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  • Problèmes à l’École ; problème de l’École

     

    Par : Mustapha Hammouche

    Dans un pays où l’on s’émeut d’un rien, l’École peut enchaîner quatre semaines de grève sans que cela suscite le moindre mouvement d’humeur dans la société.
    Il n’est pas, ici, question du bien-fondé des positions respectives de la tutelle et des syndicats des personnels scolaires et parascolaires. Le pouvoir a pris le parti de fonder sa “stabilité” sur sa capacité à répondre aux revendications sociales et la société, quant à elle, a intégré le réflexe de pousser l’État jusqu’à ses derniers retranchements budgétaires. Par catégories professionnelles successives, les fonctionnaires montent à l’assaut du Trésor public. Et par catégories sociales, la société fait de même. Travailleurs, chômeurs, mal-logés reviennent alors parfois avec une augmentation, un crédit ou un appartement pour butin. En attendant la prochaine campagne de revendication.
    L’État tient bon, quand il le peut, et cède, quand il ne peut pas faire autrement. Alternativement, il fait la sourde oreille, en appelle à la justice, réprime, cède ou dialogue, selon les circonstances. La dialectique rentière est parfaitement rodée. Elle est constante et elle s’applique à tout “conflit social”, avec des variantes qui dépendent du rapport de force. Que le problème affecte l’administration locale, la poste, le transport urbain ou l’école, la réponse ne varie pas : la rigidité, suivie de dialogues sans fin. Dans tous les cas, avec des résultats qui se font longtemps attendre. Et avec toujours la même patience de la part des “partenaires sociaux”.
    L’École aussi doit attendre. Pendant ce temps, les enseignants brandissent la question de leur statut, de leur traitement et de leurs conditions de travail, et les parents s’inquiètent de la garde de leurs enfants et des vacances qui risquent d’être perturbées. On peut supposer que, parallèlement, les cours dits de soutien, qui aujourd’hui font partie intégrante du modèle scolaire national, tous paliers confondus, continuent à être assurés. Et professeurs et tuteurs pensent alors que la continuité scolaire est ainsi assurée.
    Et si, d’aventure, le gel des enseignements se prolongeait, il y aurait toujours le recours à la limitation à la partie effectivement dispensée du programme soumis à évaluation ou examen. Depuis quelques années que les partenaires de l’Éducation nationale s’affrontent sur le terrain social et des carrières, sur celui de l’organisation de l’année scolaire et des aspects quantitatifs des programmes scolaires, il n’a jamais été question de l’École dans sa finalité et, donc, de son contenu et de ses méthodes. Il y a comme un consensus autour d’un fait accompli scolaire. Si ce ne sont les séminaires professionnels où la hiérarchie pédagogique vient régulièrement réitérer ses directives méthodologiques.
    Tous les concernés — gouvernement, corporations professionnelles, associations de parents d’élèves — semblent convenir d’une politique éducative que, par ailleurs, toutes les études condamnent. Et dont les implications quant à la qualité de la formation de générations d’Algériens se ressentent jusque dans le fonctionnement et le produit de l’université.
    Autant de problèmes à l’École ne servent-ils pas, finalement, à dissimuler le vieux et tragique problème qu’est celui de l’École ?

  • A l’école de la grève

     

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    Au rythme où vont les grèves dans le système éducatif national, on parlera de moins en moins de fuite des cerveaux. La baisse du niveau scolaire, qui s’est accélérée ces dernières années, deviendra dramatique à court terme si l’école reste livrée aux dysfonctionnements institutionnels et au radicalisme des partenaires sociaux. Le droit de grève est garanti par toutes les Lois fondamentales du monde, mais il n’est pas interdit non plus d’évaluer les répercussions des cycles de débrayage lorsqu’ils s’inscrivent dans la durée, à plus forte raison quand cela touche un secteur aussi sensible que la formation des jeunes générations. Est-on en train de former des «premiers de la classe» ou des contingents d’apprentis grévistes ? Inculque-t-on aux jeunes le sens de l’effort ou le réflexe du débrayage ? Des lycéens n’ont pas manqué de rappeler, ces derniers jours, qu’ils étaient déjà en grève pour réclamer le fameux seuil pédagogique, bien avant le déclenchement de l’actuel mouvement de grève des enseignants. Les élèves entrent désormais en concurrence avec leurs propres enseignants dans le perpétuel bras de fer avec le gouvernement. Le ministère œuvre, à temps plein, à désamorcer les crises et non à rouvrir les manuels scolaires pour relire les contenus et les moderniser, si tant est que ce projet est à l’ordre du jour.

    La grève est si ancrée dans les mœurs, particulièrement dans le système éducatif, que même les comptes rendus de presse parlent à présent de «reprise de la grève». La reprise du travail est beaucoup plus aléatoire et problématique, même quand la tutelle brandit la menace de recourir à l’application stricte de la loi. Si les péripéties des négociations entre l’administration centrale et les syndicats de l’éducation sont suivies par l’opinion publique à travers les médias, ce que l’on sait moins, ce sont les conditions de reprise des cours et la manière avec laquelle sont gérés les retards de scolarité engendrés par ces longs passages à vide. L’ambiance dans les établissements scolaires et les salles de classe, au lendemain des mouvements de grève, ne doit pas être très éloignée d’un climat d’anarchie, prélude aux dérapages pouvant être observés lors des examens de fin d’année, à l’image de la dernière session du bac.

    Des rattrapages improvisés, des défalcations inévitables dans les programmes, pour offrir au final, à l’élève, une année scolaire amputée, en plus d’avoir été perturbée. Le système éducatif est l’un des rares secteurs où l’obligation de résultats est complètement évacuée. Par résultats, il faut entendre qualité de la formation et non taux de réussite aux examens, lesquels découlent de savants dosages arithmétiques pouvant dépendre y compris de l’humeur politique des autorités. L’examen du «sinistre» de l’école algérienne pour élaborer un véritable plan de sauvetage, avec la contribution de tous les segments de la société, ne sera possible que lorsque les questions sociales soulevées par les enseignants auront été résolues. Cette tâche incombe exclusivement aux autorités en charge du secteur.

     

    Djaffar Tamani
  • A l’école de la grève

     

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    Au rythme où vont les grèves dans le système éducatif national, on parlera de moins en moins de fuite des cerveaux. La baisse du niveau scolaire, qui s’est accélérée ces dernières années, deviendra dramatique à court terme si l’école reste livrée aux dysfonctionnements institutionnels et au radicalisme des partenaires sociaux. Le droit de grève est garanti par toutes les Lois fondamentales du monde, mais il n’est pas interdit non plus d’évaluer les répercussions des cycles de débrayage lorsqu’ils s’inscrivent dans la durée, à plus forte raison quand cela touche un secteur aussi sensible que la formation des jeunes générations. Est-on en train de former des «premiers de la classe» ou des contingents d’apprentis grévistes ? Inculque-t-on aux jeunes le sens de l’effort ou le réflexe du débrayage ? Des lycéens n’ont pas manqué de rappeler, ces derniers jours, qu’ils étaient déjà en grève pour réclamer le fameux seuil pédagogique, bien avant le déclenchement de l’actuel mouvement de grève des enseignants. Les élèves entrent désormais en concurrence avec leurs propres enseignants dans le perpétuel bras de fer avec le gouvernement. Le ministère œuvre, à temps plein, à désamorcer les crises et non à rouvrir les manuels scolaires pour relire les contenus et les moderniser, si tant est que ce projet est à l’ordre du jour.

    La grève est si ancrée dans les mœurs, particulièrement dans le système éducatif, que même les comptes rendus de presse parlent à présent de «reprise de la grève». La reprise du travail est beaucoup plus aléatoire et problématique, même quand la tutelle brandit la menace de recourir à l’application stricte de la loi. Si les péripéties des négociations entre l’administration centrale et les syndicats de l’éducation sont suivies par l’opinion publique à travers les médias, ce que l’on sait moins, ce sont les conditions de reprise des cours et la manière avec laquelle sont gérés les retards de scolarité engendrés par ces longs passages à vide. L’ambiance dans les établissements scolaires et les salles de classe, au lendemain des mouvements de grève, ne doit pas être très éloignée d’un climat d’anarchie, prélude aux dérapages pouvant être observés lors des examens de fin d’année, à l’image de la dernière session du bac.

    Des rattrapages improvisés, des défalcations inévitables dans les programmes, pour offrir au final, à l’élève, une année scolaire amputée, en plus d’avoir été perturbée. Le système éducatif est l’un des rares secteurs où l’obligation de résultats est complètement évacuée. Par résultats, il faut entendre qualité de la formation et non taux de réussite aux examens, lesquels découlent de savants dosages arithmétiques pouvant dépendre y compris de l’humeur politique des autorités. L’examen du «sinistre» de l’école algérienne pour élaborer un véritable plan de sauvetage, avec la contribution de tous les segments de la société, ne sera possible que lorsque les questions sociales soulevées par les enseignants auront été résolues. Cette tâche incombe exclusivement aux autorités en charge du secteur.

     

    Djaffar Tamani
  • Un DRAL égale combien de mouhafedhs ?

     

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    Il y a beaucoup plus de questions que de réponses en ce moment ; en théorie, il faudrait apporter des réponses plutôt que des questions. Mais comme c’est déjà un semblant de réponse, on pourrait se permettre encore une question. Et demander au hasard, à un passant de passage dans une rue, à quoi sert un mouhafedh ? Faisant partie des mystères insondables du cosmos, personne ne pourrait y répondre, à part le passant s’il est lui-même mouhafedh. Mais qu’est-ce qu’un mouhafedh ? Il faut demander à Amar Saadani, lui qui a convoqué pour aujourd’hui les 48 mouhafedhs pour une deuxième réunion en moins d’un mois. Ce qui prouve quand même qu’il a encore du poids, d’autant qu’en parallèle, la wilaya d’Alger a refusé d’autoriser Belayat, l’adversaire déclaré de Saadani, à tenir un congrès.

    C’est une réponse comme une autre, mais qui appelle une autre question : qu’est-ce qu’un DRAL ? Monstre à essence du Seigneur des Anneaux ou créature sans plomb qui crache du feu et porte des costumes cinq pièces en été ? Mais pourquoi cette question ? Parce que c’est le directeur de l’administration locale de la wilaya d’Alger (DRAL), celui-là même, grand fonctionnaire, qui a refusé la tenue du congrès de Belayat. On avance.

    Il y a 4 niveaux sous l’écorce terrestre, 5 couches atmosphériques, 10 espèces de nuages et les mouhafedhs au nombre de 48 parce qu’il y a 48 wilayas et un mouhafedh par wilaya. Tout comme les DRAL sont au nombre de 48 parce qu’il y a 48 wilayas. Question : dans ce combat d’un autre âge entre le DRAL et ses armées de tueurs à neutrons et le mouhafedh et ses bataillons de mangeurs de photons, qui va gagner ? On espère aucun des deux car ces fonctions – mouhafedh, DRAL – sont d’un autre temps, qu’il est temps aujourd’hui de dépasser pour bâtir un Etat neuf, sans créatures magiques et maléfiques, et sortir de la longue nuit du sortilège. Nous n’avons plus de questions, votre honneur.


     

     

    Chawki Amari
  • L’Observatoire des droits de l’Homme réagit à la recrudescence des enlèvements

     

    “Garantir la sécurité des citoyens est le devoir de l’État”

    Par : Kouceila Tighilt

    L’Observatoire des droits de l’Homme de la wilaya de Tizi Ouzou a réagi avant-hier, dans un communiqué rendu public, au climat d’insécurité qui prévaut dans la wilaya de Tizi Ouzou, une région qui enregistre une recrudescence inquiétante du nombre d’enlèvements et actes criminels. “L’ODH de Tizi Ouzou a appris avec consternation et surtout avec colère qu’un jeune âgé de 22 ans, K. Hocine, a été enlevé par un groupe armé, dimanche 9 février, dans la commune de Maâtkas. La wilaya de Tizi Ouzou enregistre son 77e kidnapping. Si Hocine a été libéré par ses ravisseurs, ce qui, malheureusement, n’a pas été le cas d’Amirouche Mebarek, un commerçant de 38 ans d’Ath Zmenzer, retrouvé mort mercredi 29 janvier, six jours après son enlèvement”, écrit l’Observatoire des droits de l’Homme, qui rappelle, au passage, le cas de Z. L., un chauffeur de taxi, retrouvé assassiné à Boghni mardi 4 février. Un acte criminel qui vient rallonger le nombre d’agressions et d’attaques à main armée dans la région, ajoute l’ODH, estimant que “la sécurité est un droit élémentaire consacré par les textes internationaux ratifiés par l’Algérie. Garantir la sécurité des citoyens et de leurs biens est le devoir de l’État, comme le stipule l’article 24 de la Constitution algérienne. L’État est responsable de la sécurité des personnes et des biens. Il assure la protection de tout citoyen à l’étranger”. Avec ce 77e enlèvement, il apparaît que l’État algérien, ajoute l’Observatoire des droits de l’Homme, “a failli dans la protection de ses citoyens, engendrant un climat d’insécurité qui ne peut rester sans conséquence. Inquiet de cette situation, l’ODH de Tizi Ouzou dénonce avec vigueur le mutisme et le laxisme des autorités tout en les appelant à assumer leurs responsabilités, en garantissant la protection des citoyens et à mettre un terme aux enlèvements et à l’insécurité”.

  • Ils sont de plus en plus nombreux à s’opposer à une reconduction de Bouteflika

     

     

    Le quatrième mandat du dissensus

    Par : Karim Kebir

    Elles sont de plus en plus nombreuses les voix hostiles à un quatrième mandat du président Bouteflika. Le concert pour un changement à la tête de l’État s’est étoffé au fil des mois, même si le Président garde l’essentiel de ses soutiens.
    Dernière sortie en date, celle du général en retraite Hocine Benhadid hier qui a appelé le président Abdelaziz Bouteflika à partir “dignement” sans briguer de 4e mandat. “Voilà ce que je demande au président Bouteflika : il est venu avec le slogan (...) ‘fierté et dignité’, alors qu'il se retire avec (ce) slogan (...), dignement et laisse l'Algérie reprendre son souffle”, a déclaré M. Benhadid, ancien patron d'une des régions militaires, dans un entretien avec les quotidiens El Watan et El Khabar. Pour cet officier qui dit s'exprimer au nom de plusieurs collègues, cette personne “malade” et “otage de son entourage (...) ne peut garantir la stabilité” du pays.
    Selon lui, le frère du Président, Saïd Bouteflika est “le premier et principal acteur” du clan présidentiel, tandis que “le chef d'état-major n'a aucune crédibilité et personne ne le porte dans son cœur”. Deux jours plus tôt, trois personnalités nationales et non des moindres, Me Ali Yahia Abdennour, Ahmed Taleb-Ibrahimi et le général à la retraite, Rachid Benyellès, se sont prononcés contre un éventuel quatrième mandat du Président qu’appellent de leur vœux ses multiples soutiens. “Nous, signataires de la présente déclaration, disons non à un quatrième mandat de M. Bouteflika et appelons toutes les forces saines de la nation — notamment celles attachées à la justice sociale et à la moralisation de la vie politique — à exprimer leur refus par tous le moyens pacifiques qu’ils jugent utiles : prises de position individuelles et collectives, recueil de signatures, pétitions, déclarations, appels, etc., comme nous leur demandons, en cas de maintien de cette candidature, de boycotter massivement le simulacre de l’élection que le pouvoir en place projette de tenir”, ont-ils écrit dans une déclaration rendue publique avant-hier.
    Cette salve intervient au lendemain de la tempête politico-médiatique provoquée par les propos du secrétaire général du FLN, Amar Saâdani, au site TSA, et dans lesquels il chargeait le patron des services de renseignement, accusé à demi-mot de “s’opposer à un quatrième mandat du président Bouteflika”. Quelques jours plus tôt, c’est le RCD qui sonnait le tocsin. “Les réformes promises au début de l’année 2011 et la révision de la Constitution mille fois annoncée ont été réduites à des artifices visant à pérenniser un pouvoir politique condamné par l’Histoire. L’incapacité manifeste du chef de l’État à assumer depuis fort longtemps ses fonctions signe la déchéance du système et appelle à une alternative crédible.
    Les suppliques à un mandat supplémentaire marquent le paroxysme de la régression sur fond d’indignité”, relevait le RCD dans les résolutions de son conseil national. “Le Mouvement (MSP) est contre sa présentation (à l’élection présidentielle, ndlr), compte tenu de notre position politique appelant à la limitation des mandats présidentiels”, soutenait, pour sa part, dans un entretien à un confrère le président du MSP, Abderazak Makri. Ancien ministre et cadre du RND, Nouredine Bahbouh, à la tête d’une nouvelle formation politique créée à la faveur de la nouvelle loi sur les partis, a estimé lundi au Forum de Liberté qu’“un quatrième mandat risque de mener le pays vers le chaos”. Même constat chez Mohand Tahar Yala, général en retraite et candidat à la prochaine élection présidentielle. “Le système Bouteflika a créé un véritable gouffre entre le citoyen et le pouvoir, et déstabilisé l’Algérie sur le plan politique et social”, estime-t-il.
    Figure emblématique de la Révolution, Djamila Bouhired avait prononcé en novembre dernier un violent réquisitoire contre Bouteflika. “Si Abdelaziz Bouteflika se présente pour un quatrième mandat, je descendrai dans
    la rue pour manifester contre lui”, avait déclaré Djamila Bouhired au journal El Qods El Arabi. Elle avait ajouté qu’“elle descendra dans la rue pour aussi dénoncer le mal fait à l’Algérie”.
    Peu avant son départ inattendu de la tête du RND, l’ancien chef de gouvernement, Ouyahia, s’était déjà interrogé si un nouveau bail pour Bouteflika pouvait servir l’Algérie. Si, en 2004 et 2009, des voix éparses s’étaient élevées pour éviter une reconduction de Bouteflika à la magistrature suprême, la liste des mécontents du règne de 15 ans de Bouteflika est de loin plus importante à la veille de cette élection présidentielle pas comme les autres. Elle serait même appelée à s’élargir dans les prochains jours.

    K. K

  • Crise de système : fin ou pause ?

     

    Par : Mustapha Hammouche

    S’exprimant à la suite du tragique crash d’un avion militaire, le président de la République a réagi à la violente controverse qui oppose son clan au DRS. Il aura ainsi mis une semaine pour s’interposer dans une dispute qui a pris des tons de querelles de charretiers et des proportions mettant sérieusement en cause l’honorabilité même de grandes institutions.
    L’on ignore, pour le moment, quel sera l’impact de l’intervention présidentielle et son efficacité. Car, même à considérer que l’ouverture des hostilités publiques procède de l’indépendante initiative de Saâdani, une semaine d’outrages et d’accusations de cette nature, engageant des responsables ou d’anciens responsables de ce niveau, ce n’est pas conforme aux normes des rapports institutionnels d’une République.
    L’on ignore donc si le holà présidentiel mettra finalement un terme à l’altercation, mais les dégâts, pour le système, sont déjà considérables. Les preuves témoignant du fait que le choix de dirigeants pour l’Algérie est une affaire de confrontation clanique et de marchandage de sérail ont été portées jusque sur la place publique. Et “l’image de l’Algérie dans le monde”, qui a jusque-là servi d’argument à la répression de la liberté d’expression, s’en trouve gravement écornée. Au demeurant, si des partenaires à culture démocratique nous prêtent encore quelque intérêt, c’est certainement plus pour nos qualités de bon client que pour notre statut de démocratie. Un État qui, en 2014, s’interroge sur l’opportunité d’un quatrième mandat peut-il sérieusement revendiquer une image ?
    Il peut juste prétendre au registre de la relation d’intérêt. Et, ainsi, disposer d’une espèce de  “carte de fidélité commerciale” lui valant quelques commentaires diplomatiques favorables. Il est étrange que nos principaux partenaires — FMI, Europe, USA — trouvent que nous avons une bonne politique, nous qui n’en avons pas du tout, et qui importons quatre-vingts pour cent de nos besoins et n’exportons que deux ou trois pour cent en production industrielle et agricole !
    L’image ayant donc été passablement altérée, ce n’est pas en prolongeant la durée du régime qu’on la restaurera. Le quatrième mandat est donc, en soi, calamiteux pour cette image : il confirme que la place de l’Algérie est parmi la catégorie des nations à régime autoritaire immuable.
    Mais, au-delà du surplus de détérioration de l’image d’un système qui, désormais, ne peut même pas entretenir sa vitrine, il reste à connaître la véritable signification de l’intervention de Bouteflika. S’agit-il de se démarquer des excès de langage de Saâdani et de désamorcer les répliques qui commencent à se faire nombreuses et
    violentes ? Ce qui permet enfin aux plus hésitants, partis et syndicats, de “défendre” enfin... l’Armée. Alors que ce qui était en cause et à l’origine de la polémique, c’était le DRS.
    Et peut-être même que ce qui constitue l’enjeu de cette bagarre, c’est justement cette singularisation du DRS par rapport à l’Armée en général…
    S’agit-il plutôt, pour le Président, d’arrêter une escalade préjudiciable au système global, d’exploiter la situation pour rappeler sa place hors des querelles de chapelles et “au-dessus de la mêlée” ou d’insinuer que la brouille a été résolue ? Et si c’est le cas, dans quel sens ?...
    On devra attendre pour comprendre. Mais pas très longtemps, puisque l’échéance à l’origine de la crise approche…

     

  • no moment

    DILEM DU 13 FEVRIER 2014

  • Les ex

     

     

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    L'Algérie est un pays épuisant. Bilan provisoire : Abdelaziz Bouteflika a écrit à Gaïd Salah une lettre interceptée par l'APS et qui a été lue à l'ENTV. En théorie, elle n'était pas adressée au peuple, mais en fait si, c'est une manière très algérienne de lui parler sans lui adresser directement la parole. Oui, mais est-ce vraiment le Président qui a écrit cette lettre ou son frère, que l'on dit le véritable Président à l'heure actuelle et qui, dans le même temps, écrit une autre lettre répondant à Hichem Aboud, le journaliste d’Oum El Bouaghi, là où l'avion militaire s'est écrasé.

    Pas de panique, ce n'est qu'une coïncidence pour ce dernier drame dont l'Algérie se serait bien passée en ce moment. Mais bref, suite des opérations, de nouveaux bataillons débarquent, un ex-général de la 8e Division blindée, Hocine Benhadid, qui charge Saïd Bouteflika et Gaïd Salah, et des cadres de la Présidence, peut-être des ex, qui chargent sous le couvert de l'anonymat Saïd Bouteflika, dénonçant son régionalisme et son autoritarisme. Dans ce maelstrom d'apparitions, on l'avait oublié, lui qui était à l'origine de tout, l'homme du big bang sonore, Amar Saadani, ex-drabki arrivé au FLN par l'autoroute Est-Ouest. Que fait-il ? Il change de cible et s'attaque à Mohamed Charfi, l'ex-ministre de la Justice, sur l'affaire Sonatrach concernant l'ex-ministre de l'Energie Chakib Khelil dont il demandé l'impunité. On le voit, il y a beaucoup d'ex dans cette histoire, des gens qui ont été importants et qui ne le sont plus, qui en profitent évidemment pour parler.

    Que penser de tout cela ? Que tout finit par passer, les trois jours de deuil, l'élection et Saadani qui, selon les dernières prévisions, sera bientôt ex-secrétaire général du FLN, tout comme Saïd qui passera probablement du stade de frère cadet de Président à celui de frère d'ex-Président. Devenant du coup le cadet des soucis du pays.

     

    Chawki Amari
  • Des fonctionnaires de la présidence interpellent Saïd Bouteflika

    Par Le Matin |

    Droit de réserve oblige et par crainte de représailles, ces fonctionnaires de la présidence préfèrent pour le moment garder l'anonymat.

     

    Depuis la maladie du président, Saïd Bouteflika régente tout. Depuis la maladie du président, Saïd Bouteflika régente tout.

     

    "Nous avons été surpris par votre mise au point au site d'information Tsa au sujet de la lettre qui vous a été envoyée par Hichem Aboud dans laquelle vous prenez à témoin le peuple algérien auquel nous appartenons concernant les affabulations d’Aboud. Nous les fonctionnaires de la présidence de la République que vous n'avez pas hésité à malmener durant ces 15 dernières années appartenons à ce même peuple .Vous avez introduit au sein de la présidence de la République le régionalisme, le favoritisme et le clanisme au détriment du sérieux et de la compétence .Vous vous êtes arrogés les pouvoirs du président de la République, les prérogatives du directeur de cabinet, du secrétaire général, des responsables des structures etc..Vous avez mis un frein à la carrière de tant de cadres compétents, vous avez le monopole de promotion et de nomination des fonctionnaires et cadres. Votre qualité de frère du Président de la République vous donne-t-elle le droit de saborder notre droit à la promotion comme ça se fait dans n’importe qu'elle autre institution de la République ?"

     

    Témoignages sur les blocages à la présidence

     

    "Saïd Bouteflika bloque les propositions faites par les directeurs de structures pour promouvoir leurs cadres. En revanche, il favorise la direction de l’informatique qu’il chapeaute depuis 1999. Ainsi, il a promu deux de ses copains comme conseillers et a nommé six ingénieurs de la direction de l’informatique en juin 2013 alors qu’ils n’ont que deux ans d’ancienneté. Saïd Bouteflika a nommé des personnes non diplômées, des simples secrétaires car ils sont de l’Ouest. Parallèlement, il a bloqué la promotion de deux cadres de la direction de l information qui ont été proposé par leur directrice et sur lesquels l’enquête d’habilitation était favorable car le courant ne passe pas entre lui et la directrice Mme Farida Bessa. Il a bloqué aussi des propositions des autres structures comme la direction des télécommunications dirigée par un général du DRS."

     

    Avec R.N.
  • Cette information déformée qu’on nous sert……au quotidien!!

     

     

     

    Presse aux ordresMohamed Jebbara

    Il y a deux façons de traiter l’information.

    L’information fait partie qu’on le veuille ou non de l’arsenal éducatif, même si elle l’est de loin. Chez nous elle a toujours été utilisée par le pouvoir , directement ou indirectement pour distiller ce que ceux qui s’arrogent le droit de le composer veulent faire admettre ou lorsqu’elle leur échappe, ils la font censurer.

    Comme ce sont des militaires, généralement et jusqu’à présent, qui  s’occupent de ce rayon, celui-ci en a acquis les méthodes, la stratégie et la tactique. Une information, ou une désinformation, ne sont communiquées que pour produire un effet prévu et agencées pour le produire et seulement pour le produire et non pas pour informer. Cela englobe tous les moyens et tous les buts et est agencé en plusieurs plans, l’un derrière l’autre si l’un a failli, l’autre prend automatiquement la suite.

    Par l’action du temps, l’information, dans notre pays a perdu toute crédibilité en raison de sa déviance qui a fini par devenir claire et palpable pour tous, on ne peut mentir tout le temps. La rumeur l’a de ce fait remplacée graduellement, mais on s’est saisi de celle-ci et elle s’est trouvée en parallèle avec les canaux habituels et renforcé l’idée qu’il n’y a pas d’information juste et valable dans ce pays.

    La confiance en une information juste n’existe plus depuis longtemps et s’affiche comme la seule vérité : tout est faux. Cela détruit toutes les autres aires de confiance par dilution et détruit la société en parallèle avec d’autres tares.

    C’est pourquoi, que Saidani raconte une Histoire et que certains lui donnent raison, n’empêche pas d’autres de le contredire ou de prêcher la fausseté de son message. En fait on se concentre sur un effet de la nature de l’information chez nous, pour oublier la causalité essentielle, qui est que rien n’est sûr et qu’on n’a jamais de certitudes, qu’on nage dans le flou.

    La sortie de Saidani crée un foyer de polarisation de l’attention autour de lui, autour du FLN et autour du chef de l’organe de sécurité militaire. Il n’y a que ça de vraiment vrai. Le reste peut être vrai ou faux, est sans importance.  car le pays dans son ensemble est dans le fossé et divulguer un de plus, un de moins, cela ne change rien, à une certaine quantité de mal, on ne le ressens plus, je ne pense pas que des informations ça puisse changer la donne même si elles sont vraies, le mal domine notre vie publique, d’autant que l’inertie de chacun de nous est un élément affirmé.

    Pourquoi Saidani veut il polariser l’attention de cette façon ? Quel en est l’intérêt ? C’est ça qui est important. Mais comment le savoir sans scruter  son cerveau ou l’ouvrir ? Question difficile, car ses déclarations n’apportent rien de nouveau que de montrer qu’il a osé. Uniquement ça. Le reste n’a aucune espèce d’importance. Et s’il a été président d’une chambre c’est qu’avant, celui qu’il accuse, était à ses côtés, sinon il n’aurait jamais eu cette charge.

    Un changement s’est-il opéré ? Peut-on savoir lequel ? A-t-on dégommé celui qu’il incrimine ? Ce dernier a t-il perdu ses pouvoirs ? Le diktat sur l’information ne nous permets pas de le savoir, surtout que dans ce secteur, il faut montrer patte blanche et les journalistes qui la possèdent ne parleront pas. Ou bien peut être que Saidani tient son courage d’autre chose et quoi ?

    Finalement la sortie de Saidani ne fait que poser des questions au lieu d’expliquer des choses. Est-ce que son but était que les gens se posent des questions et pourquoi ? Sinon pourquoi cette sortie ?

    L’aspect éducatif résultant de cette information déformée qu’on nous sert depuis toujours est qu’après un demi-siècle de mensonges et de falsifications, la crédibilité a disparu, le mensonge est devenu roi, la confiance n’existe plus que chez les naïfs et comme rien n’est sûr, que l’homme ne contrôle plus son milieu devenu pourri,  le stress produit par l’absence de contrôle sur ce milieu rend tout le monde malade, les hôpitaux sont là pour l’attester, mais pire, les gens n’arrivent pas à se faire confiance pour changer les choses devenues abjectes.

  • Déclaration. Non à un quatrième mandat.dictature extreme!!

     

     

     

    Benyellès 3Ali Yahia4Taleb AhmedAprès avoir bafoué la Constitution qui limitait le nombre de législatures à deux mandats, voilà que le clan au pouvoir veut reconduire M. Bouteflika  -arrivé illégitimement au pouvoir en 1999- pour un 4ème mandat consécutif. C’est une négation de la République et du  sacro-saint principe de l’alternance au pouvoir,  une offense à la mémoire de ceux de nos compatriotes  qui ont sacrifié leur vie pour l’indépendance du pays et une marque de mépris pour les citoyens que nous sommes. Sauf réaction significative de la société civile et politique, M. Bouteflika sera maintenu à la tête de l’Etat au titre d’une parodie d’élection identique à  toutes celles que nous avons connu dans le passé, et ce, malgré son âge avancé, son état de santé déplorable  et le  bilan fort contestable des quinze dernières années. Un bilan d’autant plus inexcusable que l’Algérie aura connu au cours de cette période, une conjoncture exceptionnellement favorable,   celle d’une paix civile retrouvée grâce à la population qui a rejeté et l’extrémisme et l’éradication, celle d’une pluviométrie providentielle et celle d’une embellie extraordinaire des cours du pétrole. Les recettes pétrolières colossales  perçues durant cette période ont été dilapidées à l’exception d’une partie bloquée en bons de trésor,  pour le seul bénéfice de l’économie américaine.

     

    Au lieu d’utiliser la manne tombée du ciel pour bâtir une économie  de substitution à l’économie rentière des hydrocarbures et propulser l’Algérie au rang des pays émergeants, le régime de M. Bouteflika a choisi d’engager le pays sur la voie qui lui permet de rester au pouvoir en  achetant la paix sociale avec l’argent du pétrole. Pour ce faire, il a inondé le marché de produits d’importation et passé des contrats faramineux avec des entreprises étrangères de travaux et de prestation de service, à la grande satisfaction d’une faune d’affairistes de tous acabits et de tous bords.  Des contrats qui  ont donné systématiquement lieu à des commissions exorbitantes au profit des contractants nationaux et de  leurs intermédiaires à travers le monde.  Des fortunes  colossales se sont ainsi bâties sur le vol et la prévarication au détriment du Trésor algérien.

     

    Le pillage des recettes provenant de l’exportation des hydrocarbures  au cours de ces  années funestes pour l’intérêt du pays, a été accompagné  par une surexploitation criminelle de nos gisements pétroliers pourtant bien connus pour la modestie de leurs réserves   en  comparaison avec celles des Etas pétroliers de la région. Une surexploitation qui a accéléré le processus d’épuisement déjà largement entamé, ce qui expose la nouvelle génération d’Algériens à de graves problèmes de ressources.

     

    Peu de projets productifs ont vu le jour durant les quinze dernières années et le peu qui restait encore de l’ancien appareil de production a été démantelé pour laisser place nette aux barons de l’importation qui ont fait des Algériens une population d’assistés ayant perdu le sens de l’entreprise, ne produisant plus rien et attendant tout de l’extérieur, et vivotant dans un Etat en queue de classement dans tous les rapports  publiés périodiquement par les institutions internationales.

     

    Un Etat déliquescent caractérisé par une administration budgétivore  et incompétente, une bureaucratie étouffante, des services publics défaillants, une économie dominée par les activités informelles, la spéculation,  la fraude,  l’évasion fiscale et monétaire. Un Etat hors normes, profondément gangréné par la corruption (aggravée par l’impunité), et totalement déconsidéré aux plans régional et international. Un Etat incapable de protéger sa population contre les tonnes de kif qu’un pays voisin, connu pour sa politique expansionniste et son bellicisme à l’égard de l’Algérie,  déverse  quotidiennement sur nous,  sans que le pouvoir en place ne réagisse. C’est une véritable « guerre de l’opium » que ce pays mène contre nous, une guerre qui fait des ravages dans  la jeunesse algérienne et menace la  République dans son intégrité territoriale.

     

    Alors que  l’Algérie, depuis l’Indépendance, n’a jamais connu de conditions aussi favorables pour son développement qu’au cours des quinze dernières années, sa régression politique, économique, culturelle et éthique  n’aura malheureusement,  jamais été aussi grande qu’au cours de cette même période.  Cette déchéance est l’œuvre de la côterie au pouvoir qui pousse maintenant l’arrogance jusqu’à vouloir imposer un quatrième mandat dans un climat délétère aggravé par une situation explosive dans le sud du pays et des déclarations irresponsables faites hélas au nom du FLN.

     

    Aussi, et devant le viol qu’il s’apprête à faire subir une nouvelle fois à notre peuple,  nous, signataires de cette Déclaration, considérons qu’il est de notre devoir, devant Dieu et le peuple algérien, de dénoncer publiquement et solennellement, ses dérives politiques et morales inacceptables, sa gestion désastreuse des affaires de l’Etat et son immobilisme face au développement du régionalisme, du communautarisme et des forces centrifuges qui menacent le pays d’éclatement.

     

    Nous signataires de la présente Déclaration, disons non à une quatrième candidature de M. Bouteflika et appelons toutes les forces saines du pays- et notamment celles attachées à la justice sociale et à la moralisation de la vie politique- à exprimer  leur refus par tous les moyens pacifiques qu’ils jugent utiles : prises de position individuelles et collectives, recueils de signatures, pétitions, déclarations, appels, etc., comme nous leurs demandons, en cas de maintien de cette candidature, de boycotter massivement le simulacre d’élections que le pouvoir en place projette de tenir. La prochaine échéance électorale doit être l’occasion d’exiger une refondation des institutions afin que la situation que l’Algérie a connue durant les quinze dernières années  ne se reproduise plus jamais et pour que la candidature  à la magistrature suprême ne soit dorénavant permise qu’aux seuls dirigeants  dans la force de l’âge, en pleine possession de leurs capacités physiques et intellectuelles, et cela, à  l’exemple de  tous les pays qui comptent   dans le monde.

     

    Alger le 10 février 2014

  • Algérie : vingt-deux ans après le coup d’État, la violence reste le moteur du régime

     

     

    Bentalha1Algeria-Watch, 11 janvier 2014

     

    Depuis 1997, Algeria-Watch s’efforce de documenter les violations de droits humains en Algérie, en particulier les terribles exactions perpétrées par les forces de sécurité du pouvoir au cours de la « sale guerre » des années 1990. Et, depuis 2007, nous marquons chaque date anniversaire du coup d’État du 11 janvier 1992 par un communiqué évoquant la situation d’un pays toujours inscrit dans la logique mortifère qui fut alors inaugurée par le « pouvoir des généraux ». On trouvera ici l’ensemble de ces communiqués, dont la (re)lecture laisse aujourd’hui un amer sentiment de répétition, malgré l’admirable et obstinée mobilisation de toutes celles et tous ceux qui, en Algérie, n’ont pas baissé les bras et se battent toujours pour la justice et les libertés, à commencer par les familles de « disparus » des années 1990. Ce communiqué du 11 janvier 2014 ne marque hélas aucune rupture à cet égard.

     

    « L’arrêt du processus électoral a été une violence. » Dans un moment d’égarement lucide alors qu’il assumait la fonction d’apparence institutionnelle du pouvoir ou parce qu’il négociait des marges de manœuvres avec les « décideurs », le président Abdelaziz Bouteflika avait énoncé en 2000 une vérité qu’il ne répétera pas : la violence est le moteur du système algérien. C’est pourtant une vérité structurelle, sociale, politique, économique. S’il n’existe à ce jour aucun développement durable en Algérie, y prévaut une violence durable et cet ADN de la dictature gangrène la société toute entière. Vingt-deux ans après l’interruption du processus électoral et la « démission » forcée du président Chadli Bendjedid et après au moins 150 000 morts et des milliers de disparus, les Algériens subissent, encore, la brutalité du régime.

     

    Immobilisme et sénescence

     

    Officiellement, le pays est supposé vivre en avril 2014 un moment politique majeur : l’élection d’un président de la république avec la nécessité d’un changement générationnel. Et alors qu’aucun candidat sérieux ne s’annonce, les Algériens assistent, médusés, à un florilège théâtralisé des fourberies du système. Avec à l’affiche, une pièce absurde qui pourrait s’intituler Les ancêtres redoublent de férocité, titre prémonitoire emprunté au magistral Kateb Yacine. En l’occurrence, une sinistre farce avec chaise roulante, paradis fiscaux et baïonnettes relayée par une presse « indépendante », caisse de résonance du vide, qui tente d’accréditer une mise en scène poussive. L’intrigue, plutôt ténue, tient à la capacité d’un vieil apparatchik malade d’être candidat à sa propre succession.

     

    Cet immobilisme terminal évoque bien plus la sénescence systémique soviétique que l’interminable décrépitude au pouvoir de Bourguiba en Tunisie. Tandis que les observateurs patentés font mine de s’interroger sur l’« avenir » de Bouteflika, le régime des vrais « décideurs » exprime sans scrupules qu’il demeure le seul maître du jeu. Leur message n’a rien de subliminal et il s’énonce sans ambages : la société algérienne n’est pas concernée par le destin de son pays. Derrière ces diversions de presse, se profile effectivement l’extrême violence d’une situation où la population est mise hors-jeu. Car elle ne subit pas seulement une violence symbolique en étant ainsi exclue totalement par un groupe opaque de « décideurs » – souvent en osmose avec des centres extérieurs soucieux comme eux de préserver « durablement » leurs situations de rente respectives, qui se partagent la prédation des richesses pétrolières et gazières du pays.

     

    Le coup d’État du 11 janvier 1992 n’était pas un accident, c’était la réaction d’un système tenu par des oligarques sans autre culture que celle de la violence, pour préserver les circuits de corruption alimentant leurs fortunes, en empêchant l’émergence politique de la société et la mise en œuvre de modalités pacifiques de régulation des conflits et des contradictions. Il s’est alors trouvé des théoriciens de « gauche » pour fournir au nom de l’anti-islamisme « républicain »le discours censément « progressiste » ad hoc pour justifier une épouvantable répression. Un discours largement promu par le régime à l’étranger, tout particulièrement en France, où il a trop souvent été complaisamment relayé, cautionnant ainsi les crimes que l’on ne voulait pas voir (pourtant dénoncés par d’autres, bien minoritaires).

     

    Ces belles âmes mesurent-elles aujourd’hui combien elles ont été bernées par un régime qui tient plus que jamais – en partage avec l’extérieur, ce dont ne se souviennent jamais ces « patriotes » ! – les leviers de la rente tout en livrant la société à la bigoterie et à l’obscurantisme ? Tant qu’ils ne contestent pas le pouvoir, les imams peuvent en effet faire preuve d’inventivité sur des registres variés. Ils peuvent discourir sur la longueur du bâton avec lequel les hommes se doivent de battre les femmes, ils peuvent impunément verser dans la pensée magique en décrétant, par exemple, que le séisme est une punition divine voire que la Terre est plate… Les religieux de la dictature sont libres d’exercer la « violence » qui ne gêne pas le système, celle qui condamne les femmes et corsète la société en stigmatisant science et participation citoyenne.

     

    Vingt-deux ans après le coup d’État, c’est toujours le coup d’État !

     

    L’Algérie possède indiscutablement de considérables réserves de change. Mais le pays est sans ressort, brisé par la violence imposée par le régime, celle qui a poussé des armées de cadres biens formés à quitter le pays tandis que le chômage anéantit l’avenir de dizaines de milliers d’autres. Le pétrole et le gaz rapportent de l’argent, mais le système de la violence permanente a appauvri l’économie.

     

    Les milliards de dinars sont dilapidés pour des « éléphants blancs » couvrant une corruption systémique de grande envergure, alors que des régions entières ne sont pas encore raccordées au gaz de ville et ne bénéficient pas d’eau potable. Des crédits sans lendemain sont distribués aux jeunes, pour les « acheter ». Des centaines de milliers de logements sont construits, dont la garantie d’existence ne dépasse certainement pas trois ans, sans infrastructures ni transports publics, mais que les familles désespérées continuent de s’arracher. Et, pendant ce temps, le pays est dévasté écologiquement : les barons corrompus de l’administration, acoquinés avec ceux des petites mafias privées sectorielles (du sable, des carrières, de l’eau, etc.), s’enrichissent en saccageant méthodiquement des sites naturels magnifiques.

     

    Vingt-deux ans après le coup d’État, c’est toujours le coup d’État ! Alors comment s’étonner des émeutes, quasi quotidiennes depuis plus de dix ans et qui se sont multipliées en 2013, devenant de plus en plus violentes ? À défaut de communication entre État et citoyens, à défaut de relation autre que clientéliste ou répressive, quelle autre échappatoire en effet ? Le système, passé maître dans leur gestion, s’en arrange fort bien.

     

    Vingt-deux ans après le coup d’État, c’est toujours le coup d’État ! Les massacres des années 1996-2004 ont vidé de nombreuses campagnes de centaines de milliers de leurs paysans, qui s’entassent depuis dans les bidonvilles des grandes villes du nord du pays, sans espoir de retour. Leurs enfants, qui ont grandi trop vite, ne rêvent que de quitter ce pays qui ne leur offre plus aucun avenir. Nombre d’entre eux, année après année, choisissent la voie de la harraga (émigration clandestine vers l’Europe), au risque de leur vie – ils sont déjà des milliers à l’avoir perdue. Tandis que d’autres choisissent directement, de plus en plus souvent, l’atroce immolation par le feu…

     

    Vingt-deux ans après le coup d’État, c’est toujours le coup d’État ! Que sait de nos jours un(e) adolescent(e) algérien(ne) à propos de ce qui structure son être ? Il/elle a grandi depuis 1999 avec Bouteflika et la violence faite à la vérité : on ne lui parle que de « réconciliation nationale », alors que la loi du silence et du déni continue de reproduire le mensonge et la haine. Sans parler de l’impressionnant désastre que constitue le système public d’éducation, devenu totalement incapable – quel que soit le dévouement des enseignant(e)s – d’assurer à la jeunesse la transmission des connaissances de base, faute de moyens et de volonté politique.

     

    Pour que l’espoir renaisse, malgré tout

     

    De la violence coloniale à celle du coup d’État de 1992, il est donc plus que jamais nécessaire aux témoins qui le peuvent d’expliquer le fonctionnement de toutes ces violences. Et des raisons historiques qui les rendent en Algérie tellement plus intenses et plus systématiques que chez ses deux voisins maghrébins, la Tunisie et le Maroc, comme peut le signaler une analyse de l’« économie politique de la violence au Maghreb ».

     

    On ne peut pas redonner la vie à ceux qui l’ont injustement perdue, ni réparer des destins irrémédiablement brisés par des « décideurs » qui n’ont que la violence comme mode de gestion. Pour toutes ces vies perdues, pour ce pays dont l’élan vers le développement et le progrès a été brisé, nous avons un devoir de déconstruire ce système et d’en révéler, au risque de la redondance, le moteur : la violence.

     

    Ce n’est qu’à cette condition que l’espoir pourra renaître. D’où l’importance, tout aussi grande, de soutenir toutes celles et ceux qui résistent, malgré tout. Et d’abord malgré le quadrillage serré de toute la société que perpétuent depuis des décennies les dizaines de milliers d’agents du Département de renseignement et de sécurité (DRS, ex-Sécurité militaire). Car face à la répression et à la désinformation de tous les instants, des Algériennes et de Algériens résistent obstinément. Comme les familles de disparus, qui se battent pour la vérité et la justice, on l’a dit. Mais aussi les syndicats autonomes de la fonction publique (éducation, santé, poste, transports…) et, depuis peu, du secteur privé, qui se mobilisent de plus en plus face à la dégradation de la situation sociale.

  • QUI FAIT BOUGER CES COCOS POUR DESTABILISER L'ALGERIE! FRANCE ET LES USA!!!

    Éducation nationale : deux syndicats optent pour la poursuite de la grève

    Hadjer Guenanfa

     

     

    Deux organisations syndicales ont décidé, ce mardi 11 février, de poursuivre leur grève à l’issue d'une réunion organisée au ministère de l’Éducation. Il s'agit du Conseil national autonome des professeurs de l’enseignement secondaire et technique (Cnapest) et du Syndicat national autonome des professeurs de l’enseignement secondaire et technique (Snapest). 

     

    La réunion organisée par la tutelle était finalement un « carnaval », déplore Nouar Larbi, coordinateur du Cnapest. « Le ministère a invité tous les syndicats, même ceux qui n'ont pas appelé à une grève, et les parents d’élèves. C’était une diversion ! », affirme-t-il. Pour son syndicat, la grève sera maintenue jusqu’à nouvel ordre. « Tout le monde a parlé au cours de cette réunion sans arriver à quelque chose de concret. Donc, la grève se poursuit et pour l’arrêter il est important d’organiser des négociations bilatérales », insiste Nouar Larbi.

     

    Son organisation revendique notamment la prise en charge du dossier de la médecine du travail, la rectification des « erreurs commises dans l’application du nouveau statut des travailleurs de l’éducation » et le « calcul de la prime du Sud sur le nouveau salaire de base ».

     

    Le responsable du Snapest, Meziane Meriane, se montre plus nuancé sur les résultats de la rencontre et évoque des points positifs et d’autres négatifs. Concernant les premiers, le syndicaliste cite notamment « l’amendement de l’article 31 bis du statut particulier de l’éducation » et « un accord sur la préservation des postes budgétaires des professeurs formateurs ».

     

    Pour ce qui est des seconds, il cite, entre autres, « la prime du Sud qui n’est toujours pas actualisée ». Mais le Snapest compte poursuivre la grève jusqu’à la fin de la semaine. « Les coordinateurs de wilayas vont se réunir, à la fin de la semaine, pour décider de la suite à donner au mouvement de protestation », assure Meziane Meriane.

     

    Cette rencontre intervient après les « menaces » de licenciement des enseignants grévistes dénoncées par les syndicalistes. « Plus il y a des menaces, plus le taux de participation à la grève augmente », affirme le responsable du Snapest. Le coordinateur du Cnapest affirme que des mises en demeure ont été envoyées aux travailleurs pour les amener à arrêter leur grève. « Même ceux qui n’étaient pas en grève nous ont alors rejoints. Est-ce qu’on peut radier 300 000 enseignants ? Il est plus facile de radier un ministre », lance Nouar Larbi. 

     

    La position de l’Unpef, troisième syndicat impliqué dans cette grève, n’était encore pas connue.

  • un poids deux mesure à la presidentielle2014

    Le général Yala dénonce le refus du ministère de l’Intérieur de lui fournir les formulaires de candidature à la présidentielle

     

     

    Le représentant du candidat à l’élection présidentielle Mohand Tahar Yala s’est vu « refuser par les services du ministère de l’Intérieur et des Collectivités locales les formulaires en nombre suffisant pour faire signer les nombreux électeurs voulant apporter leur soutien à sa candidature », a dénoncé le général à la retraite dans un communiqué ce mardi 11 février.

    La loi électorale exige en effet l’obtention de 60 000 signatures de citoyens inscrits sur les listes électorales pour valider cette candidature. 

    « Après un premier retrait de 60 000 formulaires, l’Administration, par des manœuvres dilatoires, refuse d’en délivrer un deuxième quota. Alors que d’autres candidats, selon nos informations, n’ont eu aucune difficulté pour obtenir les quotas demandés, dont certains s’élèveraient à plusieurs centaines de milliers », dénonce M. Yala. 

    « Ces pratiques sont inadmissibles et contredisent de manière frontale la profession de foi du chef du gouvernement, président de la Commission de préparation de l’élection présidentielle, de mettre à la disposition des candidats et des électeurs les moyens matériels et toute la logistique nécessaires pour un scrutin "sans failles" et de "préparer le déroulement du scrutin dans des conditions de transparence et de régularité" ». 

    Le général Yala exige du Premier ministre, président de la Commission de préparation de l’élection, de mettre fin immédiatement à ces pratiques. « À défaut d’agir dans les plus brefs délais, il prouvera ainsi au peuple algérien, que nous prenons à témoin, la volonté du pouvoir d’organiser une mascarade électorale avec un scrutin préfabriqué faisant concourir des "lièvres" pour maintenir coûte que coûte le pouvoir en place. Il devra alors en tirer et assumer toutes les conséquences en démissionnant immédiatement de ses responsabilités », ajoute M. Yala.

    Le général à la retraite affirme qu’il va prendre « toutes les dispositions pour dénoncer cette situation et appeler le peuple algérien à refuser ce diktat ».

  • Tout, sauf le peuple

     

    Par : Mustapha Hammouche

    Ce qui était d’abord perçu comme le début d’un déballage, dont on pouvait présager quelque fécondité politique, s’est transformé en une violente foire d’empoigne où les règlements de comptes personnels escamotent l’enjeu national. Après plus d’un demi-siècle d’Indépendance et un quart de siècle de multipartisme, le citoyen se voit sommé de se prononcer sur la question de savoir qui de ses tourmenteurs sont les plus cruels : ceux en civil ou ceux en treillis ?
    Après une si longue marche, durant laquelle tous les despotes accidentels auront essayé  l’autogestion, le socialisme, le monopole du discours, de la propriété, le parti unique, le multipartisme policé aux dépens du peuple, et durant laquelle tous les parrains d’Orient auront  testé sur lui l’arabisme, l’islamisme et le terrorisme, il réalise qu’il aura fait du surplace. Là où il n’a pas régressé.
    Une seule chose a changé : les tuteurs du peuple ont pris de l’âge. C’est, en effet, au spectacle d’une guerre de “retraitables” que l’on nous convie. C’est à qui débarquera en dernier. Dans un déchaînement de charges effrénées, chacun veut nous prendre à témoin de ce dont il accable l’autre. Et chacun veut convaincre le peuple qu’il est temps de mettre fin à l’abus de l’autre. Un peuple auquel l’on a, dans un consensus permanent, refusé les moyens de décider.
    Des patriarches qui ont fait toutes les guerres, qui ont sévi de concert ou successivement, qui ont entretenu un système conçu pour leur infini empire, se disputent, aujourd’hui, l’ordre de désistement. À plus de soixante-dix ans pour les plus jeunes, ils s’appellent mutuellement à céder la place, alors qu’aucun d’entre eux — à quelques rares exceptions — n’a jamais pensé à adapter le système à la nécessaire loi des générations. Il suffit de se rappeler avec quel enthousiasme le sérail s’était unanimement rangé derrière le démantèlement de la règle constitutionnelle de limitation de mandats, pour se convaincre de sa conviction antidémocratique partagée.
    Récemment encore, il était même question de succession héréditaire au pouvoir. Mais, apparemment, la vertu dynastique que la génération “historique” croyait avoir intégrée à son système n’a pas fonctionné et elle s’est trouvée confrontée au rude obstacle biologique. C’est, en quelque sorte, cette limite naturelle au pouvoir autocratique qui est à l’origine de la crise qui se révèle, ces jours-ci, avec fracas.
    Et dans tout ce vacarme, il n’est nulle part question du pays et de son avenir. Le peuple est sollicité en témoin, mais pas en arbitre, dans des conflits de sérail où chacun se légitime par les tares de l’autre.
    Il n’y a alors rien d’étonnant à ce qu’un peuple, indéfiniment occulté et désespéré d’une réhabilitation politique, finisse par se détourner de ce qui se passe. C’est, là, le résultat d’une situation soigneusement entretenue par les hommes de pouvoir depuis l’Indépendance : tout est fait de sorte que “la politique” reste une affaire d’initiés. C’est le principe de nos politiques, qu’ils soient en exercice, en réserve ou en opposition : “Tout sauf le peuple.” Il est peut-être temps de vous débrouiller seuls.

  • La révélation de Boudina

     

    Dans une déclaration rendue publique hier, Mustafa Boudina a «salué» et «remercié» l’ANP pour sa mission permanente au service du pays, mais a aussi regretté la responsabilité du DRS «dans le mauvais choix de responsables».
    Il cite à cet effet le cas de Amar Saâdani que «le DRS de Ouargla a fabriqué et propulsé aux hautes responsabilités».
    L’ex-sénateur du tiers présidentiel précise à propos du secrétaire général du FLN : «Il était sous mes ordres comme militant à la kasma de Ouargla lorsque j’étais mouhafedh dans cette wilaya de 1982 à 1986. C’était un élément très assidu du secteur militaire-DRS.»

  • La note du DG

    L’ensemble des chaînes et stations de la Radio nationale ont été destinataires d’une note du DG de l’ENRS leur enjoignant de passer des spots à la gloire du président de la République. C’est ce que révèlent des sources informées qui indiquent que des spots élogieux quant à «l’œuvre» de Bouteflika sont actuellement diffusés sur certaines radios nationales.

  • Zbel !

     

    Par Hakim Laâlam  
    Email : hlaalam@gmail.com
    Demain, et à moins de deux mois des présidentielles, je
    vous dirai tout sur…

    … le passé de ma grand-mère qui, encore enfant, piquetait
    les cakes au citron qu’elle préparait avec du clou de girofle !

     

    Tu fais quoi, là ?
    - J’enfile des gants.
    - Et c’est quoi cette pince à linge ?
    - Je bouche mon nez avec.
    - Et là, à quoi tu t’amuses exactement ?
    - Je place un masque chirurgical stérile sur ma bouche.
    - Et c’est quoi ces bombes ?
    - Des vaporisateurs !
    - Oui, d’accord, je vois bien que ce sont des vapos. Mais quels genres ?
    - Des désodorisants. Celui-ci, c’est parfum pêche. Celui-là est aux embruns marins. L’autre, le 3e, c’est romarin, lavande et framboise des bois. Un pot-pourri !
    - Et c’est quoi ce machin blanc que tu mets par-dessus ta chemise et qui pendouille à mi-jambe ?
    - Un tablier !
    - Tu vas faire quoi avec tout cet attirail ? Curer ta fosse septique ?
    - Pis !
    - Pis que la fosse septique ? Tu débouches les égouts devant chez toi ?
    - Pis !
    - Pis que la fosse septique et les égouts de quartier, je ne vois vraiment pas.
    - Allez ! A toi je peux bien le dire. Tout ce manège, c’est parce que je vais allumer mon micro pour avoir des nouvelles de la pré-campagne électorale pour les présidentielles du 17 avril prochain.
    - Quoi ? La présidentielle ? Et c’est tout ce que tu prends comme précautions ? C’est de l’inconscience, mon ami. Moi, quand je veux me tenir informé des dernières nouvelles autour de ce scrutin, avant d’allumer mon ordi, j’appelle une équipe du déminage, je bipe la police scientifique et je me force à vomir avant, question de limiter les risques ensuite. Et si tout va bien après, si je n’ai pas rendu toutes mes tripes, alors, pour apaiser mon corps et mon esprit, je fume du thé pour rester éveillé à ce cauchemar qui continue.
    H. L.

  • Lettre au juge d'instruction en charge du dossier Sonatrach 2

     

    Par Maâmar Farah
    Monsieur,
    Début août 2013, vous lanciez un mandat d'arrêt international contre 9 personnes dont Chakib Khelil, son épouse, leurs deux fils, Bedjaoui et trois complices présumés de ce dernier. Auparavant, un juge italien du parquet de Milan a poursuivi Farid Bedjaoui sur la base des preuves matérielles apportées par un responsable de Saipem. L'homme d'affaires algérien recevait 3% sur les 8 milliards de dollars perçus par les Italiens ! Tout en se sucrant, il versait de grosses sommes à ceux qui avalisaient ces contrats douteux (avec une surfacturation de 30%).
    Monsieur,
    Vous avez fait là une grave erreur car vous avez été intoxiqués par le DRS. C'est le chef du FLN qui le dit. Peut-on douter de la parole du patron du vieux parti ? Selon lui, M. Chakib Khelil est l'un des cadres les plus intègres du pays.
    Mais si vous-même et toute la justice algérienne avez été manipulés par le DRS, que dire alors de la justice italienne ? Il est fort le DRS ! Quand on pense qu'un juge américain est également sur le dossier, que des magistrats et des enquêteurs canadiens et français sont en train de percer le mystère Chakib Khelil, on en vient à la conclusion que ni la CIA, ni le KGB ne contrôlent le monde, mais c'est bel et bien le DRS !
    Alors, il ne vous reste plus qu'à demander pardon à l'honnête citoyen si Chakib !
    maamarfarah20@yahoo.fr

  • Les Norvégiens victimes de Chakib Khelil et des Marocains

    LA SOCIÉTÉ YARA INTERNATIONAL HÉSITE À INVESTIR EN ALGÉRIE

     

    L’implication de Chakib Khelil dans les affaires de corruption et les pressions exercées par les autorités marocaines ont poussé le groupe norvégien Yara Inter-national à réfléchir sur l’opportunité de renoncer à ses investissements en Algérie. Avec Asmidal, une filiale de la Sonatrach, le groupe Yara devait investir deux milliards de dollars dans une usine d’ammoniac, d’acide nitrique, de nitrate d'ammonium. Il devait également investir conjointement avec les Qataris, la somme de 3,5 milliards de dollars pour la construction d’une usine d’acide phosphorique à Oued Kebrite.
    L’ombre de Chakib lil

    Hier, la presse norvégienne a fait état de nouveaux rebondissements dans la plus grosse affaire de corruption jamais découverte en Norvège. Le gouvernement a décidé de revoir de près les comptes du groupe Yara, qui a été condamné, il y a quelques jours, à verser une amende de 48 millions de dollars pour avoir accordé des commissions à de hauts fonctionnaires libyens.
    Le fonctionnaire libyen n’est autre que l’ancien ministre du Pétrole Choukri Ghanem, l’associé de Chakib Khelil dans la société CGKL Associates, fondée le 20 février 2012 à Vienne. Cette société a été mise en veilleuse, suite à la mort suspecte de Choukri Ghanem en date du 29 avril 2012 (Cf. notre édition du 17 mars 2013). L’autorité norvégienne des crimes économiques a condamné quatre membres de la direction du groupe Yara, dont le P-dg, pour crime de corruption et paiement illégal de commissions à Choukri Ghanem.
    Le lien entre ce dernier et notre ancien ministre de l’Energie a donné à réfléchir sur les risques courus par les Norvégiens en Algérie.
    Le Makhzen toujours actif
    Pour leur part, les Marocains ont joué un rôle important dans cette affaire de Yara. En décembre 2011, le groupe de l’Office chérifien des phosphates (OCP) et Yara international ont signé un accord de partenariat global.
    L’office avait décidé de prendre une participation de 50% du complexe industriel et portuaire de Yara à Rio Grande, au sud du Brésil, qui comprend une unité de production d’engrais phosphatés et des capacités de stockage d’engrais.
    L’office marocain s’était engagé à livrer le phosphate nécessaire à la production d’engrais de cette unité.
    Cet accord reposait en fait sur l’exportation en toute illégalité du phosphate extrait des territoires occupés du Sahara Occidental. Les autorités marocaines ont donc usé de ces arguments pour empêcher l’arrivée en Algérie du groupe norvégien.
    Car, ils redoutaient que les Algériens exercent des pressions sur Yara afin de briser l’association avec le Maroc. Jusqu’à présent, le groupe Yara est resté muet sur l’avenir de ses investissements en Algérie.
    Mokhtar Benzaki

  • #Algerie L'indépendance confisquée

    N’est-il pas temps de donner son premier mandat au peuple algérien après cinquante ans d’indépendance ?

    Fersaoui Abdelouahab

    Les soulèvements populaires qu’ont connus les pays du Maghreb et du Machrek ont apporté un changement au paysage politique de la région qui a connu la chute de quelques dictateurs. En Algérie, les mouvements de contestation de janvier 2011 ont poussé le pouvoir, par le biais du président Bouteflika, à annoncer une série de réformes dites démocratiques. Malheureusement, ce mirage de réformes n’est en réalité qu’un recul et une régression des espaces et de la pratique démocratique payés par le sang des jeunes d’octobre 1988. Le contenu répressif, anticonstitutionnel et antidémocratique de la loi 12/06 relative aux associations a été à l’origine d’une mobilisation de quelques acteurs associatifs pour contester cette loi jugée liberticide et scélérate. Une pétition a été lancée par un collectif d’associations pour l’abrogation de cette loi, d’autres actions de sensibilisation et de plaidoirie sont envisagées.

    A mes yeux, c’était une dynamique prometteuse à laquelle je crois toujours. Quelles que soient nos opinions et nos sensibilités politiques, l’abrogation de la nouvelle loi sur les associations est le dénominateur commun vers lequel nous devons tous converger. Il est toutefois important de rappeler que les associations et la société civile, en tant que forces de veille, de proposition et de mobilisation, doivent être un acteur central dans l’élaboration et la mise en œuvre de politiques publiques visant le développement social, économique et démocratique. Tout comme dans les démocraties du monde qui reconnaissent la démocratie participative, il revient de droit à la société civile de s’exprimer d’une manière libre et autonome sur des questions d’actualité. Elle sert aussi à relever et à signaler, en toute liberté, les carences politiques et sociales. Elle doit participer au contrôle, à l’évaluation des politiques publiques et faire émerger un contre-pouvoir indépendant du pouvoir réel.

    Hélas, la réalité est tout autre. Le pouvoir algérien, comme tout pouvoir autoritaire à façade démocratique craignant la culture du dialogue, solidifie et consolide sa pédagogie dictatoriale en verrouillant tous les espaces de débat. Tout cela me mène à dire que toute tentative pour reconquérir les espaces de libre expression doit passer par une mobilisation des forces politiques, sociales et intellectuelles car la nature a horreur du vide, le système puise sa force dans nos faiblesses.

    Dans cette conjoncture difficile, le défi pour la société civile algérienne ne se réduit pas à une campagne pour l’abrogation d’une loi aussi importante soit cette campagne à mener. Elle doit se hisser à l’image de la société civile tunisienne qui a su encadrer, orienter et préserver sa révolution. L’adoption d’une Constitution issue d’une constituante démocratiquement élue en est le résultat, nous devons nous en inspirer.

    Malgré l’utilisation de la rente pétrolière dilapidée pour se payer une base sociale par le biais du clientélisme, de la corruption et des appareils idéologiques qui sont à son service, le pouvoir est en panne de perspectives. La détérioration de l’état de santé du président, et la lutte des clans au détriment de l’intérêt général du pays qui n’est aujourd’hui un secret pour personne, ont mélangé les cartes des décideurs. Ajoutons à cela les mutations qu’a connues la région à travers les soulèvements populaires, les problèmes politiques et socio-économiques, les contestations cycliques sur le territoire national, l’instabilité aux frontières et les violences qui endeuillent la vallée du M’zab et d’autres régions du pays, ces évènements risquent de prendre des proportions dangereuses sur la cohésion sociale et l’unité nationale.

    À trois mois de l’élection présidentielle, le paysage politique est marqué par un flou et une démobilisation totale, malgré l’importance de cette échéance qui vient dans un contexte national et régional exceptionnel où le pays a besoin de toutes ses forces vives pour amorcer un processus de transition sérieux, rassembleur et déterminé vers une véritable démocratie et vers un État de droit consolidé par  des institutions fortes qui respectent la souveraineté populaire.

    On est à une époque, un moment où le politique est en pleine régression, le débat national est bipolarisé sur la candidature ou non de M. Bouteflika, alors que la seule question qu’il faut se poser est la suivante : « N’est-il pas temps de donner son premier mandat au peuple algérien après cinquante ans d’indépendance ? » Car la non candidature de Bouteflika n’est pas suffisante et ne garantit pas le changement. Loin de la volonté du peuple, le pouvoir en place cherchant à se pérenniser avec Bouteflika ou avec quelqu’un d’autre.

    D’un autre côté, la passivité de la société civile, société politique et intellectuelle ne peut que donner de l’opportunité au régime de prolonger sa vie au détriment de l’intérêt général du peuple algérien, et de reporter le  changement souhaité  et longuement attendu par les Algériens  une nouvelle fois à une autre date inconnue.

    Face à ce statu quo du pays et le contexte régional, le changement est impératif, on ne peut pas nager longtemps à contre-courant, la prochaine élection présidentielle devrait être une opportunité de sortie de crise à saisir à la fois par le peuple algérien et le pouvoir en place qui a atteint ses limites.  

    L’ouverture effective du champ politique et médiatique, la garantie de toutes les libertés individuelles et collectives et le respect de la volonté du peuple algérien sont des préalables indispensables pour assurer une solution politique globale avec la concertation et la participation de toutes les forces crédibles. Pour cela, il est temps que les forces vives, démocratiques et progressistes dépassent leurs divergences d’hier, et s’unissent autour des souffrances d’aujourd’hui et les espoirs de demain.

    L’enjeu actuel consiste à se concerter et à tracer une stratégie de lutte commune. A mon avis, il est temps d’organiser et de reconstruire les forces politiques et sociales, de les adapter aux exigences de la conjoncture actuelle et aux besoins et aspirations du peuple algérien qui aspire à exercer sa citoyenneté pleine et entière.

    Secrétaire général du Rassemblement action jeunesse* (RAJ)

     

  • LE DRS CONTRE SAID BOUTEF

    Hichem Aboud réplique à Saïd Bouteflika

    Hadjer Guenanfa

    Saïd Bouteflika a décidé de rendre publique la lettre que lui a adressée Hicham Aboud où il lui porte de graves accusations. Le frère cadet du président de la République refuse de se taire et l’ancien capitaine du DRS continue de le défier. « La plainte est la bienvenue. Il la déposera parce que je lui ai posé des questions à travers une lettre qui lui a été destinée exclusivement à titre privé ? », réplique M. Aboud dans une déclaration à TSA ce lundi 10 février. Et d’ironiser : « le conseiller spécial du président de la République a besoin d’un conseiller juridique et de conseillers en communication ».

    Ce matin, Saïd Bouteflika a affirmé, en exclusivité à TSA, avoir reçu une lettre de Hicham Aboud, par le biais de la présidence de la République, et avoir ordonné de la rendre publique pour prendre l’opinion publique à témoin. Lire

    « Ce n’est pas du chantage ! »

    Au-delà des critiques, la lettre de l’auteur de La mafia des généraux suscite de nombreuses questions. La première concerne le timing choisi. Son envoi intervient trois jours après l’interview accordée par Amar Saâdani à TSA et où celui-ci formule de virulentes critiques contre le DRS. « Cette lettre a été écrite depuis trois mois. Mais je n’avais pas réussi à avoir son numéro de fax. Ce dernier m’a été récemment envoyé », se justifie M. Aboud. « En juin, j’avais déclaré lors d’une conférence de presse que je préparais un livre sur les perversions de Saïd Bouteflika », ajoute-t-il. Notre interlocuteur réfute catégoriquement la thèse du chantage. « Je n’ai pas à faire du chantage ! Quand je fais de l’investigation, je n’écris jamais sur une personne sans l’avoir consultée. Je l’ai fait avec le général Larbi Belkheir, avec Mohamed Raouraoua et Melzi par exemple », affirme-t-il avant d'insister : « Je n’ai rien à voir avec Saâdani ou le général Toufik. Ce général Toufik, je ne saurai me mettre sous sa protection ou rouler pour lui alors qu’il est incapable de se protéger lui-même ».

    « Le général Toufik veut rendre service à Saïd Bouteflika !  »

    Hichem Aboud dit d’ailleurs être sur le point de publier une contribution intitulée « cette pseudo guerre des clans ».  Une guerre qui se fait, selon lui, « à sens unique et dans laquelle le général Toufik, qu’on présente comme étant ‘’Reb Dzair’’, ne cesse de prendre des coups de la part d’un homme qui n’a aucune fonction officielle dans l’État algérien ». Cet homme est « Saïd Bouteflika qui a pris en otage l’Algérie, son peuple et son président pour servir ses propres intérêts personnels et la clique qui l’entoure ». Pour lui, le patron du DRS voulait même rendre service à Saïd Bouteflika. « Au moment où il recevait des coups de sa part (limogeage de ses cadres, limitation de ses prérogatives, suppression de certaines structures du DRS), le général Toufik m’a envoyé des émissaires pour me supplier de renoncer à la rédaction du livre. Chose que j’ai refusé ! », jure Hichem Aboud avant de lancer : « le général Toufik veut rendre service à Saïd Bouteflika ».

    « S’il ne répond pas à mes questions, je mettrai ces informations au conditionnel »

    Autre question que suscite la lettre de Hichem Aboud, celle liée aux preuves qu’il détient vu les graves accusations qu’il formule à l’encontre de Saïd Bouteflika. « C’est ce qui se dit ! Moi, je veux combattre la rumeur par des informations. S’il ne répond pas, j’aurais mis ça au conditionnel. J’aurais dit que c’est la rumeur », dit-il. Dans sa lettre, Hichem Aboud évoque d’abord la vie privée du frère du président de la République. « Je n’ai jamais envisagé de rendre public les détails sur son homosexualité tenant compte de la pudeur du lecteur algérien et du fait que mes enfants vont lire ce livre », se défend-il. Ces détails doivent être envoyés, selon lui, à un psychologue qui sera chargé d’élaborer une analyse en vue de dresser « le portrait de Saïd Bouteflika ».

    Hichem Aboud dit les avoir mentionnés dans sa lettre pour prouver au destinataire qu’il était « parti très loin dans ses investigations ». Il  parle et accuse Saïd Bouteflika de corruption et cite certaines affaires comme Sonatrach et l’autoroute est-ouest « Je lui ai posé la question sur la facture de l’hôtel Meurice. C’est connu qu’ils (les membres de sa famille, ndlr) ont séjourné dans cet établissement où la nuit coûte 2600 euros et qu’ils étaient nombreux. Au lieu d’écrire des généralités, j’ai préféré demander le montant. Ce sont des gens qui racontent cela ! », dit-il.

    L’ancien directeur de Mon journal et Djaridati, deux quotidiens aujourd’hui disparus, ne détient visiblement pas de documents prouvant certaines de ses affirmations. « Dans les pratiques mafieuses, vous n’arriverez jamais à obtenir des preuves matérielles. Sinon, on sort du cadre mafieux. La mafia ne laisse pas de trace ! », argumente M. Aboud.

    Et puis dans l’investigation, « on s’appuie sur des témoignages qu’on doit recouper pour arriver à l’information. Et ils sont nombreux, ceux qui vont se bousculer pour donner des informations en tout genre. Et, je ne suis pas facile pour me laisser faire et dicter n’importe quoi, c’est pour cette raison que je lui ai envoyé une lettre », explique-t-il. 

    « Pourquoi je voue de la haine à Saïd Bouteflika ! »

     Hichem Aboud ne porte pas le frère du président de la République dans son cœur et il ne s’en cache pas. « Je lui voue plutôt de la haine ! », lâche-t-il sans ambages. Les raisons sont nombreuses. D’abord, les poursuites judiciaires dont il a fait objet et dont il tient pour responsable Saïd Bouteflika. Des poursuites lancées suite à un article paru dans ses deux quotidiens sur l’état de santé du chef de l’État et son retour en Algérie. Ensuite, « il (Saïd Bouteflika) a pris la décision, le 6 juin, de me priver de la pub de l’ANEP. Il a actionné la justice pour m’interdire de sortir du territoire national et il a actionné l’imprimerie pour suspendre le tirage des deux quotidiens pour une dette de 4,5 milliards de centimes alors que d’autres journaux avaient des dettes de 200 à 300 milliards de centimes », raconte-t-il.

    Et Hicham Aboud de poursuivre : « Il (Saïd Bouteflika) va plus loin en actionnant les services de police pour me mettre sous écoute téléphonique. Deux personnes avec lesquelles j’étais en contact téléphonique ont été convoquées au commissariat central d’Alger, ce sont les deux frères Adimi, deux colonels à la retraite », relate notre interlocuteur.

    Saïd Bouteflika « pousse le bouchon trop loin », poursuit-il, « en ordonnant à la police de lancer un mandat d’arrêt international à mon encontre et de demander au consulat général de Lille de me priver du renouvellement de passeport, de l’inscription sur la liste électorale et de la carte consulaire ». En fait, Hichem Aboud annonce clairement son objectif à travers son nouveau livre : « Comment voulez-vous que je ne fasse pas payer à Saïd Bouteflika toutes ces injustices et exactions ? Il se comporte en petit dictateur et par mon livre je vais le remettre à sa place ».

     

     

  • C’est triste et malheureux pour ma patrie !

    Hafid Derradji

     

     

     

    Tout au long des quatre jours que j'ai passés en Algérie la semaine dernière, et comme nombreux de mes concitoyens, j’ai été très touché de constater le sentiment de peur et de désespoir chez beaucoup d’Algériens, en raison de ce qui a été soulevé dans les médias nationaux et étrangers comme annonces, réactions, spéculations et rumeurs à la suite des déclarations dangereuses du Secrétaire général du Front de libération nationale (FLN) à propos de l’une des structures les plus importantes de l'institution militaire.

    Mais, ce qui est frappant, c’est le silence du Président et ministre de la Défense nationale, ainsi que celui de certains partis politiques et personnalités publiques face à d’aussi graves accusations qui ont porté atteinte à l'image de l’Algérie, à son peuple,  à ses institutions et aux sacrifices de ses enfants.  

    Pourtant, ces accusations risquent d’avoir des répercussions à la fois internes et externes et de menacer la stabilité que prônent les adeptes du quatrième mandat qui n'ont pas hésité à détruire les institutions de l'État, à porter de grands coups à ses hommes et à tout sacrifier pour rester au pouvoir.

    Outre la personne, et quels que soient les noms, accuser le Département du renseignement et de la sécurité (DRS) d’avoir failli dans sa mission de lutte contre le terrorisme et les crimes qui se sont produits par le passé, c’est accuser le ministère de la Défense nationale et l’Armée populaire nationale toute entière.  C’est une accusation contre le Président lui-même en sa qualité de ministre de la Défense.  Par conséquent, ce ministre n’a pas accompli sa mission pour corriger toutes ces défaillances, révélées par le Secrétaire général du parti dont le président de la République est le président d’honneur.  

    C’est aussi une preuve d'ignorance, d’un manque de conscience grave et du désir de détruire l'État afin de continuer à monopoliser le pouvoir, à piller les richesses du pays et à garder les gens en otage entre les mains de mercenaires qui risquent de nous faire payer très cher avant de nous rendre notre pays et notre président.

    Lorsque ce genre de déclarations et d’accusations émanent de la France et des ennemis de l’Algérie à l’étranger, comme ce fut le cas à l’époque du fameux slogan « Qui tue qui ? » cela peut être géré comme nous l’avions fait justement dans les années quatre-vingt-dix.  

    Mais que ces propos soient prononcés par un responsable du parti au pouvoir qui a mené la révolution pour la libération de l’Algérie et sa construction et qui est présidé honorifiquement par le chef de l’État,  un parti qui a toujours été représenté par les hommes les plus valeureux de l’Algérie, me mène à me poser de véritables questions.  Notamment dans la conjoncture actuelle où les instituions de l’État sont très fragiles et où les luttes pour la présidentielle font rage.  C’est aussi le déclin des valeurs et la régression dans tous les domaines de la vie, où une personne comme Chakib Khelil est présentée comme l’homme fidèle de la nation et les hommes de l’institution militaire des traitres !

    Ce qui s'est produit soulève un certain nombre de questions et de points d'interrogation.  J’ai eu la chance de trouver des  réponses rassurantes en discutant avec certains hommes fidèles de la nation, connus pour leur sagesse et leur esprit de responsabilité face à cette situation critique qui a conduit à la méfiance, à l'intimidation et au scepticisme et à plus de rumeurs.   Je vais vous exposer leur point de vue, afin de comprendre ce que les opportunistes et les mercenaires font à notre Algérie : 

    Pourquoi lancer de telles déclarations et accusations maintenant ? Et pourquoi celui qui les a lancées est-il resté silencieux tout ce temps ? Où était le secrétaire général du FLN auparavant lorsque les hommes mouraient pour la nation ? Et pourquoi accuser justement le DRS au sein de l’institution militaire et non d’autres départements ? Et où sont le Président et le ministre de la Défense, ainsi que son secrétaire général ? Ne devraient- ils pas prendre les mesures nécessaires et déposer une plainte contre tous ceux qui souhaitent porter atteinte à l'armée ? Où est le Procureur général pour ordonner une enquête sur cette l’affaire ? Ou bien devons-nous attendre que la France et des organisations internationales nous ordonnent de le faire ? Où sont les hommes libres et indépendants du FLN pour renier ces charges ou pour soutenir leur secrétaire général qui ne sait plus ce qu’il dit ni ce qu’il fait. 

    Alors, vient la grande question : qui est derrière celui qui a fait éclater tout ça ? Est-il conscient qu’il a lancé une sorte de bombe atomique destructrice pour l’Algérie ? Une Algérie  qui devrait être au-dessus de tous les hommes quels qu’ils soient.  

    Je suis convaincu que de nombreux Algériens ont des réponses à certaines de ces questions. Je sais aussi qu’ils sont conscients que la bataille pour la présidentielle et la course pour s’approprier l’Algérie ont atteint leur summum  face au silence du Président et à son absence de la scène politique, et face à la sagesse et la prudence des hommes de ce pays qui sont toujours prêts à défendre leurs positions et les institutions de la République.  

    Ils sont conscients qu’affaiblir l'institution militaire et lui porter préjudice c’est affaiblir et risquer la stabilité de l’État  et porter atteinte à sa souveraineté et son équilibre. Ceci peut déstabiliser les institutions  et faire tomber l’État entre les mains d’opportunistes et d’ignares qui ne se rassasient pas et qui n’hésiteront pas à mettre le pays à genoux.  Pour toutes ces raisons, il faut lutter contre eux en usant de tous les moyens légaux et législatifs sans peur et sans hésitation.  Car la peur conduit à la révolte et la sagesse est la base du courage dans la vie.  L’Algérie est notre priorité à tous quelles que soient les circonstances.

  • Urgent : Ali yahia Abdenour, Taleb Ibrahimi et Benyelles contre un quatrième mandat de Bouteflika

     

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    Le front anti quatrième mandat de Bouteflika s'élargit. Trois personnalités politiques viennent de rendre public une déclaration dans laquelle ils disent non au 4eme mandat. 

    Dans un communiqué rendu public ce lundi, Ali Yahia Abdenour, Ahmed Taleb Ibrahimi et Rachid Benyelles disent non "à une quatrième candidature de M.Bouteflika" et appellent " les forcessaines du pays - et notamment celles attachées à la justice et çà la moralisation de la vie politique- à exprimer leur refus par tous les moyens pacifiques qu'ils jugent utiles (...)" et au cas ou la candidature de Bouteflika est maintenu "de boycotter massivement l'élection".

     

    Les trois signataires, après un rappel de toutes les étapes vécues par le pays depuis 1999, considère que "l'Algérie, depuis l'indépendance n'a jamais connu de conditions aussi favorables pour son développement au cours des quinze dernières années, sa regression politique, économique, culturelle et ethique n'aura malheureusement, jamaisété aussi grande qu'au cours de cette même période". 

    Ali Yahia Abdenour, Taleb Ibrahimi et Rachid Benyelles estime que cette "déchéance est l'oeuvre de la coterie au pouvoir qui pousse maintenat l'arrogance jusqu'a vouloir imposer un quatrième mandat dans un climat délétère aggravé par une situation explosive dans le sud du pays et des déclarations irresponsables faites hélas au nom du FLN".

     

    "Aussi et devant le viol qu'il s'apprete à faire subir une nouvelle fois à notre peuple, nous, signataires de cette décalration, considérons qu'il est de notre devoir, devant dieu et le peuple algérien, de dénoncer publiquement et solennellement, ses dérives politiques et morales inacceptables, sa gestion desastreuse des affaires de l'Etat et son immobilisme face au développement du régionalisme, du communautarisme et des forces centrifuges qui menacent le pays d'éclatement", écrivent Ali Yahia Abdenour, Taleb Ibrahimi et Rachid Benyelles.

     

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