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  • carnavale fi dachra algerie

    Nordine Aït Hammouda : «l’après-Bouteflika a commencé» 


    «Le pouvoir veut mener une guerre économique contre la Kabylie », a martelé, hier, Nordine Aït Hammouda, député du RCD, lors d’une conférence à Tizi Ouzou.


    «Hormis 15% des 129 milliards de dinars alloués pour la région ont été consommés. Où sont passés les autres milliards ?» s’est-il interrogé avant d’aller plus loin dans son réquisitoire contre le président de la République et son Premier ministre. «Pour s’attaquer à la Kabylie, Bouteflika a cherché une clientèle dans la région comme il a également chargé Ouyahia de structurer la mafia locale. Ceux qui ont été exclus par le RCD ont été récupérés par le pouvoir. Mais heureusement qu’ils ne peuvent pas acheter tous les Kabyles», a-t-il souligné. Pour le conférencier, «le régime a entamé ses provocations, car l’après-Bouteflika a commencé. Le pouvoir accentue le marasme en Kabylie. Il faudrait que la région retrouve son unité», a-t-il préconisé.

    Le député du RCD a évoqué également le procès de l’affaire de l’assassinat du chanteur Matoub Lounès. «Les présumés assassins de Matoub n’ont pas encore été jugés depuis 10 ans. Ni les avocats, ni Malika, ni le procureur n’en parlent. Mais moi, je vais en parler», a-t-il laissé entendre. Par ailleurs, M. Aït Hammouda a estimé que «Ferhat Mehenni a le droit d’exposer son projet politique en Algérie, d’autant plus qu’il est fils de chahid. Moi, je n’ai pas de problème avec le MAK, mais j’ai un problème avec le régime de Bouteflika. J’espère aussi que Ferhat ne se trompe pas de cible», a-t-il déclaré.

    Hafid Azzouzi
  • carnavale fi dachra algerie

    Nordine Aït Hammouda : «l’après-Bouteflika a commencé» 


    «Le pouvoir veut mener une guerre économique contre la Kabylie », a martelé, hier, Nordine Aït Hammouda, député du RCD, lors d’une conférence à Tizi Ouzou.


    «Hormis 15% des 129 milliards de dinars alloués pour la région ont été consommés. Où sont passés les autres milliards ?» s’est-il interrogé avant d’aller plus loin dans son réquisitoire contre le président de la République et son Premier ministre. «Pour s’attaquer à la Kabylie, Bouteflika a cherché une clientèle dans la région comme il a également chargé Ouyahia de structurer la mafia locale. Ceux qui ont été exclus par le RCD ont été récupérés par le pouvoir. Mais heureusement qu’ils ne peuvent pas acheter tous les Kabyles», a-t-il souligné. Pour le conférencier, «le régime a entamé ses provocations, car l’après-Bouteflika a commencé. Le pouvoir accentue le marasme en Kabylie. Il faudrait que la région retrouve son unité», a-t-il préconisé.

    Le député du RCD a évoqué également le procès de l’affaire de l’assassinat du chanteur Matoub Lounès. «Les présumés assassins de Matoub n’ont pas encore été jugés depuis 10 ans. Ni les avocats, ni Malika, ni le procureur n’en parlent. Mais moi, je vais en parler», a-t-il laissé entendre. Par ailleurs, M. Aït Hammouda a estimé que «Ferhat Mehenni a le droit d’exposer son projet politique en Algérie, d’autant plus qu’il est fils de chahid. Moi, je n’ai pas de problème avec le MAK, mais j’ai un problème avec le régime de Bouteflika. J’espère aussi que Ferhat ne se trompe pas de cible», a-t-il déclaré.

    Hafid Azzouzi
  • quelle sentence,grave ,justice guidée, et pour les tangos ayant du sang dans les mains que prevoit article penale bis 65 alinea5!!!!!!

    Chlef : 10 ans de prison pour du rap subversif

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    Le tribunal criminel de Chlef a rendu, dans son audience du 3 novembre dernier, un verdict jugé «excessif» par certains observateurs. Dix ans de prison ferme pour le contenu jugé subversif de morceaux de rap diffusés à Chettia, commune située à 7 km du chef-lieu de la wilaya de Chlef.

    Deux frères de cette région ont été jugés pour l’enregistrement et la diffusion de ces chansons. L’un en serait l’éditeur et le second le diffuseur. Abderahmane Tounsi, 23 ans, actuellement en fuite en France, a écopé de 10 ans de prison ferme par contumace pour deux chefs d’inculpation : atteinte aux symboles de l’Etat et au président de la République, et apologie du terrorisme. Son frère, Hocine Tounsi, 24 ans, détenu à la prison de Chlef, a écopé, lui, de 3 ans de prison ferme, pour un seul chef d’inculpation : apologie du terrorisme. Les faits remontent au 16 avril dernier lors de l’arrestation de Hocine pour détention d’une chanson subversive sur son téléphone portable.

    Le procès qui a suivi a statué en s’appuyant sur l’article 144 bis du code pénal sur les crimes qualifiés d’actes terroristes ou subversifs. Pour le premier inculpé, Abderahmane, le jugement s’est appuyé sur l’article 87 bis 4, qui prévoit 5 à 10 de prison et d’une amende de 100 000 à 500 000 DA pour quiconque faisant «l’apologie, encourageant ou finançant des actes visant la sûreté de l’Etat, l’intégrité du territoire, la stabilité et le fonctionnement normal des institutions». Le frère, Hocine, a été jugé pour sa part sur la base de l’article 87 bis 5 qui prévoit une peine de prison de 5 à 10 ans pour quiconque «reproduit ou diffuse sciemment des documents, imprimés ou enregistrements faisant l’apologie du terrorisme». Abderahmane est à l’origine de l’enregistrement de cette chanson satirique qui remet en question la légitimité de la police, de l’Etat et surtout celle du président, le tout avec des termes crus. Une diatribe contre l’injustice, la corruption et les passe-droits qui, selon le texte de la chanson, seraient plus néfastes que le terrorisme. Le tout enflammé par un amour inconditionnel pour l’Algérie libérée du joug politique actuel, jugé illégitime. Face à ce verdict, Farouk Ksentini, président de la Commission nationale consultative de promotion et de protection des droits de l’homme (CNCPPDH), joint hier par téléphone, a émis quelques réserves : «Je comprends que l’on soit sévère contre l’apologie du terrorisme mais pour le reste, il me semble que dix ans de prison c’est un peu trop.

    Cela dit, tout dépend du contenu du texte. Si les propos du chanteur ont été faits sur le ton de la dérision, il faut prendre en compte les nuances et faire une lecture approfondie du texte.» A quel moment une chanson peut être considérée comme faisant l’apologie du terrorisme et quelle part donner à la liberté d’expression et de dérision dans cette affaire ? «Si l’on se réfère aux Guignols de l’info de Canal Plus, qui donnent souvent la parole à Ben Laden, on ne peut pas considérer que cela soit de l’apologie du terrorisme à partir du moment où c’est fait avec dérision. Maintenant, concernant notre cas, il faut prendre en compte les transformations qui caractérisent notre société. Il y a certainement des finesses qui échappent aux juges qui se précipitent à rendre des verdicts trop sévères avant de faire des lectures plus approfondies de ces expressions jugées subversives», a-t-il ajouté.

    Fella Bouredji
  • mr papillon se confesse ,trops tard le mal est fait!!!!!!!!!

    Les confessions de l’ex-chef du gouvernement, Sid Ahmed Ghozali

     

     

      par Ahmed ROUADJIA

     

    Le Quotidien d’Oran 11 novembre 2010

     

    «Les plus mauvais lecteurs sont ceux qui procèdent comme les soldats pillards; ils s’emparent, ça et là, de ce qu’ils peuvent utiliser, souillent et confondent le reste, et couvrent le tout de leurs outrages.» ( Nietzsche).

     

    Qui ne connaît Sid Ahmed GHOZALI? Rien ni personne n’ignore, en effet, ce             vieux routier de la politique algérienne. Inutile donc de le présenter tant que son nom, ses actions passées, son «look», son style vestimentaire que signale et accentue en particulier son inévitable nœud papillon qui l’agrémente et lui donne des allures aristocratiques par contraste avec la plupart de ses homologues au maintien guindé, sont des images familières et récurrentes pour tout un chacun. Pourquoi revenir donc sur cet homme politique déjà connu. Mais d’abord, qu’est-ce qui motive, ici, le besoin d’en parler? C’est que Sid Ahmed Ghozali nous y incite, malgré lui, et nous oblige à écrire ou à parler de lui, de ce qu’il fait, de ce qu’il envisage de faire et sur la manière dont il envisage la conduite des affaires politiques de l’Etat dont il était, confesse-t-il, l’un des «harkis» (supplétif) sans le savoir ni le vouloir…

     

    Ghozali et son traitement des questions «chaudes» et passionnées

     

    Monsieur Ghozali sait, à sa manière, susciter des petits débats politiques, comme le démontre la double petite tempête médiatique qu’il vient de soulever en accordant un entretien au Quotidien d’Oran, évoquant deux questions extrêmement «chaudes», entachées de véhémentes passions: les harkis du système politique algérien et la question iranienne. Par le choix de mots qui font image, et qui frappent l’esprit par leur caractère audacieux (ou provocateur?), M. Ghozali en arrive à faire naître des réactions d’incompréhension et d’ étonnement chez les uns, des indignations chez d’autres, et, enfin, des «saluts» d’approbation et d’admiration chez certains. Comment cela est-il possible? La raison en est que chacun des lecteurs accuse réception de son message selon sa «sensibilité» idéologique propre, de son niveau intellectuel, et de sa compréhension plus ou moins claire de la complexité du monde politique. Mais ces réactions contrastées sont également liées à l’ambiguïté et à la préciosité même du discours de M. Ghozali, discours à géométrie variable et qui comporte dans son essence même un mélange de vérités incontestables, sur un plan, et des prises de positions partisanes, sur un autre. C’est ce qui désarçonne justement le lecteur. En soulevant les questions extrêmement sensibles, comme celle des harkis et de l’Iran, deux questions situées à des niveaux diamétralement opposés, M. Ghozali en est arrivé à provoquer donc un véritable charivari dans la tête aussi bien de ceux qui l’aiment» que dans celle de ceux qui lui en veulent pour des motifs avoués ou non.»

     

    Les harkis du «système»

     

    Rappelons pour mémoire que Sid Ahmed Ghozali a occupé très jeune de hautes charges au sein de l’Etat algérien indépendant et figure parmi les premiers jeunes loups de la technocratie algérienne : PDG de la Sonatarch à l’âge de 29 ans, de 1966 à 1979, puis plusieurs fois ministre sous le régime de Bendjedid, occupant successivement les postes de ministre de l’Energie, des Finances, des Affaires étrangères avant d’être propulsé chef du Gouvernement (1991-1992). Il sera par la suite ambassadeur d’Algérie auprès de la Communauté européenne de Bruxelles, puis ambassadeur à Paris. En tant que technocrate, diplomate et homme politique, son curriculum vitae est donc bien rempli et ne souffre d’aucune lacune, hormis une période de «traversée de désert» qui ne sera que de courte durée. Vu sa participation et sa contribution à la gestion des Affaires de l’Etat, peut-on dire que M. Ghozali n’a jamais fait partie du «système»? L’intéressé lui-même répond par la négative aux questions du Quotidien d’Oran lorsqu’il dit: « Je n’ai jamais fait partie du système (…) Il faut parler de système dans le système et identifier celui et ceux qui prennent la décision. Moi et d’autres, nous n’avons jamais pris la décision.

     

    Quelque part, je le dis aujourd’hui, nous avons été «les harkis du système». Nous l’avons servi. De bonne foi, car nous nous croyions commis de l’Etat, d’un Etat. On n’a pas compris que nous n’étions que ses instruments.»

     

    Le «système» et l’Etat fiction

     

    Faut-il le croire ou le démentir quand il oppose «Etat» à «système»? Sur ce point précis, Ghozali ne semble pas avoir tort s’il entend par cette dichotomie la distinction entre l’Etat de droit, saisi dans ses dimensions constitutionnelle et juridique, et l’Etat en tant qu’organe physique investi par un système de réseaux et de clans qui le phagocytent et l’asservissent à leurs fins. Mais cette distinction entre l’Etat-organe et l’Etat de droit, n’est pas une nouveauté et M. Ghozali n’a fait que la redécouvrir après coup. Les politicologues et les théoriciens du constitutionnalisme le savaient depuis belle lurette: Un Etat de droit est l’antipode de tous les «systèmes» opaques (réseaux, clans, maffia, franc-maçonnerie…) dont les règles de fonctionnement échappent à la clarté du jour. S’ils peuvent être tolérés, et même associés dans certains cas à l’action de l’Etat, tous ces «systèmes» sont cantonnés dans des limites à ne pas franchir. Ils ne constituent pas des centres de décision, et n’empiètent pas sur les prérogatives de l’Etat de droit, par définition régalien. Comment dès lors qualifier notre Etat? Un Etat-organe physique composé de segments de groupes et de forces «occultes» et coiffé d’un centre de direction et de décision qui imprime ses marques et ses orientations essentielles à la vie de la Nation. On a, semble-t-il, affaire ici non à un Etat de droit, mais à un Etat- fiction, en trompe-l’œil.

     

    Les hommes de la périphérie du centre du «système»

     

    Le noyau dur de ce «système» de décision serait donc les Services, dont l’action échapperait au contrôle de cet Etat composite, puisque formé d’une suite de «petits systèmes» aux ramifications tentaculaires. Le centre du pouvoir réel relèverait des Services, tandis que les politiques ne seraient rien que sa partie périphérique, et dont la fonction aurait été quasi marginale. Autrement dit, ceux qui menaient et qui mèneraient encore la danse et faisaient de la politique ce n’étaient pas ceux que l’on croyait, les civils, mais bel et bien les militaires dont les Services étaient (et ils le seraient encore) le cerveau et le système nerveux central du pouvoir d’Etat. A lire et à entendre Sid Ahmed Ghozali, tous les ministres et les hommes politiques qui se sont succédé à la tête des gouvernements successifs, y compris lui-même, n’étaient rien de moins que des «harkis», autrement dit des auxiliaires d’un système dont ils n’ont découvert la présence envahissante que très tardivement, après qu’ils aient été remerciés pour les services rendus. Il avait cru, lui et ses homologues, qu’ils étaient au service d’un Etat alors qu’ils ne faisaient, au fond, que remplir sans le savoir la fonction de simples exécutants dociles, mais «de bonne foi» au service d’un «système» occulte, mais omniprésent et omniscient. C’est ce qui le conduit à déclarer que « L’armée politique, ce sont les «Services». Et ce n’est pas uniquement les «Services», mais toutes leurs ramifications (…) Ce n’est pas propre à l’Algérie que les « Services» essayent d’avoir plus et d’abuser (…) Sauf que la différence est que dans d’autres pays, il existe des institutions qui ont des pouvoirs. Chez nous, il n’existe que les «Services» et, en face, des institutions virtuelles.»1

     

    Cela est d’autant plus vrai que tout le monde le savait depuis si longtemps, y compris les petites gens du peuple, qui se savent gouvernées depuis l’indépendance par un régime militaire drapé sous l’uniforme civil. Mais cette «révélation» venant d’un homme politique qui avait occupé des responsabilités de premier plan au sein de ce régime «déguisé» en civil, est d’autant plus déroutante qu’elle s’est produite très tardivement, à un moment où il a cessé d’être le «harki» du système. N’aurait-il pas fallu le faire tôt, au moment où il était encore en «service», ce qui aurait pu provoquer certainement un débat productif et dessiller encore plus les yeux de tous, sur le caractère véritable de notre régime policier ou militariste? Le faire maintenant, alors qu’on est «hors service» et après que le parcours de la carrière politique ait pris quasiment fin, n’a aucun sens et ne produit aucun effet salutaire sur l’amère et tragique réalité des choses présentes.

     

    Les déboires qui naissent des occasions manquées

     

    Que M. Ghozali reconnaisse explicitement, qu’il se soit trompé en se croyant être au service d’un Etat, et non d’un «système» informel, aux ramifications étendues, n’explique pas les raisons de sa prise de conscience lente et très tardive de la nature du système. Comment un homme politique qui a été longtemps au service du système a-t-il pu rester jusqu’au bout maintenu dans l’ignorance de ce qui se tramait dans les coulisses du pouvoir?

     

    A défaut d’avoir pu prendre, lui et ses homologues, les grandes décisions qui engageaient le destin du pays, ils devaient pour le moins savoir d’où leur venaient les «ordres» qu’ils devaient exécuter, et cette circonstance seule devait suffire à leur faire sentir qu’ils n’étaient de facto et de jure rien de moins, les auxiliaires dociles, malléables et serviables à merci d’un Etat noyauté par les Services.

     

    Il y a quelque temps, déjà, Belaid Abdesselam, «le père» de la défunte «industrie industrialisante», avait, lui aussi, stigmatisé les intrusions des Services dans les affaires politiques et civiles de la Nation en exprimant le vœu de les voir se retirer complètement de la scène politique en laissant les coudées franches aux civils pour conduire les affaires de l’Etat. Là encore, et à l’instar de M. Ghozali, Abdesselam ne s’est ravisé de la pesante tutelle des Services sur l’Etat, qu’une fois évincé du pouvoir, oubliant qu’il ne devait, lui et quantité d’autres responsables politiques du temps de Boumediene, de Chadli et même de Liamine Zéroual, leur foudroyante ascension au sommet de l’Etat, que grâce aux Services que maintenant ils vilipendent comme par dépit!

     

    Je ne doute pas cependant, de la bonne foi de M. Ghozali lorsqu’il affirme qu’il croyait servir l’Etat. Versé assez jeune dans les structures du jeune Etat indépendant dont il s’était imprégné du discours «révolutionnaire», socialiste et volontariste, traits de culture idéologique qui ont achevé de modeler sa représentation de la politique, M. Ghozali avait été, comme tous les responsables de sa génération, fortement ancré dans la conviction qu’il était un des hauts cadres de la nation investi d’une mission quasi sacrée: mettre son savoir-faire au service de la construction de l’Etat et du»décollage économique» du pays. Néanmoins, cette conviction ne le dédouane pas pour autant de ses péchés politiques «véniels».

     

    Conviction, certes sincère, mais qui ne devait pas, cependant, quand il était au service du «système» le dispenser de réfléchir, en homme politique et citoyen, sur la nature et le rôle de l’Etat- nation. Pourtant, il n’en avait rien été.

     

    Il s’est contenté comme tous ses pairs de se faire mécaniquement les serviteurs d’un «Etat-système» sans se poser le moins du monde la question de savoir si le principe de légitimité sur lequel celui-ci prétendait se fonder, en l’occurrence le principe de légitimité révolutionnaire, était ou non conforme à l’Etat de droit qui, seul, pouvait et peut trouver son incarnation véritable dans l’équilibre des trois pouvoirs : judiciaire, législatif et exécutif.

     

    Dire avec un certain regret ou amertume qu’on était les «harkis» du système sans le vouloir ni le savoir, après avoir effectué un interminable cursus en son sein, c’est essayer en vain, non seulement de se disculper, mais de s’évertuer également à se dégager de toute responsabilité politique passée en transférant l’échec patent de la construction de l’Etat de droit sur les seuls Services secrets ou presque.

     

    En effet, tous nos hommes politiques «déchus», congédiés plus ou moins poliment ou «réformés», telles de vieilles machines usées jusqu’à la corde, finissent tous par tourner à l’aigre et ne trouvent rien de mieux pour se consoler de leurs propres échecs, et occasions manquées que de rabâcher «des histoires» dont la véracité ne résiste guère à l’épreuve des faits historiques….Et l’une des occasions que ces hommes ont manquée, c’est de n’avoir pas essayé ou voulu réformer l’Etat ou le système de l’intérieur. Ils auraient pu le faire s’ils avaient la volonté, l’audace et l’imagination féconde. Ils se complaisaient bien dans leurs statuts, fonctions ainsi que dans les missions qui leur étaient confiées par les»Services du système» dont ils auraient été «les harkis» patentés, mais sans le savoir… et ils le faisaient pourtant et exactement à la manière des harkis de la colonisation qui se seraient engagés, eux aussi, sans savoir qu’ils allaient asservir ou tuer leurs frères de «race» et de religion pour contenter ou plaire aux bourreaux du peuple algérien!

     

    Quand l’armée et ses services sont mis sur la sellette…

     

    Contrairement à ce que je lis, et entends ici et là, l’armée et ses Services spéciaux, n’ont jamais été ni les seuls responsables de la faillite politique et de l’affaiblissement de l’Etat, ni les détenteurs sans partage du pouvoir. Le croire et le faire accréditer revient à lui imputer de manière infondée tous les échecs politiques et la gestion imbécile de l’économie nationale depuis l’indépendance par des équipes gouvernementales qui, bien qu’elles fussent en partie cooptées par l’armée, n’en avaient pas moins de grandes marges de liberté d’agir dans le sens de la transformation positive des structures mentales et politiques du pays. Or, cette liberté d’action qui leur avait été laissée ou «octroyée», n’a pas été exploitée à bon escient, et l’on s’était contenté de la gestion purement technique, bureaucratique et administrative au détriment de la réflexion politique devant porter sur ce que devrait être la philosophie de l’Etat, philosophie laissée à la discrétion des seuls militaires et d’un parti FLN complètement sclérosé.

     

    En se défaussant de la politique comme art de gouvernement, de l’esprit critique, de l’autonomie de la pensée et, en se laissant gagnés par l’euphorie de la carrière et du prestige, les membres successifs de ces équipes gouvernementales ont contraint l’armée et ses services à faire, tout à la fois, le politique et le sécuritaire à leur place. On pourrait arguer que l’armée a toujours été «une dictature», que ses Services sont terrifiants, qu’ils inspirent une peur Panique, ce qui expliquerait la démission ou la défaite de la pensée des hommes politiques, cause essentielle des crises endémiques de l’Etat.

     

    C’est une explication trop facile que seuls les paresseux ou les «excités» idéologiques peuvent défendre et faire leur.

     

    Certes l’armée a ses défauts, et même parfois ses excès, mais qui se ressentent tous de l’environnement politique et social du pays, de son histoire, de ses mœurs et de ses traditions de lutte, toutes marquées ou presque au coin de l’irrationnel et des véhémentes passions idéologiques.

     

    Mais ces «défauts» auraient pu être corrigés si nous avions eu une classe politique éclairée, compétente et porteuse de vrais projets de société. Car l’armée dont les membres constitutifs sont des Algériens comme tous les autres, nourris aux mêmes sources culturelles, n’est pas un corps étranger qui serait imperméable à l’écoute et aux propositions de changement et de refonte de l’ordre politique.

     

    Or, cette armée ne pouvait pas et ne peut pas faire grand-chose lorsque les hommes politiques qu’elle a en face d’elle se montrent frileux, lâches et pusillanimes.       C’est parce que ces hommes des gouvernements civils s’avèrent timorés et incapables d’élaboration politique et doctrinale et n’ayant de l’Etat qu’une vision purement instrumentale, que l’armée s’est contrainte de manière plus ou moins discrète à faire de la politique à leur place.

     

    Une «classe politique» à réinventer…

     

    A supposer même qu’ils fussent cooptés ou triés sur le volet par les Services, grâce au fameux «rapport d’habilitation», rien en effet, ne pouvait empêcher ces politiques d’acquérir l’autonomie de la pensée et de l’action salvatrice. Nous pensons que l’armée n’aurait pas vu d’un mauvais œil cette autonomie si elle était conforme aux réquisits de l’Etat, et si elle pouvait persuader l’armée des bienfaits qui pourraient en résulter pour le pays.

     

    L’armée ni n’est un «monstre» ni n’est un bloc inorganique insensible aux conseils et aux idées contradictoires. Au contraire, par sa raison d’être même, elle ne saurait être autrement que réceptive à tous les échos de la société politique. Mais cette «classe politique» qui reste à réinventer s’était révélée et se révèle encore pas tout à fait à la hauteur de ses missions pour inspirer confiance et crédibilité totale à une armée en manque d’hommes civils capables de l’éclairer et de la décharger de certains de ses fardeaux multiples…

     

    Ce n’est point mon intention de faire ici de la flagornerie que de dire la vérité en brisant bien des tabous! Je m’inscris en porte-à- faux contre ceux qui prétendent que tout ce qui va mal en Algérie, depuis l’indépendance du pays, était lié à l’armée, qui serait la grande tireuse de ficelles de tous les clans, les coteries et les chapelles associés à la gestion politique du pays C’est oublier que l’armée n’aurait pu jamais survivre et se maintenir durant près d’un demi-siècle à la tête du pays si elle ne bénéficiait pas d’appuis aussi bien actifs que passifs d’une foule d’acteurs politique, économique et sociale. Ces appuis lui provenaient du fait que toutes les oppositions, depuis l’extrême- gauche en passant par les communistes vieux style, les néo-démocrates de tous acabits, jusqu’aux arabo- islamistes de différentes étiquettes, n’ont pu présenter une alternative crédible au pouvoir de l’armée qui, en dépit de certains de ses bévues et dérives attestées, demeure l’unique force structurée et cohérente de la société. Et c’est là que je souscris entièrement au propos de Belaïd Abdesselam lorsqu’il déclare que: « …dans le contexte où nous sommes, la seule structure plus ou moins solide dans le pays, c’est l’armée. Elle est ce qu’elle est. Vous pouvez dire tout ce que vous voulez sur son compte, c’est la seule structure qui tienne et qui fait face aux tempêtes. Si vous voyez la société civile, la société politique, elles sont déliquescentes. Cela dit, il faut qu’un jour ou l’autre l’armée passe la main. Mais entre les mains de qui cela va-t-il tomber? Vous me demandez de répondre à une question à laquelle je n’ai pas de réponse. Je ne peux qu’émettre un vœu: c’est que cette classe politique engendrera un jour des hommes capables de prendre en main le destin de l’Algérie. »(2) Rien de plus sensé, rien de plus juste en effet que cette analyse-là. Mais le vœu exprimé par ce vieux routier de la politique de voir un jour l’armée passer «la main» à une classe politique douée de compétences et pétrie du sens de l’Etat ne sera pas exaucé de si tôt, tant nos hommes du gouvernement se reproduisent à l’identique : opportunistes, politiquement incultes et soumis; tares qui leur sont caractéristiques, et que rien ne masque à l’œil de l’observateur tant soit peu averti: ni leurs discours pompeux ni leur ignorance arrogante, ni leurs costumes d’apparats, ni leur pose affectée…L’un des drames de l’Algérie, c’est qu’elle renferme plus de prétendants intéressés, avides de pouvoir ( la fameuse «chaise» ou koursi à prendre et à conserver) que de candidats effectivement mus par la volonté de consolider l’Etat de droit et de l’élever au rang de la «Noblesse».

     

    Une conception pauvre et carriériste de l’Etat

     

    Les hommes de nos gouvernements successifs n’ont jamais constitué une «classe politique» au sens noble de ce mot, c’est-à-dire une classe cultivée, imprégnée de hautes valeurs politique, éthique et morale, mais seulement un ensemble d’individus composites, dépourvus de culture politique et philosophique et pour qui l’Etat n’est pas un idéal ou un objectif en soi et pour soi, mais seulement le moyen par lequel on réalise «une carrière». Le système de désignation et de cooptation des «élites politiques», tel qu’il s’est institué et perduré dans notre pays, est l’une causes essentielles de la déliquescence de l’Etat, dont les signes avant-coureurs se manifestent à travers mille indices. Il est trop facile donc d’endosser tous les maux dont souffre le pays depuis près de trois décennies à l’armée, alors que les politiques-en supposant qu’ils fussent tous placés par elle à la tête des différents compartiments de l’Etat-, n’ont pas su exploiter les opportunités qui leur ont été offertes pour aider à la refonte de l’Etat. Si l’armée et ses Services auxquels beaucoup prêtent souvent à tort une forme monstrueuse et une attitude intransigeante, avaient eu face à eux des hommes politiques même cooptés, mais intelligents, perspicaces, audacieux et honnêtes, ils auraient pu assouplir leur position et se laisser convaincre de la nécessité de la réforme de l’Etat et du besoin de goûter eux-mêmes aux charmes de la démocratie. Or, l’armée n’avait eu jusqu’ici et n’a en face d’elle encore qu’une classe politique informe, composée d’individus opportunistes, intéressés, timorés et ternes, qui ne peuvent guère l’aider à faire ni sa propre refonte interne ni celle de la société politique et civile. Ainsi nos ministres actuels et nos députés, sans compter les membres de l’opposition, nous offrent-ils déjà au quotidien le triste spectacle d’actes et de discours où l’éloge du Prince et la glorification des prétendues réalisations sociales et économiques l’emportent sur la vérité, la relativité des choses, le sens de la nuance, de la mesure et de la responsabilité….

     

    Quand la faiblesse de l’esprit se conjugue au sentiment de la dette comme fardeau…

     

    Lorsque les hommes politiques se sentent, à tort ou à raison, redevables de leurs postes à l’armée, et qu’ils ont une grande dette à s’acquitter envers elle, dès lors même que celle-ci ne leur réclame rien en retour, ils ne peuvent absolument pas réfléchir en hommes libres, ni prendre la moindre initiative qui puisse être qualifiée d’audacieuse. Ces hommes sont, indépendamment de l’armée et de ses éventuelles interférences, complètement hétéronomes, et l’hétéronomie de la volonté s’oppose par définition à l’autonomie de l’esprit. Dès lors, on ne peut pas encore reprocher à l’armée d’en être responsable, puisque cette mentalité de la soumission, de la peur immotivée, de l’inhibition intellectuelle et de l’apathie se trouve au cœur même du dispositif psychique et psychologique de cette «classe politique» -si tant qu’elle n’ait jamais existé- L’opportunisme et la quête assoiffée du pouvoir qu’elle affiche au grand jour sont la conséquence directe de cette démission politique, et de cette défaite de la pensée.

     

    La faillite de notre industrie industrialisante, par exemple, n’était pas le fait de l’armée et de ses Services, mais bien le fait de l’équipe de technocrates cornaquée naguère par Belaïd Abdesselam, et les équipes gouvernementales qui lui ont succédé depuis plus de deux décennies en arrière, se sont montrées à peine plus brillantes, à peine plus efficaces en termes de gestion saine des affaires de l’Etat. En dépit de son caractère autoritaire et «jacobin» et de la redoutable réputation de ses services secrets, qui donnent par ailleurs des frissons de peur rétrospective, «l’armée politique» dont parle M. Ghozali avait eu certes, et depuis toujours cet œil de l’Argus qui lui permettait et lui permet encore de balayer d’un seul regard le moindre des activités de la vie sociale et politique, mais elle n’a jamais cependant, empêché ces hommes politiques d’être eux-mêmes, d’avoir leurs marques propres, en devenant relativement autonomes et indépendants par rapport aux Services dont les interférences dans les affaires civiles et politiques sont inévitables, et comme le dit M. Ghozali lui-même : «Ce n’est pas propre à l’Algérie que les « Services» essayent d’avoir plus et d’abuser» de leurs pouvoirs.

     

    C’est reconnaître donc que dans les pays, même les plus démocratiques du monde, les Services ne sont pas seulement omniprésents et omnipotents, mais ils s’immiscent aussi dans toutes les affaires de la société civile et politique. Mais il est vrai qu’ à la différence de notre pays, c’est que ces Services ont, en face d’eux, non seulement des institutions solidement établies sur des vieux socles institutionnels qui limitent leurs pouvoirs envahissants, mais aussi et surtout ils ont affaire à une classe politique dont les membres sont habités d’un esprit critique, libre et autonome, et qui savent par leur intelligence politique et par leur sens profond de l’Etat qui imprègne leur imaginaire, à se faire entendre par les Services qui reconnaissent et acceptent eux-mêmes, à leur tour, le fait de n’être que l’instrument d’une politique, des politiques. Or, en Algérie, c’est l’inverse qui se produit. Ce sont les Services qui assument presque seuls les deux insupportables besognes : la politique et l’espionnage. Ils le font presque à leur corps défendant, faute d’une classe politique éclairée, audacieuse, critique et imaginative. C’est ce défaut qui pousse l’armée à être tout à la fois au four et au moulin…..

     

     

  • Les autres effets collatéraux du pardon officiel aux tueurs !



    Par Hakim Laâlam  
    Email : laalamh@yahoo.fr

    Football. La FAF vient de l’annoncer. La rencontre Algérie-
    Maroc se jouera à…
     

    …Tindouf !

    Toi, tu serais venu me la raconter cette histoire, je t’aurais traité d’illuminé. Mais là, l’histoire en question est partout étalée dans vos journaux. Elle est narrée par les correspondants locaux de presse, de la même manière, avec force détails et précisions. Quelle histoire ? Mais celle, incroyable, de contrebandiers qui ont attaqué deux hôpitaux publics, à Oum-El-Bouaghi et à Tébessa pour libérer deux de leurs «collègues» en soins là-bas après un accident de la circulation. Je me tâte. Je me pince. Et je relis l’information. Toujours là ! Dans son intégralité. Des contrebandiers, armés, ont pris d’assaut deux hôpitaux de la RADP et en ont libéré des acolytes. Que faut-il en penser ? Qu’il est urgent de brancher une immense stéréo audessus de nos oreilles, d’y glisser un CD d’Ennio Morricone et d’écouter en boucle la cultissime mélodie diffusée par les deux montres goussets que tiennent Clint Eastwood et Lee Van Cleef dans la scène finale du duel contre l’Indien, Gian Maria Volontè, dans le non moins cultissime Et pour quelques dollars de plus. Je ne vois pas quel autre habillage musical et dramatique pourrait convenir à cette scène de l’attaque de deux hôpitaux de la république par une bande de contrebandiers. Là, nous sommes en plein western ! Un western rendu possible par l’immunité. Eh oui ! Pourquoi pas ! Pourquoi pas une attaque armée contre un hôpital pour en libérer des bandits. Et demain, pourquoi pas non plus un guet-apens contre des convois cellulaires pour en libérer des prisonniers. Ah ! Zut ! On me chuchote à l’oreille que ça, ça a déjà eu lieu. Autant pour moi ! Je ne savais pas qu’on en était déjà là. Que les effets collatéraux de la réconciliation, du blanchiment en gros des tangos et de la réhabilitation sociale et économique des enfourneurs de bébés et des violeurs et égorgeurs de femmes étaient déjà là aussi. Eh oui ! Mettez-vous à leur place, ces contrebandiers ! Lorsqu’ils voient Hassan Hattab débouler à la radio nationale pour y lire en VIP un communiqué, lorsqu’ils voient aussi Benhadj arpenter les allées du Salon du livre d’Alger escorté par des gorilles de la république, pourquoi alors se gêner et se poser des questions d’éthique, hein ? Va pour l’attaque d’un hosto. Voire même deux hostos. Prochaine étape, les tribunaux. Et si ça ne suffit pas, l’APN, le Sénat… Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
    H. L.

  • LUTTE ANTITERRORISTE DANS LE SAHEL Washington s’aligne sur Alger quelle blague ,quand les amerlochs s'enmelent c'est irakisation, on veut pas irak part 2!!!! mauvais choix!!! la base américaine existe ,chercher la dans mes archives!!!!!!



    Les responsables militaires algériens et américains partagent une vision identique en matière de lutte contre le terrorisme au Sahel. Joseph Mcmillan, l’adjoint principal de l’assistant du secrétaire américain à la défense chargé des affaires de sécurité internationales, a déclaré, hier, que les Etats-Unis d’Amérique s’opposent à toute intervention armée étrangère dans la sous-région et soutiennent l’initiative algérienne visant à criminaliser le paiement des rançons pour la libération d’otages.
    Tarek Hafid - Alger (Le Soir) - La quatrième session de coopération militaire entre le ministère de la Défense algérien et le département américain à la Défense s’est clôturée hier à Alger. La question de la lutte antiterroriste était au centre des discussions entre les deux parties. Des discussions qualifiées de «franches, productives et amicales», par l’adjoint principal de l’assistant du secrétaire américain à la défense chargé des affaires de sécurité internationales. «Nous avons abordé plusieurs questions stratégiques qui concernent la menace terroriste au Sahel. J’ai dit aux représentants du gouvernement algérien que le problème du terrorisme doit être traité par les pays concernés directement. C’est la meilleure façon de lutter contre ce phénomène. L’intervention de forces étrangères doit être le dernier recours. Nous avons apprécié l’initiative du gouvernement algérien visant à rassembler les pays de la région pour lutter conjointement contre le terrorisme. C’est une initiative très importante. La partie algérienne a exactement le même point de vue», a précisé Joseph Mcmillan lors d’une conférence de presse animée au siège de l’ambassade des Etats-Unis d’Amérique à Alger. Le responsable du département à la Défense estime que la mise en œuvre d’une stratégie de lutte globale contre le terrorisme est nécessaire. Mais ce concept doit s’appuyer sur des stratégies locales. «Les solutions doivent avant tout être locales. La stratégie appliquée actuellement en Afghanistan ne peut pas s’appliquer au Mali.» Interrogé sur la position des Etats-Unis à propos de la problématique du paiement des rançons aux groupes terroristes, Mcmillan a insisté sur le caractère «contre-productif » de ce procédé. «Le paiement des rançons est une initiative contre-productive qui encourage les terroristes et qui fournit des financements à ces groupes. Le gouvernement algérien a une position très claire à ce propos. Nous avons de bonnes discussions sur les méthodes avec lesquelles nous devons traiter cette question. » Pour autant, les Etats-Unis iront-ils jusqu’à soutenir l’initiative de l’Algérie portant sur l’adoption par le Conseil de sécurité de l’ONU d’une résolution criminalisant le paiement de rançons ? En fait, l’administration américaine semble être face à un sérieux dilemme en l’absence de consensus de la communauté internationale à ce sujet. «L’Algérie et les Etats- Unis partagent les mêmes objectifs qui consistent à mettre fin au paiement de rançons. Le gouvernement américain applique une politique très claire : aucune concession ne doit être faite aux terroristes. Criminaliser cet acte, tel que proposé par l’Algérie, est une des approches. Mais j’estime que la communauté internationale doit comprendre que c’est une des solutions qui pourrait être établie. Le défi consistera à faire en sorte que la communauté internationale approuve cette approche.» Selon Mcmillan, les modalités de soutien des Etats-Unis à la proposition algérienne sont actuellement à l’étude au niveau des représentations diplomatiques des deux Etats. L’adjoint principal de l’assistant du secrétaire américain à la défense chargé des affaires de sécurité internationales a également abordé les domaines de coopération entre les deux armées, notamment en matière d’acquisition de matériels militaires. Ainsi, outre les équipements spécifiques à la lutte contre le terrorisme (armement des unités de combat, moyens de détection…), Joseph Mcmillan a laissé entendre que des discussions étaient engagées entre les deux parties pour l’acquisition de moyens au profit de l’aviation algérienne. «Les forces aériennes algériennes sont habituées aux avions américains. Actuellement nous n’en sommes qu’au stade des discussions. Elles concernent notamment le côté technique. Nous devons définir les exigences à prendre avant de procéder à l’acquisition de ces équipements aériens.» Il est utile de rappeler que le parc d’avions militaires américains détenus par l’armée de l’air algérienne est très restreint. Il se limite à quelques avions de transport Hercule C130 et à des appareils de surveillance de type Beechcraft. Pour ce qui est des aspects liés à la formation et aux exercices militaires, Mcmillan a indiqué que les deux parties ont arrêté un programme de deux années qui prendra effet à partir du début de l’année 2011. Par ailleurs, l’adjoint principal de l’assistant du secrétaire américain à la défense chargé des affaires de sécurité internationales répondra sur un ton diplomatique à une question sur le silence des pays occidentaux face à la situation que subissent les populations civiles dans les territoires occupés par le Maroc. «Nous estimons que ce conflit aurait dû être résolu depuis longtemps. Le secrétaire général de l’ONU a nommé un envoyé spécial en la personne de Christopher Ross. Les Etats-Unis soutiennent ses efforts», se contentera de dire Joseph Mcmillan.
    T. H.

  • ouyahia et les stats kel menteur notre réné la taupe,miki, ET maison!!!

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  • Plaider pour l’acquittement de l’intellectuel Ahmed Rouadjia, historien et sociologue

    Par quel inexplicable travers de l’esprit humain t’a-t-on fait des griefs de ce que tu as écrit depuis cet article(1), toi l’historien, d’écrire l’histoire contemporaine de l’Université algérienne ?

    Ton seul crime a été de dire la vérité aux universitaires et au peuple comme aux responsables, non pas la vérité telle qu’elle devrait être, mais telle qu’elle est, telle qu’elle sera toujours dans ce pays si on ne fait aucun «salut» universitaire. Dans tes articles publiés dans les quotidiens nationaux, qui se comptent par centaines,  je sentais et je ressentais ton amertume. Depuis ta suspension en 2008, aucun élan de solidarité en ta faveur ne s’est manifesté, ni de ton université, ni des syndicats CNES, ANPMC et ni des autres universités algériennes. Tout ce que tu as écrit est vrai.

    La privation des libertés publiques empêche toute contestation. Les libertés donnent un sens à la démocratie. Quand la démocratie règne, le responsable ne cherche plus à faire peur, mais à plaire, à entraîner en utilisant toutes les armes de la séduction et du raisonnement. Les libertés tiennent le responsable en respect, le contraignent à être discuté, contredit, observé, mis en cause. Il se voit retirer le pouvoir par la décision des universitaires et non plus par la force brute aux mains d’un petit nombre. Les tyrannies maintiennent leur domination en faisant régner la peur, tous les moyens leur étaient bons : duperies, violations de la loi, etc.

    Les universitaires restent spectateurs ou sont appelés en renfort pour soutenir les rivaux avant d’être renvoyés à leur servitude naturelle. Le recteur de ton université qui t’a esté en justice pour diffamation n’utilise sûrement pas son argent. Dépenser le bien des autres, biens des contribuables, en effet, ne nuit en rien à sa réputation, mais l’enrichit. C’est seulement le fait de dépenser son bien qui est néfaste.
    L’instinct mauvais chez l’homme est plus puissant que le bon. L’homme a plus d’entraînement vers le mal que vers le bien ; la crainte et la force ont sur lui plus d’emprise que la raison. Les hommes aspirent tous à la domination, et il n’en est point qui ne fût oppresseur, s’il le pouvait ; tous ou presque tous sont prêts à sacrifier les droits d’autrui pour leurs intérêts. Qui contient entre eux ces animaux dévorants qu’on appelle les hommes ?(2) (p. 14) ?

    La faible prudence humaine se laisse séduire par l’apparence bonté qui, dans bien des choses, couvre le venin qu’elles renferment, et qu’on ne reconnaît que dans la suite(2’) (p. 107). Quand tu as recherché le mal à l’université de M’sila, ce n’était pas pour enseigner à le propager, mais pour le guérir. Chez les universitaires, tout devient plus dangereux ; l’arrogance, la vengeance et l’ambition. Le sens de toute civilisation est de dresser le fauve humain pour en faire un animal apprivoisé et policé, un animal domestique. Est bon qui ne maltraite pas, qui ne blesse personne, qui n’attaque pas, qui ne se venge pas, qui se tient en retrait, qui s’écarte du méchant, tout comme toi Ahmed, le patient, l’humble, le juste.

    Nous les universitaires faibles, oui, faibles nous sommes, il est bon que nous ne fassions rien de ce pour quoi nous ne sommes pas assez forts. Je sais que les deux valeurs opposées et duales «bon et mauvais» et «bien et mal» se sont livrées un combat éternel depuis l’existence de la race humaine. Il y a dans l’homme tant de choses affreuses !… Ahmed, il me semble que par la ruse, les pièges, tout l’art astucieux des accusateurs, puis le fait même qui ne s’excuse pas par l’affect, veulent te dépouiller, te faire violence, te torturer tel que cela s’exprime dans les diverses espèces de châtiment.

    L’homme souffre de l’homme, qui souffre de lui-même. Un agitateur est une tête creuse, qui sonne creux : quoi qu’on puisse y faire entrer, tout ressort, sourd et épais, chargé de l’écho du grand vide. Quand il parle, il a un ton rauque ; il parle d’une façon pressante ; il nous serre de très près, nous sentons son haleine et involontairement nous fermons la bouche ; il n’a guère foi en lui-même. Les rancuneux sont déguisés en juges, qui ont constamment à la bouche le mot de  «justice»(3). L’opinion est à la science ce que le devenir est à l’être. L’opinion est intermédiaire entre la science et l’ignorance, changeante comme les phénomènes qu’elle nous permet de saisir. L’ignorance porte sur le non-être, elle est négative.

    Ahmed, je n’ai jamais lu une contribution de ton recteur dans un quotidien national. Il convient à l’ignorant d’être instruit par celui qui sait. Si on veut rester «le chef», on est obligé de se défaire de tous les hommes de valeurs comme toi que compte votre université de M’sila, sans en excepter les amis. Ce genre de responsable veut vivre avec les méchants qui le flattent, mais n’éprouvent au fond que de la haine à son égard. L’injustice est méchanceté de caractère. Il y a des hommes qui possèdent une basse cupidité et un orgueilleux mépris des hommes.

    On prétend que beaucoup d’injustes sont heureux, alors que les justes sont malheureux ; que l’injustice profite si elle demeure cachée. Lorsque les ambitieux ne sont pas honorés par des gens d’une classe supérieure et respectable, tels que toi Ahmed, ils se contentent de l’être par des gens d’une classe inférieure et méprisable, parce qu’ils sont avides de distinctions, quelles qu’elles soient. Encore une fois Ahmed, ton université est éblouie par ton trop vif éclat et ta compétence. Elle est offusquée. Tu sais qu’il y a trois principales classes d’hommes ; le philosophe, l’ambitieux et l’intéressé. Quelles sont les qualités requises pour bien juger ? N’est-ce pas l’expérience, la sagesse et le raisonnement.

    La loi est un contrat, une garantie des droits mutuels des hommes, mais elle ne peut rendre les citoyens bons et justes. Les hommes qui ont reçu une mauvaise éducation ne craindront pas de transgresser les lois écrites les plus précises ; tandis que ceux qui ont été bien élevés voudront rester soumis aux lois les plus simples. Ce «mépris» de l’homme qui n’a pas reçu une bonne éducation à l’égard des universitaires compétents de ta «trempe» n’est, en somme, que le juste sentiment de son infériorité morale. La situation de l’Université algérienne, telle que tu l’as décrite et telle que tu sais la décrire, est lamentable.

    Seules des missions pédagogique et scientifique étrangères, européenne ou américaine, peuvent découvrir le «pot aux roses» des universités algériennes. Le respect que l’on avait pour les maîtres disparaît.Par ton procès, on veut faire taire «la voix des Grands Maîtres». Même si on te guillotine, la mort n’est pas un mal : il ne faut pas la craindre en lui prêtant des traits hideux.
    Un bel exploit périt s’il reste enseveli dans le silence. Au moins, tu as su élever ta voix lorqu’un  mutisme total régnait dans ce «bled».
    Voilà Ahmed, bon courage et merci pour tes contributions très appréciées par les universitaires et les citoyens, ma parole.

    Notes de renvoi :

    1)- Ahmed Rouadjia. «L’Université algérienne en général et celle de M’sila en particulier»
    El Watan, Idées-débat, 10 mai 2008, p.7
    2) – Platon. La République. Traduction et notes par R. Baccou. Garnier-Flammarion, 1966. p.14
    2’)- Platon. La République. Traduction et notes par R. Baccou. Garnier-Flammarion, 1966. p. 107.
    3- Friedrich Nietzsche. Généalogie de la morale. GF-Flammarion, Paris, 1996.

    Ali Derbala
  • air couscous fait des siennes les scandales, bouabdalah gangréne air cousous les avions volent à aveuglettes ,pas d'argent ,les immigrés manne de air couscous


    Les tarifs élevés d'Air Algérie scandalisent la communauté Algérienne à l'étranger

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       	L'Association des Algériens en France dénonce la cherté des billets et les services médiocres d'Air Algérie 

    Air Algérie ne cesse d'attiser la colère des Algériens résidant à l'étranger. Les prix onéreux des billets d'avion et la qualité médiocre des services offerts par la compagnie battant pavillon national indignent plus que jamais les ressortissants Algériens. 

    Et la colère est telle que de nombreux Algériens ont décidé de se regrouper en une association pour défendre les intérêts et les droits des voyageurs désappointés.

    "A l'heure de la mondialisation et des réductions de coûts pour permettre au plus grand nombre de voyager, Air Algérie se permet avec la bénédiction de l'Etat de pratiquer des tarifs complètement fous. Aujourd'hui, pour faire un allez/retour Marseille-New York, on paie 250 €. Mais  pour aller à Alger, on paie dans les alentours de 300 €, voire plus", dénonce ainsi, dans un communiqué parvenu jeudi à notre rédaction, l'Association des Algériens en France.  

    "Nous ne comprenons pas que nous ne puissions pas avancer vers des standards normaux comme le font nos voisins. Un exemple : pour aller à Casablanca, vous avez des vols à partir de 100€ ! En plus, la libre concurrence existe bel et bien avec des compagnies low cost. Chose dont vous ne voulez pas entendre parler pour préserver votre chasse gardée", souligne encore cette association qui a saisi directement le ministre des Transport, Amar Tou, pour lui demander de mettre fin à cette "situation de monopole dont jouit Air Algérie". 

    Sur un ton révolté, l'Association des Algériens en France ne ménage nullement son verbe pour exprimer son exaspération. Bien au contraire, elle va même jusqu'à prévenir Amar Tou que si rien n'est fait pour épargner aux ressortissants Algériens les "désagréments" insupportables qu'ils endurent à chaque voyage en Algérie, un appel au boycott des vols la compagnie Air Algérie sera lancé. 

    Mais cette mise en garde suffira-t-elle pour faire bouger le ministre et la direction d'Air Algérie ? Malheureusement, c'est loin d'être aussi simple... 

    Abderrahmane Semmar
  • La justice face à la corruption internationale »

     

      
    Le Monde 10 novembre 2010
    La justice peut-elle aider les peuples, notamment ceux des pays du Sud, à lutter contre la corruption de leurs dirigeants, qui contribue à perpétuer mauvaise gouvernance et pauvreté ? La Cour de cassation a répondu par l’affirmative, mardi 9 novembre, dans un arrêt de principe qui ouvre aux organisations non gouvernementales (ONG) militant pour la moralisation de la vie publique un droit – jusque-là inédit en France – de saisir la justice.
    C’est un progrès notable sur la voie d’une mondialisation de l’action en faveur des droits de l’homme. Cette décision confère aux ONG internationales un pouvoir considérable, mais aussi des responsabilités nouvelles.
    La décision de la plus haute juridiction française va permettre l’ouverture d’une enquête visant à établir l’origine des fonds utilisés par trois chefs d’Etat africains pour acquérir à Paris un impressionnant patrimoine immobilier et une flotte de voitures de luxe. L’ONG Transparence International France (TIF), à l’origine de la plainte, soupçonne le Gabonais Omar Bongo (mort en 2009), le Congolais Denis Sassou Nguesso et l’Equato-Guinéen Teodoro Obiang, ainsi que leurs familles, du délit de  » recel de détournement de fonds publics « , autrement dit d’avoir utilisé l’argent de l’Etat pour s’enrichir. Pour TIF, il s’agit d’obtenir la restitution aux pays concernés des fonds potentiellement détournés.
    En validant la plainte, la Cour de cassation contrarie le pouvoir exécutif : depuis 2007, celui-ci tente, par l’intermédiaire du parquet, d’empêcher cette enquête, qui exaspère plusieurs  » amis de la France « . Omar Bongo avait ainsi obtenu en 2008 de Nicolas Sarkozy la tête du secrétaire d’Etat à la coopération, Jean-Marie Bockel, coupable d’avoir dénoncé publiquement la captation des richesses de leurs pays par des chefs d’Etat africains.
    L’arrêt de la Cour constitue aussi un nouvel avertissement au gouvernement, qui entend supprimer le juge d’instruction. Il réaffirme le rôle central de ce dernier, sans lequel de telles affaires sensibles seraient enterrées. Tel a bien failli être le cas de ce dossier des  » biens mal acquis « , qui fut, dans un premier temps, classé  » sans suite  » par le parquet. Là encore, la leçon d’indépendance donnée par les hauts magistrats est bienvenue en ces temps où, affaire Bettencourt aidant, l’opinion a des raisons de douter de la réalité de la séparation des pouvoirs.
    Enfin, au-delà de son retentissement français et africain, la décision de la Cour de cassation esquisse les contours de nouveaux droits pour la société civile face à une mondialisation économique et financière croissante. S’érigeant en porte-parole d’une citoyenneté mondiale, les ONG internationales sont amenées à jouer un rôle déterminant de contrepoids dans les immenses territoires ouverts à la corruption et aux détournements de fonds par la globalisation.
    Pour être légitime, ce pouvoir accru suppose cependant que les ONG se soumettent elles-mêmes aux obligations de démocratie et de transparence qu’elles entendent faire respecter partout dans le monde.
  • Avis aux potentats d’Algérie. Urgence signalée !

     
    Le Temps.ch
    Afrique jeudi 11 novembre 2010

    Une décision qui pourrait «casser la culture du pillage»

    Philippe Bernard

    Un arrêt de la Cour de cassation autorise une enquête judiciaire française sur la manière dont trois présidents africains se sont constitué un important patrimoine parisien

    Audacieux, l’arrêt de principe rendu mardi par la Cour de cassation ouvre des perspectives nouvelles aux associations qui dénoncent la corruption et agissent pour en faire condamner les responsables, aussi puissants soient-ils. En relançant l’enquête sur les «biens mal acquis» par trois potentats d’Afrique, la plus haute juridiction judiciaire française peut aussi faire frémir quelques palais du continent. En filigrane, elle réaffirme aussi, dans une affaire sensible, la prééminence du juge d’instruction que Nicolas Sarkozy souhaitait supprimer.

    La Cour autorise l’ouverture d’une enquête judiciaire visant à élucider la façon dont trois chefs d’Etat africains ont acquis à Paris un impressionnant patrimoine, notamment immobilier. Elle le fait d’une façon nette, sans renvoyer le dossier devant une autre juridiction, devant laquelle le parquet, hiérarchiquement lié au Ministère de la justice, aurait pu continuer de faire obstruction.

    L’arrêt, salué comme «historique» par les associations anticorruption, leur donne satisfaction en jugeant recevable leur plainte visant le délit de «recel de détournement de fonds publics». Les organisations en question soupçonnent les présidents du Gabon (Omar Bongo, mort en 2009, et Ali Bongo, son fils et successeur), du Congo-Brazzaville (Denis Sassou-Nguesso) et de Guinée-Equatoriale (Teodoro Obiang), d’avoir financé sur fonds d’Etat leur patrimoine parisien.

    Ces organisations non gouvernementales (ONG), telle Sherpa, un groupe de juristes spécialisés dans la défense des droits de l’homme et Transparence International France (TIF), section française de Transparency International, considèrent que les biens en question n’ont pu être acquis qu’avec de l’argent public détourné, tant est grande la disproportion entre leur valeur et les revenus affichés par les chefs d’Etat. Les associations plaignantes réclament la restitution aux pays concernés des sommes utilisées dont, selon elles, les citoyens ont été spoliés.

    Mardi, les hauts magistrats ont cassé un arrêt de la cour d’appel de Paris qui, le 29 octobre 2009, avait déclaré irrecevable la plainte de TIF, empêchant l’ouverture d’une information judiciaire. Ils ont estimé que les délits reprochés, s’ils étaient établis, «seraient de nature à causer» à TIF «un préjudice direct et personnel en raison de la spécificité du but et de l’objet» de la mission de l’association.

  • Revoilà la pénurie et le marché noir

      ShareRevoilà la pénurie et le marché noir

    Par : Mustapha Hammouche
    Liberté 11 novembre 2010

    À force de revenir sur ses pas vers l’économie administrée, le pouvoir est en train de réinventer l’ambiance de triste mémoire du socialisme “spécifique”.
    Ceux qui n’ont pas vécu l’épopée des “Galeries Algériennes” et des “Souks El-Fellah” peuvent se faire une idée du sport national  de l’époque en se mettant devant une  épicerie, à l’heure, connue de tous, de la livraison du lait en sachet. Sous l’enseigne, des rangées compactes et silencieuses de clients de tous âges attendent l’arrivée du précieux produit. Après le déchargement, la file d’attente se comprime sous la poussée des gens qui se pressent. Une fois servi, on éprouve plus de mal à quitter la boutique qu’on en a enduré pour y entrer. Mais on est libéré, ayant le plein de sachets. C’est significatif du sentiment de précarité intégré par les ménages : personne ne se contente d’un, deux ou trois litres.
    Et on repassera demain.
    Mais les nostalgiques ou les curieux de l’avant-PAP (Programme antipénurie qui, à la fin des années 1980, voulait desserrer l’étreinte des pénuries installées depuis le début des années 1970), peuvent même observer la naissance du marché noir des produits soutenus. Car il existe un marché parallèle du lait : de petits étals sont montés en des endroits discrets et proposent le lait dont le supplément de prix vous épargne l’épreuve de la file d’attente.
    Comme au temps béni du socialisme spécifique, une partie de la marchandise est transposée en dehors des circuits formels et procure une prime que se partagent forcément le vendeur à la sauvette et le commerçant qui le livre. La différence, aujourd’hui, c’est que ce n’est plus le fonctionnaire du réseau commercial public ou ses proches qui en profitent, mais un détaillant privé et ses complices.
    On peut noter la similitude du procédé avec celui qui organise le commerce du pain. Et pire, puisque, de fait, la profession boulangère a déjà imposé une augmentation du prix de la baguette de… 25%, passant de 7,50 (tarif administré) à 10 dinars (tarif effectif). Au demeurant, il n’est pas sérieux de fixer des prix avec des décimales dans un contexte où la pièce de cinquante centimes a disparu de la circulation, tandis que celle d’un dinar se fait de plus en plus rare.
    Les jours fériés constituent une aubaine pour porter ce prix au plus haut. L’Aïd el-Fitr dernier fut l’occasion de tripler le prix déjà corrigé de la baguette. Et si cela ne suffit pas, il y a les pains améliorés… où l’on améliore la recette de la caisse plus que la recette de panification. C’est l’imminence de cette opération de spéculation annoncée qui a contraint les autorités à “sommer” les boulangers d’ouvrir, histoire de s’en laver les mains d’avance. Pas besoin d’études approfondies pour observer que la pénurie, et son corollaire, le marché noir, n’ont besoin que de deux conditions pour s’imposer : il suffit qu’il y ait subvention des prix et administration de l’offre.
    Ce qui fut fait, un jour, parce que le pouvoir, dans son obstination à refuser la revalorisation des bas salaires, a préféré user du populisme en subventionnant les produits dits de première nécessité. Seulement, là comme dans le cas de l’épicerie qui organise la vente du produit de pénurie, il est plus facile d’y entrer que d’en sortir.

    M. H

  • no moment

    20101111.jpg

  • Rien ne sera fait,ils vous ont pas ecouter,si comme vous parliez à un mur!!!!! le mur au - vous écoutera


    Fadela Amara propose à l'Algérie de créer un observatoire pour évaluer ses politiques publiques

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       	"Je suis très fière de me retrouver dans le pays de mes ancêtres car  je porte toujours en moi ce cordon ombilical", a affirmé jeudi à Alger Fadela Amara 

    zoom | © Elle

    "Je suis très fière de me retrouver dans le pays de...

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     En visite d'une journée à Alger, Fadela Amara, secrétaire d'Etat chargée de la Politique de la Ville au gouvernement français, n'a pas caché son émotion. Lors de la signature, jeudi à Alger, de l'accord de coopération entre Alger et Paris dans le domaine de l'aménagement des territoires, Fadela Amara a confié qu'elle était  "très fière" de se retrouver dans le pays de ses ancêtres. 

    Profitant de cette occasion, Fadela Amara n'a pas manqué de relever que l'Algérie est un pays disposant d'une "force de  frappe extraordinaire du fait de la jeunesse de sa population, laquelle reste la richesse du pays", déclare-t-elle.

    "Je suis très fière de me retrouver dans le pays de mes ancêtres car  je porte toujours en moi ce cordon ombilical", a-t-elle encore fait remarquer. Concernant les relations entre l'Algérie et la France, Fadela Amara les a comparé à "un couple qui s'aime et se chamaille  en même temps".   

    S'agissant du protocole d'accord qui a été signé avec le ministre de l'Aménagement  du territoire et de l'Environnement, Chérif Rahmani, Fadela Amara a annoncé que des agents algériens seront formés dans le domaine de l'expertise  de la politique de la ville. 

    Cependant, Fadela Amara a suggéré au gouvernement de créer en Algérie, comme cela a été fait  en France, un observatoire dont la mission première est d'évaluer les politiques publiques pour mesurer leur impact auprès des populations mais aussi dans l'évolution  des quartiers et de la ville. "Ces évaluations visent à rectifier, à chaque fois, les politiques mises  en place", a-t-elle expliqué.              

    El Watan
  • Madame vous n'avez rien vu, tout le pays corrumpu sans exception, tout le peule vit en dessous du seuil de pauvrete'

    Souhyar Belhassen. Présidente de la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH)

    «L’Algérie est économiquement prospère, mais la population vit mal»

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    Mme Souhyar Belhassen 

    Les rapports entre la FIDH et les autorités algériennes demeurent tendus. Cela dit, l’Organisation de défense des droits de l’homme se réjouit d’apprendre que des invitations ont été lancées par le gouvernement algérien aux procédures spéciales de l’ONU.

    -Le gouvernement algérien vient de lancer des invitations aux rapporteurs spéciaux de l’ONU et à une dizaine d’institutions nationales des droits de l’homme pour enquêter sur la situation des droits de l’homme en Algérie. Mais les ONG les plus importantes (FIDH, HRW et AI) ne sont pas conviées. Pourquoi, selon vous ?

    Tout d’abord, la FIDH se réjouit d’apprendre que des invitations ont été lancées par le gouvernement algérien aux procédures spéciales de l’ONU: c’était là une recommandation que nous formulions depuis plusieurs années.
    En effet, si l’Algérie coopère de manière satisfaisante avec les mécanismes conventionnels de protection des droits de l’homme (par exemple le comité droit de l’homme, le comité contre la torture ou dernièrement, le comité sur les droits économiques, sociaux et culturels) en soumettant ses rapports régulièrement, on ne pouvait pas en dire autant de sa collaboration avec les rapporteurs spéciaux qui demandaient à être invités depuis des années, sans obtenir de suite.Souhaitons que cette démarche positive soit le reflet de l’importance croissante de la question de la protection des droits de l’homme pour les autorités algériennes.

    La FIDH n’a pu se rendre officiellement en Algérie depuis 2005. Pour autant, cela ne signifie pas que la FIDH est absente du terrain algérien: grâce à nos organisations membres (LADDH et CFDA) et partenaires sur place, nous continuons à suivre de près la situation des droits de l’homme en Algérie et nous sommes très heureux d’avoir été en mesure cette année de produire un rapport sur les droits économiques, sociaux et culturels en Algérie.Nous regrettons malheureusement de n’avoir pu échanger avec les autorités algériennes sur les situations sensibles dont il fait état dans ce rapport. Or, pour la FIDH, il est essentiel que le point de vue de tous les acteurs concernés puisse s’exprimer.

    -Pourquoi les relations entre le gouvernement algérien et les ONG des droits de l’homme sont, depuis tout le temps, tendues ?

    Les relations tendues entre la FIDH et l’Algérie remontent aux années noires du conflit civil des années 1990, alors que nous dénoncions des violations des droits de l’homme imputables aux autorités, notamment avec SOS Disparus, les crimes de disparitions forcées.La FIDH était alors traitée «d’organisation terroriste» par les autorités algériennes ; la situation a considérablement évolué depuis : non seulement, l’Algérie a reconnu les crimes de disparition forcée, mais elle a essayé d’y apporter des solutions, même si ce ne sont pas forcément les solutions que nous souhaitons.

    La FIDH souhaite vivement que les ONG internationales de défense des droits de l’homme puissent se rendre à nouveau en Algérie pour y faire leur travail d’enquête et de plaidoyer. Les autorités algériennes doivent comprendre que nous nous plaçons davantage dans une logique de dialogue et non dans une logique de procès : nous dénonçons les violations des droits de l’homme pour mieux les traiter et faire en sorte qu’elles ne se reproduisent pas ; c’est là un gage de stabilité, voire de prospérité pour le pays.

    -Les autorités algériennes estiment que la situation des droits de l’homme en Algérie est en nette évolution, partagez-vous ce constat ?

    Au cours des trois dernières années, l’Algérie a été examinée par plusieurs comités onusiens, notamment le comité contre la torture, le comité des droits de l’homme et le comité pour les droits économiques sociaux et culturels ; la FIDH et ses partenaires ont, pour chacune de ces échéances, produit des rapports qui montraient que la situation des droits de l’homme en Algérie restait très préoccupante et à chaque fois les conclusions des comités sont venues confirmer ce que nous avancions.

    L’Algérie est un pays économiquement prospère, mais dans lequel la population vit mal.Les systèmes de santé et d’éducation publiques sont très mauvais, le droit à un niveau de vie décent est ignoré : les grèves répétées de ces derniers mois et le phénomène des harraga en sont l’illustration.

    Par ailleurs, la torture continue d’être pratiquée par les services de sécurité ; la liberté d’association et la situation des défenseurs des droits de l’homme demeure également extrêmement préoccupante : les organisations de défense des droits de l’homme ne sont pas officiellement reconnues et il est très difficile et même impossible pour elles de mener leurs activités librement.

    -Que pourrait gagner un pays comme l’Algérie en donnant la possibilité aux ONG d’effectuer des missions en Algérie ?

    En permettant aux ONG d’effectuer des missions, l’Algérie ferait la démonstration d’une nouvelle ouverture et surtout aurait la possibilité, en rencontrant les missions, d’exprimer son point de vue sur les situations traitées et pourquoi pas tenir compte de certaines de nos préoccupations ; c’est du dialogue qu’émergent souvent les solutions.   

    Hacen Ouali
  • no moment

  • 21 ans après son départ, hommage à un écrivain qui « habitait l’échafaud, sa tête sous le bras » : Kateb Yacine ou la bataille littéraire de la guerre anticoloniale

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    Par Yassin Temlali

    Kateb Yacine n’a publié que deux romans, quelques pièces de théâtre et recueils de poésies (1). Sa notoriété, « inversement proportionnelle au volume de son œuvre (2) », tient aussi bien à son immense talent qu’à son engagement jamais démenti, dans le mouvement indépendantiste d’abord puis, après l’indépendance, dans le mouvement démocratique.

    L’engagement imprègne l’ensemble de cette œuvre, où les thèmes politiques tiennent une place importante, sans pour autant la banaliser ou la transformer en une plate et triviale propagande. Les prises de conscience politique et poétique semblent toujours être allées de pair dans le parcours de l’auteur de « Nedjma », et c’est là une magistrale démonstration de ce qu’appuyé à une esthétique véritable, l’engagement n’est pas un frein à la créativité.

    Kateb Yacine est venue à la politique par la porte étroite des prisons coloniales lorsque jeune lycéen, il a été arrêté en mai 1945, lors d’une manifestation nationaliste. Une année plus tard, il faisait une entrée remarquée sur la scène littéraire, par la grande porte de la poésie, en publiant en 1946 « Soliloques », qu’il fera suivre, en 1947, par « Loin de Nedjma ». « Dans une première ébauche de l’œuvre qui suivra (3) », les deux thèmes majeurs du premier recueil, en dépit de ses indéniables accents symbolistes, sont l’amour et la révolution. Dans le second fera sa première apparition « Nedjma », future figure centrale de l’écriture katébienne.

    Le jeune poète trouvera vite sa voie : peu lui importera d’écrire « aussi bien » que ses congénères francophones ou français, ce à quoi n’étaient pas complètement étrangères ses convictions indépendantistes précoces et son obsession de la redécouverte de l’identité première perdue. A l’imitation des géants français ou des aînés algériens, il préférera écrire librement, fougueusement, puisant aussi bien dans le réservoir lyrique universel que dans le trésor de la culture orale, qui, partout, affleure dans l’imaginaire littéraire algérien comme pour rappeler sa légitime existence.
     
    Le rêve d’une tempête totale, politique et poétique
     
    Le résultat a été prodigieux : de magnifiques déflagrations dans le ciel d’une littérature algérienne prisonnière d’un besogneux mimétisme et qui peinait à convaincre de son originalité la critique française ou proche-orientale. Loin des sentiers battus du pastiche, la langue de Kateb Yacine était un écho brisé de sa langue maternelle, ce en quoi, il ne différait guère de ses ancêtres berbères, Apulée et Tertullien, qui ont produit en latin des chefs-d’œuvre pas plus latins qu’ils ne l’étaient eux-mêmes. A leur exemple, il était « un Oriental égaré en Occident (4) ».
    L’élan nationaliste des années 40 a fortement influencé l’écriture de Kateb Yacine. Il lui a inspiré le rêve d’une tempête finale, totale, qui libère les Algériens de la colonisation et leur âme du legs de siècles d’oppression. Avec cet idéal entre les yeux, il a plané dans le ciel d’une poésie pure, comète frémissante éclipsant la beauté statique des étoiles. L’identité du peuple algérien, que l’idéologie coloniale réduisait à une multitude d’identités antagoniques, devait se forger, pour lui, dans un acte de libération collective. L’identité de l’écrivain devait, elle aussi, s’élaborer dans une inlassable recherche de liberté et non dans la soumission à l’idéologie littéraire de son temps ou aux impératifs circonstanciels de l’engagement. Cette fière indépendance confère à ses écrits de jeunesse une dimension quasi-ontologique. Plus tard, même à Brecht son semblable, il reprochera de « réfréner la poésie au bénéfice de l’enseignement de la doctrine » alors que le poète devrait être « le mouvement même de la vie, dans une incessante explosion (5) ».

    « Nedjma », dont la trame (en partie mythologique) avait été ébauchée dans un poème « Nedjma, le poème ou le couteau (6) » (1948), a paru en 1956, deux ans après le déclenchement de ce que les Français appelaient encore alors « les événements d’Algérie ». Un « lecteur » du Seuil avait dit à Kateb Yacine : « Il y a de si beaux moutons en Algérie. Pourquoi n’écrivez-vous pas sur les moutons d’Algérie ? ». Il n’a pas suivi son conseil, s’agrippant à son manuscrit jusqu’à ce qu’il ait pu convaincre cet éditeur de le publier.

    C’est ainsi qu’est né un des plus beaux romans de l’histoire de la poésie, sublime révolte contre les frontières imaginaires entre le présent et le passé, le « je » et le « nous », les recherches poétique et politique. Pas plus que la référence explicite à la lutte nationale en cours, les lecteurs n’y trouveront d’exaltation de la nature nord-africaine ou de description des « coutumes locales ». Ils seront fascinés par cette allégorie féconde de la nation, qui prend la forme de récits incomplets de quatre hommes aimant tous la même femme, leur cousine Nedjma, et projetant sur elle leurs propres quêtes (politique, identitaire, etc.).

    La légende comme liant entre le passé et le présent

    Affranchi des règles de la narration linéaire, « Nedjma » est formellement plus apparenté au nouveau roman qu’au roman traditionnel. Ses « événements » sont des éclats de la mémoire, que le (s) narrateur (s) rassemble (nt) pour se donner une identité qui l’aide à affronter la machine infernale de l’Histoire. La parole des personnages tente de reconstituer le passé d’un pays meurtri par les invasions étrangères. L’évocation de la tribu initiale, la leur et celle de Nedjma, n’est pas une évocation passéiste ou nostalgique. Elle est la condition de la réappropriation saine du présent, de l’émergence d’une conscience moderne, progressiste.

    Dans « Nedjma », Kateb Yacine ne s’est pas détourné du passé au nom de la primauté du présent ni du présent pour célébrer la glorieuse histoire arabo-berbère. Une légende narrative lui a fourni une indispensable passerelle entre les anciennes épopées de son peuple et celle qui s’écrivait, dans le sang et les larmes, au moment de la parution du roman. Cette légende est celle d’un chef algérien (Keblout, l’ancêtre de Nedjma, la « femme-nation », et de ses quatre amants), dont l’idéal unitaire (celui-là même qui sera celui de l’émir Abdelkader) a été anéanti par l’occupation étrangère.

    Grâce à son souffle épique, « Nedjma » a su exprimer l’émergence d’un héros collectif à une époque charnière de l’histoire algérienne. Ce héros avait pour nom le peuple et, comme son identité se construisait dans le processus réel d’une guerre anticoloniale, il n’avait que peu à voir avec les peuples archétypaux, toujours pompeusement homériques, du réalisme socialiste.

    Tout ce que Kateb Yacine écrira plus tard tournera dans l’orbite magnétique de ce texte fondateur, du « Cadavre encerclé » et des « Ancêtres redoublent de férocité » (parus en 1959, dans le recueil intitulé « Le cercle des représailles ») à son second roman, « Le polygone étoilé » (1966). Celui-ci clora une première période de son parcours, que Mohamed Lakhdar Maougal fait correspondre à ce qu’il appelle le cycle de la quête identitaire arabophile, à laquelle, selon lui, en succédera une autre, plus complexe, aussi internationaliste que plus ouvertement berbérophile (7).

    La langue (de l’enfance) retrouvée

    Le début d’un autre cycle littéraire katébien coïncidera grossièrement, comme le note ce chercheur, avec l’anéantissement de l’idéal arabiste après la défaite de juin 1967. La nouvelle quête identitaire de Kateb Yacine n’en existait pas moins en germe dans de précédents textes. Voulant échapper à l’aliénation de l’écriture dans une langue d’emprunt, il optera pour l’arabe dialectal, ne faisant pas mystère de sa conviction que pas plus que le français, l’arabe classique n’est la langue des Algériens. « Il existe un autre arabe, l’arabe populaire, qui, lui, est méprisé. Imaginez la veine de Villon, de Rabelais, la veine populaire des voyous de la littérature : voilà ce que nous représentons. Les autres, ce sont des mandarins, des oulémas de la littérature, c’est-à-dire des momies, des gens qui n’évoluent pas. La langue est la création du peuple, tous les jours, non la création des savants (8). »
    Ces paroles hérissent encore l’intelligentsia bien-pensante mais elles exprimaient une sincère volonté de faire connaissance avec un public réel, si différent du public instruit, bilingue ou francophone. Elles exprimaient probablement aussi le désir d’exaucer le vœu paternel d’un recouvrement de l’identité linguistique première, après une indispensable (et bienfaisante) errance dans la francophonie. Son père ne lui avait-il pas recommandé : « Laisse l’arabe pour l’instant […] La langue française domine. Il te faudra la dominer et laisser derrière toi tout ce que nous t’avons inculqué dans ta plus tendre enfance. Mais une fois passé maître dans la langue française, tu pourras sans danger revenir avec nous à ton point de départ » (9) ?
    En écrivant des pièces de théâtre en arabe dialectal, Kateb Yacine était indifférent au scepticisme de ceux qui doutaient de ce que cette langue pût devenir une « langue littéraire ». Grâce aux tournées de sa troupe au nom explicitement militant, « l’Action culturelle des travailleurs » (ACT), il est retourné à cette Algérie presque anonyme, dont un double exil, réel et linguistique, l’avait séparé deux décennies durant. Pour son nouveau public, il a dû adapter sa dramaturgie et réduire au strict nécessaire décors, accessoires et costumes, radicalisant, dans l’urgence et par nécessité, le principe brechtien de la distanciation. Son écriture aussi deviendra plus politique et sa dimension mythique se fera plus discrète : « Mohamed, prends ta valise » (1970) sur l’émigration algérienne en France, « la voix des femmes » (1972), « La guerre des mille ans » (1974), « Le roi de l’Ouest » (1975) et « La Palestine trahie » (1977).

    Retour au point de départ

    Ces succès populaires ont mobilisé contre Kateb Yacine les islamistes et leurs alliés au sein du régime, de plus en plus conservateur, à la fin des années 1970. Ces redoutables adversaires n’ont pas admis que le mouvement indépendantiste ait pu accoucher d’un homme soutenant aussi bien le combat des Palestiniens que celui des femmes ou des berbérophones. A force d’attaques directes et de calomnies, ils ont refermé sur lui le cercle de leurs représailles conjuguées. L’ACT a été dissoute en 1979 et son fondateur s’est retrouvé directeur d’un petit théâtre de l’Ouest, interdit d’expression dans les médias publics jusqu’à son retour à exil, en 1988.
    L’auteur de « Nedjma » a peu publié en français après cette expérience dramaturgique en arabe dialectal. Il a notamment fait paraître en 1988 « Le Bourgeois sans culotte », une pièce de théâtre rappelant le rôle des classes marginales dans le reversement de la monarchie française. Cette œuvre ultime a été un retour symbolique au point de départ : elle a été écrite en exil, dans cette langue-exil qu’était le français.
    L’Algérie revenait elle aussi à ce point de départ qui avait marqué sa naissance en tant que nation moderne, à la révolte comme moyen d’émancipation. En octobre 1988, le vent d’une puissante intifada juvénile soufflera sur le pays ouvrant pour les libertés une grande porte, malheureusement refermée en 1992 au nom de la « lutte contre l’obscurantisme ». Cette « ruade de l’histoire », comme il la qualifiera, ravivera dans la mémoire de Kateb Yacine le souvenir de sa propre révolte, en mai 1945. Il voulait s’en s'inspirer pour une œuvre dramatique, qui aurait probablement ouvert un troisième cycle de son parcours, mais la mort l’en a empêché. Il est parti après une vie tumultueuse d’écrivain à la fois libre et engagé, « habitant l’échafaud, sa tête sous le bras (10) ».
     
    Y. T. http://www.babelmed.net/index.php?c=6103&m=&k=&l=fr

    Notes

    1) D’autres textes littéraires de Kateb Yacine ont été publiés dans « L’œuvre en fragments » (présentés par Jacqueline Arnaud, Sindbad, 1986). Ses écrits journalistiques, réunis par son fils Amazigh, ont été édités dans un volume intitulé « Minuit passé douze heures » (Paris, Editions du Seuil, 1999). « Parce que c'est une femme » regroupe des textes principalement dramatiques réunis par Zebeïda Chergui (Paris, Éditions des Femmes - Antoinette Fouque, 2004).
    2) Naget Khadda, avant-propos de « Bibliographie de Kateb Yacine » (Charles Bonn et la Coordination internationale des chercheurs sur les littératures maghrébines), Collection « Etudes maghrébines », n°11 (Limag, portail des littératures du Maghreb, www.limag.refer.org.)
    3) Kateb Yacine, préface de « Soliloques », Bouchène, Alger, 1991.
    4) Paul Monceaux dans « Les Africains : Etudes sur la littérature latine d'Afrique ». Cité dans « La littérature algérienne contemporaine  », Jean Déjeux, Paris, PUF, 1975, page 6.
    5) L’action » (11 août 1958), interview, in « Le poète comme un boxeur : entretiens 1958-1989 », Paris, les Editions du Seuil, 1994, page 38.
    6) « Il s’ouvre par un pacte scellant l'alliance des amants maudits dans un interdit tout à la fois incestueux et adultérin, transgresse les limites de la vie et de la mort, les lois symboliques, les frontières du sujet. » Mireille Djaïder, étude consacrée à Kateb Yacine dans « La littérature maghrébine de langue française », ouvrage collectif, sous la direction de Charles Bonn, Naget Khadda et Abdallah Mdarhri-Alaoui, Paris, EDICEF-AUPELF, 1996 (Limag, portail des littératures du Maghreb, www.limag.refer.org.)
    7) « Kateb Yacine, l’indomptable démocrate », Alger, Apic, 2004 (chapitre II, intitulé « Mythe arabe et histoire amazighe »).
    8) Interview, « Travail théâtral » (1958), in « Le poète comme un boxeur : entretiens 1958-1989 », page 80.
    9) « Le Polygone étoilé ». Cité dans Mohamed Lakhdar Maougal dans « Kateb Yacine, l’indomptable démocrate », page 89.
    10) « Afrique Action », interview (26 juin 1961), in « Le poète comme un boxeur : entretiens 1958-1989 », page 176.

  • Moi, le minoritaire déraciné...Réponse à S.E. Sidhoum

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    Peut-il vraiment y avoir un compromis entre ceux qui veulent imposer un contour aux débats délimités par le slogan"Touche pas à mon Mahomet" et la "minorité de déracinés" que nous sommes, avec un anti-slogan du style "Me touche pas avec ton Mahomet" ?. Quand FFA a mis en ligne cet appel, je me suis pris au jeu de participer aux débats, dans les normes de règles de respect qui s'imposent. Mais voilà, chez ces gens là, il y a des limites à ne pas dépasser et il semble que le commentaire suivant, mis à la poubelle par le modérateur de LQA ait transgressé ces normes. Comment peut on espérer dresser des ponts de dialogues avec ceux qui vous imposent d'emblée leurs propres règles ?
    Jugez en par vous même. Voici le commentaire en question, auquel je n'ai rajouté ni retranché la moindre virgule. En me relisant, j'aurais juste remplacé le mot Allah par Mahomet.

    @Rachid Miliana,
    Vous venez de faire un résumé quasiment parfait de la situation qui prévaut chez nous. Je rajouterais simplement que l'espoir est mort et que nos interventions ne constituent que des signes zombicaux de cette mort certaine. Pourquoi ? pour une raison simple, même l'auteur de cet appel Edouctour el aala Saladin Sidhoum n'échappe pas à la cadence de vindicte envers tout ce qui ne vibre pas en phase avec ses idées. J'en veux pour preuve que ce terme de "minorités de déracinés" qu'il utilise pour pointer du doigt, qui ? ceux qui n'adhèrent pas à son appel je suppose ? Tant que l'on continuera à pointer d'un doigt accusateur des Algériens fussent-ils minoritaires à 1 contre 35 millions, les éléments de discrimination ne seront pas totalement évacués pour espérer rassembler et reconstruire notre pays. Je persiste et je signe que parler de "minorités de déracinés" est une attitude qui remue des souvenirs malsains de marginalisme : le Juif, le Harki, Le Hizb França, le communiste, etc...Tout ca on connait et maintenant on invente un autre terme pour jeter la pierre à l'autre. Je ne peux pas croire en la sincérité d'un homme qui utilise ce genre de langage, à moins de vouloir chercher à nous convaincre que son appel sort de la bouche de l'ange Gabriel ! Je me souviens d'une question qu'on avait posé à Abas El Madani (un cousin éloigné, je le sais) " Que répondez vous donc à ces Algériens qui ont peur et qui ne vous aiment pas ?" Réponse: Maalich, echabbad hada oualdna (ceux sont nos enfants malgrès tout). Ce jour là, je vous assure que j'ai failli me sentir plus Musulman que Billal ou Aïcha. Mais la suite est toute autre. C'est pour cela que si vous voulez vraiment rassembler tous les Algériens dans le giron d'un combat juste, il faut éviter tout marginalisme. Je suis né dans une montagne d'Algérie, mes ancêtres appartiennent à cette terre depuis des millénaires. Il se trouve qu'en ce jour de Novembre 2010, je ne suis pas croyant, car pour moi, Jesus, Moîse, Allah sont de grosses impostures sur lesquelles s'appuient toutes les petites impostures des pouvoirs du monde arabe. Ma croyance fait-elle donc de moi un déraciné ? Dites le moi donc ! Je ne demande rien d'autre qu'à comprendre certaines attitudes, sans animosité aucune.

    Kacem Madani

  • Algérie : Le pouvoir s'attaquerait à internet avec l'aide des Chinois

    images (2).jpgmao.jpegLes récentes perturbations dans l’accès à internet et les piratages de certains sites ne seraient pas fortuits mais bel et bien le résultat d’une manipulation d’une police cybernétique liée au pouvoir et qui activerait avec l’aide des Chinois, si l’on en croit le site Algérie-focus.com qui dit détenir des « révélations » de la part d’une « source qui a tenu à témoigner sous couvert de l’anonymat ».

    Voici les explications de la dite source qui a tenu à témoigner sous couvert de l’anonymat. « L’Algérie a vu, récemment, la naissance d’une Police cybernétique. De plusieurs même. La plus farouche d’entre-elle est celle rattachée, mais non complètement dépendante, du Département du Renseignement et de la Sécurité (DRS), dénommée Groupement de Contrôle des Réseaux (GCR). Son existence est un secret de polichinelle et à El Watan en a déjà fait écho. Officiellement, cette structure et les autres dépendante des autres corps de sécurité, sont censés lutter contre la «cybercriminalité». Mais selon les « besoins », cette « mission » peut avoir un champ d’action aussi large qu’intempestive. La nouveauté que nous a confirmé notre source est que ce GCR aurait été fractionné en plusieurs Brigades qui auraient bénéficié «de formation en Chine et de l’assistance technique des Chinois dans le contrôle de la Toile algérienne».

    Des formations en continue qui se dérouleraient périodiquement. Tout y passe : sites, forums, blogs, conversations, mails, téléchargements. El Watan expliquait antérieurement qu’un «GIX», «passerelle unique qui centralise toutes les données Internet qui entrent ou sortent d’Algérie, aurait été installé. De là, il suffit de mettre un tuyau et de tout récupérer». Le recours aux Chinois pour former les agents de ce GCR n’est pas fortuit et les intentions se dévoilent vite.

    Budget conséquent et matériels hyper-développés

    Notre source rajoute que ce Service a bénéficié récemment d’une importante dotation financière. Du matériel sophistiqué a été acquis et des Serveurs superpuissants ont été installés à Delly Ibrahim. «C’est lors de l’installation du matériel que la connexion est perturbée en Algérie», explique notre source.

    Campagne pour le 3ème mandat : Le déclencheur On note aussi qu’une esquisse de cette cellule a été installée lors de la campagne présidentielle de 2009. Constituée de génies en informatique, dont des Algériens de l’étranger, elle avait pour mission de promouvoir le candidat Bouteflika et de discréditer ses adversaires et les partisans du boycott. «Vu le succès de la mission,
    le Président a décidé de donner vie définitivement à cette Brigade, dans le but de contrôler le Net. Elle redouble de férocité ces derniers temps puisqu’on est en pleine période de transition», note-t-il. Le but serait de «blacklister» tous les espaces qui dérangent. Des attaques cybernétiques qui s’ajoutent à l’asphyxie financière : une certaine presse algérienne incontrôlable sur le Net en est la cible principale.

    RAF

  • Attaque du camp de Gdim Izik/Appel à l’ONU du Front Polisario

    Le président du Front Polisario, Mohamed Abdelaziz a lancé hier, depuis Alger, un appel pressant au Conseil de sécurité de l’ONU, l’exhortant à créer au sein de la MINURSO une police pour protéger la population sahraoui. Il s’exprimait après l’attaque par l’armée royale marocaine du camp de Gdim Izik dans  la ville d’El-Ayoun le 8 novembre dernier, qui avait fait 11 morts, 723 blessés et 159 disparus selon un  bilan fourni mardi par le gouvernement sahraoui.

    Le camp de Gdim Izik avait  été érigé depuis un mois par quelque 300 000 Sahraouis civils (8 000 tentes) hors et loin de la ville d’El-Ayoun pour  protester contre l’occupation marocaine et pour  revendiquer de meilleures conditions.

    Invité par notre confrère  Echourouk, Mohamed Abdelaziz  a regretté que la présence de la MINURSO à El Ayoun  n’ait pas servi à protéger les réfugiés sahraouis « victimes d’une opération d’extermination à huit clos » suite à laquelle «l’avenir reste ouvert à toutes les éventualités», a t- il prévenu, mettant ainsi   la communauté internationale devant ses responsabilités. Le président du Front Polisario a lancé un appel   aux  Sahraouis de se rendre massivement et de suite dans la ville d’El- Ayoun afin de porter secours à leurs compatriotes, exprimant par cet appel, sa désillusion quant à  la mobilisation des entités régionales et internationales en faveur des droits du peuple sahraoui à l’autodétermination. «Où est la conscience arabe ? Où est la conscience maghrébine ? Où est la conscience du monde musulman ? Où est la conscience de la communauté internationale ?» s’est il interrogé.

    Un dépit exprimé à juste titre  au lendemain de la fin des travaux de la troisième réunion grande surprise informelle entre le Front Polisario et le Maroc à Manhasset, près de New York, réunion à laquelle a participé l’Algérie en tant qu’observateur et qui, sans grande surprise, n’a pas connu de « grande avancée », selon l’envoyé spécial de l’ONU, Christopher Ross interrogé par la presse à l’issue de la réunion qui précise  que chaque partie a continué à rejeter les propositions de l'autre comme base de négociations à venir ».

    Par ailleurs, l’ancien ,l'ancien chef de la diplomatie espagnole, Miguel Angel Moratinos chargé de la préparation du sommet de l’Union pour la Méditerranée (UPM) prévu le 21 novembre à Barcelone été reçu ce jour par le premier ministre Ahmed Ouyahia en qualité d'envoyé spécial du gouvernement espagnol selon l’agence de presse officielle  APS.

    Une des conditions posées par l'Algérie à sa participation au sommet de l'UPM porte sur une amélioration de la situation au Proche-Orient ce qui a fait reporter plusieurs fois ce sommet. Au lendemain de l’attaque du camp sahraoui par l’armée royale marocaine, les discussions pourraient s’étendre à ce sujet avec l'envoyé spécial  espagnol.

    (Sources  le Soir d’Algérie et APS)

  • Morts et disparitions suspectes de bébés à l’hôpital de Djelfa

    Six ans après la révélation de  l’affaire du décès suspect de  13 bébés dans un hôpital de la ville de Djelfa qui avait valu, on s’en souvient  8 mois de prison à Ghoul Hafnaoui, correspondant de presse dans  cette ville, à l’origine de cette information ; le même sujet s’invite de nouveau dans l’actualité.

    En effet, le bureau de  la Ligue algérienne de défense des droits de l'homme (LADDH) de Djelfa, dénonce dans un communiqué publié ce mercredi 10 novembre plusieurs cas suspects  de disparitions et de morts de nourrissons au cours des neuf derniers mois en citant des  sources proches des services pédiatriques de l’hôpital.

    La LADDH signale également  la disparition de cadavres de nourrissons de la  morgue de l’hôpital tout en faisant le  lien  avec un  réseau de trafic d’organes de nourrissons qui sévit selon elle, au delà des frontières de la wilaya.

    La direction  de la santé de la wilaya de Djelfa et celle de  l'action sociale se renvoient la balle dans cette affaire croit utile de préciser la LADDH.

    Ce scénario rappelle celui de sinistre mémoire qui s’est déroulé en mai et juin 2004.Cette année là, le tribunal de Djelfa s’était autosaisi de cette affaire qui deviendra un procès en  diffamation fait au représentant de la LADDH . La collecte de fausses plaintes pour diffamation auprès des notables de la ville aurait elle déjà commencé comme en 2004 ?

     

  • La loi du silence et le "contrôle médical de routine" omerta

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    Impossible d'en savoir plus, depuis hier, sur l'état de santé du général-major Toufik Mediene, le patron des services de renseignements algériens (DRS), dont la chaîne de télévision Al Jazeera a annoncé, mardi soir, qu'il serait « dans le coma ». L’information, diffusée à une heure de grande écoute, est toujours publié par le site de la chaîne quatarie. Le chef du DRS est considéré en Algérie comme le véritable détenteur du pouvoir, ce qui explique l'importance donnée à cette information. Aucune déclaration officielle n'a été faite sur le sujet.

    Depuis Boumediène, on sait que les autorités algériennes détestent communiquer sur la santé des hauts dignitaires du régime. La seule réaction enregistrée est celle d'une source anonyme qui a confié au journal électronique TSA que le général-major Toufik Mediene se porte très bien et qu'il s’est simplement rendu dans la journée à l’hôpital militaire de Aïn Naadja pour un contrôle médical de routine. "C’est sans doute ce déplacement qui a induit la chaîne qatarie en erreur", commente TSA. A ce stade de l'affaire, tous les doutes et toutes les supputations sont cependant permis.Pour ceux qui s'en rappellelnt, l'argument "contrôle médical de routine" avait servi en novembre 2005 pour minimiser la gravité de la maladie de Bouteflika et justifier sa visite brusque au Val-de-Grâce à Paris. Ce fut près d'un mois plus tard qu'on sut que le président avait été opéré au Val-de-Grâce d'un "ulcère hémorragique au niveau de l'estomac", selon le seul communiqué médical diffusé durant son hospitalisation de trois semaines. Le spécialiste en urologie et député français, le professeur Bernard Debré, avait un peu plus tard révélé que Bouteflika souffrait de manière "vraisemblable" d'un cancer de l'estomac.

    Puis, rappelons-nous, plus rien.                   

                              La loi du silence 

    Depuis l'annonce du succès de son opération pour un ulcère à l'estomac, le 5 décembre, aucun autre bulletin médical n'a été publié, amenant les Algériens à se demander si l'état de santé du président n'est pas plus grave qu'on ne le dit. «Cette loi du silence que se sont imposée nos dirigeants rappelle ni plus ni moins l'attitude des systèmes totalitaires et dictatoriaux», déplora l'éditorialiste de l'influent quotidien El Watan.

    Rappelons-nous : En Algérie, les rares indications données par les autorités sur un simple «examen approfondi» du président à l'hôpital militaire du Val-de-Grâce, puis un bulletin de santé précisant qu'il avait été opéré d'un «ulcère hémorragique au niveau de l'estomac», suivi de l'annonce d'une «stricte» convalescence, ont suscité beaucoup d'interrogations. Si le président algérien était en convalescence alors pour combien de temps? «Le doute s'installe,» écrit le journal El Watan. «Les Algériens ne savent pas quand le président de la République, hospitalisé à Paris depuis le 26 novembre, va rentrer au pays. Personne, au niveau supérieur de l'Etat ne semble prêt à les en informer», poursuit le quotidien. Rappelons-nous : Invité au «Grand Jury» de la radio RTL et de la chaîne de télévision LCI, Philippe Douste-Blazy, ministre français des Affaires étrangères, avait alimenté le doute sur la «mystérieuse maladie» du président algérien. «Le secret médical empêche de dire comment va le président Bouteflika», a déclaré M. Douste-Blazy. Interrogé pour savoir si le président algérien quitterait bientôt l'hôpital militaire du Val-de-Grâce, où il se trouve depuis le samedi 26 novembre, le ministre français a répondu qu'il «l'espérait». «Mais je ne peux pas vous dire ce qu'a M.Bouteflika»«Intox et manip des médias français», a titré hier en Une le quotidien algérien «L'expression». Le journal a écrit que «cette presse qui suggère que le président Bouteflika serait gravement malade est la même qui avait fait l'impasse sur des informations concernant les maladies de Pompidou et Mitterrand». «Après les quotidiens Le Monde et Le Figaro, c'est la chaîne de télévision TF1 qui monte en épingle l'hospitalisation du chef de l'Etat pour semer le doute au sein de l'opinion algérienne quant à la version officielle donnée par les autorités centrales sur l'état de santé du président de la République»

    Rappelons-nous : «Même si l'information médicale dans une structure hospitalière comme le Val-de-Grâce est protégée par le double secret médical et militaire. Il n'en fallait pas plus à la presse écrite et audiovisuelle française pour s'engouffrer dans la brèche et multiplier les articles et autres reportages aussi alarmants les uns que les autres», tonne «L'expression». Le quotidien Libération avait, pour sa part, fait état d'un «état très préoccupant» du chef de l'Etat, en évoquant une appréciation «nettement moins optimiste à Paris» que celle affichée à Alger, «même si les dirigeants français se refusent à la moindre confidence».

    Cinq ans après, il est peu probable qu'on en sache davantage sur la réalité de la maladie du général Toufik.

     L.M.

  • Le Pr Ahmed Bensaâda primé au Canada

     

    Il fait le bonheur du système éducatif québécois

    Un professeur algérien primé au Canada
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    El Watan le 10.11.10 

    Un prix d’excellence, pour tout le travail accompli au niveau de l’enseignement, de la science et de la technologie, est venu récompenser Ahmed Bensaâda.

    L’Association pour l’enseignement de la science et de la technologie au Québec, l’une des dix provinces formant le Canada, a décerné, vendredi dernier, le prix du meilleur professeur d’enseignement secondaire en science et technologie, pour l’année 2010, à Ahmed Bensaâda, enseignant et auteur d’ouvrages scientifiques et pédagogiques.
    D’origine algérienne, Ahmed Bensaâda fait, avec ses pairs, le bonheur du système éducatif québécois depuis une quinzaine d’années.

    Les critères rigoureux pour cette 33e édition n’ont pas été un obstacle pour ce collectionneur de trophées, qui en est à son 8e prix d’excellence, dont celui du Premier ministre du Canada en 2006. Les candidats doivent, entre autres,  avoir «par leurs réalisations particulières contribué à promouvoir et à améliorer la qualité de l’enseignement des sciences au Québec». Le jury a une grille d’évaluation qui privilégie, entre autres, la richesse de l’expérience, le leadership pédagogique, l’implication dans le milieu ainsi que la richesse des témoignages qui appuient le candidat.

    Sur ce point, le comité de sélection a reçu des lettres d’un peu partout dans le monde. Patrice Potvin, président du Fonds de ce prix qui porte le nom de son fondateur Raymond Gervais, a fait remarquer, lors de la soirée de remise du prix, en marge du 45e congrès de l’Association, que «la feuille de route du lauréat 2010 est impressionnante», en citant les réalisations de Ahmed Bensaâda. Ce dernier, qui trouve que le paradis sur terre «se trouve certainement dans les yeux pétillants d’un élève qui apprend», a affirmé à El Watan que «la meilleure reconnaissance est celle des pairs».

  • L’avocat tunisien Tarek Labidi refoulé à l’aéroport d’Alger

       Invité par la Laddh

    L’avocat tunisien Tarek Labidi refoulé à l’aéroport d’Alger

    El Watan, 9 novembre 2010

    L’Algérie devient-elle une cité interdite aux militants des droits de l’homme maghrébins ? L’avocat et membre du conseil national pour les libertés en Tunisie, Tarek Labidi, a été interdit d’entrée en Algérie.

    Une grave atteinte à la liberté de circulation des personnes. Invité par la Ligue algérienne de défense des droits de l’homme (Laddh) pour participer à un séminaire de formation sur le thème de «La bonne gouvernance et la société civile au Maghreb», l’avocat tunisien a été tout simplement refoulé à l’aéroport d’Alger par la police des frontières, jeudi dernier, sans que la moindre explication lui soit fournie. Le président de la Laddh, Mustapha Bouchachi, a condamné fermement «ces entraves répétées et injustifiées à la liberté de circulation». Tarek Labidi n’est pas le premier militant tunisien à être interdit du territoire algérien. Le 4 avril 2009, la journaliste et militante des droits de l’homme, Siham Bensedrine, a, elle aussi, connu le même sort. Elle devait prendre part à un séminaire, mais a été renvoyée à son arrivée à l’aéroport d’Alger en provenance de Paris.

    Les frontières entre les pays du Maghreb deviennent infranchissables pour les militants politiques d’opposition. Hocine Zehouane l’a appris, lui aussi, à ses dépens. Parti pour défendre le journaliste tunisien, le 19 novembre 2009, Taoufik Ben Brik a été refoulé de l’aéroport de Tunis. Une preuve de «fraternité des régimes contre l’action des défenseurs des droits de l’homme dans l’espace maghrébin pour casser la vraie solidarité des militants politiques et les activistes des droits de l’homme et celle des peuples».
    Hacen Ouali

  • La justice algérienne et les émirs…

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    Décidément, c’est à n’y rien comprendre! La justice algérienne continue d’avoir, avec les islamistes du GSPC, une attitude pour le moins curieuse, en tout cas inusitée dans l’histoire de cette institution.

    C’est quoi, contumace?
    Pas plus tard qu’hier, dans sa session du le 09 novembre 2010, le tribunal de Boumerdes a condamné, par contumace, l’ « émir » D.Rabah, alias Abou Tourab, à la peine perpétuelle, alors que ce Monsieur s’était rendu au DRS il y a plus de 04 mois, et qu’il se trouve toujours au sein de ces « services ».
    Plus curieux encore, ce même tribunal de Boumerdès a condamné, toujours par contumace, à la peine perpétuelle, le dénommé Bennebri Fatah dit Zaïd, dont un communiqué officiel de l’ANP a fait état de sa mort, lors d’un accrochage avec les forces de l’ANP, dans la journée du 08 novembre.

    Mais ces pratiques étranges ne datent pas d’hier.
    Cela nous rappelle la manière avec laquelle la justice algérienne a convoqué, instruit et tenu des procès contre les célèbrissimes « émirs » Amari Saïfi, dit Abderazak el para, et Hassan Hattab.
    Ces deux messieurs avaient été accusés de crimes multiples.
    DRS, le vrai maître du jeu …
    Le premier, Abderazak el para, en plus de l’assassinat , lors d’une embuscade,en 2003, de 43 djounouds, avait enlevé, au cours de la même année, 32 ressortissants européens, en randonnée dans le Sahara. Il avait obtenu pour ce rapt, après avoir séquestré ses otages pendant plus de trois mois, près de 5 millions d’euros de rançon.
    Pour de nombreux observateurs du terrorisme qui sévit en Algérie et dans le Sahel, Cet homme, un ancien déserteur de l’armée algérienne, et transfuge du GIA, était un agent patenté du DRS, dont la mission première avait été d’infilter le GSPC, un nouveau groupe islamiste armé qui aurait été créé par certains militants islamistes armés, pour tenter de sortir de la logique des GIA, tous créés ou infiltrés par le DRS, et utilisés dans des carnages contre les populations. Abderazak el Para, et d’autres émirs du DRS avec lui, réussiront à remplir cette mission de récupération du GSPC, et parviendront même, plus tard, à en faire la Qaeda du Maghreb Islamique.
    Mais après l’affaire de l’enlèvement des touristes européens, et la clameur mondiale qui s’en est ensuive, Abderazak el para fut fait prisonnier par des opposants armés tchadiens qui voulurent le remettre aux autorités algériennes, mais celles-ci, sous le prétexte de vouloir éviter un incident diplomatique avec l’Etat tchadien, refusa de prendre cette patate chaude qu’était son agent-émir.
    Finalement, après bien des tergiversations, et l’entremise de la Lybie, l’Etat algérien accusa réception de cet encombrant colis. Et bien évidemment, celui-ci ne fut pas remis à la justice, mais récupéré par le DRS qui l’escamota, et le mit à l’abri de la curiosité, et d’éventuelles investigations « hors-cadre ».
    Jusque là, rien que de bien normal, dans ce pays où tout le monde sait que le terrorisme a été créé par le régime, et qu’il continue d’être, entre ses mains, un puissant moyen de manipulation.
    Mais pourquoi ces jugements par contumace ?
    On se serait donc attendu à un black-out du cas Abderazak el para. Mais c’était sans compter sans la justice algérienne, dont l’attitude tout à fait schizophrénique tend invariablement à s’ébranler « normalement », alors qu’elle ne fonctionne qu’à l’injonction.
    Et c’est ce qu’elle fit, curieusement. Alors qu’elle savait de façon quasi-officielle, ainsi que n’importe qui, que Abderazak el para se trouvait en villégiature chez le DRS, puisqu’il avait été remis officiellement, et publiquement à l’Algérie, par la Libye, la justice algérienne considéra qu’il était en fuite, et déclencha un procès public contre lui, sous le chef d’inculpation de « création de groupe armé ». Le greffier nota, lors du procès, que l’inculpé était en fuite, et le procureur, dans son réquisitoire, invoqua le même argument, alors qu’il était patent que l’inculpé était l’invité du DRS depuis 08 mois, à la date de ce curieux procès, en juin 2005, à l’issue duquel il fut condamné PAR CONTUMACE à la réclusion perpétuelle.
    Deux ans plus tard, en mars 2007, dans un autre procès, et alors que la justice algérienne reconnaissait enfin que Abderazak el para se trouvaient entre les mains des « autorités », elle persista dans sa religion, et considéra, comme lors du premier procès, que l’inculpé était EN FUITE. Le procès fut renvoyé. Et, depuis, de qualification en requalification des chefs d’inculpation, de report en renvoi, et d’arguties en absurdités, la justice algérienne continue de considérer Amari Saïfi, alias Abderazak el para, comme un criminel en fuite, recherché « activement » par la justice, alors que ce Monsieur se trouve depuis plus de six années dans une résidence du DRS, tenue dans un grand secret. On dit même qu’il s’y serait marié depuis, et que deux ou trois enfants seraient venus égayer son doux foyer.
    Mais ce ne fut pas là une absurdité unique en son genre, au coeur de cette institution scabreuse qu’est la justice algérienne. Un autre cas, encore plus outrancier, allait, lui aussi, entrer dans les anales judiciaires.
    Ce fut celui de Hassan Hattab. Ancien émir du GIA, Hattab allait être, en 1998, le principal créateur du GSPC, après la vague de carnages qui avait définitivement coupé le GIA des populations. Les GIA étaient désormais abhorrés de la population, et avaient perdu tout soutien en son sein. Les excès monstrueux qu’ils avaient perpétrés, les désignaient désormais sous leur véritable jour d’outil de répression et de manipulation entre les mains du régime. Ils avaient donc perdu toute crédibilité, et devenaient contre-productifs, y compris pour le DRS.
    Monsieur Hattab
    La nécessite s’imposait donc, pour le régime, de débander les GIA et de créer un nouveau groupe dont l’une des premières positions furent de dénoncer les crimes contre les populations civiles. Hassan Hattab a affirmé donc avoir crée le GSPC pour échapper à l’emprise du DRS qui manipulait les GIA. Certains observateurs affirment que c’est le DRS qui lui aurait confié cette mission. La tournure des évènements, particulièrement au Sahel, penchent à accréditer cette thèse.
    Et c’est ainsi, qu’entre de nombreux autres chefs d’inculpation, la justice algérienne intenta contre lui des procès pour « constitution de groupe armé semant la terreur et la dévastation » et autres poursuites du même cru.
    Il fut condamné, à plusieurs reprises, à des peines de prison à vie, et à la peine capitale. Comme s’il avait plusieurs vies.
    En septembre 2007, et peut être même avant, il fit sa reddition au DRS. Dans la bouche du chef de l’Etat lui-même, il avait été qualifié de « Monsieur Hattab ».
    Cette désormais vedette politique fut donc convoquée par la justice algérienne, qui oublia curieusement de faire appliquer son mandat d’amener, en usant des procédures habituelles, puisque le ministre de l’Intérieur lui-même avait reconnu que Monsieur Hattab se trouvait dans les locaux des « services de sécurité ». Le lieu de résidence étant connu, la procédure d’amener l’inculpé aurait dû être appliquée. Sauf que personne n’a encore essayé de frapper à la porte de la « maison de l’ogre », pour reprendre ce qualificatif que donnent les Algériens au DRS.

    En toute logique, la justice aurait dû, soit contraindre le DRS à lui livrer Hassan Hattab, soit mettre un bémol à ses ridicules prétentions de paraître un tant soit peu normale, et de classer le dossier sans autre suite, puisque penser seulement qu’elle puisse lancer la moindre petite injonction au DRS est d’une absurdité sans bornes.
    Au lieu de cela, après le refus de l’inculpé de se présenter devant elle, ou plutot après le refus méprisant du DRS de le lui livrer, la justice algérienne, toute honte bue, continua de considérer que Hassan Hattab était en fuite. Elle le claironnait même.
    Elle s’enlisa dans des procédures aussi ridicules qu’elles étaient sans effet. Elle continua de gesticuler et de brandir des arguments « judiciaires » qui défiaient le simple bon sens.
    Et si…
    A cela, il faut ajouter la suscpicion d’enlèvements, voire d’éxecution extra-judiciaire, qui pourrait caractériser l’absence de ces inculpés.
    Car rien de définitif n’écarte la possibilité que ces deux « émirs » aient été gardés par le DRS, pour éviter qu’ils ne se livrent à certaines confessions, ni qu’ils aient été supprimés purement et simplement, pour faire disparaître les preuves vivantes que le GIA et le GSPC sont la création du DRS. Qui sait ?

    Et c’est ainsi que prise dans le tournis de sa propre absurdité, et de ses forfaitures, la justice algérienne continue de juger des islamistes et des « émirs » par contumace, alors qu’ils se trouvent entre les mains du DRS, voire même qui sont décédés.

    Que penser de cette étrange façon de procéder d’une justice aux ordres, et qui n’en finit pas d’aggraver sa lamentable situation par des décisions qui seraient cocasses, si elles n’étaient tragiques ?
    C’est peut-être, tout simplement, que ces attitudes de la justice algérienne ne sont rien d’autre que l’expression de la vraie nature de ce régime qu’elle sert.
    A moins que contrairement à toute vraisemblance, des magistrats intègres tentent d’attirer l’attention de l’opinion internationale, sur les pressions intolérables que subit leur institution, par ces grosses ficelles. En optant pour une fuite en avant tellement choquante, qu’elle en arrivera forcément à susciter la curiosité d’une opinion publique occidentale qui s’entête à regarder ailleurs. Il est vrai que c’est là une pure spéculation, hautement improbable, pour qui connait la nature du régime, et celle des magistrats algériens. Mais qui sait ?
    D.B

    Ref: Algeria Watch

  • Moines de Tibéhirine – Un témoin clé accuse l’armée algérienne

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    France-Soir.fr
    Frédéric Helbert 10/11/10 à 07h30
    Mercredi matin, le juge antiterroriste Marc Trévidic entendra à Amsterdam un ex-agent algérien. Le magistrat veut savoir si les moines ont été victimes d’une opération militaire.

    La recherche de la vérité ignore les frontières. Ce matin, le juge antiterroriste Marc Trévidic s’envole vers Amsterdam. Où un protocole spécial a été établi en secret avec les autorités néerlandaises. L’objectif : entendre enfin l’ex-militaire algérien Abdelkader Tigha. Un témoin clé dans une enquête longtemps muselée par la raison d’Etat. Plus d’une centaine de questions ont été préalablement envoyées aux Pays-Bas. Le juge Trévidic les posera au témoin. C’est un magistrat néerlandais qui fera office de traducteur.

    « Si Tigha parle et confirme en détail ce qu’il dit savoir, avoir vu et entendu, alors ce sera un élément crucial vers la piste d’une implication directe des autorités algériennes », explique Me Patrick Beaudoin, avocat des parties civiles, qui n’a eu de cesse de multiplier les demandes officielles d’audition depuis l’ouverture de l’enquête.

    Car l’ex-adjudant de la Direction du renseignement et de la sécurité (DRS) algérien est un témoin unique en son genre. Il désigne avec force détails l’armée et le pouvoir algériens comme étant les commanditaires de l’enlèvement, le 26 mars 1996, des sept moines trappistes, séquestrés pendant deux mois avant d’être décapités. Selon sa version, les militaires y ont participé directement, aux fins de monter une opération de manipulation des Groupes islamiques armés (GIA) qui a mal tourné et abouti au massacre des sept religieux de Tibéhirine. L’homme ne parle pas en l’air. Il était un agent opérationnel du centre de renseignement et de recherche de Blida, une ville située au nord de l’Algérie. Là où tout s’est décidé, là où il dit avoir vu passer les ordres, puis les moines le soir de leur enlèvement, et même les terroristes des GIA infiltrés par le pouvoir venir « récupérer » ceux qu’on ne reverra jamais vivants.

    En 1999, Abdelkader Tigha décide de déserter. Et d’emporter, dans un grand périple rocambolesque, les secrets qu’il détient. Il passe en Tunisie, puis gagne la Syrie, où il prend contact avec l’ambassade de France. Le marché proposé est clair : il révèle tout ce qu’il sait sur l’affaire des moines, le fonctionnement des GIA et du renseignement algérien. En échange, il réclame la protection et l’asile politique à la France.

    Paris missionne la DGSE. Tigha est considéré comme une « source » de premier choix. Mais l’interroger à Damas (Syrie) est impossible. Trop dangereux. L’ex-officier est alors exfiltré loin, très loin, jusqu’en Thaïlande. Pour y être débriefé au calme par des agents français. Il veut des garanties avant de se confier. Mais, pour la France, pas question de promettre au déserteur un asile politique qui conduirait à un « clash » diplomatique avec l’Algérie. Tigha se referme. C’est l’échec. C’est à un journaliste de Libération qu’il fera, à Bangkok en 2002, des révélations fracassantes. D’une extrême minutie quant au rôle direct joué, selon lui, par l’armée et le pouvoir algériens dans l’enlèvement des trappistes. Il livre un scénario précis, des détails, des noms, raconte avoir vu les religieux dans la caserne de Blida et précise que le chef des GIA était un « pantin » manipulé par les hautes sphères militaires et politiques algériennes. Un témoignage explosif, mais sans valeur juridique. Le déserteur encombrant et itinérant quitte la Thaïlande. On le retrouve en Jordanie, à qui l’Algérie le réclame. Tigha se sait condamné à mort là-bas. Il parvient à gagner l’Europe et « atterrit » aux Pays-Bas.

    Entre-temps, la quête de la vérité et l’obstination de quelques proches des religieux assassinés, dont le père Armand Veilleux, ancien numéro deux de l’ordre des cisterciens, ami personnel des moines, a abouti au dépôt d’une plainte pour « enlèvements et assassinats ». La France, qui s’était bien gardée jusque-là d’ouvrir une enquête, s’y voit contrainte. L’information judiciaire est confiée alors au juge Jean-Louis Bruguière. Qui se heurte au refus algérien de collaborer et au secret-défense invoqué en France. L’affaire piétine. Le dossier dort dans le coffre-fort du magistrat. Personne, hormis les parties civiles qui crient dans le désert, ne s’en émeut.

    2006 : coup de théâtre. Et de poker. Abdelkader Tigha, selon nos informations, débarque à Paris. Il veut à tout prix être entendu. Curieusement, le juge, plutôt que de mener lui-même une audition, en confie la tâche à… la DST. Qui brusque, braque le témoin et n’obtiendra rien. Retour aux Pays-Bas pour Tigha et à la case départ pour l’enquête.

    Mais, un an plus tard, le dossier change de main. Il est confié au successeur de Jean-Louis Bruguière, le juge Marc Trévidic, qui reprend tout de zéro. Le magistrat, réputé pour sa rigueur et sa ténacité, ignore les agendas politiques et n’a qu’une seule bible : son code pénal. Il enchaîne les auditions, multiplie les investigations, pousse les feux de l’enquête et obtient, à l’été 2009, un témoignage qui relancera complètement l’affaire : celui de l’ancien attaché de défense de l’ambassade d’Alger à l’époque des faits, le général François Buchwalter, qui évoque la thèse d’une « bavure » de l’armée de l’air algérienne, et un « black-out » imposé par la diplomatie française… Dans la foulée, le président de la République décide de la levée du secret-défense. Le juge s’enfonce dans la brèche. Et avance ses pions.

    Le 18 octobre dernier, après une nouvelle série d’auditions, Marc Trévidic adresse aux ministères de l’Intérieur et de la Défense de nouvelles demandes de déclassification de documents. Dans l’un de ces courriers, consulté par France-Soir, il fait état de « la problématique actuelle de l’enquête posée depuis l’audition du général Buchwalter : les otages ont-ils été précisément localisés et une opération militaire a-t-elle été la cause directe ou indirecte de leur mort ? ». Ainsi, pour la première fois, la question de savoir si les moines ont été victimes de l’armée algérienne.

    C’est dans ce cadre qu’il a reçu récemment le feu vert des autorités néerlandaises pour venir entendre l’ancien sous-officier algérien. Celui dont le témoignage, s’il est confirmé et acté au dossier, peut devenir une pièce décisive et un brûlot judiciaire. Tant à Paris qu’à Alger, les péripéties de l’enquête sont observées avec inquiétude. Car si le juge a déjà mis à mal la version officielle d’un acte de barbarie imputable aux seuls islamistes des GIA, il a également souligné, dans son instruction, d’évidentes contradictions laissant à penser que la diplomatie française a voulu « enterrer » le dossier et faire obstacle à la manifestation d’une vérité qu’il est bien décidé à établir, près de quinze ans après l’assassinat des sept moines du monastère de Tibéhirine.

  • L’enquête à la Sonatrach piétine

     

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    In Maghreb Intelligence

    L’enquête à la Sonatrach piétine

    Mercredi, 10 Novembre 2010 11:19
    L’enquête en cours concernant le scandale qui a éclaboussé la Sonatrach semble aujourd’hui s’essouffler sérieusement. Des sources concordantes à Alger affirment que le ralentissement de l’enquête a commencé lorsque la commission d’investigation, dirigée par une cellule spéciale du DRS (ex-sécurité militaire), a touché les comptes des sociétés écrans liées à la Sonatrach et qui sont installées dans les principales capitales européennes.

    Il s’est avéré, selon ces mêmes sources, que les noms d’anciens et d’actuels généraux ainsi que ceux de barons du marché noir en Algérie figurent parmi les personnalités impliquées dans ce scandale. C’est pour cette raison que, depuis environ plus de deux mois, aucune information ne remonte à la surface. Un autre fait important est à signaler. Il aurait été interdit aux médias d’approcher de près ou de loin de ce dossier, excepté si les autorités concernées diffusent ce qui est « publiable ». Dans ce contexte, on apprend que le DRS a fait passer un message d’une fermeté sans précédent, selon lequel l’affaire de la Sonatrach est une « ligne rouge » qu’il est interdit à quiconque non seulement de toucher, mais aussi d’approcher. Message apparemment reçu cinq sur cinq. Et pour preuve, le black-out est totalement respecté depuis cette mise ne garde.

  • Conseil de sécurité: le Pakistan dénonce le soutien d'Obama à l'Inde ,boutef aussi!!!!

     

     

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    Le Pakistan s'est dit mercredi "très inquiet et fortement déçu" par le soutien apporté par le président américain Barack Obama à la candidature de l'Inde à un siège de membre permanent du Conseil de sécurité de l'ONU.
    Le Pakistan s'est dit mercredi "très inquiet et fortement déçu" par le...
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    Le Pakistan a dénoncé mercredi le soutien du président américain Barack Obama à la candidature de l'Inde à un siège de membre permanent du Conseil de sécurité de l'ONU, se disant "très inquiet et fortement déçu" par cet appui "incompréhensible" à son rival régional.
    Lors d'un conseil des ministres tenu mercredi, "le gouvernement s'est dit très inquiet et fortement déçu par la décision américaine de soutenir la demande de l'Inde d'être membre permanent du Conseil de sécurité de l'ONU", selon un communiqué du ministère des Affaires étrangères.
    Barack Obama a apporté son soutien à cette candidature indienne au conseil de sécurité lundi lors d'une visite à New Delhi, en invitant son hôte à prendre sa place "légitime" parmi les puissances mondiales.
    "Il est incompréhensible de voir que les Etats-Unis apportent leur soutien à l'Inde, qui a un historique douteux en matière de respect des principes et résolutions de l'ONU", ajoute la résolution du gouvernement pakistanais.
    Le Pakistan en veut pour preuve "le non-respect par l'Inde des résolution de l'ONU au Cachemire et la violation systématique et à grande échelle des droits de l'homme fondamentaux des habitants du Cachemire", une région himalayenne à majorité musulmane divisée entre l'Inde et le Pakistan mais que les deux pays revendiquent dans sa globalité.
    Plusieurs résolution de l'ONU ont appelé à l'organisation d'un référendum permettant aux habitants du Cachemire de choisir entre l'Inde et le Pakistan, sans être suivies d'effet.
    L'Inde est farouchement opposée à toute intervention extérieure concernant ce conflit, et M. Obama avait provoqué la colère lorsqu'il avait suggéré, avant d'arriver au pouvoir, une médiation américaine dans cette région.
    Le Cachemire a provoqué deux des trois guerres que se sont livrées l'Inde et le Pakistan depuis leur indépendance concomitante, née en 1947 de la partition très sanglante de l'empire britannique des Indes.
    Les deux pays ont entamé en 2004 de laborieuses négociations de paix, interrompues par l'Inde après les attaques menées par un commando islamiste pakistanais qui avaient fait 186 morts à Bombay en novembre 2008.
    Depuis près d'un an et sous la pression de Washington qui cherche une stabilité régionale, de hauts responsables se sont de nouveau rencontrés pour tenter de remettre le dialogue sur les rails.
    "Je crois que le Pakistan et l'Inde ont un intérêt à réduire les tensions entre eux", a déclaré lundi M. Obama. "Mais les Etats-Unis ne peuvent imposer une solution sur ces problèmes", a-t-il ajouté.
    Dimanche à Bombay, M. Obama avait appelé l'Inde et le Pakistan à travailler ensemble pour résoudre leurs différends, soulignant que New Delhi avait le plus grand intérêt à la réussite de son rival dans la lutte contre l'extrémisme.
    Le Pakistan progresse contre le "cancer" de l'extrémisme mais "pas aussi vite que nous le voudrions", avait-il ajouté.
    Le seul survivant du commando de dix hommes lourdement armés qui mené les attaques de Bombay avait déclaré qu'ils avaient été recrutés, entraînés et équipés par le mouvement Lashkar-e-Taïba (LeT), avec un soutien de certains membres des services de renseignement et de l'armée du Pakistan.

    AFP
  • L’humour dans la littérature algérienne : quelques exemples… passez la fomade!!!!!!

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    En utilisant «l’humour», l’individu se communique sans ostentation. Il ne se plaint pas à voix haute. Il ne se livre à aucun éclat. Il se contient, puis explose. Dans une Algérie  de contrainte morale et de refoulement psychologique caractérisés, l’humour est un instrument d’émancipation, la soupape de sûreté du «self-control» de cette perpétuelle surveillance de soi, que le tempérament algérien hostile aux effusions et que «le conservatisme» ambiant imposent ! Rébellion morale, lyrisme intimidé, acrobatie verbale sous ces divers avatars, l’humour dans la littérature algérienne est  une forme égalitaire délibérée du déséquilibre.

    A l’origine, «l’humour algérien» est une arme. Il a été utilisé par les poètes populaires au temps de la colonisation ottomane comme une «satire nationaliste». De satire, il s’est transformé, pendant la colonisation française, en «code de guerre». Malheureusement, les textes en notre possession sont très peu nombreux. Les colonisations successives de l’Algérie, les malheurs qu’a connus notre peuple et les méthodes orales de communication ont fait disparaître la majorité des textes humoristiques de notre littérature. Il faut ajouter à cela la censure de «la populace conservatrice» qui continue, au nom de «la morale religieuse», d’enterrer de beaux poèmes humoristiques. Le motif ? «Ils sont trop vulgaires» !

    Dans le tréfonds de mon cœur, je me remémore ce beau poème de Si M’hand U M’hand où il tourne en bourrique un cafetier tunisien qui l’a agressé. Heureusement que Mouloud Mammeri l’a récupéré et traduit. Une belle satire à vous faire mourir de rire. Un vieux Kabyle qui connaît le poème en tamazight m’a dit, en ouvrant bien les yeux, qu’il est : «Impossible de déclamer ce poème en public ! » Cependant, « entre amis », on meurt de rire en le récitant. Cette même «barrière conservatrice» tient en otage les poèmes de Moufdi Zakaria écrits en arabe dialectal. Pourtant, notre grand poète n’a écrit ces poèmes que pour…  «faire rire ses amis» ; quelques vers humoristiques considérés aujourd’hui «comme vulgaires» ont été improvisés par Moufdi Zakaria pour «illuminer» les sombres nuits de la prison de Serkadji.

    Militant de la première heure, emprisonné en 1933 (une année) à Bida, le créateur de l’hymne national algérien (à Serkadji) est aussi un bon poète humoristique. Malheureusement, le public (notamment les jeunes) ne connaît que ses poèmes «sérieux» ! Contemporain de Moufdi Zakaria, Ahmed Rédha Houhou a pu publier ses «satires humoristiques» dans son célèbre recueil intitulé  Avec l’âne d’El Hakim (1). Des chroniques qui ont été écrites dans les années quarante et qui sont constamment rééditées pour le grand plaisir du public algérien. Rédha Houhou «passe au vitriol» les comportements des Algériens colonisés. «Des malheureux à vous faire mourir de rire » comme dit le proverbe algérien.

    Dans les années quatre-vingts, Mohamed Zettili a imité Houhou en publiant des chroniques littéraires qu’il a rassemblées dans un recueil intitulé : Le retour de l’âne d’El Hakim. Un regard burlesque sur «l’ouverture démocratique» en Algérie. On relisant Zettili, aujourd’hui, on peut rire même sur son propre comportement à l’époque . Tout dernièrement, Kamel Kerrour a publié Les malheureux de la République (2). Des nouvelles humoristiques écrites dans un arabe très proche du dialecte populaire. C’est très amusant de lire «les pensées politiques» des Algériens selon Kerrour.

    En français, Chawki Amari et Abderrahmane Lounès sont les seuls à débiter, dans certains de leurs écrits, une sagesse narquoise qui n’est pas sans profondeur. Pessimiste souriant, Lounès est un poète qui jongle avec les mots, mord et emporte- pièce. Cultivant le génie du bizarre, voire de l’absurde, Amari sait faire chavirer des contes, basculer des portraits, dérouter et mystifier par des mots à double entente et à déclic, stupéfier par l’explosion d’un calembour. Nos autres écrivains sont «trop sérieux», même quand ils cultivent, parfois «le réalisme merveilleux». (3) +(4)
            
    Note :

    1) Première édition à compte d’auteur-Tunis 1949
    2) Editions Casbah – 2009
    3) Tels Boudjedra, Mimouni, Magani, M. Benfodil etc…
    4) Les chroniques journalistes à caractère humoristique ne sont pas citées ici. Plus  nombreux que les écrivains, les caricatures et chroniqueurs de la presse algérienne méritent un essai plus étoffé.

    Djilali Khellas