
    Le tapage médiatique reprenait, aux yeux du patron déchu, un bruit diffusé par des milieux dont Cherouati “dérangeait” les intérêts. Si l’on comprend bien, ces intérêts ont eu gain de cause et la tête du P-DG redresseur de tort. Maintenant qu’il n’est plus là pour tenir le siège de notre citadelle pétrolière et financière assaillie, son patriotisme devrait l’obliger à dévoiler la nature de ces intérêts et l’identité des milieux qui les servent.
    Mais non, bien sûr, il n’y aura pas de suite. Nos responsables n’agissent qu’à partir de positions officielles. Ce sont toujours les autres, ceux qui sont tenus, ou qui se tiennent, loin des institutions qui sont susceptibles de malveillance antinationale. Et s’ils se mettent à anticiper sur le destin des dirigeants en place, ils déclenchent les diatribes les plus enflammées. La réaction ne se limite au “démenti de la rumeur” ; elle y décèle le complot et le dénonce, bien entendu, sans jamais aller jusqu’à en franchement désigner les auteurs.
    Pourtant, contrairement au statut infamant dont elle souffre, la vérité est tout autre : dans le contexte algérien, la source d’information la plus crédible est la rumeur. Et ce sont les animateurs du système, ceux-là mêmes qui font que la décision et, donc, l’information évitent d’emprunter le cheminement institutionnel, qui s’en offusquent à la première occasion, reléguant la responsabilité de la rumeur à l’intermédiaire et au consommateur final. Or, le fonctionnement occulte de l’État est à la base de la fiabilité et du succès de la rumeur. Elle est à l’information ce que le marché noir est à la contrebande et à la pénurie : le produit ne change pas ; c’est le circuit qui change.
    En usant de rétention et de désinformation, avec la connivence mécanique des médias, le pouvoir a décrédibilisé sa voix et les supports de sa voix, qu’ils soient de nature institutionnelle ou sociale. Les médias officiels et la presse en ont perdu leur crédibilité ; le démenti des autorités et des dirigeants et leur harcèlement judiciaire complète l’œuvre de déconsidération de la fonction informative. Par dissimulation ou par rétention, ils ne se confient qu’à leurs proches. L’information en devient affaire d’initiés, non de procédures, d’institutions et de professionnels. Leurs proches s’en ouvrent à qui ils veulent, histoire de prouver leur proximité de la source.
    Parfois, c’est l’État qui, fuyant la responsabilité de ses actes, agit par “source proche” interposée. Pour ne pas signer leurs actes, des responsables laissent “fuir” l’information au lieu de la proclamer. Ainsi en est-il de la visite de l’islamiste El-Ghannouchi, dont nous ne devons pas savoir qui l’a invité : il est là, en hôte officiel, mais on ignore l’institution qui en a eu l’initiative et le sens de cette visite.
    La rumeur ce n’est pas l’invention de colporteurs de ragots, c’est le fonctionnement d’État qui est à la source du prestige de la rumeur et de sa… crédibilité et de son utilité.
    M. H.
    musthammouche@yahoo.fr

  • il y'a partout des emplois fictifs ,la présidence, la gendarmerie, surtout la fonction publique, meme les controleurs sont fictifs,ils font rien!! parseque l'algerie est virtuelle.

     

    Des emplois fictifs à la Cnas

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    Agissant sur informations, la brigade économique et financière de la police judiciaire de Biskra a réussi, après une enquête qui a duré plus d’un mois, a éventer une affaire de trafic d’influence et de création d’emplois fictifs impliquant 3 cadres de la CNAS et un commissaire aux comptes habitant la commune de Barika, dans la wilaya de Batna, à 60 km au nord-ouest de Biskra. Selon le chargé de la communication de la sûreté de wilaya, ces 4 personnes sont poursuivies pour avoir mis au point une escroquerie qui leur a rapporté des millions de dinars et qui a consisté à créer de toutes pièces de faux employés et des assurés sociaux imaginaires afin de s’en mettre plein les poches. Le magistrat instructeur près du tribunal  de Biskra devrait, dans les prochains jours, prendre une décision quant aux suites à donner à cette affaire défrayant la chronique locale.                                                                                  

    Hafedh Moussaoui
  • Deputés et sénateurs : Qu’ont-ils fait pour la région ?

     

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    Dans les moments difficiles, ces élus du peuple ont brillé par leur absence.

    Savez-vous que la wilaya de Batna compte 17 députés et sénateurs sensés vous représenter au niveau des chambres parlementaires ? Savez-vous que ces VIP, gracieusement payés par le trésor public, ont la mission d’être à l’écoute du peuple afin de défendre ses intérêts face au gouvernement ? Avez-vous senti votre voix portée par ces gens ?
    Ces personnalités (12 députés et 5 sénateurs), dont le mandat s’achève, pour la plupart, sont très peu connus par le public à Batna. C’est l’avis de l’artiste Chawki Bouzid : «Je ne les connais pas. On ne sent pas leur présence dans la société. Au niveau des intellectuels ou chez gens les simples, personne ne les connais, c’est grave. Leurs activités sont méconnus, on ne connaît pas leurs bureaux, ni leurs prérogatives», regrette-t-il.

    Nous avons interrogé plusieurs personnes à ce sujet. Certains ont préféré s’exprimer sous l’anonymat de peur de représailles. N’est-ce pas paradoxal de voir un citoyen craignant l’homme qu’il a lui-même mandaté ?! D’autres par contre, se sont livrés à El Watan, et de manière générale, les avis ne donnent pas de bonnes notes aux élus. NezhaLaïb, militante associative, estime que «toutes ces personnes n’ont fait que lever et baisser leurs mains. Rien n’a été fait pour Batna qui s’est sérieusement dégradée ces dernières année». De son côté, le président local de la confédération algérienne du patronat (CAP), Boubaker Guettala, est plus pondéré dans son jugement estimant  qu’il est difficile d’évaluer le rendement des députés et sénateurs.  «On aurait aimé que ces gens nous aident mais malheureusement, ils n’ont rien fait, si ce n’est Cherif Nezzar qui joue le rôle d’intermédiaire entre la CAP Batna et le ministre des finances, concernant les lois contraignantes. Ceci dit, on ne peut critiquer ni dénigrer, quand on est loin d’eux sachant qu’ils n’ont même pas de permanences».

    Les quelques-uns qui ont ouvert des bureaux pour recueillir les doléances des citoyens ont vite fermé boutique sitôt la fièvre de l’élection tombée. On les voit à l’occasion des visites ministérielles. Ils ne ratent généralement aucune «zerda» officielle. Mais pour les batnéens, dont ils tirent pourtant la légitimité, ils se sont évaporés au lendemain de leur élection. En effet, dans les moments difficiles, ils ont brillé par leur absence. La population de T’kout n’en pense pas moins, elle qui depuis des années, enterre ses enfants l’un après l’autre, emportés par la Silicose. Les cris de détresse des mères et des veuves de T’kout n’ont trouvé aucun écho auprès des sénateurs et députés qui ont tourné le regard à l’instar des institutions de l’Etat.


    Réveil opportuniste


    Au lieu de tirer vers le haut, ces élus se sont prêtés aussi au jeu dangereux des luttes tribales comme en témoigne la crise qui paralysie actuellement l’université ou encore le CHU et la santé en générale, malade de l’indigence des responsables locaux et la cupidité des lobbys.
    Cependant, nos députés surtout, tentent un retour sur scène depuis quelques temps, et se rapprochent maladroitement de la population. L’exemple de la grève qui a secoué pendant des mois l’usine de l’ERIS de Sériana est édifiant. Au lieu d’épouser la cause des travailleurs remontés contre les salaires misérables, plusieurs députés issus du FLN et du RND, se sont rapprochés des grévistes pour les convaincre de reprendre le travail et éviter les problèmes. Ce rôle de pompier semble plaire aux élus qui visiblement, se sont rangés du côté des pouvoirs publics.

    Après les émeutes de janvier 2011, le député Mohamed Bouras s’est particulièrement illustré en activant ses relais associatifs pour anticiper sur d’éventuels soulèvements populaires à Batna. Ce «réveil» intéressé s’explique, selon Hocine Kadri, professeur de sciences politiques à l’université Hadj Lakhdar, par l’approche des élections législatives. «Pendant les deux années du milieu du mandat, ils se sont absentés mais dernièrement ils reviennent pour sur scène et se positionnent en l’espoir de décrocher un deuxième mandat. Ils savent aussi que le ticket sera plus cher sachant que désormais près de la moitié des sièges est perdue d’avance au profit des femmes», explique notre interlocuteur.  L’universitaire estime aussi que «malheureusement, la culture de la rente qui domine, a gagné ces hommes politiques et de façon générale, les règles du jeu ne permettent pas le choix des députés sur la base du mérite».
    Nos élus, très mal élus, à cause du taux de participation ridicule, aux législatives de 2007, auront visiblement du mal à convaincre les électeurs de leur faire encore confiance.              

    Nouri Nesrouche