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  • Algérie: l’autre pays du Maghreb sur la sellette

    Photo prise le 7 janvier dernir à Alger.

    Deux jours après la chute de Ben Ali en Tunisie, les yeux se tournent désormais vers le reste des pays arabes et du Maghreb. La révolution des jasmins peut-elle se propager à d’autres pays qui connaissent les mêmes problèmes ? La semaine dernière en Algérie, de violentes émeutes ont secoué le pays. Pendant cinq jours, la jeunesse est descendue dans la rue pour dénoncer ses mauvaises conditions de vie. Mais contrairement à ce qui s’est passé en Tunisie, le mouvement n’a pas dépassé le stade des émeutes de jeunes. La société civile et les partis d’opposition, que le gouvernement a tout fait pour casser et pour les priver de tous les moyens de lui nuire, n’ont pas rejoint le mouvement. Et le calme est revenu sans apporter le changement politique rêvé par beaucoup d’Algériens.

    Contre les violences, la tactique de la marginalisation

    Petit retour en arrière. Mercredi 5 janvier, des violences éclatent dans la soirée dans le quartier populaire de Bab el Oued à Alger. Des jeunes manifestent contre la flambée des prix de certains produits de base comme le sucre et l’huile qui touche le pays depuis le début de l’année 2001. Un peu plus tôt dans la journée, ce sont plusieurs quartiers d’Oran, la deuxième ville du pays, qui se sont embrasés. Dès le lendemain les émeutes gagnent en intensité et se propagent à une dizaine d’autres villes du pays. Partout le même scenario. Des centaines de jeunes descendent dans les rues et se confrontent violemment à la police et aux forces anti-émeutes qui tentent de maintenir l’ordre. Ils lancent des pierres et s’attaquent aux bâtiments des services publics, aux administrations, mais aussi à certains commerces, notamment ceux qui leur renvoient l’injustice qu’ils vivent au quotidien. Des concessionnaires automobiles et un restaurant à la mode sont saccagés. Ces violences vont durer cinq jours.

    Pour éviter la propagation à d’autres franges de la société, les autorités algériennes tentent de marginaliser le mouvement. D’abord en gardant le silence. Ni le Président de la République, Abdelaziz Bouteflika, ni le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, ne s’expriment, renforçant par là même le sentiment de divorce avec la population. Le ministre de la Jeunesse, Hachemi Djiar, dénonce lui l’action des jeunes en affirmant que la violence « n’a jamais donné des résultats, ni en Algérie ni ailleurs », et les appelle à « dialoguer de façon pacifique et civilisée, loin des actes de vandalisme qui ne mènent nulle part ». Sur le terrain les policiers reçoivent la consigne de limiter au maximum l’affrontement direct et de ne pas faire de blessés parmi les manifestants. Ils utilisent des gaz lacrymogènes et des balles à blanc. Mais deux jeunes sont tués. L’un touché par un tir à balle réelle et l’autre mortellement blessé après avoir reçu une grenade lacrymogène au visage. Au total, mille personnes seront arrêtées, et huit cents blessées dont sept cents parmi les forces de l’ordre selon les chiffres officiels.

    Une même revendication : plus de liberté

    Les médias publics taisent pendant trois jours ce qui se passe dans le pays. Quand la télévision et la radio d’État évoquent pour la première fois les violences, c’est pour donner la parole aux habitants qui se plaignent des dégâts causés par les manifestants. Mais la presse privée et surtout Internet relaient le mouvement. Sur les réseaux sociaux, les images des émeutes circulent presque instantanément. Des dizaines de « groupes » et de « forums » sont créés, malgré les difficultés que connaissent les internautes pour se connecter. Pendant plusieurs jours, Facebook et Twitter seront ainsi quasi inaccessibles. Une censure qui accroit la solidarité entre Algériens et Tunisiens, qui se battent finalement pour la même chose : plus de liberté. Car aux mots d’ordre initiaux sur la cherté de la vie, ont succédé des revendications plus profondes sur les conditions de vie d’une jeunesse sans espoir ni perspectives d’avenir. « Ces populations expriment des préoccupations non seulement d’ordre social, mais aussi d’ordre économique, culturel, cultuel (…) Aujourd’hui, ce mouvement contestataire multiforme, qui a tendance à se radicaliser et à être de plus en plus violent, se propage dans d’autres régions du pays et touche les petites villes et les localités notamment de l’extrême sud, connues pourtant pour leur calme imperturbable », analyse le sociologue Nacer Djabi.

    Face à cette détresse, le gouvernement ne propose que des mesures économiques et strictement conjoncturelles : des exonérations de charges pour faire baisser les prix de l’huile et du sucre. Pour les Algériens c’est un nouveau scandale. Pour beaucoup, les importateurs et les grossistes, qui ont construit leur richesse par la corruption et le détournement de la manne pétrolière, renforcent encore un peu plus leur position dans un pays qui importe la grande majorité des biens qu’il consomme. D’ailleurs, certains les accusent d’avoir sciemment déclenché ces « émeutes de la faim » pour mettre en difficulté les autorités qui tentent en ce moment de reprendre la main sur le commerce informel qui gangrène l’économie du pays.

    Dans le fond, rien n’est réglé

    Aujourd’hui, le calme est revenu dans le pays mais dans le fond rien n’est réglé. L’émeute semble être devenue le seul moyen d’expression et de rébellion d’une population ignorée de ses dirigeants. Le pays a d’ailleurs connu d’autres mouvements de protestation ces derniers mois, pour réclamer des logements, la construction de routes, etc. À chaque fois, ces mouvements s’éteignent aussi vite qu’ils ont commencé. Difficile alors de croire à un changement imminent. L’opposition a pourtant décidé ces derniers jours de prendre le relai sur le terrain, sans doute piquée au vif par la réussite de la protestation chez le voisin tunisien, souvent moqué de ce côté de la frontière. Mais la situation en Algérie est différente de celle de la Tunisie et la mobilisation est difficile. La population qui a vécu plus de dix ans de terrorisme craint toujours un retour à la violence et une récupération d’un éventuel mouvement par les islamistes. Le Rassemblement pour la culture et la démocratie, parti laïc dirigé par l’opposant Saïd Sadi, appelle tout de même à une marche samedi prochain à Alger. Une marche que le pouvoir algérien a d’ores et déjà interdite.

    Images CC Flickr magharebia et amekinfo

  • la communauté international est responsable de ce qui se passe au maghreb.

    Si vous ne lisez pas trop la presse, si votre seul mode d’information est le journal de 20 heures ou les flashs radio du matin, vous ne saurez probablement pas de quoi je parle quand je dis : « Ce qui s’est passé à Sidi Bouzid, c’est important. ». Et je ne pourrai pas vous en vouloir, parce que personne ne vous parle de ce qui est sûrement l’événement le plus important de ces vingt dernières années dans le bassin méditerranéen.

    Depuis maintenant trois semaines et l’immolation par le feu d’un jeune vendeur à la sauvette [en], Mohamed Bouazizi, à qui la police avait confisqué ses produits, la révolte gronde en Tunisie. Partie de Sidi Bouzid, ville sans histoire du centre du pays, plus connue pour son taux de chômage spectaculaire que pour quoi que ce soit d’autre, les manifestations et rassemblements de foules commencent à gagner la destination de plage préférée des Français, dans son ensemble, jetant les bases d’une révolte qui, si elle arrive à toucher toute la population tunisienne, pourrait changer la face d’une nation qui ne vit qu’à moitié depuis vingt-trois ans. Depuis l’accession au pouvoir de son président, Ben Ali, et de ses multiples « réélections ».

    La Tunisie, à part Djerba, Nabeul, Hammamet, le club Mickey où beaucoup d’entre vous ont passé un été ou deux, c’est aussi une économie « florissante », basée sur une classe moyenne assez importante et alimentée par une surconsommation générale. Quand on se balade dans les rues de Tunis, sur les bords de mer de Sousse ou dans la zone commerciale du Lac Palace, sur la route de la Marsa ou de Sidi Bou Saïd, il est difficile de réaliser que le fruit est pourri de l’intérieur. C’est parce que les Tunisiens font de leur mieux, depuis des années, pour garder la face. Derrière ces sourires, cette hospitalité, et cette joie de vivre communicative, la réalité est tout autre. Dans un pays qui compte autant de policiers que la France pour une population six fois moins importante (sic), un droit basique, la liberté d’expression, est bafoué chaque jour. Les événements qui secouent la Tunisie depuis trois semaines en sont un exemple criant.

    La fortune de quelques-uns fait le malheur de tout le reste d’une population

    La révolte qui s’organise (et que certains comparent déjà à celle qui, en Roumanie, a mis à terre le régime Ceaucescu, [en]) est le fruit d’une politique d’abandon d’une grande partie du pays par un gouvernement qui veut avant tout contrôler son image et ses relations extérieures. Là ou le littoral et le tourisme sont fortement subventionnés, vitrines qu’ils sont du boom économique et social tunisien, le reste du pays est laissé à l’abandon. Comme dans beaucoup de républiques bananières d’Afrique, la fortune de quelques-uns fait le malheur de tout le reste d’une population. Sauf qu’ici, les grands groupes industriels et commerciaux sont presque tous trustés par l’entourage, la famille et les proches du président Zine El Abidine Ben Ali.

    C’est cette situation, un taux de chômage chez les jeunes diplômés impressionnant, et un bâillon perpétuel posé sur toute voix tentant de s’élever contre le régime en place, qui ont créé la poudrière à laquelle le suicide de Mohamed Bouazizi vient de mettre feu. Ce qui est en train de se passer est historique parce que, pour la première fois, les Tunisiens se soulèvent pour un ras-le-bol général. Ce qui est en train de se passer est historique parce que, pour la première fois aussi, le gouvernement semble dépassé. S’appuyant sur la répression, comme à son habitude, le premier réflexe de Ben Ali a été de faire de cette révolte un événement invisible, instrumentalisé par les « ennemis de la Tunisie ». Pas de média nationaux pour couvrir les évènements, pas, ou peu de médias internationaux, où, comme à leur habitude en Tunisie, intimidés ou étroitement surveillés. Contrairement à l’Iran l’année dernière, il semblerait que la chanson de Gil Scott Heron se retrouve ici confirmée. This revolution will not be televised. [vidéo]

    Les informations, elles, arrivent par Internet. Par les comptes Twitter et surtout Facebook de milliers de Tunisiens qui partagent, sans relâche, des vidéos des manifestations, des rassemblements et de la répression. Là encore, le gouvernement tente d’endiguer le flot d’images pour ne pas écorner la sienne. Que ce soit par des articles sur des médias contrôlés « commentés » par des faux intervenants, ou par un blocage pur et simple des accès internet de la population depuis quelques jours, ou pire, l’accès forcé aux boîtes mails et aux comptes Facebook de centaines d’activistes et d’opposants au régime, la chape de plomb que l’on tente de poser sur ces mouvements populaires est pesante. Anonymous, rassemblement d’« hacktivistes » bien connus pour leur attaque ayant mis hors-service Amazon.com et Paypal.com, punis pour avoir censuré et empêché les paiements destinés à Wikileaks en décembre dernier, ont maintenant tourné leur force de frappe vers les organes de censure d’Internet tunisiens.

    Le silence de la communauté internationale et des médias

    Tout cela se passe à deux heures d’avion de Paris, dans un pays où vous aviez déjà peut-être prévu de passer vos prochaines vacances. Dans un pays où la communauté internationale laisse une classe dirigeante corrompue et avide de gain personnel faire sa loi et renier à sa population ses droits les plus basiques, parce que la petite Tunisie est une amie de longue date. Un pays où mes parents sont nés et où, même si je suis aujourd’hui français, mes racines courent encore profond. Le fait même que je sois parcouru d’une angoisse palpable en appuyant sur le bouton « publier » du blog en dit long sur les méthodes et la situation en Tunisie. La peur des représailles pour dire ce que l’on pense dépasse les frontières. Même dans ce confortable salon du 9ème arrondissement.

    Ce qui importe plus que tout aujourd’hui, c’est que cette révolte à huis-clos ne le soit plus. Que les efforts et les cris des Tunisiens se fassent entendre pour que, lorsque la répression dure arrivera (et elle arrivera), Ben Ali et ses méthodes ne puissent laisser libre cours à leur violence à l’abri des regards indiscrets. Que le poids du regard du reste du monde pèse sur les épaules du gouvernement et donne des ailes aux opposants. Ce qui importe plus que tout aujourd’hui, c’est de prendre tout cela au sérieux, parce qu’il en va de la survie d’un pays, d’une nation, de sa population.

    Nous sommes en train de vivre un moment historique, et il me parait impensable que les principaux médias français ne s’en fassent pas l’écho. Il me paraît inimaginable que France 2, TF1 ou M6 ne soient pas en alerte permanente pour des événements qui secouent un pays qui a donné à la France une partie non négligeable de sa population. Un peuple entier est en train de se libérer. De se lever et de reprendre le contrôle de sa destinée. Un peuple qui en est là aujourd’hui parce que la France coloniale s’est mise sur son chemin, il y a de cela un siècle.

    Et il faudrait faire comme si de rien n’était ?

    Pour information, donc, vous trouverez ci-dessous toute une série d’article exposant au mieux la situation en Tunisie (Merci NaddO_). Informez-vous. Soyez au courant, ne restez pas insensibles :
    How a man setting fire to himself sparked an uprising in Tunisia, The Guardian
    This week in the Middle East, The Guardian
    Tunisia’s inspiring rebellion, The Guardian
    TUNISIA: Dependence on Europe fuels unemployment crisis and protests, LA Times
    La jeunesse défie le président Zine el-Abidine Ben Ali, France 24
    Sidi Bouzid trouve des soutiens jusqu’à Tunis, Jeune Afrique
    Des manifestations contre le chômage secouent la Tunisie, L’Express
    Tunisie : la crise sociale qui s’étend est le revers de la bonne santé économique, Le Monde
    « Les Tunisiens, fatigués d’un pays tenu par quelques familles », Rue 89
    Tunisia uprising vs Iran election aftermath. Similarities and differences, par Octavia Nasr, éditorialiste libanaise

  • DERNIÈRE RÉVÉLATION DE WIKILEAKS Pourquoi les Américains ne lâchent pas Moubarak


    30 Janvier 2011 - Page : 24

    Le 19 mai 2009, l’ambassade des Etats-Unis au Caire rédige un portrait du président Hosni Moubarak, à la veille d’un voyage du Raïs à Washington, selon un télégramme diplomatique révélé par WikiLeaks et consulté par Le Monde.
    Prévue fin mai, cette visite aura lieu, finalement, en août, en raison du décès d’un petit-fils de Moubarak.
    Le Raïs espère tourner une page délicate des relations américano-égyptiennes à la faveur de l’élection de Barack Obama à la Maison-Blanche, ses espoirs seront couronnés lorsque le président américain viendra prononcer au Caire, le 4 juin 2009, son discours à l’attention du Monde arabo-musulman.
    «C’est un réaliste véritable et expérimenté, un conservateur inné et prudent qui n’a que peu de temps à consacrer à des objectifs idéalistes. Il a considéré le président Bush comme un naïf, contrôlé par ses subordonnés et absolument pas préparé à l’après Saddam Hussein et notamment la montée de l’influence régionale iranienne», est-il écrit.
    «Il ne cesse d’assurer qu’à ses yeux l’Irak a besoin à sa tête d’un militaire fort, énergique, mais juste. Nous estimons que cette description renvoie à l’idée que Moubarak se fait de lui-même: un homme fort mais juste, qui assure à son peuple les besoins essentiels.»
    «Rien n’illustre mieux la vision du monde que se fait Moubarak que sa réaction à la demande d’une ouverture de l’Egypte à une compétition démocratique authentique et d’un relâchement du contrôle envahissant de ses services de sécurité (...). Sa compréhension de base de la région le prédispose à une extrême prudence (...). Partout où il a vu des efforts américains (pour encourager les réformes), il pointe du doigt le chaos et la perte de stabilité qui s’en sont ensuivis.»
    Cette précaution s’applique également à son mode de fonctionnement. «Aucun conseiller ou confident ne peut véritablement parler en son nom, est-il aussi indiqué. Il a empêché chacun de ses principaux conseillers de s’écarter de leurs sphères de compétences, délimitée de manière très stricte».
    «Le ministre de la Défense (Mohammed) Tantawi, poursuit le télégramme diplomatique, maintient en apparence les forces armées affûtées, les officiers se satisfont de leurs privilèges et Moubarak ne semble pas s’inquiéter du fait que ces forces ne sont pas très bien préparées face aux menaces extérieures de ce siècle. Le chef des services de sécurité, Omar Soliman et le ministre de l’Intérieur (Habib) Al-Adly maintiennent la bête (le terrorisme) aux abois et Moubarak n’est pas du genre à perdre le sommeil du fait de leurs petites manoeuvres.»
    «Gamal Moubarak et une poignée de responsables s’occupent de l’économie et du commerce, estime le diplomate américain qui rédige ce câble, mais Moubarak s’opposera à toute nouvelle réforme dès lors qu’il la considèrera comme une menace potentielle pour l’ordre public et la stabilité».
    «Moubarak est un Egyptien classique qui hait l’extrémisme religieux et ses interférences en politique. (Il) veut épargner à son peuple les violences que provoquerait, selon lui, le fait de retirer la bride des libertés civiles et individuelles.
    Dans l’esprit de Moubarak, il vaut mieux laisser souffrir quelques individus plutôt que de risquer de plonger la société dans le chaos», conclut le télégramme diplomatique.

    R.N

  • La révolte égyptienne appartient aux jeunes et rien qu’aux jeunes!


    ABDERRAZAK MOKRI ANALYSE LA SITUATION
    «Les Frères musulmans n’ont rien à voir»
    30 Janvier 2011 -

     

    Quel est le rôle des Frères musulmans dans le soulèvement en Egypte? En réponse à cette question, le vice-président du MSP, Abderrazak Mokri, a clairement indiqué: «Non ce n’est pas vrai, ce ne sont pas les Frères musulmans qui dirigent les émeutes, ce sont les jeunes.»
    Il existe trois équations qui font la politique des gouvernements arabes: les gouvernants arabes, les Occidentaux et les islamistes. «Les gouvernants arabes sont arrivés à un degré avancé de corruption, qui choque les Occidentaux», a expliqué M.Mokri. Les Occidentaux réclament des explications à leurs «protégés» -arabes- en déplorant leurs pratiques. Afin de détourner l’attention des Occidentaux, «les gouvernants arabes utilisent les islamistes comme épouvantail», a expliqué M.Mokri, mais sur ce coup, «les manifestations des jeunes ont mis hors jeu la carte de l’épouvantail islamiste». Dans un communiqué, au cinquième jour des manifestations contre le régime du président Hosni Moubarak, les Frères musulmans, principale force d’opposition en Egypte, ont appelé hier à une passation pacifique du pouvoir. Par cette déclaration, les Frères musulmans appuient les propos du vice-président du MSP.
    «Ce sont les jeunes qui se sont révoltés, à leur propre initiative», a constaté M.Mokri, «nous vivons un moment historique, un réveil du Monde arabe, à sa tête la Tunisie suivie par l’Egypte, mené par des jeunes», a-t-il poursuivi. Selon le numéro deux du MSP, les pressions continues sur les jeunes, ont rendu inévitable l’explosion dont nous sommes témoins. «Ni les Frères musulmans, ni les partis politiques et encore moins les Occidentaux ne sont derrière la révolte en Egypte», a affirmé M.Mokri, «ce sont les régimes arabes qui sont soutenus par les Occidentaux, qui disent que les jeunes sont manipulés», a-t-il poursuivi. Selon l’invité de la Chaîne III de la Radio nationale, Obama a décidé de ne plus soutenir ni subventionner la démocratie en Egypte, car cela risquerait d’amener les islamistes au pouvoir, avec l’impact que cela pourrait avoir, selon lui, sur l’avenir d’Israël et des accords de paix signés entre l’Egypte et l’Etat hébreu en 1979. «Les enveloppes allouées à la démocratie sont à la baisse, ce qui confirme un recul de la part des Occidentaux d’instaurer la démocratie dans le Monde arabe» a indiqué M.Mokri. Concernant le volet national, M.Mokri s’est prononcé «à titre personnel» pour des élections législatives anticipées, sujet, a-t-il tenu à préciser, qui n’a pas été à l’ordre du jour de son parti, membre de l’Alliance présidentielle. «Je suis d’accord pour la dissolution du Parlement, de discuter et de débattre cette question, car le Parlement est absent», a-t-il expliqué avant de poursuivre: «Le Parlement ne joue aucun rôle sur la scène politique, il est en marge de la société, il serait donc logique de le dissoudre.» La position ainsi défendue par M.Mokri est proche de celle que préconise le camp du Parti des travailleurs (PT) et celui du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD). Cette suggestion est intervenue dans le cadre des solutions présentées comme indispensables à l’apaisement de la crise politique que traverse le pays. «Les ingrédients d’autres manifestations, d’autres protestations et de crise existent encore», a-t-il signalé. La révolte de la Tunisie aura des effets de contagion sur tout le Monde arabe, et ça a commencé en Algérie, selon lui. «Un ras-le-bol des jeunes, le chômage, la frustration par rapport à la démocratie, absence de société civile», c’est ce cocktail qui a mené aux émeutes qu’a connues l’Algérie entre le 4 et le 8 janvier 2011, a soutenu Abderrazak Mokri. A ces revendications politiques et économiques, une brève analyse a été présentée par l’invité de l’émission de la radio Chaîne III, ainsi que les solutions, selon lui, à adopter. Dans ce sens, il a insisté sur la nécessité d’un développement économique qui repose sur les entreprises, au lieu de compter aveuglément sur les réserves d’hydrocarbures du pays, ainsi que la distribution égale des richesses, comme de lutter contre la corruption qui induit un sentiment d’injustice et de colère qui mènent à la révolte. Sur le plan politique, il a demandé la levée de l’état d’urgence, l’autorisation de créer des associations, la révision de la loi électorale et la dissolution du Parlement. «Il faut des élections libres, équitables et transparentes», a-t-il précisé. Interrogé sur l’état de santé de l’Alliance présidentielle, l’invité de l’émission a répondu que la coalition ne jouait pas son rôle en ce moment: «L’Alliance est en panne», a-t-il conclu.

    Nardjes FLICI

  • Le scandaleux silence des Occidentaux,usa aussi , israel aussi!!!!!

    L BARADEI, LE PRIX NOBEL DE LA PAIX EN RÉSIDENCE SURVEILLÉE


    La mise en résidence surveillée de Mohamed El Baradei, prix Nobel de la paix en 2005, n’a suscité aucune réaction de la part des Occidentaux. Un silence «scandaleux» est observé par ces derniers qui, pourtant, n’ont jamais manqué une occasion d’apporter leur soutien indéfectible à d’autres prix Nobel. Les capitales occidentales ont ainsi soutenu le dalaï-lama au Tibet, Sang Suu Kyi en Birmanie et Lech Walesça en Pologne pour avoir mené et soutenu les mouvements de protestation et d’émancipation dans leurs pays respectifs et d’avoir pris position contre leurs régimes dictatoriaux. Cependant, l’ancien chef de l’Agence internationale de l’énergie atomique (Aiea) n’a pas bénéficié, paraît-il, du même soutien que ses pairs. Volontairement ignoré par l’Occident d’un côté et des pays arabes de l’autre, Mohamed El Baradei s’est vu contraint de subir, seul, les affres du régime Moubarak. C’est dire que les Occidentaux soutiennent toutes les initiatives entreprises par des prix Nobel, mais pas celle entamée par un prix Nobel arabe. Le tort d’El Baradei, relèvent bon nombre d’observateurs, est d’avoir demandé aux Israéliens de faire état de leur puissance nucléaire. D’autres, quant à eux, soulignent qu’il est reproché à l’ancien chef de l’Aiea, sans doute, ses positions qui s’inscrivent en partie contre les intérêts occidentaux dans le monde arabe en général et en Egypte en particulier.
    Présenté comme étant l’homme de l’alternative, le leader de l’association du Mouvement de changement, créée l’an dernier dans la foulée de la présidentielle égyptienne, avait déclaré, à la suite des violents événements frappant l’Egypte, qu’il est, plus que jamais, prêt à assumer la transition politique et fédérer les rangs de l’opposition égyptienne. Ainsi, il s’est dit confiant et sûr de lui à «mener la marche de la révolte égyptienne à bon port si ce dernier lui confie sa destinée». «je suis prêt à mener la transition politique en Egypte si le peuple le veut. Et s’il le veut je ne le décevrais pas», a-t-il tranché, tout en promettant de liguer les Egyptiens autour de la nécessité du changement à la tête de l’Etat égyptien.
    «Je descendrai dans la rue aujourd’hui, samedi, avec mes collègues pour contribuer à apporter un changement, et pour dire au président Moubarak qu’il doit partir», a fait savoir El Baradei dans une déclaration à France 24 M. Et de poursuivre, que «le discours a été totalement décevant» et il soutient que: «les protestations vont se poursuivre avec plus d’intensité jusqu’à la chute du régime».
    Soutenu et bénéficiant d’une aura internationale, le prix Nobel de la paix en 2005 fait, parait-il, trembler le régime de Moubarak, au pouvoir depuis 30 ans. «C’est l’homme consensuel, voire l’homme providentiel», jugent bon nombre d’observateurs de la scène politique égyptienne.

    Kamel Lakhdar CHAOUCHE

  • Al Masrya TV démasquée par Al Jazeera, Al Arabya et BBC Arabic,vive entv!!!!!


    29 Janvier 2011

    «C’est de cette boîte d’allumettes que viennent tous mes problèmes.»
    Hosni Moubarak, lors de sa visite du siège d’Al Jazeera à Doha


    Le président égyptien, Hosni Moubarak, a, selon certains experts en communication, peur de s’exprimer à la télévision pour apaiser la tension que vit son pays. Il a toujours, selon ces experts, peur de subir le même sort que le président tunisien Ben Ali, qui s’est exprimé trois fois sur la télévision et qui a conduit à la révolution du Jasmin et à la chute inattendue du régime. En plus d’une révolution démocratique, c’est avant tout une révolution médiatique où les chaînes de télévisions d’information continue, Internet et les réseaux sociaux, ont eu leur part de succès et d’amplificateur de cette révolution. Depuis vendredi à 14h, (heure de la fin de la prière), trois télévisions ont maintenu le «live» sur les émeutes au Caire et l’affrontement parfois violent entre les manifestants hostiles au régime, et la police et les flics en civil. La couverture quasi permanente d’Al Jazeera, BBC Arabic et Al Arabya a obligé la puissante télévision d’Etat égyptienne Al Masrya, à diffuser (contre son gré) des images en direct des manifestations. Les spins doctors du régime égyptien ont convaincu le président de montrer les images des émeutes pour ne pas cacher le soleil avec le tamis. Des images soigneusement choisies. Des plans d’ensemble qui ne montrent pas la répression de la police et qui mettent l’accent seulement sur la fumée qui se dégage de la manifestation, tentant de minimiser l’action de la protestation. Al Masrya tente aussi de montrer des images de policiers en civil tabassant des manifestants. Celle-ci indique que les émeutes ont touché seulement le quartier de la Corniche au Caire, alors qu’Al Jazeera diffusait des images des émeutes à Suez et qu’Al Arabiya, proche du régime saoudien, a indiqué aussi que, tous les quartiers du Caire manifestent, soit 10 millions d’habitants, ce qui est un peu exagéré. En voulant contester les images des autres chaînes satellitaires, Al Masrya s’est discréditée. En effet, les images qu’elle diffuse peuvent aussi provoquer (si la répression se poursuit) un effet inverse, puisque Al Jazeera et surtout BBC piquent les images de la télévision égyptienne et les commentent à leur manière. L’erreur du pouvoir égyptien était aussi de s’en prendre à la presse internationale, France 24, LCI et I-Télé qui ont mit l’accent sur l’arrestation de quatre journalistes français, interpellés au Caire. Alors qu’Al Jazerra a passé toute la matinée à commenter l’arrestation et l’agression dont a été victime l’une des vedettes de la télévision qatarie, l’Egyptien Ahmed Mansour. Mais l’image la plus «parlante» et qui risque de faire le tour du monde, c’est celle du correspondant de BBC arabic, Assad Saoui, qui est apparu du haut des 20 étages de la tour où se trouve le bureau de la BBC au Caire, la tête en bandage et la chemise blanche couverte de sang, après une agression par la police égyptienne. Ceci s’ajoutera à l’image d’un manifestant abattu, en direct, par une balle dans la tête, (qui a fait le tour du monde) alors qu’il était loin des policiers. Ces images et d’autres, serviront à amplifier la contestation au Caire qui conduirait peut-être à la chute du régime Ben Ali... heu... je voulais dire... Moubarak.

    amirasoltane08@live.fr

    Amira SOLTANE

  • Le dernier quart d’heure du Pharaon?


    MOUBARAK NOMME OMAR SOULEIMANE VICE-PRÉSIDENT ET AHMAD CHAFIC PREMIER MINISTRE

    30 Janvier 2011 -

    Un transport de troupes transformé en bus par les manifestants

    La nomination du chef du Renseignement, le général Omar Souleimane arrange aussi bien les Américains, les Israéliens que l’armée égyptienne.

    L’Egypte s’achemine-t-elle vers un scénario à la tunisienne? A suivre l’évolution des événements, tout laisse croire que le régime de Hosni Moubarak vit son dernier quart d’heure. Le Raïs a tenu hier, une réunion jugée «importante» à la Présidence. Comme première décision, il a procédé à la nomination, pour la première fois depuis son arrivée au pouvoir en 1981, d’un vice-président. Il s’agit du chef du Renseignement égyptien Omar Souleimane. Une décision prise conformément à l’article 139 de la Constitution égyptienne qui donne droit au président de la République de nommer un ou plusieurs vice-présidents. Juste après sa nomination à ce poste, le patron du Renseignement a prêté serment au siège de la Présidence. A la tête de ce département sensible de l’armée, le général Souleimane, né en 1934, joue un rôle politique important depuis plusieurs années et est responsable de dossiers délicats de politique étrangère, notamment celui du conflit israélo-palestinien. Il s’agit d’une personnalité qui fait le consensus aussi bien dans les pays arabes qu’en Occident. Les monarchies et les gouvernements arabes ont soutenu cette démarche. C’est le cas de Washington et de Tel-Aviv. Vu son expérience dans la gestion du conflit israélo-palestinien, le chef du Renseignement égyptien est pressenti pour apporter un plus à la crise que traverse son pays et, notamment à l’éternel conflit qui mine le Moyen-Orient. Avec la nomination d’un général au deuxième poste de la République, le régime égyptien reste fidèle à l’installation des militaires au haut sommet de l’Etat. A présent, tous les dirigeants de ce pays sont issus de l’armée. Pour simple rappel, Mohammed Naguib, qui a pris le pouvoir de 1953 à 1954, avait le grade de général principal, Gamel Abd El Nasser était colonel, Anouar El Sadate était maréchal de camp et Hosni Mobarak a le grade de maréchal en chef. Ce qui confirme l’appartenance du pouvoir égyptien à l’armée et l’arrivée d’un autre général au gouvernement. M.Moubarak a choisi le ministre de l’Aviation, le général Ahmad Chafic, pour occuper le poste de Premier ministre. Contrairement aux capitales étrangères qui ont applaudi la nomination de Omar Souleimane au poste de vice-président, la rue égyptienne s’est soulevée contre cette démarche. Les manifestants ont bravé le couvre-feu pour dire «non» à la nomination d’un autre militaire à ce poste. L’issue de la crise réside, selon les manifestants, dans le départ de Moubarak et son clan et non dans l’arrivée aux commandes d’un autre dirigeant issu du même régime. «Ni Moubarak, ni Souleimane, on en a assez des Américains!», scandaient les manifestants. Pour ces derniers, cette nomination «n’est pas le bon choix». «Souleimane est l’homme de Moubarak et cela ne reflète pas un signe de changement», ajoutent-ils.
    Les observateurs analysent que Moubarak a opté pour le chef du Renseignement pour lui succéder en cas de vacance du pouvoir et barrer la route à l’opposant Mohamed El Baradei. Ce dernier n’a pas mis du temps pour réagir. Il a promis la poursuite de la contestation jusqu’au départ du président et son clan mis en place dans la journée d’hier. Il a appelé à mener des élections honnêtes sans le parti au pouvoir. A peine de retour dans son pays, le prix Nobel de la paix en 2005, s’est dit prêt à mener la transition. Selon les mêmes observateurs, l’arrivée de M.Souleimane n’est qu’une façon de barrer la route à M.El Baradei. Dans un autre registre, tous les regards des dirigeants et gouvernements de la planète sont braqués sur les événements en Egypte. Washington, Paris, Bruxelles, Berlin, Tokyo, Stockholm, l’Union européenne, l’ONU ont toutes apporté leur soutien au peuple égyptien en appelant le président Moubarak à être à la hauteur des aspirations du peuple et cesser avec la violence envers les manifestants. Cela témoigne du rôle important qu’occupe ce pays dans les enjeux politiques au Moyen-Orient.

    Tahar FATTANI

  • La société civile se réveille et s’organise ,le pouvoir aussi!!!!!!


    Les initiatives se multiplient dans les milieux des journalistes et des intellectuels

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    L’initiative, louable, prise par la LADDH de convaincre les partis politiques, les syndicats et les ONG d’aller vers une démarche unitaire «pour provoquer le changement en Algérie», a eu pour effet de tirer la société de sa torpeur.


    Depuis la tenue de la première réunion de la Coordination nationale pour le changement et la démocratie (CNCD) le 21 janvier dernier, la société civile a commencé à s’organiser à travers tout le pays pour intégrer la dynamique lancée par l’organisation dirigée par maître Mustapha Bouchachi.
    C’est ainsi que mercredi dernier, un groupe de journalistes issus de plusieurs journaux et travaillant dans plusieurs grandes villes du pays a mis sur pied une association baptisée Collectif des journalistes algériens autonomes (COJAA). Ce collectif qui fédère déjà de nombreux professionnels des médias réclame, au même titre que la Coordination nationale pour le changement et la démocratie, la levée de l’état d’urgence.


    Dans un appel lancé durant la soirée de mercredi, les animateurs du COJAA exigent, en outre, l’ouverture des champs politique et médiatique, la consécration des libertés individuelles et collectives, et la dépénalisation du délit de presse. «Les journalistes algériens, qui ont toujours été à la pointe du combat pour la démocratie et la justice sociale et qui ont, en outre, payé un très lourd tribut pour défendre la liberté d’expression et de la presse en Algérie, ne peuvent pas rester aujourd’hui en marge de l’histoire et se contenter de se comporter en simples spectateurs devant le combat courageux mené par la société tout entière pour arracher le droit à la parole et à la liberté», soulignent les animateurs du COJAA dans leur communiqué n°1.
    Le Collectif des journalistes algériens autonomes qui doit décider dans les tout prochains jours de la position à adopter concernant la marche nationale que compte organiser à Alger, le 12 février prochain, la Coordination nationale pour le changement et la démocratie, regroupe des noms connus de la presse nationale  tels Mustapha Benfodil, Zoubir Khlaïfïa, Hassan Moali, Houari Barti, Ali Cherarak, Zouaimia El Hadj Larbi ou encore Amine Esseghir.


    Une autre initiative allant dans le même sens a été initiée également mercredi dernier par un autre groupe de journalistes parmi lesquels on retrouve l’ancien secrétaire général du Syndicat national des journalistes (SNJ), Rabah Abdallah. Ces journalistes organisés autour du Comité national pour la liberté de la presse (CNLP), réclament, eux aussi, «la levée de l’état d’urgence et l’ouverture des champs politique et médiatique». Le CNLP, qui a pris la décision vendredi de rejoindre la CNCD, appelle ainsi «l’ensemble des journalistes convaincus de l’impératif de l’instauration d’un Etat de droit où les libertés et la citoyenneté sont consacrées à se mobiliser pour porter haut cette revendication démocratique en cette phase décisive de l’histoire de notre pays».


    Des intellectuels s’impliquent


    Durant le courant de la semaine dernière, des hommes politiques et des universitaires ont, pour leur part, publié un manifeste pour des droits et libertés dans lequel ils soulignent «la nécessité urgente de rétablir la perspective démocratique par la levée de l’état d’urgence comme condition première pour jouir pleinement des droits de l’homme et des libertés publiques garantis par la Constitution et les conventions internationales ratifiées par l’Algérie et l’ouverture des espaces politique, syndical, associatif et médiatique nécessaires à la promotion et au respect du pluralisme, indispensable à la vitalité du pays et à son développement».
    Ce manifeste qui a requis le soutien de plusieurs centaines de personnes parmi lesquelles le professeur Issad, juriste de renom et ancien président de la défunte commission de réforme de la justice, réclame, par ailleurs, «la construction de l’Etat de droit, condition sine qua non à l’indépendance de la justice et à l’égalité de tous devant la loi (…) et la séparation des champs politique et religieux pour garantir l’autonomie individuelle, socle de la modernité politique».
    Les initiateurs du Manifeste pour des droits et libertés déclarent «agir en faveur d’un mouvement d’opinion pour la concrétisation, par des moyens pacifiques (…)». A signaler, enfin, qu’un groupe de journalistes a appelé à la tenue, aujourd’hui, d’un rassemblement à la maison de la presse Tahar Djaout d’Alger pour «dénoncer le jeu auquel se livre une certaine presse pour dénigrer toute action allant dans le sens du changement démocratique en Algérie».

    Zine Cherfaoui
  • DONNEZ NOUS DE VOUS S12!!!!!! apc .....

    Ould Kablia : « aucune marche ne sera autorisée à Alger »

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    zoom | © D.R
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    Le ministre de l’Intérieur et des collectivités locales, Dahou Ould Kablia, a, dores et déjà, répondu à la Coordination nationale pour le changement et la démocratie qui a appelé à une marche le 12 février à alger.

    «Aucune marche ne sera autorisée par les autorités à Alger», a rappelé Ould Kablia dans une interview accordée ce dimanche 30 janvier au quotidien Liberté

    «Les marches sont interdites à Alger», a-t-il réitéré en assurant que «le refus n’est pas n’est pas seulement signifié à l'opposition», mais à «toutes les marches».

    «Si un parti de l'Alliance présidentielle (FLN, RND, MSP) envisage demain d'organiser une marche à Alger, je peux vous dire en tant que ministre de l'Intérieur, qu'elle sera interdite», a-t-il ajouté.    

    Le ministre a expliqué que l'interdiction des marches était justifiée par des raisons de sécurité.

    A ses yeux, «aucun parti, aucune association ne peuvent maîtriser une marche, , garantir qu’elle se déroule de manière pacifique».

      «Alger est une ville de trois millions d'habitants. Il y a des problèmes qui peuvent ne pas être pris en compte par les organisateurs des marches», a-t-il assuré.

    Le ministre a notamment évoqué l’éventualité de l’intrusion «d'éléments qui n'ont rien à voir avec l'objectif de la marche et qui sont là pour créer des troubles, pour casser, sans compter qu’il y a toujours la problématique du terrorisme». Ceci avant d’enchaîner que «les terroristes peuvent profiter de cette occasion pour pénétrer à Alger».  

    Interrogé au sujet de la levée de l’état d’urgence, le ministre a indiqué que «c’est une question qui relève du gouvernement et non du ministère de l’Intérieur, estimant par ailleurs que «l’état d’urgence ne gène nullement un certain nombre d’activités».

  • Al Jazeera interdite en Egypte et algerie internet commence à faiblir (débit faible)!!!!!

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    Le ministre égyptien sortant de l'Information   Anas el-Fekki a ordonné l'interdiction de la chaîne satellitaire Al-Jazira, qui   a largement couvert les manifestations anti-gouvernementales, a annoncé   dimanche l'agence officielle Mena.




    Le ministre "a décidé que le service d'information de l'Etat devait fermer   et annuler les activités de la chaîne Al-Jazira dans la République arabe   d'Egypte, annuler toutes ses autorisations et retirer toutes les cartes (de   presse) de ses employés à compter d'aujourd'hui" dimanche, a rapporté la Mena.    


    Des "mesures légales" doivent également être prises pour empêcher la chaîne   d'utiliser tout moyen de transmission. Quelques minutes après l'agence, la chaîne, qui a fait état de la décision   égyptienne, continuait de diffuser ses programmes en Egypte.    


    Al-Jazira couvre en continu les manifestations anti-gouvernementales en   Egypte, en accordant une grande place à l'opposition. La chaîne diffuse   notamment des images des manifestations sur fond de chansons de la légende   égyptienne Oum Kalsoum, adulée dans tout le monde arabe.  Les relations ont toujours été difficiles entre la chaîne qatarie et le   gouvernement égyptien, qui l'accuse de partialité.    



    El Watan avec AFP
  • Exclusif : Le ministre de l’intérieur et des collectivités locales à Liberté Daho Ould Kablia : “L’État doit être fort, mais juste”

    Par : abrous outoudert / nissa hammadi

    Dans cet entretien, M. Daho Ould Kablia livre ses impressions sur les dernières émeutes qui ont secoué le pays, la marche du RCD, les revendications de la jeunesse. Il se refuse cependant à partager la vision “négationniste” qui tend, dit-il, à faire croire que rien de positif n’a été réalisé dans le pays. Sur la question de l’état d’urgence, au centre des revendications de l’opposition et de la société civile, le ministre parle pour la première fois de l’éventualité de l’examen de ce dossier par le gouvernement sans fournir cependant de pistes claires.

    Liberté : Monsieur le ministre, quels enseignements avez-vous tirés des dernières émeutes ?
     Daho Ould Kablia : L’appréciation des motivations qui sont à l’origine de ces évènements est de plusieurs ordres. On a dit que j’ai parlé de manipulation. Personnellement, je n’ai pas vu dans ces évènements une manipulation directe et profonde. J'ai relevé une spontanéité liée aux problèmes que rencontrent les Algériens, de manière générale, et les jeunes, en particulier. Il s’agissait d’un mouvement de jeunes et de moins jeunes qui n’avaient d’ailleurs pas leur place dans cette histoire. Le malaise est un peu profond. Il touche relativement toute la société, tant il y a cumul de revendications à caractère plus social et matériel que politique. Cela va du chômage, de la cherté de la vie, du manque de logements, le difficile accès des citoyens aux services publics, le mépris, la bureaucratie… Tous ces maux que l’on désigne communément par la “hogra”. Il y a des facteurs extrêmement importants, mais il y a également ce qui relève de la faiblesse de la communication, face à un discours négationniste. Il faut le dire, des milieux, y compris une partie de la presse, ne mettent l’accent que sur ce qui est négatif dans l’action du gouvernement. Il y a beaucoup de choses positives réalisées depuis l’année 2000 dans de nombreux secteurs. Évidemment, certains ont tendance à nier les progrès et les actions positives en faveur de la population.

    La plupart des émeutiers ne lisent pas la presse, ils n’ont fait que manifester leur ras-le-bol d’un certain vécu...
    Il suffit que ceux qui lisent distillent un certain discours pour qu’il soit repris et amplifié. Je ne nie pas que ces choses-là existent. Si je devais faire un inventaire de ce qui ne va pas très bien dans le pays, je peux vous citer plusieurs exemples. Seulement, il faut relativiser. Dans mes analyses par exemple, j’admets l’existence d’un sentiment d’injustice chez certaines catégories vulnérables en matière d’emploi et de logement. Je cite également la cherté de la vie, le désarroi moral des administrés, l'insuffisance dans la gestion de certaines assemblées élues qui ont tendance à s’éloigner des préoccupations des citoyens, l’absence des canaux de communication, la bureaucratie, la précarité des dispositifs d’aide à l’emploi, ne portant que sur des périodes limitées, le climat de réprobation suscité par les scandales liés à la corruption, le diktat des spéculateurs et des gros commerçants, l'absence de la place publique de la classe politique et des associations, le recul du rôle d’institutions de socialisation et de transmission des valeurs comme la famille, l’école et l’autorité parentale. Il y a les séquelles de la violence terroriste, de la décennie noire. Je perçois, en outre, dans mes analyses, l’émergence d’un discours négationniste occultant les réalisations socioéconomiques et l’incontestable amélioration de la situation sécuritaire.

    Vous venez de citer une liste exhaustive de motifs à l’origine du mécontentement des citoyens. Certains relèvent des missions de l’État. Il a donc failli à ses obligations ?
     J’ai parlé des éléments déclencheurs. Les gens étaient beaucoup plus préoccupés par ces problèmes qui sont de faux problèmes, car il n’y a jamais eu de pénurie d’huile ou de sucre en Algérie. C’est une flambée de prix qui a été fabriquée ou préfabriquée.

    Après ces émeutes, il y a eu un redéploiement de ministres sur le terrain. Ont-ils reçu des instructions dans ce sens ?
     Ils n’ont pas besoin d’instructions pour tirer des enseignements de ce qui s’est passé. Évidemment, l’État fait et doit faire un effort supplémentaire. Il doit mieux apprécier les aspirations des citoyens, les attentes des jeunes. Est-il possible de les satisfaire dans leur globalité ? Il y a des choses qui doivent se faire graduellement. L’État doit être fort, mais juste. Nous avons atteint certains seuils dans le rythme de réalisation de logements. Pouvons-nous faire plus ? C’est la question que nous nous posons. À partir de l’année 2000 à ce jour, nous avons construit deux millions et demi de logements. C’était à notre portée, au prix d’un effort extrêmement important et des surcoûts. Parce qu’il fallait faire appel à des entreprises étrangères, notamment asiatiques. Car en matière de logement, le seul paramètre sûr, c’est le financement qui existe. Maintenant, il faut que les entreprises nationales se mettent à niveau, il faut disposer d'une main-d'œuvre qualifiée et dégager les assiettes de terrain. Nous ne pouvons pas construire plus de cent logements à Alger. Nous examinons en ce moment prioritairement d'autres opportunités dans les domaines du logement et de l'emploi.

    Comment expliquez-vous que ces bilans positifs que rendent sans cesse publics les autorités ne se reflètent pas sur le vécu des Algériens au point de susciter des émeutes et des tensions sociales ?
     C’est difficile à expliquer. C’est peut-être aux sociologues de le faire pour pouvoir cerner les motivations qui font que des Algériens sont prompts à réagir avec violence inégalée.

    Ce sont pourtant ces mêmes jeunes qui ont défilé pendant la Coupe du monde du football et la Coupe d’Afrique qu’on a retrouvés lors de ces émeutes. Comment interprétez-vous ce passage d’une euphorie à un désenchantement total ?
     Il y a eu des violences même dans des moments de joie. Après l’affaire d’Égypte, vous avez vu les violences qui ont eu lieu ! Elles n’ont pas seulement ciblé les entreprises égyptiennes comme Djezzy ou autres ; d’autres infrastructures furent également saccagées. Il ne s’agit pas, évidemment, de toute la jeunesse. Il y a une crise existentielle chez beaucoup de jeunes. Inutile d’épiloguer sur cela. Le manque de loisir, de liberté, pas au sens politique du terme, les difficultés d’obtention de visa sont une réalité. Les jeunes se retrouvent alors à tourner en rond avec ce sentiment de frustration qui leur fait penser qu’ils sont rejetés par leur pays. Mais là aussi, il ne faut pas qu’on verse dans l'exagération. Il y a des faits concrets effectivement qui ont une influence sur la jeunesse. C’est le travail de tout le monde : du gouvernement, des associations, de la société civile, de l’école pour essayer de ramener ces jeunes à plus de civisme, de maîtrise de soi. Je ne dirais pas à plus de patience, car la patience a ses limites. L’effort par exemple dans la formation professionnelle a été considérable. Six cent cinquante mille postes de formation ont été créés dans notre pays. Ce n’est peut-être pas suffisant pour 5 à 6 millions de jeunes. Cela donne tout de même des résultats.

    Vous avez déclaré récemment que vous saviez que ces émeutes allaient survenir, pourquoi alors n’avoir pas pris des mesures à temps pour les éviter ?
    Quel genre de mesures ? Mettre un policier dernière chaque personne.

    Évidemment pas de mesures sécuritaires mais sociales ?
    Des mesures sont mises en œuvre. Toutes ces mesures sont envisagées dans le programme de Monsieur le président de la République. Elles sont en train d’être appliquées. Il se peut que dans certains secteurs, elles ne sont pas appliquées avec la rigueur et la constance nécessaires. Quand j’ai dit qu’on savait que la menace existait, je faisais allusion à ce qu’on a vécu ces dernières années. Ce qui s’est passé entre les 5 et 11 janvier est le résultat de ce que nous avons vécu, depuis cinq à six ans avec les petites manifestations locales. C’est le même genre : sit-in, manifestations, APC encerclées, Sonelgaz et certains services publics ciblés en priorité. La seule différence est que cela s’est passé en même temps, sous l’effet d’une contagion.

    En parlant justement de contagion, ne craignez-vous pas que ce qui se passe en Égypte et en Tunisie se propage en Algérie ?
     En Algérie, nous n’avons pas ressenti de revendications politiques. À aucun moment et je ne parle pas seulement des évènements de ce mois-ci, mais de tous les évènements récents, nous n’avons décelé une empreinte politique, des noms cités. Ce qui prouve, à mon avis, que l’État, malgré tout, jouit d’une certaine crédibilité. Au niveau de la population, du moins. Je sais que certains partis ne voient pas les choses de la même manière. Et puis, l’Algérie a ses propres caractéristiques. Il y a des possibilités d’évacuation de la colère, des cadres d’expression permettant aux gens qui ne sont pas d’accord de faire entendre leur voix, une liberté d’expression qui est beaucoup plus large dans notre pays qu’ailleurs. Même si, comme certains le disent, il n’y a pas de possibilité de s’exprimer dans les médias lourds, les médias privés sont importants et il y a Internet. Tous les partis et opposants peuvent s’exprimer et ils le font d’ailleurs avec beaucoup plus de violence que partout ailleurs. Ils s’attaquent y compris aux personnes. Il y a un État de droit, quoi qu’on dise, incarné par une justice indépendante, un développement équilibré. Ce qui n’est pas le cas de certains pays ou l’effort de l’État se focalise sur certaines villes et les investissements se font au profit de l’étranger. Chez nous, il y a un développement. Même s’il n’est pas tout à fait rationnel, il existe. En milieu aussi bien urbain que rural, les projets de développement sont extrêmement importants. L’eau arrive partout. Tous les indicateurs sont positifs : l’école, l’habitat, le gaz, la scolarisation, la santé… Donc, le rapprochement avec d’autres contextes n’est pas justifié.

    Vous dites que vous n’avez pas ressenti de revendications politiques chez les émeutiers. Le relais a été pris par la suite par des partis politiques, des syndicats, associations, organisations des droits de l’Homme qui demandent notamment la levée de l’état d’urgence et la rupture avec le système en place ?
    Ce n’est pas un relais. C’est une exploitation : la tentative de récupération d'un événement.

    Mais ce sont quand même des revendications politiques qui ont été scandées lors de la dernière manifestation : la marche du RCD que vous avez interdite...
    Combien de personnes ont participé à cette marche ?

    C’est à vous de nous donner votre estimation, Monsieur le ministre ?
    Quand le président du RCD dit lui-même qu’il a échoué, je ne vois pas pourquoi il faudrait considérer qu’il a réussi. Mais cela est son problème. C’est un parti d’opposition légal, qui assume sa responsabilité.

    Il a déclaré que l’empêchement de la marche est un signe de faiblesse de
    l’État...
    Il est responsable de ses propos. Je ne suis pas là pour polémiquer avec le RCD ou qui que ce soit.

    Mais, comment comptez-vous justement répondre à ces revendications dont la levée de l’état d’urgence ?
    C’est une question qui relève des prérogatives du gouvernement et non du ministre de l’Intérieur. C’est au gouvernement qu’il revient d’estimer si l’état d’urgence est toujours nécessaire ou pas. L’État d’urgence ne gêne nullement un certain nombre d’activités. L’état d’urgence a été mis en place pour lutter contre le terrorisme. Ce fléau n’est pas tout à fait éradiqué. Mais je ne veux pas me prononcer sur l’état d’urgence, si ce n’est pour dire que le gouvernement aura peut-être à examiner ce dossier pour voir si le fait qu’il soit toujours en vigueur peut apparaître positif ou si on peut s’en passer. Le jour où le problème sera posé au niveau de l’Exécutif, le ministre de l’Intérieur aura à donner son avis.

    Donc cette question est à l’ordre du jour ?
     Je n’ai pas dit qu’elle était à l’ordre du jour, j’ai seulement parlé de l’éventualité d’une discussion autour de la question de l’état d’urgence.

    La coordination nationale pour le changement et la démocratie envisage d’organiser dans les prochains jours une marche. Si la contestation s’amplifie, comment allez-vous réagir ?
     Les marches sont interdites à Alger, non pas parce que c’est le RCD ou la coordination qui ont appelé à des marches. Nous n’avons pas interdit la marche du RCD, mais toutes les marches au niveau d’Alger. Le refus n’est pas seulement signifié à l’opposition. Si un parti de l'Alliance envisage demain d’organiser une marche à Alger, je peux vous dire en tant que ministre de l’Intérieur, qu’elle sera interdite. Parce qu’il y a des raisons qui font que les marches ne sont pas autorisées dans la capitale. Aucun parti, aucune association ne peuvent maîtriser une marche, garantir qu’elle se déroule de manière pacifique. Alger est une ville de trois millions d’habitants. Il y a des problèmes qui peuvent ne pas être pris en compte par les organisateurs des marches. Comme l’intrusion d’éléments qui n’ont rien à voir avec l’objectif de la marche et qui sont là pour créer des troubles, pour casser, sans compter qu’il y a toujours la problématique du terrorisme.Si nous mobilisons les moyens de sécurité pour encadrer une marche ou une manifestation quelconque, nous le ferons au détriment de la lutte contre le terrorisme. Les terroristes peuvent profiter de cette occasion pour pénétrer à Alger. Tout ce que nous avons construit depuis plusieurs années sera alors vain. On m’a fait dire que ces jeunes auraient pu s’exprimer pacifiquement, que les partis auraient pu organiser des manifestations pacifiques. J’ai dit que les partis n’ont pas condamné les effets négatifs de ces évènements, les pillages, la mise à sac... Il faut imaginer que dans ce genre d’événements, la situation n’est plus maîtrisable et aucun citoyen n’est à l’abri. Les dégâts ont concerné autant les édifices publics, les acquis des citoyens, comme les écoles, les bureaux administratifs, Sonelgaz, Mobilis que les biens des privés et des citoyens les plus modestes. On a brûlé des véhicules, volé des biens, saccagé des petits magasins. Les jeunes ont effectivement des problèmes, mais des individus ont profité des ces évènements pour voler, piller, saccager. C’est une réalité qu'on ne peut occulter.

    Il est établi que la fermeture des espaces institutionnels et les canaux intermédiaires conduisent à des explosions. Allez-vous continuer à prendre ce risque ou permettre une ouverture ?
    Les marches et rassemblements ne sont pas interdits ailleurs. À Alger, des rassemblements et meetings se sont déjà déroulés dans des lieux clos qui peuvent être facilement sécurisés. Les marches à Alger non. Sauf si les choses changent. Si l’on se retrouve en face de personnes, des partis ou des associations qui pourraient offrir toutes les garanties que les choses se passeraient pacifiquement et normalement.

    Comment l’État apprécie-t-il les revendications de l’opposition et de la société civile et quel est votre avis ? Est-ce une révolte populaire, un soulèvement, une simple colère ?
    Pour ce qui est des jeunes, non ce n’est pas une révolte. C'est une revendication légitime qui s'est exprimée de manière illégale. Pour ce qui est des revendications de l'opposition, ses membres cherchent des opportunités de s’exprimer différemment avec des objectifs de médiatisation vers l’extérieur du pays. Ce qui a été dit pendant le rassemblement à partir d’un balcon l’a été, auparavant, largement reproduit dans les journaux. En l’occurrence, la suppression de l’état d’urgence, la libération de tous les détenus, l’ouverture du champ médiatique. Ce sont des slogans qui sont répétés et connus en tant que revendications de certains partis. Est-il nécessaire de faire une marche pour dire la même chose ?

    Votre avis sur ces revendications ?
    Chacun est libre d’exposer ses revendications. C'est la forme qui est à prendre en considération.

    Pourtant d’énormes moyens sécuritaires ont été mobilisés pour empêcher la marche du RCD dont le blocage d’accès à la capitale ?
    Il y a trois millions de véhicules qui entrent et sortent d’Alger quotidiennement. Il y a eu peut-être quelques bus détournés. Ce que je peux affirmer par contre, c’est qu’il n’y a pas eu plus de cinq cents personnes qui ont quitté Tizi Ouzou, ce jour-là. Combien sont arrivés à Alger ? Je ne peux pas le dire. Mais on ne peut pas affirmer que toute la capitale était bouclée. Pensez-vous que tous ceux qui venaient de Blida, Tizi Ouzou, de Tipasa… n’ont pas pu rentrer à Alger ce jour-là ?
    La veille et le jour de la marche, des communiqués étaient diffusés sur les ondes de la radio et de la télévision rappelant que les marches sont interdites à Alger. Des barrages filtrants ont été dressés aux différents axes d’accès à la capitale...
    ll Je ne pense pas. Nous avons des films pris à partir d’hélicoptères que nous pouvons vous montrer. Nous pouvons vous donner, aussi, le chiffre exact de véhicules qui sont rentrés et sortis.

    Alger reste une ville fortement quadrillée, même après les émeutes. À quoi répond cette préoccupation ?
     Il y a trois fois moins de policiers à Alger que dans des capitales arabes de même importance en matière de population. La capitale a besoin d'être sécurisée non seulement contre le terrorisme mais contre toutes les formes d'insécurité ou de criminalité dont les citoyens ne cessent de se plaindre.

    Pour quelles raisons, le chef de l’État ne s’est-il pas adressé au peuple lors des émeutes qui ont secoué le pays comme l’avait fait par exemple le président tunisien déchu trois fois en une dizaine de jours. Pourquoi avoir préféré déléguer trois de ses ministres ?
     Ce que je peux vous dire,
    c’est que le Président a donné des instructions et des orientations aux responsables en charge de ces
    problèmes.
    Le Premier ministre, le ministre de l’Intérieur, le ministre du Commerce. Donc sa position était connue. Il n’était pas absent.

    Quel est le degré de vérité dans les rumeurs qui le donnent malade, dans l’incapacité de finir son mandat ?
    Je vous confirme que Monsieur le président de la République suit la situation du pays et l'action du gouvernement au quotidien et qu'il fait part à tout moment de ses instructions, de ses observations ou de ses critiques.

    La menace d’attentats kamikazes pèse-t-elle toujours sur Alger ?
    C’est sûr que la menace est permanente. Nous découvrons dans de nombreuses casemates des bombes prêtes à l’emploi. C’est l’unique manière pour les terroristes de se manifester. C’est dans leur stratégie. Il n’y a plus d’accrochages, il n’y a que des attentats à la bombe, soit sur les chemins pistés, des routes nationales ou bien des attentats kamikazes dans les villes.

    Que vous inspirent les révélations de WikiLeaks sur l’Algérie ?
     D’après ce que j’ai lu, je n’ai pas vu personnellement qu’il ressortait des éléments négatifs sur l’Algérie.

    L’ambassade des États-Unis à Alger évoque un scrutin de 2009 parfaitement “chorégraphié”…
     Il y avait des observateurs de l’Union africaine, de la Ligue arabe, de l’OCI etc. qui étaient là. L’ambas-sadeur des États-Unis est dans son rôle de dire ce qu’il a dit. A-t-il apporté des preuves ?

    Où en est l’opération d’introduction de passeports et de cartes d’identité biomé-triques ?
    Le marché a été signé et visé par la commission nationale des marchés publics. Dans le contrat qui nous lie à cette entreprise, il était prévu un étalement des livraisons des équipements d’enrôlement de dossiers.
    Il y a 800 équipements. Nous allons recevoir dans moins d’un mois,
    200 appareils.
    Dès que ces appareils seront réceptionnés, puisque le personnel a été formé et les lieux indiqués, nous lancerons alors la production. Pour le moment, nous recueillons des dossiers avec toutes les conditionnalités exigibles pour un passeport biométrique, mais nous délivrons un passeport ordinaire.

    Le premier passeport biométrique, c’est pour quand ?
    Nous avons une soixantaine de machines, nous pouvons le faire tout de suite. Mais seulement nous attendons de pouvoir satisfaire un peu plus de monde.

    Certains voient dans le code communal des velléités de l’administration de mettre sous son contrôle les collectivités locales...
    J’ai travaillé avec la commission des affaires juridiques et administratives de l’APN et je n’ai pas senti un tel reproche. Au niveau du discours, tout le monde aime critiquer, mais je n’ai pas l’impression qu’au niveau de la commission juridique ni au niveau de la plénière que le projet du gouvernement sera remanié en profondeur. Il y a quelques amendements qui vont être apportés. Il y aura évidemment des gens qui seront contre car ils veulent que l’Assemblée soit un pôle de souveraineté intégrale. Cela n’existe nulle part au monde où les codes municipaux se ressemblent. Il y a des attributions qui sont conférées aux élus pour la gestion avec une très grande marge de liberté, d’initiative et de souveraineté. Mais il y a également dans notre pays, comme d’autres pays à caractère républicain, un État unitaire avec une législation et réglementation uniformes pour l’ensemble du pays.
    Il faut que l’État soit le régulateur, qu’il vérifie la conformité des actes de gestion des collectivités locales par rapport à ce qui existe. Nous n’allons rien imposer aux APC. De toute manière, une APC ne peut pas fonctionner sans l’appui et le concours de l’État. La commune, elle-même, est un démembrement de l’État. Il y a des missions de service public et des missions à caractère général qui sont confiées aux APC. Il faut que ces dernières fonctionnent de la même manière partout, dans le respect de la législation et de la réglementation qui est uniforme. Donc, dire que les chefs de daïra ou les walis vont prendre la place des présidents des APC, cela n’existe que dans l'imagination des gens. L’administration doit faire ce qui relève de son rôle d’administration. La collectivité fera ce que la loi qui sera adoptée par le Parlement lui dictera de faire.

    Sur quels projets se concentre actuellement votre département ?
    Nous envisageons une lutte contre la bureaucratie, une amélioration du service public et dans le cadre de la révision de la loi sur les associations, nous faisons un travail d'évaluation. Pour l’heure, le bilan n’est absolument pas positif, concernant le mouvement associatif. D’abord au regard de la loi elle-même. Certaines associations n’ont pas tenu d’assemblées générales réglementaires, n’ont pas établi de bilan moral et financier, leurs dirigeants ne sont pas élus dans les formes réglementaires. Nous sommes en train d’établir un fichier national de toutes ces associations. Dans un premier temps, nous établirons une liste d’associations les plus efficaces, efficientes, les plus orientées vers le soutien des populations. Il y aura un cahier des charges suivant lequel ces associations détermineront leurs activités.
    Les associations sont absolument nécessaires. C’est l’interface entre l’administration et la société. Dans son action propre qui vise la stabilité et l'ordre public, les libertés publiques, la gestion locale et le développement local, le ministère de l'Intérieur a ouvert des chantiers depuis plusieurs mois. La sécurité des citoyens, qui est la première des libertés, s'améliore par la prise de conscience des agents qui en ont la charge que leur mission première est de préserver la paix avec la rigueur nécessaire, mais aussi avec la retenue et le sang-froid qu'il faut en face des situations de tension. Sur un autre plan, le ministère de l'Intérieur est conscient qu'un nouvel effort doit être déployé pour faciliter l'accès des citoyens aux services publics et que pour les innombrables contentieux, une meilleure communication et une concertation plus grande sont indispensables à la résolution des problèmes. Des mesures sont prises et notifiées pour une application rigoureuse. Les aspirations de la jeunesse, l’avenir du pays seront examinés avec toute l'attention voulue, c'est la seule manière de rétablir la confiance en particulier avec les jeunes. Dans ce contexte, l'appui sur la société civile et les associations réellement représentatives est incontournable.

  • La “coordination” se met en place, la rupture peut attendre :aval du drs

     

    Par : Mustapha Hammouche

    La “Coordination nationale pour le changement et la démocratie” a “décidé” d’une manifestation pour le 12 février.
    Alors que le vent de Tunisie souffle jusqu’aux confins de la péninsule Arabique en passant par l’égypte et pousse les dictatures vers la trappe de l’histoire, la “coordination” propose que le mouvement se conforme à son calendrier, offrant, volontairement ou non, un sursis au “système” dont elle revendique pourtant “le départ”. Un objectif contredit, d’ailleurs, par une “plate-forme” qui se limite à “exiger la levée de l’état d’urgence, l’ouverture du champ politique et médiatique et la libération des personnes arrêtées pour des raisons de manifestation ou de délits d’opinion”.
    Dans ce contexte, où s’exprime une volonté de rupture partagée par des peuples désespérés de voir leurs dictatures se réformer, il n’est plus question de droits politiques parcellaires.
    écoutons leurs slogans !
    Ressortir maintenant des méthodes d’action datant de… vingt-trois ans pour se mettre en travers de l’onde de choc, faire attendre le train du changement pour pouvoir l’emprunter, reviennent à réduire les chances du pays d’être touché, dans la foulée, par l’élan transformateur parti de Tunisie. Cette pratique elle-même fait partie du système : la question identitaire, la revendication démocratique, la révolte de Kabylie ont eu à souffrir et à s’immoler du fait de cet opportunisme de leadership.
    Si les initiatives “encadrées” pouvaient contribuer à l’évolution démocratique en Algérie, on l’aurait su, depuis 1988. En…vingt-trois ans, des “coordinations” et autres mouvements sont nés, des leaders ont prospéré en anticipant les luttes pour, ensuite, échanger leurs dividendes politiques contre des gains de statut. Les reniements tactiques des conversions opportunes, des tentations carriéristes ont eu raison des générations de militants, et les “chefs” se sont ensuite remis à l’affût de la vague revendicatrice suivante pour la chevaucher en surfeurs aguerris.
    Parfois, ils s’en passent, de cette base militante, pour s’assurer une existence politique. Ainsi, Louisa Hanoune, déclarée premier parti de l’opposition par “le système des quotas” et qui, forte de cette promotion du système, proclame qu’“en cas de révolution, nous serons prêts à l’encadrer et à être à la hauteur”. L’encadrer pour le compte de qui ?
    Mokri et le MSP peuvent alors faire mieux : siéger dans l’alliance au pouvoir dans la sérénité que procure l’état d’urgence et exiger la fin de la loi d’exception qui protège son régime.
    Ces “coordinations”, attelages de circonstance, à géométrie variable parce que l’on s’y pousse du coude pour être le premier, polluent l’expression des mouvements sociaux et politiques populaires. Devenues politiquement contreproductives, elles n’inquiètent plus les régimes, à l’heure des révolutions Internet. Les réactions de Ben Ali et Moubarak n’ont pas été de faire taire les partis d’opposition, les associations et les “élites”, mais de fermer Internet et de couper le téléphone. Aujourd’hui, ce sont les sites, les blogs, Facebook et Twitter qui “coordonnent” les luttes des nouvelles générations. Notre engagement d’entrepreneurs politiques a aussi besoin de faire sa révolution.

     

  • Le conseil national extraordinaire du SNPSP toujours ouvert Les praticiens exigent le double de leur salaire au minimum

    encore plus 40 million centime , un bouriquot députe' n'a jamais fait études ,moche,analphabete,  corrumpu ne fait que lever les bras  touche plus  q'un un prof en medecine .chef de service.

    Par : MALIKA BEN

    Resté ouvert depuis le 4 novembre 2010, le conseil national extraordinaire du Syndicat national des praticiens de la santé publique s’est réuni, jeudi dernier, à Bouira.


    À l’ordre du jour : état des lieux et examen de la prise en charge de la plate-forme de revendications. Des revendications qui attendent satisfaction depuis 2009 et qui, semble-t-il, ne tarderont pas à être concrétisées.
    C’est du moins ce que laisse entrevoir les déclarations officielles du ministre de la Santé et l’installation de la commission mixte SNPSP-MSPRH chargée d’examiner les propositions des praticiens de santé publique visant l’amendement du projet de décret exécutif portant régime indemnitaire et les propositions relatives aux statuts particuliers.
    Une démarche pour laquelle la tutelle a bien choisi le timing. L’installation officielle a eu lieu deux jours avant les travaux du conseil du SNPSP, ce qui a fait baisser la tension et contraint le syndicat à opter pour la sagesse.  Wait and see. “Nous avons maintenu le conseil toujours ouvert et nous avons fait un bilan exhaustif du dialogue avec la tutelle et de l’installation officielle et, par écrit, de la commission mixte et la définition de ses prérogatives”, révèle le président du syndicat. Ce dernier commente la démarche de la tutelle “par l’amorce d’un dialogue et une période de répit” nécessaires et logiques dans toute bataille syndicale.
    La commission mixte sur laquelle repose toutes les attentes du syndicat, entame ses travaux lundi prochain et devrait se réunir deux fois par semaine pour pouvoir être fin prête à l’échéance arrêtée pour la remise des propositions d’amendements, à savoir la fin du mois de février.
    Évoquant les augmentations salariales, le docteur Merabet nous dira que le SNPSP “réclame, au minimum, le double des salaires de misère des praticiens. Il faut mettre le paquet afin de les ramener à ceux des cadres d’autres secteurs et pour que les médecins soient mieux lotis”.
    Il rappellera ce que Ould-Abbès a promis à toutes ses sorties médiatiques : “Ce seront des augmentations conséquentes qui surprendront les praticiens.” En attendant d’être surpris, le syndicat aura tout un mois pour défendre ses propositions au niveau de la commission mixte et rediscuter des éventuelles avancées lors de la réunion du conseil national prévue au mois de mars prochain.  

  • Alerte citoyenne: Le régime a opté pour le pourrissement pour casser la révolte.

    Nous avons appris, par des sources sûres, que le DRS a préconisé de laisser les émeutes se développer, et à les inciter vers les dégradations et le saccage, pour discréditer le mouvement insurrectionnel auprès de la population. Des agents provocateurs du DRS ont été infiltrés au sein des manifestants, pour inciter la foule à s’en prendre aux véhicules des particuliers, et même aux jeunes filles, et aux femmes.
    Et ainsi, plutôt que de mâter la révolte en engageant des troupes qui ne sont plus sûres, et qui seraient susceptibles de basculer du côté du peuple, le DRS a trouvé la panacée: Pourrir la situation en terrorisant le peuple par le peuple.

    MERCI DE DIFFUSER CE MESSAGE ET CETTE VIDEO


  • des snipers ( kanassine) à l'intérieur du ministère de l'interieur en flammes.

    à l'interieur

    Situation extrêmement tendue en Égypte : face à l’ampleur du soulèvement populaire contre le régime Moubarak à travers tout le pays, c’est l’armée qui commençait, dès la fin de l’après-midi d’hier, à prendre le relais de la police, complètement dépassée.
    Kamel Amarni - Alger (Le Soir) - C’est d’ailleurs «le gouverneur militaire» et la télévision officielle «précisera» que c’est Moubarak, qui, comme première mesure, décrète le couvre-feu, de 18h à 7h dans les trois villes du Caire, d’Alexandrie et Suez, selon la télévision égyptienne. L’intervention de l’armée était prévisible dès le début de l’après-midi, au sortir de la prière du vendredi. La veille, le mouvement dit «du 6 avril» qui a enclenché la «protesta» dès mardi dernier, avait lancé un appel au peuple Égyptien pour faire de cette journée «le vendredi de la colère». Un appel appuyé par l’ensemble de l’opposition, notamment le redoutable mouvement des Frères musulmans. Jusqu’à jeudi, les affrontements avaient déjà fait sept morts, ce qui a, naturellement, accru le sentiment de révolte parmi la population. Considérablement dopés par l’exemple tunisien, les Égyptiens prendront d’assaut, par dizaines de milliers et pratiquement dans toutes les villes du pays, la rue avec des revendications qui ne laissent plus de place aux solutions intermédiaires : «Moubarak dégage», «Nous ne voulons plus de Moubarak», «30 ans , ça suffit » ! » etc. Comme à chaque fois depuis mardi dernier, la police chargera violemment, avec usage des gaz lacrymogènes, des balles en caoutchouc, des arrestations massives, occasionnant un huitième mort parmi les manifestants dans la ville de Suez. Mohamed El- Baradei, ancien président de l’Agence internationale à l’énergie atomique, prix Nobel de la paix 2005 et candidat contre Moubarak à la prochaine élection présidentielle, rentré la veille au pays pour «participer aux manifestations», sera, lui, mis en résidence surveillée dès la fin de la prière du vendredi. A Alexandrie, deuxième ville du pays, les manifestants ont incendié le siège du gouvernorat (l’équivalent de la Wilaya), ainsi qu’à Mansourah. A Suez, ils ont mis le feu à deux commissariats de police. Ailleurs, et à bien des endroits, ce sont les véhicules de police ainsi que les locaux du parti au pouvoir, le PND (Parti national démocratique) de Hosni Moubarak, qui ont subi les assauts incessants des manifestants. Début de soirée, la police ne pouvait plus contenir les déferlantes humaines dans plusieurs villes du pays au point de se replier carrément dans bien des endroits, tel à Alexandrie. Au Caire, les manifestants, par dizaines de milliers, ont pris possession de la la place Atahrir, la plus importante de la ville, malgré le couvre-feu. Ils ont réussi à mettre le feu dans le symbole même du régime trentenaire de Moubarak, le siège national du PND, le parti-Etat, version égyptienne. Le Raïs dans tout ça ? Curieusement, il ne s’est à aucun moment prononcé jusqu’à hier vendredi, à l’exception de la décision du couvre-feu et de l’appel à l’armée «pour soutenir la police», annonce faite par la télévision d’Etat. Or, contrairement à la Tunisie par exemple, il y a lieu de rappeler qu’en Egypte, c’est l’armée qui est au pouvoir. De plus, le pays est sous état d’urgence depuis l’assassinat de Anouar Essadat en 1981. L’intervention de l’armée était donc «mécanique» pour ainsi dire. En situation d’état d’urgence, c’est l’armée qui assure les missions de police, en effet. N’empêche, le silence de Moubarak reste énigmatique pour le moment. Est-il dépassé par les événements ? Veut-il, au contraire, éviter les erreurs de Ben Ali ? Se soumet-il à des directives venues de Washington ? Toutes les hypothèses restent possibles pour le moment. Hier, devant l’accélération vertigineuse des événements, le porte-parole du département d’Etat, Philip Crowley, réagira avec une déclaration lourde de sens : «Le gouvernement égyptien doit considérer son peuple comme un partenaire et non comme une menace.» Il estime juste que «la réforme est vitale pour l’avenir de l’Égypte à long terme». Invitant, par ailleurs, le gouvernement égyptien à «respecter les droits fondamentaux, à éviter la violence et permettre les communications. A aucun moment n’est évoquée la revendication exclusive des Égyptiens qui ne demandent rien moins que le départ de Moubarak. A peine si les Américains ne demandent pas à ce dernier d’annoncer quelques réformes pour sauver son régime.
    K. A.

  • quand le pt. tata luiza péte avec le pouvoir!!!!

    HANOUNE TACLE LES «PARTIS DE L’OPPOSITION» :
    «S’il doit y avoir révolution, c’est le PT qui la mènera»


    Louisa Hanoune n’en démord pas : il n’y a pas de prémices à une révolte en Algérie, assure-t-elle, et si cela devait arriver, c’est le Parti des travailleurs (PT) qui en serait le leader et non pas des partis qui, dit-elle, «font appel à l’Union européenne», allusion tout juste voilée à la formation de Saïd Sadi.
    Nawal Imès - Alger (Le Soir) - En réunissant hier les militants du centre de sa formation politique, la secrétaire générale du PT s’est, sans surprise, longuement attardée sur la situation qui prévaut en Tunisie. Le parti, dit-elle, suit avec beaucoup d’intérêt ce qui s’y passe et tente de faire le tri et en «se préparant à toute éventualité» et revendiquera d’être le leader de la révolution si jamais cela doit se produire en Algérie. Mais cette éventualité est pour le moment écartée par Louisa Hanoune, qui estime que si en Algérie comme beaucoup d’autres pays, il existe une révolution latente, les révolutions ne sont pas exportables et le modèle tunisien ne peut être calqué. Devant ses militants, le numéro un du Parti des travailleurs a tout de même considéré que «certains nouveaux riches en Algérie doivent être inquiets et ne dorment pas bien», inquiets par les leçons données par la rue tunisienne. Et Hanoune de rappeler, une fois de plus, que son parti n’admettait pas que l’Algérie officielle se contente d’une «réaction timide» au lieu d’une position clairement affirmée en faveur de la révolution tunisienne. L’Algérie, dit-elle, n’aurait aucune raison d’être aussi frileuse et devrait aujourd’hui se sentir à l’abri de toutes les tentatives de pression du FMI ou de la Coface qui, par leurs rapports et autres recommandations, tentent de faire reculer le gouvernement sur les mesures prises dans le cadre de la loi de finances complémentaire de 2009. Preuve de l’intérêt que porte le Parti des travailleurs à ce qui se passe en Tunisie, des membres de la direction ont fait le déplacement en Tunisie pour vivre au plus près la révolution tunisienne. Ils sont revenus avec des témoignages faisant état d’une grande maturité des populations tunisiennes qui, au-delà des acquis arrachés, refusent de voir leur révolution confisquée.
    N. I.

  • l'algerie attend accord de boutef pour les manifs!!!!!!!!

    Algérie: manifestation samedi en Kabylie pour "un changement du régime"

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    Des milliers de personnes ont manifesté samedi à Béjaïa (250 km à l'est d'Alger) en Kabylie pour demander "un changement du régime" en Algérie, à l'appel d'un parti d'opposition, a-t-on appris auprès des organisateurs.

    Des milliers de personnes ont manifesté samedi à Béjaïa (250 km à l'est...

    Des milliers de personnes ont manifesté samedi à Béjaïa (250 km à l'est d'Alger) en Kabylie pour demander "un changement du régime" en Algérie, à l'appel d'un parti d'opposition, a-t-on appris auprès des organisateurs.
    Répondant à l'appel du Rassemblement pour la culture et la Démocratie (RCD), un parti d'opposition bien implanté en Kabylie, les manifestants ont défilé dans le calme dans les rues de Béjaïa.
    "La manifestation a rassemblé plus de 10.000 personnes", a assuré à l'AFP le président du RCD Saïd Sadi.
    Aucune indication indépendante sur le nombre des manifestants n'étaient disponibles en fin d'après-midi.
    Les manifestants scandaient des slogans inspirés par les récents événements en Tunisie. "Pour un changement radical du régime", criaient-ils notamment, selon un Sénateur du RCD Mohamed Ikahervane.
    Un important dispositif policier était déployé autour de la ville de Béjaïa mais les manifestants se sont dispersés dans le calme à l'issue de cette marche, selon M. Ikharvane.
    Une marche pour demander le "départ du système" est prévue le 12 février à Alger à l'appel de la toute nouvelle Coordination nationale pour le changement et la démocratie, qui regroupe des mouvements d'opposition et organisations de la société civile.
    Cette coordination, née le 21 janvier dans la foulée des émeutes du début janvier qui ont fait cinq morts et plus de 800 blessés, avait alors annoncé son intention d'organiser une marche autour du 9 février, date anniversaire de la proclamation de l'état d'urgence en Algérie.
    Le président d’honneur de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme (LADDH), Ali Yahia Abdenour, a avancé la date du samedi 12, lors d'une réunion de quelque 200 personnes, vendredi.
    Outre la LADDH, cette coordination comprend des syndicats autonomes d'enseignants, des organisations estudiantines, des partis politiques, le RCD notamment, et des représentants de la société civile.
    Ils revendiquent la levée de l'état d’urgence, instaurée il y a 19 ans, mais surtout "le départ du système".
    Les manifestations de rue sont interdites à Alger depuis juin 2001 quand une marche en faveur de la Kabylie avait tourné à l'émeute faisant huit morts.

    AFP
  • Les droits humains toujours pas respectés en algerie

    Rapport Human Rights Watch 2011 sur l’Algérie

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    Restrictions en termes de libertés individuelles, entraves à la liberté d’expression et de réunion, harcèlements et marginalisation des cultes autres que l’Islam,… au cours de l’année 2010, l’Algérie n’a, encore une fois, pas brillé par son respect des droits de l’homme.

    L’ONG Human Rights Watch (HRW) ne manque d’ailleurs pas de le rappeler dans son rapport 2011, qui passe au crible les événements de l’année écoulée. Dans le bilan établi par l’organisation, la situation des citoyens algériens n’est pas reluisante. «L’Algérie a continué de connaître des violations généralisées des droits humains en 2010. L’état d’urgence – imposé en 1992 et renouvelé pour une durée indéterminée par décret en 1993 – a créé un cadre propice à des restrictions généralisées pesant sur la liberté d’expression, d’association et de réunion», est-il déploré, d’emblée, dans le rapport. Et HRW est prolixe quant aux entraves faites aux libertés, quelles qu’elles soient. De la presse tout d’abord. «Les médias audiovisuels sont contrôlés par l’État et proposent la retransmission en direct des sessions parlementaires. En revanche, ils ne diffusent presque aucune émission critique sur les politiques gouvernementales», énoncent les rédacteurs du document.

    Quant aux journaux privés, ils bénéficient d’un espace «considérablement plus libre», mais les lois répressives sur la presse et leur dépendance vis-à-vis des revenus de la publicité du secteur public «limitent leur liberté de critiquer le gouvernement et l’armée», explique HRW. Les journalistes et les publications indépendantes sont ainsi «régulièrement poursuivis par les procureurs»,  pour diffamation ou injures à l’encontre de représentants de l’État. Actions judiciaires à l’issue desquelles des condamnations à de la prison et à de fortes amendes sont prononcées. Puis HRW de citer plusieurs cas illustratifs de cet acharnement procédural et carcéral. Rabah Lemouchi, correspondant du quotidien national arabophone Ennahar à Tébessa, Belkacem Belhamidèche, directeur et journaliste au quotidien francophone Réflexion à Mostaganem, ou encore Saleh Souadi, journaliste pour El Khabar à Médéa.


    Entraves aux libertés, même de culte


    De même, de graves entraves à la liberté d’activité des associations et autres représentants de la société civile sont épinglées par l’ONG dans son rapport annuel. «Un décret de 2000 interdisant les manifestations à Alger demeure en vigueur», est-il rappelé dans le document. Ce qui laisse le champ libre à la répression et autres dépassements. Dispersion, parfois par la force, des rassemblements de SOS disparus, interdictions des réunions des organisations de défense des droits humains ou des associations qui promeuvent les droits de la population kabyle d’Algérie, comme la LADDH et le Congrès mondial amazigh, ou encore la fermeture de la Maison des syndicats. Par ailleurs, déplore HRW, les autorités algériennes refusent fréquemment d’accorder des visas d’entrée aux journalistes et aux activistes des droits humains. L’autre grave transgression des principes élémentaires des conventions des droits de l’homme est le non-respect de la liberté de culte. La Constitution algérienne, qui fait de l’Islam la religion d’État et exige du président qu’il soit musulman, garantit aussi la liberté de culte. Pourtant, «le droit algérien criminalise le prosélytisme des non-musulmans auprès des musulmans, mais pas le contraire, et interdit aux non-musulmans de se réunir pour prier, sauf dans des lieux approuvés par l’État», explique HRW. Toutefois, dans la pratique, les autorités «accordent rarement aux groupes de protestants algériens la permission d’utiliser des bâtiments pour leur culte et les fidèles risquent des poursuites». Et le rapport de rappeler les condamnations de chrétiens à Larbaâ Nath Irathen ou encore à Mila.


    Pour ce qui est du dossier des victimes du terrorisme, l’ONG déplore qu’à ce jour la lumière n’ait jamais été faite sur «les troubles politiques» qui ont fait des centaines de milliers de morts et des milliers de disparus. «La loi de 2006, dite ‘charte pour la paix et la réconciliation nationale’, instaure un cadre légal pour l’impunité persistante dont bénéficient les auteurs des atrocités de cette période», est-il dit dans le document. Ce qui pourrait expliquer que le gouvernement algérien n’ait pas adressé «d’invitations aux cinq mandataires de procédures spéciales du Conseil des droits de l’homme des Nations unies qui l’avaient demandées, parmi lesquels le groupe de travail sur les disparitions forcées ou involontaires et le rapporteur spécial sur la torture et les droits de l’homme dans le cadre de la lutte contre le terrorisme», déplore l’ONG. Toutefois, est-il précisé, «l’Algérie a annoncé l’envoi d’invitations à visiter le pays courant 2011 à sept autres rapporteurs spéciaux, dont le rapporteur spécial sur la violence contre les femmes et le rapporteur spécial sur le droit à la liberté d’opinion et d’expression

    Ghania Lassal
  • Panique chez les Schtroumpfs

    Un vent de panique sans nom, s’est emparé du pouvoir ces derniers temps. 
    Tous les ministres, du premier au dernier s’agitent pour faire dans la surenchère, pour calmer les esprits échauffés,...et rattraper des décennies d’incuries. c’est à qui mieux, mieux !
    Le président  lance  des ballons d’essais, par des voies anonymes, que la presse comme d’habitude désigne par « sources bien informées » ou de « sources sûres » annonçant  un changement de gouvernement imminent.
    Le premier ministre préconise de lever le pied sur les retraits de permis, et le gèle des attributions de logement, sources de mécontentement et de révoltes.
    Il annonce également  la suspension temporaire des droits de douanes, de la TVA  et de l’IBS pour certains produits comme le sucre et l’huile.
    Des instructions sont données  aux  administrations pour le déblocage des investissements, tant nationaux qu’étrangers.
    Le ministre des Postes et Télécommunication promet une augmentation du débit internet,
    Celui du tourisme fait dans l’autosatisfaction : « le tourisme marche bien dans le Sud », il annonce aussi la création de 380000 emplois d’ici 2014 (mieux que l’ex. Président Benali)
    Celui du travail, lui insiste sur la création d’espaces de loisirs pour les jeunes et les familles, et fustige au passage « certaines parties » qu’il accuse de vouloir instrumentaliser les revendications sociales à des fins politiques… encore un coup des Russes, des Américains ou des juifs ?... On ne sait pas? Il n’a pas donné de noms. Il nous réserve sûrement la surprise pour une autre fois.
    Le ministre de la santé, annonce, toujours du haut de sa suffisance, la création d’écoles de formation paramédicales entre 2011 et 2014, la création de nouveaux hôpitaux, etc.…
    Quant à  celui du commerce empêtré depuis le début des révoltes,  dans le carcan des prix, des kilogrammes, des tonnes, des taxes douanières, de la TVA, des grossistes, des importateurs…vient de se payer une balance de haute précision ainsi qu’une calculette scientifique, pour s’attaquer à l’ajustement des prix des denrées de large consommation.
    Celui des finances s’attèle à la réforme du système bancaire, et pour éteindre le feu, il demande la suspension temporaire de l’utilisation des chèques dans les transactions commerciales, dépassant les 500 000da.
    Le ministre de l’agriculture annonce l’importation de quantités exceptionnelle de blé et de pommes de terre.
    Le ministre de la communication (ou de l’ENTV) promet quant à lui des réformes ainsi que l’ouverture du champ médiatique …sans autres précisions ! Des télés et des radios privées peut-être ?
    Par ailleurs il ne se passe pas un jour sans voir, en gras à la une des journaux, l’annonce de plusieurs centaines de milliards d’investissements dans tous les domaines.
    Devant toutes ces alléchantes initiatives d’ordre alimentaire, nous ne pouvons que nous tenir le ventre, car les promesses n’engagent que ceux qui y croient. 

    Saïd O.

     

  • Fausses solutions

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    La machine gouvernementale s’est, depuis quelques jours, mise en branle dans une ultime tentative d’absorber la colère de la rue. Relayés par les médias publics, à leur tête la télévision, des ministres promettent, on ne sait d’ailleurs par quelle magie, création d’emplois, résorption de tous les problèmes que vivent les Algériens. Les bureaux de recrutement – pour le préemploi ! – ont été instruits d’ouvrir grand leurs portes, les entreprises publiques sommées d’offrir du travail même si elles n’en expriment pas le besoin. Le Premier ministre a été jusqu’à donner des instructions pour suspendre le retrait du permis de conduire dont le caractère excessif est décrié autant par les spécialistes que par les Algériens, qui ont déjà fait les frais de ces mesures décidées par le gouvernement.


    Voilà, en gros, ce que propose l’Exécutif en guise de réponse à la large contestation dont il fait l’objet. En fait, des solutions aléatoires, insensées et méprisantes ! Aléatoires parce qu’elles ne règlent rien au fond. Insensées parce qu’elles n’obéissent à une aucune logique économique : la création d’emploi ne peut découler que de la seule équation du développement et de la prospérité économique. Or, en dépit du matelas financier dont dispose le pays depuis plusieurs années, on continue encore à vivre des seules recettes qui proviennent du pétrole. Méprisantes, parce que les mesures qu’a prises le gouvernement s’apparentent à de la charité. C’est de l’aumône pour faire taire la faim des citoyens qui, aux yeux de ceux qui nous gouvernent, ne se sont soulevés qu’à cause de la flambée des prix du sucre et de l’huile. Dans une perception réductrice des aspirations des Algériens, l’on pense ainsi que les émeutes et les manifestations qu’a connues le pays, ces derniers temps, n’ont été le fait que d’un peuple affamé revendiquant bruyamment une bouchée de pain. On lui concède alors quelques miettes. On gesticule dans tous les sens pour l’extraire, s’égosillait avant-hier le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale, de la manipulation.


    S’élevant au-dessus de tout soupçon et dédouanant l’Exécutif de toute responsabilité dans la situation actuelle, les ministres, qui ont eu à défiler depuis quelques jours sur l’écran de l’Unique, pensent s’adresser à un peuple de mineurs incapables de discernement. Ils lui déconseillent d’ailleurs de faire de la politique en présentant cette dernière comme un mal dont il faut absolument s’en prévenir ! En s’érigeant en tuteurs des masses, les membres du gouvernement sont dans la pure tradition du parti unique. Les gestes, la mimique, le discours et la suffisance rappellent malheureusement ces années de plomb. Nous y sommes replongés d’ailleurs.
    Faut-il rappeler encore que les dernières émeutes sont le produit de l’échec de toutes les politiques menées par l’équipe actuelle ? Promettant la relance économique, il y a installé un désordre indescriptible. Au plan politique, tout a été verrouillé pour étouffer les libertés, empêcher la construction d’une alternative et continuer à gérer le pays d’une main de fer, chose qui a fait d’ailleurs prospérer la corruption dont les scandales ne se comptent plus.
     

  • Béjaïa : Le RCD a mobilisé des milliers de marcheurs

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    zoom | © Elwatan

    Ils étaient quelques milliers de manifestants dans les rues de Béjaïa à avoir marché la matinée du samedi 29 janvier demandant d’une seule voie le départ du régime en place.

    Le RCD a ainsi réussi à mobiliser plus qu’il n’a pu le faire ces dernières années. Son action a eu le soutien des étudiants qui se sont constitués en un comité pour «la sauvegarde et la citoyenneté», des lycéens structurés en une coordination et de l’association des victimes d’octobre 88.

    L’esplanade de la maison de la culture a été noire de monde.  La marche s’y est ébranlée après l’arrivée des étudiants qui ont initié une marche à partir du campus universitaire de Targa Ouzemmour. Une voiture drapée de l’emblème national a devancé les marcheurs organisés en carrées. Des députés, et autres élus du parti de Sadi étaient en tête de la marche ponctuée par des banderoles et des pancartes à la même revendication : celle du départ du régime.

    Pas un seul élément des forces de maintien de l’ordre dans la rue. Ils se sont faits discrets. Seuls quelques agents de circulation sont visibles. Les policiers en civil, eux, sont en nombre. C’est au rythme de slogans criés, parfois chantés, que les marcheurs ont traversé le boulevard de l’ALN pour arriver jusqu’au siège de la wilaya où une scène avec sonorisation a été mise sur pied.

    Des lycéens et étudiants s’y sont reliés pour prendre la parole. «Nous sommes les enfants de ce pays, c’est notre avenir qui est en jeu. Nous voulons un changement radical» déclare, au micro, un jeune lycéen. «Nous demandons le départ du régime. Nous en avons marre» renchérit une étudiante. «C’est un jour d’indépendance pour nous, et un jour sombre pour Bouteflika, Ouyahia et tous ceux qui ont squatté le pays» lance le sénateur de Tizi Ouzou, M. Ikherbane qui estime que «le jour est arrivé pour que le régime parte».

    Il promet que le 12 février prochain, date de la marche de la coordination nationale pour le changement et la démocratie, «nous serons des centaines de milliers dans les rues d’Alger». «Le monde verra que le peuple algérien n’est pas démissionnaire» ajoute-t-il. «Nous demandons le départ du système et de tous ceux qui l’incarne» lance le député et chef du groupe parlementaire Athmane Maâzouz.

    Pour le député Boubekeur Darguini, cette marche du RCD a démontré que «la rue est pour un idéal démocratique». «Nous sommes interpellés et le RCD a pris ses responsabilités» déclare-t-il en promettant, de son coté, que le 12 février «le régime va trembler». «Nous avons voulu marcher pacifiquement à Alger. La seule réponse du régime a été la répression» déplore le député Maâzouz qui soutient qu’il «n’y a pas que la lutte qui paye». «Occupons la rue et demandons le départ du régime» conclut-il.

    Kamel Medjdoub
  • POURQUOI LES PAYS ARABES SONT MAL GOUVERNES : 1. L'HISTOIRE... et boutef 1er

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    Par Abderrahmane MEBTOUL-Economiste  et Mohammed TAYEBI- sociologue

    « La bonne gouvernance se conjugue toujours au présent et se chante selon les hymnes des cultures »

    Les évènements  en Tunisie, en Egypte, Yémen , Jordanie  et certainement  dans ‘autres pays du Machrek et Maghreb si  des solutions urgentes renvoyant au fonctionnement du système économique et politique ne sont pas  prises en urgence ,  évitant des replâtrages conjoncturels comme des permutations de ministres ,  nous incitent à poser la question de la gouvernance démocratique dans les pays arabes, l’Afrique du Nord, dont  l’Algérie, étant fortement interpellée. Il faut reconnaître, sauf pour ceux qui s’alimentent de discours démagogiques en contradiction avec la réalité, qu’existe actuellement une unanimité tant des experts nationaux qu’internationaux sur le résultat très mitigé des pays arabes  dans l’avancement de la bonne gouvernance et donc de la réforme de l’Etat incluant le volet de la justice ; de l’éducation et de l’économie pour une insertion harmonieuse dans l’économie mondiale et une lutte efficace contre le chômage et la pauvreté au sein d’une monde interdépendant en perpétuel mouvement, en fait de la panne de la réforme globale qui conditionne tout le processus de développement à terme. Nous ne parlerons pas des pays africains, excepté une infime minorité, qui sont le plus en retard dans ce domaine expliquant d’ailleurs le développement du sous développement de ce continent dont les axes directeurs du Nepad concernant ce sujet, loin d’être concrétisés, et qui ont été examinés à Accra au forum du Mécanisme africain de l’évaluation par les pairs ( MAEP) qui a été suivi de la session ordinaire du 9ème sommet de l’Union africaine des chefs d’ Etat et de gouvernement du 01 au 03 juillet 2007 dans la capitale ghanéenne. Dans ce cadre, il et utile de rappeler que la gouvernance n’est pas une préoccupation récente, comme on le croit généralement. C’est même là un problème ancien et important, puisque toutes les sociétés ont dû et doivent trouver une organisation  qui assurent leur reproduction. Les solutions qui y ont été apportées au cours de l’Histoire varient selon l’époque et le type de société.

    1.-Bonne gouvernance : référents historiques

    Le concept de « la bonne gouvernance » et les concepts de famille généalogique, qui l’ont précédé telles que la modernité, la démocratie et même celui de la République, ressemblent à une sorte de pluie de météorites ou de comètes qui auraient arrosé semble-il avec leur sens et leurs structures les imaginaires dormants d’une culture politique et philosophique arabe depuis des siècles, fragmentée, fragilisée par des pannes épistémologiques et des fanfaronnades ésotériques qui ont accouché d’un confrérisme souvent chimérique. Ses matrices peu irriguées par les courants de la critique sont devenues peu fécondes sinon stériles et inadaptées aux enjeux du savoir et de la pensée dans les constructions politiques, sociologiques et économiques. Les logiques qui ont traversé les discours et les pratiques politiques expriment en clair, une sorte de désarroi d’une pensée perdue dans les méandres d’une légitimité mythique, et perdante dans ses efforts pour aboutir à construire un arsenal conceptuel performant qui la placerait comme cela a été le cas avec Ibn Rochd, Ibn Toufail, Ibn Arabi et Ibn Khaldoun et tant d’autres, dans le sillage de la pensée universelle. L’histoire et ses références, le sacré et ses exigences, sont devenues alors une sorte d’étouffoir affaiblissant tout pilotage intellectuel fécond qui aurait convenablement expliqué le concept de la décadence tant décriée et aurait aussi accompagné actuellement les expériences de développement tant vantées. La question du développement politique, le creuset de toute gouvernance bonne ou moins bonne, sciemment ignorée par les ordres approximativement représentatifs sinon exclusivement assabiens, commence aujourd’hui à donner ses fruits amers avec « ses raisins de la colère » qui explicitent toutes les raisons de la déroute politique arabe hier et aussi aujourd’hui. Ibn Khaldoun et sans déroger à la vision d’Ibn Rochd voyait venir les choses à partir de deux horizons opposés et qui vont faire de la gouvernance et de sa sociologie leur cheval de bataille. Les uns ceux d’occident ont vite compris le statut de la pensée dans la production des Mulks et les autres ceux de chez nous se sont rabattus sur les référents assabiens qui lui permettront de venir à bout de l’héritage politique musulman. Au coeur des crises qui traversent et agitent le monde arabe, la gouvernance et le modèle étatique (référents doctrinaux et hiérarchisations des pouvoirs) sont au cœur des débats et constituent un enjeu majeur pour les ruptures annoncées par les uns et attendues par les autres. L’échec de la politique dans le monde arabe, est en train d’alimenter une sahwa dont les contours idéologiques sont insaisissables, mais le principe d’une bonne gouvernance telle intériorisée par l’imaginaire sociale depuis des siècles est en effet la pierre angulaire. Les faussaires de la mémoire collective, ont obscurci l’imaginaire sociale et politique en l’enfermant dans un clos devenu insensible aux sens et aux questions du renouveau. Les mémoires faussées, abîmées ou congelées tétanisent les volontés collectives et les placent dans une situation passive. Le principe des luttes historiques se réduit et se transforme en conflits latents subjectifs et sans stratégies. De fait alors, la problématique de la bonne gouvernance semble venir d’un ailleurs plus au moins meilleurs qui pourrait éventuellement sauver l’imaginaire politique arabe. Le concept de bonne gouvernance dans le cas de la société arabo- musulmane est lié aux concepts des mawazine Al Mana (interdire) et le Manh (satisfaire) et du ijmaa et twafouk qui se vérifient dans l’action de l’administration publique et le comportement de ses agents. Les avortements qu’il a subis et les violences qu’il a engendrées l’ont tellement perverti qu’il est devenu dans l’imaginaire politique un mythe voire une légende inaccessibles qui hantent les imaginaires millénaristes des mahdismes toujours attendus. La bonne gouvernance est aujourd’hui une entreprise complexe qui au-delà de la problématique de gestion du Mel al am (deniers publics), doit entreprendre par des actions pédagogiques la restauration de la sérénité politique, réduire les séquelles des mémoires abîmées par le despotisme et la ghalaba assabienne. Les accidents des mémoires politiques (répression des élites) ont fragilisées la construction d’une élite politique. La bonne gouvernance exige dans ce genre de situation, une nouvelle charpente intellectuelle qui clarifie la différence entre la daawa et la dawla, qui instaure un régime légitime et un cadre légal de la responsabilité politique, qui doit à son tour cultiver la démocratie au cœur de la société pour qu’elle devienne un mécanisme pour l’alternance politique. Or, les objectifs initiés par certains experts voulant universaliser leurs modèles, semblent ignorer les bouleversements profonds et violents qui traversent les matrices sociologiques et politiques spécifiques à chaque société.

    LA SUITE : 2. LE MODELE SULTANIEN
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    Abderrahmane Mebtoul est Docteur d’Etat Es Sciences Economiques  et Mohammed Tayebi Docteur d’Etat en sociologie, tous deux professeurs d’Université
    (1) A. Mebtoul et M. Tayebi « le poids des tribus dans les sociétés maghrébines » –contribution  peut être consultée site Internet www.yahoo.fr ou www.google.fr

  • game over!!!!!!!!

    De la douleur de se séparer
    d’un gouvernement aussi compétent !
    empastillé!!!!! et h'mimed .....barra !!  out, game over!!!!!files.php.jpegindex.jpeg
    Par Hakim Laâlam  
    Email : laalamh@yahoo.fr
    Contrairement aux rumeurs malveillantes, c’est toujours
    Abdekka qui dirige l’Algérie.

    Droit dans le mur !

    Il paraît que les tractations là-haut font rage. Prononcezle «là-haut» en adoptant une posture particulière, le menton, et donc la tête qui va avec, levés vers un point indéfini, dans les nuages, s’il fait nuage, ou dans le vague et le flou, s’il fait vague et s’il fait flou. Personnellement, je comprends tout à fait que les tractations fassent rage autour du changement de gouvernement. Ce n’est pas facile de remplacer un Amar Tou aux transports ! Dis-moi, toi, qui tu vas mettre à la place de Si Amar qui pourra nous faire oublier ces moments délicieux où le Monsieur, toujours tiré à quatre épingles, invitait fermement les caméras de l’ENTV à le suivre dans ses virées mémorables dans les boyaux boueux du futur-ex-métro d’Alger, nous promettant l’entrée en service de ce moyen de transport public pour les 15 de chaque mois à venir ? Qui, hein ? Par qui remplacer Ould Abbès à la santé, l’homme qui, après avoir longuement parlé et s’être enfin fait comprendre par les autobus, a lié une relation unique et intensément passionnelle avec tous les cartons de médicaments qu’il croisait dans les cagibis des hôpitaux, nous expliquant avec force détails que le moindre de ces cartons devait avoir sa griffe avant de se voir ouvrir et livrer ainsi son contenu à des malades déjà morts ? Qui, hein ? Par qui, Allah yarham babek remplacer Temmar ? L’homme qui ne sait plus lui-même si sa dernière réforme du secteur de l’industrie remonte à son goûter de 16 heures ou à son déjeuner de midi, à moins qu’il ne l’ait décidée, cette réforme, au petit déj’ ? Qui, hein ? Par qui, s’il te plaît remplacer un Benbada ? Un ministre du Commerce qui, en pleine émeute, pointe son long index en direction de Rabrab, l’accablant de tous les maux, lui faisant porter toute la responsabilité des augmentations des prix de l’huile et du sucre, pour revenir ces dernières heures, parce qu’apparemment son index aurait été pincé violemment, nous jurer que Rabrab n’y est pour rien ? Qui, hein ? Par qui remplacer un Ould Kablia qui s’empresse d’inviter les partis politiques à introduire des demandes d’autorisation de manifester pacifiquement, pour, aussitôt son vœu exaucé, introduire pas très pacifiquement 4 000 flics dans la capitale et leur ordonner de taper sur tout ce qui bouge dans le sens contraire du régime de bananes surgelées qui nous non-gouverne ? Qui, hein ? Par qui remplacer une Khalida Toumi qui s’occupe de l’abattage des arbres non conformes aux scripts, des waâdate, des «années de l’Algérie machin» ou encore des «défilés flashions- week tartempion» ? Qui, hein ? Tu vois bien que ce n’est pas facile ! Tu comprends qu’il faille de longues tractations pour se séparer d’autant de lumières et de compétences. Moi, je propose, une fois le nouveau gouvernement annoncé, que nous allions tous en procession, munis de mouchoirs en papier consoler ceux qui, là-haut (maintenez la tête toujours levée vers un point indéfini dans les nuages en prononçant ce «là-haut»), le cœur déchiré et les yeux encore embués de larmes, auront pris la lourde décision de changer ce gouvernement. Cette formidaaaaaable Dream- Team de l’échec ! Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
    H. L.

  • trop tard ,tous out, boutef and the clan oujda go home!!!!! we can do it

    LES MINISTRES ALGÉRIENS SE PRÉCIPITENT DANS UNE CAMPAGNE D’APAISEMENT
    Un discours exagérément rassurant


    Face à la vague de protestations sociales qui secoue le Nord-Africain et qui ne cesse de mettre en péril les régimes totalitaires, les ministres algériens se précipitent dans une campagne d’apaisement, redoutant que le vent de changement qui souffle sur la Tunisie, l’Egypte et le Yémen n’atteigne les côtes algériennes pour inciter la population à hisser encore une fois et après un retour au calme les voiles de la révolte sociale. C’est du moins ce qui a été constaté ce jeudi à l’APN, où répondant à des questions orales, des députés, le ministre de l’Emploi Tayeb Louh, celui de la Santé Djamel Ould- Abbès ainsi que ceux du Tourisme, Smaïl Mimoune, et du Commerce Mustapha Benbada, ont opté pour un discours exagérément rassurant.
    SMAÏL MIMOUN À PROPOS DU TOURISME EN ALGÉRIE :
    «Ça marche bien… au Sud» !
    Selon les chiffres avancés ce jeudi à l’APN par le ministre du Tourisme et de l’Artisanat, Smaïl Mimoun, l’Algérie a enregistrée 1 million 900 mille touristes dont 500 mille étrangers durant l’année 2010. Visiblement optimiste, le ministre, qui estime que le tourisme marche bien en Algérie, surtout au Sud, a tenu à préciser qu’il ne s’agit là que d’un bilan provisoire en attendant la fin de la saison touristique au mois d’avril prochain. Par ailleurs, Smaïl Mimoun a fait savoir que son secteur compte actuellement 700 000 postes d’emploi, annonçant au passage la création de 380 000 postes de travail prévue d’ici 2014. Toutefois, le ministre ne voit pas la réalisation d’une telle perspective sans l’implication des investisseurs privés, auxquels, insiste-t-il, l’Etat a accordé toutes les facilités et s’est engagé à les accompagner dans cette nouvelle démarche. A cet effet, Smaïl Mimoun affirme avoir donné son accord pour la réalisation de 523 projets hôteliers d’une capacité d’accueil de 500 000 lits qui nécessiteront une enveloppe budgétaire de l’ordre de 150 milliards de dinars.

    TAYEB LOUH, MINISTRE DU TRAVAIL :
    «Il faut ouvrir des espaces de loisirs pour les jeunes»
    Le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale, Tayeb Louh, a insisté ce jeudi, en marge de son passage à l’APN, sur l’impérative ouverture d’espaces de loisirs au profit des jeunes et des familles. Par ailleurs, le ministre a rappelé que la prise en charge des doléances et des préoccupations sociales a toujours figuré au centre des priorités de l’Etat, appelant à la nécessité de préserver le pouvoir d’achat des citoyens. Toutefois, Tayeb Louh n’a pas omis d’évoquer le cas de «certaines parties» qu’il accuse de vouloir instrumentaliser des revendications sociales à des fins politiques. «Les jeunes savent bien qui travaille et qui se préoccupe de leur avenir», a-t-il ajouté. Sur un autre chapitre, le ministre a fait savoir que 530 917 jeunes dont 13 000 diplômés ont été recrutés en 2010. Selon lui, le marché de l’emploi accueille annuellement 12 000 diplômés. Concernant la stratégie nationale de lutte contre le chômage et de la promotion de l’emploi, Tayeb Louh a rappelé l’important rôle des élus locaux dans le suivi de ce programme à travers notamment l’accompagnement et le bon accueil des jeunes demandeurs de formation et d’emploi. Ainsi, pour la réussite de cette stratégie qui, selon le ministre, «s'inspire d'une approche économique qui repose sur l'encouragement de l'investissement créateur de richesse et d'emploi», Tayeb Louh a cité un certain nombre de mesures incitatives, à l’exemple du prolongement de la période d'exonération fiscale au profit des jeunes investisseurs qui s'engagent à recruter cinq chômeurs, ainsi que le paiement du salaire des jeunes recrutés durant les trois premières années en vue de réduire les charges des employeurs et faciliter l'insertion socioprofessionnelle des jeunes.

    DJAMEL OULD-ABBÈS :
    «Le nouveau projet de loi sur la santé s’étalera sur 20 ans»
    Le ministre de la Santé et de la Réforme hospitalière, Djamel Ould-Abbès, a annoncé jeudi à l’APN que le projet de loi sur la santé en cours d’élaboration s'étalera sur 20 ans (2011-2030), afin de permettre au secteur dont il a la charge de s'adapter au développement scientifique ainsi qu’aux mutations socioéconomiques et culturelles que connaît la société algérienne. Par ailleurs, Ould-Abbès a fait savoir que son secteur accueillera 29 nouvelles écoles de formation paramédicale entre 2011 et 2014 et qui vont permettre la formation de 9 000 infirmiers. Le ministre a également affirmé que des infirmiers et des infirmières ont été recrutés par centaines cette année au niveau de plusieurs wilayas du pays. Comme il a promis la réalisation de nouveaux hôpitaux, notamment un hôpital psychiatrique, trois polycliniques et un centre de désintoxication dans la wilaya d'IlIizi.
    Mehdi Mehenni

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  • L’Egypte, un pays entier déconnecté du Net

     

    par Alexandre Hervaud

    Aperçu du trafic internet vers et depuis l’Egypte via Huffington Post

    En temps normal, 23 millions d’Egyptiens, soit près d’un quart de la population du pays, accèdent plus ou moins régulièrement à Internet d’après les chiffres officiels. Depuis jeudi, le gouvernement de Moubarak a osé faire ce que la Chine ou l’Iran n’ont jamais ne serait-ce que tenté : couper l’accès à Internet d’une nation entière. Du « simple » filtrage de réseaux sociaux utilisés par les manifestants comme Twitter, l’Egypte est passé au niveau supérieur, le blocage total de tous les sites. Seuls la Birmanie et le Népal, où le taux d’équipement est incomparable avec l’Egypte, ont déjà franchi un cap similaire.

    Sur son blog, l’entreprise spécialiste en réseaux Renesys évoque la censure du Net imposé à tout poste connecté via les quatre principaux fournisseurs d’accès à Internet (FAI) du pays, à savoir Link Egypt, Vodafone, Telecom Egypt et Etisalat Misr. Les FAI semblent avoir obtempéré aux exigences du gouvernement, filtrant sans distinction les protocoles nécessaires à la navigation web. Mettre en place un tel filtrage ne nécessite pas d’opération de grande ampleur pour les opérateurs, une simple série de commandes renseignées sur un ordinateur dédié suffisant à « débrancher » tout un pays. « En vingt-quatre heures, on a perdu 97% du trafic internet égyptien », déclarait hier à l’AFP Julien Coulon, cofondateur de la société française Cedexis qui régule et oriente à un niveau international les visites d’internautes selon l’état du trafic. Concrètement, l’entreprise Trend Micro, expert en sécurité informatique, évalue que 88% du réseau est indisponible en Egypte, une première dans l’histoire d’Internet.

    Conséquences de ces méthodes draconiennes : les sites hébergés en Egypte étaient indisponibles hier, même depuis l’étranger. Le site ZDnet.com a tenté de se connecter aux 25 sites les plus fréquentés du pays : 22 d’entre eux étaient indisponibles, les trois autres étant des sites d’entreprises automobiles redirigeant probablement vers des versions étrangères. Parallèlement au bridage du web, les opérateurs de téléphonie mobile ont reçu l’ordre du gouvernement de suspendre leurs services dans certaines zones, empêchant par exemple l’envoi de SMS.

    Des moyens de contourner la censure ont été mis en place, notamment le FAI associatif français FDN, qui permet via son réseau à tout Egyptien disposant d’une ligne téléphonique analogique de se connecter en appelant un numéro en France. Cette solution d’accès par Réseau Téléphonique Commuté (RTC) peut déjouer le filtrage et permettre d’obtenir un débit faible. « Par ce biais, n’importe qui en Egypte disposant d’une ligne téléphonique analogique capable de joindre la France a la possibilité de se connecter au réseau par le n° suivant : +33 1 72 89 01 50. (login : toto password : toto) », explique FDN.

    Sur son compte Twitter, l’employé de YouTube Hunter Walk a invité tous les internautes à lui signaler les vidéos de manifestations en Egypte afin de les mettre en avant sur la plateforme vidéo. Diffusant en direct depuis son bureau du Caire malgré l’ambiance explosive sur place, la chaîne Al Jazeera a vu l’audience de son site web décoller à en juger par les nombreux statuts Facebook et autre tweets mentionnant sa couverture live.

    Reporters Sans Frontière a rappelé à cette occasion que l’Egypte figure sur sa liste des « Ennemis d’Internet » en raison du traitement réservé aux opposants sur la Toile. Profitant de l’actualité, WikiLeaks a dévoilé hier des câbles diplomatiques de l’ambassade américaine du Caire. L’un d’entre eux daté de mars 2009 estime à 160 000 le nombre de blogueurs égyptiens, tous genres confondus, et fait état d’arrestations de plusieurs d’entre eux accusés d’avoir organisé des manifestations. Pendant ce temps, en Syrie, le gouvernement semble imiter son homologue tunisien, à un degré moindre toutefois.

  • no moment