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  • Bouteflika et son incapacité à gouverner : Les dangers d’un quatrième mandat

     

    Périlleuse impasse. Au terme de quinze ans de règne de Abdelaziz Bouteflika, l’Algérie a atteint des niveaux de régression inquiétants. Un règne qui a fini par achever le plus irréductible des espoirs.

     

    Le pays avance à pas sûrs vers l’effondrement généralisé. Des personnalités nationales, pourtant connues pour leur pondération, n’hésitent plus à qualifier la situation dans laquelle se trouve le pays de «négation de la République» et d’«Etat hors normes». Mouloud Hamrouche, avec un grand sens de la responsabilité, met en garde contre les conséquences désastreuses d’une crise qui mine le sérail. Les divergences au sein du régime algérien, violemment exacerbées et débordant les travées du pouvoir, sont les signes d’une impotence qui frappe le système politique.

    Alors que les acteurs politiques les plus sérieux font un constat de blocage historique, ces derniers assurent sereinement que les éléments d’une crise structurelle sont internes. Ils sont inhérents à la nature même du système.
    Abdelaziz Bouteflika, lui, persiste dans le déni. Une fuite en avant. Dans son message présidentiel, Bouteflika impute les facteurs de la crise à une sordide conspiration venue d’ailleurs et qui viserait la déstabilisation de l’Etat et de ses institutions.
    Au lieu d’y faire face et d’apporter des réponses justes à une situation de crise annonçant le pire, le Président agite le classique chiffon rouge de «la menace extérieure». Le recours permanent au chantage de l’instabilité et de la peur est la démonstration éclatante de l’incapacité du régime à affronter cette situation.


    Une société muselée


    Bouteflika somme les Algériens de se taire, de ne pas débattre des enjeux que soulève une élection présidentielle déterminante pour l’avenir et surtout de ne pas demander des comptes.
    Fidèle à la logique bonapartiste, le Président sortant cherche une fois de plus à  procéder au musellement de la société. En interdisant aux Algériens de faire de la politique, de forger, dans la liberté, une conscience capable de relever les défis qui se posent à l’Algérie, le régime de Bouteflika a condamné le pays au délitement.

    Aux réformes démocratiques, Abdelaziz Bouteflika a fait le choix malheureux de l’autoritarisme.
    Après trois mandats successifs à la tête de l’Etat, peut-il se placer au-dessus de la mêlée ? Sa responsabilité politique est totale dans les maux qui paralysent le pays. C’est lui qui a présidé à la caporalisation des partis politiques et de la société civile.
    Le peu de crédit qui restait aux institutions de l’Etat a été laminé sous son règne. Une justice subordonnée, une administration instrumentalisée et des institutions «élues» domestiquées sont le marqueur de ses trois quinquennats.
    Au plan économique, les passe-droits, l’informel et la prévarication le disputent dangereusement à la bonne gouvernance. Une corruption à l’échelle industrielle s’est installée au cœur du pouvoir. Une caste d’affairistes a prospéré à l’ombre des années Bouteflika, faisant impunément main basse sur des secteurs névralgiques aux budgets colossaux, tels que les travaux publics et l’énergie.
    «L’Algérie, depuis l’indépendance, n’a jamais connu de conditions aussi favorables pour son développement qu’au cours des quinze dernières années, sa régression politique, économique, culturelle et éthique n’aura malheureusement jamais été aussi grande qu’au cours de cette même période. Cette déchéance est l’œuvre de la coterie au pouvoir qui pousse maintenant l’arrogance jusqu’à vouloir imposer un quatrième mandat dans un climat délétère», constatent Ahmed Taleb Ibrahimi, Ali Yahia Abdennour et Rachid Benyelles dans un manifeste s’opposant à un quatrième mandat.


    Un pays pris en otage


    Au plan diplomatique, l’échec a été retentissant. Pays pourtant stratégique dans la région, l’Algérie n’a pas pu peser dans les convulsions qui agitent le voisinage immédiat ; synonyme des limites de la «diplomatie» bouteflikienne.
    Le désastreux bilan politique d’un règne antidémocratique appelle des révisions déchirantes. Reconduire le statu quo à l’occasion de l’élection présidentielle du 17 avril, c’est faire le pas de trop vers le pire. Abdelaziz Bouteflika, 77 ans – très affaibli par la maladie – en refusant de dévoiler ses intentions à quelques jours seulement de la date butoir de la clôture du dépôt de candidatures prend en otage tout un pays. La ruse est dangereuse.
    Avril 2014 devrait être ce moment historique pour négocier le virage de la sortie du cycle autoritaire qui a coûté cher aux Algériens.
    Les alternatives existent. Elles s’expriment à travers des propositions diverses d’un processus de changement graduel et ordonné vers un Etat de liberté et de démocratie. Le quatrième mandat sera sans nul doute un facteur aggravant de la crise. Un glissement vers la dislocation.
     

     

    Hacen Ouali
  • Monsieur 100%

     

     

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    A 7 heures, il est déjà dehors à donner son premier coup de téléphone pour dire qu'il arrive. Un coup d'œil à son portable, chargé à 100%, et il s'enfonce dans l'infernale circulation. A 8 heures, il est au bureau pour amorcer sa première réunion, à l'ordre du jour, la dynamique liée aux moyens disponibles. Il reçoit l'appel d'un collaborateur inquiet d'une déperdition d'énergie au niveau central, qu'il gère en quelques minutes. La batterie de son téléphone affiche 95%, il se sent en forme et enchaîne sur la rédaction d'un dossier concernant les problèmes d'approvisionnement. Après trois appels de son supérieur, il dirige une conférence audio avec ses deux assistants. Coup d'œil sur son téléphone : la charge est à 75%. Il est déjà midi, le temps d'appeler son ami et le déjeuner est vite avalé. La digestion lui donne un petit coup de barre, son téléphone aussi n'affiche plus que trois barres, soit environ 60%.

    Légère baisse de forme, il retourne au bureau et s'installe. Café, puis un appel de son cousin coincé pour un papier administratif l'oblige à donner quatre coups de téléphone. Résultat : plus que 45% sur sa batterie. Un autre café, quelques SMS de confirmation, une note rédigée et sa batterie est à 30%. Sa maîtresse l'appelle, ils parlent 30 minutes, elle lui coûte 10% de charge. Puis plus qu'une barre, soit environ 20%, une nouvelle réunion s'improvise, il est déjà 16 heures. Sa femme l'appelle, il la rassure, oui il l'aime, mais n'a plus que 10%. 17 heures, il sort du bureau en trombe et reprend sa voiture, sa batterie est à 5%. Il démarre et, à quelques centaines de mètres de chez lui, un appel, il ne répond pas, plus que 3%. Il stresse, il arrive devant chez lui, se gare. 2%. Il ferme sa voiture à distance et monte.1%. Il ouvre la porte, pose ses affaires, sa batterie est à zéro. Il branche son portable sur son chargeur
    et va dormir. L'Algérie est un pays épuisant.

     

    Chawki Amari
  • Le caricaturiste Djamel Ghanem victime d’une agression

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    Le caricaturiste Djamel Ghanem, qui encourt une peine de 18 mois de prison ferme et une amende de 30 000 dinars pour un dessin jugé attentatoire au président de la république mais qui n’a jamais été publié, a été victime d’une agression de la part de quatre individus, cet après midi à Oran, ville où il réside. Il souffrirait d’une fracture de la jambe et de plusieurs contusions. C’est ce que nous avons appris auprès de l’intéressé lui-même et de son avocat Me Abderrezak Fodil.

     

     

    Selon les témoignages que nous avons recueillis, un individu s’est présenté au café où travaille actuellement Djamel Ghanem et a demandé à lui parler dehors pour une affaire le concernant. Une fois dehors, trois personnes portant des capuchons sur la tête l’ont agressé par derrière et l’ont roué de coups avant de prendre la fuite. « Ce sont des jeunes que je n’ai jamais vu, de vrais malabars », nous a confié Djamel au téléphone.

    En se présentant au commissariat de son quartier pour déposer plainte, Djamel Ghanem a eu la mauvaise surprise de voir son téléphone confisquer par les policiers et son dépôt de plainte rejeté. « Reviens dimanche », lui a-t-on dit. Les policiers ont même refusé qu’il rentre en contact avec ses avocats. « Tu n’es pas en Amérique ! », lui a-t-on rétorqué.

    L’affaire de Djamel Ghanem, qui a commencé à prendre de l’ampleur sur le plan national, suscite également des réactions sur le plan international. La dernière en date est celle de l’organisation Reporters Sans Frontières (RSF) qui a dénoncé, dans un communique rendu public ce mercredi, « l’acharnement du parquet » contre la caricaturiste et demandé « « l’abandon des charges d’outrage au président de la République qui pèsent à son encontre.


     

     

    Djamel Alilat
  • Les trois grandes leçons ignorées par nos décideurs

     

     

     

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    Quels sont les «secrets» les plus importants de la réussite asiatique et des échecs de la plupart des pays sud-américains et africains ? Pourtant, en analysant en profondeur leurs expériences, nous constatons que — grosso modo — les grand choix macroéconomiques étaient les mêmes. Durant les années cinquante et soixante, les options prises n’étaient pas éloignées les unes des autres, il s’agissait de concevoir et d’exécuter une politique de substitution aux importations. La plupart des pays asiatiques réussissaient, le reste dans l’ensemble ratait complètement ses objectifs.

    Durant les années soixante-dix, les deux groupes de pays changeaient de stratégie.  Il s’agissait de choisir quelques secteurs qui devaient promouvoir les exportations. On obtint les mêmes résultats. Les deux groupes n’étaient nullement homogènes. Les atouts, les opportunités, les menaces et les environnements internes et externes de chaque nation différaient parfois drastiquement. On peut toujours trouver dans cette grande diversité une foule de détails dans tous les domaines qui composent ces ensembles disparates. L’histoire, la sociologie politique, la culture, les dotations en ressources, l’organisation économique et sociale, parfois éloignaient et parfois rapprochaient les deux groupes. Mais à l’intérieur d’une même région, des différences parfois substantielles existent d’une manière significative.                         

    Quelles leçons retenir de l’histoire ?

    Schumpeter disait toujours qu’il est beaucoup plus important de se poser les bonnes questions que de chercher les réponses les plus justes. Lorsque les interrogations sont adéquates, les explications erronées seront vite corrigées. Par exemple, si quelqu’un posait la question
    suivante : pourquoi l’Algérie a une faible croissance ; et malgré les énormes ressources injectées l’écart entre nous et les pays émergents se creuse davantage chaque année ?  La question est bonne. La réponse nécessite beaucoup de développements. Si quelqu’un propose d’expliquer cela par la nécessité de disposer de plus de temps, les analyses comparatives peuvent facilement contrecarrer ce point de vue.

    La Corée du Sud qui était moins développée que nous en 1964 a rattrapé en cinquante ans plus d’un siècle et demi de retard et son économie (PIB) est plus de six fois supérieure à la nôtre. L’aide américaine représentait moins de 50 fois nos recettes pétrolières. Il y a donc autre chose que le temps qui expliquerait ces différences de résultats. Les économistes ont coutume de réfléchir en termes des 20/80, c’est-à-dire les quelques variables qui expliquent l’essentiel du phénomène. On peut rarement tout clarifier. Parmi les explications les plus utiles avancées, la suivante fait partie des plus acceptées : les pays asiatiques avaient introduit de bien meilleures pratiques managériales efficaces au sein de leurs institutions publiques et leurs entreprises économiques. Et c’est là où nous avons besoin des trois leçons de l’histoire. La première nous provient du Japon.

    Pays dévasté durant la deuxième guerre mondiale, les politiciens de l’après-guerre se sont dotés d’une grande ambition : figurer parmi les trois premières économies mondiales à la fin du siècle. Une commission d’experts pluridisciplinaires fut constituée afin de dialoguer avec les forces vives de la nation, mais surtout analyser les expériences mondiales afin d’ériger le modèle qu’il fallait. L’Europe et surtout les USA étaient la cible de ces analystes. Leur conclusion fut édifiante : les USA tirent leur  suprématie mondiale non de leurs dotations en ressources, mais surtout de la qualité de leur management. Il fallait donc l’analyser et en transposer tout ce qui n’était pas en contradiction avec les valeurs locales. Cette leçon fut retenue par beaucoup de pays asiatiques. La mise en place des pratiques de bonne gouvernance avait toujours précédé les plans conduisant à l’émergence. La seconde leçon nous provient de l’Europe.

    A la fin des années soixante, l’Europe voulait mettre en place des institutions et des arrangements afin de contrecarrer la suprématie américaine. Elle voulait au moins un contrepoids à l’hyper puissance américaine. Une commission présidée par le Français Jean Jacques Servant Schreiber fut dépêchée pour diagnostiquer le pays rival. C’était le moment où l’on évoquait le management gap (l’écart managérial). Un livre best-seller fut écrit par Schreiber : Le défi américain. Il expliquait que l’écart entre l’Europe et les USA existera tant que le fossé managérial sera présent. Beaucoup de pays (Portugal, Espagne) mettaient autant de ressources pour accroître le stock de capital que pour améliorer la gouvernance. Les résultats furent dans l’ensemble acceptables, avant que la sphère financière incontrôlable et déconnectée de l’économie réelle ne dégonfle ces succès.

    Les institutions administratives ont besoin de plus de management

    La troisième leçon nous provient aussi bien des schémas théoriques que des expériences. Les institutions administratives ont besoin de plus de management que les entreprises économiques. Ces dernières ont pourtant bénéficié de la part du lion en termes de recherches et de développement d’outils. Un hôpital, une université, une association de bénévoles et surtout les institutions publiques (ministères, wilayas, écoles) sont beaucoup plus interpellés que les PME/PMI. La bonne gouvernance n’est qu’une petite parcelle des pratiques managériales.

    D’où la confusion de certains auteurs qui expliquent que le management est une science qui est conçue aux fins de gonfler les profits des capitalistes. Ce serait l’équivalent de dire que l’aéronautique a été conçue pour mettre à genoux les peuples qui se rebellent contre l’Occident par les frappes aériennes. L’usage de l’aéronautique ou du management est une question de choix politique. Drucker considère que l’armée américaine est l’institution qui en a fait le plus usage du management ; plus que toute autre entreprise économique. On peut l’utiliser pour gérer efficacement un orphelinat et rendre plus heureux des enfants ou parfaire l’organisation d’une armée pour soumettre des peuples ou encore augmenter les profits d’une multinationale.

    Cette troisième leçon : utiliser plus de management au sein des institutions à but non lucratif a causé beaucoup de tort à de nombreux pays. En croyant que la seule vertu de la compétition améliorera l’efficacité des entreprises, même si les institutions publiques sont sous-gérées, beaucoup de pays se sont fait hara-kiri. L’expérience algérienne nous apprend que l’on a négligé les trois leçons et surtout la dernière qui est la plus importante. Ceci explique pourquoi nous nous positionnons régulièrement parmi les derniers pays dans la plupart des classements internationaux. Si aujourd’hui on expliquait à un responsable qu’un ministère a beaucoup plus besoin de management que SNVI, il acquiescerait poliment mais serait très dubitatif.

     

    Abdelhak Lamiri : Ph en gestion et économie
  • Le capitaine Hanoune

     

     
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    La situation aura eu quand même un grand avantage, ce grand déballage. Tout le monde parle, même si chacun ne dit rien de précis. Tous s'expriment, même si personne ne parle en réalité aux Algériens, exclus du module, les personnalités s'adressant aux institutions, pouvoirs, clans, forces et appareils par des messages cryptés qui font office de positions. C'est dans cette atmosphère de marins d'eau douce qui parlent de mer sans se mouiller qu'un matin où il faisait beau, le capitaine Hanoune a pris sa voiture et est partie voir le général Gaïd Salah. On ne sait pas vraiment ce qu'elle lui a dit, mais officiellement, elle est partie lui expliquer que l'Algérie va mal et qu'il faut faire très attention à la main étrangère, au cholestérol et aux carrefours. On ne sait pas vraiment ce que le général a répondu au capitaine, mais officiellement, il a pris en compte ses doléances sur les questions de fond, cantine, transport et primes de rendement.

    En réalité, ni le capitaine ni le général n'auront apporté d'éclaircissement sur la bouillonnante actualité politique, à cause probablement du devoir de réserve des officiers. Mais le capitaine Hanoune, une armée à elle seule, présidente du même parti depuis une génération, aura résumé par son attitude toute la situation. Elle n'est d'accord sur rien mais soutient tout, ne dit rien mais interpelle tout le monde, s'en prend aux importateurs mais défend la politique de Bouteflika qui encourage l'importation totale. Tout en parlant d'alternance et de jeunesse, elle ne voit aucun problème à ce que l'actuel Président se représente. Enfin, elle a milité toute sa vie pour un pouvoir civil mais a fini chez un général. Sauf que le capitaine Hanoune aura réussi à représenter tous les Algérien(ne) s dans leur confusion et leurs contradictions. Tous des capitaines Hanoune et l'Algérie est donc bien une république militaire à caractère schizophrénique.

    Chawki Amari
  • c'est une mise en scène :la politique ds armée des fakakirs

    INTERVENTION DE L’ARMÉE EN POLITIQUE
    La faiblesse de la classe politique mise en cause

     

    La classe politique est «faible» en Algérie. Une faiblesse qui, selon des politologues, laisse libre voie à l’institution militaire pour intervenir.
    Rym Nasri - Alger (Le Soir)
    L’institution militaire va-t-elle intervenir dans les prochaines élections présidentielles ? Le Dr Ahmed Adimi, enseignant en sciences politiques et colonel à la retraite est affirmatif et n’exclut pas l’intervention de l’Armée.
    «Si le président sortant se porte candidat, il sera automatiquement élu car l’administration va œuvrer pour son élection. Dans le cas où il ne se présente pas, le candidat du cercle présidentiel ne passera pas aussi facilement», a-t-il indiqué hier, lors d’une conférence débat sur les élections présidentielles, organisée par le Front du changement à Alger.
    Affirmant que l’institution militaire n’a aucun rôle sur la scène politique depuis 2004, il assure que le problème ne réside pas en l’intervention de l’Armée dans la vie politique mais plutôt en la «faiblesse» de la classe politique. S’agissant de la Constitution, le Dr Ahmed Adimi dira que celle adoptée du temps du président Zeroual, limitant le nombre mandats, était le «meilleur» modèle.
    Qualifiant la classe politique de «faible», le politologue Ahmed Choutri affirme pour sa part, que le système en Algérie «hésite et ne veut pas d’une vraie démocratie et d’une vraie opposition». Selon lui, tous les partis politiques se sont disloqués y compris le FLN.
    «Qui les a disloqués ? Est-ce l’Armée ou les politiques ?» s’interroge-t-il. Une question qui est restée sans réponse… Intervenant lors de cette rencontre, le président du Front du changement, Abdelmadjid Menasra, a évoqué la rencontre d’un «camarade» avec le chef d’Etat-major, faisant allusion à la secrétaire générale du Parti des travailleurs. Une action qui démontre, selon lui, toute la «faiblesse» politique en Algérie. Quant aux «garanties» données à ce parti politique sur le fait que l’Armée n’interviendra pas lors du prochain rendez-vous présidentiel, Menasra doute de leur crédibilité.
    «L’Armée n’interviendra pas dans les prochaines élections, cela signifie qu’elle ne sera pas contre un 4e mandat mais dans le cas où le président sortant ne se porte pas candidat, c’est l’Armée qui s’occupera du choix du candidat», exlique-t-il.
    A une question relative au démantèlement des services de renseignements, le Dr Adimi précise qu’il s’agit d’une restructuration du service. «Il n’y a point de démantèlement mais plutôt d’une restructuration qui s’inscrit dans le cadre de la professionnalisation de l’Armée nationale», dit-il.
    Toujours est-il, il n’a pas manqué de dénoncer la façon dont ce sujet a été abordé sur la place publique et surtout par une personne «non habilitée».
    Une restructuration dont le timing est, toutefois, «suspect» pour le président du Front de changement.
    R. N.

  • Quand le plus grand bavard du domaine D.Z fait vœu de silence !

       Saâdani : «Le message de Bouteflika ne m’était pas adressé.» Je confirme ! Ce garçon est complètement bouché ! C’est un cas unique au monde. Au monde terrestre, c’est 

    • évident. Mais peut-être aussi dans tous les autres mondes s’ils sont peuplés d’êtres doués d’une cervelle. Partout sur la planète bleue, la raison d’être d’un parti politique, c’est d’occuper les espaces, de prendre la parole, de la diffuser, de la propager par quelque moyen que ce soit. Chez nous, dans cette portion de terre bleue appelée Algérie, un parti, le FLN vient de voir son «patron», Amar Saâdani ordonner à ses mouhafedh, ces commissaires politiques de se… la fermer ! Lui-même, premier commissaire de ce grand commissariat politique jure qu’il va s’astreindre à cette nouvelle hygiène de vie découverte sur le tard : «Wallah que je ne dirai plus rien !». On est mal, là ! On est vraiment mal ! Si je comprends bien, en ce moment, il y a 48 commissaires politiques qui se trimballent dans leurs 48 commissariats respectifs avec un bâillon sur la bouche. Plus bien évidemment le commissaire en chef également bâillonné au commissariat central de Hydra. Comment tu veux mener campagne pour un 4e mandat avec des mecs dont la bouche est recouverte d’un tissu ? Et pour aggraver cette situation déjà assez grave comme çà, Amar, le commissaire principal a avoué, juste avant de placer le bâillon sur sa bouche que le candidat Abdekka n’en était pas vraiment un, puisqu’il n’avait pas encore retiré ses formulaires au ministère de l’Intérieur. Des questions urgentes se posent alors. Et une certitude déjà. 48 FLN+1 ne pourront pas répondre à nos questions, puisqu’ils ont fait vœu de silence. Sauf ! Oui, car il y a un sauf, sauf s’ils s’expriment et font campagne en langage des signes. Ils auront ainsi respecté la consigne de silence total. Tout en n’abandonnant pas leur candidat qui n’a pourtant pas encore postulé. Mais alors, sur les 48 mouhafedh plus leur patron d’Alger, qui parle couramment le langage des signes ? D’après mes sources, un seul. Amar ! Et encore ! Son langage des signes n’en est pas vraiment un, puisque lui, contrairement aux utilisateurs du langage des signes conventionnels ne s’exprime pas avec les mains, mais avec une autre partie de son corps. Le ventre ! Résumons nous donc : le FLN de Amar est un parti qui vient de s’auto-interdire de parler, dont les 48 mouhafedh ne parlent pas le langage des signes, dont le patron ne communique qu’à travers le gras de bide, et qui se propose quand même de faire campagne pour un candidat qui n’a toujours pas retiré ses formulaires. Purée ! S’il remporte vraiment l’élection, je prends ma carte au FLN, je m’inscris à des cours intensifs de percussion et je promets de rédiger désormais cette chronique en langage des signes. Avec mes pieds, bien sûr ! En attendant, je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue. H. L.
  • 2e interview express du drabki


    Par Maâmar Farah
    M. F. : Monsieur, dans la dernière interview express, vous aviez parlé des différentes façons de jouer de la derbouka. Pourquoi passer brutalement à l'attaque du DRS ?
    Amar Saâdani : Vous, les journalistes, vous cherchez toujours le sensationnel ! Moi, je parlais du «Derbouka Reproduction Système», une méthode révolutionnaire qui multiplie le son de la derbouka par autant de fois que l'on veut et qui se base sur l'exploitation du son numérique...
    M. F. : Ah bon ! Vous ne parliez pas du DRS, DRS ?
    A. S. : Mais, non ! Comme le dit Sa Majesté dans sa lettre qui ne m'est pas du tout destinée, ce DRS est notre patrimoine à tous et le meilleur garant de la stabilité de notre Algérie !
    M. F. : Il y a quand même un truc bizarre. Vous parliez de Toufik...
    A. S. : Oui, mon ami est un civil et il s'appelle Toufik. Il s'occupe du DRS des derboukas. Il revient d'ailleurs d'un stage en Irak où il a suivi les cours du célèbre «Derbek Derbek La Idarbkouna»... D'ailleurs, le général dont vous parlez s'appelle Mediene et je le respecte énormément. C'est grâce à ses services que j'ai pu occuper le poste de troisième personnage de l'Etat. Je ne suis pas fou pour le critiquer !
    M. F. : Oui, mais quand, en même temps, vous parlez de l'Etat civil, on fait le lien avec les militaires !
    A. S. : Pour moi, l'Etat civil est un Etat où tout le monde chante et danse ! Et comme les militaires sont disciplinés, austères et parfois tristounets quand ils sont au garde-à-vous, j'ai exprimé mon idée : un Etat joyeux doit mettre les militaires dans les casernes.
    M. F. : Mais pourquoi défendre Chakib Khelil qui va être poursuivi par le parquet de Milan !
    A. S. : Hahahaha ! Ce parquet n'est pas libre du tout. il est manipulé par le DRS. Celui de la derbouka, derbouka, bouka, bouka, bouka...
    Les piles du Drabki sont à bout. Les membres du BP du FLN accourent pour recharger la batterie. J'entame la descente de Hydra en pensant au pauvre parquet d'Alger qui ne connaît rien à la derbouka.
    maamarfarah20@yahoo.fr

  • Saâdani : “Je ne dirai plus rien” armée qui fait des présidents!!

    LE SG DU FLN ANNONCE QU’IL VA SE CONSACRER EXCLUSIVEMENT À LA CAMPAGNE DU 4e MANDAT

     

    Par :

    Le SG du FLN, Amar Saâdani, s’est dit hier non concerné par le message de Bouteflika, mais à travers ses propos, il a reculé, salué l’ANP et “clos ce débat politique”.

    Le secrétaire général du FLN ne cesse de surprendre. Après la bombe qu’il a lancée contre le patron du DRS, ne le voilà-t-il pas amorcer un virage dangereux, à reculons. En effet, après ses déclarations sur le général Toufik et toutes les réactions qu’elles ont suscitées, notamment celle du président de la République, Saâdani a produit une instruction, la n°4, pour clore “le débat politique” et passer à la préparation de la campagne du candidat du parti. “En application des instructions de Son Excellence le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, j’ai l’honneur d’appeler toutes les instances nationales et locales du parti de fermer la porte du débat politique et que toutes les interventions, déclarations et entretiens versent dans les questions organiques du parti et les préparatifs actuels pour la campagne électorale pour le candidat du parti, Abdelaziz Bouteflika”, est-il écrit dans son instruction qu’il a lue à l’ouverture des travaux de la réunion avec les mouhafedhs. Évidemment, implicitement, Saâdani fait porter le chapeau à tous les cadres du parti et à ses instances, alors qu’il est l’unique auteur des déclarations incendiaires. Il qualifie, d’ailleurs, ses sorties de “débat politique”. Débat politique que le Président a tranché, selon lui.
    Cette instruction vient en réponse à celle du Président contenu dans son message de condoléances après le crash de l’avion de l’ANP et dans lequel il a mis en garde contre les atteintes à l’armée.

    “Selon notre lecture — chacun en a fait sa propre lecture — le message ne nous concerne pas dans son intitulé, mais son contenu oui”, a affirmé Saâdani.
    Le revirement se poursuit avec des éloges à l’ANP. “Le parti du FLN a soutenu, soutient et considère l’institution militaire, et confirme son rôle de leader dans la préservation de la sécurité du pays et la préservation de sa stabilité et, en même temps, met en garde les parties qui essaient d’exploiter le débat politique pour déstabiliser l’Algérie et sortir le sujet de son contexte et ses objectifs dans le but d’exacerber la sérénité de la campagne électorale”, lit-on dans l’instruction de Saâdani. Cette instruction est placée sous le sceau de “l’ordre du président du parti”, que le secrétaire général et les responsables du parti, à tous les niveaux, se doivent de respecter.
    Par ailleurs, il a appelé les mouhafedhs et les responsables de kasma à faire des structures locales des permanences pour le candidat du parti et à se tenir prêts pour la campagne dès qu’il aura annoncé sa candidature.
    Par ailleurs, le groupe opposé à Saâdani a réussi, enfin, hier, à déposer son dossier pour l’autorisation de la tenue d’une session du comité central à la wilaya d’Alger. Pour ce faire, ils ont dû faire appel à un huissier en présence de la presse, a-t-on appris auprès d’un membre de la délégation. Avec le récépissé de dépôt, ils doivent attendre le délai légal de 5 jours pour avoir la réponse de l’administration. Pour eux, la première étape est franchie : l’administration ne peut plus dire qu’elle n’a pas reçu la demande avec le dossier y afférent, et en cas de refus, elle doit établir une notification motivée.
    Djilali B.

  • Les captifs du mont chauve

     

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    Faut-il tourner à gauche ou à droite ? Débat passionnant sur la mode : faut-il fêter la Saint-Valentin ? Sauf qu'on ne peut pas ne pas parler du couple Ikram Ghioua et Djamel Ghanem. Ils ne se connaissent pas, mais sont lus tous les deux et ont des problèmes liés à leur fonction dans la grande corporation de la presse. Ikram Ghioua est journaliste à Alger, maltraitée par un commandant sur le mont chauve, le Djebel Fertas où s'est écrasé l'un des Hercule C-130 de Gaïd Salah. Djamel Ghanem est dessinateur de presse à Oran et attend le verdict de son jugement, le procureur ayant demandé un an et demi de prison pour ce cas unique d'un dessin qui n'a pas été publié, tiré de son ordinateur par son propre directeur. Ikram a été injuriée et jetée à terre par un commandant sur les lieux du crash et son journal a décidé de porter plainte.

    Djamel a été inculpé sur plainte de son propre journal pour «outrage au président de la République» et «accès frauduleux dans un système de traitement automatisé de données», comme un genre de hacker à images capturé par inception. Ikram est spécialisée en informations de type sécuritaire au quotidien L'Expression du parapsychologue Ahmed Fattani et Djamel fait des caricatures pour le quotidien La Voix de l'Oranie du propriétaire spatial Ghalem Abdou. Histoire peu banale entre elle, molestée par un officier au mont chauve, au pied d'un crash d'avion et lui, un pirate qui pense tout seul dans son PC.

    Cette romance virtuelle pose la question sur le futur proche : pouvoir civil ou militaire, sachant que les deux n'aiment pas la Saint-Valentin ? Surtout pour Djamel, qui ne doit finalement ses problèmes qu'à une seule lettre qui change tout en séparant GhaNem, son nom, de GhaLem, le nom du propriétaire. Un jeune homme qui dessine des images mais pour La Voix de l'Oranie que les gens lisent mais n'entendent pas. De quoi perturber tous les sens.

     

    Chawki Amari
  • le monde à l'envers

    Les enseignants du primaire obtiennent le statut de professeur

     

     

     

     

    Le ministre de l’Education évoque la possibilité d’un report des examens de fin d’année. New Press
    Le ministre de l’Education évoque la possibilité d’un report des examens de fin d’année. New Press

    Les enseignants du primaire, recrutés avant 2011, ont pu obtenir, à la faveur d’une rencontre des syndicats grévistes avec la Fonction publique, le grade de professeur tout comme leurs collègues détenteurs de diplômes universitaires. La réunion qui a eu lieu, selon un compte rendu de la Radio nationale, entre les représentants de l’Union nationale du personnel de l'éducation et de la formation (Unpef) et les responsables de la Fonction publique a abouti à la satisfaction de l’une des revendications phares de l’Unpef. «Le point le plus important dans les négociations, à savoir le droit de l’enseignant du cycle primaire à faire valoir ses années d’expérience professionnelle, est pris en charge», a affirmé Messaoud Amraoui, chargé de communication de l’Unpef sur les ondes de la Chaîne III. Les négociations entre les deux parties se poursuivent aujourd’hui pour aborder les autres points contenus dans la plateforme de revendications du syndicat. Une fois ces pourparlers achevés, la Fonction publique s’engage à ouvrir les portes du dialogue aux autres syndicats grévistes. Après des négociations infructueuses la semaine dernière entre tous les syndicats de l’éducation, grévistes et non grévistes, le ministère de l’Education et la Fonction publique, cette dernière a entamé cette semaine des rencontres séparées avec l’Unpef, le Cnapest et le Snapest. Les premiers résultats obtenus par l’Unpef augurent peut-être d’une issue favorable pour les syndicats qui en sont à près d’un mois de grève, mettant en péril l’année scolaire. Le ministre de l’Education a même évoqué la possibilité d’un report des examens de fin d’année, faisant planer le spectre d’une année blanche aux lourdes répercussions pour les élèves.
    Meriem Sassi

  • la table

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  • la guerre des incompétents!!

    La «guerre des étoiles»

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    Le clan présidentiel multiplie les initiatives pour reprendre la main après la sortie médiatique incendiaire du secrétaire général du FLN, Amar Saadani, brocardant le patron du DRS, le général de corps d’armée Toufik, présenté comme le premier et dernier rempart à une candidature de Bouteflika pour un quatrième mandat. Après avoir actionné les partis et les personnalités proches du cercle présidentiel qui ont organisé la curée contre le patron du FLN, voilà que de nouveaux acteurs s’invitent dans ce débat du sérail, brouillant un peu plus la lisibilité du climat politique, à quelques semaines de l’élection présidentielle.

    L’égérie du Parti des travailleurs, Louisa Hanoune, qui a été reçue samedi 15 février à sa demande, a-t-elle fait savoir, par le général de corps d’armée et chef d’état-major M. Gaïd Salah, a ajouté à la confusion générale et à l’inquiétude qui gagne les citoyens. Mme Hanoune peut jurer la main sur le cœur que sa rencontre avec le chef d’état-major n’est motivée que par le seul et unique souci patriotique d’attirer l’attention sur le risque et la menace d’une intervention militaire étrangère en Algérie, la classe politique – qui a abondamment commenté cette entrevue, somme toute inédite dans les mœurs politiques en Algérie –  s’est plutôt montrée dubitative et peu convaincue par cet argument… du nouveau chargé de la communication de l’ANP. Personne n’est dupe pour croire que d’autres chefs de parti et personnalités n’ont pas été reçus ou n’ont jamais eu, un jour, au bout du fil un représentant de la «grande muette» pour un briefing ou un débriefing.

    La nouveauté, cette fois-ci, c’est que le contact a été médiatisé et assumé publiquement par les deux parties. Et parce qu’on prête à Louisa Hanoune une proximité avec Bouteflika, dont elle a toujours loué les orientations et décisions sur certains dossiers stratégiques, des pistes ont été avancées pour tenter de décrypter le message subliminal de cette lune de miel portée sur la place publique. La patronne du PT est pressentie par certaines lectures au mieux comme une candidate de substitution du clan présidentiel pour succéder éventuellement à Bouteflika qui n’a jamais caché ses sympathies pour elle, au pire pour jouer un rôle politique institutionnel important après l’élection présidentielle et la révision constitutionnelle. Le chef d’état-major de l’ANP aurait pu faire l’économie de ce genre de conjecture, somme toute légitime, eu égard au contexte politique particulier du pays marqué par l’enjeu de la présidentielle.

    Si l’intention du chef d’état-major était de faire passer des messages via la classe politique pour recadrer les choses qui sont parties dans tous les sens à la suite des déclarations de Saadani et réaffirmer les missions républicaines de l’ANP, le cadre institutionnel le mieux indiqué pour cela demeure le Parlement. En tant que membre de l’Exécutif, en sa qualité de vice-ministre de la Défense nationale, il a toutes les prérogatives pour s’adresser à l’APN. Ajouté à cela l’avantage de la transparence qu’offre cette tribune qui lui aurait permis de s’adresser, sans exclusive, aux parlementaires et, à travers eux, aux partis politiques et plus largement au peuple algérien qui ne sait plus à quel «saint» se vouer. L’initiative aurait gagné en crédibilité et évité au pays les dommages directs et collatéraux d’une «guerre des étoiles» réelle ou virtuelle qui donne des arguments de poids aux partisans du boycott du prochain scrutin.

    Omar Berbiche
  • Bombes… à retardement

     

    Par : Mustapha Hammouche

    Les retombées radioactives des essais nucléaires au Sahara s’avèrent être bien plus étendues et bien plus graves qu’on ne le pensait jusqu’ici.
    La nouvelle a de quoi inquiéter. Comme en atteste la réaction de l’opinion nationale, de la presse, tout au moins. Quant aux pouvoirs publics, ils n’ont pas réagi, si ce n’est un commentaire du ministre des Moudjahidine proclamant que “le débat sur ce sujet n’est pas clos” et que “l'indemnisation dépasse le cadre des personnes et pose aussi le problème de l'environnement qui a été pollué…”
    Le “document choc”, publié par Le Parisien, concerne la première explosion de la bombe A, la fameuse “Gerboise bleue”, qui a eu lieu le 13 février 1960. Larmée française a, cependant, procédé à l’explosion d’un total de onze bombes après l’Indépendance, dont quatre seulement totalement confinées, en vertu de clauses secrètes des Accords d’Évian. Mais, comme il n’existe officiellement pas de clauses secrètes dans les accords, la question de les déclassifier ne se pose même pas.
    Le pouvoir, qui se légitimait par “sa” victoire sur le colonialisme, craignait-il, peut-être, de nous faire douter de l’idée officiellement propagée d’accord parfait, dans laquelle la partie algérienne n’aurait “rien lâché”. Aussi, ne fallait-il surtout pas que l’on pense, un seul instant, que Boumediene, ministre de la Défense, puis Président, ait pu souffrir le fait que l’armée française disposât, sous son empire, de territoires voués aux essais d’armes nucléaires et chimiques ? Car même s’il ne s’agissait, pour lui, que d’assumer un accord qui lui préexistait, il ne fallait pas que le mythe du nationaliste intransigeant sur le thème de la souveraineté en fût écorné.
    Il était préférable de nier l’existence de concessions provisoires, plutôt que de nous expliquer qu’un accord est un tout et que l’objectif pouvait bien souffrir quelques accommodements transitoires. Si l’on peut tout à fait concevoir que, pour les premières années de l’Indépendance, l’Algérie n’ait pas été en mesure d’évaluer les effets des activités nucléaires françaises (visiblement, nos “amis” soviétiques, pourtant concernés par la course alors effrénée aux armements, ne nous ont été d’aucun secours pour prévenir les dégâts de ces essais), il est plus difficile de comprendre que — accords ou pas — des expérimentations d’armes chimiques aient pu se poursuivre jusqu’en… 1978. Faits qui ne furent révélés qu’en 1997, par le Nouvel Observateur. Ces essais chimiques se sont donc déroulés durant seize ans, après l’Indépendance ! Et, donc, tout au long du règne de Boumediene, l’intraitable souverainiste.
    Le temps passe et il est urgent d’évaluer les effets de ces activités nucléaires et chimiques, comme les responsabilités qu’ils impliquent.
    Et ce, tant que de probables victimes sont encore en vie. Si quelques secrets militaires et diplomatiques viennent d’être déclassés, c’est parce que la lutte des vétérans français des essais nucléaires a fini par provoquer des enquêtes pénales à ce sujet.
    Pour que notre opinion ne se limite pas à se soulever contre les dégâts des essais de 1960, n’avons-nous pas des documents à déclasser pour la bonne cause ? Ainsi, l’Algérie pourra-t-elle, peut-être, contribuer à lever le voile sur ce qui se révèle être, sur le plan de la santé et de l’environnement, de véritables bombes à retardement.