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  • Un des leurs a succombé à ses blessures

     

    Colère et consternation chez les gardes communaux

    Par : K. Fawzi

    “Rien n’est encore réglé et nous ne pensons pas que le ministère de l’Intérieur va régler quoi que ce soit”, a indiqué un membre du comité reçu mardi dernier au département d’Ould Kablia.


    C’est la désolation et la consternation totale chez la corporation des gardes communaux qui vient d’enregistrer un décès parmi eux après “la marche pour la dignité” de mardi dernier.Lasfar Saïd, un père de famille âgé de 57 ans, a rendu l’âme dans la nuit de mardi à mercredi  à l’hôpital d’Aïn Defla suite à une hémorragie par accident à l’AVK, comme indique le certificat médical délivré par l’hôpital. Ayant participé à la marche, l’homme blessé lors des affrontements contre les services de sécurité, a été évacué vers un hôpital à Alger où il a reçu des soins puis évacuer chez lui dans la même nuit, accompagné de gardes communaux de la région de l’Ouest. “Avant d’arriver chez lui, son état s’est aggravé et ses camarades l’ont évacué à l’hôpital d’Aïn Defla en urgence. C’est là qu’il est décédé suite à une hémorragie interne après avoir reçu des coups par les policiers. Des policiers avec qui il
    menait une lutte contre le terrorisme”, a expliqué Aliouat Lahlou, un des responsables du comité d’organisation de la marche des gardes communaux, qui condamne énergiquement la  répression policière qui s’est abattue
    sur ses collègues lors de cette manifestation.  La direction générale de la Sûreté nationale (DGSN) attribue, pour sa part, le décès du garde communal à “une mort naturelle”. “Le décès du regretté est survenu suite à une maladie chronique”, a déclaré, hier, à l'AFP le chargé de communication de la DGSN, le commissaire divisionnaire Djilali Boudalia, démentant “formellement” que le décès soit lié à des blessures contractées lors de heurts avec la police. Aliouat Lahlou condamne également le communiqué du ministre de l’Intérieur qui affirme que 80% des revendications des gardes communaux ont été réglées. “C’est faux. Rien n’est encore réglé et nous ne pensons pas qu’il va régler quoi que ce soit. Lors de notre entrevue, nous avons transmis nos revendications au président de la République”, ajoute le garde communal, qui précise que plusieurs manifestations de protestation ont été organisées jeudi dernier par les gardes communaux devant plusieurs sièges de wilaya.  Pour sa part, Hakim Chaïb, l’autre responsable du comité, affirme qu’“une plainte sera déposée demain contre le commissaire de la BMPJ de Semmar (Gué-de-Constantine), pour mauvais traitements, insultes et autres obscénités infligés aux gardes communaux lors de leur arrestation dans les cellules de la brigade”. “Le comble, raconte un autre garde communal, c’est qu’ils ont allumé le chauffage pour que nous souffrions davantage”. Selon lui, “la plupart des blessés qui ont été examinés dans les hôpitaux  ont vu leur certificat médical confisqué par des policiers en civil”, alors que plusieurs de ses camarades auraient déjà reçu des convocations de la justice, accusés notamment de troubles à l’ordre public. “Notre marche a été filmée et nous avons des preuves qu’en aucun cas nous n’avons perturbé la circulation routière et nous étions escortés par la gendarmerie dès le début de la marche à partir de Blida. Ce sont les policiers qui nous ont frappés à coup de bâton sans que nous répliquions. D’ailleurs, la population a pris notre défense en jetant des pierres contre les policiers”, argumente Hakim Chaïb.

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  • Le fils de Lasfer Saïd témoigne : « J’ai trouvé des traces de violences sur le visage de mon père »

     

    Le fils de Lasfer Saïd témoigne : « J’ai trouvé des traces de violences sur le visage de mon père »

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    diaporama | © D.R.
     

    « J’ai trouvé mon père dans une situation critique. Sur son visage, des traces de violences et des bleus visibles même sur ses épaules.j’ai évacué mon père à l’hôpital alors qu’il vomissait du sang », lit-on dans une déclaration sur honneur signée par Lasfer Rédha, le fils deLasfer Said, le garde communale ayant succombé à ses blessures jeudi dernier dans un hôpital de la ville de Khemis Milan dans la wilaya de Ain Defla

    Des membres de la coordination nationale de la garde communale, qui observent toujours leurs sit-in  devant le siège de la délégation de la garde communale de Blida, ont indiqué que des documents qui prouvent l’hospitalisation de leur collègue et des certificat médicaux  mentionnant les causes du décès ont été remis, ce samedi 14 juillet 2012,  au fils de la victime. Sur ce, deux certificats médicaux, mentionnant que Lasfar Said, âgé de 57 ans, a été admis à l’hôpital de Khemis Miliana le 10juillet dernier.

    Dans un autre certificat signé par le médecin traitant de l’hôpital de Khemis Miliana,  il a été mentionné que la cause du décès du M Lasfar Said, est du à une hémorragies par accident. M Lahlou Aliouat, le délégué national, confirme que le fils de la victime était ce matin à Blida, ou il a longuement entretenu avec les gardes communaux, à propos de cette affaire qui continue de défrayer la chronique. Contacté par téléphone, M lahlou, qui a tenu à démentir la thèse évoquée par la direction générale de sûreté nationale (DGSN) à propos des circonstances de la mort du garde communal de Khemis Miliana, dira : « plusieurs collègues à nous ont assisté à cette scène et en plus des gardes communaux ont bel est bien constaté la présence de la victime dans la marche organisée lundi à Alger. Il était parmi nous et nous exigions une enquête approfondie sur ce cas ».

    Et en guise de réaction au communiqué de la DGSN paru dans notre édition d’aujourd’hui, des éléments de ce corps de sécurité apportent leurs témoignages. Des documents signés par des éléments présents à la marche d’Alger écrivent dans des déclaration sur honneur : « je témoigne que Lasfar Said, né le 26 mars 1955 à Bordj Amir Khaled dans la daira de Khemis Miliana dans la wilaya de Ain Defla, a participé à la marche de protestation des gardes communaux organisée le 9 juillet dernier de Blida à Alger ou ce dernier a été tabassé par des éléments de forces de sécurité ».

    La presse indésirable àl’hopital de khemis miliana

    La polémique autour du décès du garde communal, Said Lasfer, originaire de la commune de Bordj Emir khaled (sud ouest du chef-lieu de wilaya de Ain defla) survenue dans la nuit de mercredi à jeudi dernier à l’hôpital de Khemis Miliana ne semble pas vouloir s’arrêter, alimentée encore  par des déclarations publiques des uns et des autres.

    Voulant en savoir davantage sur les circonstances de la mort du garde communal, des fonctionnaires de la santé exerçant au niveau de ladite structure, nous tiendront au lendemain de l’incident, les propos suivants : « nous avons reçu des consignes strictes émanant d’un corps de sécurité de ne pas collaborer avec les représentants de la presse. Son collègue ajoutera : «nous ne savons absolument rien sur cette affaire ».

    Il faut dire que l’affaire en question, était parvenue à l’opinion publique alors que la plupart des correspondants de presse étaient convoqués jeudi dernier donc par le chef de cabinet pour la couverture d’une rencontre avec des investisseurs, présidée par le wali dans le cadre du calpiref .

     

    Une rencontre soi dit en passant, à laquelle n’a pas été conviée le journal Elwatan» pour  manque de collaboration avec les autorités de wilaya, expliquera, sans nous convaincre, le chef de cabinet.

    Le même jour, c’est la cellule de communication de la sureté de wilaya  qui convoque l’ensemble des journalistes et correspondants  pour une conférence de presse relatif  bilan du 1er semestre de l’année en cours .la valse des journalistes allait se poursuivre avec la convocation dans la même journée, au environs de 18 h du jeudi, pour un troisième point de presse avec cette fois le chef de cabinet du wali.

    A l'ordre du jour, selon ce dernier, joint par téléphone avant la tenue du point de presse « apporter la version  exacte et officielle, rapport médical  à l’appui, sur les circonstances  de  la mort du garde communal. »Y aura-t-il une suite à ce feuilleton  ,s’interrogent des observateurs alors qu’une partie de la population dans la wilaya de Ain defla, écrasée par une canicule exceptionnelle, est partagée entre l’envie de connaître toute la vérité sur cette affaire et celle de laisser reposer en paix le défunt.

                                                                                 Aziza.l

    Amar Fedjkhi
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    Dilem du 12 Juillet 2012

  • L’UMA, malgré tout

     

    Par : Mustapha Hammouche

    Les ministres des Affaires étrangères de l’UMA se sont réunis pendant deux jours à Alger avant de se séparer sur un constat qui, au point où en sont les choses, prend des allures de lapalissade : “Le terrorisme et le crime organisé, y compris le trafic de drogue, d’armes et d’êtres humains, les migrations clandestines, les groupes criminels armés, le financement du terrorisme sous toutes ses formes ainsi que le phénomène du blanchiment d’argent constituent des menaces pour la paix au Maghreb, en Afrique et en Méditerranée.”
    Espérons que les chefs des diplomaties maghrébines se sont dérangés, enfermés pendant deux jours, par moments à huis clos, pour inventer le fil à couper le beurre. Gageons plutôt que, n’ayant pu s’entendre sur le sujet de leur rencontre, ils ont préféré botter en touche et s’entendre sur une banalité, à savoir que le Maghreb connaît une difficile situation sécuritaire et qu’il devient, comme le dit Medelci, “nécessaire de parvenir à élaborer une vision commune sur les défis sécuritaires auxquels fait face la région maghrébine”.
    Mais si la question maghrébine est d’abord sécuritaire, que n’a-t-on pas d’abord réuni les ministres de l’Intérieur au lieu de passer par une résolution des ministres des AE qui “recommande” cette réunion ? En fait, les évènements qui se déroulent au Mali constituent le réel motif politique de cette session du Conseil ministériel des Affaires étrangères (les communiqués officiels parlent de “Conseils ministériels maghrébins” pour donner à ces rencontres un cachet faussement institutionnel et une illusion d’existence à l’UMA). Et là, le résultat est nul. L’accord à minima, celui qui soutient qu’il ne s’agit pas là d’un problème qui concerne le Maghreb comme entité, s’est imposé. Formulée par Medelci, la position s’énonce ainsi : “Après un examen minutieux de la situation, prévalant dans ce pays, ces dernières semaines, nous sommes arrivés à la conclusion qu’il existe de fortes chances de trouver une solution politique à cette crise.” Le ministre algérien sera plus explicite quand il proclamera que “le dialogue entre le gouvernement et les parties maliennes est nécessaire”, ajoutant que “l’Algérie est disposée à accompagner ces efforts pour trouver une solution politique à la crise”. Notre diplomatie affectionne particulièrement, et avec une certaine réussite, les missions de bons offices. “Mais ça c’était avant”, comme le dit une publicité pour des lunettes.
    Depuis l’initiative américaine de mettre en garde la Cédéao contre une intervention à risque au nord du Mali, le tour de table international qui vient d’être ponctué par la concertation stérile des ministres du Maghreb, le Mali devra se débrouiller seul avec les indépendantistes Azawed et avec les groupes armés affiliés à Al-Qaïda.
    Les chefs de diplomatie, qui n’ont rien résolu, ont tout même établi un planning de réunions à l’intention de leurs collègues, et en affectant une réunion à chacun des pays membres.
    Les ministres de l’Intérieur se retrouveront au Maroc, ceux des Affaires juridiques et judiciaires en Libye, ceux de la Jeunesse et des Sports en Tunisie, et ceux des Affaires religieuses des pays maghrébins en Mauritanie. Le tout sera couronné par un “sommet” à Tunis avant la fin de l’année. Aussi inutile que cela puisse être, l’UMA continuera tout de même à tourner, même à vide.

  • Un garde communal succombe à l’hôpital de Khemis Miliana

    Blessé lors des affrontements avec la police

     



    Un garde communal gravement blessé pendant les affrontements de lundi dernier avec les forces de police à Birkhadem, à l’ouest d’Alger a succombé tard dans la nuit de mercredi à ses blessures, à l’hôpital de Khemis Miliana, dans la wilaya de Aïn Defla, a indiqué ce jeudi à TSA, Lahlou Aliouat, l’un des représentants des gardes communaux. Le défunt, né en 1955, blessé lors des affrontements avec la police, avait été évacué par la protection civile pour recevoir les premiers soins puis a été autorisé à rentrer chez lui, selon M. Lahlou. « De retour chez lui, il a fait une hémorragie interne et il a été évacué à l’hôpital de Khemis Miliana où il a rendu l’âme mercredi vers minuit. Il a été enterré aujourd’hui », ajoute M. Lahlou.

     

    Lundi, à Birkhadem, de violents affrontements avaient opposé les forces antiémeute aux gardes communaux. Les manifestants, qui venaient à pied de Blida, voulaient marcher jusqu’à la Présidence de la République à El Mouradia, sur les hauteurs de la capitale, pour y tenir un rassemblement.
  • U-E se fout royalement du peuple algerien

    L’Union européenne diffère la publication de son rapport sur les législatives du 10 mai



    Le rapport de la Mission d’observation de l’Union européenne (MOE) sur les élections législatives algériennes du 10 mai dernier sera rendu public au plus tôt en septembre, a appris TSA auprès de l’UE. « En raison de l'indisponibilité des ministres pour la période initialement envisagée pour la présentation du rapport final de la MOE, le chef observateur a décidé de reporter sa visite en Algérie concernant la présentation du rapport final. Celle‑ci aura vraisemblablement lieu au début du mois de septembre », a indiqué notre source. Initialement, le rapport devait être rendu public deux mois après les élections, comme l’avait promis le chef des observateurs, l’Espagnol José Ignacio Salafranca.

     

    Selon nos informations, le rapport de la mission de l’Union européenne va pointer du doigt les entraves à la mission des observateurs dans plusieurs régions du pays. Si les opérations de contrôle se sont plutôt bien déroulées à Alger, les autorités de plusieurs wilayas de l’intérieur du pays n’ont pas facilité le travail des observateurs européens. Tiaret est l’une des wilayas où les observateurs de l’Union européenne ont rencontré le plus de difficultés, selon nos sources. Le wali et les autorités locales ont sérieusement entravé le travail des contrôleurs européens.

     

     

     

    Néanmoins, malgré ces entraves et ces difficultés auxquelles ils ont été confrontés, les observateurs, dans leurs rapports, n’évoquent pas de cas de fraudes importants. Le rapport final, qui sera rendu public en septembre, devrait donc confirmer les premières conclusions de la Mission européenne exposées devant la presse le 12 mai, deux jours après le scrutin. « Les élections se sont déroulées de façon fondamentalement pacifique », avait déclaré José Ignacio Salafranca, lors d’une conférence de presse à Alger.

     

     

     

    M. Salafranca s’était montré prudent à la fois sur la transparence du scrutin et sur les accusations de fraude, formulées notamment par l’Alliance de l’Algérie verte et la Cnisel. « Il y a des critères  additionnels de transparence par rapport aux précédentes élections mais il y a des points pour lesquels il serait possible d’introduire d’autres critères de transparence », avait‑il ajouté. Le chef des observateurs européens avait également regretté la décision du ministère de l’Intérieur concernant l’accès au fichier électoral.
  • Violentes émeutes à Tolga (Biskra)

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    Des centaines d’habitants de la commune de Tolga, notamment ceux du quartier populaire de Rassouta Gharbia, située à 35 km au sud-ouest de Biskra, sont sortis, tôt dans la matinée de ce mercredi, pour occuper la voie publique en signe de protestation contre les coupures du courant électrique en cette période caniculaire.

     

    Les protestataires en furie se sont rassemblés devant les édifices publics et de l’agence de la Société de distribution de l’électricité réclamant la rencontre des responsables concernés. 

    Les forces de sécurité déployées ont fait barrage aux mécontents.

    Des jeunes, chauffés à blanc par la précarité énergétique touchant leur village chaque année en pareille période, ont installé des barricades sur les grands axes routiers avec des pneus et d’autres objets hétéroclites auxquelles ils ont mis le feu.

    Des équipements urbains ont été vandalisés et un climat d’insécurité régnait sur cette localité.

    La fumée des incendies était visible à des kilomètres à la ronde, tandis que des affrontements opposant protestataires et agents des brigades antiémeutes ont été signalés dans les rues.

    Cette commune, célèbre pour être la capitale nationale de la production de dattes montrait, à la mi-journée, le triste visage d’une agglomération ravagée par la violence.                                                                                      

     

    Hafedh Moussaoui
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    Dilem du 11 Juillet 2012

  • De la résistance à la rente

     

    Par : Mustapha Hammouche

    Les “gardes communaux” mènent un difficile combat pour la promotion de leur situation sociale. Le décret qui, en août 1996, crée ce corps et organise sa mission, lui confie des tâches d’ordre public et de sécurité. La naissance des unités de garde communale et l’avènement des “patriotes” et autres “groupes de légitime défense” qui les ont précédés furent l’expression de l’impuissance d’un État à se défendre, à défendre la population et le patrimoine national contre la déferlante islamo-terroriste des années 1990.
    En ce temps-là, la question des salaires et indemnités n’était pas à l’ordre du jour dans un pays écrasé par la crise… du marché pétrolier, et contraint à la fermeture des entreprises publiques et au rééchelonnement de sa dette extérieure. Sur le plan socioéconomique, deux défis occupaient la nation : éviter la banqueroute de l’État et limiter les effets sociaux et définir   une attitude ; sur le plan politique, un double défi s’imposait au pouvoir et à la société : se définir par rapport à l’enjeu démocratique et prendre position face à l’offensive politique et militaire de l’islamisme.
    En ce temps-là, l’engagement contre le terrorisme ne pouvait, en aucun cas, relever d’une considération salariale ou économique. Même si, par la suite, de petits “chefs de guerre” locaux ont exploité leurs positions dans des entreprises affairistes, voire mafieuses. La couverture politique que leur accordait un parti qui avait, alors, le vent en poupe fit de ces “chefs” des barons jouissant du pouvoir, comme représentants de l’autorité et de la mission de défense de l’État. Les détenteurs de cette prérogative de violence “légitime”, qui avaient aussi accès aux facilités administratives, ont parfois été tentés de s’enrichir dans la confusion d’un État et d’une société terrifiés et désorganisés.
    Il fut même question d’une “économie de la nuit” où n’accédait alors que celui qui était armé, d’un côté ou de l’autre. Cette “marchandisation” progressive d’une situation sécuritaire qui engageait pourtant l’avenir politique, sinon le destin historique, constituait le prélude à la doctrine de “la réconciliation”. La revalorisation boursière des hydrocarbures, à partir de l’année 2000, allait faciliter l’évolution des “termes de l’échange”. Ce qui, à l’origine, n’était que rapport de forces physique et politique finit par se transformer en strict rapport à la rente.
    La Charte pour la paix et la réconciliation nationale, votée en 2005, a commencé par se passer de la paix : aujourd’hui, que “la paix est revenue”, le terrorisme s’attaque aux casernes et commissariats… et au moment où les “gardes communaux” marchaient sur Alger pour des raisons salariales, un des leurs était enlevé à Khenchela. Elle a ensuite institué l’impunité des crimes terroristes, mais plus encore, elle a dispensé les terroristes de rendre des comptes sur l’argent du racket et du rançonnage. Outre cela, sa mise en œuvre se résume à une campagne de prise en charge sociale des terroristes. L’argent n’influe plus sur la politique ; il l’a remplacée.
    Signe des temps : des citoyens dont l’engagement fut motivé par la défense des institutions, ou par leur autodéfense contre le terrorisme, en sont réduits à affronter les services d’ordre pour revendiquer une mise à niveau salariale !

  • Après leur grande marche lundi de Blida vers Alger

     

    Une délégation des gardes communaux reçue par Daho Ould Kablia

    Par : K. Fawzi

    64_slide_1_120710094249.jpgSur ordre du président de la République, Daho Ould Kablia, ministre de l’Intérieur, avait interrompu, hier, son congé pour recevoir en urgence les délégués des gardes communaux, à savoir Aliouat Lahlou, délégué national, Hakim Chaïb, Ali Sekouri et Hasnaoui Zidane.

    Objectif : trouver une solution à cette affaire qui n’a que trop duré. Selon le délégué, Ali Sekouri, le ministre a affiché toute sa disponibilité pour prendre en charge les doléances et la plate-forme de revendications établie par les gardes communaux ainsi que les problèmes de hogra et la pression qu’ils subissent sur le terrain. Au cours de cette entrevue, deux points essentiels ont été abordés.
    Il s’agit de régler tous les problèmes socioprofessionnels des gardes communaux qui travaillent directement  avec le ministère de l’Intérieur. Le deuxième point consiste en l’ouverture totale du corps des gardes communaux. L’intégration au corps de l’ANP se fera par le choix des gardes communaux, la garantie du salaire et le statut pour ceux qui optent d’intégrer les entreprises publiques avec une prime représentant les 17 années de travail.
    Pour ce deuxième point, qui n’entre pas dans ses prérogatives, le ministre a exigé des délégués d’établir une requête pour la transmettre directement au Président. Selon le délégué, Ali Sekouri, pour mettre en application ces décisions, une commission a été créée, regroupant les quatre délégués et des responsables du ministère de l’Intérieur.
    Pour le délégué national, Aliouat Lahlou, “il n’est pas question de rentrer chez nous tant que rien ne s’est concrétisé. Nous allons siéger ici à Blida et nous n’allons pas partir jusqu'à l’entière satisfaction de nos revendications. Les gardes communaux, qui sont partis hier chez eux avec une certaine rage sont disponibles à tout moment pour revenir. Et cette fois-ci, ils seront plus nombreux. Nous allons revenir avec nos familles et nos enfants pour manifester et protester contre l’oubli, la hogra des hommes qui interviennent en première ligne pour lutter contre le terrorisme”, déclare le délégué national et également chef du détachement d’Ath Mansour, à l’est de Bouira qui dénonce les conditions déplorables dans lesquelles vivent les gardes communaux. Épuisés et désenchantés, plus de 2 000 gardes communaux qui ont participé à la grande marche pour atteindre le palais d’El-Mouradia se reposent au siège de la garde communale de la wilaya de Blida. Certains sont rentrés chez eux par bus que les autorités ont mis à leur disposition dans la nuit du lundi à mardi. On note que plus de 60 gardes communaux ont été blessés lors de leurs affrontements avec les services de sécurité. Certains, gravement atteints, ont été  transférés rapidement vers les hôpitaux. L’un des coordinateurs de cette marche a été, lui aussi, blessé après avoir reçu un coup de matraque sur la tête.
    Selon Aliouat Lahlou,  parmi les blessés, il y a un garde communal qui risque de perdre un œil. Les représentants des gardes communaux, qui affichent une détermination d’arracher leurs droits par une grande mobilisation où la population, selon eux, sera aussi sollicitée pour prendre part, menacent de rebondir à tout moment si les autorités ne relâchent pas leurs confrères qui ont été arrêtés par la police. Certains gardes communaux complètement lassés par la grande marche racontent : “Ils nous barraient la route mais ils avaient préparé tout un chargement de pierres derrière eux, nous avons tenté de les repousser mais une pierre — la première — est partie de chez les policiers.” Et d’ajouter : “Il y avait des milliers d’agents antiémeutes qui nous attendaient de pied ferme avec des grenades lacrymogènes, des chiens et des bâtons.”

  • Le vieil homme et l’enfer carcéral Mohamed Smaïn, moudjahid, militant, prisonnier et témoin

     

    In lanation.info

    Ahmed Selmane
    Mardi 10 Juillet 2012

    A 70 ans, malade, Mohamed Smaïn, s’est retrouvé, à la suite d’un acharnement politique qui a scandalisé de nombreux algériens, en prison. Il y a passé 18 jours. Dont le 5 juillet, marquant le cinquantenaire de l’indépendance. Mais ce matin, au siège d’Interface Médias, ce n’est pas de son « enlèvement » qu’il a le plus parlé, mais de l’horreur de l’univers carcéral. Des prisonniers lui ont demandé de témoigner de cet « autre monde » où le peu de République disparait pour laisser place à « l’humiliation », à la « dégradation » de l’humain. Il témoigne pour eux. Et pour nos enfants.

    Le vieil homme et l’enfer carcéral
    Sur les circonstances de son « enlèvement », Mohamed Smaïn est concis comme s’il était pressé d’aller à l’essentiel. C’est-à-dire à témoigner de l’inhumanité avec laquelle sont traités les détenus et des méthodes utilisées qui visent à les transformer en « bêtes ». Il a donc fait l’objet d’un « enlèvement » manu-militari mené par des policiers qui l’ont encerclé et cela n’avait «rien à avoir avec une arrestation dans le cadre de la loi ». Présenté devant le procureur, celui-ci lui dit qu’il avait été déjà convoqué par la police et qu’il n’a pas répondu. Il avait effectivement reçu une seule convocation – qu’il fait tourner parmi les journalistes présents – où il n’est mentionné ni date, ni motif. Finalement, le procureur explique qu’il a reçu un « ordre d’Alger et il l’applique ». Mohamed Smaïn devine d’où vient le coup. Ayant écopé d’une peine de deux mois de prison ferme en 2001, il sait que cela est devenu une « carte » qu’on cherchait à jouer contre lui. Même quand sous l’effet de la maladie (un cancer de la prostate pour lequel il est rétabli, des problèmes cardiaques et du diabète) il a décidé de prendre du champ à l’égard de l’activité militante cet acharnement a continué. Pour lui, la grosse affaire qu’on lui impute, ce sont les poursuites judiciaires engagées à Nîmes contre deux anciens miliciens du groupe Ferguène à Relizane. Les deux miliciens ont été poursuivis par des victimes en France et ont été inculpés d’acte de barbarie et de tortures. « J’ai été tenu pour responsable de cette affaire alors qu’il y a des victimes qui ont déposé plainte dont un gendarme à la retraite. Pour les gens du régime, c’est Smain qui est derrière tout cela alors que je n’ai été entendu qu’en tant que témoin. Mme Saïda Benhabylès m’insulte à chaque occasion sur ce sujet et je voudrais lui dire que tout nous sépare, la loyauté, le patriotisme… Je ne vis pas sous protection de garde de corps ! ».

    En prison, c’est l’ordre des gardiens de l’humiliation
    Mohamed Smaïn a rapporté qu’un officier s’est approché de lui en faisant appel à son militantisme nationaliste pour qu’il revienne sur ses déclarations au sujet des miliciens poursuivis à Nîmes. On lui a laissé entendre qu’en contrepartie on rétablirait sa fiche d’ancien moudjahid. Chose qu’il a refusé. « Je n’ai pas pris un stylo du pouvoir, je n’ai pas pris de logement pour le vendre et je n’ai pas pris de crédit et j’en suis fier » dit-il. Mais il trouve qu’il a assez parlé de lui. Il est là parce que les «prisonniers l’ont prié de raconter ce qu’il a vu ». Et ce qu’il a vu est une honte pour l’Algérie et pour la République. « En prison, on bascule dans un autre monde, ce n’est plus le règne de la loi et de la république, c’est l’ordre des gardiens et de l’humiliation. A l’arrivée dans la salle, pleine à craquer, on découvre l’entassement ». Mohamed Smain raconte avec indignation les techniques utilisées par les prisonniers pour essayer de dormir dans une annexe de la prison de Relizane conçue par l’occupant français pour 20 personnes, transformées pour 120 personnes et dans laquelle s’entassent plus de 400 personnes. « Les prisonniers mangent pour ne pas mourir » une nourriture infecte et dit-il, les « récalcitrants, ceux qui réclament leurs droits sont soumis à la falaqua (des coups à la plante des pieds) administrée à coup de caoutchouc. Après, ils sont mis dans une cellule sans fenêtre jusqu’à ce que les traces des coups disparaissent ». L’administration pénitentiaire a dû se rendre compte qu’elle avait un témoin de joies de la prison. Après sept jours passés dans l’entassement de l’annexe, il est transféré à la Centrale où il se retrouve dans une salle de 30 m² avec deux autres détenus. Un luxe dont il devine les raisons puisqu’il sera maintenu isolé du reste des prisonniers qui sont plus de 1300 dans une prison prévues pour 800 personnes. Il sait que les 30m² qui lui sont attribués avec deux codétenus ne veulent rien dire de la réalité de l’entassement. Dans cette Centrale, explique-t-il, règne une « discipline de fer. Le prisonnier doit mettre les mains derrière et baisser les yeux devant un gardien ». C’est une prison à « deux carrelages par personne » « On mélange tout le monde… il y avait un magistrat au milieu de repris de justice… Il n’y a aucun respect de la personne humaine. Les gens sont en prison pour être humiliés, dégradés, on les transforme en bêtes ».

    Nul n’est à l’abri… car il n’y a pas de justice
    Prenant la parole, Maître Ali Yahia Abdenour a rappelé le contexte de l’affaire de 212 disparus de Relizane et des charniers qui ont été découverts et les énormes pressions et menaces qui ont été exercés contre Mohamed Smaïn. « Je n’inviterais jamais assez les gens à lire son livre » (« Relizane dans la tourmente, silence on tue). Le président d’honneur de la LADDH a souligné qu’en Algérie « le droit et les droits s’arrêtent aux portes de la prison. Les prisonniers ne sont que des détails et même du bétail » rappelant d’ailleurs le cas de la mort par asphyxie de 27 prisonniers lors de leur transfert de la prison de Tizi Ouzou vers celle de Relizane. « Le ministre de la justice est resté à sa place et aucun responsable n’a rendu de compte ». Mohamed Smaïn souligne qu’il revient à la société algérienne de se défendre et d’exercer des pressions pour le respect de droits de l’homme et de la dignité humaine. « Nul n’est à l’abri en Algérie, pas même M.Bouteflika car il n’y a pas de justice. Ma condamnation a été politique, on voulait me faire taire, m’humilier, mais je garde la foi. Deux mois de prison, c’est un honneur pour moi et une honte pour le pouvoir ». Mohamed Smain a été mis en prison, il ne s’est pas apitoyé sur son sort. Il n’apprécie pas le fait d’avoir été gracié dans le cadre du 5 juillet, il aurait voulu faire ses deux mois. Ces dix-huit jours de prison, il les a vécues en citoyen et en militant. Il apporte, un témoignage de la réalité de l’univers carcéral. Il ne le fait pas pour lui-même. « Mon passé est derrière-moi ». Il le fait comme promis à ceux qui sont restés en enfer. Il le fait pour nos enfants qui doivent pouvoir vivre dans un pays de droit et de respect de la dignité humaine.

  • 50 ans moins un jour

     

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    Dans feux d’artifice, comme ceux qui ont démarré pour fêter le cinquantenaire, il y a feu, qui renvoie certainement à cette passion dévorante qui a fait lever comme des épis cassés, femmes et hommes pour combattre la suprême injustice du vent violent. Mais il y a aussi artifice, du nom cousin de l’illusion, voisin du leurre et enfant de la façade. Qu’y a-t-il derrière ces faux feux ? Peut-être de la fumée ou du gaz de ville, mais ce n’est pas si important car Koléa ne tombera pas. Car à 24 heures du jour J, le débat n’est plus sur le bilan, artificiellement gonflé par le Président dans son interview à un journal français, puisqu’on aurait voulu qu’il se livre à un journal algérien pour ce 50e anniversaire.

    Le débat n’est pas non plus dans l’action et cette historique nécessité d’une courageuse avancée du gouvernement et du Président pour cette occasion particulière. Où est-il, alors ? Peut-être dans le détail, celui qui préoccupe beaucoup d’enfants, adolescents et adultes. Où trouver un drapeau algérien pour fêter l’indépendance ? Ceux qui ont l’autorisation d’en fabriquer ne sont qu’une poignée et ils doivent être dûment agréés par le DRS, ce qui explique qu’en général, ce sont des officiers à la retraite qui peuvent accéder à ce commerce. L’Etat ayant oublié d’ouvrir, pour l’occasion, des boutiques dans les villes et les campagnes afin que les Algériens puissent en acheter, il faut le faire soi-même, voire le voler à de hauts poteaux ou à des institutions surveillées.

    Ce qui est d’ailleurs tout un symbole : d’une propriété collective, le drapeau a été nationalisé pour être privatisé et devenir introuvable, d’où cette nécessité de recourir à la clandestinité. L’informel est roi, le compter-sur-soi une valeur de juillet et le délit encouragé. Et alors ? Alors, rien non plus, Koléa jamais ne tombera et on règlera ces comptes plus tard. Maintenant, place à la fête.

     

    Chawki Amari
  • Périscoop

     La Cnec «tire» sur Mohamed Cherif Abbas

    La Coordination nationale des enfants de chouhada (Cnec) a adressé une vigoureuse protestation au ministère des Moudjahidine au lendemain de la cérémonie officielle du lancement des festivités du Cinquantenaire.
    «Sommes-nous des Libanais ? N’avons-nous pas des artistes en Algérie ?» y lit-on, entre autres.

  • ALGERIE:La négligence obsède le juge

    LE PROCÈS DE L’AFFAIRE DU VOL D’ARMES AU COMMISSARIAT CENTRAL D’ALGER ROUVERT HIER

    Le climatiseur de la salle d’audience est tombé en panne et on aurait suffoqué, hier, à la cour d’Alger, n’étaient-ce l’humour et la répartie du président de l’audience, le juge Brahim Kharrabi, qui menait le procès de l’une des plus gravissimes affaires ayant éclaboussé la Sûreté nationale.
    Lyas Hallas - Alger (Le Soir) - Quatorze accusés ont été auditionnés par le juge et ses deux assesseurs. Une question l’obsédait : «Qu’est-ce qui vous empêche d’inventorier les armes individuelles qui transitaient par l’armurerie ?» 200 armes par jour, en moyenne, à en croire l’un des accusés. Aucune réponse ne l’a convaincu. Y compris celles des policiers gradés cités dans cette affaire : deux commissaires principaux ayant occupé la fonction d’adjoint du chef de Sûreté d’Alger et chef de service de l’administration générale. «Le recueil des dispositions réglementaires ne le prévoit pas», s’accordaient- ils à dire. «Mais ce ne sont pas des œufs, ce sont des armes ! Comment se fait-il que vous avez des armes dans le dépôt et vous vous permettez de ne les enregistrez sur aucun document ?», s’offusquait le juge. L’affaire a éclaté fin octobre 2007 lorsqu’un policier qui était en congé de maladie est venu récupérer son arme déposée en août de la même année. L’arme avait disparu. L’enquête diligentée pour «traquer» ce «PA» a révélé un réseau de policiers qui puisaient des armes dans l’armurerie du commissariat et les revendaient à des «commerçants ». 31 armes en tout, tous calibres confondus, ont disparu du dépôt. Des armes qui ont été ou récupérées dans le cadre de la lutte antiterroriste durant les années 1990 ou enregistrées aux noms de policiers ayant quitté la police ou sont partis à la retraite. Des armes qui n’étaient pas inventoriées. Et que personne, à la passation des consignes, ne se posait la question d’où venaient-elles. L’affaire a été jugée une première fois par la même juridiction avant que le parquet et les avocats des mis en cause ne fassent cassation. La Cour suprême l’a renvoyée devant le tribunal criminel. Le procès a été ouvert hier. Cinq accusés, qui ont été condamnés déjà à des peines allant de 4 à 7 ans de réclusion criminelle et séjournaient en prison, avaient reconnu les faits pendant les différentes étapes de la procédure pénale. Ils les ont reconnus encore une fois hier à l’ouverture du procès. A l’exception de Nacer Younsi qui a tout nié en bloc et a cité un parent à lui, transporteur de son état, dont «un litige sur un lot de terrain les opposait et qui aurait soudoyé les policiers pour l’inculper ». Une assertion qui n’a pas convaincu le juge outre mesure. Les policiers avaient saisi l’aune des armes disparues de l’armurerie du commissariat central et qui était en sa possession. L’accusé principal, par ailleurs, est Maâmar Felti (43 ans), magasinier dans l’armurerie. Il a eu à subtiliser à lui seul 25 armes, selon l’arrêt de renvoi. Il a reconnu sa culpabilité dans le vol de quatre armes : un fusil de chasse, un fusil à pompe et deux PA. Son intermédiaire est Toufik Yahi, 33 ans, un fonctionnaire n’ayant exercé que durant trois mois dans l’institution. Néanmoins, il habite le boulevard Amirouche, en face du commissariat central, et Maâmar Felti le connaissait depuis sa tendre enfance. «Il me faisait traverser la route quand j’étais petit», dira-t-il au juge. Ses clients : un importateur de produits alimentaires de Tizi-Ouzou, Idir Larbas, décédé avant la réouverture du procès. Ce monsieur lui avait acheté le fusil à pompe. L’autre client, un entrepreneur, de la même ville, ayant fait la connaissance de Yahi chez Larbas. Il a acheté trois PA. «Mes chantiers se trouvent dans des contrées isolées et j’ai acheté ces armes pour me défendre. Une pour moi et les deux autres pour des employés de mon entreprise. Mais je ne savais pas qu’elles étaient volées. On m’a dit que ces armes ont été saisies au port d’Alger et la police les vendait à des particuliers. On m’a même promis de me délivrer des papiers pour ces armes.» A l’heure où nous mettons sous presse, le réquisitoire du représentant du ministère public et les plaidoiries des avocats n’ont pas encore commencé.
    L. H.

  • Algerie:Après de violents affrontements

     

    Gardes communaux et policiers campent sur leurs positions à Birkhadem (papier actualisé)



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    Actualisé à 19 h 20 –

     

    Le calme est revenu à Birkhadem après les violents affrontements qui ont opposé entre 17 h et 18 h les forces antiémeute aux gardes communaux qui tentaient de marcher vers la Présidence de la République à El Mouradia. La circulation sur l’autoroute Alger‑Blida est rétablie. Le dispositif de sécurité est toujours en place. Des centaines de gardes communaux demeurent sur les lieux.

    Actualisé à 18 h 40 –

    Le calme est revenu à Birkhadem après de violents affrontements entre policiers et gardes communaux qui tentaient de marcher vers la Présidence. Selon Aliouat Lahlou, les gardes communaux se sont mis d’accord pour envoyer une délégation à la Présidence de la République, rouvrir l’autoroute à la circulation et camper sur les lieux entre Djenane Sfari et Oued el Kerma, à Birkhadem, sur l’autoroute, jusqu’à la fin de la réunion entre leurs représentants et la Présidence. Plus de 400 gardes communaux ont été arrêtés par la police, toujours selon M. Lahlou, représentant des gardes communaux de Bouira. D’importantes forces antiémeute sont toujours stationnées sur place.

     

     

     

    Actualisé à 18 h –

    Plusieurs blessés, dont des civils, ont été enregistrés dans des affrontements qui se poursuivaient toujours entre policiers et gardes communaux ce lundi vers 18 h, notamment sur l’autoroute, au niveau de Birkhadem, à l’ouest de la capitale, a constaté une journaliste de TSA sur place.
    Pour disperser les manifestants et les empêcher d’avancer, la police a utilisé notamment des camions à eau. Même des civils de passage ont été arrosés, a‑t‑on constaté sur place. Des sirènes d’ambulance continuent de retentir et évacuent les blessés vers les hôpitaux. La circulation sur l’autoroute Alger‑Blida est complètement bloquée.

    Ces affrontements avaient commencé peu avant 17 h, selon Aliouat Lahlou, représentant des gardes communaux de la wilaya de Bouira. Un important dispositif policier a été mis en place dès la matinée, notamment à Birkhadem et Bir Mourad Raïs, à l'ouest d'Alger pour empêcher les gardes communaux de rejoindre la Présidence de la République.

    Les gardes communaux – plusieurs milliers selon des délégués – étaient en route depuis la matinée de ce lundi 9 juillet et se dirigaient vers la Présidence, à El Mouradia, sur les hauteurs d'Alger,  pour y tenir un rassemblement et faire entendre leurs revendications, notamment des augmentations de salaire, selon M. Lahlou.
    « Quarante‑cinq mille agents venus de plusieurs wilayas participent à cette marche »,a-t-il précisé. « Les manifestants sont actuellement au centre de Birkhadem. On attend l’arrivée de nos camarades pour franchir le barrage », a indiqué M. Lahlou à TSA vers 13 h.  « La police, tout comme la gendarmerie, n’est toujours pas intervenue », a ajouté ce délégué. Un représentant de l’inspection du travail est venu les voir quelques heures plus tôt pour avoir une idée sur leurs revendications, selon lui. « On en a marre de la langue de bois. Ce dossier doit être réglé définitivement par le ministre de la Défense et le président de la République », a‑t‑il estimé.
     
    « On fait le travail d'un militaire mais on est payé comme agent de bureau »
     
    « On fait le travail d’un militaire mais on est payé comme un agent de bureau ; on est assuré comme un employé faisant huit heures par jour alors qu’on travaille 24 heures sur 24 ; on est sous la tutelle du ministère de la Défense mais on n’a pas le droit de se soigner dans les établissements de santé militaires », s’offusque Aliouat Lahlou. C’est pour toutes ces raisons que les gardes communaux ont commencé à manifester le 26 juin dernier à Blida.
     
    « On veut tenir un rassemblement pacifique devant la Présidence pour demander la concrétisation des promesses du ministère de l’Intérieur » sur la satisfaction de nos revendications, affirme Ahmed Lakhdari, l’un des représentants des manifestants.
    « On a choisi cette wilaya parce qu’elle est proche d’Alger. C’était pour préparer notre marche », dit-il. Le représentant de la wilaya de Bouira affirme que lui et ses camarades n’appréhendent pas la réaction de la police. « Ils sont les bienvenus. Ce sont des collègues. Je dirai simplement qu’ils devraient faire face aux terroristes, pas à leurs collègues », conclut‑il.