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  • Laghouat: Affrontements entre manifestants et forces de l'ordre


     

    Les forces de l'ordre ont procédé mardi 10 janvier, dès 7h30 à des arrestations massives aux alentours du siège de la wilaya de Laghouat où campent depuis maintenant 6 jours des citoyens  mécontents d'une liste de distribution de logements "jugée"injuste. 

     

     

    Les affrontements ont éclaté entre les forces de l'ordre et les manifestants, qui n'ont pas voulu quitter les lieux. 

    Le bureau de la ligue algérienne des droits de l’homme a reçu plusieurs plaintes notamment de la part des parents dont les enfants ont été arrêtés. « La ville est encerclée, les forces de l’ordre ont visé les quartiers dont les citoyens sont susceptibles d’affluer en masse vers le centre ville » a-t-on appris de sources locales.

    «Les affrontements ont éclaté vers  8h30 », nous dira Yacine Zaid. Mais ce qui est sur, selon Hadj Nacer Aïssa, président du bureau régional du comité national pour la défense des droits des chômeurs (CNDDC), est que « la répression est féroce et les casques bleus sévissent impitoyablement » , regrette-t-il.

    A l’heure où nous mettons en ligne l’information, la ville de Laghouat est encerclée par les forces anti émeutes et les affrontements sont violents. Selon nos interlocuteurs « on ne sait pas encore ce qui va arriver dans les prochaines heures ».

     

    Hamida Mechaï
  • no moment

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  • Le SNMG à l’épreuve du pouvoir d’achat

    LOUH N’est pas contre l’abrogation de l’article 87 bis

     

    Par : Hafida Ameyar

    Le ministre du Travail et de la Sécurité sociale a rappelé, hier, sur les ondes de la radio Chaîne III,  que le Salaire national minimum garanti (SNMG) a été relevé à 18 000 DA.

    Le ministre du Travail et de la Sécurité sociale a rappelé, hier, sur les ondes de la radio Chaîne III, que le Salaire national minimum garanti (SNMG) a été relevé à 18 000 DA. Tayeb Louh ne s’est pas pourtant attardé sur le sujet, peut-être parce que l’augmentation du SNMG est entrée en vigueur depuis le 1er janvier de la nouvelle année. Il s’est néanmoins exprimé sur les autres dossiers ayant retenu l’attention de la 14e tripartite (gouvernement-UGTA-patronat) qui s’est tenue à la fin septembre 2011, y compris sur les incidences de la suppression de l’article 87-bis du code du travail, qui définit le salaire de base en incluant un certain nombre de primes et indemnités. Le ministre a aussi abordé “la préservation du système national de retraite”, en insistant sur “les équilibres de la Caisse nationale de retraite”, de même que la réforme introduite en 2010 par son département, qui prévoit l’introduction “de sources additionnelles”, autres que les cotisations. Tayeb Louh est également revenu sur le pacte national économique et social reconduit par la dernière tripartite. L’invité de la rédaction de la Chaîne III a, en outre, parlé de l’emploi et du contrôle des 16 agences privées de placement agréées dans six wilayas du pays. Sans oublier “la politique de remboursement du médicament” destinée à promouvoir le produit générique. “Il n’y a pas de problème en ce qui concerne le médicament remboursable”, a-t-il affirmé, en renvoyant indirectement “la crise du médicament” au ministère de la Santé.

    Les salariés, entre  augmentations salariales et hausses des produits  de consommation  
    En Algérie, le SNMG est passé de 2 000 DA en 1990 à 18 000 DA en 2012. En juillet 1991, celui-ci a atteint les 2 500 DA, avant de passer à 3 500 DA en janvier 1992. En 1994, la décision est prise de relever le SNMG à 4 000 DA. Il faudra ensuite patienter trois années pour voir venir, en 1997, une augmentation du SNMG à 6 000 DA, applicable en trois tranches : de 4 000 à 4 800 DA à partir du 1er mai 1997, de 4 800 DA à 5 400 DA à partir du 1er janvier 1998 et de 5 400 à 6 000 DA à partir du 1er septembre 1998. Sous la pression des travailleurs et de leurs syndicats, le gouvernement accordera des hausses du SNMG de 2 000 DA, permettant alors à celui-ci de passer de 6 000 à 8 000 DA, puis à 10 000 DA, avant d’atteindre les 12 000 DA en 2007. Devant la poursuite des actions revendicatives, notamment des syndicats autonomes, le SNMG sera porté à 15 000 DA, à partir du 1er janvier 2010. Il sera relevé enfin à 18 000 DA à partir du 1er janvier de l’année en cours. Autrement dit, le SNMG a été revalorisé 10 fois tout au long de ces 22 ans dans bon nombre d’activités du secteur public et dans le secteur économique, grâce à la signature des conventions de branches. D’aucuns estiment que les hausses visaient “la paix sociale” ; d’autres, en revanche, soutiennent que l’objectif est avant tout “l’amélioration des conditions de vie” des travailleurs et de leur famille. Dans les faits, ces augmentations, et en particulier les dernières hausses du SNMG, ont été accompagnées par la flambée des produits de consommation. Aujourd’hui, alors que les salariés n’ont pas encore empoché le salaire de janvier 2012, les fruits, les légumes et les viandes, pour ne citer que ceux-là, affichent des prix excessifs pour le commun des Algériens. D’ores et déjà, des syndicats ont fait savoir que la dernière augmentation du SNMG de 3 000 DA demeure “insignifiante” par rapport à l’érosion continue du pouvoir d’achat des Algériens. La solution réside-t-elle dans le relèvement d’un SNMG “mieux adéquat” aux données locales, la mise en place d’un “mécanisme durable et opérationnel pour maîtriser les prix de produits de large consommation” ou l’abrogation de l’article 87-bis du code du travail ? En attendant une meilleure répartition des richesses nationales et le rapprochement des normes internationales, en matière de calcul du SNMG, il faudra bien se décider.


    H.A.

  • Observateurs internationaux aux législatives: le stratagème de Bouteflika

     

    Par |

     

     

     

     

    La fraude n'est-elle qu'électorale? La fraude n'est-elle qu'électorale?

     

    En acceptant la présence d'observateurs internationaux pour superviser le déroulement des prochaines légilatives, Bouteflika veut en cautionner la duperie en faisant croire à une fraude électorale qui ne peut faire ombrage à celle de ses mandats successifs...

     


    Que peut bien garantir une mission de l’Union européenne, de la ligue arabe, de l’UA et l’OCI dans la tenue des prochaines législatives? S’il est vrai que les précédents scrutins ont été faits "maison", le Président de la République ayant toujours refusé la présence d’observateurs étrangers, il n’en demeure pas moins que ces observateurs étrangers "précurseurs" dans la surveillance d’un scrutin en Algérie, posent moins la question de leur efficacité technique dans le suivi et le déroulement des élections que celle de la relation entre la légitimité institutionnelle de celles-ci  et les objectifs que s’assignent les organisations internationales dans leur démarche pour assurer "un scrutin loyal".

    suite:http://www.freealgerie.com/debat-du-jour/233-observateurs-internationaux-aux-legislatives-le-stratageme-de-bouteflika.html

     

     

  • no moment

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  • Le RCD, le FFS et le PT de 2012

    Par |
     

     
    Ali Laskri, SG du FFS Ali Laskri, SG du FFS

    Le RCD, le FFS et le PT se sont exprimés en cette veille de 2012 sur les prochaines législatives et dressé un bilan contrasté du régime en place...

     

    Que retiennent le RCD, le FFS et le PT de cette année 2011? Comment se projettent-ils dans celle de 2012 qui sera celle des législatives enclenchées par Bouteflika par une série de réformes  qui semblent avoir adoubé les islamistes de l’alliance et ceux de l’ex-Fis? Les trois partis qui se sont exprimés en cette fin 2011 ne se sont pas encore prononcés sur leur participation ou non au scrutin parlementaire, maintenant ainsi le suspens, disent attendre des "signaux" forts en "garanties" du pouvoir en place et exigent une présence effective d’observateurs étrangers ou de nationaux "indépendants" tout en dressant un bilan mitigé du régime de Bouteflika.

    Le RCD: l'agrément de nouveaux partis est "une pollution de la scène politique"

    Le RCD, dans un long communiqué adressé à la presse en cette veille de 2012 commence par établir un constat sur les luttes démocratiques en Algérie à l’heure des "Révolutions arabes" estimant que "le régime algérien s’est rangé du côté de l’arbitraire et des criminels qui assassinent leur peuple et pillent leur pays" rappelant les émeutes de janvier à Alger" en s’adjugeant l’initiative de l’appel. Insistant sur les tentatives de marche avortées de janvier dernier durant lesquelles le leader du RCD s’adressait aux quelques manifestants du balcon du siège de sa fédération d’Alger centre, Saïd Sadi tient à rappeler avec emphase  que "Le système a répondu par un déploiement digne des forces coloniales pendant la bataille d’Alger, allant jusqu’à paralyser les transports en commun dans le pays pour empêcher la mobilisation des Algériens ". S’exprimant sur la situation du régime en place, Saïd Sadi ne mâche pas ces mots sur le fait que ses dirigeants sont "usés, isolés et disqualifiés sur la scène internationale"  et qu’ils "s’enfoncent dans le déni de réalité et achètent leur survie auprès des principaux partenaires de l’Algérie en bradant notre souveraineté économique et en jouant sur une nuisance islamiste entretenue depuis de longues années pour offrir leur sous-traitance sécuritaire."

    Sur les élections législatives il se contente de relever  un certain nombre d’indices qui sont, considère-t-il, des signes avant coureur d’une consultation électorale truquée d’avance. Pourtant, le RCD réitère  sa revendication de "garanties" et d’une présence d’observateurs étrangers en pointant du doigt les critiques ayant porté sur cette proposition "les tergiversations visant à réduire la portée d’une surveillance internationale massive et qualifiée, notamment à travers le rejet du nettoyage du fichier électoral, la répartition et l’organisation des centres et bureaux de vote… "

    Il voit dans l’agrément de nouveaux partis "une pollution de la scène politique"  visant à "manipuler"  par l’entremise de "la police politique" et les législatives et les Présidentielles de 2014.  Par cette appréciation négative de l’homologation de nouveaux partis décidée par les récentes réformes sur lesquelles s’est abstenu, le RCD vise-t-il le futur parti d’Amara Ben Younès, l’UDR (Union pour la démocratie et la République) dont le congrès (constitutif ou extraordinaire) est  prévu janvier 2012. Rappelons que Amara Benyounès a quitté le RCD dont il a été un des artisans en février 1989 pour rejoindre le gouvernement et l’alliance présidentielle. Pour le RCD, l’année 2012 sera encore plus "déterminante". Il assoit cette détermination sur la réappropriation du "capital symbolique de Novembre et de la Soummam" et sur la transmission des "valeurs et principes à la jeunesse, honneur et fer de lance de l’espérance algérienne"; des références somme toute érodées du fait qu’elles sont surtout l’apanage discursif du pouvoir. L’auteur de Amirouche, une vie, deux morts, un testament ne se reconnaît-il pas dans cet argument historique comme remède messianique à la crise ? Du contenu de cette déclaration, le RCD parle plus de lui-même que de l’Algérie : c’est lui a appelé à la marche de janvier dernier,  c’est encore lui le dépositaire de "Novembre et de la Soummam",  et, enfin, il situe l'importance de son prochain congrès "dans une conjoncture exceptionnelle" en ce sens qu’ "il permettra, est-il mentionné dans la déclaration,  à notre parti de prendre la mesure des enjeux et de décider des visions, approches et actions qui conviennent le mieux à une situation radicalement nouvelle dans la scène politique d’après-guerre" Quels contenus met-il à "scène politique d’après guerre" ? Les "Révolutions arabes" ? La fin de la décennie noire ? Les unes et les autres sont-elles terminées pour les engranger déjà dans une ère "d’après-guerre"?  

    Le FFS: " Evitons au pays un nouveau cycle de violence"

    suite:http://www.freealgerie.com/debat-du-jour/228-le-rcd-le-ffs-et-le-pt-de-2012.html

  • Au coeur de l'Etat-DRS avec Mohamed Sifaoui

     

     

    Par | T
    Mohamed Sifaoui

    Mohamed Sifaoui publiera le 19 janvier prochain son livre : "Histoire secrète de l’Algérie indépendante : l’État-DRS" chez Nouveau Monde éditions. Nous l’avons rencontré pour les lecteurs du Matindz. Objectif ? En savoir un peu plus sur cet autre ouvrage consacré au régime algérien.

    Le Matindz : Moins d’une année après votre livre "Bouteflika, ses parrains et ses larbins", vous publiez, le 19 janvier prochain aux éditions Nouveau Monde, un livre enquête sur le DRS, les services de renseignement algériens. Comment avez-vous pu enquêter sur une telle structure alors que nous savons qu’il s’agit de l’un des services les plus opaques au monde ? 

    Mohamed Sifaoui : En vérité, mon enquête n’a pas porté spécifiquement sur le DRS. Il y a de cela quatre ans, lorsque j’ai commencé à comprendre qu’Abdelaziz Bouteflika allait, avec le soutien du général Mohamed Mediène et les hauts officiers de l’armée, briguer un troisième mandat, malgré ses échecs et l’état de déliquescence du pays, j’ai décidé d’abord d’exprimer clairement ma position devant un pouvoir qui continue de s’approprier les rênes du pays de manière antidémocratique, donc illégitime et ensuite de faire mon travail de journaliste et d’informer les Algériens et l’opinion internationale sur la réalité de ce régime qui, depuis l’indépendance, n’a eu de cesse d’avoir recours au bricolage et à la manipulation pour pérenniser un système à la fois archaïque, incompétent, mais, également, de plus en plus, corrompu qui est incontestablement, par son incapacité à construite un État moderne, générateur d’islamisme, d’intolérance et de terrorisme. J’ai donc décidé de rencontrer et d’interviewer, de manière formelle ou informelle, des responsables et des cadres algériens, civils et militaires, des observateurs étrangers et des diplomates, enfin tous ceux qui étaient susceptibles de m’apporter des éléments d’un puzzle qu’il me fallait essayer de reconstituer. J’ai engagé ce travail, à vrai dire, avec un regard neuf. Il fallait revisiter également les travaux des historiens sérieux et faire parler tous ceux qui avaient des éléments à communiquer sur différents segments de l’histoire algérienne ou plus particulièrement sur l’histoire du pouvoir algérien.

    Au cours de cette longue investigation, j’ai pu rencontrer quelques officiers du DRS, certains à la retraite et d’autres en activité. Ils m’ont parlé sous couvert de l’anonymat. Ce qui m’a frappé, c’est que de plus en plus de cadres des services, connus pourtant pour leur mutisme et leur discrétion, se sont progressivement mis, depuis 2008, à exprimer un certain mécontentement. J’ai senti, chez plusieurs d’entre eux, parfois de la déception et d’autre fois de l’amertume au regard des choix qui ont été ceux de la haute hiérarchie et qui, à l’évidence, sont loin de faire l’unanimité. Leurs témoignages sont importants et je les juge très crédibles, car contrairement à certains officiers ayant fait, notamment durant les années 1990, de pseudo "révélations fracassantes", ceux que j’ai interviewés n’ont d’une part, aucune sympathie pour l’islam politique et ne pourrons donc être traités d’islamistes, d’autre part, ils n’ont pas déserté à la suite d’une sanction, d’une frustration ou d’un différend avec un supérieur, comme ce fut le cas avec certains "dissidents" s’étant déjà exprimés et ne sont pas dans une démarche d’aigris avec une logique de "tous pourris". Ils m’ont d’ailleurs livré de graves informations que j’ai pu souvent recouper tantôt auprès de sources algériennes tantôt grâce à l’aide de quelques sources occidentales. 

    Justement que vous ont-ils révélé ? 

    Disons d’abord que le livre revient sur l’omniprésence des services dans la chose politique depuis leur création par Abdelhafid Boussouf en 1956. J’ai essayé de comprendre les différentes périodes : avant l’indépendance et ensuite la Sécurité militaire sous Ben Bella, Boumediène, Chadli enfin jusqu’à aujourd’hui. Les choses les plus intéressantes concernent, par exemple, les détails que j’ai pu recueillir à propos de trois crimes politiques : ceux ayant visé Khider, Krim et Mecili. J’ose espérer que ces nouveaux éléments complèteront ce que les Algériens savent déjà. Ensuite des faits beaucoup plus récents notamment à propos de l’assassinat de Mohamed Boudiaf et de la mort des moines de Tibhirine. Enfin, à propos du parcours et de la personnalité du général Mohamed Mediène alias Toufik, j’ai appris également beaucoup de choses. 

    Ne craignez-vous pas qu’on vous accuse d’alimenter la thèse du "qui tue qui ?"

    Pour fuir ses responsabilités, le pouvoir algérien et, singulièrement le DRS, dispose, en effet, de relais pour diaboliser tous ceux qui mettent le doigt sur les affaires qui le gênent. Oui je sais qu’on va m’accuser, peut-être y compris d’avoir assassiné Kennedy, je n’ignore pas non plus qu’on va mettre à contribution certains torchons, notamment un s’exprimant en langue arabe, pour crier au complot etc. J’ai fait souvent l’objet d’attaques de la part des islamistes quand je réalisais mes enquêtes pour montrer le caractère nihiliste des tenants de l’islam politique, je suis par conséquent habitué aux attaques. Quand on fait de l’investigation, on se fait forcément des ennemis puisqu’on touche à des sujets très sensibles, mais il fait assumer. Je pense que les lecteurs et les Algériens ne sont pas dupes.

    Je pense par ailleurs que le rôle d’un journaliste algérien aujourd’hui n’est pas de se soucier des conséquences d’un travail effectué, dans mon cas, quoi qu’on puisse en dire et en penser, avec sérieux et conscience, mais de penser avant tout à l’impérieuse nécessité de faire prendre conscience à une population trahie que ce régime qui n’a cessé de violer tout un pays va mener l’Algérie à la catastrophe. À la veille d’échéances importantes et dans un contexte compliqué, les citoyens doivent disposer d’un maximum d’informations. À eux ensuite de décider s’ils doivent continuer à applaudir ce système où le combattre de manière démocratique. 

    Je vais encore aller plus loin, et je l’ai précisé en introduction de mon livre, je délivre des informations qui contredisent y compris des thèses que j’ai moi-même défendu par le passé, car ne possédant pas les informations que je détiens aujourd’hui. C’est l’une des raisons qui m’a poussé d’ailleurs à adresser une lettre ouverte au général à la retraite Khaled Nezzar pour lui dire tout simplement : Monsieur, vous êtes un menteur ! 

    Je l’avais rencontré en 2002 et il m’avait alors juré la main sur le cœur, presque la larme à l’œil que les généraux étaient tous innocents. J’ai eu la naïveté de le croire. Ce fut une faute, probablement. Aujourd’hui, au regard des éléments que j’ai pu recueillir, je ne suis pas certain que certains généraux trouvent facilement le sommeil, je pense notamment à Khaled Nezzar, à Mohamed Mediène, à Kamel Abderrahmane, à Bachir Tartag et enfin à Djebbar M’henna, pour ne citer qu’eux. Les deux autres vers lesquels plusieurs témoins ont pointé l’index sont aujourd’hui décédés. Il s’agit de Smaïl Lamari et de Larbi Belkheïr. Pêle-mêle, ce sont, j’en suis aujourd’hui convaincu, les officiers qui, à des degrés divers, sont largement responsables de la situation. Par leur choix, par un cynisme parfois meurtrier, par leur volonté de sauver un système moribond et par leur incompétence, ils ont fait prendre au pays trois décennies de retard. Il ne s’agit pas de dédouaner les terroristes ou de nier la dangerosité des défenseurs de l’État théocratique, mais il va sans dire que les islamistes n’auraient jamais essaimé à ce point en Algérie si ce pouvoir, ou certains responsables ayant servi ce pouvoir, n’avaient pas, à travers des choix surréalistes, joué avec le feu et ce, depuis l’indépendance du pays. Ce régime est lui-même générateur d’islamisme. Il en a fait même un allié stratégique. D’autre part, les thèses du "qui tue qui ?" et les principes défendus par le groupe dit de Sant’Egidio au milieu des années 1990 sont aujourd’hui ceux du régime. Celui qui défend le "qui tue qui ?", c’est celui qui indirectement vous dit aujourd’hui Mezrag, Hattab, Belhadjar et les autres assassins n’ont tué personne. Alors je pose la question : Qui a tué près de 200 000 Algériens ? Et pourquoi ceux qui ont ôté des vies ne sont-ils pas, outre les seconds couteaux, jugés et condamnés ? Ceux qui défendent le "qui tue qui ?" sont ceux qui ont décidé d’amnistier des terroristes et d’adopter un discours négationniste au mépris des victimes. Et j’ajouterai que le principal partisan de cette thèse est aujourd’hui un allié discret, mais un allié quand même du régime.  

    Lire la suite de l'entretien ici : http://www.freealgerie.com/debat-du-jour/229-au-coeur-de-letat-drs-avec-mohamed-sifaoui.html

  • Lettre ouverte à Messieurs Ali Haroun et Ahmed Djebbar

     

     

    Par |
     

     

      images.jpegboudiaf.jpegMohamed Boudiaf

    Je vous interpelle aujourd’hui parce que vos noms ont figuré sur l’auguste liste des signataires d’une pétition contre "l’ingérence", à la suite de la présentation du général Khaled Nezzar devant la justice suisse.

    Votre attitude est louable mais tout le peuple algérien s’oppose à l’ingérence dans ses affaires intérieures. Cependant, cette pétition a été concoctée non pas tant pour protéger le pays de l’ingérence mais pour soulager celui qu’elle est supposée soutenir ; et cela dénote très bien le malaise dans lequel vit, ces jours-ci, la personne intéressée.

    En ce qui me concerne, je vous interpelle parce que vous avez été très proches de Mohamed Boudiaf ; M. Haroun pour avoir été le chercher de son paisible exil, et M. Djebbar, pour avoir été membre de son Cabinet quand il était Président du Haut Comité d’Etat, puis "récupéré" comme ministre pour cautionner la mascarade de "l’acte isolé".

    Messieurs Haroun et Djebbar, combien de fois vous ai-je appelés, interpelés, et même cités dans mon récent livre : Boudiaf, l’Algérie avant tout pour vous sensibiliser à entreprendre une démarche, quelle qu’elle soit, pour revendiquer la vérité sur le lâche assassinat de celui qui a été, pour un laps de temps, le chef de l’Etat algérien et qui a marqué, par son honnêteté, plusieurs générations.

    Votre participation à la pétition ne me laisse pas de choix. Soit, je me tais pour tromper ma conscience, je me renie pour survivre, je privilégie l’illusion à la vérité, comme vous le faites actuellement, soit je continue mon combat, celui de défendre l’âme de mon père.

    Si vous avez inscrit votre démarche dans le noble objectif de prémunir le pays contre "l’ingérence", continuez dans votre logique pour revendiquer la vérité sur l’assassinat du chef de l’Etat, notamment parce que la personne que vous soutenez dans votre pétition était ministre de la Défense et membre du Haut Comité d’Etat, au moment où "l’acte isolé" a été perpétré contre la dignité de tout le peuple algérien. Organisez une pétition demandant la vérité et vous verrez l’engouement que vous initierez auprès de milliers d’Algériens avides de vérité.

    Je persiste à vous sensibiliser sur une réalité simple : la vérité, soit vous contribuez à la faire émerger, soit "l’ingérence" vous l’imposera. A vous de choisir. L’O.N.U. s’est bien dessaisie de l’assassinat d’un chef de gouvernement. Pourquoi, ce "deux poids-deux mesures" de l’O.N.U. en ce qui concerne l’assassinat en direct à la télévision du chef de l’Etat algérien ?

    Le sang de Boudiaf est trop cher pour être vite oublié. Les idées pour lesquelles on meurt, ne meurent pas. Son vœu de réconcilier le peuple algérien avec sa véritable histoire a été empêché d’être réalisé et la vérité sur son assassinat sera une partie fondamentale de l’Algérie qui se prépare.

    M. Haroun, vous qui avez été ministre des Droits de l’Homme, n’êtes-vous pas encore convaincu que la Vérité est un Droit fondamental des Droits de l’homme. M. Djebbar, vous qui êtes professeur "émérite", n’êtes-vous pas encore convaincu que les civilisations ne peuvent jamais être bâties contre la vérité ? A vos consciences d’apprécier.  

    Je vous rappelle à toutes fins utiles un passage de la lettre que j'ai adressée le 23 août 2001, au haut responsable  que vous tentez de défendre par votre pétition :

    "….Ce silence ne fait que me conforter dans ma résolution d'aller auprès d'une juridiction internationale… Devant cette juridiction, il faudra répondre à une question simple. Est-ce un acte isolé ou un complot ? L'acte isolé voudrait qu'en plus de l'assassin présumé, des sanctions administratives et politiques touchent la plus haute hiérarchie des services de sécurité qui, en cette grave situation, avaient fait preuve d'une incompétence jamais égalée sauf peut-être par l'impunité. Quant à la thèse du complot, je vous laisse le soin de songer ses à conséquences."

    Cette lettre a été reprise comme annexe dans mon livre cité supra. Monsieur Nezzar n'a jamais daigné me répondre.

    La vérité éclatera avec vous, sans vous et même avec les "singes de la Chiffa" comme le disait Mohamed Boudiaf.nacer boudiaf,haroun,nezzar,larbibelkheir,tous assassins

    Nacer Boudiaf

  • "La contre-pétition Nezzar est un test d’une très grande importance"

     

    La contre-pétition Nezzar est un test d’une très grande importance.

    rpar Djamaledine Benchenouf, lundi 2 janvier 2012, 20:59

    Il est inutile de s’étaler en de longues logorrhées, en d’interminables envolées verbeuses.Il suffit juste d’attirer l’attention de nos compatriotes, et de tous les hommes épris de justice, partout dans le monde, sur un évènement d’importance cruciale.

    Ce qui porte désormais l’appellation de « contre-pétition Nezzar » est en passe de devenir un test décisif pour l’Algérie.

    Le nombre des signataires est scruté de façon particulièrement attentive.

    Au plus haut sommet du DRS, à la Présidence de la République algérienne, au sein de toutes les chancelleries étrangères, mais surtout au coeur des puissances occidentales, de la justice helvétique, et au sein des plus grands services de sécurité du monde, « la contre-pétition Nezzar » est devenue un enjeu décisif, un vrai moment, un « quart d’heure », qui permettra une lecture appropriée de la donne algérienne. C’est un vrai test !

    Ces observateurs avertis savent, avec un sens très pointu de l’ évaluation, du renseignement et de l’analyse, le rôle réel des généraux putschistes dans la manipulation de la violence, et dans les exactions atroces qui ont été commises contre des populations civiles. Mais en cela, ils ne se sentent pas concernés en premier chef, et encore moins leurs États respectifs. Ce qu’ils souhaitent connaître aujourd’hui, en ce moment crucial où l’Algérie se trouve dans l’œil du cyclone, est la capacité de la société algérienne à la mobilisation, et particulièrement à celle contre le régime qui l’opprime.Cet évènement de la « Contre-pétition Nezzar », même s’il peut sembler périphérique, est en mesure de donner la mesure de la réactivité, et du potentiel révolutionnaire algérien. Sans guillemets.

    Donc, pour aller à l’essentiel, si le nombre des signataires, malgré la menace diffuse qui paralyse les meilleures volontés, atteint un seuil « honorable », en très peu de temps, alors un effet déterminant aura lieu ! Le peuple algérien entrera dans une dynamique qu’il n’aura jamais imaginé seulement. Toutes les puissances occidentales, qui soutiennent ce régime juste parce qu’il leur offre des contrats faramineux, pour acheter leur bienveillance à son endroit, pour les corrompre aux dépens du peuple qu’il broie, qu’il vole, et dont il compromet gravement l’avenir, toutes ces puissances vont adopter, sans l’ombre d’un doute, une attitude décisive, la seule honorable, la seule qui puisse préparer une situation stable dans toute la région, et qui sera en phase avec la suite des évènements, avec les espérances des peuples, et dans l’intérêt bien compris de toutes les forces en présence. Les puissances occidentales ne soutiennent le régime algérien que parce qu’il y a un vide sidéral autour de lui. Sinon, elles ne se compromettraient pas avec un tel boulet. Trop sale, et trop salissant. Au regard de ce qu’il leur offre, elles préféreraient un partenaire moins gênant. Surtout qu’elles ont sur lui des informations tellement énormes qu’elles en deviennent inquiétantes. A fortiori que certains « grands commis de l’Etat » de ces puissances, comme un Pasqua ou un Bonnet, par exemple, ont couvert des crimes contre l’humanité, en engageant réellement la responsabilité de leurs États.

    Donc, pour tous les Algériens, une seule réaction honorable: Signer la « Contre-pétition Nezzar ». Faire tomber le mur de la peur, et signer se son vrai nom. Relayer le document, l’expliquer, et tenter de faire signer toutes les personnes de son entourage. Si cette contre-pétition atteint un chiffre très important, alors nous amorcerons un tournant historique, qui changera tous les plans, les réformettes, et les manipulations du régime.

    Sinon, si cette contre-pétition reste une bouteille à la mer, alors ne nous en prenons qu’à nous-mêmes !

    HAUT LES CŒURS ! QUE VIENNE L’HEURE DE LA DÉLIVRANCE ET DE LA DIGNITÉ !

    D.Benchenouf

  • la cigale et la fourmi

    MSP : manger avec les loups et pleurer avec le berger

    Par : Mustapha Hammouche64_slide_1_120102082239.jpg

    Voici une année qui commence par une bonne nouvelle : les Frères musulmans d’Algérie se retirent du gouvernement ! Non pas que l’Alliance serait ébranlée par la défaillance du MSP : celle-ci n’a jamais existé comme telle ; le terme alliance regroupe, en effet, un trio de partis conglomérés par un rapport d’allégeance à un président omnipotent coopté par le système.
    Dès que le choix de Bouteflika s’est imposé début 1999, celui-ci fut proclamé “candidat du consensus”. Si les partis “naturellement” voués à occuper les institutions, le FLN et le RND, ne poseront jamais la question de leur présence au gouvernement, le MSP a, d’entrée, marchandé son rapport clientéliste au pouvoir. C’est donc dans le même esprit opportuniste qu’il quitte aujourd’hui la soi-disant Alliance.
    Fort de l’issue tunisienne, marocaine et égyptienne du Printemps arabe, il se libère pour soumissionner, en emmenant une éventuelle coalition islamiste, à la succession au régime actuel, après la “révolution” algérienne, qu’elle soit d’initiative populaire ou le résultat d’un processus de réformes engagé par le pouvoir. Le parti de Soltani a même fait de la bonne conduite des réformes son motif de divorce. “Les lois votées dans le cadre des réformes ont été vidées de leur contenu,  principalement sur les libertés, la transparence et l'ouverture politique et de la presse”, a-t-il reproché à ses “alliés”.
    Visiblement, le MSP mise sur une fin de règne proche. Pour que celui qui, en 2008, a soutenu le viol de la Constitution à l’effet de prolonger la présidence de Bouteflika au-delà des deux mandats légaux s’en désolidarise aujourd’hui, il fallait qu’il en vienne à la conviction d’un imminent changement. Et pas seulement du fait du mouvement révolutionnaire global qui anime notre région ; il doit flairer les relents d’une imminente opération de succession.  
    En même temps qu’il démissionne de “l’Alliance”, il se pose d’emblée en revendicateur de véritables réformes… démocratiques, se plaçant dans la course à la position d’alternative. Car, dans un système qui place “la paix civile” comme finalité supérieure, il peut espérer susciter la tentation tunisienne. Ce n’est évidemment pas l’espoir d’une victoire à de démocratiques législatives qui font courir le MSP : comme le laissent prévoir les “lois de réformes” qui viennent d’être votées, et comme le dénonce le MSP lui-même, c’est le système de la fraude qui décidera de la couleur de la prochaine Assemblée. Il ne peut pas parier sur des réformes qu’il ne perçoit pas comme porteuses de transparence et d’ouverture. Par cette démission, il négocie son futur quota.
    Après avoir enfourché un régime que le système nous a imposé, douze ans durant, un régime sans perspective, sans projet, sans fondements doctrinaux ou idéologiques, avec l’accaparement du pouvoir et la maîtrise de la rente comme seule finalité, avec la répression et la corruption comme seuls moyens, le MSP veut quitter le navire coulant en position d’opposant ! Sans rendre compte de la corruption qui a saigné les travaux publics et la pêche, la panne qui frappe le tourisme et la gestion bazardjie du commerce !
    C’est beau l’Algérie ! On vient, on abuse, on s’offre, entre autres butins, des bateaux de pêche, avec les loups, et on retourne pleurer avec le berger !

     


    M. H.
    musthammouche@yahoo.fr

    n par email lorsqu’une réponse est postée

     

  • AVEC CE MALADE MENTAL, TU CAUSES!!!!!!!

     

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    Pensez-vous que les prochaines élections seront «libres et sans fraudes» comme l’a souhaité le ministre de l’Intérieur Daho Ould Kablia ?

  • PROTESTATIONS ,ROUTES FERME'S........

     

    PROTESTATIONS À BÉJAÏA
    Deux mairies, une daïra et la RN12 bloquées par les citoyens

    La nouvelle année s’ouvre avec les récurrentes protestations sociales dans la wilaya de Béjaïa et avec les mêmes mots d’ordre liés à l’amélioration des conditions de vie des citoyens. Suite...

    PLUSIEURS AXES ROUTIERS FERMÉS PAR DES MANIFESTANTS
    Début d’année agité à Tizi Ouzou

    C’est un début d’année aussi agité que celle qui vient de s’écouler à Tizi Ouzou. En effet, les populations de nombreuses localités ont ressorti, hier, l’attirail du manifestant pour défier l’administration qui, pour reprendre les propos des protestataires regroupés aux alentours du pont de Oued-Aïssi, «n’a pas fini d’user et d’abuser de promesses » pour répondre à leurs doléances. Suite...

  • Agressions au Centre commercial de Bab Ezzouar

    Le Centre commercial de Bab Ezzouar a connu dans la soirée du 31 décembre de graves problèmes de sécurité, ce qui a obligé de nombreux commerces à baisser les rideaux.
    Le service de sécurité du centre a été complètement débordé par des jeunes qui ont agressé des clients venus dans cet espace pour passer la soirée du réveillon.

  • AFFAIRE KARACHI


    L’étau se resserre sur Nicolas Sarkozy

    De notre bureau de Paris, Khadidja Baba-Ahmed
    L’année 2012 ne s’annonce pas toute tranquille pour le président sortant Nicolas Sarkozy. Son implication supposée dans la mise en place d’un circuit de commissions dans l’affaire Karachi remonte à la surface avec les dernières révélations du quotidien Libération du lundi 2 janvier et qui ont réussi l’exploit d’occulter le contenu des vœux de Sarkozy et de mettre en Une cette affaire non encore élucidée.
    Les nouveaux éléments sur lesquels le journal s’appuie sont ceux contenus dans un procès- verbal d’audition du 2 décembre dernier devant le juge Renaud Van Ruymbeke en charge du volet financier de l’affaire Karachi. L’auditionné n’est pas n’importe qui. Il s’agit de Gerard-Philippe Menayas, ancien haut fonctionnaire du ministère de la Défense et ancien directeur administratif et financier à la Direction des constructions navales, fournisseur des sous-marins Agosta au Pakistan. Qu’a dit ce très haut responsable au juge ? Globalement que le président Sarkozy, alors ministre du Budget, aurait validé un montage financier lié à des ventes d’armes au Pakistan. Mais ne s’arrêtant pas aux considérations générales, il précise que «Nicolas Sarkozy, alors ministre du Budget, avait donné son accord en 1994 à la création de la société luxembourgeoise Heine». Cette société, comme certaines autres créées la même année dans d’autres paradis fiscaux, devait être utilisée pour recevoir les commissions octroyées à des intermédiaires, comme Ziad Takieddine, dans ce contrat d’armement. Entre 1995 et 1996, Heine a reçu 185 millions de francs de la Direction des constructions navales qui a fourni les sous-marins Agosta au Pakistan. Le montant du contrat qui s’élevait à 5,5 milliards de francs, soit 826 millions d’euros, prévoyait des commissions équivalent à 10% de la vente. Si les commissions étaient légales à l’époque sur ce type de contrats, ce qui ne l’était pas ce sont bien les rétro-commissions (système qui permet à celui qui vend une marchandise de récupérer une partie des commissions qu’il a versées à un intermédiaire) et en l’occurrence dans cette affaire de Karachi, les juges en charge du dossier suspectent que des rétro-commissions ont été utilisées dans la campagne présidentielle d’Edouard Balladur de 1995 et dont Sarkozy était le porte-parole. il faut rappeler que le 8 mai 2002, un attentat à Karachi, au Pakistan, a fait 14 morts, dont 11 Français de la Direction des constructions navales, en mission pour finaliser la mise en service des sous-marins vendus au Pakistan par la France. Si dans une première phase l’enquête s’était orientée vers un attentat terroriste, très vite, les juges ont commencé à fouiller dans l’aspect financier du contrat des sous-marins. Aujourd’hui, il est avéré que des commissions ont été versées au Franco-libanais Ziad Takieddine. Ce dernier, homme d’affaires sulfureux, intermédiaire dans ce dossier comme dans celui de la vente de frégates à l’Arabie saoudite et aussi dans les tractations avec la Libye pour la vente d’armes après la levée de l’embargo militaire en 2004, aurait reversé, dans l’affaire de Karachi, mais pas seulement, une partie des commissions qu’il a reçues, pour la campagne présidentielle d’Edouard Balladur. Lorsque Chirac est arrivé au pouvoir, il a décidé de l’arrêt de ces commissions (légales jusqu’en 2000) et ce serait l’arrêt de ces commissions qui constituerait le mobile de l’attentat, venu en représailles à cette fin de pots-de-vin bien juteux. C’est dire tout l’enjeu de cette enquête. Le juge chargé de l’affaire et qui serait, selon Libération, en possession d’une note saisie dans les locaux de la Direction des constructions navales faisant état de l’accord de Sarkozy pour la création de Heine, aurait malgré tout enrichi son audition par cette question à l’auditionné : «Si je vous comprends bien, la mise en place de la structure Heine n’a donc pu se faire qu’avec le double accord des deux cabinets du ministre du Budget et celui de la Défense, est-ce exact ?» La réponse a été on ne peut plus claire : «Oui. J’ai une expérience en la matière, ayant travaillé six ans à la direction du Trésor. Je n’imagine pas qu’une telle décision ait pu être prise sans l’aval du cabinet du ministre.» Voilà des déclarations qui viennent perturber, pour le moins, le président Sarkozy, qui, jusqu’à présent, déclarait à qui voulait l’entendre qu’il n’avait rien à voir dans cette affaire et qu’il n’était pas du tout cité dans le dossier d’enquête.
    K. B.-A.

  • Vos dépenses en 2012

    source :le soir dz

    Algériens, votre portefeuille sera sollicité, parfois fortement, en cette année 2012. Plusieurs augmentations de prix sont attendues, qu’il s’agisse de la plupart des denrées alimentaires, des frais de transport ou de plusieurs biens d’équipement. Une inflation normale dans certains cas, estimée à 4% par la loi de finances 2012 et censée être maîtrisée. Néanmoins, une hausse des prix que l’amélioration des revenus, la revalorisation des salaires et des pensions de retraite notamment, favorisent cependant, et de facto, dans un marché encore désorganisé et mal régulé et où le pouvoir d’achat des citoyens reste encore limité. Mais bonne nouvelle, les Algériens ne paieront pas plus cher leur consommation d’eau et d’énergie et assumeront leurs charges fiscales sans changement. En effet, la loi de finances 2012 ne prévoit pas de réajustement fiscal à la hausse mais plutôt des exonérations et des réductions pour certains produits.
    Chérif Bennaceur

    IMPÔTS ET TAXES
    Pas d’augmentations annoncées
    Les différents impôts et taxes fiscales et parafiscales en vigueur resteront inchangés. Aucune augmentation n’est prévue par la loi de finances 2012 qui prévoit, a contrario, des réductions et des exonérations. Celles-ci concernent notamment le blé dur à l’importation exonéré de la taxe imposée en 2010, lorsque le prix du quintal à l’importation est inférieur au prix réglementé sur le marché local. De même, les laits infantiles médicaux spéciaux seront moins chers grâce à leur exemption de la taxe sur la valeur ajoutée et une réduction des droits de douane de 30 à 5%. A moins qu’une loi de finances complémentaire pour 2012 ne décide le contraire ! Comme les frais d’assurances, les frais médicaux et autres services ne devraient pas subir de changement.

    EAU :
    Pas de hausse prévue
    Les tarifs de l’eau ne changeront pas. Les citoyens continueront à payer leurs factures selon leurs tranches de consommation et indices actuels et à bénéficier d’une eau subventionnée. «Aucune augmentation des tarifs n’est prévue. Le gouvernement n’y songe même pas.» C’est ce que le ministre des Ressources en eau, Abdelmalek Sellal, a assuré tout récemment. Et d’autant plus que la disponibilité de la ressource s’améliore relativement même si des problèmes de distribution et d’assainissement se posent, voire la culture de l’économie de l’eau fait encore défaut chez la majorité des Algériens.

    DENRÉES ALIMENTAIRES
    L’inflation, une réalité en 2012
    L’inflation, une réalité que les Algériens subiront en 2012 comme ils l’ont subie les années précédentes, dans leurs achats quotidiens. Les prix des produits alimentaires de large consommation, tels les fruits et légumes, les viandes, les poissons et autres produits alimentaires notamment, seront plus élevés. Une hausse de l’ordre de 30% pour les produits de première nécessité, comme le prévoyait récemment un responsable de l’Union générale des commerçants et artisans algériens (UGCCA), voire davantage. Largement disponibles, qu’ils soient produits localement ou importés, ces produits connaîtront d’importantes hausses, en raison notamment de la répercussion par les commerçants de la hausse des prix des matières premières agricoles sur les marchés mondiaux ainsi que des frais de transport, la loi de l’offre et de la demande et les dysfonctionnements du marché et du système de distribution. Et ce, malgré les divers mécanismes de régulation commerciale et agricoles mis en place par les pouvoirs publics. Les autres produits de consommation non alimentaires, d’autres biens d’équipement et d’usage quotidien seront également plus chers.

    CERTAINS PRODUITS DE LARGE CONSOMMATION
    Stabilité
    Les prix de certains produits de large consommation, notamment le pain et le lait, ne devraient pas changer. Ces produits bénéficient, en effet, d’une subvention de l’Etat qui concerne la poudre de lait, les céréales ainsi que le sucre et l’huile, et entérinée par les lois de finances successives dont celle de 2012 qui l’a fixée à 200 milliards de dinars.

    VÉHICULES NEUFS
    Possible hausse des prix
    Les prix des véhicules neufs risquent d’être plus chers sur le marché national au cours des prochains mois. Raison de cette hausse, la crise économique et financière mondiale qui impacte sur le transport maritime et aérien, engendrant d’importants surcoûts que les distributeurs et concessionnaires automobiles seraient amenés à répercuter sur les prix locaux. Néanmoins, cette hausse potentielle ne devrait pas influer sur le rythme d’achat des véhicules neufs, dont le volume a dépassé en 2011 les 250 000 unités importées et qui devrait se situer également à ce niveau en 2012. D’autant que la suspension du crédit bancaire à la consommation n’a pas bridé le développement du marché automobile, comme escompté par les pouvoirs publics.

    TRANSPORTS
    Le billet plus cher
    Des augmentations des tarifs pour les différents modes de transport sont attendues cette année. S’agissant du transport aérien et maritime, les prix des opérateurs nationaux et étrangers pourraient augmenter, dans le cadre de leurs stratégies commerciales propres mais surtout en raison de la crise économique internationale et ses répercussions sur les coûts des carburants et intrants de fabrication. Cela même s’il n’y a pas d’annonces officielles en ce sens. Toutefois, c’est le transport par voie terrestre qui risque d’être plus cher. Certains opérateurs privés envisagent, en effet, des hausses de 5 à 10 dinars la place dans les taxis collectifs ou les bus urbains et suburbains, dans le but d’ajuster leurs tarifs par rapport à ceux du public, et ce, même si cette hausse n’est pas encore agréée par l’ensemble des transporteurs et non avalisée par les pouvoirs publics.

    ÉLECTRICITÉ ET GAZ
    Mêmes tarifs
    Les tarifs de l’électricité et du gaz resteront inchangés encore en 2012. Les pouvoirs publics ne comptent pas revoir les tarifs à la hausse par souci d’harmonie sociale et même si le maintien de la tarification actuelle, inchangée depuis 2006, freine le développement des sociétés de distribution de l’électricité et du gaz. Certes, l’énergie est censée officiellement être accessible à près de 100% de la population algérienne en termes d’électrification rurale et urbaine et de distribution publique et en bouteille. Néanmoins, les dysfonctionnements et les insuffisances des réseaux de transport et de distribution ainsi que les programmes d’entretien et de maintenance des infrastructures contraignent l’accès à l’énergie électrique, soumise à des délestages pourtant récusés par l’opérateur public.

    CARBURANTS
    Pas d’augmentations
    Les prix des différents carburants ne connaîtront pas d’augmentation en 2012. En raison du maintien des marges et autres taxes déterminant leur fixation, les prix de l’essence et du gasoil resteront inchangés jusqu’à nouvel ordre. Les Algériens, dont le parc automobile ne cesse de croître, continueront à consommer fortement du diesel, à raison de 13,75 dinars le litre mais aussi de l’essence super et sans plomb à environ 23 dinars, sans grever leur budget. Cela même si la disponibilité de ces deux carburants très prisés reste parfois aléatoire, le nombre des stations-service notamment le long de l’autoroute Est-Ouest et autres nouvelles voies rapides reste encore insuffisant et que la carburation au GPL et autres combustibles moins polluants demeure encore très limitée.

    IMMOBILIER, LOISIRS, VOYAGES
    Spéculations plus fortes
    Les prix de l’immobilier devraient également et normalement augmenter. Ce marché reste soumis encore à la forte spéculation, en dépit des diverses mesures décidées par les pouvoirs publics en matière de régulation et facilitation de l’accès au logement. Mais aussi malgré la crise économique mondiale et ses effets dont la baisse des prix de l’immobilier en Espagne, notamment. Les augmentations seront normales concernant les voyages et les loisirs.

  • no moment

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  • Adrar : Ould Abbès fait appel aux médecins spécialistes étrangers pour le Sud

     

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    zoom | © D. R.
     

    «54 médecins spécialistes Cubains et Chinois viendront bientôt renforcer le potentiel médical du Sud. Ma mission est de préserver la santé de la population et de lui assurer une couverture médicale correcte et convenable !» répondit, lors d’un point de presse, M. Djamel Ould Abbès, ministre de la Santé, à une question relative à la carence des spécialistes de la santé dans la wilaya d’Adrar.

    En effet, à l’occasion de son bref passage cette semaine à Adrar, il a pu constater l’énorme déficit en services spécialisés notamment la cardiologie, la gynécologie, l’orthopédie, la neurologie, la neurochirurgie, la néphrologie. A titre d’exemple, L’EPSP d’Adrar ne dispose que de 3 médecins spécialistes pour une population de 142900 habitants. Selon certains praticiens, cette déplorable situation est liée aux mesures incitatives pécuniaires qui, permettant une sédentarisation de ce corps particulier, n’ont pas encore atteint le seuil espéré. Ce qui n’est pas de l’avis du ministre qui lui, par contre, estime que les pouvoirs publics ont doublé leurs salaires avec effet rétroactif à partir de janvier 2008. Et, en ce qui concerne les vaccins, il dira : «Il n’y a pas de pénurie de vaccins, ni celle des réactifs d’analyses biologiques à Adrar mais néanmoins il existe une défaillance dans la distribution et dans la communication entre les PMI et la population».

    Il ajoutera : «L’Etat qui paye une facture de médicaments de 26 millions de dollars  pour la santé du citoyen, ne fait pas de l’économie sur un vaccin». Cependant, lors de cette visite, M. Ould Abbès a inspecté le chantier de réalisation d’un pôle pilote de la santé. Un complexe hospitalier dont l’architecture est en parfaite harmonie avec le paysage saharien. Celui-ci regroupe, sur une même assiette foncière d’une trentaine d’hectares, un hôpital de 240 lits  avec une surface bâtie de 55.000  m², une gériatrie de 120 lits de 1800 m² bâtis, un hôpital psychiatrique  de 120 lits également de 12000 m² couverts ainsi qu’un centre anticancéreux  de 20.000 m².

    L’ensemble pour une autorisation de programme de 849 milliards de centimes avec un délai prévisionnel de réalisation de 30 mois et dont les travaux sont déjà à 65 %. Par ailleurs, il fera savoir qu’en 2000 le Sud ne disposait que de 2 centres anticancéreux et que ce nombre sera de 13 pour l’horizon 2012. Toutefois, pour le bon fonctionnement de cet arsenal médical, le ministre a mis l’accent sur la formation du personnel tant médical que paramédical. Dans ce contexte, une convention destinée à la formation a été ratifié, le jour même, par le représentant du ministre et 5 professeurs en médecine venus d’Alger, des chefs de services, de la radiothérapie, de l’encologie médicale, l’imagerie médicale, la chirurgie viscérale et carcinologie  et enfin de la médecine nucléaire.

    Ce protocole d’accord stipule que le MSPRH prend en charge financièrement ce volet. En final, il annonça une bonne nouvelle aux habitants des wilayas du grand sud à savoir Tindouf, Adrar, Tamanrasset et Illizi concernant la mise à leur disposition de moyens de transports aériens médicalisés pour les urgences. Une convention de 93 milliards de centimes pour 3 avions petits porteurs et 5 hélicoptères de la compagnie «Tassili Agricole».                                                       

    A. A.
  • 2012 : UNE DURE ANNÉE S’ANNONCE PERSPECTIVES POLITIQUES


    Une année chargée

    Placée sous le signe des «réformes», l’année qui s’est achevée est le prélude à une année politique qui s’annonce chargée. Les législatives prévues en mai, l’avenir de l’Alliance présidentielle, l’arrivée sur l’échiquier politique de nouveaux partis et la place qu’occupera le courant islamiste meubleront 2012.
    Nawal Imès - Alger (Le Soir) - En adoptant le dernier texte proposé dans le cadre des «réformes», le Parlement donnait le la à une année qui sera inévitablement politique. Les élections législatives prévues au printemps prochain cristallisent l’attention de l’ensemble de la classe politique. En Conseil des ministres, le président de la République promettait des élections transparentes à une classe politique des plus sceptiques. Le spectre de la fraude qui a régulièrement entaché les consultations politiques continue de hanter les partis en dépit des garanties données par le chef de l’Etat. Les législatives auront valeur de test. Elles seront l’occasion de vérifier qu’il ne s’agit pas seulement de déclarations d’intention. Ces consultations seront surtout l’occasion de changer de personnel politique. Jamais la composante d’une APN n’aura été aussi décriée que l’aura été celle qui s’est achevée. Mal élus pour les uns, aux mains des lobbies pour les autres, elle aura pourtant été celle par qui les réformes auront abouti au terme d’alliances les plus improbables. La législature qui s’annonce aura la lourde tâche de faire oublier les ratés de celle qui l’aura précédée. Elle sera pour certains de fait constituante car elle aura probablement à débattre de la révision constitutionnelle annoncée. Sera-t-elle composée de plus d’éléments féminins ? La loi sur la représentativité féminine obligeant les partis à présenter sur leurs listes des femmes, elles seront probablement présentes en nombre plus important, pourvu que la quantité ne soit pas au détriment de la qualité. La nouvelle APN aura-t-elle la même configuration que l’actuelle ? Probablement pas. Le nombre de sièges à l'Assemblée populaire nationale actuellement de 389, devra augmenter pour être en adéquation avec le nombre d'électeurs. Le ministre de l’Intérieur annonçait que ce nombre devra augmenter dans une proportion entre 50 et 60 sièges, suivant le paramètre d'un siège pour 80 000 habitants. Mais ce n’est pas qu’en terme numérique que le changement risque d’intervenir. L’agrément de nouveaux partis risque-t-il d’avoir des conséquences sur la composante de la future APN ? Des partis politiques nouvellement créés auront-ils l’assise nécessaire et le temps pour avoir une base électorale capable de les mener à l’APN ? Pour le moment, la scène politique est en attente des nouveaux arrivés. Des partis que l’on dit «petits» s’apprêtent à vivre l’aventure électorale et semblent croire en leurs chances. Ils sont nombreux à attendre le feu vert de l’administration pour entrer en scène. Initialement, une quarantaine de dossiers étaient en attente avant que la liste ne soit raccourcie. Ils ne seraient plus que quinze partis à attendre leur agrément puisque les dossiers des autres ont été jugés peu «sérieux». Se réclamant d’obédience islamiste, nationaliste ou démocrate, ils croiseront le fer avec les autres partis politiques dans une tentative de changer la donne et de reconfigurer le paysage politique. Ce dernier vient de connaître un rebondissement. Après des mois de suspense, le MSP annonce son retrait de l’Alliance présidentielle. Quel avenir pour cette dernière ? Volera-telle en éclats ? Résistera-t-elle à la défection d’un de ses membres ? Le MSP sera-t-il vite substitué par un autre parti ? Autant de questions auxquelles s’ajoute celle de la place qu’occupera le courant islamiste. Forts du succès des islamistes en Tunisie et en Égypte, les partis algériens se réclamant de cette mouvance sont galvanisés. Ils disent croire en leurs chances et ne désespèrent pas de rééditer le même scénario que dans les pays qui ont vu arriver les islamistes en tête. Le courant se réorganise mais se cherche un leader. Le courant reste divisé. De son côté, le FLN amorce l’année avec une crise qui perdure. Les redresseurs continuent de réclamer la «récupération» du parti et comptent participer aux prochaines élections sous la bannière «redresseurs ». Les législatives ne représentent pas l’unique enjeu. Les élections locales seront également une occasion pour les partis de s’affronter pour la gestion des communes. Une élection qui intervient après l’entrée en vigueur d’un code communal très controversé. Ces élections qui interviendront en automne clôtureront certainement une année qui aura été des plus chargées.
    N. I.

    ÉCONOMIE
    Le temps des incertitudes

    L’année 2012, aux premières vingt-quatre heures déjà écoulées, sera-t-elle différente de celle qui l’a précédée ? Répondra-t-elle à tous les vœux ? A quelles perspectives socioéconomiques doivent s’attendre les Algériens ?

    Chérif Bennaceur - Alger (Le Soir) - Des vœux, les Algériens de toutes les couches sociales, surtout celles moyennes et démunies, n’en manquent pas. Des vœux, des souhaits surtout pour que leurs conditions de vie s’améliorent, sur tous les plans. Une évidence que la réalité risque, pourtant, de démentir. Certes, des millions de travailleurs, de retraités verront leurs revenus augmenter, du fait notamment de la revalorisation du Salaire national minimum garanti (SNMG) et la hausse des pensions, déjà effective. Même si l’abrogation de l’article 87-bis relève encore de l’incertain, l’arsenal réglementaire régissant les droits et relations du travail n’étant pas encore maturé et que la protesta, la grogne sociale marqueront encore tous les secteurs d’activité. Pourtant, une hausse des salaires et des pensions, une forte dépense sociale, à but d’apaisement, que l’aisance financière assurée grâce aux prix du pétrole permet. Mais le permettra-t-elle encore en ces temps d’incertitudes économiques à l’échelle mondiale, de risque de récession en Europe et ailleurs, de baisse probable de la demande énergétique et, donc, des prix de l’or noir ? Mais un risque auquel les pouvoirs publics affirment pouvoir parer, sur le moyen terme, grâce à l’importante épargne disponible. En attendant, le commun des citoyens, au pouvoir d’achat assez limité, peut être rassuré, aucune augmentation n’est annoncée pour les tarifs de l’eau, de l’électricité et du gaz et des carburants pour 2012. De même qu’aucune augmentation de taxes ou charges n’est envisagée. Et cela même si nombre de produits alimentaires de base continueront à être soutenus par l’Etat, les ménages subiront la hausse des prix lors de leurs achats quotidiens de fruits, légumes et viandes. Voire, ils paieront encore plus cher le tabac de qualité, d’importation. Ou bien les véhicules neufs dont la demande ne cesse de croître, malgré la suspension du financement bancaire et l’ambition gouvernementale de promouvoir une industrie automobile nationale, intégrée. A ce propos, le projet d’une usine automobile Renault sera-t-il lancé cette année, comme l’envisage le gouvernement ? Voire, le crédit automobile sera-t-il relancé, comme supputé ici et là ? L’incertitude demeure. En attendant, les Algériens, du moins ceux qui résident ou transitent par la capitale, verront les extensions des lignes du métropolitain ou du tramway d’Alger opérationnelles peut-être dès le second semestre. Comme ceux d’Oran et de Constantine circuleraient-ils à bord des rames des tramways qu’on leur promet pour cette année ? Possible. Comme il sera possible de circuler totalement sur les 1 720 km de l’autoroute Est-Ouest dont les derniers tronçons à l’est devraient être enfin livrés et d’y circuler tout en s’approvisionnant en carburants dans les stations-service promises en priorité par l’entreprise Naftal. Sur un autre plan, les Algériens communiqueront mieux, grâce au lancement de la téléphonie mobile de troisième génération, annoncée en cours d’année. Comme les clients de l’opérateur Djezzy connaîtront l’identité du futur propriétaire du leader du marché mobile et à quelles conditions financières, si rien ne perturbe le processus de cession enclenché depuis plus de deux ans. Par ailleurs, les usagers des services publics paieront leurs redevances on-line, par cartes bancaires, même si l’usage du cash perdurera encore. Comme l’incertitude demeurera concernant l’adhésion de l’Algérie à l’Organisation mondiale du commerce (OMC), une accession attendue depuis presque trois décades mais qui ressemble à l’Arlésienne. Une expression qui sied également aux réformes structurelles, bancaires et autres, tant attendues mais jamais concrétisées, malgré le volontarisme des pouvoirs publics. Or, c’est là où l’enjeu réside, celui d’impulser une véritable réforme économique, au-delà de la révision annoncée de la loi sur les hydrocarbures, censée stimuler de nouveau l’intérêt international pour le domaine minier national.
    C. B.

     

    REVALORISATION DES PENSIONS DE RETRAITE ET DU SNMG
    Janvier 2012, le mois des augmentations salariales

    A compter du mois de janvier 2012, le montant minimum de la pension de retraite passera à 15 000 DA et des revalorisations de pensions et allocations de retraite seront appliquées selon un taux dégressif variant entre 30 et 15%. Durant la même année, le salaire national minimum garanti (SNMG) passera également de 15 000 à 18 000 DA.

    Abder Bettache - Alger (Le Soir) - La décision de la première revalorisation avait été arrêtée lors du dernier Conseil des ministres, alors que la seconde a été prise lors de la dernière tripartite. Pour les deux décisions, ils seront près de quatre millions d’Algériens à en bénéficier, dont 2 400 000 retraités salariés et non salariés. Les augmentations seront financées sur le budget de l’Etat avec un impact annuel de plus de 100 milliards de dinars dont 63 milliards pour le compte des retraités. Pour les pensions de retraite, les augmentations, applicables à compter du 1er janvier 2012, sont établies selon un taux dégressif variant entre 30 et 15%, en fonction du montant de la pension et de l’allocation de retraite. A ce titre, l’augmentation des pensions et allocations de retraite, égales ou inférieures à 15 000 DA, est de 30%, 28% pour celles se situant entre 15 et 20 000 DA, 26% pour la tranche allant de 20 à 25 000 DA, 24% pour les 25 à 30 000 DA, 22% pour les 30 à 35 000 DA, 20% pour les 35 à 40 000 DA et 15% pour les plus de 40 000 DA. Selon la FNTR, le nombre de bénéficiaires de ces mesures est estimé à près de 2 400 000 (régimes des salariés et non-salariés), alors que l’impact annuel est de 63 milliards de dinars qui sera à la charge du budget de l’Etat. Au total, ils sont 2 386 408 retraités concernés par ces augmentations dont 215 882 relevant du régime des non-salariés. Pour rappel, ces mesures constituent la troisième intervention du budget de l’Etat au profit des retraités sur décision du président Abdelaziz Bouteflika, après celles de 2006 et 2009 qui ont notamment permis de relever successivement les plus faibles pensions de retraite à un minimum de 10 000 DA puis de 11 000 DA, et d’instituer un Fonds national de réserve des retraites financé par 3% de la fiscalité pétrolière.
    A. B.

    SONATRACH, AUTOROUTE EST-OUEST, OULTACHE, EL PARA, TRAFIC DE DROGUE...
    Les «grandes» affaires jugées cette année

    L’année en cours sera une année charnière pour le secteur de la justice. Toutes les affaires étalées au grand jour et instruites durant ces trois dernières années seront jugées en 2012. Les dossiers relatifs aux scandales de l’autoroute Est-Ouest, de Sonatrach, du trafic de drogue au niveau de l’aéroport international d’Alger ou encore l’assassinat de l’ex-patron de la DGSN Ali Tounsi constitueront l’attraction judiciaire pour l’année 2012.

    Annoncés en grande pompe pour la fin de l’année 2011, les procès d’un grand nombre d’affaires, qui ont jusque-là occupé le devant de la scène médiatique, seront finalement traités par la justice en 2012. Les délais de procédures engagées tant de la part de la défense que de l’accusation sont à l’origine de ce «glissement» sur l’année en cours. Bref, l’opinion publique sera donc au rendez-vous avec une multitude de procès, dont les plus attendus sont ceux des affaires de Sonatrach, de l’autoroute Est-Ouest, de l’assassinat de Ali Tounsi, du trafic de drogue au niveau de l’aéroport international d’Alger, de l’ex-émir du GSPC de la région du Sud, Abderezzak El Para, et d’autres renvoyées devant les assises. L’année 2012 sera également marquée par la tenue de plusieurs autres procès relevant de la correctionnelle, des procès qui seront tenus soit en appel soit en première instance. Il s’agit, notamment, de l’affaire opposant la Direction générale de la Sûreté nationale (DGSN) à l’entreprise privée spécialisée dans la vente de matériel informatique ABM dans laquelle est également poursuivi l’assassin présumé de Ali Tounsi, des affaires de trafic de devises, de trafic de la pièce détachée automobile, dont le réseau a été démantelé en 2011 au niveau de l’aéroport international d’Alger. Cela dit, l’année judiciaire en cours verra le rejugement pour la énième fois de la plus ancienne affaire pendante devant la cour d’Alger. Il s’agit du procès de l’ex- Enapal, dont le mis en cause, l’ex-P-dg, en détention préventive pendant six années (1991-1997), sera jugé pour la cinquième fois par le tribunal criminel près la cour d’Alger. L’année judiciaire 2012, notamment au niveau de la capitale, sera inédite tant par rapport à l’importance des affaires enrôlées en criminelle et en correctionnelle, qu’en nombre des mis en cause. Pour rappel, lors de sa dernière sortie médiatique, le procureur général près la cour d’Alger avait indiqué que le nombre d’affaires liées à la petite et moyenne criminalité a nettement augmenté, ce qui suppose que le nombre de personnes poursuivies durant l’année 2011 l’a été également et le sera probablement en 2012.
    Abder B.