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    DILEM DU 13 FEVRIER 2014

  • Déclaration. Non à un quatrième mandat.dictature extreme!!

     

     

     

    Benyellès 3Ali Yahia4Taleb AhmedAprès avoir bafoué la Constitution qui limitait le nombre de législatures à deux mandats, voilà que le clan au pouvoir veut reconduire M. Bouteflika  -arrivé illégitimement au pouvoir en 1999- pour un 4ème mandat consécutif. C’est une négation de la République et du  sacro-saint principe de l’alternance au pouvoir,  une offense à la mémoire de ceux de nos compatriotes  qui ont sacrifié leur vie pour l’indépendance du pays et une marque de mépris pour les citoyens que nous sommes. Sauf réaction significative de la société civile et politique, M. Bouteflika sera maintenu à la tête de l’Etat au titre d’une parodie d’élection identique à  toutes celles que nous avons connu dans le passé, et ce, malgré son âge avancé, son état de santé déplorable  et le  bilan fort contestable des quinze dernières années. Un bilan d’autant plus inexcusable que l’Algérie aura connu au cours de cette période, une conjoncture exceptionnellement favorable,   celle d’une paix civile retrouvée grâce à la population qui a rejeté et l’extrémisme et l’éradication, celle d’une pluviométrie providentielle et celle d’une embellie extraordinaire des cours du pétrole. Les recettes pétrolières colossales  perçues durant cette période ont été dilapidées à l’exception d’une partie bloquée en bons de trésor,  pour le seul bénéfice de l’économie américaine.

     

    Au lieu d’utiliser la manne tombée du ciel pour bâtir une économie  de substitution à l’économie rentière des hydrocarbures et propulser l’Algérie au rang des pays émergeants, le régime de M. Bouteflika a choisi d’engager le pays sur la voie qui lui permet de rester au pouvoir en  achetant la paix sociale avec l’argent du pétrole. Pour ce faire, il a inondé le marché de produits d’importation et passé des contrats faramineux avec des entreprises étrangères de travaux et de prestation de service, à la grande satisfaction d’une faune d’affairistes de tous acabits et de tous bords.  Des contrats qui  ont donné systématiquement lieu à des commissions exorbitantes au profit des contractants nationaux et de  leurs intermédiaires à travers le monde.  Des fortunes  colossales se sont ainsi bâties sur le vol et la prévarication au détriment du Trésor algérien.

     

    Le pillage des recettes provenant de l’exportation des hydrocarbures  au cours de ces  années funestes pour l’intérêt du pays, a été accompagné  par une surexploitation criminelle de nos gisements pétroliers pourtant bien connus pour la modestie de leurs réserves   en  comparaison avec celles des Etas pétroliers de la région. Une surexploitation qui a accéléré le processus d’épuisement déjà largement entamé, ce qui expose la nouvelle génération d’Algériens à de graves problèmes de ressources.

     

    Peu de projets productifs ont vu le jour durant les quinze dernières années et le peu qui restait encore de l’ancien appareil de production a été démantelé pour laisser place nette aux barons de l’importation qui ont fait des Algériens une population d’assistés ayant perdu le sens de l’entreprise, ne produisant plus rien et attendant tout de l’extérieur, et vivotant dans un Etat en queue de classement dans tous les rapports  publiés périodiquement par les institutions internationales.

     

    Un Etat déliquescent caractérisé par une administration budgétivore  et incompétente, une bureaucratie étouffante, des services publics défaillants, une économie dominée par les activités informelles, la spéculation,  la fraude,  l’évasion fiscale et monétaire. Un Etat hors normes, profondément gangréné par la corruption (aggravée par l’impunité), et totalement déconsidéré aux plans régional et international. Un Etat incapable de protéger sa population contre les tonnes de kif qu’un pays voisin, connu pour sa politique expansionniste et son bellicisme à l’égard de l’Algérie,  déverse  quotidiennement sur nous,  sans que le pouvoir en place ne réagisse. C’est une véritable « guerre de l’opium » que ce pays mène contre nous, une guerre qui fait des ravages dans  la jeunesse algérienne et menace la  République dans son intégrité territoriale.

     

    Alors que  l’Algérie, depuis l’Indépendance, n’a jamais connu de conditions aussi favorables pour son développement qu’au cours des quinze dernières années, sa régression politique, économique, culturelle et éthique  n’aura malheureusement,  jamais été aussi grande qu’au cours de cette même période.  Cette déchéance est l’œuvre de la côterie au pouvoir qui pousse maintenant l’arrogance jusqu’à vouloir imposer un quatrième mandat dans un climat délétère aggravé par une situation explosive dans le sud du pays et des déclarations irresponsables faites hélas au nom du FLN.

     

    Aussi, et devant le viol qu’il s’apprête à faire subir une nouvelle fois à notre peuple,  nous, signataires de cette Déclaration, considérons qu’il est de notre devoir, devant Dieu et le peuple algérien, de dénoncer publiquement et solennellement, ses dérives politiques et morales inacceptables, sa gestion désastreuse des affaires de l’Etat et son immobilisme face au développement du régionalisme, du communautarisme et des forces centrifuges qui menacent le pays d’éclatement.

     

    Nous signataires de la présente Déclaration, disons non à une quatrième candidature de M. Bouteflika et appelons toutes les forces saines du pays- et notamment celles attachées à la justice sociale et à la moralisation de la vie politique- à exprimer  leur refus par tous les moyens pacifiques qu’ils jugent utiles : prises de position individuelles et collectives, recueils de signatures, pétitions, déclarations, appels, etc., comme nous leurs demandons, en cas de maintien de cette candidature, de boycotter massivement le simulacre d’élections que le pouvoir en place projette de tenir. La prochaine échéance électorale doit être l’occasion d’exiger une refondation des institutions afin que la situation que l’Algérie a connue durant les quinze dernières années  ne se reproduise plus jamais et pour que la candidature  à la magistrature suprême ne soit dorénavant permise qu’aux seuls dirigeants  dans la force de l’âge, en pleine possession de leurs capacités physiques et intellectuelles, et cela, à  l’exemple de  tous les pays qui comptent   dans le monde.

     

    Alger le 10 février 2014

  • Algérie : vingt-deux ans après le coup d’État, la violence reste le moteur du régime

     

     

    Bentalha1Algeria-Watch, 11 janvier 2014

     

    Depuis 1997, Algeria-Watch s’efforce de documenter les violations de droits humains en Algérie, en particulier les terribles exactions perpétrées par les forces de sécurité du pouvoir au cours de la « sale guerre » des années 1990. Et, depuis 2007, nous marquons chaque date anniversaire du coup d’État du 11 janvier 1992 par un communiqué évoquant la situation d’un pays toujours inscrit dans la logique mortifère qui fut alors inaugurée par le « pouvoir des généraux ». On trouvera ici l’ensemble de ces communiqués, dont la (re)lecture laisse aujourd’hui un amer sentiment de répétition, malgré l’admirable et obstinée mobilisation de toutes celles et tous ceux qui, en Algérie, n’ont pas baissé les bras et se battent toujours pour la justice et les libertés, à commencer par les familles de « disparus » des années 1990. Ce communiqué du 11 janvier 2014 ne marque hélas aucune rupture à cet égard.

     

    « L’arrêt du processus électoral a été une violence. » Dans un moment d’égarement lucide alors qu’il assumait la fonction d’apparence institutionnelle du pouvoir ou parce qu’il négociait des marges de manœuvres avec les « décideurs », le président Abdelaziz Bouteflika avait énoncé en 2000 une vérité qu’il ne répétera pas : la violence est le moteur du système algérien. C’est pourtant une vérité structurelle, sociale, politique, économique. S’il n’existe à ce jour aucun développement durable en Algérie, y prévaut une violence durable et cet ADN de la dictature gangrène la société toute entière. Vingt-deux ans après l’interruption du processus électoral et la « démission » forcée du président Chadli Bendjedid et après au moins 150 000 morts et des milliers de disparus, les Algériens subissent, encore, la brutalité du régime.

     

    Immobilisme et sénescence

     

    Officiellement, le pays est supposé vivre en avril 2014 un moment politique majeur : l’élection d’un président de la république avec la nécessité d’un changement générationnel. Et alors qu’aucun candidat sérieux ne s’annonce, les Algériens assistent, médusés, à un florilège théâtralisé des fourberies du système. Avec à l’affiche, une pièce absurde qui pourrait s’intituler Les ancêtres redoublent de férocité, titre prémonitoire emprunté au magistral Kateb Yacine. En l’occurrence, une sinistre farce avec chaise roulante, paradis fiscaux et baïonnettes relayée par une presse « indépendante », caisse de résonance du vide, qui tente d’accréditer une mise en scène poussive. L’intrigue, plutôt ténue, tient à la capacité d’un vieil apparatchik malade d’être candidat à sa propre succession.

     

    Cet immobilisme terminal évoque bien plus la sénescence systémique soviétique que l’interminable décrépitude au pouvoir de Bourguiba en Tunisie. Tandis que les observateurs patentés font mine de s’interroger sur l’« avenir » de Bouteflika, le régime des vrais « décideurs » exprime sans scrupules qu’il demeure le seul maître du jeu. Leur message n’a rien de subliminal et il s’énonce sans ambages : la société algérienne n’est pas concernée par le destin de son pays. Derrière ces diversions de presse, se profile effectivement l’extrême violence d’une situation où la population est mise hors-jeu. Car elle ne subit pas seulement une violence symbolique en étant ainsi exclue totalement par un groupe opaque de « décideurs » – souvent en osmose avec des centres extérieurs soucieux comme eux de préserver « durablement » leurs situations de rente respectives, qui se partagent la prédation des richesses pétrolières et gazières du pays.

     

    Le coup d’État du 11 janvier 1992 n’était pas un accident, c’était la réaction d’un système tenu par des oligarques sans autre culture que celle de la violence, pour préserver les circuits de corruption alimentant leurs fortunes, en empêchant l’émergence politique de la société et la mise en œuvre de modalités pacifiques de régulation des conflits et des contradictions. Il s’est alors trouvé des théoriciens de « gauche » pour fournir au nom de l’anti-islamisme « républicain »le discours censément « progressiste » ad hoc pour justifier une épouvantable répression. Un discours largement promu par le régime à l’étranger, tout particulièrement en France, où il a trop souvent été complaisamment relayé, cautionnant ainsi les crimes que l’on ne voulait pas voir (pourtant dénoncés par d’autres, bien minoritaires).

     

    Ces belles âmes mesurent-elles aujourd’hui combien elles ont été bernées par un régime qui tient plus que jamais – en partage avec l’extérieur, ce dont ne se souviennent jamais ces « patriotes » ! – les leviers de la rente tout en livrant la société à la bigoterie et à l’obscurantisme ? Tant qu’ils ne contestent pas le pouvoir, les imams peuvent en effet faire preuve d’inventivité sur des registres variés. Ils peuvent discourir sur la longueur du bâton avec lequel les hommes se doivent de battre les femmes, ils peuvent impunément verser dans la pensée magique en décrétant, par exemple, que le séisme est une punition divine voire que la Terre est plate… Les religieux de la dictature sont libres d’exercer la « violence » qui ne gêne pas le système, celle qui condamne les femmes et corsète la société en stigmatisant science et participation citoyenne.

     

    Vingt-deux ans après le coup d’État, c’est toujours le coup d’État !

     

    L’Algérie possède indiscutablement de considérables réserves de change. Mais le pays est sans ressort, brisé par la violence imposée par le régime, celle qui a poussé des armées de cadres biens formés à quitter le pays tandis que le chômage anéantit l’avenir de dizaines de milliers d’autres. Le pétrole et le gaz rapportent de l’argent, mais le système de la violence permanente a appauvri l’économie.

     

    Les milliards de dinars sont dilapidés pour des « éléphants blancs » couvrant une corruption systémique de grande envergure, alors que des régions entières ne sont pas encore raccordées au gaz de ville et ne bénéficient pas d’eau potable. Des crédits sans lendemain sont distribués aux jeunes, pour les « acheter ». Des centaines de milliers de logements sont construits, dont la garantie d’existence ne dépasse certainement pas trois ans, sans infrastructures ni transports publics, mais que les familles désespérées continuent de s’arracher. Et, pendant ce temps, le pays est dévasté écologiquement : les barons corrompus de l’administration, acoquinés avec ceux des petites mafias privées sectorielles (du sable, des carrières, de l’eau, etc.), s’enrichissent en saccageant méthodiquement des sites naturels magnifiques.

     

    Vingt-deux ans après le coup d’État, c’est toujours le coup d’État ! Alors comment s’étonner des émeutes, quasi quotidiennes depuis plus de dix ans et qui se sont multipliées en 2013, devenant de plus en plus violentes ? À défaut de communication entre État et citoyens, à défaut de relation autre que clientéliste ou répressive, quelle autre échappatoire en effet ? Le système, passé maître dans leur gestion, s’en arrange fort bien.

     

    Vingt-deux ans après le coup d’État, c’est toujours le coup d’État ! Les massacres des années 1996-2004 ont vidé de nombreuses campagnes de centaines de milliers de leurs paysans, qui s’entassent depuis dans les bidonvilles des grandes villes du nord du pays, sans espoir de retour. Leurs enfants, qui ont grandi trop vite, ne rêvent que de quitter ce pays qui ne leur offre plus aucun avenir. Nombre d’entre eux, année après année, choisissent la voie de la harraga (émigration clandestine vers l’Europe), au risque de leur vie – ils sont déjà des milliers à l’avoir perdue. Tandis que d’autres choisissent directement, de plus en plus souvent, l’atroce immolation par le feu…

     

    Vingt-deux ans après le coup d’État, c’est toujours le coup d’État ! Que sait de nos jours un(e) adolescent(e) algérien(ne) à propos de ce qui structure son être ? Il/elle a grandi depuis 1999 avec Bouteflika et la violence faite à la vérité : on ne lui parle que de « réconciliation nationale », alors que la loi du silence et du déni continue de reproduire le mensonge et la haine. Sans parler de l’impressionnant désastre que constitue le système public d’éducation, devenu totalement incapable – quel que soit le dévouement des enseignant(e)s – d’assurer à la jeunesse la transmission des connaissances de base, faute de moyens et de volonté politique.

     

    Pour que l’espoir renaisse, malgré tout

     

    De la violence coloniale à celle du coup d’État de 1992, il est donc plus que jamais nécessaire aux témoins qui le peuvent d’expliquer le fonctionnement de toutes ces violences. Et des raisons historiques qui les rendent en Algérie tellement plus intenses et plus systématiques que chez ses deux voisins maghrébins, la Tunisie et le Maroc, comme peut le signaler une analyse de l’« économie politique de la violence au Maghreb ».

     

    On ne peut pas redonner la vie à ceux qui l’ont injustement perdue, ni réparer des destins irrémédiablement brisés par des « décideurs » qui n’ont que la violence comme mode de gestion. Pour toutes ces vies perdues, pour ce pays dont l’élan vers le développement et le progrès a été brisé, nous avons un devoir de déconstruire ce système et d’en révéler, au risque de la redondance, le moteur : la violence.

     

    Ce n’est qu’à cette condition que l’espoir pourra renaître. D’où l’importance, tout aussi grande, de soutenir toutes celles et ceux qui résistent, malgré tout. Et d’abord malgré le quadrillage serré de toute la société que perpétuent depuis des décennies les dizaines de milliers d’agents du Département de renseignement et de sécurité (DRS, ex-Sécurité militaire). Car face à la répression et à la désinformation de tous les instants, des Algériennes et de Algériens résistent obstinément. Comme les familles de disparus, qui se battent pour la vérité et la justice, on l’a dit. Mais aussi les syndicats autonomes de la fonction publique (éducation, santé, poste, transports…) et, depuis peu, du secteur privé, qui se mobilisent de plus en plus face à la dégradation de la situation sociale.

  • #Algerie L'indépendance confisquée

    N’est-il pas temps de donner son premier mandat au peuple algérien après cinquante ans d’indépendance ?

    Fersaoui Abdelouahab

    Les soulèvements populaires qu’ont connus les pays du Maghreb et du Machrek ont apporté un changement au paysage politique de la région qui a connu la chute de quelques dictateurs. En Algérie, les mouvements de contestation de janvier 2011 ont poussé le pouvoir, par le biais du président Bouteflika, à annoncer une série de réformes dites démocratiques. Malheureusement, ce mirage de réformes n’est en réalité qu’un recul et une régression des espaces et de la pratique démocratique payés par le sang des jeunes d’octobre 1988. Le contenu répressif, anticonstitutionnel et antidémocratique de la loi 12/06 relative aux associations a été à l’origine d’une mobilisation de quelques acteurs associatifs pour contester cette loi jugée liberticide et scélérate. Une pétition a été lancée par un collectif d’associations pour l’abrogation de cette loi, d’autres actions de sensibilisation et de plaidoirie sont envisagées.

    A mes yeux, c’était une dynamique prometteuse à laquelle je crois toujours. Quelles que soient nos opinions et nos sensibilités politiques, l’abrogation de la nouvelle loi sur les associations est le dénominateur commun vers lequel nous devons tous converger. Il est toutefois important de rappeler que les associations et la société civile, en tant que forces de veille, de proposition et de mobilisation, doivent être un acteur central dans l’élaboration et la mise en œuvre de politiques publiques visant le développement social, économique et démocratique. Tout comme dans les démocraties du monde qui reconnaissent la démocratie participative, il revient de droit à la société civile de s’exprimer d’une manière libre et autonome sur des questions d’actualité. Elle sert aussi à relever et à signaler, en toute liberté, les carences politiques et sociales. Elle doit participer au contrôle, à l’évaluation des politiques publiques et faire émerger un contre-pouvoir indépendant du pouvoir réel.

    Hélas, la réalité est tout autre. Le pouvoir algérien, comme tout pouvoir autoritaire à façade démocratique craignant la culture du dialogue, solidifie et consolide sa pédagogie dictatoriale en verrouillant tous les espaces de débat. Tout cela me mène à dire que toute tentative pour reconquérir les espaces de libre expression doit passer par une mobilisation des forces politiques, sociales et intellectuelles car la nature a horreur du vide, le système puise sa force dans nos faiblesses.

    Dans cette conjoncture difficile, le défi pour la société civile algérienne ne se réduit pas à une campagne pour l’abrogation d’une loi aussi importante soit cette campagne à mener. Elle doit se hisser à l’image de la société civile tunisienne qui a su encadrer, orienter et préserver sa révolution. L’adoption d’une Constitution issue d’une constituante démocratiquement élue en est le résultat, nous devons nous en inspirer.

    Malgré l’utilisation de la rente pétrolière dilapidée pour se payer une base sociale par le biais du clientélisme, de la corruption et des appareils idéologiques qui sont à son service, le pouvoir est en panne de perspectives. La détérioration de l’état de santé du président, et la lutte des clans au détriment de l’intérêt général du pays qui n’est aujourd’hui un secret pour personne, ont mélangé les cartes des décideurs. Ajoutons à cela les mutations qu’a connues la région à travers les soulèvements populaires, les problèmes politiques et socio-économiques, les contestations cycliques sur le territoire national, l’instabilité aux frontières et les violences qui endeuillent la vallée du M’zab et d’autres régions du pays, ces évènements risquent de prendre des proportions dangereuses sur la cohésion sociale et l’unité nationale.

    À trois mois de l’élection présidentielle, le paysage politique est marqué par un flou et une démobilisation totale, malgré l’importance de cette échéance qui vient dans un contexte national et régional exceptionnel où le pays a besoin de toutes ses forces vives pour amorcer un processus de transition sérieux, rassembleur et déterminé vers une véritable démocratie et vers un État de droit consolidé par  des institutions fortes qui respectent la souveraineté populaire.

    On est à une époque, un moment où le politique est en pleine régression, le débat national est bipolarisé sur la candidature ou non de M. Bouteflika, alors que la seule question qu’il faut se poser est la suivante : « N’est-il pas temps de donner son premier mandat au peuple algérien après cinquante ans d’indépendance ? » Car la non candidature de Bouteflika n’est pas suffisante et ne garantit pas le changement. Loin de la volonté du peuple, le pouvoir en place cherchant à se pérenniser avec Bouteflika ou avec quelqu’un d’autre.

    D’un autre côté, la passivité de la société civile, société politique et intellectuelle ne peut que donner de l’opportunité au régime de prolonger sa vie au détriment de l’intérêt général du peuple algérien, et de reporter le  changement souhaité  et longuement attendu par les Algériens  une nouvelle fois à une autre date inconnue.

    Face à ce statu quo du pays et le contexte régional, le changement est impératif, on ne peut pas nager longtemps à contre-courant, la prochaine élection présidentielle devrait être une opportunité de sortie de crise à saisir à la fois par le peuple algérien et le pouvoir en place qui a atteint ses limites.  

    L’ouverture effective du champ politique et médiatique, la garantie de toutes les libertés individuelles et collectives et le respect de la volonté du peuple algérien sont des préalables indispensables pour assurer une solution politique globale avec la concertation et la participation de toutes les forces crédibles. Pour cela, il est temps que les forces vives, démocratiques et progressistes dépassent leurs divergences d’hier, et s’unissent autour des souffrances d’aujourd’hui et les espoirs de demain.

    L’enjeu actuel consiste à se concerter et à tracer une stratégie de lutte commune. A mon avis, il est temps d’organiser et de reconstruire les forces politiques et sociales, de les adapter aux exigences de la conjoncture actuelle et aux besoins et aspirations du peuple algérien qui aspire à exercer sa citoyenneté pleine et entière.

    Secrétaire général du Rassemblement action jeunesse* (RAJ)

     

  • la blague du jour :le colonisé reproche au colonisateur organisé une ghaita fête au mali

    Alger reproche à Paris de se servir de la crise malienne pour protéger ses intérêts et rebondir sur la scène internationale



    La volonté française d'encourager une intervention militaire au Nord Mali irrite Alger. Dans une déclaration à TSA, une source diplomatique algérienne dit « comprendre les motivations françaises » dictées par deux facteurs. « D'une part, par le souci de protéger les intérêts économiques et autres de la France dans la région et d'autre part, par des considérations franco‑françaises de politique intérieure dans le sillage du débat hexagonal sur le leadership du nouvel exécutif français sur la scène internationale », a indiqué la même source.

    Ce jeudi 11 octobre, le président français Français Hollande a catégoriquement rejeté toutes négociations préalables à une intervention militaire africaine au Nord Mali, une proposition avancée la veille par le secrétaire général des Nations unies Ban Ki‑moon. « Discuter avec qui ? Avec Aqmi ? Qui peut imaginer qu'il puisse y avoir là des conversations qui puissent être utiles ? » a déclaré M. Hollande à des médias français à la veille de son premier déplacement en Afrique depuis son élection (lire).

    Alger est également irritée par les accusations portées « par certaines sources françaises bien anonymes » de bienveillance à l’égard des terroristes, selon la même source diplomatique. « La position de l'Algérie n'a rien d'ambigu et nous n'avons jamais exclu le recours à la force contre les groupes terroristes d'Aqmi et de leurs affiliés du Mujao », ajoute la même source qui rappelle que l’Algérie a aussi des intérêts dans la région. « Que les choses soient bien claires, l'Algérie a ses propres intérêts de sécurité et il ne faut pas faire l'erreur de vouloir la préempter comme simple maillon d'un schéma de sécurité collective conclu ailleurs et selon un agenda qui n'est pas forcément le sien », explique notre source.
    Outre ses intérêts de sécurité, l’Algérie est soucieuse des conséquences de l’éclatement d’une crise humanitaire à ses frontières sud en cas d’attaque militaire aveugle au Nord Mali. « Nous sommes, plus que d'autres peut‑être, conscients des conséquences lourdes, y compris sur le plan humanitaire, d'une option militaire aléatoire qui ciblerait sans distinction aucune et les populations du nord du mali et les groupes terroristes », prévient la même source diplomatique.

    Au président français qui refuse de dialoguer avec les islamistes, même touareg, la source diplomatique algérienne rappelle les préalables d’Alger pour une intervention militaire étrangère au Nord Mali. « Pour nous, il s'agit au préalable, d'intégrer les groupes touareg d'Ag Ghaly et du MNLA dans un dialogue politique pour la recherche d'une solution politique négociée avec les autorités centrales de Bamako sur la base de schémas de power sharing et de gouvernance locale qui excluent toute atteinte à l'unité nationale et à l'intégrité territoriale de ce pays frère », explique notre source.
    L’Algérie, qui connaît mieux que la France la région du Sahel, explique ainsi sa stratégie qui consiste à isoler les groupes armés affiliés à Aqmi pour les affaiblir militairement. « L'intégration des groupes touareg et des autres groupes ethniques du nord du Mali qui, faut‑il le souligner, sont constitués de Maliens ayant des revendications légitimes, dans une dynamique politique avec les autorités de Bamako isolera davantage les groupes terroristes d'Aqmi et du Mujao en les vidant de leurs éléments autochtones, permettra de renforcer les capacités nationales du Mali et d'engager les groupes touareg et autres populations du nord du pays aux côtés de l'armée malienne dans la lutte et le traitement sécuritaire des groupes terroristes et leurs affiliés », détaille notre source qui plaide pour un dialogue, sans exclusion, avec toutes les composantes touareg. 
    « Nous estimons, par ailleurs, que le fait de vouloir disqualifier, à tout prix, les Iforas regroupés autour d’Ag Ghaly au bénéfice d'un seul interlocuteur choisi à dessein, le MNLA, ne peut constituer la base d'un dialogue réellement inclusif et porteur de solution durable pour la sécurité et la stabilité du nord du Mali », met en garde la même source. Alger préconise donc le dialogue avec les groupes armés non affiliés à Aqmi, avant l’intervention militaire. « Le recours à la force contre les groupes terroristes et les narcotrafiquants trouvera également toute son expression dans le recours aux cadres opérationnels réaménagés par les pays du champ ».
  • le tueur d'appelés( service national)

     ÉLECTIONS LÉGISLATIVES
    L’AIS désavoue le FIS

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    L’appétence des formations islamistes qui ne jurent que par la victoire au rendez-vous électoral du 10 mai prochain continue de faire des émules, y compris parmi les «déclassés» de la nébuleuse terroriste des années 1990. 
    L’appel au boycott des élections lancé par des dirigeants de l’ex-FIS n’a pas tardé à faire réagir d’anciens responsables de son bras armé, l’AIS en l’occurrence, qui annoncent la tenue prochaine d’une réunion «au sommet» de cette organisation, élargie à «certains » dirigeants du parti dissous, afin d’adopter une position définitive vis-à-vis des législatives. A s’y méprendre, c’est le journal étatique Annasr paraissant à l’est du pays qui consacre les pages centrales de son édition de jeudi dernier à un long entretien avec, simultanément, l’ancien «émir» régional de l’AIS, Mohamed Boujenana et le responsable de l’information de cette même organisation, Hamdane Saâda Khelkhal. Sur fond de surenchères, les deux ex-responsables de l’organisation terroriste, qui ne considèrent plus la démocratie comme une impiété, abordent la question des prochaines législatives par un discours bicéphale qui met en avant, notamment, «les interdits qui frappent encore les anciens membres de la Jamaâ», l’organisation terroriste de l’AIS s’entend. Un contexte qui ne favoriserait donc pas leur réémergence dans le giron de l’activisme islamiste. «Pour la Jamaâ, la crise est dépassée en vertu d’un accord qui n’est pas respecté dans son intégralité au profit des éléments de l’AIS qui ne jouissent pas tous de leurs droits civiques et politiques bien qu’ils ne soient pas concernés par les dispositions d’interdictions contenues dans la loi portant réconciliation nationale, d’où, poursuit Boujenana, la légitimité de ces élections est remise en cause dès lors qu’elle ne concernent pas une frange du peuple algérien et tant que des militants de l’ex-FIS n’ont pas le droit d’y participer ou de se porter candidats». L’ex-«émir» régional de l’AIS pense, cependant, que «l’engagement du président de la République pour la tenue d’élections qui ne ressembleraient pas aux précédentes joutes, l’accréditation de nouveaux partis politiques, à l’instar du FJD de Abdallah Djaballah, sous la pression de la rue, et l’influence des révolutions arabes sont autant d’aspects positifs pour cette échéance». Volte-face. Ce clin d’œil au parti de Djaballah, qui a ouvertement tendu la main à l’ex-FIS et promis de réparer «le préjudice qui affecte ses militants» est rapidement rattrapé par de lourds soupçons que l’ex-émir ne s’embarrasse pas de porter à l’endroit du cheikh. «Plusieurs partis en lice ont été créés par le pouvoir pour une mission précise, celle de réussir ces élections et nous craignons qu’il existe parmi les nouvelles formations accréditées, un parti habillé de barbe et de kamis qui serait chargé de rééditer le même rôle joué par le RND lors de sa création en 1997. Aussi, nous n’écartons pas le fait que ce rôle soit dévolu au parti de Djaballah.» Surenchère. Plus qu’une quête de garanties, l’allusion de l’ex-chef terroriste s’apparente plutôt à une offre de service à qui mieux-mieux, s’agissant du «soutien» qui se dégagera du conclave annoncé des «figures de proue» de son organisation d’autant plus qu’il n’omettra pas de citer dans son entretien un autre «leader» islamiste, Abdelmadjid Menasra, «auquel on a refusé l’agrément dans un premier temps en raison de la présence d’éléments de l’ex-FIS parmi les membres fondateurs de son parti». Les deux responsables de l’ex-AIS, qui se disent étonnés de l’appel au boycott des élections lancé par des dirigeants de l’ex-FIS, réfutent à quiconque le droit de préconiser de manière unilatérale, une position vis-à-vis des élections législatives au nom de leurs organisation et parti, tous les deux dissous. «Notre position et notre soutien seront tranchés lors d’une rencontre de tous nos responsables élargie à quelques dirigeants de l’ex-FIS. Ce qui est certain, cependant, notre soutien ne sera en aucun cas accordé à un parti non-islamiste.» Une rencontre à laquelle prendra probablement part l’ancien porte-parole de l’instance exécutive de l’ex-FIS à l’étranger, Rabah Kébir, connu surtout pour ses accointances avec la branche armée du parti dissous — il avait été condamné à plusieurs reprises pour activités terroristes par les cours spéciales instaurées au début des années 1990 —, de ses divergences et désaccords avec les dirigeants de la nébuleuse intégriste. L’arrivée de Rabah Kébir, en Algérie dans les prochains jours, est sournoisement annoncée par les deux «interviewés» du journal Annasr dans ce qui s’apparente à un début de redéploiement des sinistres acteurs de la décennie noire. 
    K. G.

  • Les GIA sont une création des services de sécurité algériens

     

     

    Entretien José Garçon, Libération, 15-16 novembre 2003

     

    Mohamed Samraoui, ex-officier de la Sécurité militaire algérienne, refugié depuis Allemagne, raconte comment les généraux ont manipulé les Groupes islamiques armés pour asseoir leur pouvoir.

     

     

    Né en 1953, ingénieur en biochimie, Mohammed Samraoui s'est engagé dans l'armée algérienne à 21 ans avant d'être recruté par la Sécurité militaire, la police politique du régime. De mars 1990 à juillet 1992, il est le numéro 2 de la direction du contre-espionnage, où il émet des réserves sur la manière dont est menée la lutte antiterroriste. En septembre 1992, il est muté à l'ambassade d'Algérie en Allemagne, où il sera responsable de la Sécurité militaire jusqu'à ce qu'il déserte, en février 1996. Depuis, il demeure en Allemagne où il a obtenu le statut de réfugié politique. Il vient de publier son témoignage sur la sale guerre, Chronique des années de sang (Denoël).

     

    Comment un colonel de la Sécurité militaire (SM), les services secrets algériens, en vient-il à déserter et à être le premier officier supérieur à témoigner à visage découvert sur la sale guerre?

    Pour les mêmes raisons qui m'avaient amené à m'engager dans l'armée en 1974 avant d'être recruté dans la SM : servir le pays. La SM était puissante, on voulait construire un grand pays, prospère et démocratique et on expliquait à l'étudiant en biochimie très bien noté que j'étais que l'Algérie avait besoin de gens comme moi... Dix-huit ans après, j'ai participé en 1992 au coup d'Etat qui a destitué le président Chadli, à l'annulation du processus électoral et à la lutte contre les réseaux du terrorisme intégriste, parce que j'étais convaincu que l'intégrisme était une menace pour le pays. Et que je n'étais pas prêt à accepter une Algérie à l'iranienne ou à la talibane. On pensait «sauver l’Algérie»en luttant contre des gens qui mettaient en cause les fondements de l'Etat républicain, on a été trompés. La suite des événements m'a convaincu que je participais surtout à la sauvegarde des intérêts d'une oligarchie qui imposait son diktat parle mensonge et la destruction. A l'origine, la menace pour le pouvoir n'était pas les islamistes, mais les forces démocratiques. C'est pour les contrer qu'on a encouragé le FIS à devenir un parti politique à partir de 1988-1989. Puis, dès le début 1991, on a poussé à la radicalisation des islamistes extrémistes pour discréditer le FIS, alors qu'on aurait pu les neutraliser. Or il n'y avait alors ni arrêt du processus électoral, ni terrorisme. La direction du contre-espionnage infiltrait des franges extrémistes et recrutait des «radicaux» pour en faire des émirs de quartier. La direction de la sécurité de l'armée créait des réseaux islamistes prônant la violence en utilisant des militaires ayant prétendument déserté.

     

    Comment avez-vous réagi? 

    A partir de 1992, j'ai manifesté plusieurs fois mon désaccord avec la manière dont était menée la lutte antiterroriste. Mais c'est en 1995 que j'ai décidé de rompre avec ce système. La goutte qui a fait déborder le vase, c'est quand le général Smaïl Lamari (le numéro 2 de la SM et mon supérieur hiérarchique) m'a demandé à Bonn d'organiser la liquidation physique de deux islamistes algériens réfugiés en Allemagne. Il voulait, disait-il, «clouer le bec à ces salauds qui mettent l'Algérie à feu et à sang et nous empêchent d'obtenir plus de soutien international». Je lui ai répondu que l'Allé magne n'était pas la France et que, en cas de pépin, il ne trouverait ni Pasqua ni Pandraud pour nous aider. Quelques mois plus tard, je désertais.

     

    Quand avez-vous été convaincu qu'il ne s'agissait plus seulement de manipuler les groupes radicaux pour mieux les contrôler?

    Début 1992, le DRS (Département du renseignement et de la sécurité, l'appellation de la SM depuis 1990, ndlr) a tout fait pour que ces groupes se multiplient : arrestations tous azimuts, torture systématique ... L'idée de nos chefs était de les fédérer pour produire une violence contrôlée et maîtrisable. Il s'agissait de justifier a posteriori l'annulation des élections et de terroriser la société civile pour la forcer» se ranger derrière l'armée. Après le coup d'Etat, une liste noire de personnalités civiles menacées de mort a d'ailleurs été fabriquée sur ordre de Smaïl et attribuée aux islamistes. Ca a marché:de nombreux intellectuels se croyant menacés de mort deviendront des partisans acharnés du tout-sécuritaire. Mais, dès le deuxième trimestre 1992, ce travail a abouti au chaos. Il exigeait un secret absolu, donc des officiers sûrs, et une parfaite coordination entre les services du DRS chargés de contrôler ces groupes. Or, à cause du cloisonnement, les agents de différents services se faisaient la guerre. Il devenait impossible de distinguer entre agents retournés et agents doubles. Sur le terrain, on ne savait plus qui était qui. Des responsables militaires, dont le colonel Tartag, me demandaient souvent de relâcher tel individu arrêté car il travaillait avec eux. Ayant carte blanche. Les forces de sécurité sont par ailleurs allées si loin dans la sauvagerie qu'elles ont poussé des milliers déjeunes à monter au maquis. C'était une politique suicidaire pour le pays.

     

    Le DRS a-t-il une responsabilité dans la création des GIA (Groupes islamiques armés)?

    Il ne s'agit pas de responsabilité, car j'affirme - et j'en ai été témoin - que le DRS en est le concepteur. Ces groupes ont été dotés de véhicules militaires, de moyens de télécommunications, sans oublier les communiqués que rédigeaient des officiers du DRS, les casemates construites parles militaires lors de la mise en place des futurs maquis. Cette stratégie répondait au «plan d'action» du général Nezzar, concocté par les généraux Belkheir, Touati et Taright et exécuté par les chefs du DRS avec la bénédiction du général Mohammed Lamari (Le chef d'état-major, ndlr). C'est au cours d'une deuxième phase, entre 1993 et 1994, que les GlA made in DRS se sont multipliés pour terroriser la population et liquider dans une guerre féroce tous les groupes armés qui restaient plus ou moins autonomes. Les émirs qui siégeaient dans les casernes de Ben-Aknoun ou de Blida n'avaient aucun mal à recruter de jeunes chômeurs naïfs et révoltés par la répression. Mais, jusque-là, le GIA n'était pas complètement contrôlé par les services. Cela a changé après l'arrivée de Djamel Zitouni à la tête du GIA, fin 1994. Car Zitouni avait été «recruté» début 1993 dans un camp du Sud où il était détenu. Une troisième phase de la guerre a commencé mi-1996. Les généraux ont continué à utiliser la violence des GIA et des milices pour asseoir leur pouvoir par la terreur et pour gérer leurs conflits. C'est la période des massacres.

     

    Vous étiez alors à Bonn, loin du terrain... 

    J'ai vécu personnellement plusieurs situations qui donnent un aperçu de la nature des relations entre islamistes et certains cadres du DRS. Je me suis ainsi occupé de l'organisation El-Hidjra oua Attakfir (Exil et Rédemption), une sorte de secte d'une centaine d'adeptes au discours très virulent. Mes services y avaient identifié les frères Boudchiche, qui imposaient leur loi aux habitants des quartiers populaires de l'Algérois. Ils ont arrêté l'un d'eux, fiché «islamiste dangereux» en plein état de siège en juin 1991. Quarante-huit heures après son arrestation, je suis prévenu que Boudchiche appelait à l'émeute à Bordj El-Kiffan. J'ai pensé que c'était impossible. Puis j'ai vérifié. «On l'a remis sur le circuit», m'a répondu le directeur du centre de détention. Autre exemple: en juillet 1994, pendant mon congé annuel, je suis allé au CPMI (centre militaire d'investigation) de Ben-Aknoun où le lieutenant-colonel Tartag m'a appris qu'il avait constitué, début 1992, une unité de commandos chargée d'exécuter les suspects et de terroriser les familles d'islamistes dans les quartiers considérés comme leurs fiefs.

     

    A vous écouter, la violence islamiste n'a pas existé...

    Je n'ai jamais dit cela, mais je mets en cause les chefs de l'armée qui manipulent la violence. Je dis seulement que la réalité de cette guerre est bien plus complexe que ne le laissent entendre les analyses manichéennes opposant militaires républicains et fanatiques islamistes et faisant l'impasse sur le peuple algérien. A mes yeux, généraux et dirigeants du FIS sont d'ailleurs coresponsables de notre drame. Des groupes islamistes radicaux tout à fait autonomes ont commis des atrocités. Mais une grande partie des assassinats et des massacres attribués aux islamistes depuis 1992 - et plus encore depuis 1997 - est l'œuvre directe ou indirecte d'homme qui relevaient organiquement des structures de sécurité. Manipulés ou non, les auteurs de ces crimes restent des criminels et devront un jour être jugés. Une réconciliation ne pourra donc être envisagée qu'après le rétablissement de la vérité et le jugement des assassins, qu'ils soient islamistes ou militaires.

    Des survivants de massacres ont pourtant souvent reconnu des islamistes...

    Le DRS a inclus de vrais islamistes dans les groupes des forces combinées chargés de ces opérations. Lors des massacres, les habitants des premières maisons étaient volontairement épargnés pour permettre aux survivants de dire qu'ils avaient reconnu des islamistes. Tout cela peut paraître invraisemblable. Sauf à savoir que, dès l'indépendance, le pouvoir réel a été confisqué par une poignée d'officiers - souvent formés par le KGB -qui feront de la désinformation et de la manipulation des armes essentielles pour gérer leurs conflits et contrôler la société. Les «décideurs» d'aujourd'hui ne font que pousser à l'extrême ces méthodes apprises de leurs aînés.

     

    Pourquoi de jeunes officiers n'ont-ils pas réagi?

    Dès janvier 1992, le haut commandement a cherché des prétextes pour éliminer tous les officiers présentant un profil d'islamiste ou manifestant des sympathies islamistes. Ils étaient mis à l'écart, arrêtés mais aussi liquidés. De nombreux officiers honnêtes qui refusaient de s'impliquer dans cette aventure ont aussi été mystérieusement assassinés. Je n'en citerai que deux d'une trop longue liste : le commandant Djaber, assassiné fin mars 1992, et le général Saïdi Fodhil, mort en juin 1996 dans un très étrange «accident de la circulation» à Ouargla. Il s'était opposé à l’usage de napalm, à partir de l993,dans les montagnes difficiles d'accès.

     

    Comment des officiers ont-ils pu aller aussi loin dans la violence?

    La méthode des généraux était simple : les compromettre au maximum en les impliquant chaque jour plus dans les exactions de façon à ne plus sortir de l'engrenage de la violence. Ce conditionnement, associé à la marginalisation ou l'élimination des officiers réfractaires, a permis de fabriquer de véritables monstres qui ont entraîné derrière eux des cohortes de militaires et de policiers transformés en tortionnaires. Ce n'est pas tout : les cadres du DRS infiltrés dans les groupes risquaient leur vie s'ils étaient démasqués. Du coup, beaucoup d'entre eux étaient obligés de jouer à fond leur rôle de «terroristes».,Une fois le pas franchi, il leur était pratiquement impossible de faire marche arrière. C'est aussi ce qui explique que tant d'officiers et de sous-officiers se soient drogués. La corruption a été tout aussi décisive car elle a amené des officiers à considérer la défense du régime comme celle de leurs propres intérêts. Cette corruption n'est d'ailleurs pas la manifestations d’un dysfonctionnement de l’Etat, elle est au cœur même d'un système qui, par la cooptation, multiplie les affidés.

     

    Vous affirmez que la SM constitue une puissance en France et que les généraux ont utilisé les GIA contre Paris pour obtenir son soutien...

    L'étroitesse des liens, pour ne pas dire la connivence, entre la SM et la DST française est connue. Smail Lamari est l'homme clé de ce «partenariat». Je peux en témoigner à mon niveau: quand j'étais en poste à Bonn, je voyageais en France sans visa il suffisait que mon alter ego de la SM à Paris annonce mon arrivée pour que la police de l'air et des frontières me délivre à l'aéroport un sauf-conduit que je restituais à l’issue de mon séjour. Et toute trace de mon passage sur le sol français disparaissait.

     

    La SM est-elle impliquée dans les attentats de 1995enFrance?

    Au-delà de toutes les analyses, il y a un fait incontournable: dès lors qu'Ali Touchent est présenté comme un élément central des attentats, l'implication de la SM ne fait aucun doute. Car Touchent était un agent du DRS chargé d'infiltrer les groupes de soutien aux islamistes à l'étranger, et les Français le savaient Mais la DST aveuglée par ses relations avec le DRS, n'a probablement pas soupçonné que ses homologues algériens étaient prêts à aller aussi loin. Toute la question c'est de savoir si la France a la volonté de rechercher la vérité et de remonter aux commanditaires. Or, apparemment, les autorités françaises sont satisfaites d'avoir arrêté et condamné Boualem Bensaïd, un simple lampiste qui pensait travailler pour le GIA sans se douter qu'il agissait pour le compte du DRS. »

  • algerie -watch

    Le Putsch: 20 ans après

     

    Le sanglant « printemps algérien » d'Octobre 1988

     

    Un avant-gout de Putsch (juin-décembre 1991)

     

    11 janvier 1992 : le coup d'Etat

     

    L'assassinat du président Mohamed Boudiaf, crime symbole (juin 1992)

     

    Une guerre à huis clos (1992-1993)

     

    "La peur doit changer de camp" (1993-1994)

     

    La sale guerre (1994-1999)

     

    Amnistie - Amnésie

     

    La poursuite des violations et des manipulations (1999-2012)

     

  • L’Algérie n’est-elle pas déjà islamiste ?


    L'Algérie du code de la famille, des délinquants «pieux» qui brûlent les bars, les hôtels et les appartements occupés par des femmes seules... ! L'Algérie de Belkhadem, de Bouguerra, d'Ouyahia qui trouve que le vin est plus dangereux que l'intégrisme... ! L'Algérie où les partis islamistes se multiplient et se reproduisent par scissiparité comme des paramécies ! L'Algérie où les partis démocratiques sont interdits de salles, de télé, de radio ou de rassemblements, alors que les partis islamistes ont leurs agréments dans la semaine , ont toutes les tribunes qu'ils veulent juste pour vociférer leur haine de la démocratie , de la modernité et traiter les démocrates d'Abou Djahl et Abou Lahab.... ! On leur offre même les dortoirs de lycées et cités universitaires ! Ce pays ne serait pas islamiste ?! Il n'y a pas pire ennemi pour un islamiste qu'un autre islamiste ! Les 4 «partis» de Djabbalh et le schisme au sein du MSP en sont la preuve ! Voici ce qui était la réalité des «Moudjahidine» en Afghanistan, modèle de gouvernance pour nos tarés : «Au nombre de ces clans, il y avait d’abord celui du Jamiat-e- Islami, un parti intégriste à dominance tadjike, dont les principaux leaders étaient le président autoproclamé du régime, Rabbani, et son ministre de la Défense, Massoud, chef de guerre de la vallée du Panchir, au nord de la capitale. Ensuite venait le clan du parti intégriste pachtoune Hezb-e- Islami, dont le leader, Hekmatyar, bien que nominalement Premier ministre à plusieurs reprises, passa plus de temps à bombarder les troupes du régime des hauteurs voisines de Kaboul qu’à occuper son siège de ministre. Il y avait également le clan intégriste chiite du front Wahdat, dominé par la minorité des Hazaras, surtout présente dans les faubourgs de Kaboul et dans le centre du pays. Enfin, il y avait le clan du seigneur de guerre ouzbek Dostom, qui s’était constitué, à titre privé, un véritable État indépendant au nord-ouest du pays. Et pendant sept ans, chacun de ces clans n’a cessé de combattre les trois autres, sous le couvert de toutes les combinaisons d’alliances possibles et imaginables, pour tenter d’élargir sa propre influence, c’est-à-dire avant tout son pillage du pays. Jusqu’à ce que l’offensive victorieuse de ces nouveaux venus que sont les talibans vienne les contraindre à constituer un front commun, tout au moins tant que les talibans eux-mêmes se refusent à des concessions qui rendraient d’autres alliances possibles. » Un régime islamiste en Algérie passera son temps à lapider et décapiter ! Il n'en aura pas pour penser à ouvrir des frontières ! Il en inventera d'autres !
    Ringoliveo

  • L'ALGERIE DES GENERAUX

    LES GENERAUX ET LE GIA

                            

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    Comment certains hommes peuvent-ils arracher la suprême autorité et mépriser les autres ?
    Comment ces hommes peuvent-ils croire qu’ils sont les plus intelligents, les plus aptes et surtout les seuls à avoir le droit de gouverner des millions ?
    Comment ces hommes peuvent-ils disposer des biens, des vies et des destins?
    Comment ces hommes peuvent-ils faire de la loi la guillotine des faibles et empiler les cadavres sans rendre des comptes?
    Qu’elle part de l’homme reste-t-il dans ces démons qui ont ruiné l’Algérie.
    Quand est ce que le silence, la lâcheté le désespoir laisserons place a la fureur de changement ?
    Quand est ce que les vents de la rupture viendront bruler ces  démons ?

    Ces démons ils ont des noms ; tout les algériens les connaissent …..Mais  le plus important……Quand est ce que les algériens redeviendront des Algériens ?

    A tous les Hommes qui ont un cœur pour entendre le cri de leur pays….

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    Partie 1 Avant-propos
      Introduction
      Où va l'Algérie ?
      Pourquoi en sommes-nous arrivé là ? Qui en sont les vrais responsables de cette tragédie ?
      Dérive mafieuse
      1990-1991: l'islamisme manipulé
      La déstabilisation de Mouloud Hamrouche
      La montée du FIS face à l'effondrement de l'administration
      Les "réformateurs" dérangent
      En quoi ACT gênait elle ?
      Les fausses prévisions électorales de juin 1990
      L'affaire du "maquis" de Msila
      Que s'était-il réellement passé lors de cette affaire ?
       
     
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    Partie 2 Premiers dérapages
      "L’objectif n° 1 des services, c’est les islamistes du FIS"
      Faux tracts islamistes
      Le plan "Nezzar" comportait notamment des mesures discriminatoires comme:
      La création d’une structure hors la loi au sein de la DCE
      Les réseaux B.M
       
     
    _______________________
       
    Partie 3 1991: la SM contrôle les groupes islamistes radicaux
      Des voitures du DRS au service des islamistes radicaux
      Les casemates des futurs "tangos"
      Le cas Boudchiche
      L’affaire du capitaine Ahmed Bouamra et l’infiltration des "Afghans"
      Le rôle des agents du DRS
       
     
    _______________________
    Partie 4  
      Des élections sous haute tension
      Un premier avertissement
      La grève insurrectionnelle du FIS
      Arrestation des chouyoukhs
      Sid Ahmed Ghozali et le FIS
      L'affaire de Guemmar
      Provocations…
       
     
    _______________________
    Partie 5  
      1992: les "Janviéristes" libèrent la violence islamiste
      Le FIS victime d'un hold up
      Le scénario du coup d'Etat
      Le complot est en marche
      L'affaire de la rue Bouzrina
      Makhloufi, le MIA et l'affaire Chouchane
      L'assassinat du commandant Djabber Benyamina
       
     
    _______________________
       
    Partie 6 1991-1992: la création des GIA par les services
      La stratégie du GIA made in "Antar"
      Un sous-Officiers transformé en émir
      La création des GIA
      Le premier chef du GIA: Allel Mohamed, dit Moh Leveilley
      L'affaire de Telemly et la mort du commandant Guettouchi
      Etrange !
      Le double langage des "décideurs"
       
     
    _______________________
       
    Partie 7 1992-1994: la furie meurtrière
      Été 1992: la lutte "antisubversive" change d'échelle
      Escadrons de la mort
      Les " mutants " du Centre Antar
      Bachir Tartag, le " monstre " de Ben-Aknoun
      L'unité 192
      L'arme de la corruption et la création des milices
      La société civile embarquée dans l'aventurisme des généraux
      L'évasion de Tazoult ou le basculement vers l'horreur
      GIA contre Air Algérie
      La peur doit changer de camps
      Epuration électorale
       
     
    _______________________
       
    Partie 8 Djamel Zitouni, un terroriste à la solde des militaires
      Comment Zitouni est devenu "l'émir national" du GIA made in DRS
      "Djamel Zitouni, c'est notre homme !"
      Le DRS se débarrasse de Zitouni
      Cette grossière mise en scène ne résiste pas à l'analyse
       
     
    _______________________
       
    Partie 9 Liquidations à haut niveau
      L'assassinat de Mohammed Boudiaf
      La liquidation de Kasdi Merbah
      L'élimination des officiers récalcitrants
      Coups tordus en Allemagne
      La tentative d'assassinat d'Abdelkader Sahraoui et de Rabah Kébir
      Le sabotage des tentatives de dialogue
      L'assassinat du général Saïdi Fodhil
      Les assassinats continuent…
       
     
    _______________________
       
    Partie 10 Les "groupes islamistes de l'armée" contre la France
      Les méthodes de choc de la SM en France
      Le cas Ali Touchent
      Les premiers réseaux du GIA en France
      Sous-traitance pour la DST
      L'opération Chrysanthème
      Crimes et désinformation
      L'assassinat de l'imam Sahraoui
      Les attentats de 1995
      L'assassinat des moines de Tibéhirine
       
     
    _______________________
       
    Partie 11 Quelles leçons en tirer ?
      Comment la machine de guerre a-t-elle pu fonctionner ?
      Prise de conscience
      Eléments d'économie politique de la corruption en Algérie
       
     
    _______________________
       
    Partie 12 Conclusion
      Les massacres, ou le mépris total de la vie humaine
      Il est temps de dire halte
       
       

     

  • très bon article:à lire

    Révolte dans le Monde Arabe : les leçons de l’Algérie post-octobre 1988

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    L’actualité chaude au monde arabe s’est invitée jeudi dernier à l’université du Québec à Montréal  lors d’une conférence organisée par l'Observatoire sur le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord et par la la Chaire Raoul-Dandurand en études stratégiques et diplomatiques.

    Miloud Chennoufi,  professeur au Collège des forces royales de Toronto a mis en garde l’opposition tunisienne contre les risques de cette période de transition après la chute de Benali.  "Les luttes intestines au sein de l’opposition vont profiter au régime", a tenu à souligner celui qui a exercé le métier de journaliste en Algérie.  

    Il a rappelé qu’en Algérie post-octobre 1988, l’ouverture démocratique n’a pas été exploitée pour la mise en place d’institutions de transition pouvant mener à un apprentissage démocratique. Les partis se sont lancés rapidement dans une bataille sur des projets de sociétés. Plusieurs erreurs ont été "sciemment" commises par le pouvoir dont la légalisation de partis islamistes radicaux, rappelle celui qui pense que la légalisation de partis islamistes modérés aurait suffi. 

    Le pouvoir algérien, machiavélique qu’il est, croyait qu’en autorisant les partis islamistes radicaux, l’attention allait se polariser sur eux et les gens finiraient par lui revenir. Ajouté à cela un mode de scrutin qui a fait que 3 millions de voix sur 13 millions d’inscrits ont permis un raz de marrée islamiste lors des élections législatives de 1991. 

    La suite, tout le monde la connait : le retour de l’armée aux affaires et un régime similaire à celui de Moubarak en Egypte (capitalisme prédateur, corruption, de plus en plus de misère…). Pour Miloud Chennoufi qui rejette et la laïcité jacobine et l’islamisme radical, des islamistes  "fréquentables" existent et se recrutent chez les frères musulmans progressistes ou chez ceux qui gouvernent en Turquie présentement. 

    Analysant l’actualité et l’épouvantail islamiste brandi par les média occidentaux, Miloud Chennoufi dit que ceci ne vient pas de nulle part. Le fond de la pensée occidental est simple sur le sujet : dans les pays arabes c’est soit la dictature ou la théocratie. 

    Samuel Huntington, l’auteur du Choc des civilisations, la résume bien en affirmant que "dans le monde arabe, on ne trouvera pas un seul journaliste ou universitaire  qui défendra les valeurs démocratiques". 

    De son côté le tunisien d’origine Kamel Béji, économiste et professeur de politiques publiques à l’université Laval est revenu sur le "miracle" économique tunisien durant les 23 années de règne de Benali. Il a souligné que ce "miracle" a été possible parce que, entre autres, tous les voisins de la Tunisie traversaient des crises (guerre civile en Algérie, embargo sur la Libye et transition au Maroc). Mais ce miracle ne profitait pas à tout le monde au pays de Bourguiba.

    Nationaliser tous les acquis du clan Benali-Trabelsi,est l’une des actions préconisées par celui qui dit être content à l’idée de "ne plus avoir peur comme auparavant à chaque fois qu’il rentrait en Tunisie que l’agent de la police des frontières le trouve fiché  pour un paragraphe critique sur une quelconque politique de Benali qu’il  aurait écrit dans une thèse !".

    Rachad Antonius, né en Egypte et professeur en sociologie, a rappelé que l’apprentissage de la mobilisation dans sn pays d'origine ne date pas des évènements actuels et qu’à titre d’exemple en 2008 sur Facebook un appel à la grève générale a été lancée pour le 6 avril. Ce jour là, il n’y a pas eu de grève mais le pays était pratiquement à l’arrêt.

    Le rôle que peut jouer la diaspora ? "Aucun sauf le soutien", affirme Miloud Chennoufi.  "Le changement viendra de l’intérieur. La diaspora suivra et sera à la disposition de cette dynamique", a-t-il ajouté. Pour Rachad Antonius, au Canada, "la diaspora peut compter sur la société civile mais pas sur les gouvernements occidentaux qui continuent à entretenir des rapports coloniaux avec le monde arabe". 

    A noter que les interventions du public étaient d’un niveau inégal. Certains présents originaires de Tunisie, visiblement pas encore revenus d’avoir renversé Benali dont le nom n’est jamais cité directement, ont tiré le débat vers le bas en confondant débat universitaire public et forum populaire.

    Samir Ben
  • TIBHIRINE (3) EXTRAITS DU FILM

    L.M. (Source : Le Point - Le Figaro)

    Premier extrait du film

    Second extrait du film

    Troisième extrait du film