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  • Me Farouk Ksentini :: " Je souhaite une grâce présidentielle pour Mohamed Gherbi"

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    " En tant qu’avocat, je suis contre la peine de mort. Je n’ai pas compris pourquoi cette personne a été condamnée à mort, bien que je respecte la décision rendue par le juge. Je ne comprends pas non plus comment son pourvoi a été rejeté. C'est ce qu'a déclaré Me Farouk Ksentini, le président de la Commission nationale consultative de promotion et de protection des droits de l’homme (CNCPPDH), interrogé sur le cas du patriote Mohamed Gharbi, par El-Watan .
    "Je souhaite que Mohamed Gharbi bénéficie d’une grâce personnelle présidentielle", a-t-il pousrsuivi.
    M. Ksentini s'exprimait à l'occasion du 5è anniversaire de l'annonce par  le président Bouteflika du projet de la charte pour la paix et la réconciliation nationale qui, selon lui "a consisté à désarmer les extrémistes, les terroristes d’un côté et les éradicateurs d’un autre" et qu'il considère comme "la plus belle victoire du peuple algérien depuis celle qui nous a fait obtenir l’Indépendance"
    Pour lui, "tous les démons qui habitaient le peuple algérien ont été exorcisés, et cela à l’initiative du président de la République et sous sa conduite. La charte a réalisé ses objectifs à hauteur de 95%." Acculé par le journaliste, il recconnaîtra cependant qu'il y a "malheureusement quelques poches de résistance, parce qu’il est extrêmement difficile de combattre le terrorisme ", invitant les Algériens "à tourner la page définitivement et oublier la décennie noire".
    "La principale fonction de la mémoire de l’homme, c’est d’oublier et non de retenir", a-t-il affirmé.
    Il a estimé à 9000 le nombre de terroristes qui se seraient rendus.
    Enfin, il annonce que les internés du Sud "ont subi un préjudice" et qu' "ils ont droit à une réparation morale et matérielle du préjudice qu’ils ont subi. Ceci est indiscutable."

    L.M.

  • « Le pouvoir algérien récompense les officiers criminels de la sale guerre »





    Même les symboles de l’Histoire ne sont pas épargnés !



    Ce 5 juillet, date hautement symbolique de l’indépendance, a été souillé par la promotion au rang de général du sinistre Mhenna Djebbar. Encore une insulte, à la mémoire des hommes qui ont rendu possible le miracle du premier novembre ; Encore une injure, à la mémoire des 250.000 victimes de la sale guerre! Encore un outrage á l’Armée Nationale Populaire de devoir désormais compter dans ces rangs un autre odieux général qui s’était acharné contre les Algériens à l’instar des Nezzar, Touati et Lamari pour ne citer que les plus illustres! Cette promotion n’a en fait rien de surprenant, elle ne fait que confirmer la logique du pouvoir qui glorifie le bourreau de milliers d’Algériens qui ont eu le malheur de tomber entre ses griffes.


    En dépit de quinze années sanglantes, le mépris voué aux citoyens qui assistent impuissants à la destruction et au démantèlement systématique de la société algérienne est criard et se traduit au quotidien par les ignobles manigances, les gesticulations des plus sordides telles que la gratification des criminels, La corruption effrénée de la classe politique, la soumission des médias, la manipulation des masses, la rétribution des médiocres et des incompétents, l’encouragement du vice et de la perversion, l’avilissement de la justice, la répression féroce de toute contestation, les luttes claniques pour l’accaparement de la rente avec un partage inéquitable des richesses… Cet acharnement sans limites qui vise à désarticuler toutes les structures sociales, n’est que le signe avéré de la volonté de ces imposteurs de vouloir à tout prix pérenniser ce système mafieux qui a conduit le pays à la catastrophe depuis 1962.
    La farce démocratique de 1989, interrompue quelques années plus tard par le putsch militaire de janvier 1992, a été habilement améliorée, mais il n’en demeure pas moins que cette pseudo démocratie sert de façade pour légitimer toutes sortes d’abus. Pour preuve, il suffit de constater le harcèlement permanent que subissent certains journalistes, sans parler des représentants des droits de l’Homme et des organisations qui revendiquent la vérité sur les disparus (pour ne citer que ceux-là). Il suffit juste de recenser l’ampleur des interdits qui pèsent sur certaines formations politiques qui luttent pour un changement réel pour mesurer la détermination des barons qui ont mis main basse sur l’Algérie.

    En revanche quel changement espérer avec ce paysage politique où se côtoient des partis satellites, domestiqués, simples figurants (à l’image de l’UDR) qui ont l’insolence d’afficher leur allégeance au DRS ? Il est vain et insensé d’espérer qu’un quelconque changement puisse venir de cette classe politique sclérosée et désuète, enfermée sur sa logique vassale.
    En réalité, seule une force populaire unifiée renversera ce régime criminel ! C’est par la prise de conscience de sa foi, de sa volonté, de ses capacités que le peuple algérien mettra fin à l’injustice, chassera les tortionnaires, ces géniteurs de terrorisme, ces gangsters qui prennent en otage tout un peuple par le biais du cabinet noir dirigé par des usurpateurs, à leur tête Larbi Belkheir, ses camarades DAF et leurs sbires.
    On ne peut que s’interroger sur les raisons qui poussent le pouvoir a multiplié les compromissions et concessions, allant jusqu’à hypothéquer les richesses du sous sol et brader la souveraineté nationale pourtant chèrement acquise par le sacrifice d’un million et demi de martyrs. Que signifie cette ouverture économique ? Pourquoi cette volonté d’attirer les investissements étrangers alors qu’aucune réforme économique sérieuse n’ait été engagée ?
    En réalité, il ne s’agit que d’une superposition de rôles ; A la force de l’arme s’est substituée la puissance financière. Les mêmes vieux et indéboulonnables acteurs se sont arrogés de nouveaux rôles, comme par exemple le général Mohamed Lamari qui par dessus son costume de militaire a enfilé le costume du businessman, gardant ainsi comme la plupart de ses pairs, un œil rivé sur l’armée et l’autre sur les affaires.
    Les nouveaux travestis cherchent à s’offrir ainsi un habit de respectabilité sur la scène politique internationale dominée par le libéralisme sauvage. En jouant sur le double tableau militaire et économique, les supplétifs de l’armée coloniale ne retrouvent que leurs réflexes du passé. Plaire au maîtres du monde et écraser leurs propres administrés.


    Ces manigances ont également pour objectif d’entraver toutes avancées de la Justice et de la Démocratie et d’aggraver le chaos social compte tenu de l’inadaptation flagrante non seulement de toutes les structures socio-économiques mais également l’impréparation du peuple algérien à une telle ouverture. Même si elle est connue, il importe de souligner la véritable motivation :


    Passés maîtres dans les techniques de corruptions, ces barons de la décennie rouge usent de l’ouverture économique et de l’investissement étranger, comme gage à leur impunité. Ces alliances conjoncturelles et ces gesticulations ne sont que des manœuvres dilatoires destinées à échapper à la justice, et de s’offrir au prix fort une nouvelle virginité qui leur garantirait l’impunité pour les crimes dont ils sont coupables, depuis et avant l’Indépendance.
    Pour ces criminels la seule règle qui leur importe est de sauver leur peau au détriment du peuple et de sa glorieuse histoire quitte à pérenniser un système honni et à bafouer les valeurs immuables de la nation algérienne. Ce discours par lequel ils prônent la réconciliation qui n’est basée sur aucun fondement juridique préalable, est des plus cynique, jouant d’une main sur les revendications des frondeurs, de l’humanité d’un peuple épuisé, tout en actionnant simultanément de l’autre main, la machine de mort : répression, enlèvements, tortures, asservissement de la presse, atteintes aux droits élémentaires des citoyens, etc. Parmi la multitude de preuves irréfutables sur cette politique à double vitesse, il est utile de citer au moins les deux cas flagrants que sont : le maintien en vigueur de l’état d’urgence décrété en février 1992 et la justice qui toujours en quête de son indépendance continue d’être subordonnée à l’état policier.


    Deux faits récents illustrent les plus grotesques impostures de cette junte militaire :


    1-L’une des parodies les plus caricaturales est bien le procès de Amari Saïfi alias Abderazak El para : cet émir du GSPC a été condamné par contumace alors qu’il est détenu dans un centre du DRS à Ben Aknoun. Pourquoi n’a t-il pas comparu à l’audience lors de son jugement? A-t-on eu peur de son témoignage ? A-t-il eu besoin de plus de temps pour apprendre par cœur la leçon à réciter lors de sa prochaine comparution ou du prochain show médiatisé ? Il est vrai que son rôle est quelque peu complexe : glorifier la mission du DRS et taxer s’il le faut beaucoup d’algériens de dangereux terroristes islamistes pour plaire aux puissances occidentales dominantes. L’autre hypothèse est celle de sa très probable liquidation vu qu’il constitue un témoin gênant qui menaçait l’édifice du DRS par ses révélations ? Une chose est certaine, les téléspectateurs qui ont suivi le reportage de sa captivité au Tchad, restent dubitatifs sur les capacités du « fils de Blanchette » à kidnapper une trentaine de touristes européens, à tenir tête aux forces spéciales multinationales en plein Sahara pendant près de six mois, et à négocier une forte rançon avec l’état allemand ! L’extravagance de la mise en scène est telle que le mystère qui entoure cette affaire demeure persistant pour le commun des citoyens, mais nous reviendrons prochainement avec un dossier détaillé sur cette énigmatique affaire et ses répercussions sur la région du Sahel. Affaire qui rajoute non pas à la confusion mais au grotesque de la manipulation d’un tel personnage : quelques temps avant sa capture par le mouvement rebelle tchadien (MDJT), sa mort avait déjà été annoncée (il aurait selon la presse glissé dans un ravin). Bref l’opinion retiendra que le para a été jugé sur la base des PV du DRS, piétinant ainsi le droit sans qu’aucun juge ne s’en offusque !


    2- Le procès de l’ex wali Bachir Frik traîne avec lui ses relents de règlement de compte en haut lieu et constitue une démonstration de mise en garde destinée à ceux qui oseraient dénoncer les dépassements ou envisageraient de contrarier les desseins des seigneurs du régime sanguinaire. Dans cette affaire, l’incarcération du l’ex wali d’Oran a servi d’exemple et de signal à tous ceux qui voudraient recourir à la justice. Pour avoir dénoncer les appétits voraces du général Kamel Abderahmane et de son subordonné de l’époque le commandant Aïssa Talbi Alias Ramzi et leur implication directe dans un vaste trafic de drogue, l’ex Wali a écopé de huit ans de prison. Ce général, le Pablo Escobar algérien, ex chef de la DCSA – Direction Centrale de la Sécurité de l’Armée - et membre influent du cercle très fermé de la mafia qui dirige l’Algérie, n’a même pas eu affaire à la justice. Qui peut ou pourrait l’inquiéter, lui le baron de la drogue qui jouit de l’impunité absolue grâce à son amitié avec le chef du DRS, alors que la drogue a inondé les rues de nos villes, n’épargnant ni les établissements scolaires, ni les hôpitaux, ni les casernes?
    Il est certain que tous les walis ne sont pas blancs comme neige mais s’en prendre à Frik avec un tel acharnement laisse perplexe puisque les faits qui lui sont reprochés ne représentent qu’une part infime par rapport aux malversations et autres faits graves commis par ses confrères qui eux, bénéficient de la protection des parrains du cabinet noir. Ce ne sont pas les exemples qui manquent tant la rapine et la corruption sont érigées en mode de gestion. Si de telles pratiques sont courantes c’est bien la faute aux harkis qui continuent de poursuivre leur œuvre de destruction en minant le développement et en cherchant à avilir les Algériens.


    Les huit années de réclusion écopées par l’ex wali peuvent être interprétées comme un avertissement à tout ceux qui, quelque soit leur rang ou leur fonction n’ont pas encore compris où se trouve le centre du pouvoir. Qui osera à l’avenir dénoncer les Larbi Belkheir, Smain Lamari, Médiène Mohamed et consorts ?
    Tant que les criminels occupent des postes névralgiques dans la hiérarchie militaire, le combat continuera et ne cessera qu’au moment de la comparution de tous les responsables de cette tragédie qui a coûté à l’Algérie plus de 250.000 victimes.
    Sur la liste des officiers génocidaires : Mhenna Djebbar, promu général le 05 juillet 2005, occupe une place de choix ! Qui est ce sinistre individu au comportement de voyous qui a causé tant de malheurs et endeuillé des milliers de familles ?


    De 1982 à 1986, il a été responsable de la prévention économique à Blida (1ere RM), avant d’être muté à Tamanrasset (6eme RM) puis à Ouargla (4eme RM) en tant que chef du CRI (centre de recherche et d’investigation). Djebbar qui était capitaine doit son ascension fulgurante au retour de Smain Lamari aux affaires en 1990, qui lui confiera en 1991 le CRI de Blida (1ere RM), plus connu sous l’appellation centre administratif Djeridel Mohamed, devenu le fameux « CTRI de Blida » après le putsch de janvier 1992.
    Mhenna Djebbar s’est illustré comme théoricien de la mort et fin praticien de la torture ; qui au nom de la lutte contre « l’intégrisme islamiste » est directement responsable de la mort de plusieurs milliers d’Algériens.
    Ceux qui avaient le malheur d’être envoyés au CTRI de Blida n’avaient aucune chance de ressortir vivant. Des femmes et même des gosses furent torturés sauvagement et exécutés sous ses ordres dans cet horrible centre de la mort.
    Personnage dépourvu de tout sens moral, assoiffé de pouvoir, il inculqua à ses hommes cette insensibilité, qui faisait d’eux des robots sans pitié, capables de tuer et massacrer sans état d’âme. Les éléments sous son autorité se comportaient comme des monstres barbares.
    La dérive était facilitée par les conditions du moment, pourrissement de la situation politique et sociale depuis 1989, absence manifeste de l’Etat, émergence du radicalisme, qui fut encouragé puisque le recrutement des intégristes radicaux s’opérait auprès des délinquants, pour la plupart des repris de justice attirés par l’islamisme à la sauce DRS avec son lot d’affaires juteuses (trafic de drogue, d’armes, de véhicules volés, …)
    Mhenna Djebbar ira jusqu'à considérer comme ennemi tout individu qui ne partageait pas sa perception des choses ou qui ne se soumettait pas à ses caprices ou à sa volonté, s'autorisant à tuer n'importe qui au nom du but à atteindre. Il a ainsi institutionnalisé le « terrorisme par procuration » et le « permis de tuer », comme nous le verrons plus loin.


    La manipulation politique par la violence dont le degré était modulé selon les seuls intérêts de la caste au pouvoir. Les paramètres sont régulés selon leurs ambitions : organisation d’élections, adoption de lois, justification de dérives et des atteintes aux libertés, désignation d’un fidèle serviteur à une fonction, ou mise à l’écart d’un « poulain » pour absence de zèle ou indocilité… L’une de leurs spécialités se présente comme un système tripartite de la manipulation de la terreur articulée autour de la confusion des données. Leur logique consiste à plonger la population dans la psychose de la terreur, puis à travers un battage médiatique de désigner les islamistes comme responsables, ce qui les autorise en troisième lieu à justifier la nécessité de l’intervention des forces de sécurité. C’est cette stratégie meurtrière qui a permis aux généraux d’obtenir l’assentiment d’une partie de la population et de la communauté internationale, moins regardante lorsqu’il s’agit de crimes perpétrés contre des « terroristes musulmans » !
    A partir de Blida, Mhenna Djebbar a noué des contacts solides avec les notables et dignitaires de la Wilaya de Tizi-Ouzou, plus particulièrement les commerçants et les Industriels. Rien de plus aisé dans la mesure où la wilaya de Tizi-Ouzou dépend du CTRI de Blida où il dispose du Bureau dit Sous-CTRI avec à sa tête le Commandant Rachid. Ce dernier, passé colonel au début des années 2000, fut assassiné dans des circonstances énigmatiques à Tizi Ouzou en 2003 par une femme médecin. Le procès s’était tenu à huis clos et la femme fut condamnée à une légère peine par le tribunal militaire alors même qu’il a été clairement établi qu’il s’agissait bien d’un meurtre avec préméditation.
    Ses relations dans la région lui ont permis aussi de tisser un réseau de correspondants lui permettant l’implantation des maquis « islamistes », puis leur neutralisation par une force « contre insurrectionnelle » composée de GLD (Groupes de Légitime Défense) et de patriotes qu’il prenait soin d’armer et d’instruire. Etant en possession de renseignements sur la localisation et les mouvements des uns et des autres, il pouvait diriger les opérations de sa sale guerre à partir de son bureau ou de l’hôtel « Palace », son lieu de fréquentation préféré.


    Mhenna Djebbar a aussi entretenu des contacts avec les personnes aisées de la wilaya de Blida qui le sollicitaient, pour des interventions au niveau des administrations à savoir le Service des Impôts, Police, justice, wilaya, douanes, etc…. Tous ces services s’opéraient bien évidemment avec des contreparties financières. Rien ne pouvait assouvir son appétit vorace pour le gain malicieux et facile tel que le rançonnement. Bien au contraire, il le perfectionnera même tout au long de la décennie rouge et l’inculquera à ses éléments qui l’incluaient à l’heure du partage de l’argent et des bijoux dérobés lors des perquisitions effectuées aux domiciles des suspects.
    Parmi les relations de Mhenna Djebbar qui ont jouées un rôle non négligeable dans la campagne de terreur, figurent entre autres Zeghaimi Tayeb, propriétaire d’une semoulerie à Blida, Stasaid Mohamed alias « Zaim» et les Frères Sidi El Kebir Mohamed et Nourreddine tous propriétaires d’une usine de Boissons gazeuses.
    Mhenna Djebbar entretenait également une relation étroite avec un certain Khelifati, un entrepreneur qui fut incarcéré au part avant à la prison Militaire de Blida pour trafic, faux et usage de faux de documents militaires (cartes de sursis, carte de reforme etc…).


    Fort du soutien du chef du CTRI, ce trafiquant notoirement connu à Blida sera intégré dans ses réseaux à Blida. La seule exigence de Mhenna Djebbar était le versement de sommes colossales en devises et l’organisation de soirées très arrosées en galantes compagnies ; procédé désormais classique que le chef du CTRI emploiera tout au long de sa carrière. L’« intouchable » Khelifati a grandement contribué à asseoir la notoriété de Djebbar au niveau de la région, surtout que ce dernier avait le droit de vie ou de mort sur tous ceux qui étaient considérés comme suspects intégristes ou catalogués « anti-pouvoir ».
    Les relations forgées au niveau de cette ville vont lui servir de prête-noms lors d’achat de biens immobiliers en Espagne. En outre c’est à travers les réseaux d’entrepreneurs plus que douteux que le colonel Djebbar s’est fait construire une somptueuse villa à Chéraga, villa financée par l’argent du racket et la collecte de « dons » provenant du business des armes vendus aux citoyens qui voulaient assurer leur autodéfense contre d’éventuels actes « terroristes ». En effet l’officier du DRS Djebbar Mhenna remettait des armes de poing à toutes ses relations qui s’acquittaient cash de cet « impôt » ou qui prenaient en charge ses dépenses à l’occasion de ses séjours annuels en France.
    Les réseaux constitués par Mhenna Djebbar répondaient à une structure des bandes criminelles organisées. D’un côté des intégristes des GIA (armés et ravitaillés par le CTRI de Blida qui leur fixait les cibles) et de l’autre des cellules de soutien chargées du racket et du financement comme en témoigne le cas de Stasaid Mohamed alias “Zaim”. Ce dernier sera par la suite récompensé par le DRS qui le propulsera au poste de député du RND alors qu’il n’avait jamais fait de politique auparavant ; la même récompense sera attribuée au maire de Boufarik ainsi qu’à beaucoup de serviteurs zélés du DRS.


    Lorsque le nommé Ounes Salem, un cheikh repenti du GIA originaire du Douar de Bouarfa avait cité Stasaid Mohamed comme étant le financier du GIA de ladite localité (le terroriste Bensidoum Mohamed était à cette époque l’émir du GIA, groupe urbain de Blida), Djebbar Mehena a tout fait pour éviter l’arrestation de son protégé et sa confrontation avec ledit repenti. Devant ces graves révélations qui avaient mis en péril le rôle de son agent, le chef du CTRI avait sommé Ounés Salem de rien ne divulguer de cette affaire s’il tenait à sa vie.
    Ce Stasaid Mohamed, qui a fait fortune pendant cette période sanglante, est lui même entré dans la « caste des intouchables », aussi bien à Blida qu’à Alger ; il a réussi à nouer des relations privilégiées avec le Wali de Blida Melizi Tahar dont il s’est devenu l’ami. Ce wali, qui doit sa carrière au DRS est en relation d’affaire avec le chef du CTRI de Blida, et tout ceux qui ont souhaité acquérir un lot de terrain ou une quelconque facilité administrative devaient obligatoirement transiter par Djebbar ou ses relais et surtout sans oublier de verser le pot de vin. C’était la « dîme » en vigueur imposée dans la région par le nouveau maître de Blida qui instauré la formule : « votre liberté en échange de ma protection » en d’autres termes : « la bourse ou la vie ».
    Le chef du CTRI a su se montrer généreux avec ses amis. Au lieu d’attribuer les armes de l’autodéfense aux villageois des zones rurales menacés par le GIA, Djebbar Mehena a préféré constituer un groupe de patriotes avec une trentaine de personnes ; dont le Chef fut le nommé Hamoudi Mohamed, un ex-gendarme ; qui sera armé et payé par l’armée non pas pour protéger la population mais la semoulerie de son ami Zeghaimi Tayeb, située dans un endroit isolé au niveau de la commune de Ain Kebir !
    Comme Zeghaimi Tayeb avait des contacts d’affaires avec des firmes italiennes spécialisées dans les pâtes et qu’il recevait périodiquement les visites des ingénieurs italiens chargés de la maintenance de son usine, le colonel Djebbar s’est chargé d’assurer la protection des italiens durant leur séjour à Blida en mettant à la disposition de son ami deux équipes du CTRI. Cette prise en charge débute à partir du moment de leur arrivée à l’aéroport Houari Boumediene jusqu’à la fin de leur mission. Il s’agissait là d’une « protection privée » payée par les deniers de l’Etat, alors qu’à la même période les pauvres civils se faisaient massacrer quotidiennement par les terroristes qui pullulaient dans la région de la Mitidja. En somme, le colonel Djebbar a monté au frais de l’Algérie, la première société privée de sécurité avec pour slogan publicitaire : « celui qui est riche et qui accepte de payer, ne sera jamais inquiété par les Groupes du GIA ! ».


    La même stratégie fut appliquée à d’autres industriels notamment à un certain Islam et à la famille Hamoudi, deux autres propriétaires de biscuiterie de la commune de Baba Ali et d’Alger. Tous furent plus ou moins forcés de payer tant que les terroristes du GIA redoublaient de férocité (destructions, saccages, incendies, menaces, assassinats, etc…) contre les industriels sans défense ou ceux qui ne pouvait s’offrir une protection.
    D’ailleurs dans le chapitre des groupes de soutien au GIA téléguidés par le CTRI de Blida, les exemples ne manquent pas. Citons encore le cas des frères Sidi El Kebir, Mohamed et Nourreddine, qui finançaient l’émir du GIA de Blida le nommé El Hachemi Badrani. Or il faut relever que durant la campagne électorale pour les présidentielles de 1999, les citoyens ont eu la surprise de remarquer la visite de Bouteflika à leur domicile et comble de la stupéfaction, un méchoui avait même été organisé en son honneur.
    Comment des « financiers du terrorisme sanguinaire » pouvaient du jour au lendemain se reconvertir en de fervents supporters du candidat du pouvoir ? La réponse est pourtant très simple. D’un coté le candidat du pouvoir n’est en fait que le candidat de l’Armée et en particulier des décideurs, et de l’autre le GIA n’étant par essence qu’une création du DRS. C’est le colonel Djebbar en personne qui avait soutenu l’adhésion des frères Sidi El Kebir au comité de soutien pour Bouteflika à Blida. De plus l’épouse du commandant Chawki, originaire de Tlemcen, travaillait comme secrétaire particulière dans l’usine des Sidi El Kebir.
    Des preuves irréfragables, notamment des témoignages formels et des procès verbaux d’écoutes téléphoniques, attestent de l’existence des liens étroits entre les émirs qui écument la Mitidja et leurs financiers qui ne sont autres que des relations intimes du chef du CTRI de Blida. L’objectif unique et commun à ces deux factions fut d’encourager le meurtre, de répandre la terreur pour faire fructifier leurs revenus et prospérer leurs affaires, en particulier dans le foncier et l’immobilier. Pris en otage, par complaisance ou par crainte de représailles des « terroristes », le citoyen ne pouvait que subir la loi de l’omerta.


    Le comble pour un corps dit « d’élite » est qu’il soit dirigé par des mafieux qui n’ont rien à envier aux narcotrafiquants ou aux proxénètes. Le palmarès du colonel Djebbar, comme celui de ses prédécesseurs à la tête de la DCSA (Direction Centrale de la Sécurité de l’Armée) Kamel Abderahmane ou le sinistre général Tartag Atmane alias Bachir, est des plus étoffé. Il est impossible d’énumérer ici le nombre des massacres d’innocents, de torture, d’extorsion de bien, de racket, de chantage. Il ne faut certes pas oublier son implication directe dans l’assassinat des moines de Tibehirine (cette affaire a déjà fait l’objet d’un article paru sur le site du MAOL) et celle dans la création de l’OJAL (Organisation des Jeunes Algériens Libres). L’OJAL qui fut une structure paramilitaire secrète chargée des exécutions sommaires de suspects, des liquidations extra judiciaires, d’opposants politiques et de l’élimination des témoins gênants. A cet effet il est utile de préciser que Djebbar Mehena a toujours sollicité et obtenu l’aval de sa hiérarchie pour accomplir cette sale besogne. C’est par conséquent en toute connaissance de cause que le général Smain Lamari lui a accordé le feu vert pour accomplir ce terrible génocide. Le chef du CTRI avait lancé alors en toute quiétude, ses hordes (droguées en permanence pour plus d’efficacité et sans soucis de remords) á l’assaut des « fiefs islamistes ». L’OJAL n’avait sévi qu’au niveau du territoire de compétence du chef du CTRI (Mitidja, Médéa, Algérois, Kabylie…), il n’y a nul trace ailleurs de cette éphémère organisation écran du DRS.
    Avant le déclenchement de ces expéditions punitives, le colonel Djebbar poussait le cynisme jusqu’à recommander au chef de la gendarmerie de Blida, le commandant Abdaoui Abdelhafid, de ne pas récupérer les cadavres tôt le matin afin que les citoyens puissent lire les messages de terreur laissés sur le corps des victimes. Cette méthode de conditionnement par la terreur fut un moyen efficace pour domestiquer la population et la forcer à la soumission. Cet acharnement avait un impact sur les jeunes islamistes, qui acculés, se sont précipités vers les maquis et sont ainsi tombés dans le piège tendu par les chefs du DRS et les harkis qui dirigent le pays.


    Le CTRI de Blida avait tout au long de la sale guerre, approvisionné les maquis intégristes en armement, munitions, et équipements (jumelles, boussoles, talkies-walkies,…) qu’ils soient du GIA ou de l’AIS. Cette dernière organisation fut immédiatement infiltrée, ce qui incita le général Lamari à planifier la « guerre » GIA-AIS-Patriotes afin que les Algériens s’entretuent sans réaliser qu’ils étaient manipulés par un pôle unique à savoir le DRS. Le CTRI s’est occupé aussi de la prise en charge sanitaire des éléments blessés aux combats. La plupart des émirs de l’AIS comme Kertali Mustapha, son adjoint Gacemi Ahmed alias Yahia Guermouh, ou du GIA comme Saidi Sofiane, émir du GIA de la localité de Bouarfa, ou son adjoint Abdallah Mohamed, ont tous transités par le centre de Blida. C’est d’ailleurs ces deux derniers qui ont procédés à l’enlèvement de feu Mohamed Bouslimani en 1993. Et comme par hasard, l’OJAL et le GIA ont tour à tour revendiqué l’enlèvement et l’exécution de l’ex numéro 2 d’El Islah oua el Irchad. Il est inutile de souligner que les commanditaires de son assassinat ne sont autres que Smain Lamari et son exécutant Mhenna Djebbar.
    Comment donc ne pas parler de génocide lorsque l’on évoque les opérations de « nettoyage ethnique » perpétrées par les miliciens contre la population des Beni Yagoub à Boufarik, qui a été dans son ensemble identifiée comme « terroriste » ? Sellami Toufik (alias le rouget), chef de la milice de Boufarik, recruté directement par le chef du CTRI a obtenu carte blanche pour arrêter, torturer et exécuter toute personne issue de cette tribu que ce soit à Benchaabane, à Sidi Moussa, à Bougara ou à Tablat. Profitant du déferlement de la violence, les miliciens ne s’étaient pas privés pour délester les victimes de leurs terres, de s’emparer de leur biens et de les tyranniser afin d’accélérer l’exode dans les milieux ruraux. La notion de butin de guerre avait pris tout son sens après une expédition punitive (pillage, viols,…), les jeunes captives qui avaient pu échapper à la mort ont souvent été astreintes à la prostitution sous le contrôle bienveillant de souteneurs, qui n’étaient autres que les comparses du chef du CTRI.
    Les populations qui vivaient dans les hameaux de la Mitidja forcées à l’exode en abandonnant terres et biens, ont payé au prix fort leur choix électoral qui déplaisait aux « généraux démocrates ». La cruauté et le sadisme des putschistes étaient tels qu’ils n’hésitaient pas à organiser des shows médiatiques, grossièrement servis à une presse complaisante et aux relais de la propagande au pouvoir. Comme le montre l’opération menée par les forces de l’ANP contre les « maquis de Oued Allel », alors qu’en vérité le général Fodhil Chérif n’avait attaqué qu’un village fantôme et n’avait fait que détruire des hameaux désertés par leur population puisque celles-ci avaient fui les lieux sous l’excès de persécution des milices et l’enfer imposé par les escadrons de la mort et autres groupuscules terroristes agissants pour le compte du DRS.
    La technique du chantage et de la compromission est une arme redoutable. Ne dit on pas que celui qui possède les renseignements possède le pouvoir ? Avec un service omnipotent et des moyens considérables, surfant sur la vague de la peur, la « folie terroriste » aidant, Djebbar eut la lumineuse idée d’étendre l’exercice du chantage aux personnes fortunées.


    Avec la complicité de son lieutenant Allouache Hafid (devenu officier supérieur depuis et qui n’est autre que le beau frère du général major Laalali Rachid alias Attafi), il lui suffisait d’ajouter les noms de ses « proies » sur les listes des personnes ciblées, récupérées auprès des terroristes arrêtés, puis de les appeler pour les informer que des attentats sont en cours de préparation contre leurs usines ou leurs commerces et qu’il est le seul capable d’assurer la protection de leur bien. A travers une prévenance habilement entretenue, un véritable racket fut instauré et qui prospèrera durant toute une décennie car les victimes n’avait d’alternatives qu’entre une protection du GIA ou celle du CTRI, et donc devait payer quelque soit le cas de figure.
    En contre partie Djebbar a su se montrer généreux en autorisant les magouilles de ses amis (importation de produits prohibés, avantages fiscaux, fraudes de toute nature, …). Cette politique du « donnant-donnant » et tous les avantages illégaux qu’elle procure, a permis aux chefs militaires d’obtenir l’assurance que personne ne pouvait remettre en cause cette rente bénie et à leur instar, leurs affidés faisaient leur beurre. N’est ce pas durant la décennie rouge que le nombre de milliardaires a miraculeusement explosé en Algérie ?
    Le cas concret de Abdelatif Chérif, ex sous officier de l’ANP originaire de Tébessa, propriétaire du luxueux hôtel « Palace » de Blida renseigne clairement sur les méthodes mafieuses qui avaient prévalues en cette période du règne de la « terreur intégriste ».
    Le « Palace » qui est connu à Blida comme un haut lieu de prostitution et de commerce illégal (bar, discothèque, trafic de stupéfiants,…) était assidûment fréquenté par Djebbar, et par la nomenklatura militaire. Jouant de la menace de fermeture de ce lieu de débauche, le chef du CTRI s’était assuré la totale soumission du propriétaire du « Palace » avec en prime le versement de sommes d’argents, les soirées « gratuites » avec whisky, repas et filles compris. Ceci pour la première étape.
    Pour entretenir la pression, Djebbar n’hésitait pas à inventer des mises en scène, notamment des « actions intégristes » contre l’hôtel le plus huppé de Blida, une tentative d’incendie par ci, une tentative d’attentat par là. De temps en temps lors d’arrestations de suspects, le chef du CTRI ne manquait pas d’appeler son « pigeon » au téléphone, pour l’inviter à venir constater de visu des détenus menottes aux poignets et yeux bandés, présentés comme les terroristes qui voulaient s’en prendre à son établissement. Il n’a de cesse de lui rabâcher le refrain : “Tu vois Monsieur Chérif, ces gens là voulaient t’assassiner et on les a arrêté avant leur passage à l’acte. Tu vois comme on te protège toujours!”. Ceci pour l’acte 2.


    Le propriétaire du « Palace » ignorait évidemment qu’il a été témoin d’une manœuvre dont le but est de raviver sa peur, de maintenir sur lui la pression par la menace terroriste et indirectement l’obliger ainsi à payer son souteneur. Il est vrai que durant la décennie rouge, l’alcool coulait à flot au « Palace », pourtant cet établissement a été épargné alors que de simples revendeurs d’alcool furent exécutés par les terroristes.
    Pour expliquer un tel miracle, il suffisait juste de savoir que la protection du « Palace » était assurée par le groupe du « terroriste de service » Rahmani Fouad, intégriste notoirement connu à la cité Benboulaid. Par étapes successives, Abdelatif Chérif était devenu un inséparable du chef du CTRI, jusqu’à en devenir son associé dans nombres d’affaires, notamment l’acquisition de biens immobiliers à l’étranger, en Espagne surtout. Le dernier volet de cette réalité scabreuse est qu’aujourd’hui Abdelatif Chérif est un des nombreux prête-noms de Djebbar. C’est une des techniques prisées par ces inqualifiables généraux pour dissimuler leur fortune et l’ensemble de leurs biens en utilisant une couverture, généralement le nom de l’épouse, d’un parent ou d’un ami qu’on tient par le chantage et qui n’a d’autres alternatives que de partager ses gains et ses immenses revenus. Chacun trouvant son compte dans cette délinquance financière de transferts des capitaux astronomiques, alors que les Algériens dans leur grande majorité sont voués inexorablement à la misère et à la précarité.
    Voilà comment en terrorisant la population et ciblant les plus riches, les paysans propriétaires terriens, le chef du CTRI a bâti sa réputation de « défenseur de la république » et s’est particulièrement mis en vedette dans le cadre de la « lutte anti-terroriste ».
    Une autre trouvaille du chef du CTRI fut de constituer des groupes terroristes qui sous couvert d’infiltrer les maquis qui n’étaient pas sous le contrôle du DRS (sic !) rançonnaient à tour de bras les commerçants et les industriels de la région.
    Comme les citoyens ignoraient que ces groupes agissaient sous la férule des agents du DRS et se soumettaient à leur diktat (comme ce fut le cas de Makhloufi Naceredine, bras droit d’Antar Zouabri qui sévissait aux douars de Maassouma et Amroussa, commune de Bouinen. Makhloufi Naceredine ne fut jamais inquiété et bénéficia par la suite de la loi sur la rahma alors qu’il avait même participé à plusieurs opérations commanditées par le DRS : enlèvements de citoyens et leurs exécutions au niveau de la cité Grit de Boufarik), Le chef du CTRI laissait faire ce manège puis après avoir réuni les preuves de leur soutien financier aux groupes armés, il entrait en action en convoquant les « imprudents ».


    Accusées d’aide et d’assistance aux groupes terroristes, menacées d’être présentées à la justice en période où les lois exceptionnelles étaient en vigueur, presque toutes les victimes cédaient au chantage.
    Prises dans cet engrenage de folie furieuse, affectées par la psychose ambiante, soumises aux intimidations, ou attirées par des avantages matériels, les proies de Djebbar devenaient des instruments manipulables à volonté au service du DRS et participaient malgré elles à cette furie. Ceux qui ne se soumettaient pas, l’ont amèrement regretté après une « descente nocturne du GIA ». Pour Djebbar et ses complices il n’y avait rien de mieux que la terreur pour faire taire les voix dissidentes et avoir les coudées franches.
    Surfant sur la vague du terrorisme, les harkis et les imposteurs ne pouvaient concevoir l’Algérie que comme leur propriété exclusivement privée et ne se gênaient nullement de se l’approprier en déployant toute leur imagination criminelle pour parvenir à cette fin.
    Les abus commis par les officiers du CTRI de Blida, appelé sans exagération aucune, le Centre de la Mort, sont innombrables. Tout individu qui refusait d’obéir à leurs injonctions, prenait le risque de perdre sa vie. A titre d’exemple citons le cas du jeune Taoueg Halim, arrêté à Blida sur ordre de Djebbar. Issu dune riche famille de douar Guerrouaou, commune de Soumaa, Taoueg Halim avait été arrêté à son domicile par le service judiciaire avant d’être transféré au CTRI pour y être détenu pendant plusieurs jours, le temps de négocier une rançon pour sa libération. Devant l’intransigeance du père, il fut froidement abattu à l’aide d’un HK muni d’un silencieux avant d’être jeté dans un verger aux environs.
    Le commandant Mami Ahmed dit Djamel (devenu colonel), chef du service de la police judiciaire du CTRI a accusé à tord ce jeune citoyen, lui collant l’étiquette de terroriste, alors qu’en fait une affaire de mœurs opposait l’officier du CTRI au jeune Halim Taoueg qui entretenait une relation intime avec une certaine Hamida, une prostituée de l’hôtel « Palace » travaillant pour le compte du commandant Mami Ahmed. C’est hélas de cette manière que nombre de contentieux ont trouvé leur épilogue au cours de cette période de chaos propice aux règlements de compte.
    L’histoire du Colonel Mami Ahmed alias Djamel, bras droit de Mhenna Djebbar est bien plus macabre, originaire de Tenes ex- cadre du BES/DRS en 92/93, informaticien de profil muté par la suite au CTRI/Blida sous les ordres du colonel Djebbar, c’est à partir de cette époque que cet officier devient un sanguinaire au sens propre du mot.
    Après avoir perdu un frère, officier de police, lors d’un attentat terroriste à Chlef, il se portera volontaire par esprit de vengeance, pour «éradiquer la vermine musulmane».


    Une fois au CTRI, le commandant Djamel n’hésita à commettre les crimes les plus horribles de l’histoire du service avec le témoignage de ses collègues de travail qui ont été en service en même temps que lui, notamment au cours de la période allant de 1993 jusqu'à 1998. Au mois d’avril 1993, cet officier sanguinaire se vantait d’avoir commis l’un de ses crimes les plus ignobles commis à l’encontre d’un citoyen de la cité Bouaarfa à Blida.
    Arrêté dans le cadre d’une opération menée par le CTRI contre un groupe de soutien car suspecté d’appartenance a une filière locale, le jeune de Blida fut exploité pendant trois jours avant d’être embarqué les yeux bandés à bord d’un fourgon du DRS ; sur la route de la Chiffa, le commandant Djamel fit descendre la victime et lui tira trois balles dans la nuque le laissant pour mort. Par miracle des citoyens de passage, avaient découvert la victime gisant dans une mare de sang mais toujours vivante avant de la secourir et l’emmener pour soins à l’hôpital Frantz Fanon de Blida. Quelques jours plus tard, lors d’une visite dans cet établissement hospitalier, l’officier du CTRI eut la surprise de retrouver sa victime encore en vie. Furieux, il retournera le soir même à l’hôpital pour arracher sa victime de son lit d’hôpital et l’enlever puis l’achever ; cette fois l’exécution sera parfaite et la jeune victime sera criblé de balles. Cet officier criminel n’a même pas épargné les enfants et ce fut le cas d’un enfant de 15 ans, le cousin de Bedraoui Ali. Ce mineur a été tué dans la salle d’interrogatoire du CTRI/Blida d’une façon atroce, par le commandant Djamel, qui l’étranglera de ses propres mains en s’aidant d’un sachet en plastique pour lui recouvrir la tête.
    Fin Mars 94 Djamel avait pris part au massacre de quarante jeunes lors d’une expédition punitive qui a visé la ville de Berrouaghia et puis lors d’une autre rafle ponctuée par une centaine de cadavres de jeunes citoyens retrouvés à la même période à Blida.

    Tout conflit quel que soit sa nature (mœurs, litiges, vengeance, parfois rancune voire jalousie,…) entraînant l’élimination pure et simple d’un rival a été crédité, souvent de façon systématique, sur le compte des islamistes ou des terroristes. Bon nombre d’exemples ont été recensés pour le seul cas du CTRI de Blida. En voici brièvement quelques uns :
    -Bouzouidja Sid Ahmed de Ouled Yaich, arrêté, torturé et exécuté pour lui dérober son véhicule une Renault 19. Ce véhicule a été utilisé par le commandant Mami Ahmed dit Djamel, puis affecté au Bureau de sécurité de la wilaya de Bouira.
    -Sibsa Farouk de douar Benchaabane, commune de Boufarik.
    -Harrata Hassène de Bouarfa, torturé a mort.
    -Berkani Sid Ahmed résidant à la cité Benachour à Blida, âgé de 15 ans, arrêté dans l’établissement scolaire sis cité Bab El Zaouia, devant ses camarades et en présence du directeur, par une équipe du SPJ du CTRI conduite par l’adjudant chef Limane Ahmed. Cet enfant mineur a été accusé d’être un membre du réseau de soutien au groupe armé de l’émir Ali Chaitan. Le jeune Sid Ahmed Berkani fut détenu et torturé pendant trois mois avant d’être liquidé sans jugement.


    La liste des crimes (assassinats, viols, tortures, …) de Djebbar et ses sbires est trop longue pour être citée ici dans son intégralité. Sous son commandement, même les patriotes sont devenus des tueurs avérés qui se sont acharnés sur la population civile. Contrairement à ce que prétend Farouk Ksentini, l’avocat des généraux criminels, il ne s’agit nullement de quelques cas isolés mais bien d’opérations à grande échelle qui relève d’un plan savamment concocté, de directives élaborées au sommet, d’ordres exécutés par les structures officielles du DRS qui agissent au nom de l’Etat.
    C’est d’ailleurs dans son centre à Blida que furent hébergés les Djamel Zitouni, Benamar Aissa, les officiers exégètes du « GIA » et autres émirs activant à la solde du DRS. Ces groupuscules criminels qui n’ont épargnés aucune catégorie sociale et qui ont bien pris soin d’éviter les mafieux du système, ne manquaient sur le plan logistique d’aucun moyen humain ou matériel: disponibilité des tueurs, approvisionnement en armes et munitions, facilités pour trouver des planques…
    Le tortionnaire en chef du CTRI de Blida a été promu au rang de général, tout comme son acolyte Bachir Tartag une année plus tôt ! Sans oublier bien sûre que tous les officiers subordonnés des deux monstres sont devenus des officiers supérieurs, des officiers qui ont pleinement profités de la conjoncture sanglante pour construire des fortunes colossales ! Il est inimaginable aujourd’hui dans ce chaos organisé et ficelé qu’il soit inquiété par l’éventualité d’une dégradation et encore moins d’un jugement pour crime de guerre et massacre de civils. Voilà de quelle manière la mafia au pouvoir en Algérie récompense ceux qui s’acharnent contre les Algériens, les dépouillent de leurs biens, les torturent, violent et massacrent leurs enfants !
    Aujourd’hui, Le général Mhenna Djebbar, en tant que directeur de la Sécurité de l’Armée, il aura toute la latitude pour continuer à pourvoir les unités de l’ANP, à étendre son contrôle sur le trafic de drogue dans les casernes et à encourager délibérément la consommation de stupéfiants.


    Le général Mhenna Djebbar a donc été récompensé, comme le fut Tartag Bachir avant lui, pour ses « mérites », en effet sa participation à la guerre contre les Algériens, a fait de lui un « héros de la nation ». Ceci est le message, on ne peut plus clair de la dictature des harkis, transmis tel un héritage empoisonné par les DAF et perpétué par les imposteurs à leur tête Larbi Belkheir, Khaled Nezzar, Mohamed Touati, Mohamed Mediene, Mohamed Lamari, Smain Lamari,…


    Les chefs des services de renseignement sont donc bel et bien responsables et coupables des enlèvements et des massacres des citoyens et les auteurs d’actes ignobles doivent être jugés, condamnés et punis! L’engin de la mort qui a été conçu par Le général Mohamed Mediene alias Toufik a rempli une mission de terreur tout azimut aux objectifs prédéterminés pendant des années. En fin de compte, Toufik a réussi à mettre l’Algérie et ses institutions sous séquestre. Le MAOL n’a jamais cessé de dénoncer ce despote, qui n’a même pas l’audace de se montrer en public, et qui, tel un monstre n’agit que dans l’ombre ou à la tombée de la nuit !


    Nul secret n’est éternel et aucune vérité ne peut fuir la lumière, et Dieu nous est témoin que le général Mohamed Mediene alias Toufik n’échappera jamais à la justice ; ni lui, ni aucun de ses sbires qui ont les mains tachées du sang des Algériens.

    Gloire à nos martyrs et Tahya El Djazair

  • Fichier Militaire algerien

    Fichier Militaire

     http://www.anp.org/fr/fichier.html

     

     

    Général Major

    Abdou Abdelhamid

    EM/ANP Académie Cherchel (Retraité)

     

     

     

     

    Général

    Aitmesbah Abdelnour Alias Sadek

    adj chef 6eme region (Retraité)

     

     

     

     

    Général

    Alioua Larbi

    MDN/ANP (Retraité)

     

     

     

     

    Général

    Alleg Mohamed

    EM/ANP (Retraité)

     

     

     

     

    Général Major

    Bendimered Chemseddine

    MDN/ANP (Retraité)

     

     

     

     

    Général Major

    Laoudi Achour

    Commandant DDAT/ANP (Retraité)

     

     

     

     

    Général Major

    Atailia Mohamed

    EM/ANP (Retraité)

     

     

     

     
     

    Général Major

    Baaziz Mohamed

    EM/ANP (Retraité)

     

     

     

     

    Colonel

    Badroune Ali

    MDN/ANP (Retraité)

     

     

     

     

    Général

    Bekhoucha Nourdine

    DDAT/ANP (Retraité)

     

     

     

     

    Général Major

    Beldjelti Hassen Allias Abderezak

    DRS/ANP (Retraité)

     

     

     

     

    Général

    Belhadj Abdellah

    Commandant EPM ex ENITA (Retraité)

     

     

     

     

    Général Major

    Belkhier Larbi

    Dècèdè le 28 janvier 2010

     

     

     

     

    Général Major

    Beloucif Moustfa

    Dècèdè le 14 janvier 2010

     

     

     

     

    Général Corps d'Armée

    Benabesse Ghezial

    Conseiller/MDN

     

     

     

     

    Général

    Benabdalah Mohamed

    EM/ANP (Retraité)

     

     

     

     

    Général Major

    Benabdelah Slim

    CFA/ANP (Retraité)

     

     

     

      Colonel

    Benali Belaid

    DRS/ANP

     

     

     

      Colonel

    Benaziza Mohamed

    CEM/GN

     

     

     

      BenbachirAli Général Major

    Benbachir Ali

    EM/ANP (Retraité)

     

     

     

     

    Général major

    Benhadid Hocine

    EM/ANP (Retraité)

     

     

     

     

    Colonel

    Benhamla Kacem

    DREC/ANP (Retraité)

     

     

     

     

    Général

    Benlala Ahmed

    GN/ANP (Retraité)

     

     

     

      Général Major

    Benslimani Mohamed

    CFA/ANP (Retraité)

     

     

     

      Général Major

    Benyelles Rachid

    CFN/ANP (Retraité)

     

     

     

      Général Major

    Betchine Mohamed

    EM/ANP (Retraité)

     

     

     

     

    Général

    Bouchareb Abdelsalem

    EM/MDN (Retraité)

     

     

     

     

    Président

    Boudiaf Mohamed

    Assassiné le 25 Juin 1992

     

     

     

     

    Général Major

    Boughaba Rabeh

    EM/ANP (Retraité)

     

     

     

     

    Général Major

    Bouhadja Ali

    EM/ANP (Retraité)

     

     

     

     

    Colonel

    Boukhari Belkacem

    DCJM/ANP (Retraité)

     

     

     

     

    Sous-Lieutenant

    Boumaarafi Lembarek

    GIS/DRS/ANP Prison Militaire de Blida

     

     

     

     

    Général

    Bourezague MohamedTaibe

    MDN/ANP (Retraité)

     

     

     

     

    Général

    Bourgham Mohamed

    EM/ANP / adj chef 5eme region (Retraité)

     

     

     

     

    Général

    Bournane MohamedReda

    MDN/ANP (Retraité)

     

     

     

      boussoufabdelhafid Boussouf Abdelhafid

    MALG

    Dècèdè le 31 December 1980

     

     

     

     

    Général Major

    Boustila Ahmed

    Commandant GN/ANP

     

     

     

     

    Général Major

    Boutemine Mohamed

    CFA/ANP (Retraité)

     

     

     

     

    Président

    Chadli Bendjedid

    Déchû 11 Janvier 1992

     

     

     

     

    Général Major

    Chefloufi Moustafa

    GN/ANP (Retraité)

     

     

     

     

    Général Major

    Chengriha Said

    EM/ANP / chef  3eme region

    (futur chef force terrestre)

     

     

     

    Général

    Cherif Abdelrazak

    Chef 4eme Région

     

     

     

     

    Colonel

    Chiat Houssein

    EM/ANP Retraité

     

     

     

     

    Général

    Chibani Mohamed

    EM/ANP (Retraité)

     

     

     

     

    Général

    Dadsi Brahim

    CFN/ANP (Retraité)

     

     

     

     

    Général

    Dib Makhlouf

    Garde Républicaine (Retraité)

     

     

     

      DjamaiAli

    Général Major

    Djemai Ali

    Garde Républicaine (Retraité)

    Dècèdè le 13 Juillet 2010

     

     

     

     

    Général

    Djemei Ramdan

    EM/ANP (Retraité)

     

     

     

     

    Général Major

    Djenouhate Mohamed

    EM/ANP (Retraité)

     

     

     

     

    Général Major

    Djouadi Abdelhamid

    EM/ANP (Retraité)

     

     

     

      DjoudiAli

    Général Major

    Djoudi Ali

    EM/ANP (Retraité)

     

     

     

     

     

    Général

    Elallem Mohamed

    DCP/ANP (Retraité)

     

     

     

     

     

    Général Major

    Fodilcherif Brahim

    EM/ANP chef 1ere région

    Dècèdè le 19 Juin 2008

     

     

     

     

    Général Corps d'Armée

    Gaidsalah Ahmed

    Chef EM/ANP

     

     

     

     

    Général Major

    Guenaizia Abdelmalek

    EM/ANP / vis ministre de la défense

     

     

     

     

    Général Major

    Ghedaidia Zoubir

    EM/ANP (Retraité)

     

     

     

     

    Général Major

    Ghenim Mohamed

    EM/ANP (Retraité)

     

     

     

     

    Général Major

    Ghodban Chaaban

    CFN/ANP (Retraité)

     

     

     

     

    Général Major

    Ghridi Ali

    EM/ANP

     

     

     

     

    Général Major

    Ghris Abdelhamid

    EM/ANP

     

     

     

     

    Général

    Hallab Smaïl

    GN/ANP

     

     

     

     

    Général

    Hartani Mohamed

    DCSSM/ANP (Retraité)

     

     

     

      Boumediene

    Président

    Houari Boumediene

    Mohamed Brahim Boukharouba

    Assassiné 27 Decembre 1978

     

     

     

    Général Major

    Kamel Abderahman

    EM/ANP / 5eme région (Retraité)

     

     

     

     

    Général Major

    Khelifa Rahim

    EM/ANP (Retraité)

     

     

     

      Lakhal Ayat

    Général Major

    Lakhal Ayat Medjdoub (à la Révolution)

    Retraité SM

    Dècèdè le 31 December 1980

     

     

     

     

    Général Major

    Laalali Rachid Alias Attafi

    DDSE/DRS

     

     

     

     

    Général Corps d'Armée

    Lamari Mohamed

    CEM/ANP (Retraité)

     

     

     

     

    Colonel

    Lehbiri Mustapha

    EM/ANP (Retraité)

    Beau-frére Belkheir

     

     

     

    Général

    Maïza Abdelrezak

    EM/ANP

     

     

     

     

    Général

    Malti Abdelghani

    MDN/ANP

     

     

     

     

    Général Corps d'Armée

    Mediene Mohamed Allias Toufik

    Directeur DRS

     

     

     

     

    Général Major

    Medjahed Abdelaziz

    DCSSM/ANP (Retraité)

     

     

     

     

    Colonel

    Merbah Kasdi (Abdallah Khalef)

    SM/ANP (Retraité)

    Assassiné le 21 Aout 1993

     

     

     

    Général

    Mohamed Ali

    DDAT/ANP (Retraité)

     

     

     

     

    Colonel

    Mouaouiya

    Ex. Chef IGS/SM (Retraité)

     

     

     

     

    Général

    Nefoussi Sadek

    CFA/ANP (Retraité)

     

     

     

     

    Général Major

    Nezzar Khaled

    EM/ANP (Retraité)

     

     

     

     

    Général

    Rahal Yahia

    CFA/ANP (Retraité)

    Dècèdè le 28 Février 2008

     

     

     

    Général Major

    Saheb Abdelmajid

    Commandant Quatrième Région (Retraité)

     

     

     

     

    Général

    Sahnoun Mohamed

    DCSSM/ANP (Retraité)

     

     

     

     

    Général Major

    Said Bey

    Commandant 2éme Région (futur chef d'état major de l'ANP)

     

     

     

     

    Général Major

    Sassi Abdelmalek

    EM/ANP (Retraité)

     

     

     

     

    Général Major

    Senhadji Ahmed

    SG/MDN/ANP

     

     

     

     

    Général Major

    Smain Lamari

    DCE/DRS

    Dècèdè le 28 Aout 2007

     

     

     

    Colonel

    Snouci Hocine

    EM/ANP (Retraité)

     

     

     

     

    Général Major

    Tafer Ahcen

    EM/ANP/ Chef CFT

     

     

     

     

    Général Major

    Taghrirt Abdelmadjid

    CFN/ANP (Retraité)

     

     

     

     

    Général Major

    Taïyeb Derradji

    GN/ANP (Retraité)

     

     

     

     

    Général Major

    Touati Mohamed

    MDN/Présidence (Retraité)

     

     

     

     

    Colonel

    Tounsi Ali

    SM/ANP/Sûreté Nationale

    Assassiné le 25 Février 2010

     

     

     

    Général

    Wadi Mohamed

    EM/ANP/ adj chef 1ere region (Retraité)

     

     

     

     

    Général

    Yaala Mohand Tahar

    CFN/ANP (Retraité)

     

     

     

     

    Général

    Zaoui Said

    CFN/ANP (Retraité)

     

     

     

     

    Général Major

    Zerhouni Mohamed

    DCI/MDN/ANP (Retraité)

     

     

     

     

    Colonel

    Zerhouni Nourdine Allias Yazid

    SM/ANP / vis Premier Ministre

     

     

     

     

    Général Major

    ex Président

    Zeroual Liamine

    EM/ANP (Retraité)

     

     

  • Affaires Des Généraux



    Le cours de l'histoire de l'Algérie a changé par la survenue de nombreux événements en une période de temps relativement courte. La métamorphose que l'armée a subit y a largement contribué. Dans une première phase, l'ANP a connu une série de changements profonds entre janvier 92, date du coup d'état contre Chadli Bendjedid et juin 92, date du meurtre de Mohamed Boudiaf, et qui se sont traduits par l'éloignement des "hommes" de Chadli des postes stratégiques. Les changements les plus importants sont survenus après l'assassinat du président Boudiaf, et c'est cette période critique qui a été la plus mouvementée et sans doute la plus sanglante de toute l'histoire de l'armée, surtout durant l'année 1997.

    Pour comprendre la situation actuelle, il faut remonter un peu dans le temps et plus précisément à la période qui a précédé les événements d'octobre 88; à cette époque mouvementée, les services de la sécurité militaire (DCSM) étaient en pleine décomposition suite à une série de décisions pseudo-politiques assassines prises à la fin des années 80.



    Le Syndrome Belkheir

    Larbi Belkheir qui était alors chef de cabinet de Chadli Bendjedid en charge de la question "Sécurité Nationale" avait tout fait pour diminuer de l'efficacité des services secrets ou du moins canaliser leur travail. Pour se faire, il avait réussi à convaincre Chadli de la nécessité d'une restructuration des services secrets en vue d'un meilleur contrôle des structures de l'état. Larbi Belkheir savait plus que quiconque qu'il fallait diviser pour durer, et diviser les services secrets n'était pas tâche facile et surtout pas à la portée du premier venu. C'était la raison pour laquelle il avait présenté son projet sous l'optique du modernisme occidental et du souci sécuritaire; en réalité, Chadli Bendjedid avait approuvé cette mesure, parce qu'elle allait le conforter dans son poste, mais aussi parce qu'il fallait absolument séparer Kasdi Merbah (l'homme qui l'avait amené au pouvoir) de ses anciens contacts qui étaient restés actifs au sein de la DCSM.

    Le général Medjdoub Lakhal Ayat qui avait été désigné à la tête de la direction centrale de la sécurité militaire (DCSM) après le départ de Kasdi Merbah, était un personnage tout à fait contraire à son prédécesseur. Ex-officier de l'armée française tout comme Chadli, sa passivité et son attachement au service de la personne de Chadli avaient été des facteurs décisifs pour sa nomination à la tête de la SM. Lakhal Ayat était tout à fait acquis aux thèses révisionnistes de son ami Larbi Belkheir, et avait accepté la division de la DCSM ainsi que la suppression de certains de ses plus importants services sans difficultés face aux insistances de Larbi Belkheir. C'était à cette occasion que le fameux service de la prévention économique (Le PE, une sous direction de la DCSM en charge des investigations de crimes économiques, détournements, malversations, corruption... etc) avait été dissous, à cause du nombre important d'affaires que le service traitait et envoyait pour être jugées à la court des comptes d'une part, mais surtout à cause de la qualité des personnes mises en cause par les investigations du service dans ces affaires et qui venaient de mettre à nu le noyau de ce qui sera quelques années plus tard connu sous le nom de la mafia politico-militaire.
    En réalité, au lieu de présenter à la justice les personnes mises en examen pour ce qui était à l'époque considéré comme un délit très grave, les choses ont été simplifiées par l'élimination d'un service tout entier par une simple décision politique; la porte était alors grande ouverte devant tous les rapaces qui n'ont pas perdu leur temps depuis.

    Tout cela n'était qu'un des objectifs primaires fixés par Larbi Belkheir, et non pas le plus important, il avait même réussi à imposer l'idée que le nouveau service qui remplaçait la DCSM avait besoin de jeunes cadres et que les anciens étaient bons pour la retraite, et ainsi des centaines de cadres de la DCSM furent mis à la retraite anticipée ou affectés vers d'autres secteurs et remplacés par de jeunes recrues sans la moindre expérience. La passation du savoir n'a jamais eu lieu entre les deux générations du service.

    Suite à cela, Chadli Bendjedid avait officialisé le projet de Belkheir par un décret présidentiel, et deux services avaient en effet vu le jour :

    * La Délégation Générale à la Documentation et à la Sécurité (DGDS), service responsable de la sécurité intérieure et extérieure du pays, constitué d'anciens cadres de la DCSM (les plus rapprochés de Lakhal Ayat et donc de Belkheir) et d'autres recrutés du civil sur concours ou recommandation.

    * La sécurité de l'armée (DCSA) qui avait pour mission la sécurité de l'armée avec pour seule recommandation de ne pas se mêler des affaires qui relevaient du secteur de la Sécurité intérieure, de la sécurité présidentielle, du secteur économique et surtout de la sécurité extérieure. En réalité la SA qui avait du temps de Merbah les pleins pouvoirs (puisqu'elle avait pour mission la sécurité de toute l'armée et par conséquent celle de toute la nation), était reléguée au second plan, celui de simple policier de l'ANP et de simple conseiller à la sécurité nationale.

    La fracture était profonde et les mécontents au sein même de la DCSA étaient nombreux, il était dur pour eux d'accepter après des années de loyaux services d'être mis sur une voie de garage. Les cadres de la DCSA avaient refusé cette politique des demi-mesures et avaient tout fait pour désobéir aux ordres reçus (avec la bénédiction de certains chefs) en travaillant sur des affaires qui relevaient désormais de la compétence de la DGDS malgre un appauvrissement très important en moyens materiels décidé par le commandement. La guerre des services commençait à faire rage, chaque service voulait s'imposer sur le terrain, et les potentialités des services opérationnels des deux côtés étaient par conséquent détournées de leurs vraies missions et les décideurs pouvaient ainsi faire des affaires sans être inquiétés.

    C'est grâce à la conscience de certains cadres de la DCSA que l'affaire "Mouhouche" par exemple avait vu le jour. Toutes les investigations avaient été faites dans le secret le plus absolu, le prénommé Mouhouche avait été trouvé coupable de détournement de plusieurs millions de dollars avec son complice Toufik Bendjedid (le fils aîné de Chadli), et c'était Larbi Belkheir qui avait donné un coup de pousse à Toufik Bendjedid pour l'obtention du prêt bancaire en devises auprès de la BEA. Quand l'affaire avait été rendu publique, Larbi Belkheir avait réussi à soustraire le fils de Chadli à la justice en l'envoyant par avion spécial à son oncle, en poste au Venezuela, et le petit capitaine procureur militaire de l'époque en l'occurrence le capitaine Belkacem Boukhari (devenu général après la condamnation des leaders du FIS en 90) avait été relevé de ses fonctions à Blida après avoir demandé à écouter Toufik Bendjedid. Il n'avait eu que les insultes de Belkheir au téléphone, avec l'arrogance qui était bien celle de ce dernier.

    Belkheir avait joué le rôle de sauveur pour Chadli qui lui cédait la gestion des affaires de l'état un peu plus chaque jour. Une autre affaire avait encore fait du bruit, incriminant l'un des bras droits de Belkhier ; ce dernier l'avait nommé comme directeur de Riadh El Feth (et avant cela comme responsable du projet de contruction de tout le site), le colonel Hocine Senouci avait géré le complexe pour son propre compte et pour celui de Belkheir allant même jusqu'à imprimer des tickets d'entrée pour le centre et qui rapportaient chaque jour des dizaines de milliers de dinars (cash reversé aux comptes des deux complices). Senouci fut arrêté par la DCSA puis relâché sans la moindre poursuite mise à part une réaffectation par Belkheir à la présidence de la république avec quelques millions de dinars en poche. Belkheir avait évoqué un vice de forme de la procédure: la DCSA n'etant pas autorisé à gérer ce genre de dossier qui était désormais clos. Les affaires qui mettaient à nu Belkheir étaient nombreuses, mais les pressions étaient trop fortes et parfois insupportables; à chaque fois qu'une affaire apparaissait, des sanctions suivies de mutations étaient prises contre les officiers qui avaient fait du zèle!

    Quelques mois avant les événements d'octobre (mis en scène par Larbi Belkheir & CO pour liquider le FLN des sphères du commandement de l'état au profit de la présidence), les services opérationnels de la DGDS (plus tard DGPS) étaient en plein délabrement. Dotés de nouvelles recrues sans expérience aucune, les services de renseignement en général avaient perdu leur efficacité habituelle ; même le travail qui était fait n'avait plus aucune relation avec la sécurité de l'état, et la plupart des dossiers traités, était ordonnée par le commandement et concernait des personnes bien précises. Ce travail était appelé au sein du service opérationnel : enquêtes de sécurité; leur seul but était la collecte d'informations capables de servir à court ou long terme comme moyens de pressions et de manipulations d'objectifs civils et militaires ! Un objectif visé était une cible atteinte même s'il fallait faire toute une mise en scène pour faire tomber la personne en question.

    Comme la compromission a toujours été le meilleur moyen de contrôle et de manipulation des sujets intéressants, Larbi Belkheir aidé par Lakhal Ayat, avait réussi de la sorte à construire une base de données très solide, visant à contrôler toute la classe politique du pays, tous bords confondus.

    Suite à la maladie inopinée du gènèral Lakhal Ayat, ce dernier avait demandé au président Chadli de prendre sa retraite. C'était le général Mohamed Betchine qui fut nommé par Chadli en personne au poste de directeur de la DGPS. Chadli avait pensé remplacer plus tard Larbi Belkheir par Betchine, comme il devait le faire quelques années auparavant par le géneral Bouceta, Mais Larbi Belkheir était toujours en alerte et savait agir le moment venu.

    En arrivant aux commandes de la DGPS (Direction Générale de la Prévention et Sécurité), après avoir passé plus d'une année à la tête de la direction centrale de la sécurité de l'armée (DCSA), le général Mohamed Betchine s'était vite entouré (comme de coutume), d'officiers en qui il avait confiance et sur lesquels il pouvait compter. La sensibilité de son nouveau poste lui avait imposé certains changements qu'il avait vite opéré à la tête des sous directions de la DGPS, en commençant par les plus sensibles, à savoir le service opérationnel ANTAR à Ben Aknoun, la DDSE, les finances et le chiffre.
    Il était impératif pour Betchine de faire un peu le ménage dans cette nouvelle direction qui avait souffert suite à la division de la direction mère (DCSM), et plusieurs officiers à la réputation douteuse ont été purement invités à faire valoir leur droit à la retraite anticipée. Parmi ces officiers figurait le lieutenant colonel Smain Lamari, qui a été chassé par Betchine en personne de son bureau au siège de la direction de la DRS à Dely-Ibrahim après que Smain soit venu demander à son nouveau chef la reconsidération de cette décision.
    Smain Lamari dit Elhadj avait alors demandé secours à Larbi Belkheir (avec qui il avait construit avec le temps des liens étroits) qui le sauva ainsi d'une triste fin en le nommant auprès de lui à la présidence de la république.

    Comme Betchine lui-même était un officier issu de l'armée régulière, il était biensûr évident que les officiers qu'il voulait auprès de lui soient pour la plupart de la même origine, le reste des officiers furent puisés dans les effectifs de la DCSA où il avait réussi à se construire une base d'appui avec des éléments comme le commandant Abdelhak Benzlikha alias Commandant Abdelhak qui était directeur du CPMI dans la période où Betchine était à la DCSA, et qui avait suivi Betchine à la DGPS et avait pris le commandement du centre opérationnel ANTAR.
    Tant que Betchine était à la tête de la DCSA, il était loin des pressions exercées par les différents acteurs du pouvoir, mais au moment où il est passé à la tête de la puissante DGPS, il fut astreint à plus d'obligations dont la plus rude était de rendre des comptes à Larbi Belkheir. Les deux hommes étaient courtois au début mais très vite cette courtoisie avait cédé la place à la discorde et à la mésentente; Larbi Belkheir voulait que tout le monde lui rende des comptes avant le président de la république et donnait même des ordres à Betchine qui n'était pas une personne à faire les petites courbettes face à ce moudjahid de seconde classe qu'il considerait en fait comme un homme au passé douteux.

    En novembre 89, Belkheir avait réussi son premier coup de stratège, en réussissant à convaincre Chadli Bendjedid de limoger Kasdi Merbah de son poste de Premier ministre sous prétexte d'une tentative de coup d'état que Kasdi préparait avec l'aide de Betchine d'une part, et de nommer Mouloud Hamrouche qui était le secrétaire général de la présidence (ami personnel de Betchine et rival de Belkheir au siège de la présidence) au poste de Premier ministre à la tête du nouveau gouvernement d'autre part; il venait ainsi de se consacrer maître absolu de la présidence de la république en accumulant le poste de chef de cabinet et celui de secrétaire général. Kasdi Merbah ne pouvait pas du tout imaginer qu'un officier de seconde zone comme Larbi Belkheir pouvait réussir toutes ces combines et avoir raison du maître de l'intelligence en Algérie, mais plus grave encore, il était loin de se douter que ce même officier allait ordonner sa liquidation physique quatre ans plus tard alors que Merbah préparait sa revanche avec le président Mohamed Boudiaf.

    Grand calculateur ou génie du mal, Larbi Belkheir préparait son dauphin Mohamed Mediene qu'il avait plaçé à la tête de la DCSA après le départ de Betchine en 1990, pour prendre sa chance. Quand Larbi Belkheir ne pouvait plus contrôler Betchine, il était très facile pour lui de convaincre une fois de plus Chadli de le remplacer. Le candidat au poste de la nouvelle direction unifiée DGPS-DCSA (Appelée DRS par décret présidentiel une fois de plus) était fin prêt ; le général Mediene Mohamed Alias Toufik, un produit fait maison que Belkheir avait façonné comme un artiste. Toufik était chef de sécurité au bureau de la 2ème région militaire à Oran (DRSM2) au moment où chadli était chef de région, les deux hommes se rencontraient très souvent autour d'une table pour jouer aux cartes avec entre autres Belkheir. Toufik était déjà à cette période très proche de Chadli qu'il couvrait vis-à-vis de la DCSM. Chadli avait eu des altercations avec l'officier prédécesseur de toufik au poste de DRSM2 parce que l'officier en question faisait son travail et menait des investigations sur l'enrichissement illégal de certains notables à Oran intimement liés à Chadli. La nomination de Toufik était une aubaine et les trois hommes ne se quittaient jamais.

    Smain Lamari a été promu après le départ de Betchine au grade de Colonel et nommé plus tard à la tête de la DCE (Direction du Contre Espionnage). Larbi Belkheir avait réussi (façon Frankenstein) à créer les deux monstres les plus redoutables de toute l'histoire de l'Algérie; sa seule motivation était l'enrichissement personnel et la protection de ses biens. Des années plus tard, les produits de cette macabre science du complot, surpassèrent le maître et restent encore à ce jour à leurs postes.



    De Chadli à Zeroual

    A la fin de l'année 1991, lorsque la situation en Algérie était bouillante, Le général Mohamed Lamari, alors chef des forces terrestres à l'état major de l'ANP, s'était distingué par son opposition à la politique pro-islamiste du président Chadli qu'il critiquait ouvertement dans les sphères du commandement de l'armée, et plus grave encore, il faisait même du lobying parmi les chefs de l'ANP et appelait au renversement de Chadli par la force. Ses cris étaient tellement forts qu'ils étaient même arrivés à la population civile qui parlait dans la rue de l'imminence d'un coup d'état contre Chadli. Le président de la république eut biensûr connaissance de ces rumeurs qu'il savait fondées, et devant la montée de la pression au sein de l'armée, il demanda au chef de la garde républicaine, le général Mohamed Dib, des informations sur la capacité du corps de la garde républicaine à contrecarrer un coup d'état. La question était surprenante pour le général Dib qui répondit par son incompétence à protéger le siège de la présidence sans l'appui d'armes lourdes car celles-ci avaient été reversées à l'état major de l'ANP au mois d'octobre 91, sur les ordres de Chadli lui-même. Chadli s'étonna de cette réponse qui lui fut confirmée par Larbi Belkheir; Ce dernier lui avait fait signer l'ordre sans même qu'il ne s'en aperçoive.

    Partisan farouche de la prise ouverte du pouvoir par l'ANP "comme au Chili", Mohamed Lamari agaçait Khaled Nezar par son arrogance et son indiscipline. Le terme "coup d'état" était un tabou dans le langage militaire, lourd de conséquences, mais Mohamed Lamari fonçait la tête baissée sans réfléchir, et au lieu de faire passer l'éviction de Chadli comme une décision volontaire et réfléchie de démission (pour diminuer l'effet à l'échelle nationale et internationale), les gesticulations de Mohamed Lamari avaient contrecarrer cela et le monde entier parlait de coup d'état militaire, pire il avait donné un argument de taille aux opposants de tout azimut : "l'illégalité", ce qui lui avait valu d'être demis de son poste de CFT le 19 avril 1992, et nommé à un poste fantôme de "conseiller au MDN". Presque tout de suite après, il fut invité à faire valoir son droit à la retraite.

    Après la liquidation de Boudiaf, l'ANP fut frappée de plein fouet par les retombés politiques et médiatiques de cette affaire. Le climat au sein de l'institution militaire était des plus électriques, et le fait qu'une poignée de généraux au sommet de cette même hiérarchie ait eu une telle initiative, était une chose tout à fait inadmissible mais surtout dangereuse pour l'avenir de l'ANP. Plusieurs officiers de haut rang s'étaient joints pour condamner ouvertement l'attitude laxiste du ministre de la défense, Khaled Nezar, face à la situation ainsi que celle des services en charge de la sécurité du président.

    Ce qui était très grave, est que la situation était sans précédent et que pour la première fois au sein même de l'ANP, des officiers avaient osé critiquer et exprimer ouvertement leurs refus et leur indignation face à un tel acte. L'image était très claire et les suspicions d'un complot n'avaient nul besoin de subsister puisque la certitude était acquise pour une bonne partie du personnel militaire. Pour la nouvelle génération d'officiers, combattre le terrorisme était une mission que l'armée pouvait endosser sans hésitation, mais liquider Si Tayeb, un des piliers de la révolution était tout à fait contraire aux principes même de fondement de l'ANP.
    Les généraux Khaled Nezar, Mohamed Touati et Toufik étaient dépassés par les répercutions de l'opération Boudiaf, et avaient très certainement misé sur l'esprit de rigueur militaire et le respect hiérarchique pour contenir toute forme de mécontentement. Le contraire s'était produit, et l'effet était dévastateur : la perte de confiance dans le commandement de l'armée était palpable, ce qui avait obligé les responsables à convoquer, en toute urgence, le conseil de la défense (Chefs de corps et régions militaires ainsi que les différents chefs d'états majors et les inspecteurs) au cinquième jour de l'assassinat du président Boudiaf.

    Le jour de la réunion, la gravité de la situation pouvait se mesurer par le poids du silence qui régnait dans la salle de réunion située non loin du bureau du ministre de la défense. Les généraux responsables de la crise en l'occurrence Khaled Nezar, Mohamed Mediene, Mohamed Touati, Mohamed Ghenim, Abdelmalek Guenaizia et BenAbbes Gheziel étaient assis en face du reste des cadres de l'ANP. Nezar et Toufik s'adressèrent successivement aux responsables de l'ANP sur un ton ferme et plutôt autoritaire qui soulignait bien le criticisme du moment et des assurances furent données pour que la justice puisse faire son travail avec le plus de transparence possible (en respectant le secret militaire). Il était bien évident à l'expression affichée par certains visages présents à cette réunion, que les arguments déguisés et les assurances présentées par le ministre et son responsable des services de la DRS étaient loin de convaincre, et cachaient mal une magouille qui sentait le sang.

    Quand la parole fut donné aux membres présents, de rares officiers avaient osé s'exprimer demandant des sanctions allant jusqu'à la démission de tous les responsables du corps de la sécurité "comme cela se fait dans toutes les armées du monde", parmi lesquels, le général Hocine Benhadid, le plus jeune général de l'ANP, le général Khelifa Rahim, chef de la deuxième région militaire et Le général Yahia Rahal, inspecteur des forces aériennes. Le général Toufik ne pardonna jamais au général Benhadid de s'être exprimé en premier comme l'aurait fait un fervent opposant à la politique des généraux putschistes, mais aussi et surtout d'avoir osé demander au ministre de la défense de prendre ses responsabilités et de sanctionner les responsables à haute échelle pour préserver la réputation de l'ANP.
    Même le général Mohamed Touati avait essayé d'y mettre du sien en banalisant la situation qu'il trouvait tout à fait normale vu l'infiltration de l'ANP par des éléments adhérant au courant islamiste; Boumaarafi était un exemple typique selon lui et pour palier a cette faille, il fallait selon ses termes "faire un peu le ménage dans la maison et sectionner tous les membres malades; "Si ton bras droit te gêne alors coupes-le". Certains officiers ne partageaient pas l'idée de ce "ménage" et ils le firent savoir; chaque mot prononcé, résonnait comme un obus dans la salle!

    Face au silence du chef d'état major Abdelmalek Guenaizia, Khaled Nezar finit par perdre son sang froid; ses dernières paroles étaient des menaces très claires contre tous ceux qui mettraient en danger l'unité du rang militaire. Les rares opposants avaient reçu des réponses en messages à peine voilés ; une nouvelle aire avait commencé pour les officiers de l'ANP. Le seul officier qui avait prit la parole après le ministre de la défense était le général Mohamed Lamari; son allocution n'avait pour objectif que le soutien inconditionnel des mesures proposées par Touati et s'était même permis de proposer à Khaled Nezar de prendre les rênes du pouvoir; les civils selon Mohamed Lamari étaient des bons à rien, indisciplinés qui ne pouvaient rien faire d'eux-mêmes ; le peuple algérien qu'il appelait,"société civile" n'avait aucune maturité politique, et donc incapable d'être confié la direction de l'état.


    Cette intervention avait sauvé Mohamed Lamari; Khaled Nezar qui cherchait des fonceurs qui ne reculaient devant rien, avait fini par trouver ce qu'il cherchait. Mohamed lamari fut convoqué le jour même au bureau du ministre qui lui annonça de bonnes nouvelles. Le nom de Mohamed Lamari fut rajouté in extremis à la liste des généraux (Mohamed Djenouhat, Tayeb Derradji, Khelifa Rahim et Djouadi Abdelhamid) promus au grade de "général major", le 05 juillet 1992. De plus un nouveau corps fut crée spécialement pour lui, le CCLAS (Commandement de Coordination de la lutte Contre les Activités Subversives), sa mission: La chasse au sanglier.

    Quelques semaines après, d'autres réunions, plus intimes, eurent lieu entre Khaled Nezar, Mohamed Touati, Mohamed Mediene, Abbess Gheziel et Abdelmalek Guenaizia, l'ordre du jour était la discussion de l'opération "Ménage". Les décisions qui avaient découlé de cette mesure étaient à peine croyables, des mises en retraite anticipée, des radiations sans droits, des arrestations et même des liquidations physiques de sang froid. Le général Mohamed Lamari était tout le temps sur le terrain et aidé par Toufik, il avait réussi plusieurs opérations sur tout le territoire de la première région militaire, sa devise était de frapper fort et vite les groupes terroristes et rentrer à la base avec zéro prisonnier. Le ministre de la défense lui accordait tous les moyens matériels et humains dont il avait besoin et ses hommes étaient choisis parmi l'élite des forces spéciales (Commandos). Ses méthodes "choc" ne faisait pas l'unanimité parmi les autres officiers de l'ANP, et il s'était fait beaucoup d'ennemis parmi lesquels les généraux : Hocine Behadid, Khelifa Rahim et surtout Abdelmalek Guenaizia, le chef d'état major qui se plaignait tout le temps à Khaled Nezar du comportement de son protégé, mais le ministre de la défense ainsi que Mohamed Touati prenaient toujours la défense de Mohamed Lamari.

    Dans le magazine officiel de l'ANP "Eldjeich" paru le 09 mars 1993, le général major Mohamed Touati (porte-parole du MDN et conseiller politique du ministre de la défense Khaled Nezar) avait pris l'initiative de publier un article dans lequel il avait longuement détaillé la position de l'ANP et avait expliqué les raisons du choix fait par le commandement de l'armée pour contrer l'islamisme. L'article signé par Touati était sans précédent de part son contenu, car en réalité le général Touati avait expliqué sa théorie (déjà connue et approuvée par les "Janviéristes" depuis le coup d'état contre Chadli) du tout sécuritaire ou l'éradication. Le message était adressé aux cadres de l'ANP qui devaient comme leurs chefs, adhérer aux fondements idéologiques de la lutte anti terroriste avec des convictions comparables aux arguments staliniens, la seule différence était que Touati avait mis l'accent sur l'unité de l'armée et la sauvegarde de l'Algérie qui était au seuil d'une guerre civile. L'article repris par la presse nationale était aussi destiné à la consommation locale, et visait la mobilisation d'une partie du peuple pour le soutien actif et l'aide des forces de sécurité dans leur combat contre le chaos et l'obscurantisme. Cet appel aux forces vives de la nation était aussi une incitation à la révolte et à la formation d'une résistance locale pour la lutte anti-terroriste.


    En claire, le plan de Touati était assez simple, pour ne plus entendre parler de l'islamisme il fallait suivre un plan précis:

    * Centraliser le pouvoir décisionnel au sein de l'ANP et dégager un noyau de commandement uniforme.

    * Identifier les éléments islamistes présents d'abord dans les milieux de l'ANP et les éliminer au cas par cas.

    * Punir avec le plus de sévérité toute personne appelant à la révolte ou à la désobéissance au sein de l'armée.

    * Assigner aux services secrets tous les moyens nécessaires à leur mission exclusive qui consiste en la récolte et l'exploitation rapide des informations.

    * Ne pas hésiter à pratiquer la méthode de l'exemple à ne pas suivre, pour montrer la fermeté du commandement. Récompenser les bons éléments avec beaucoup de générosité et veiller à leurs promotions (la politique du bâton et de la carotte).

    * Impliquer la société civile dans la lutte anti-terroriste et la création de milices d'autodéfense encadrées par des anciens moudjahidin ou des ex-militaires.

    * Soutenir la lutte des forces de sécurité par une campagne de propagande médiatique à l'échelle internationale.

    * La reprise par l'état de tous les lieux de culte et uniformiser le discours religieux à travers le pays.

    * Reformer la société algérienne dans les domaines sensibles de l'éducation, la famille et la justice.

    * Création de cours spéciales pour le suivit exclusif des affaires liées au terrorisme et l'application des mesures légales décidées pour la circonstance.

    * Organiser le soutien de la lutte anti-terroriste par la communauté intellectuelle et politique à l'échelle nationale et internationale.

    Ces mesures qui furent appliquées à la lettre par Mohamed Lamari, Toufik et Smain Lamari ont conduit l'Algérie à une situation catastrophique, car Touati avait omis un point très important : le peuple algérien ne croyait plus en ses dirigeants depuis octobre 88.

    Pour certains généraux, fervents défenseurs du projet de création d'une armée professionnelle loin de la politique, comme Le général Hocine Benhadid, l'implication de l'ANP dans les événements d'octobre en premier lieu, la destitution de Chadli en second lieu et la mort du président Boudiaf en dernier lieu avaient mis l'ANP dans une position très vulnérable vis-à-vis de la société civile. Le plus grave était que l'institution militaire avait perdu le crédit chèrement acquit pendant la guerre de libération ; en effet parler de l'ANP revenait à citer le passé glorieux de l'ALN et rappelait surtout l'amour et la confiance qui la reliait au peuple algérien, mais tout cela avait disparu. Le tout sécuritaire était une option sans aucune garantie de réussite et la crise politique devait et ne pouvait être traitée que par les politiciens.
    Cette conviction avait valu à Hocine Benhadid et à ses "alliés" d'être écarter de la sphère du commandement de l'armée au profit de jeunes loups comme Mohamed Lamari, Fodil Cherif, Said Bey et d'autres généraux qui adhéraient aux thèses éradicatrices de Mohamed Touati, le "Mokh".

    Tous les ennemis de Mohamed Lamari furent évincés par Khaled Nezar pour lui ouvrir le chemin vers le sommet, surtout que le ministre de la défense était malade et que ses voyages à l'étranger pour se soigner devenaient de plus en plus réguliers et que son absence du ministère n'arrangeait pas la situation. C'est lors d'une réunion, au début du mois de juillet 1993, au bureau du ministre de la défense, qu'un problème de taille fut soulevé entre les officiers janvieristes: la retraite de Nezar et le choix de son remplaçant. L'ambiance était très houleuse; Touati voulait le poste, Benabbes Gheziel et toufik ne voulaient pas faire de concessions. Khaled Nezar avait de la peine à raisonner les uns et les autres pour arriver à un compromis, et la seule alternative qui avait fait l'unanimité était celle de rappeler la personne qui avait le plus d'ancienneté après Khaled Nezar (pendant l'époque Chadli); cette personne était le général Liamine Zeroual. Le premier problème était réglé, mais Khaled Nezar ne voulait pas partir et laisser son clone (Mohamed Lamari) sans protection, il réussit à obtenir pendant cette même réunion, la démission de Abdelmalek Guenaizia de son poste au profit de Mohamed Lamari qui fut baptisé : Chef Suprême de l'ANP. Guenaizia fut envoyé à Berne comme ambassadeur d'Algérie en Suisse, une retraite bien paisible.



    La Liquidation des Généraux

    Après le départ de Toufik de la DCSA, il fut remplacé, pendant quelques mois, par le colonel Zeghloul, jusqu'à l'arrivée du colonel Kamel Abderrahmane, le seul officier promu au grade de commandant en novembre 88 pour acte de bravoure. Il avait alors sauvé un char Stationné à Elbiar à Alger, des flammes d'un cocktail molotov et avait payé son acte au prix fort, par de graves brûlures qui lui avaient laissé d'importantes séquelles, malgré des mois de soins au Val-de Grâce (Hopital militaire français situé à Paris).

    Le fait que Kamel était chef d'état major de la quatrième région militaire sous le commandement de Betchine était presque sans importance pour Le général Toufik, son dossier au sein de la DRS était très rempli et faisait de lui une marionnette parfaite. En effet c'était presque par hasard que son nom était apparu dans une affaire connue sous le code "Scanner" dans laquelle était impliqué le chef de service VIP ( du mot anglais very Important Personality) de l'hôpital central de l'ANP en l'occurrence Melle Benhamza Fatiha qui avait réussi à construire un réseau d'informateurs de haut niveau parmi ses relations et rendait compte à un officier de la DGSE (elle était tout simplement une espionne). Comme Benhamza était en charge des soins du Capitaine Kamel Abderrahmane, elle avait depuis novembre 88 établi une relation très personnelle avec cet homme qui avait un grand penchant pour les femmes. Quand Kamel fut promu au grade de colonel et juste avant de prendre son poste à la tête de la DCSA, Benhamza était toujours à son poste de directrice du VIP/HCA et continuait toujours de voir son colonel qu'elle recevait dans sa villa à Moreti, elle ne fut mise hors circuit que plus tard. Par égards à ses relations, elle ne fut jamais inquiétée et eut même droit à un bon pécule à sa sortie de l'HCA.
    Kamel Abderrahmane était le parfait serviteur de Toufik en qui il voyait le génie bienfaiteur, c'était la raison pour laquelle il n'avait presque aucune autorité sur son directeur des opérations, le colonel Tartag qui rendait compte directement au général Toufik. Kamel Abderrahmane fut limogé de la direction de la DCSA en 95 et nommé aux commandes de la 2ème région militaire à cause d'une faute très grave: il avait perdu, dans la nature, un élément très compromettant pour les chefs.


    C'est à ce moment là que Saidi Fodil devait prendre la tête de la DCSA, après un décret de nomination signé par Zeroual à la présidence de la république.

    Saidi Fodil fut de loin l'un des meilleurs directeurs de la DDSE; dès sa nomination à la tête de cette direction, il avait opéré un changement radical dans les modes de travail en introduisant les techniques modernes de gestion de l'information, mais il avait surtout essayé de mettre fin à la pratique des nominations parachutes aux postes de chef de bureau de sécurité (BSS) dans les ambassades algériennes à l'étranger, le plus souvent au prix d'une altercation avec ses superieurs Toufik et Smain. Travaillant à l'ombre du ministère des affaires étrangères, sa réputation de redoutable diplomate du secret, il l'avait acquis après le succès remporté lors de la résolution du conflit des Touaregs, qui risquait d'embraser la région entre l'Algérie, le Niger et le Mali, surtout que le côté français avait longtemps essayé d'en faire un cheval de bataille à la manière de la question de l'identité kabyle. De même qu'il avait réussi d'autres coups d'éclats comme celui de la récupération d'un dossier classé, renfermant des preuves de l'implication d'un officier des services algériens en poste à Ankara (Turquie) dans une affaire d'espionnage au profit de la CIA. Il avait aussi obtenu d'importants résultats sur d'autres plans hautement stratégiques pour la défense du territoire.

    Comme le bon travail ne peut être apprécié que par ceux qui sont profondément concernés par le devenir de la patrie et de son peuple, le couple Toufik et Smain avaient tout fait pour lui mettre des batôns dans les roues, afin de freiner l'ascension de cet officier parachuté par Zeroual, qui présentait une réelle menace, surtout qu'il était plus instruit que le reste des chefs à la DRS et incarnait la nouvelle génération d'officiers issus des grandes écoles. Les raisons de la discorde avec ses chefs étaient aussi variables que multiples, à commencer par ses liens étroits avec Zeroual et Betchine auxquels il rendait directement compte, sans passer par ses chefs hiérarchiques, le directeur de la DRS, Toufik ou le sous-directeur de la DRS, Smain.

    Le général Saidi Fodil, même appuyé par Zeroual ne pouvait affronter Toufik et Smain, et cela pour des raisons multiples, dont la plus importante était la non-disposition d'un service opérationnel propre à la DDSE doté de moyens et capable de mener des investigations comme l'étaient ceux de la DCSA et la DCE. Il était donc presque impossible d'engager des poursuites ou d'assurer un suivi opérationnel des informations récoltées à l'étranger par la DDSE souvent à un prix très élevé.

    Le poste de chef de bureau sécurité à l'étranger fut de tout temps très prisé par les officiers de la DRS, mais généralement les officiers sélectionnés pour les postes sensibles à l'étranger (comme celui de Washington, Paris, Genève, Rome, et Londres) étaient ceux qui bénéficiaient de la confiance des chefs. Il faut rappeler qu'un chef de bureau de sécurité en poste à Paris par exemple, est au courant de presque toutes les magouilles et les malversations des hauts fonctionnaires de l'état, c'est la raison pour laquelle la personne nommée à ce genre de poste doit faire partie du cercle de confiance immédiat de Toufik et Smain. La gestion des informations récoltées sert le plus souvent à manipuler les différents acteurs de la scène politique et militaire algérienne.


    Avec le temps il est devenu très clair pour l'ensemble du personnel de la direction qu'au sein même de la DRS deux catégories d'officiers coexistent: une qui travaille pour le bien-être de l'Algérie et une autre qui gère les affaires personnelles des chefs à l'intérieur et à l'extérieur du pays moyennant des miettes que les chefs cèdent à leurs serviteurs "au grès de leurs humeurs", surtout que la situation de manque à l'intérieur même de l'ANP encouragent les uns et les autres à rechercher l'intérêt personnel avant celui de la nation, et les chefs ont toujours donné l'exemple à suivre.

    Un des problèmes majeurs qui s'était dressé entre Saidi Fodil et Smain Lamari était le dossier de coopération sécurité avec les autorités françaises. Smain Lamari ne voulait surtout pas que l'on touche à sa chasse gardée, et toute forme de correspondance avec le bureau militaire à Paris (chef de l'antenne DDSE en Europe) devait passer d'abords par lui. Saidi Fodil trouvait que Smain lui marchait sur ses plats de bandes. Ainsi cette coopération avec les services français était la source de discorde permanente surtout que Saidi Fodil n'était même pas mis au courant des tenants et aboutissants de cette coopération qui avait pour lui un goût de collaboration "version Vichy" surtout après les concessions faites par Smain (en charge de la sécurité intérieure du pays) et Toufik concernant la sécurité de l'ambassade et des consulats français en Algérie où plus de trois cents militaires français (gendarme pour la plupart, anciens du groupe du GIGN) avaient élu domicile à Alger, officiellement pour la protection des Français en Algerie (comme avait été le cas au Tchad, et plus récemment au Rwanda).

    Les normes internationales ne tolèrent pas un nombre de militaires armés, supérieur au nombre des doigts de la main, au sein des ambassades, mais à Alger les choses étaient différentes; les questions de souveraineté avaient été abandonnées au profit d'un intérêt à très court terme, surtout après la prise d'otages de l'airbus de la compagnie francaise, Air France, à Alger en décembre 94.

    Plusieurs fois, pendant ou après une campagne d'arrestation d'islamistes algériens en France par la DST, Smain (accompagné du colonel Farid et de deux officiers) était le jour même à Paris, traitant les résultats de l'opération avec son homologue français. Cela agaçait Saidi Fodil qui se voyait doubler à l'extérieur et à l'intérieur du pays ; même ses plaintes auprès de Zeroual étaient vaines ; Zeroual lui-même était gardé tout à fait hors circuit, loin de ce qui se passait et de ce qui se tramait à l'ombre. En définitif, Saidi Fodil avait fini par admettre que le pouvoir central qui tirait toutes les ficelles, était entre les mains de Toufik et Smain, le reste n'était qu'un décor pour servir les besoins des penseurs.

    Le coup final était venu de l'affaire "JOBE"; dans cette affaire le chef du BSS à l'ambassade d'Algerie à Genève en l'occurrence le commandant Samir avait réussi (sous couvert d'un de ses amis algériens: Mohamed Hebri) à recruter un policier suisse nommé Léon Jobé travaillant pour le compte des services de sécurité intérieure Suisse (police fédérale Suisse) en charge de la surveillance des islamistes algériens résidents en suisse et c'est ainsi que Samir avait réussi à avoir une copie des dossiers des activistes islamistes, ainsi que ceux d'autres sujets intéressants pour la DRS tel que Hocine Ait Ahmed. Mais comme Jobe trouvait que les renseignements fournis valaient plus que la centaine de milliers de francs suisses qu'il avait reçu, vu leur importance pour le gouvernement algérien ; il était devenu plus gourmand qu'il ne fallait et faisait chanter Mohamed Hebri; il avait même commis la faute d'appeler le MDN et de demander à parler à Toufik. c'est à la suite de cela que Toufik avait décidé de le griller au lieu d'avoir un scandale avec les autorités suisses.

    Saidi Fodil était fou de rage lorsqu' il apprit la nouvelle en décembre 94; il était responsable de cette bavure puisque Samir était organiquement sous ses ordres. Ceci avait décidé Saidi Fodil à repartir à son corps d'origine, à savoir le commandement état major ANP, et devant sa persistance Zeroual n'avait trouvé autre alternative que de le nommer à la tête de la 4ème région militaire, son poste d'origine. A cette époque la lutte des clans présidence-MDN commençait tout juste à produire ses premières étincelles.

    Une des conditions d'acceptation du poste de la magistrature suprême par Zeroual était d'avoir les pleins pouvoirs afin d'agir en faveur d'une solution politique de la crise algérienne (qu'il avait préparé suite à de nombreuses visites faites aux chefs du FIS incarcérés à la prison militaire de Blida, avec le soutien des autres courants de la classe politique), la rectification de la constitution nationale pour consolider ses prérogatives, la nomination de Mohamed Betchine comme ministre de la défense et la constitution d'un comité de crise avec pour mission la réconciliation nationale.

    Zeroual, en fait, devait agir comme un vrai chef d'état selon l'accord passé avec Nezar et Toufik, mais après son éléction tant attendue et qui l'avait conforté dans son poste, Mohamed Lamari et Toufik ne pouvaient pas prendre le risque de perdre leurs postes en acceptant la nomination de Mohamed Betchine comme ministre de la défense par le nouveau président, c'était le premier désaccord entre Zeroual et le gouvernement secret de l'Algerie.
    Dans le même état d'esprit, Zeroual avait essayé de faire passer par force la nomination de son ami Saidi Fodil à la tête de la DCSA pour essayer d'avoir pied dans la structure opaque de la DRS, mais dès la signature, au debut du mois de Juin 96, du décret de nomination (qui était en fait un arrêt de mort pour son ami Saidi Fodil), Smain Lamari envoya le 03 Juin 96 une équipe de son escadron de la mort à la 4ème région (region de Ouargla) avec pour mission la liquidation de Saidi Fodil, et bien que sa voiture fut du type blindé, une charge de forte puissance placée sous la voiture lui ôta la vie sur une route droite et déserte le 04 Juin 1996; le maquillage en accident de la route était parfait et le travail de l'équipe de Smain, dépêchée par hélicoptère, accompli. Le message était très clair par rapport à Zeroual qui voulait jouer au président. Une commission d'enquête désignée par le président en personne devait faire toute la lumière sur les circonstances du décès de Saidi Fodil, mais le travail n'a jamais été effectué et le dossier mis aux oubliettes; Mohamed Lamari avait insisté pour baptiser la promotion sortante de l'academie militaire inter-armes de Cherchel, le 1er Juillet 96, promotion: Saidi Fodil.
    Pire encore, à chaque fois que Zeroual voulait appliquer ce qui avait été convenu avant les élections, il se voyait doubler et c'était par l'intermédiaire de la presse qu'il l'apprenait.

    Presque le même plan déjà suivi avec Boudiaf était appliqué avec Zeroual ,sauf que dans son cas, sa liquidation fut politique après lui avoir collé des dizaines de milliers de victimes sur le dos. Ce même dos qu'il tournait au peuple Algerien, sa peau étant, pour lui, bien plus chère.

    La plupart des grands massacres furent systématiquement organisés et planifiés, soit pour contrecarrer les efforts de paix de Zeroual, soit pour ralentir les élans de Betchine qui en avait beaucoup sur le cour.

    Saidi Fodil ne fut malheureusement pas le seul général qui à être écarté de cette manière. En 1995, le général Boutighane Ali (l'ennemi farouche de Mohamed Lamari, le chef d'etat major de l'ANP, à cause des méthodes inhumaines utilisées par ce dernier dans la lutte anti-térroriste depuis sa nomination à la tête du CCLAS), fut liquidé à cinq minutes de son bureau au MDN, sur une route principale à dix heures du matin. Le général Boutighane Ali entretenait d'étroites relations avec le général Hocine Benhadid qui fut évincé avec plus d'une centaine d'officiers superieurs car ils constituaient une menace pour le clan Lamari.

    Quand Zeroual était nouveau à la tête de l'état en 1994, il voulait avoir comme chef d'état major, un homme (un parent aussi) qu'il connaissait bien, le général Tayeb Derradji qui était réputé au MDN pour son honnêteté depuis son passage au service finances de l'ANP. Ce projet de nomination (qui était très possible à l'arrivée de Zeroual de part la notoriété de son poste de ministre) déchaîna la colère de Mohamed Lamari, qui demanda alors à Toufik de trouver une solution. Smain Lamari le sous-directeur de la DRS prit l'initiative de préparer la liquidation de Tayeb Derradji lors d'un voyage de quelques jours que celui-ci fit à Paris (chez son neveu), à la fin du mois d'octobre 94, en envoyant une équipe de tueurs pour faire le sale boulot.
    Toute l'opération fut minutieusement préparée par un certain S. Moustapha alias sous-lieutenant Hafid qui fut rappelé à la dernière minute par Toufik. En effet lorsque Mohamed Touati fut mis au courant de l'affaire, il exprima sa farouche opposition, vu les relations qui reliaient Tayeb Derradji au président d'une part et de la possibilité d'une révolte du clan chaoui à l'interieur de l'ANP d'autre part. Tayeb Derradji venait d'echapper à un vrai guet-apens. Le président Zeroual changea sa nomination plus tard au profit du poste de commandant de la gendarmerie, aprés que Benabbes Gheziel ait accepté de céder sa position moyenant une très importante somme d'argent (un million de dollars, prime de fin de fonction), et un poste permanent de conseiller au MDN.

    Toufik avait fait de même avec son chef de la DREC (EX DRE), le général Salim Benabdellah Alias Slim. Ancien officier pilote du président Chadli et ex-responsable du corps du "GLAM", cet officier instruit qui fut aussi pendant longtemps l'attaché militaire auprès de l'ambassade d'Algerie à Washington, avait désapprouvé les méthodes de gestion du directeur de la DRS. Les postes affectés à la DREC (Direction des Relations Exterieures et de la Coopération) avaient toujours attisé les convoitises de Toufik qui les distribuait à sa guise en forme de récompense à ses hommes de main qui en profitaient pour se faire de l'argent (des miettes par rapport aux chefs), au détriment des cadres qui devaient utiliser ces postes pour faire leur travail. A plusieurs reprises le général Slim s'était accroché avec Toufik et Smain concernant le travail. Il finit après une grave altercation avec Smain et craignant pour sa vie, de peur qu'il ne lui arrive la même chose que Saidi fodil, par abandonner son poste sans prévenir personne, au mois de Juillet 96. Il s'envola à Washington où vivait toujours sa famille, en laissant sa démission sur son bureau au siège du MDN. Le poste fut cédé ensuite à un fidèle de Toufik, le jeune général S.Attafi.



    Purification à la DRS

    Dans leur campagne de purification, les généraux Mohamed Mediene Alias Toufik et Smain Lamari n'ont rien épargné, pas le moindre détail. Ils ont mené une vraie opération de nettoyage à la manière fasciste en commençant par l'intérieur même de la DRS.
    Plusieurs officiers de très haut rang (dont certains issue du MALG) furent invités par la voix administrative à faire valoir leur droit à la retraite anticipée, sans préavis, et cela concernait les officiers qui avaient un comportement religieux "selon certains", c'est à dire qui faisaient leurs prières de manière régulière ou qui s'étaient rendu dans le passé à la Mecque pour faire leur devoir de pèlerinage ou avaient exprimé le désir de le faire, sachant que les listes des demandeurs de congé pour les lieux saints étaient disponibles au service du personnel de la direction.

    Une vraie chasse aux "sorcières" était engagée, et des cadres qui faisaient dans le passé la fierté de la DCSM s'etaient retrouvés à cause de leur appartenance présumée au courant islamiste, désignés comme des ennemies potentiels du service et donc de la nation parce qu'ils pratiquaient leurs devoirs religieux comme tout Algérien. En réalité leur vrai crime était celui d'être restés honnêtes et profondément nationalistes avec un sens aigu du devoir, sans adhérer aux vices (boisson, femmes, affaires illégales de tout genre) qui étaient devenus les critères du bon militaire. Il est tout à fait inimaginable de décrire ce que ces officiers (qui avaient donné leur jeunesse au service de l'Algérie et qui avaient pour certains plus d'ancienneté que Toufik et avaient occupé à un certain moment des fonctions plus importantes au sein de la DCSM) avaient vécu, en fin de carrière leurs vies furent brisées et leur honneur bafoué.

    Concernant le cas des officiers qui s'étaient exprimés ouvertement, soit en donnant leurs avis ou en dénonçant la politique du tout sécuritaire adoptée par le commandement de l'armée et avaient osé traîner du pied lorsqu'il s'agissait d'exécuter les ordres démoniaques de Toufik et Smain (qui pouvaient aller jusqu'à la liquidation physique), Toufik avait opté pour la méthode choc en intimant personnellement à Bachir Tertag (Directeur du CPMI: centre opérationnel de la DCSA à Ben-Aknoun) l'ordre d'arrêter ces officiers sous le motif classique devenu bien courant en ces temps: "propagation de propos subversifs visant à porter atteinte aux institutions de l'état".
    Même si les personnes qui étaient dans la ligne de mire n'avaient aucune relation avec le FIS, l'existence d'un parent même éloigné appartenant au parti dissous, était un motif bien plus que suffisant pour les mettre hors circuit, sous le chef d'inculpation :"relation avec une entreprise terroriste ou non-dénonciation d'une entreprise terroriste ". Le but était en fait de les casser et d'en faire des exclus et des traîtres.

    Ces mesures très répressives et sans commune mesure avec les soi-disant délits furent ordonnées par le directeur de la DRS et visaient plus particulièrement les officiers pour en faire des exemples à ne pas suivre parmi les esprits encore hésitants au sein de la boite (terme sous lequel était dénommée la DRS) surtout pendant les premières années du conflit.

    Toufik avait mis en ouvre une vraie machine de répression qui consommait exclusivement des vies humaines, des militaires qui se voulaient humanistes avant toute chose au service de la justice et du droit.

    L'ensemble des effectifs des centres opérationnels fut passé au peigne fin, et les nouveaux éléments furent triés sur le volet parmi les opportunistes et les délinquants de tous bords ; il ne fallait absolument pas qu'ils aient des diplômes universitaires; on ne voulait pas de personnes capables de réfléchir; ce qu'il fallait de préférence, c'était des ex sous-officiers promus pour la circonstance, des machines qui exécutent les ordres, n'importe quels ordres.

    C'est le CPMI (Sous le commandement du colonel Bachir Tartag alias Atman) qui fut chargé par Toufik du dossier des militaires gênants qu'il fallait absolument éliminer par n'importe quel moyen. Depuis la fin de l'année 92, le nom de Bachir Tartag est devenu synonyme de peur, de terreur et bien plus grave, ce nom incarne la mort, et la simple citation du centre de Ben-Aknoun suffit à donner des frissons au plus aguerri des officiers; la réputation que le commandant du CPMI a acquis lui a valu une place au soleil: la postérité.

    Quand un officier est arrêté (le plus souvent en plein jour et avec beaucoup de tapage) au sein même de l'établissement militaire d'attache, le chef du bureau de sécurité (officier de sécurité, détaché par la DRS dans chaque structure militaire à travers le territoire) est chargé d'entretenir un climat de peur et de suspicion qui rend la vie au sein des casernes, invivable à cause de la perte de confiance, même entre de très proches amis. Dès l'instant où un officier (quel que soit son grade) est sous les feux croisés des services opérationnels et est pointé du doigt par l'officier de sécurité de la caserne, il devient déjà un indésirable que le reste du personnel militaire n'ose plus approcher et d'autant moins lui adresser la parole. Tout le monde a peur d'être associé à cette personne coupable d'être différente du moule sculpté par Toufik et Smain.

    Cette stratégie de l'exemple à ne pas suivre est basée sur la moralité du proverbe qui dit : "encore plus virulente que la peste, la peur se transmet en un clin d'oil". A peine, arrêté, la famille de l'officier est délestée de tous les avantages sociaux à commencer par le logement; des dizaines de familles se sont retrouvées à la rue, le logement étant très vite attribué au plus méritant. Dans plusieurs cas, des familles furent obligées de sortir sans avoir le droit de prendre leurs affaires personnelles.

    Bachir Tartag a réussi à se construire une réputation des plus macabres, et à trop vouloir satisfaire Toufik en faisant un peu trop de zèle, il a fini par avoir presque autant de sang militaire sur les mains que tous les groupes terroristes réunis. La bavure est admise surtout lorsqu'il s'agit de liquider des témoins gênants ou des officiers à la conscience immaculée. Jamais un officier du service opérationnel de la DRS n'a fait aussi long feu au CPMI (centre principal militaire d'investigation).

    Les résultats obtenus par Tartag ont toujours incité Toufik à demander encore plus, jonglant avec les différents directeurs des services opérationnels sur le terrain (le GIS, Groupe d'Intervention Spéciale, commandé par le colonel Abdelkader Khemel, le Centre Antar, commandé à l'époque par le colonel Farid et le CPMI, commandé par Tartag), Toufik faisait figure de chef d'orchestre, et en jouant sur le principe sacro-saint du cloisonnement, il n'hésitait pas à monter un service contre l'autre pour inciter tout le monde à la concurrence et au surpassement.

    Il est à la fois difficile et même insoutenable de décrire ce que des officiers, sous-officiers de la république, des cadres militaires supérieurs ont vécu dans les centres opérationnels tel que le CPMI. Mais par devoir de justice, pour que leurs mémoires (pour ceux qui ont péri) soient respectées, il convient de raconter leurs calvaires et leurs descentes aux enfers de Tartag.

    A l'arrestation, le sujet est introduit dans la voiture, sa tête est placée entre ses jambes pour qu'il ne reconnaisse pas la destination ; une fois arrivé au centre, la voiture est stationnée devant la porte de la bâtisse qui sert de prison. Le sujet est descendu de la voiture et conduit à l'intérieur avec une cagoule qui est enlevée une fois à l'intérieur. Il est ensuite délesté de tous ses vêtements sous des regards humiliants, pour mettre une combinaison militaire aux odeurs nauséabondes (du même modèle que celle des mécaniciens mais de couleur verte), déjà utilisée par des dizaines de victimes et entachée de sang. Généralement le nouvel arrivé est accueilli par les cris et les supplices d'un autre détenu interrogé dans une des salles réservées à cet usage. C'est le premier choc que reçoit la personne arrêtée, qui devient à partir de ce moment, objet à tous les dépassements. La suite des événements dépend du futur décidé par les chefs pour la personne arrêtée, et suivant le cas une attitude bien spécifique est adoptée par les hommes de Tartag chargés de mener l'interrogatoire, et si le sujet jouit d'une recommandation supérieure, c'est Tartag en personne qui s'en charge.

    Schéma du batiment d'arrêt au CPMI (Ben-Aknoun)



    Si la personne est condamnée à mort, les séances de torture commencent immédiatement par des coups, et la combinaison n'est même pas nécessaire. Le cas du commandant Mohamed Abbassa, un officier marin, est un exemple typique. Arrêté au siège du MDN le matin du premier mercredi du mois de janvier 94; il fut transporté au CPMI où il décéda deux jours plus tard. Depuis le premier jour, ce fut Tartag en personne qui s'occupa de son cas; le motif de l'arrestation: "suspicion d'appartenance à une entreprise terroriste" (son nom avait surgi lors d'un précédent interrogatoire avec un autre officier qui osait dire "non"), et c'est biensûr des noms que Tartag voulait lui arracher, aidé par un autre officier du CPMI (lieutenant Mohamed) qui prenait du plaisir à torturer des officiers supérieurs, gifles et coups de manche à balai pour commencer. Il fut ensuite allongé tout nu sur un sommier métallique et attaché par des sangles et arrosé d'un seau d'eau. Le lieutenant Mohamed lui mis les électrodes aux pieds puis aux organes génitaux, Tartag dirigeait l'opération et demandait la collaboration sous peine de poursuites de la séance de vérité.

    A chaque fois que le courant était branché, le lit en entier se déplaçait. Et ce qui rendait Tartag plus nerveux était le silence et la résistance du commandant Abbassa. Et dans les rares moments de répit, la seule réponse de Abbassa était "vous ne savez pas ce que vous faites à l'Algérie, êtes vous seulement conscients ? ". Le chalumeau, la manche à balai, les bouteilles, les fourchettes, toute la panoplie de la torture fut employée par Tartag et son second, et à chaque fois que le commandant Abassa perdait connaissance, Tartag devenait encore plus furieux et le lieutenant tortionnaire était presque dans un état de transe. Au soir de la deuxième journée, ce fut un corps méconnaissable, enflé et brûlé, même au yeux, qui rendit l'âme en murmurant des mots à peine audibles. La dépouille n'eut même pas droit à un enterrement correct.

    Un nombre impressionnant d'hommes a péri dans des conditions atrocement semblables, et à chaque fois les corps étaient jetés pendant la nuit dans la rue comme des chiens que l'ont abat; ils avaient quand même droit à une mention dans les colonnes des journaux du régime "un terroriste a été abattu durant la nuit...". Devant ce spectacle de l'apocalypse, il faut dire que les plus chanceux étaient ceux que le commandement avait décidé de liquider par balle : comme c'était le cas du Docteur lieutenant-colonel Redouane Sari, docteur en physique nucléaire et chef du programme nucléaire Algérien. Il occupait aussi la fonction de conseiller spécial du ministre de la défense Khaled Nezar depuis 1990 et s'opposait farouchement à l'arrêt du processus électoral. En 93 Toufik et Smain avaient chargé une équipe de l'escadron de la mort pour exécuter la tâche.

    Un soir en rentrant chez lui à Bouzareah, du ministère de la défense, il fut intercepté sur la route par l'équipe de l'escadron 192, à dix minutes de sa demeure. Un travail propre, trois balles dans la tête et la mission était accomplie. Ils n'avaient même pas pris la peine de prendre ses armes (un Makarov et un Kalachnikov qu'il avait dans la malle de la Mazda bleu 626 du MDN). Redouane Sari eut quand même droit aux honneurs militaires lors de son enterrement, et de plus les terroristes qui avaient fait le coup furent abattus selon la presse.

    D'autres officiers ont eu un traitement très particulier, par des éléments de l'équipe de Tartag qui se sont spécialisés dans le remodelage et la rééducation. Casser les hommes est devenue leur mission, et pour casser un homme ils ont trouvé la formule : arracher cette qualité qui fait d'un homme, un homme, sa virilité, son honneur. En plus des castrations devenues assez courantes, le viol des hommes est pratiqué comme un moyen de contrôle et de soumission de certains durs aux yeux de Tartag. . Les éléments de l'équipe de Tartag avaient accès à toutes les commodités et se permettaient tout lors des arrestations, ils se servaient au passage de bijoux, d'argent, voitures et ont pour la plupart, amassé de vraies fortunes.
    Bien plus encore, quand une femme était au goût d'un des officiers en charge de l'arrestation, il était bien simple pour lui de revenir et de l'arrêter plus tard, même si elle était mariée, cela importait peu. Elle devenait "après son kidnapping", une complice, une terroriste aussi, puisque arrêtée sous le même chef d'inculpation que l'homme de la famille.

    Des années durant et le même cycle infernal faisait grossir la liste des fidèles un peu plus chaque jour. Des officiers cadres de la nation, des docteurs d'état, médecins, professeurs, ingénieurs, techniciens que l'Algérie avait formé au prix fort furent exécutés par des assassins, et traités comme des déchets de l'institution militaire.

    Les dépassements constituent encore un autre sujet que seules les victimes rescapées ont le droit de raconter, par égards et par respect pour leur dignité bafouée. Un dossier special sera consacré à ce sujet.

    Il va sans dire aussi que le centre opérationnel "ANTAR" situé aussi à Ben-Aknoun (côté parc Zoologique), et commandé par le colonel Farid, Sous la tutelle directe de Smain Lamari, fut aussi le théatre d'horribles évènements, puisqu'il est le repère de l'escadron de la mort et le berceau du fameux "GIA".



    l'Algérie Meurtrie

    Devant cette situation de désolation, qui a jeté le discrédit sur les institutions de l'état algérien à commencer par son armée, des êtres sans scrupules ont profité et profitent toujours de la situation qu'ils ont crée, en se remplissant les poches ; l'économie de la guerre leur a permis de multiplier leurs fortunes mais surtout de blanchir une masse d'argent colossale, que les uns et les autres ont réinvesti dans la reprise de sociétés et entreprises nationales coulées puis rachetées au dinar symbolique. Les rares cadres qui se sont dressés pour éviter la catastrophe se sont retrouvés grâce à l'agent "Ouyahiya" en prison. Le pillage à grande échelle d'un peuple profondément meurtri a jeté le peuple algérien dans les abîmes de la pauvreté, la famine et la dépendance. La société algérienne a vu apparaître ces dernières années des maux extrêmement graves : de la prostitution infantile pour un bout de pain, aux réseaux des dealers de drogue qui sont protégés d'en haut pour aider la jeunesse algérienne à oublier qu'elle a des droits sur ses dirigeants et sur son armée.


    Aucune armée au monde n'est aussi fameuse pour les affaires de corruption et d'enrichissement illicite que notre armée, et les individus suivants, se sont tout permis; ils croient, pour l'on ne sait quelle raison que l'Algérie est leur patrimoine personnel et qu'ils ont le droit de se la départager:


    * Général Larbi Belkheir:

    Sa fortune s'estime à plusieurs centaines de millions de dollars. Il a plusieurs biens immobiliers et fonciers en France, en Suisse, en Espagne, au Maroc, aux Etats-Unis et au Canada. Le général Belkheir a spolié les biens de l'état et du peuple algérien de trois façons. Quand il était secrétaire à la présidence, il avait la responsabilité du budget de cette institution. La deuxième source de sa rapine a été le projet Fiat que les Italiens ont essayé de monter en Algérie depuis 1985, sans succès à ce jour. Belkheir a touché d'immenses commissions pour ce projet. Son troisième cambriolage est le projet de construction de l'oléoduc gazier, projet qui devait être attribué à une compagnie nationale mais dont bénéfiçia une compagnie italienne; Belkheir obtient une rente mensuelle astronomique.


    * Le général Mohamed Lamari:

    Il touche des commissions de marché des compagnies pharmaceutiques françaises en Algérie. Il est l'ami et le partenaire de Mohamed Ait-Djeddou, le magnat de l'importation pharmaceutique en Algérie. Une grande partie des dizaines de millions de dollars qu'il a amassé vient en fait des contrats d'armement passés avec l'Afrique du sud et la France en particulier, en plus biensûr du pourcentage de la rente annuelle du pétrole.


    * Général Khaled Nezzar:

    Il a amassé sa fortune particulièrement lorsqu'il était ministre de la défense. Il a des comptes bancaires en France, en Suisse et aux Etats-Unis. Il possède de nombreuses villas à Alger, à Batna et à Constantine. Il détient des biens immobiliers et fonciers dans plusieurs wilayas. Il possède une villa aux Etats-Unis, achetée en 1992 avec l'argent du contribuable algérien. Son fils, qui a le monopole d'importation de plusieurs produits agro-alimentaires, a monté sa compagnie avec un prêt bancaire de la Banque nationale d'Algérie avec un taux d'intérêt avoisinant le zéro et un délai de paiement indéfini. Nezzar Junior s'est lancé dernièrement dans l'aviation civile avec une compagnie aérienne privée.


    * Général Mohamed Mediene:

    Il a une fortune colossale dont l'estimation n'est pas connue. Il est le principal actionnaire de la société sud-africaine de prospection d'or et de diamant dans le Hoggar. Il s'est assuré une rente importante de plusieurs multinationales de prospection pétrolière. Son homme de main qui supervise ses affaires et gère ses richesses est M.Hanchi. Le fils aîné de Mediene fait partie du conseil d'administration de Daweoo en Algérie et qui avec le démantèlement partiel, perfide de l'ENIE, contrôle une partie importante du marché d'importation de l'électronique, de l'électroménager et de la voiture.


    * Général Mohamed Betchine:

    Sa fortune s'élève à plusieurs dizaines de millions de dollars. Il possède des biens immobiliers immenses dans l'est algérien, mais aussi en Syrie, en Tunisie, en Suisse et en France. Il est le principal importateur et distributeur de sucre dans l'est algérien. Il contrôle une part importante du marché d'importation d'autres produits agro-alimentaires. Il possède plusieurs journaux et une maison d'édition. Il touche une rente régulière des compagnies pétrolières américaines Anadarko et Arco. Il a aussi touché des pots-de-vin dans les contrats de modernisation du système de défense aérienne.


    * Général Abdelmadjid Taghit:

    Il est dans une alliance d'affaires avec son frère qui a dirigé la Cosider. Il possède plusieurs biens immobiliers en Algérie. Il s'est enrichi considérablement en revendant des boutiques à Riadh El Feth acquises à des prix dérisoires.


    * Général Mohamed Attailia:

    Ex-chef de la 1ère région militaire, il est dans le brigandage des biens de l'état depuis 1965. Il possède un hôtel, un restaurant et une boucherie en France. Il possède aussi une usine de verrerie dans le midi de la France. Il a de vastes biens immobiliers en Algérie et des biens fonciers à Bouchaoui.


    * Général Smain Lamari:

    De part la sensibilité de son poste, il a réussi à monter un empire d'import-export et la plupart des transactions se font à l'extérieur du pays. En plus des biens achetés en France, il a eu de larges commissions sur les contrats d'armement réalisés avec les Français (couverture radar de l'ensemble du territoire). Avec des amis français, il reçoit en échange d'ouverture du marché algérien de généreuses commissions à chaque marché et assure aussi la protection des investisseurs. Sa fortune s'élève à plusieurs dizaines de millions de dollars.


    * Général Kamel Abderrahim:

    Commandant en chef des forces terrestres jusqu'en 1989, il possède des biens immobiliers en Algérie, ainsi qu'un restaurant et un hôtel en France. Il possède une usine ultramoderne de fabrication de consommables pour les hôpitaux à Ain Taya .


    * Général Moustafa Belloucif:

    Il s'est enrichi en s'accaparant les comptes bancaires du richissime Zeggar évalués à plusieurs millions de dollars. Il s'est aussi enrichi par la revente de biens de l'état achetés à des prix dérisoires. Il possède des biens immobiliers très cotés à Alger et à Annaba.


    * Général Mohamed Touati:

    Son importance au sein la hiérarchie militaire lui a permis d'utiliser à fond son influence et à recevoir en conséquence des commissions sur tous les grands projets d'investissement ou de prospection des champs pétroliers dont il assure la sécurité avec ses compagnies privées de protection moyennant un pourcentage sur chaque puits. Il possède des biens immobiliers dans tout le territoire national et de même en France et en Suisse. Sa fortune est de plusieurs dizaines de millions de dollars.


    * Général Mohamed Hartani:

    Ancien directeur de l'hôpital central de l'armée à Alger, c'est en cette qualité qu'il a amassé sa fortune. Il a touché d'immenses commissions de marché de Siemens et d'autres compagnies de matériaux de construction. Il est le représentant de Siemens en Algérie sous la couverture de son épouse. Il a des biens immobiliers en Algérie, en suisse, en France et en Allemagne. Il possède plusieurs commerces à Alger, à Constantine et à Annaba.


    * Général BenAbbes Gheziel:

    Il a amassé sa fortune, estimée à plusieurs millions de dollars, par les pots-de-vin et les commissions de marché dans l'achat d'équipements pour la Gendarmerie nationale, en particulier de la compagnie Beretta. Il a des biens immobiliers et fonciers en Algérie et en France. Il rapine aussi dans l'import-export.


    * Général Mohamed Dib:

    Ancien chef de la Garde républicaine, ce général discret a une fortune estimée à plusieurs millions de dollars. Il a amassé sa fortune par la restructuration de la Garde républicaine (commissions de marché lors de la rénovation de son infrastructure et achat au prix symbolique et revente des systèmes et matériels). Il possède des biens immobiliers et fonciers en Algérie.


    * Général Cherif Ouadani:

    Spécialiste du pillage, sa fortune s'élève à plusieurs dizaines de millions de dollars. Il possède des biens immobiliers dans les quartiers chics de Paris, des propriétés luxueuses et des chevaux à Deauville. Il est actionnaire à Peugeot dont il est le représentant en Algérie depuis 1990. Il a de grands biens immobiliers à Alger et à Tlemcen. Il possède une usine de confection de vêtements luxueux à Tlemcen. Il détient le monopole d'importation du textile en Algérie.


    * Colonel Hocine Senoussi:

    Bras droit de Belkheir, ami de Chadli, il a amassé sa fortune immense lors de la construction à Alger du monument Maqam Echahid. Il a touché des commissions de marché sur ce projet qui a coûté près de 350 millions de dollars au contribuable algérien. Il s'est aussi accaparé plusieurs magasins du complexe commercial de Riadh El Feth qu'il a revendu au prix fort. Il possède des biens immobiliers à Alger, à Oran et surtout à Tlemcen et biensûr à l'étranger.


    D'autres généraux tels que: Abdelmalek Guenaizia, Abdelhamid Djouadi, M. Lakehal Ayat, Abdelmadjid Cherif, Mohamed Ghenim, Said Bey.etc. ont aussi amassé des fortunes colossales, et la liste est malheureusement longue pour le reste des militaires corrompus, indignes de porter les emblèmes de l'ANP. Ce dossier de la corruption des chefs sera traité à l'avenir avec plus de détails.


    Il est vrai qu'après tous ces faits, il est difficile de se taire et d'ignorer avec le silence "malgré tout complice", ces pratiques qui salissent la réputation de notre armée et de notre pays.


    Le Mouvement Algérien des Officiers Libres ne peut que condamner fermement les pratiques criminelles des généraux et autres officiers algériens, impliqués dans l'enrichissement illicite, et qui font durer le deuil du peuple et plongent l'Algérie dans le chaos afin de favoriser leurs opérations économiques et financières funestes.


    Le Mouvement Algérien des Officiers Libres condamne également les "hommes de main" des généraux criminels, qu'ils soient civils ou militaires, qui veillent à la gestion de leurs affaires et à la fructification de leurs fortunes mal acquises. Ces "commis-affairistes" ont autant de responsabilité dans le pillage des richesses nationales que leurs mandataires galonnés.


    Le Mouvement Algérien des Officiers Libres appelle tous les officiers et sous-officiers, à tous les niveaux de la hiérarchie militaire, et l'ensemble du peuple algérien à demander des comptes et à ne plus accepter cet état de fait où le bradage de notre patrie se passe sous nos yeux et en plein jour.


    Le Mouvement Algérien des Officiers Libres tient à préciser à ceux qui disent que nous entachons l'image de l'armée par nos révélations, que le peuple algérien a le droit de connaître la vérité, il a aussi le droit de savoir que les vrais responsables de la faillite de l'Algérie sont ceux qui ont assassiné le président Mohamed Boudiaf, Kasdi Merbah, Saidi Fodil, Ali Boutiguene, Redouane Sari,.... ,tous les fidèles, Pr. Boucebsi, Tahar Djaout,....,et le peuple Algérien.

    Le Mouvement Algérien des Officiers Libres affirme qu'il reste encore des hommes jaloux et fiers au sein de l'ANP qu'ils défendent et protègent au prix de leurs vies.

    Le Mouvement Algérien des Officiers Libres lutte pour que l'armée nationale populaire retrouve sa fierté et son honneur d'antan et que vive l'Algérie.

  • Attention à votre compte en devises !

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    Tous les les comptes en devises ouverts par des particuliers en Algérie auprès  de banques publiques et privées, sont passés à la loupe depuis quelques semaines par des enquêteurs spécialisés. Dans la plus grande discrétion, des investigations sont menées tambour battant  menées, depuis quelques semaines, et des convocations ont été envoyées à plusieurs personnes détenant des comptes en devises par la Crtf (Cellule de recherche et de traitement financiers). Les concernés ont été priés de justifier leurs revenus en devises. «L’objectif est de vérifier les instruments de contrôle et d’intervention permettant la prise en charge de la prévention et de la lutte contre le blanchiment d’argent», a confié une source au quotidien  L’Expression qui rapporte l'information.

    C'est l’Association des banques et des établissements financiers (Abef) qui, dans une instruction datant du mois de juillet, a rappelle aux établissements concernés que «le client est appelé à justifier ses entrées en devises».
    Il faut savoir qu’une récente enquête menée par la brigade économique et financière a révélé l'existence d’un million de comptes en devises appartenant à des Algériens. Ils sont dans la majorité alimentés de l’étranger. «Les banques doivent développer davantage leurs performances en matière de contrôle sur le terrain et le contrôle permanent.» Il faut savoir que la législation algérienne permet aux personnes physiques résidentes ou non résidentes en Algérie «d’effectuer toutes les opérations personnelles n’ayant pas un caractère commercial et libellées exclusivement en devises, notamment les versements et retraits, la réception des virements émanant de l’étranger, la réalisation des virements vers l’étranger.»

    N.B.

    Source : L'Expression

  • Boumerdès. Manifestation à Keddara

    Boumerdès. Manifestation à Keddaraimages (1).jpg

    Les habitants de Keddara, une commune du sud de la wilaya de Boumerdès, ont fermé hier la route desservant leur localité à la circulation automobile, à l’entrée du chef-lieu communal, en signe de protestation contre « le retard mis par les pouvoirs publics dans la concrétisation des engagements pris au mois de juin dernier afin de nous soulager, un tant soit peu, des désagréments dus à l’exploitation des carrières d’agrégats dans la région ».



    Les manifestants, descendus dans la rue tôt le matin (vers 7h), ont refusé de dialoguer avec des représentants de la wilaya, accompagnés d’élus locaux, qui se sont déplacés sur les lieux. Ils ont exigé la présence du wali en personne. « Nous n’allons pas libérer la route si le wali ne vient pas s’enquérir de la situation lui-même », nous ont déclaré les protestataires. Suite à une autre action de protestation, une réunion entre le secrétaire général de la wilaya et les exploitants desdites carrières a été tenue le 17 juin dernier.

    Selon le maire de Keddara, M. Guerouabi, à l’issue de cette rencontre, les entrepreneurs se sont engagés à réaliser une piste devant permettre aux poids lourds transportant les agrégats de contourner l’agglomération, doter les carrières d’un dispositif de dépoussiérage et, enfin, arroser les pistes de la localité durant l’été. Le chef du cabinet du wali de Boumerdès nous a déclaré que « la piste a déjà été ouverte, il reste sa couverture en gravier. Les citoyens devraient patienter un peu, car leur problème est pris en charge ». Concernant l’acquisition du matériel de dépoussiérage qui « se fait toujours attendre », selon les manifestants, et qui exacerbe la colère des citoyens, MM. Guerouabi et Brahimi affirment que « les exploitants des carrières ont entamé la démarche d’importation de ces appareils ». Notons enfin qu’en début de soirée d’hier, la route était toujours coupée aux automobilistes.



    Par Y. O.

  • c'est voulu :Augmentation fulgurante du prix des Fruits et légumes : Les promesses non tenues des pouvoirs publics



    Augmentation fulgurante du prix des Fruits et légumes : Les promesses non tenues des pouvoirs publics

    images (2).jpgAugmentation fulgurante du prix des Fruits et légumes : Les promesses non tenues des pouvoirs publics

    Il est de coutume qu’à l’approche du Ramadhan, une espèce d’inquiétude gagne le consommateur. Inquiétude suscitée par l’augmentation des prix des produits de première nécessité, à l’exemple des légumes.



    Dans un marché populaire d’Alger, l’atmosphère est aux préparatifs du mois sacré. Les lieux grouillent de monde. Les prix sont affichés sur les étals. Et à chaque client de voir comment gérer sa bourse. La pomme de terre et la courgette sont cédées respectivement à raison de 40 et 80 DA le kilogramme. L’oignon et le chou-fleur successivement 30 et 50 DA. Quant aux haricots verts, carottes et tomates, ils coûtent, dans l’ordre, 120, 60 et 25 DA le kilo. Pour les marchands rencontrés sur les lieux, les prix ont augmenté concernant certains produits. Pour d’autres, les prix sont stabilisés jusque-là. Ahmed est marchand de légumes. A son avis, les prix sont abordables concernant une partie des produits. « La pomme de terre est cédée entre 30 et 40 DA le kilo, la tomate et l’oignon à 25 DA. Les prix de ces produits sont à la portée des clients. Ces derniers, à l’approche du Ramadhan, s’inquiètent de voir les prix des produits augmenter.

    La hausse des prix a touché la courgette et les haricots verts », constate-t-il. Kader, son voisin, est du même avis : « Les prix d’une partie des produits sont abordables. D’autres coûtent un peu plus cher. A titre d’exemple, les haricots verts reviennent à 120 DA le kilogramme. Au marché de gros, ils sont écoulés entre 80 et 90 DA le kilo. Les navets, c’est 60 DA le kilo. Les prix de ces produits sont élevés, car nous sommes en été et ce n’est pas leur saison. » Cela dit, il relève qu’au niveau du marché de gros, « la qualité des produits n’est pas spécifiée. Les marchands de gros mélangent les premier, deuxième et troisième choix et nous revendent ainsi la marchandise à un même prix. S’ils nous laissaient le choix, je m’approvisionnerai en qualité moins chère, alors je me contenterai de 5 DA de bénéfice. Et ce serait suffisant pour moi. En plus, autour de notre marché, il y a le marché informel qui entrave notre activité sachant que nous payons des impôts et le loyer, entre autres frais ».

    Hassan, un autre marchand, estime que certains produits sont très demandés alors que l’offre est insuffisante : « La courgette, par exemple, est très demandée durant le mois de Ramadhan, d’où l’augmentation de son prix, atteignant aujourd’hui les 80 DA/kg. En parallèle, le prix d’autres légumes, tels l’oignon, s’est stabilisé. Il est écoulé à 25 DA le kilo. » Halim évoque comme exemple de produit dont le prix est en hausse l’ail, qui revient à 500 DA le kilogramme au lieu de 300 DA. « Une telle hausse est due à la rareté de la semence. Les agriculteurs l’achètent ainsi plus cher. Bien sûr, pour récupérer leurs dépenses, ils revoient les prix de leur récolte à la hausse », indique-t-il. Un autre marchand, Chérif, impute l’augmentation des prix aux grossistes. Ce sont ces derniers « qui imposent tous ces prix inabordables pour les consommateurs. Il y a une semaine seulement, la courgette et la carotte revenaient respectivement tout au plus à 30 et 40 DA le kilogramme pour la qualité la meilleure. Aujourd’hui, le prix atteint jusqu’à 80 et 70 DA. Les haricots verts passent de 80 à 120 DA et la laitue de 40 à 70 DA... ». Côté consommateurs, l’amertume est ruminée dans l’impuissance. « Avec ces prix, comment passerons-nous le mois de Ramadhan ? » se demandent-ils. « Tout est cher, constate une dame, la soixantaine.

    Les commerçants croient que nous sommes riches. Ils ne savent pas que nous sommes démunis. Il y a parmi nous des veuves, des malades chroniques, entre autres personnes qui sont vulnérables et vivent dans la précarité. Nous essayerons de compenser les produits au dessus de nos moyens par d’autres produits accessibles pour notre bourse. » Abordé à son tour, Ahmed, qui vend en parallèle des ustensiles de cuisine, plaisante : « Tout est cher. Il faut me payer pour m’adresser la parole. Nous vivotons. » Son ami Ahcène ajoute : « A chaque fois que j’entends ou parle des prix des produits alimentaires, j’ai envie de hurler puisque tout le monde hurle. » En effet, quand on vit parmi les loups, on apprend à hurler.



    Par Amnay Idir

  • Abderrahmane Boutamine. Avocat du patriote : « Etendre la loi sur l’amnistie aux patriotes » c'est correct, amnistie' des assassin integriste c'est juste mais gld on les mets aux trous,ensuite on les assassinent drole de bled l'algerie !!!!!

     



    - Le sort de votre client, Gharbi Mohamed Tounsi, est-il définitivement scellé ou y a-t-il encore une possibilité de lui éviter la peine de mort ?

    Il faut noter qu’une personne condamnée à la peine de mort par le tribunal criminel, et dont le pourvoi en cassation est rejeté par la Cour suprême, se trouve juridiquement et judiciairement condamnée définitivement. Gharbi Mohamed Tounsi est, sur ce plan, condamné définitivement à la peine de mort. En matière pénale, il y a condamnation définitive lorsqu’une décision de justice déclare une personne coupable d’avoir commis une infraction, prononce une peine en conséquence et que toutes les voies de recours sont épuisées. Cependant, l’Algérie ayant souscrit à un moratoire sur la peine de mort en 1993, l’exécution de la peine prononcée à l’encontre de Gharbi Mohamed Tounsi s’en trouve, provisoirement, suspendue. Sur un autre plan, la Constitution algérienne (article 17) stipule que le président de la République dispose du droit de grâce, qui est une prérogative traditionnelle des chefs d’Etat. Précisons tout de même que celle-ci a pour effet de dispenser le condamné d’effectuer tout ou une partie de sa peine et de le soustraire à l’application de la peine prononcée à son encontre. Rappelons que ce droit de grâce a été décidé par le président de la République par voie d’ordonnance, celle portant mise en œuvre de la charte pour la paix et la réconciliation nationale, au profit des personnes condamnées définitivement pour avoir commis ou avoir été complices de crimes qualifiés d’actes terroristes ou subversifs dans le code pénal. D’autres personnes ont bénéficié, elles, d’une amnistie collective. Celle-ci est une forme de pardon qui va au-delà de la grâce puisqu’elle supprime l’infraction elle-même. C’est une prérogative du pouvoir législatif. Le président de la République peut l’exercer par voie d’ordonnance. Ainsi, il y a eu la « grâce amnistiante ».

    - Le cas de Mohamed Gharbi pose toute la complexité de la problématique politique post-réconciliation nationale. Peut-il bénéficier des largesses de la charte pour la paix et la réconciliation ?

    Les objectifs déclarés de paix, de réconciliation nationale et de rétablissement de la concorde civile doivent répondre à un impératif de justice et de vérité. Gharbi Mohamed Tounsi, eu égard à son combat pour la liberté, l’honneur et la dignité, a droit au pardon. Une grâce amnistiante permettra à ce moudjahid de la première heure de recouvrer la liberté et d’échapper, à 69 ans, aux affres de la prison avec le statut de condamné à mort. L’acte pour lequel a été condamné Gharbi Mohamed Tounsi ne doit pas être dissocié de son statut de membre des Groupes de légitime défense (GLD) sans que cela autorise un lien politique quelconque. La création des GLD par les pouvoirs publics a eu pour conséquence une mutation qualitative de la problématique de la paix et de la réconciliation nationale. En effet, la notion de légitime défense a pris un caractère collectif du fait que le danger et l’agression terroristes aient pris un caractère durable et aléatoire visant des citoyens désarmés, des membres des forces armées et les institutions de la République. L’absolution des personnes condamnées pour crimes qualifiés par la loi d’actes terroristes ou de subversion doit être étendue à ceux des patriotes, à l’instar de Gharbi Mohamed Tounsi, qui ont été exposés aux agressions et aux actes terroristes et de subversion de façon continue et sous des formes diverses, directes et indirectes.

    - Après sa condamnation définitive, on n’a pas vu réagir l’organisation des moudjahidine. Mohamed Gharbi se sent-t-il abandonné par les siens ?

    La mutation qualitative de la crise qui affecte notre pays a ajouté à la confusion, la résignation et la lâcheté.



    Par Hacen Ouali

  • no moment????


    Dilem 1 à 10 sur 2336

  • ORAN… 5 JUILLET 1962 : LA VERSION D’UN PIED NOIR La nuit tomba sur Oran

    La nuit tomba sur Oran. Le couvre-feu le plus pesant de toute l'histoire de cette ville s'abattit sur les Oranais encore assommés par ce qu'ils venaient de vivre. Les quartiers européens n'existaient plus, ils avaient été rayés de la carte. Oran la ville lumière, celle que l’on surnommait « l’Andalousie française », était morte...
    A la radio française, le speaker annonça d'une voix calme :
    « Quelques incidents se sont produits à Oran » et le journal du jour avait reproduit une déclaration de Ben Khedda qui, s'adressant aux Européens avait dit : « Nous appliquerons loyalement les accords d'Evian car les Européens ont leur place ici ».
    A cet instant, toutes les pensées étaient dirigées vers la ville arabe où étaient retenus des centaines -peut-être des milliers- de Français. Une étrange lueur montait du village nègre en liesse. Quels sacrifices célébrait-on?
    Au même moment, un grand gala avec la participation de nombreuses vedettes avait lieu sur la Côte d'Azur. Dans la joie, au son des orchestres, on dansa tard dans la nuit... comme on avait dansé à Versailles, pendant que la France perdait le Canada.
    Le lendemain 6 Juillet, Oran se réveilla hébétée. Tous ceux qui avaient pu conserver la vie voulaient partir. Oui, fuir… quitter cette ville au plus vite et cette odeur de sang. Courir sans se retourner, et que tout cela s’efface à jamais, Seigneur Dieu…
    Ce brusque retour à la sauvagerie, ces crimes d'une cruauté inconnue qui, en quelques heures, achevèrent de vider la cité, créèrent l'irréparable. Les Oranais se sentaient tellement menacés en ville qu'ils préféraient camper, entassés au port ou à la Sénia (aéroport), sous un soleil de plomb, dans des conditions absolument inhumaines. De jeunes enfants, des vieillards en moururent. Les avions étaient inexistants, les transports maritimes en grève.
    Cette ultime brimade sonnait le glas des Oranais. On leur refusait les moyens de sortir de leur enfer ; on leur marchandait l'exode. Jamais! Jamais ils ne devraient oublier!...
    Ce jour là, le journal « Le Monde » avait titré :

    « LA CELEBRATION DE L’INDEPENDANCE DE L’ALGERIE »

    Une fusillade éclate à Oran au passage d’une manifestation de Musulmans. La responsabilité de ces incidents entre Européens et Algériens n'a pu être établie". Ce sera vite chose faite.
    Tout comme les services officiels d'information, le général Katz laissa supposer que le massacre résultait d'une provocation attribuée à l'OAS. Pourtant un Musulman, le préfet d'Oran, M. Laouari Souiah, officiellement désigné par l'exécutif provisoire ne rejettera nullement la responsabilité sur l'OAS qui, faut-il le rappeler, n'existait plus à cette date. Il proclama à cet effet :
    "Les événements de la veille sont le fait d’irresponsables qui seront sévèrement châtiés. »
    Cependant, beaucoup refusaient encore le départ, attendant désespérément le retour d'un mari, d'un enfant, d'un frère disparus depuis la veille. Pour eux c'était l'attente inhumaine, sans nom. L'espoir était bien maigre, mais chacun s'y accrochait. Peut-être l'armée se déciderait-elle "enfin" à réagir et tenterait une opération de secours... une opération humanitaire pour sauver ces malheureux? Et dans toutes les administrations, aux commissariats, aux gendarmeries, à l'état-major de l'armée française, à la mairie, à la préfecture, les déclarations de disparition s'accumulaient. Des scènes déchirantes avaient lieu ; des mères terrassées par le chagrin et l'angoisse s'effondraient. En quelques heures, des milliers de noms furent enregistrées… mais le général Katz ne s'émut pas pour autant. Pire, au lieu d'ordonner une perquisition générale dans la ville arabe, alors qu'il en avait militairement les moyens, il affirmait que ces disparitions étaient l'œuvre de personnes « ayant quitté Oran dans la journée du 5 Juillet »
    Ainsi donc, des pères, des mères, des enfants s'en seraient allés, séparément, au plus fort de l'émeute, sans prévenir personne, abandonnant leurs familles? De qui se moquait le "boucher d'Oran" ?
    Et pour justifier son ignominieuse conduite, il déclara haut et fort que le nombre des disparus était exagéré et que l'OAS avait provoqué les incidents en tirant sur les Arabes...
    Et pourtant, il était très facile pour l'armée française de sauver tous ces malheureux. Son effectif s’élevait, pour la seule ville  d’Oran, à 18000 hommes qui demeurèrent inertes face à ce massacre. Il est à noter cependant que sur le millier d’officiers présents, moins d’une dizaine (dont le lieutenant Kheliff, d’origine algérienne) refusèrent d’obtempérer aux ordres indignes de la hiérarchie et se portèrent, la plupart du temps avec un effectif réduit limité à une section, au secours d’Européens, leur évitant ainsi une mort atroce. Par ailleurs, si les gendarmes mobiles -au lieu de se contenter d'investir les quartiers européens- avaient poussé leur progression vers la Ville Nouvelle (quartiers arabes), ils auraient libéré en un rien de temps les centaines, voire les milliers de pauvres gens retenus captifs. Toutes les exécutions n'avaient pas encore eu lieu et ce ne fut que les jours suivants, pour effacer toutes traces, que les victimes furent massacrées et dépecées quand elles ne furent pas acheminées dans des endroits tenus secret pour y être réduites à l'esclavage et à la prostitution. D'autre part, dans les témoignages qui affluaient de toute part, les autorités militaires notaient qu'il était souvent question du "Petit Lac". Des exécutions en série y avaient lieu.
    Le « Petit Lac », était un endroit situé à la périphérie d'Oran, en plein quartier arabe. C'était une grande étendue d'eau salée qui servait de dépotoir clandestin et aux abords duquel aucun Européen ne s'aventurait jamais depuis plus d'un an. Bientôt des camps furent dressés où furent parqués les "disparus", survolés en cela par l'aviation française, ce qui ajoutait à la torture physique des malheureux, la torture morale qui était d'espérer et d'attendre l'intervention de l'armée française. Pourtant, ils y croyaient fermement car, comble d'ignominie, à proximité de leur univers concentrationnaire, existait un camp militaire français dont la sonnerie du clairon leur parvenait distinctement matin et soir. Que d'horribles, que d'épouvantables hurlements ces militaires français ont-ils du entendre des jours durant, eux qui étaient terrés derrière leurs remparts de barbelés, l'arme au pied, attendant la quille prochaine!...
    Mais la grandeur gaullienne ne s'abaissa pas à donner les ordres nécessaires pour sauver ces sacrifiés et les cadres de l'armée respectèrent les ordres reçus de ne pas intervenir, abandonnant ceux qui n'étaient plus que des morts en sursis, oubliant que, pour des raisons similaires, on condamna à la fin de la seconde guerre mondiale, les officiers allemands qui ne s'étaient pas opposés aux ordres d’Hitler. Ils sauvèrent ainsi leur carrière, certes! Plus tard, colonels et généraux, couverts de titres et de médailles usurpés, ils se prélasseront et se féliciteront de leur "bon choix". Mais, où est leur honneur? Que devient une armée sans honneur?
    Le samedi 7 Juillet, le journal Le Monde annonçait : "Une trentaine de personnes tuées au cours des incidents de jeudi". Page 2, dans son développement, l'information passait au conditionnel : « La fusillade d'Oran aurait fait plus de trente morts » et France-Soir, pour sa part, ne parlait que de « nombreux blessés » (!)...
    Pourtant à trois reprises sur les ondes de la radio, M. Souiah, le Préfet d'Oran, avait déclaré : « Nous ne pouvons tolérer de pareils actes criminels à un moment où il est demandé une mobilisation générale de toutes les énergies saines ». Comme la veille, il rejeta la responsabilité de l'émeute sur des éléments provocateurs, mais à aucun moment il ne fit allusion à la défunte OAS. La rancœur de Katz était sans bornes. Mais le préfet n'en resta pas là. Pour mieux se faire comprendre, il donna l'ordre de désarmement aux éléments incontrôlés, annonçant des mesures très sévères à cet effet. Le coup de grâce était assené au "boucher d'Oran" qui, dit-on, faillit manger son képi.
    Le préfet, lui, un chef de la rébellion venait de confirmer devant la presse internationale que les "éléments incontrôlés" n'étaient pas le fait d'irréductibles de l'OAS... alors qu'il lui aurait été facile de le laisser croire à l'opinion. De plus, si la presse française, dans son ensemble (hormis le journal L'Aurore), continuait de mentir sur les événements du 5 Juillet, les Arabes eux-mêmes, pris d'un certain sentiment de culpabilité -et peut-être de honte- se livrèrent à quelques déclarations. C'est ainsi que dans « L'Echo d'Oran » du 9 Juillet, page 6, le Docteur Mustapha Naid, directeur du Centre Hospitalier d'Oran, parlait déjà de 101 morts européens et de 145 blessés, sans compter les disparus. On était encore très loin du compte mais on y venait peu à peu...
    Le mardi 10 Juillet sera un jour noir pour le « boucher d'Oran ». Tous les journalistes présents furent conviés à une conférence de presse du capitaine Bakhti, le responsable de la zone autonome d'Oran. Il s'agissait de faire la lumière sur les récents événements.
    Vers dix huit heures, au lycée Ardaillon, le capitaine annonça que tout le monde allait être conduit en un lieu où étaient détenus plus de deux cents bandits responsables des massacres. Cette nouvelle fit sensation. Katz pâlit, il était effectivement sur le point de croquer son képi. Toutefois un espoir subsistait... Bakhti avait parlé de bandits sans indiquer leurs origines. Peut-être s'agissait-il de « désespérados » de l'OAS ?... Peut-être avait-il eu "l'idée" de puiser dans la masse des "disparus" européens ces deux cents bandits que l'on aurait facilement fait passer pour des activistes?...
    Quelques minutes plus tard, les journalistes prirent la direction de Pont-albin, un petit village situé à une dizaine de kilomètres d'Oran où étaient installés les détachements de l'ALN. Là, le capitaine Bakhti leur présenta les deux cents meurtriers qui, expliqua t-il, composaient un gang d'assassins de la pire espèce dans les faubourgs du Petit Lac, de Victor Hugo et de Lamur. Ce furent -aux dires de l'officier- eux qui provoquèrent le massacre.
    A leur tête, se trouvait un assassin notoire -une bête sanguinaire- : Moueden, dit Attou, connu pour son caractère particulièrement violent et sauvage et sa cruauté qui lui procurait une indicible jouissance.
    Bakhti expliqua que lors de son arrestation, ce bandit tenta de résister et fut abattu. De plus, deux tonnes de matériels de guerre, armes et fournitures diverses, furent récupérées ainsi que des quantités d'objets volés aux Européens le 5 Juillet et les jours précédents. Ce fut là la version officielle reprise en toute bonne foi, sur le moment, aussi bien par les journalistes de la presse internationale, que, plus tard, par d'éminentes personnalités telles que Claude Martin, Marcel Bellier, Michel Pittard qui relatèrent cette tragédie. En outre, cette version officielle fut confirmée -trente ans après- par le général Katz, en personne, dans son recueil d'ignominies et d’infamies : « L'honneur d'un général ».
    Pourtant, un premier coup de théâtre sema le trouble parmi ceux qui avaient travaillé sur le sujet.
    Le 6 Juillet 1972, le journal « RIVAROL » révélait sous la plume du Docteur Jaques Couniot, que « le dit, Attou, se portait comme un charme et qu'il était même (ça ne s'inventerait pas) employé aux Abattoirs municipaux d'Oran », ajoutant même à l'adresse d'Attou : « Un homme, vous le voyez, dont la vocation est indéracinable »...
    Les choses en seraient restées là s'il n'y avait pas eu, en 2002, la parution d'un ouvrage remarquable intitulé "Fors l'Honneur", qui contait la guérilla OAS à Oran en 1961/62 et dont l'auteur n'était autre que Claude Micheletti, responsable du Renseignement au sein de l'Organisation oranaise.
    Second coup de théâtre : P. 215, nous apprenions avec stupéfaction que le sinistre Attou ne pouvait être, le 5 juillet, à la tête des tueurs dès lors qu'il avait été abattu quelques semaines plus tôt par un commando de l'OAS. Faisant preuve d'un scepticisme bien légitime après 40 ans de désinformation, je m’en ouvrais directement à l'auteur qui, avec compréhension, m’apporta les éléments qu'il était le seul à détenir.
    De plus, à l'appui de ses explications verbales, il me fit parvenir, pour exploitation, une liasse de documents originaux « top secrets », émanant de sources officielles de l'époque, notamment du FLN/ALN et de la gendarmerie "blanche".
    Concernant le triste sire Attou, sa férocité était telle qu’il répandait la terreur au sein même de sa bande de tueurs…
    Pour un mot, un geste, un rien, il torturait à mort ses propres coreligionnaires, femmes et enfants inclus, trouvant dans les délices des sévices une jouissance indicible...
    L'écho de ces excès ne manqua pas de parvenir aux sphères dirigeantes de la rébellion qui, à maintes reprises, "avertirent" Attou de réfréner sa frénésie hystérique sur la population musulmane. Rien n'y fit! Le sang l’enivrait et le meurtre, chez lui, était profondément enraciné.
    Les recommandations -voire, les réprimandes- adressées par la hiérarchie n'ayant aucun effet sur ce tortionnaire, en "désespoir de cause", le FLN décida de "lâcher" Attou en le livrant à la gendarmerie "blanche" française. Cependant, convaincue que ce dernier serait aussitôt libéré s'il était présenté à un juge ; las de rédiger des P.V mortuaires où les sévices du dénommé Attou gagnaient chaque jour en raffinements et ulcérée de constater les connivences dont profitaient les égorgeurs patentés, la gendarmerie informa, le 24 Avril 1962, le 2ème Bureau de l'OAS (Renseignements) dirigé par Claude Micheletti et lui livra l'intéressé. De ce jour, Mouedenne Attou, né le 17 Août 1921 à Thiersville, C.I n FU68038, n'eut jamais plus l'occasion d'exercer ses cruautés...
    Par ailleurs, de Pont-Albin où avait été organisée la mascarade, aucun journaliste ne fut convié à se rendre en Ville Nouvelle et au Petit Lac, là précisément où les survivants étaient regroupés avant d'être exterminés...
    Ainsi, malgré le grotesque de cette mise en scène qui consista à faire endosser à un mort la responsabilité exclusive du génocide du 5 juillet, avalisée en cela par un général Français, il fut officiellement confirmé qu'aucun Européen ne fut à l'origine de l'émeute sanglante.
    Un journaliste demanda au capitaine Bakhti pourquoi le gouvernement français tenait-il tellement à faire rejeter la responsabilité du massacre sur des éléments de l'OAS qui n'existait pourtant plus. L'officier répondit dans un sourire amusé que le gouvernement et ceux qui le servaient –sous entendu, le général Katz- détenaient, seuls, la responsabilité de leurs propos... ce qui fit dire tout haut à un journaliste Pied-Noir, à rencontre de ses confrères :
    « Si le 26 Mars, pour la fusillade de la rue d'Isly, vous êtes arrivés à faire croire que c'était l'OAS qui avait ouvert le feu sur la foule... cette fois-ci, c'est râpé »
    D'après certaines "mauvaises langues" de l'entourage de Katz, il paraîtrait que le valeureux général n'en dormit point de la nuit...
    Le 11 août 1962, l'Echo d'Oran informait ses lecteurs que la décharge du "Petit Lac" allait disparaître :
    "Le gouvernement algérien a commencé son œuvre de salubrité. Cela représente quinze hectares d'immondices de cinq mètres de haut. L'odeur qui s'en échappait était devenu insoutenable."
    Bien qu’une partie du « Petit Lac » subsiste encore aujourd’hui, ainsi seront murés définitivement les tombes des torturés, des lynchés, des égorgés du Village Nègre du 5 juillet et la trace de cet odieux holocauste à tout jamais effacée.
    Les victimes de cette journée meurtrière avaient été évaluées officiellement à trois mille personnes, disparus inclus, et quand on sait avec quelle parcimonie le gouvernement diffusait ses informations, on tremble à l'idée de ce que pourrait être le véritable bilan de ce génocide. On ne connaîtra jamais le nombre exact des morts, des blessés et des disparus ; la France ne le dira probablement pas... en admettant qu’elle ne le connaisse jamais.
    Ces morts, les Français ne les ont guère pleurés. Il est vrai qu'ils ne surent pas grand chose de leur fin tant les organes d'information, et les responsables politiques, heureux d’avoir retrouvé "enfin" la paix, se gardèrent bien d'assombrir les multiples réjouissances. Après tout, il ne s'agissait là que de victimes Pieds-Noirs, de colonialistes et de sueurs de burnous. On leur avait tant répété durant sept ans que la guerre d'Algérie n'était rien d'autre que la révolte des pauvres indigènes opprimés contre les "gros colons", qu'ils ne pouvaient éprouver la moindre compassion à l'égard de ce million de nantis européens. Ils méritaient leur sort, voilà tout!... Et la France, Patrie des droits de l'homme, ferma les yeux et tourna la page.

    José CASTANO

  • Mami demande à Sarkozy de le libérer


    image

    Dans une lettre adressée au président français Nicolas Sarkozy, le chanteur algérien Cheb Mami, détenu depuis juillet 2009 à la prison de la Santé (Paris), demande à être libéré pour « raisons familiales », et  être ainsi près de sa famille. C'est ce que rapporte le journal en ligne saoudien Elaph qui cite des "sources étrangères".

    « Monsieur le président,  je souhaite que ma demande de grâce soit prise en compte dans le cadre  de  l’article 17 des lois constitutionnelles de la république française. Monsieur le président, étant vous-même père de famille, vous réalisez l’importance de la présence du père parmi les siens.

    Cette demande de libération qui date du 23 Juillet dernier devrait nécessiter une enquête de la présidence française auprès du ministère de la justice pour s'enquérir du comportement du chanteur en tant que prisonnier.

    Il serait attendu que la justice prenne en considération cette demande de grâce en Novembre prochain , si les conditions sont remplies à savoir, avoir des enfants de moins de 10 ans, une bonne discipline en tant que prisonnier, et avoir purgé un an de sa peine. A rappeler que Mami a également fait une demande auprès de Bouteflika pour intervenir auprès des autorités en France.

    Le chanteur franco-algérien purge une peine de cinq ans de prison ferme, après avoir été jugé coupable d'avoir tenté de faire avorter de force à sa dernière compagne, Camille, photographe française, 43 ans. La tentative ayant échoué, elle est aujourd’hui mère d’une petite fille de six ans.

    La justice française avait décidé de maintenir le chanteur en prison (Mohamed khelifati) de son vrai nom et ce, depuis deux ans dans la prison de la « La Santé » où il purge désormais sa peine depuis son retour d’Algérie, après avoir fui deux années durant dans son pays natal. Il s'était rendu à la Justice Française suite à un mandat d’arrêt international.

    Naziha B.

  • que des videos ,quesqu'i se passe au sommet de l'etat algerien

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  • généraux algeriens

     

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    ابادة شعب
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    Pour tous les algériens et algériennes
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    Algérie fichier militaire des généraux top secret
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    Assassinat president algerien oran wahran alger dzair algerie djazair contre les voleurs Mafia généraux algeriens
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    müssen, aber das Mitleid ist keine Tugend der Revolution". (Ge...

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  • Ramadan, sacré business


    11/08/2009 à 16h:02 Par Leïla Slimani
    Ramadan, sacré business Ramadan, sacré business © DR

    À l’approche du ramadan, publicitaires, producteurs et programmateurs sont sur le pied de guerre. Pendant un mois, les chaînes espèrent engranger le maximum de profits avec des séries moyen-orientales et maghrébines très attendues.

    Le 21 août débutera le ramadan et avec lui la promesse de repas gargantuesques, de grandes messes familiales et, surtout, de longues heures passées devant le poste de télévision. Dans l’ensemble du monde musulman, le tube cathodique est, de loin, le principal loisir pendant le mois sacré. « Les habitudes du télé­spectateur – toutes catégories socioprofessionnelles confondues – se modifient radicalement pendant cette période, explique Mohamed Mamad, directeur des programmes sur 2M, la deuxième chaîne marocaine. La journée de travail est très courte et l’on passe donc beaucoup plus de temps à la maison. De plus, le jeûne favorise une activité casanière qui occupe suffisamment l’esprit pour atténuer le sentiment de privation. »

    Pas étonnant que publicitaires, producteurs et autres chargés de programmes soient sur le pied de guerre à l’approche d’un mois réputé faste. Au risque de choquer, un publicitaire marocain confie sous le couvert de l’anonymat que, dans sa profession, « le mois du ramadan est un moment très attendu. C’est avant tout du “temps de cerveau disponible” où les téléspectateurs sont prêts à ingurgiter n’importe quel programme. Et c’est aussi un mois de surconsommation, surtout dans l’agroalimentaire ». On est bien loin de l’image d’un mois sacré où priment la spiritualité et le recueillement…

    À l’heure du f’tour (rupture du jeûne), les téléspectateurs maghrébins sont bombardés par une vingtaine de publicités successives. Sur 2M, en temps normal, la diffusion d’un spot publicitaire de trente secondes en prime time coûte au maximum 38 000 dirhams (3 365 euros). Pendant le ramadan, ce chiffre peut atteindre les 65 000 dirhams. La notion de prime time, quant à elle, se modifie. « Nos grilles de programmes changent du tout au tout. Nous avons trois prime times : le premier avant le f’tour, le deuxième pendant, et un dernier vers onze heures ou minuit », explique Mohamed Mamad.

    Compétition féroce

    Pour répondre aux attentes des télé­spectateurs, les chaînes misent sur la diversité et sur des programmes légers et drôles. « Dans la journée, il y a surtout des sitcoms marocaines et étrangères. Le soir, après la rupture du jeûne, on privilégie les comédies théâtrales, les émissions religieuses ou culinaires », ajoute Mohamed Mamad. Chaque ramadan réserve aussi son lot de nouveautés, et les télévisions se livrent une compétition féroce pour capter une plus large audience. Cette année, Nessma TV, la chaîne satellitaire du grand Maghreb, diffusera pour la première fois une version du très profane Qui veut gagner des millions ?, mais, pour tous, les valeurs sûres restent les grands feuilletons d’inspiration moyen-orientale.

    Jusque dans les années 1990, époque à laquelle les productions maghrébines ne brillaient pas par leur qualité de réalisation ou leur originalité, c’étaient les produits égyptiens et syriens qui se taillaient la part du lion grâce à des séries suivies dans tout le monde musulman. Né dans les années 1960, le feuilleton syrien privilégie les intrigues sociales ou historiques tandis que son équivalent égyptien s’est fait une spécialité des histoires d’amours interdites et de vengeance.

    Cette tradition des « musalsals », constituées de trente épisodes de une heure, est aujourd’hui encore étroitement associée au mois sacré. « Plusieurs raisons expliquent le goût des téléspectateurs pour ces feuilletons. Cela remonte à la tradition des soirées de conteurs, où tout le quartier se réunissait pour écouter le récit de légendes ancestrales. Mais surtout, le ramadan est pour les musulmans un rendez-vous annuel attendu avec impatience. Et ils sont heureux de retrouver, par la même occasion, leurs héros télévisés », explique le spécialiste du cinéma arabe Ibrahim al-Ariss. Nessma TV ne s’y est pas trompée et a acheté les droits de Bab Al Hara 4, une série syrienne classée par une étude américaine parmi les dix plus regardées au monde. Un investissement coûteux, puisque les producteurs du Moyen-Orient peuvent vendre un épisode de sitcom inédite jusqu’à 100 000 dollars.

    Depuis le début des années 2000, les producteurs maghrébins se sont eux aussi engouffrés dans la brèche pour proposer des soap-opéras 100 % maghrébins, plus proches du quotidien de leur public. Et ça marche. En témoigne le succès de Lalla Fatéma, produite par Ali’n Productions et diffusée sur 2M de 2001 à 2003. La sitcom, qui raconte la vie de la famille Benzizi, a rapporté à la chaîne plus de trois fois le montant investi, soit environ 20 millions de dirhams en chiffre d’affaires publicitaire, grâce à un taux d’audience de 72 %.

    Succès fulgurant

    En Algérie, la chaîne ENTV a réussi l’exploit de doubler sa part d’audience durant le ramadan 2008 grâce à Imarat El Hadj Lakhdar, suivie chaque soir par près de 15 millions d’Algériens. « Le ramadan est une fête familiale et communautaire pendant laquelle on aime à être entre soi et rire, avec tendresse, des travers de sa propre société. D’ailleurs, la diaspora maghrébine est friande de ce type de programme », explique un publicitaire.

    Ce succès fulgurant a suscité des vocations. « Aujourd’hui, tout le monde se dit : “Faire une sitcom, c’est facile et ça peut rapporter gros” », explique un réalisateur marocain. Même si des progrès ont été faits, beaucoup regrettent que les productions nationales restent en général extrêmement médiocres. Les scénarios sont mal ficelés, les tournages bâclés et les comédiens insuffisamment préparés. Pour remédier à ces lacunes, des producteurs maghrébins n’hésitent plus à faire appel à des scénaristes étrangers reconnus pour former leurs équipes. De grands réalisateurs de cinéma se sont également essayés au genre, avec plus ou moins de succès. En 2007, Narjiss Nejjar réalise Mazmazelle Kamélia, une série où un jeune provincial monté à Casablanca est contraint de se déguiser en femme pour trouver une colocataire. Jugé trop impertinent, le feuilleton est déprogrammé au dernier moment. La cuvée 2009 s’annonce en tout cas prometteuse. De Zorroh version Maghreb sur Nessma TV à la diffusion de séries turques à succès sur 2M, les chaînes auront certainement de quoi aiguiser l’appétit de leur public.

  • Un ex-prisonnier de Guantanamo rapatrié malgré lui


    Un ex-prisonnier de Guantanamo rapatrié malgré lui

    Il reste à ce jour 178 détenus dans le camp américain de Guantanamo. Il reste à ce jour 178 détenus dans le camp américain de Guantanamo. © AP

    Les États-Unis ont rapatrié contre son gré, le 19 juillet, l’Algérien Abdelaziz Naji, 35 ans, détenu à Guantánamo depuis 2002. Amputé d’une jambe après avoir sauté sur une mine lorsqu’il était humanitaire au Pakistan – où il a été arrêté par les Américains –, il n’a jamais pu accéder à son dossier d’accusation, n’a pas été jugé et a été maltraité. Naji, comme certains des sept autres Algériens restants (sur les 178 derniers détenus du camp), craignait d’être recruté de force par des groupes islamistes ou arrêté par les forces de sécurité s’il rentrait au pays.

    « Les prisonniers algériens de Guantánamo sont les bienvenus s’ils veulent rentrer », avait déclaré, en mars 2008, le ministre algérien de la Justice, Tayeb Belaïz. Les États-Unis n’ayant pas signé d’accord avec l’Algérie, le retour des prisonniers se règle au cas par cas. Depuis deux ans, dix sont rentrés volontairement ; d’autres ont été accueillis par des pays tiers.

    Le secrétariat d’État américain, qui négocie les retours, assure désormais avoir reçu des « garanties suffisantes » de la part des autorités algériennes pour effectuer des transferts non volontaires. Seulement voilà, d’autres pays avaient donné les mêmes assurances, mais ne les ont pas respectées, emprisonnant ou torturant les rapatriés.

    Naji a été relâché par les services de sécurité une semaine après son retour. La rumeur court qu’un éditorial du New York Times dénonçant sa détention aurait hâté sa libération. Le parquet d’Alger déclare l’avoir « inculpé et placé sous contrôle judiciaire dans la transparence la plus totale » : le code pénal prévoit douze jours de garde à vue pour toute personne soupçonnée de terrorisme à l’étranger.

  • no moment

  • no moment viande congelée!!!!!!

  • Familles des disparus : Le Femed dénonce

     

    La Fédération euroméditerranéenne contre les disparitions forcées (Femed) a vivement condamné l’interdiction du rassemblement hebdomadaire des mères de personnes disparues.



    Dans un communiqué rendu public hier, la Femed a déploré « la violence » exercée contre des familles des disparus qui s’apprêtaient à tenir leur sit-in hebdomadaire (chaque mercredi), comme c’est la cas depuis 12 ans, devant la Commission nationale consultative de promotion et de protection des droits de l’homme (CNCPPDH), pour « exiger leur droit à la vérité, à la justice et à la réparation pleine et entière ». Durant près de deux heures, les mères ont tenté d’accéder à leur lieu de rassemblement « alors que les forces de l’ordre les repoussaient violemment vers le bas du Palais du peuple. Les agents n’ont pas hésité à les rouer de coups malgré l’âge avancé de la plupart d’entre elles », lit-on dans le communiqué signé par le secrétaire général de la Femed, Rachid El Manouzi.

    Ce dernier estime que l’empêchement des familles des disparus de se rassembler « reflète la volonté ouvertement affichée par l’Etat algérien de vouloir clore définitivement le dossier des disparus, en réduisant au silence leurs familles et en multipliant les déclarations honteuses, insulte à leur interminable souffrance ». Une attitude qu’a dénoncée fermement la Femed, jugeant que cette répression, dont sont victimes les familles des disparus, a pour but « d’éradiquer l’action des mères de disparus en Algérie ». La Femed a rappelé à l’Algérie ses engagements en matière de respect des droits de l’homme contenus dans les conventions internationales. Elle a ainsi « exhorté les plus hautes autorités algériennes à respecter la liberté d’expression, de réunion pacifique et de manifestation publique des familles de disparus, conformément aux dispositions de la Déclaration universelle des droits de l’homme, de la Déclaration sur les défenseurs des droits de l’homme et des instruments régionaux et internationaux relatifs aux droits de l’homme ratifiés par l’Algérie ».

  • tout le monde saura ,Le secrétaire d’état, Halim Benatallah, le savait !

    Halim Benatallah, secrétaire d’Etat chargé de la Communauté algérienne à l’étranger, n’ignore pas ce qui se passe à la gare maritime d’Alger.



    Lors d’une récente visite au port d’Alger, le secrétaire d’Etat a vivement critiqué les responsables de cette structure en leur signifiant qu’il était au courant de tout ce qui se passait. « Ne tentez pas de me tromper, je sais bien comment ça se passe, je suis passé plusieurs fois par ici, comme le commun des Algériens », leur a-t-il lancé.

    Le ministre s’exprimait devant la presse, à l’occasion d’une visite coïncidant avec l’arrivée du premier groupe d’estivants issus de la communauté nationale établie à l’étranger. M. Benatallah a même accusé un responsable de lui avoir menti lorsqu’il lui avait dit qu’il existait un guichet d’assurance voitures au niveau de la gare. Mais qu’a-t-il fait, ce secrétaire d’Etat, qui semble bien connaître la réalité de cette gare maritime, pour améliorer les choses ?



    Par M. A. O.

  • toujour comme ca,Gare maritime d’Alger : Désordre et passe-droits

     

    Enorme portail métallique badigeonné de bleu, barbelés, trottoir crasseux, herbes sauvages... A première vue, rien n’indique qu’il s’agit de l’entrée de la gare maritime d’Alger ; on dirait plutôt une vieille prison ou encore un dépotoir à l’abandon. Pourtant, c’est ici qu’embarquent ou débarquent des milliers de voyageurs. Ceux qui n’ont pas le mal de mer surtout.



    Ce site hideux, dominé par les sièges de la wilaya d’Alger et de l’Assemblée populaire nationale, est soumis à une forte surveillance policière. Comme d’ailleurs tout le reste du port d’Alger. Personne ne peut y accéder sans être accompagné de policiers en civil. A l’entrée, un policier assis à un semblant de table veille au grain. Les personnes venues accueillir leurs proches sont parquées dans une salle d’attente qui ressemble plutôt à un hangar. La salle dispose d’une vingtaine de chaises aussi froides que l’accueil et aussi sales que le sol en bitume. Ici déjà, le voyageur a un avant-goût de ce qui l’attend à l’intérieur. Approchés, les voyageurs et leurs proches semblent écœurés et choqués par le mauvais accueil et le désordre qui règne dans les lieux. « Jamais je n’ai vu une telle anarchie. Pour faire l’enregistrement, c’est la croix et la bannière. Si vous n’avez pas les nerfs solides, vous risquez de perdre la tête. J’ai tout vu, même du jamais vu », lâche Saïd, un Parisien de 32 ans, venu avec sa femme et sa fille passer les vacances dans la famille, à Tizi Ouzou. « J’ai vécu le même cauchemar l’an dernier. Cette année, je me suis dit que peut-être il y aurait une petite amélioration. Mais, je constate que la situation s’est plutôt aggravée. Traumatisée, ma femme n’a pas voulu qu’on vienne par bateau. Mais à cause des bagages et du véhicule, nous étions contraints de venir par voie de mer. Mais après tout ce que nous avons subi ma famille et moi, je ne reviendrai plus jamais par bateau. C’est fini », poursuit-il, l’air désabusé.

    « Une souris dans ma cabine ! »

    Comme Saïd, d’autres usagers ont vu leur voyage se transformer en véritable cauchemar. « Vous savez, au port de Marseille, il fallait se bagarrer pour obtenir la carte d’embarquement. Ici, à l’arrivée, le même scénario se répète. On dirait qu’ils font tout pour nous rendre la vie dure. Si ça continue comme ça, je préfère aller ailleurs, en Espagne ou en Grèce. Au moins, là-bas, ils nous traitent comme des êtres humains », fulmine Wassila, qui vit depuis 10 ans à Lyon. D’autres voix en colère s’élèvent contre les responsables de la gare, considérés comme premiers coupables du désordre ambiant. « Allez-y, faites un tour dans la gare. Des gens, comme moi, ont attendu plus de 5 heures pour accomplir toutes les formalités. Alors que des policiers prenaient les passeports de leurs proches pour les faire passer en priorité. Pensez-vous que cela va me donner envie de revenir dans ce bled, où certains se comportent comme si on été dans une jungle ! », peste ce quinquagénaire qui dit vivre depuis 23 ans en Bretagne. Selon lui, même dans les bateaux, l’accueil et le service laissent à désirer. « Vous savez que dans ma cabine, j’ai trouvé une souris. Si elle est là, c’est sûrement parce qu’il y a de la saleté », raconte-t-il. Un autre voyageur se plaint de l’agressivité de certains policiers qui ont failli le passer à tabac pour avoir protesté contre l’un d’eux qui faisait passer « en priorité » une dizaine de passeports de « proches » ou d’« amis ».

    Alger-Alicante : Classe enfer

    Ce drame ne se limite pas à quelques cas d’émigrés de retour au pays. C’est une tendance générale. Des Algériens qui ont transité par cette gare pour aller en vacances quelque part dans le Bassin méditerranéen racontent avoir vécu le pire cauchemar de leur vie. Des files d’attente devant les guichets réservés aux formalités de voyage, des bousculades et du mépris. « J’ai pris le bateau pour la première fois et je l’ai presque regretté », lâche d’emblée Ahmed, la cinquantaine, qui revient d’Alicante, où il a passé ses vacances avec sa petite famille, à bord du bateau El Djazaïr II. Que ce soit à l’aller ou au retour, Ahmed affirme avoir eu droit à un accueil des plus malheureux : « A la gare maritime d’Alger, j’ai mis 3 heures pour accomplir les formalités d’embarquement. Pendant ce temps, des policiers et des douaniers ramenaient les passeports de leurs amis et proches et les faisaient passer au vu et au su de tout le monde. Comme si de rien n’était. C’est plus que méprisant. » Il assure qu’une fois à Alicante, les formalités de police n’ont duré que 30 secondes : « Je ne suis même pas sorti du véhicule. » Au retour, aussi bien à Alicante qu’au port d’Alger, mêmes anarchie et passe-droits. « Je me suis senti mal dans ma peau. Nous avons donné aux Espagnols une piètre image de l’Algérie », dénonce-t-il.

    Sur le bateau, ce n’était pas mieux. « La chasse de ma cabine ne fonctionnait pas. Il a fallu un branle-bas de combat pour obtenir une autre cabine », souligne-t-il encore, affirmant que certains passagers ont trouvé leurs cabines ou leurs fauteuils occupés par d’autres. Un autre voyageur raconte comment un douanier a réussi à lui soutirer de l’argent : « Il y avait un monde fou et une bousculade au niveau des guichets. Alors, j’ai décidé de rester dans ma voiture jusqu’à ce que la tension baisse. Et voilà qu’un douanier m’apostrophe et me demande pourquoi je reste dans ma voiture. Je lui explique, il me demande de le suivre. Ce que j’ai fait. Très vite, tout le nécessaire est fait. Mais avant de me remettre les documents, il a exigé de moi, à mon grand étonnement, de lui donner 30 euros… »



    Par M. A. O.

  • Poste-frontière d’Oum T’boul (El Tarf) : Chantage sur les voyageurs par les douaniers


    Poste-frontière d'Oum T'boul (El Tarf) : Chantage sur les voyageurs


    Le parking est plein à craquer au poste-frontière d’Oum T’boul (El Kala) et la file de voitures s’allonge encore un peu le long de la jolie route en lacets qui mène, à travers les pins et les chênes, vers le col de Haddada. C’est la foule des grands jours. « Entre 6000 et 7000 sorties par jour. 4000 entrées. Entre 2000 et 3000 voitures. Cela dure depuis 15 jours. Maintenant c’est l’inverse, les Algériens reviennent », nous dit le chef de poste de la Police algérienne des frontières (PAF).



    Les familles restent dehors, près des voitures ou à l’ombre des chênes, pendant que leurs chefs se bousculent dans le poste pour les formalités. Les commodités se résument en des toilettes repoussantes car en nombre insuffisant et un restaurant ambulant qui ne peut vraiment pas se vanter d’être au service de cette clientèle de passage. Le soleil tape fort, mais sur ces hauteurs, une brise fraîche atténue sa morsure. « Haddada est le plus important point de passage terrestre du Maghreb ; c’est 40% du flux vers la Tunisie, soit 350 000 personnes qui transitent par ce poste, l’équivalent de l’aéroport Houari Boumediène pour les passagers aériens », ajoute le responsable de la PAF, qui précise que « des renforts ont été dépêchés de Souk Ahras pour faire face à la vague des vacanciers. Deux brigades de 46 agents chacune se relayent nuit et jour ». Nous sommes sur les lieux parce qu’en ville a circulé la rumeur de l’existence d’une pétition signée par 1200 passagers dénonçant les agissements des agents du poste tunisien.

    Mettant à profit cette manne inespérée de vacanciers, ils useraient de divers artifices pour leur soutirer de l’argent. Mais de pétition, sur les lieux et parmi les voyageurs de passage, il n’y en a aucune trace. Cependant, nous dit un habitué des lieux, « c’est vrai qu’il y a un racket organisé chez nos frères tunisiens, mais les nôtres n’ont rien à leur envier. Je suis chauffeur de taxi, je vais et je viens sans cesse et je vois des tas de choses. Tu veux que je te dise, ce sont les nôtres (les Algériens, ndlr) qui leur ont inoculé le virus de la corruption. Que ce soit de ce côté comme de l’autre, des passagers, que Dieu leur pardonne, préfèrent glisser la pièce, jusqu’à 1000 DA, que d’attendre leur tour ». Dans le hall, c’est la cohue devant les guichets. Des jeunes, sympas, tenues cool, qui ne cachent pas la notoriété de leurs parents dans les affaires à Annaba, avouent sans vergogne recourir à ce stratagème pour passer plus vite : « C’est pourri, ils bouffent tous. Eh bien en veux-tu, en voilà. Alors, pourquoi s’encombrer de scrupules ? » Un jeune émigré en famille, visiblement exaspéré par l’attente et l’incivisme des ses concitoyens, refuse d’abord de livrer ses impressions à des journalistes, puis crache sa colère : « Je suis complètement dégoûté par ce qui se passe ici. Personne ne respecte son tour et les agents semblent entretenir la confusion. C’est le plus friqué, le plus connu, le plus puissant, le copain, le voisin ou la famille des agents qui passent devant les autres. C’est de la hogra. Je crois même que c’est délibéré car nous avons les moyens de mettre en place des procédures moins iniques et c’est valable pour les deux côtés de la frontière. » En retrait, deux magistrats, qui insistent pour ne pas être cités, reconnaissent qu’ils ont dû baliser leur passage en faisant jouer quelques relations. Et ils ne nient pas qu’ils sont prêts à recourir à la pièce du côté tunisien s’ils trouvent du monde. Un 4X4 noir, vitres fumées, s’arrête dans le parking. En descend un individu qui correspond tout à fait à l’arriviste accompli.

    Assurance, dédain, étalement de la richesse… Le policier en faction avec lequel nous avons sympathisé nous fait un clin d’œil et nous dit en connaisseur : « Celui-là, c’est 10 minutes max. » En effet, le passager ressort rapidement. Nous l’abordons, mais à nos dépens. « Je ne parle pas aux journalistes. » Ce qui est compréhensible. Vers le milieu de l’après-midi, avec le soleil qui baisse, la foule se dissout côté algérien. « Comme chaque jour, le pic est maintenant passé », nous dit le chef de poste. Ceux qui arrivent du poste tunisien sont épuisés. Le plus gros est fait car les procédures de retour sont moins éprouvantes. « On est passés normalement, sans encombre, mais on a mis le temps », rapportent les uns, alors que d’autres reconnaissent avoir eu à soudoyer un agent pour passer plus rapidement. Vers 18h, à la sortie du poste algérien, un commerçant de Tizi Ouzou déclare que son passage dans les deux postes s’est déroulé sans problème et qu’il a mis exactement 6 minutes chez les Algériens. Ce qui prouve qu’on peut faire mieux. En fait, la corruption et les passe-droits disparaîtraient d’eux-mêmes si les moyens nécessaires étaient mis en place pour éviter la cohue et la bousculade qui profitent aux corrompus.

    Mais le veut-on vraiment ? « Cela va beaucoup mieux depuis qu’ils ont changé le chef du poste tunisien. Un certain Ali qui s’était rendu célèbre, il y a deux ans, lorsqu’il a jeté à terre des passeports algériens », nous disent des habitués des lieux. « Ils ne l’ont pas sanctionné sur-le-champ parce les autorités algériennes, à commencer par le ministre de l’Intérieur, n’ont pas fait preuve de fermeté alors qu’ils condamnent facilement des jeunes qui détruisent le drapeau. » Les postes-frontières de Haddada sont de véritables mines d’or et le resteront tant qu’on s’y bousculera dans la confusion. Les autorités du pays sont au courant des agissements des uns et des autres, mais élever le ton serait prendre le risque de voir fermer ce passage, qui est une soupape de sécurité pour le Pouvoir. Chaque année, plus d’un million d’Algériens se rendent en Tunisie. Pour ceux-là, c’est la seule évasion qu’ils peuvent s’offrir.



    Par Slim Sadki

  • Ouyahia (rene' la taupe )seul décideur : la preuve par Sawiris


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    Depuis le dernier remaniement gouvernemental, le pays ne semble avoir qu’une seule et unique voix de décision : Ahmed Ouyahia.


    Considéré comme le représentant informel des services de sécurité, ce dernier est devenu l’interlocuteur privilégié des délégations étrangères et le tout-puissant décideur que personne n’ose contredire. Américains et Français ne cherchent même plus à négocier avec Abdelaziz Bouteflika. Claude Guéant l’émissaire de Sarkozy, est venu rencontrer Ouyahia avant d’être « invité » à la dernière minute à « saluer Bouteflika ». Les Américains s’adressent directement aux Tagarins ou au Premier ministre. Même le tout puissant big boss d’Orascom, l’Egyptien Naguib Sawiris, dont l’entreprise est malmenée par Ouyahia, s’est rendu à l’évidence : Bouteflika ne peut plus rien pour ses anciens alliés arabes. Du temps où il le croyait, Sawiris, qui veut vendre Orascom à l’état algérien à un prix largement supérieur à sa vraie valeur, avait indélicatement balayé l’offre du gouvernement algérien, exigeant un prix trois fois plus important que celui proposé par l’Algérie. Il comptait sur ses relations avec El-Mouradia et le concours de Moubarak. Or, selon le site Maghreb intelligence, Housni Moubarak, venu présenter ses condoléances à Abdelaziz Bouteflika après la mort de son frère, et qui en a profité, lors de son tête à tête avec le président algérien, pour trouver une issue heureuse au contentieux qui oppose l’Algérie à Naguib Sawiris, patron d’Orascom, est reparti bredouille. Bouteflika lui a signifié que le dossier n’est plus entre ses mains.


    Aussi Naguib Sawiris s’est-il résigné à écrire, le 21 juillet dernier, au Premier ministre, Ahmed Ouyahia. Dans cette lettre, rendue publique par le site d’information Tout sur l’Algérie, Sawiris lance un appel de détresse : il supplie le chef du gouvernement algérien  de revenir à la table des négociations.et de réagir en urgence à défaut de quoi Orascom Telecom Algérie risquerait  la mort. « Tout retard dans la conclusion de la vente de Djezzy, dans les conditions d’exploitation actuelles, pourrait avoir des conséquences très préjudiciables pour OTH et ses investisseurs. » Depuis le 15 avril dernier, la Banque centrale d’Algérie a bloqué toutes les transactions internationales de l’entreprise, l’empêchant ainsi de payer ses fournisseurs ou de rapatrier ses dividendes. « Depuis avril 2010, Djezzy n’a pu remplir ses obligations de paiement aux fournisseurs pour un montant de plus de 1,524 milliard de dinars (…). Les fournisseurs de Djezzy (…) ont menacé de suspendre leurs services et même d’intenter des actions en justice pour non-paiement », écrit le PDG d’Orascom.
    Bien évidemment, le gouvernement algérien n’a donné aucune réponse se confinant dans un silence radio justifié par le ministre du budget par la nécessité de « prendre le temps nécessaire ». Le temps qu’Orascom s’écroule ? Sans doute. Comme le souligne TSA, « le gouvernement semble pour l’instant jouer la carte de la montre dans ce dossier en faisant durer l’évaluation financière d’OTA ». Le 22 juillet dernier, le ministre de la Poste et des TIC, Moussa Benhammadi, et le ministre des Finances, Karim Djoudi, avaient laconiquement déclaré que les négociations commenceraient « bientôt ».  L.M.

  • Isolement diplomatique : Bouteflika dessaisi du dossier du Sahel

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    Le dernier rapport du département d’état sur la situation sécuritaire dans la région se félicitant des « efforts considérables fournis par l’Armée nationale populaire (ANP) et les forces de sécurité pour avoir réussi à neutraliser les groupes terroristes » confirme bien l’échec de la politique de réconciliation nationale prônée par le chef de l’Etat depuis 1999, échec qui est sans doute un des facteurs probants à l’origine de son isolement politique sur la scène internationale.
    Il conforte, en tout cas, l’idée selon laquelle Bouteflika ne gère plus le dossier du Sahel et que, sous l’influence des Américains, ce dernier incombe directement aux chefs militaires.
    Suite à plusieurs kidnappings d’étrangers au Mali et en Mauritanie, revendiqués par des chefs algériens de la nébuleuse terroriste d’Al Qaïda au Sahel, les Américains avaient, en effet, fait comprendre qu’ils ne supportent plus les atermoiements de Bouteflika sur le volet terroriste et encouragé les généraux à divorcer avec la « réconciliation nationale », leur suggérant de  reprendre les choses en mains. Avec l’aval des Américains, le Commandement de l’Armée algérienne avait alors, en décembre 2009, décrété zones militaires les zones frontalières séparant l’Algérie du Mali, Niger et Mauritanie, en imposant un laissez-passer. Dix ans après la « Concorde nationale » qui devait ramener « la paix dans les coueurs », cela sonnait bien comme un aveu d’échec. Plus de 3.000 militaires supplémentaires sont venus s’ajouter aux 15.000 déjà déployés le long des frontières Sud.
    Curieusement, cette décision avait été mise en pratique quelque jours à peine après la visite surprise à Alger le 25 novembre 2009 du général américain William Ward, Commandant de l’Africom.
    Par cette grave décision exclusivement militaire de fermeture des frontières, les généraux ont repris manu militari le pouvoir de décision sur un domaine décisionnel réservé au président, chef suprême des forces armées. C’est une amputation du pouvoir d’un président « marginalisé »
    C’est pourquoi nombre d’observateurs voient dans cette date le début de l’affaiblissement de Bouteflika. Un mois plus tard sortait en effet la scandale Sonatrach qui a conduit crescendo à l’élimination des hommes du président.
    Les Américains assument ce choix. Aussi le Département d’Etat semble-t-il se féliciter, dans le dit rapport, que l’Algérie a réussi à combattre le terrorisme en accueillant une série de réunions, en mars et en avril derniers. Ces réunions qui ont abouti, selon le rapport, à une stratégie commune et à l’installation d’un Etat Major des forces de ces pays, dont le commandement a été installé à Tamanrasset et dont l’objectif et la mission est de lutter contre le terrorisme au Sahel.
    Les Américains se réjouissent aussi du « succès des services de sécurité algériens à démanteler les réseaux de soutien aux groupes terroristes », estimant 1300 le nombre de terroristes appartenant au mouvement d’Al Qaida au Maghreb Islamique, abattus ou arrêtés par les forces de sécurité algériennes et l’ANP.
    Même les Français discutent directement avec les généraux si on en juge par cette délégation militaire française de haut rang qui vient de séjourner à Alger depuis dimanche 1er août, pour des discussions avec les autorités algériennes sur la coopération militaire dans la région du Sahel dans la lutte contre Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) au Sahel. Les discussions entre les deux pays ont été entamées lundi 2 août, avec les militaires exclusivement. Aucun représentant du Président n’y a été associé.


  • 80% de notre consommation proviennent de l’importation : Les Algériens parviendront-ils à « manger du lait » ?


    80% de notre consommation proviennent de l'importation : Les Algériens parviendront-ils à « manger du lait » ?


    L’Algérie est-elle en mesure de produire, elle-même, son propre lait ? La question taraude toute le monde, du simple consommateur au plus haut responsable du gouvernement en passant par les fonctionnaires du ministère de l’Agriculture, premiers concernés par le développement de cette filière.



    Ces derniers se disent conscients de l’ampleur du défi et affirment avoir déjà concocté un plan susceptible de mettre en place les bases d’une véritable industrie laitière en Algérie. « Nous voulons arriver, comme c’est le cas dans les pays développés, à manger du lait et non pas seulement à le boire. C’est possible ! », soutient mordicus le directeur général de l’Office national interprofessionnel du lait (ONIL), Hafid Djellouli. Cet organisme, créé en 1997 et qui n’a été activé qu’en 2009, prend aujourd’hui en charge à bras le corps la problématique de la satisfaction des besoins nationaux en matière de lait. Il était temps. La facture d’importation du lait est de plus en plus importante ; plus de 80% des besoins de la population en cette matière proviennent de l’importation. Le responsable de l’ONIL dispose de tous les chiffres. « La production nationale ne couvre que 18% des besoins en matière de lait, soit 312 millions de litres par an », explique-t-il. L’Algérie importe annuellement 120 000 tonnes de poudre de lait qui lui permettent de produire 1,3 milliard de litres de lait en sachet. La facture globale du lait et des produits laitiers s’est établie à 862,76 millions de dollars en 2009. Le tout est soutenu par le Trésor public. C’est la facture qu’il faudra absolument réduire.

    Augmenter de 30% la part de la production nationale

    En sa qualité d’organe de régulation, d’organisation de la filière laitière et de son développement, l’ONIL examine les possibilités de réduire davantage le poids de l’importation. « Nous veillons à ce que la part de la réduction des achats externes soit proportionnelle, c’est-à-dire que si nous augmentons de 30% la collecte de lait cru, nous devons réduire de 30% les importations de poudre de lait », explique encore Hafid Djellouli, rencontré jeudi dernier dans son bureau à Alger-Centre. Installé il y a 8 mois en tant que directeur général de l’ONIL, l’homme semble bien maîtriser son sujet : « Le ministère de l’Agriculture privilégie la notion de filières qui génèrent beaucoup d’acteurs. La filière lait doit retrouver ses repères. Depuis mon installation, j’essaie de créer les conditions favorables à son émergence. Et la méthode de travail est très simple. » Selon lui, la priorité fixée par le ministère de l’Agriculture est la création du comité interprofessionnel du lait qui est un organe consultatif. C’est dans le cadre de celui-ci que, ajoute-t-il, vont se résoudre les problèmes rencontrés par tous acteurs. Mais comment augmenter la production ? Avant d’évoquer cette question, le premier responsable de l’ONIL présente la situation de la filière. Selon lui, il y a environ 15 000 éleveurs qui prennent en charge plus de 150 000 vaches laitières. « La production moyenne de chaque vache est 15 litres/jour. C’est une moyenne faible », affirme-t-il. Donc, un travail devrait se faire auprès des éleveurs pour améliorer la qualité des vaches. « Notre programme vise à aider davantage les professionnels de la filière. Pour les éleveurs, l’Office s’engage à favoriser leur rapprochement avec des instituts spécialisés pour la prise en charge des bêtes et le traitement de la production », souligne-t-il. Le second volet de cet immense chantier concerne l’organisation des 120 laiteries et des collecteurs de lait cru. « Le lait est très important et la filière doit prendre ses responsabilités », lance M. Djellouli.

    Vers la révision de l’aide de l’état

    Afin d’encourager la production nationale et de réduire les importations, le ministère de l’Agriculture envisage la révision de l’aide de l’Etat aux éleveurs. Une aide financière qui s’élève actuellement à 12 milliards de dinars et répartie comme suit : 12 DA/litre à l’éleveur, 5 DA/l au collecteur et 4 DA/l à l’intégration du lait cru dans la production du lait en sachet, dont le prix est fixé à 25 DA/litre. « La révision de la prime accordée aux éleveurs est actuellement à l’étude. Nous n’avons rien décidé pour le moment », explique encore notre interlocuteur. S’agissant du versement de cette aide aux bénéficiaires, Hafid Djellouli indique avoir signé, mercredi dernier, la prime du mois de juin. Selon notre interlocuteur, il y a un très grand travail à faire en matière de coopération entre le dernier maillon de la chaîne de production laitière – les laiteries – et les éleveurs. L’objectif est d’arriver, indique-t-il, à collecter toute la production de lait à travers le territoire national et ensuite encourager les laiteries à fonctionner sans recourir à la poudre de lait importée. « Aujourd’hui, 40 laiteries ne prennent plus leurs quotas de poudre », explique-t-il.



    Par Madjid Makedhi

  • Envenimation scorpionique à El Oued : Les victimes des communes enclavées meurent faute de sérum

     

     

    La wilaya d’El Oued enregistre chaque année des milliers de cas d’envenimation scorpionique, souvent avec décès.



    Selon les services de la prévention, près de 3000 piqûres de scorpion ont été signalées depuis le début de cette année, soit autour de 450 piqûres/jour. Ce chiffre dénote le danger que constitue cet arthropode pour les habitants de la wilaya. En effet, pour le seul mois de juillet, l’on a déploré pas moins de 4 décès. Les services de la santé imputent, depuis toujours, le problème à la dégradation de l’environnement. Des sources locales ont indiqué que le manque de sérum antiscorpionique et l’absence d’ambulances au niveau de certains centres de santé ont davantage compliqué la situation.

    Le problème se pose surtout quand les piqûres de scorpion ont lieu la nuit, car c’est à ce moment-là que ces animaux venimeux sortent, sans doute à la recherche de fraîcheur et de pitance. Les services de la prévention ont indiqué que le sérum antiscorpionique (SAS) n’est pas disponible dans chaque unité et salle de soins. Ce qui veut dire que des localités lointaines sont, et seront toujours, privées de cette substance vitale. Par conséquent, en cas d’envenimation, les victimes des localités enclavées doivent faire un trajet de plus de deux heures pour rejoindre l’hôpital. Malheureusement, tout ce temps perdu permet au venin de se propager dans tout le corps, rendant le plus souvent les secours dispensés par les services de santé inutiles, comme ce fut le cas pour cette jeune fille décédée la semaine passée suite à une piqûre de scorpion. Elle n’avait que 21 ans ! Elle habitait une localité relevant de la commune frontalière de Ben Gacha, à 140 km au nord-est d’El Oued. Le père, un quinquagénaire, fellah de son état, était bouleversé en voyant sa fille souffrant de douleurs atroces accompagnées de vomissements. Il l’avait emmenée la nuit à la salle de soins de sa commune dans le véhicule de son voisin. Hélas, sur place, il n’y avait ni ambulance ni sérum antiscorpionique.

    Deux heures pour rejoindre un hôpital

    Ce dernier est introuvable depuis deux ans au niveau de ladite salle de soins, et les services de santé ont reconnu le problème. Le malheureux père s’est dirigé vers le point le plus proche pour tenter de sauver sa fille. Il l’a évacuée au centre de santé de Negrine, dans la wilaya de Tébessa, à 70 km, dans la commune de Ben Gacha. L’état critique de la victime a obligé les médecins de l’orienter vers l’établissement hospitalier Tidjani Haddam de Bir El Ater (Tébessa), à 60 km de Negrine. Mais hélas, Theldja rendra l’âme avant même son arrivée, à cause du venin qui avait eu tout le temps de se répandre dans son frêle corps et de s’attaquer au système nerveux. La mort de la jeune fille a jeté l’émoi dans sa famille. Depuis, la population locale réclame une sérieuse prise en charge en matière de santé. Le deuxième cas, survenu également au mois de juillet dernier, est aussi tragique qu’émouvant. Il s’agit d’une fillette âgée de onze ans, Karima, qui a trouvé la mort suite à une piqûre de scorpion dans son domicile sis à la localité de Djedaïda, dans la commune de Magrane, à 30 km d’El Oued.

    Des sources médicales ont indiqué que la fillette a été piquée plusieurs fois, et simultanément. Elle a été évacuée à l’hôpital de Debila, mais son état critique a poussé les médecins à l’orienter vers l’établissement hospitalier d’El Oued. La fillette avait été prise de convulsions à bord de l’ambulance. Notre source a précisé qu’au moment où son frère la tenait dans ses bras en pleurant, un scorpion est sorti de sous les vêtements de la malheureuse et l’a piqué à son tour. Heureusement, cet arachnide, qui a semé la panique, avait déjà injecté tout son venin dans le corps de la fillette. Selon les statistiques des services de la prévention, la wilaya d’El Oued a enregistré durant la dernière décennie près de 63 000 piqûres de scorpion (une moyenne de 6300 piqûres/an) et des dizaines de décès. La plupart des victimes sont des enfants. Selon la même source, l’année 1997 a été l’année la plus dramatique où l’on a déploré 17 morts et plus de 3000 piqûres. En 2007, la wilaya a recensé près de 7500 piqûres. Les communes les plus touchées par l’envenimation scorpionique durant le 1er semestre de l’année en cours sont Debila (457 cas), Hassi Khalifa (318 cas), Reguiba (253 cas) et Guemmar (242 cas). La commune du chef-lieu de wilaya a enregistré 122 cas.



    Par Rezzag Salem Youcef

  • André Dubois. Conseiller et délégué commercial principal à l’ambassade du Canada à Alger : « L’ambassade n’est pas au courant de cette lettre »



    - Avez-vous des données précises, en termes d’effectifs et de profils, sur la communauté algérienne installée au Canada ?

    Non, nous n’avons de données précises ni sur l’importance ni sur le profil de la communauté canadienne d’origine algérienne dont il est généralement considéré qu’elle représente de 50 à 60 mille personnes.

    - Quel est, aujourd’hui, le volume des échanges économiques entre le Canada et l’Algérie ? Les exportations canadiennes vers l’Algérie sont de 351.796.000 dollars. Les importations de l’Algérie sont de 3.765.099.000 dollars. Le total du volume des échanges est de 4.116.895.000 dollars et la balance commerciale est de 3.413.213.000 en faveur de l’Algérie.

    - Quelles sont les entreprises canadiennes présentes en Algérie et dans quels secteurs interviennent-elles ?

    L’Algérie offre de nombreuses opportunités d’affaires pour les entreprises canadiennes. Soixante et une sociétés canadiennes sont recensées par l’ambassade comme étant présentes en Algérie. Cent soixante-seize autres entreprises au Canada ayant identifié l’Algérie comme un marché potentiel ont été recensées par le Service des délégués commerciaux. Elles sont présentes dans plusieurs domaines, mais tout particulièrement dans les secteurs suivants :  • L’énergie : le secteur pétrolier pour lequel l’expertise canadienne est mondialement reconnue ; • Les transports : le secteur ferroviaire et l’aviation connaissent une progression constante ; • Les télécommunications et nouvelles technologies de l’information : téléphonie, Internet, solutions d’entreprises • La formation et le conseil : l’État algérien se modernise, il a besoin d’aide. Des entreprises canadiennes sont présentes pour l’accompagner. • L’agriculture : plusieurs filières sont d’intérêt pour le Canada outre l’exportation de blé dur et de légumineuses, pomme de terre, lait, génétique bovine ; • Les grands travaux : tels que la construction des barrages, de routes et autoroutes ;  On pense entre autres à : SNC-Lavalin, DESSAU, GENIVAR, CIMA, Groupe Smi, à titre d’exemples, dans le domaine de l’ingéniérie. A CANAC, Bombardier, Canarail dans le domaine du transport. A la Commission canadienne du blé dans le secteur agricole. À First Calagary Petrolium,Talisman Energy, SteamFlo dans le secteur des hydrocarbures. CRC-Sogema dans le domaine de la formation/conseil. Ces entreprises sont citées qu’à titre d’exemples.

    - Y a-t-il, selon vous, des investisseurs algériens installés au Canada ?

    Plusieurs entrepreneurs canadiens d’origine algérienne œuvrent à développer des relations d’affaires entre le Canada et l’Algérie. Ils sont actifs dans le secteur de l’ingéniérie, les communications et les technologies de pointe, les énergies alternatives, l’environnement, la construction de bâtiments.

    - El Watan possède une copie d’une lettre-circulaire adressée par une banque canadienne, ScotiaMcLeod, en l’occurrence, à des investisseurs algériens, les invitant à s’installer au Canada en leur offrant la citoyenneté canadienne pour peu qu’ils aient des actifs de plus de 700 000 dollars US. En avez vous connaissance ? Cette initiative ; en collaboration avec le gouvernement du Canada, comme le stipule le courrier, a-t-elle été prise en collaboration avec les services de votre ambassade ?

    L’ambassade n’est pas au courant de cette lettre-circulaire.



    Par Djamel Alilat

  • Fuite des cerveaux et des capitaux : Le Canada courtise l’élite algérienne


    Fuite des cerveaux et des capitaux : Le Canada courtise l'élite algérienne

    C’est une lettre circulaire, frappée de la mention « personnel et confidentiel », reçue par maints industriels algériens bien établis. En résumé, voilà le message qu’elle délivre à ses destinataires : « Scotia McLeod, membre du groupe Banque Scotia, en collaboration avec le gouvernement du Canada, aimerait vous intéresser au programme des immigrants investisseurs. Parmi ses nombreux avantages, ce programme permet d’obtenir pour l’investisseur ainsi que sa famille immédiate la citoyenneté canadienne ». Après avoir vanté les mérites de la patrie de l’érable que « les Nations unies classent régulièrement au nombre des trois meilleurs pays du monde pour la qualité de vie », le rédacteur du courrier dévoile ses batteries : « Si vous avez des actifs personnels nets de US$ 700 000 ou plus, permettez-nous de vous démontrer comment l’expérience canadienne peut améliorer votre réussite personnelle et professionnelle. »



    Le document précise les modalités un plus loin : « M. X, un des représentants de TIMC Inc. fera prochainement un séjour à Alger. Si vous souhaitez connaître les détails de notre programme, veuillez nous communiquer vos coordonnées afin que nous organisions une rencontre privée en toute confidentialité. »

    On savait les Canadiens friands de cadres algériens aux compétences affûtées. Voilà qu’on les découvre courtisant les princes de la finance. Et plutôt deux fois qu’une : l’homme d’affaires, industriel bien connu, qui nous a remis une copie de ce courrier, assure l’avoir reçue à deux reprises… C’est le cas également de beaucoup de ses amis qui opèrent dans divers secteurs de l’économie. De là à déceler une offensive canadienne pour débaucher les capitaines d’industrie algériens, il n’y a qu’un pas qui semble tentant de franchir. Quitte à s’interroger au passage, sur la légitimité d’une démarche menée ainsi en catimini. Sollicités par nos soins, les services de l’ambassade canadienne à Alger (voir l’entretien ci contre) affirment ne rien connaître de cette lettre qui a été envoyée à des investisseurs algériens pour les inviter à s’installer au Canada. Quid de Scotia McLeod ? C’est une division de Scotia Capitaux Inc. Gérant un actif de plus de 280 milliards de dollars, elle représente la filiale spécialisée de la Banque Scotia dans le domaine des services bancaires d’investissement. Nous avons adressé un courriel à son conseiller principal en gestion du patrimoine. Celui-là même qui a signé la missive adressée aux opérateurs algériens, pour savoir s’il a réussi à convaincre plusieurs de nos businessmen de s’installer au Canada. Réponse très diplomatique du courtier. Jugez-en : « Nous aimerions vous informer que notre programme constitue une démarche de développement international, donc un processus très long et nous n’avons pas encore des statistiques prêtes à propos de ce sujet. Nous espérons recevoir des nombres précis d’ici la fin de l’année prochaine qui vont rester sans publication pour des raisons de confidentialité de la clientèle. Merci pour votre compréhension. »

    En fait, à l’heure de capter à leur profit la fuite des capitaux et des compétences algériennes, les Canadiens de Scotia McLeod, ou d’autres chapelles financières, jouent sur du velours. Ils sont servis par ce climat de morosité qui plombe le monde des affaires en Algérie, depuis notamment l’introduction du crédit documentaire et des nouvelles dispositions en matière d’importation. Huit mois seulement après l’entrée en vigueur de la LFC 2009, près de 300 entreprises ont dû baisser le rideau. C’est Réda Hamiani, le président du Forum des chefs d’entreprises (FCE) qui l’affirmait tout récemment à l’hebdomadaire Jeune Afrique. Si les investisseurs algériens sont de plus en plus enclins à chercher sous d’autres cieux des lois plus clémentes, la tentation est d’autant plus grande pour des ingénieurs et des informaticiens touchés par le chômage, la marginalisation ou le sous-emploi. Le dernier chiffre fourni par les autorités canadiennes, en octobre 2008, faisait état de 50 000 Algériens établis au Québec. En matière de chiffres, chacun a les siens et ce ne sont pas forcément les mêmes. En 2006, le FCE estimait à 40 000 le nombre de chercheurs ayant quitté l’Algérie durant la décennie rouge.

    L’industriel que nous avons rencontré affirme que ses fournisseurs canadiens lui ont déjà « piqué » trois ingénieurs. « Leur formation nous a pris du temps et de l’argent », se désole-t-il. « C’est une grande perte ». Fournisseurs ou prestataires de services, les Canadiens en mission à l’étranger n’oublient jamais de jouer les chasseurs de têtes, les « headhunters » comme ils disent, au profit de leur pays. Ils finissent toujours par repérer les meilleurs éléments dans les entreprises algériennes avec lesquelles ils travaillent. La partie semble gagnée d’avance dans ce challenge où il s’agit de vendre l’exil à des Algériens qui ne demandent qu’à quitter leur pays, y compris en risquant leur vie sur un radeau de fortune.



    Par Djamel Alilat

  • L’Algérie en chute libre

    profilepic282209_2.gif------<> boutef nain et moche

    Avec l’affaire Khalifa, on aurait pu croire que l’Algérie avait touché le fond en matière de mauvaise gouvernance et de corruption. Et bien non, il y a pire. On apprend que la mamelle nourricière du pays, Sonatrach, que l’on croyait à tort très surveillée, fait l’objet de la pire des prédations.
    Ce n’est même pas les récentes malversations du staff de l’entreprise sanctionnées par un emprisonnement et des mises sous contrôle judiciaire. C’est bien pire que ça. Dans une « Lettre ouverte à Messieurs les enquêteurs du DRS », publiée par la presse, un ex-vice-président de la compagnie, Hocine Malti,y révèle, parmi un flot incroyable de scandales, que « l’essentiel des ventes de pétrole se fait à destination de quatre ou cinq clients… derrière chacun de ces clients se trouve un membre du sérail, que ces « barons » ont leurs hommes de paille à Alger, mais aussi des « correspondants » auprès des bureaux de Londres ou de Houston. Quand on sait que les ventes de pétrole génèrent 60 à 70 milliards de dollars US par an, on ne peut qu’être frappé par le montant que représentent les commissions perçues par certains. »
    Malgré cette révélation fracassante, personne n’a bougé en Algérie. L’anesthésie générale imposée par les clans du pouvoir depuis des décennies a totalement stérilisé le citoyen, l’intellectuel, le syndicaliste, le politique, le militaire.
    Le trio infernal qui gouverne ce pays continue de le plonger encore plus loin dans un abîme d’où il sera extrêmement difficile de remonter.
    Abdelaziz Bouteflika, président depuis 11 ans qui veut mourir sur son fauteuil, est tellement malade et inerte qu’il n’a même pas songé à transmettre un message de condoléances à ses compatriotes suite à l’effondrement d’une mosquée à Meknès.
    Ahmed Ouyahia, trois fois premier ministre depuis 1996, poursuit son délire de destruction et de dérèglement de l’économie nationale.
    Le général Mohamed Mediene dit Toufik, chef du DRS depuis 20 ans, qui a brisé des générations d’officiers et de cadres, veut aussi mourir à son poste.
    Le résultat de leurs maléfices saute aux yeux mais personne en fonction dans l’Etat n’a assez de courage et de lucidité pour dire ça suffit ou y mettre un terme.
    Sous une impulsion suicidaire et maladive, ce trio enferre de plus en plus le pays dans un isolement ahurissant. D’abord avec ses voisins immédiats, aggravé par la « condamnation ferme du coup d’Etat au Niger » après celui de Mauritanie qui a coupé court à toutes relations. Suivi immédiatement du rappel de l’ambassadeur au Mali avec lequel le pouvoir pousse à la rupture des relations et la fermeture des frontières. Une frontière toujours fermée avec le Maroc depuis 1994. Des relations minimum et froides avec la Tunisie et la Lybie. Une brouille avec l’Egypte à cause d’un match de football.
    Un incompréhensible gel des relations avec les voisins méditerranéens France, Espagne, Italie et les grandes puissances USA, Russie, Chine, Inde. Au point qu’Obama a déjà envoyé six ou sept diplomates au chevet du pouvoir algérien. Les français viennent de faire de même avec la venue de trois collaborateurs directs de Sarkozy.
    L’affaire Sonatrach commence sérieusement à inquiéter nos partenaires qui dans ce type de scénario envisage le pire en matière de dysfonctionnement, grèves ou sabotage des installations pétrolières. On a déjà vu dans ce marché très sensible des hydrocarbures comment le prix du baril s’affole à cause de l’arrêt d’un pipeline au Nigeria, d’une tornade aux Etats-Unis, la panne d’une raffinerie ou le moindre changement à la tête d’une compagnie pétrolière.
    Le pays n’a plus d’institutions garde-fous, protectrices, ni même de sonneurs de tocsin. Les « opposants politiques » donnent une image dégradante de perdition. Les islamistes ont complètement perdu pied entre « l’entriste maison » Soltani et celui qui veut le remplacer, Menasra. Djaballah a perdu sa voix en perdant son parti. Sadi a réduit le siège du RCD à deux secrétaires, trois gardiens et un chauffeur. Aït Ahmed a réduit à distance le FFS à une section de scoutisme qui attend la transmission de son fax. Le FLN s’est rétrécit pour ne ressembler qu’au visage de Belkhadem. Le syndicaliste Sidi Saïd est réduit à un rôle de larbin d’Ouyahia.
    Ces « caïds » ont détruit ou fait fuir des générations de militants et vidé la scène politique et syndicale.
    La guerre de succession de Bouteflika était prévisible. Elle a déjà fait disparaître son frère Saïd et ses ambitions monarchistes. Mais de là à décapiter le management de Sonatrach pour obliger le clan d’Oujda à partir, c’est un jeu de coulisses qui met en danger non seulement le pays, mais toute la région.
    Le candidat du DRS, Ouyahia, n’a plus de concurrent sur la route d’El Mouradia. Mais de la manière dont il détruit le potentiel économique du pays, il ne subsistera plus rien de l’Algérie en moins d’un mandat.