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  • plusieurs repaires islamistes évacués hier par les forces de l’ordre

     


     

     

     

    Le gouvernement égyptien tient à reprendre les choses en main

    Par : Merzak Tigrine

    Alors que le pays est sous état d’urgence et couvre-feu, les autorités égyptiennes tentent de reprendre le dessus sur le terrain en mettant hors d’état de nuire des responsables des Frères musulmans ainsi que leurs soutiens tels que le frère du chef d’Al-Qaïda, Mohamed al-Zawahiri, arrêté hier au Caire.

    La confusion régnait toujours hier en Égypte notamment au Caire, où la police a poursuivi sa campagne d’arrestation contre les chefs de la confrérie et leurs éléments, dont quelques-uns s’étaient retranchés dans une mosquée. Les échanges de tirs n’ont pas empêché les policiers de donner l’assaut de l’édifice religieux pour en déloger les islamistes. Des tirs nourris retentissaient aux abords de la mosquée Al-Fath dans le centre du Caire, dont ceux des policiers qui tiraient en l'air pour disperser les habitants, après que l'assaut eut été lancé sur la mosquée assiégée depuis vendredi soir par les forces de l'ordre. Les policiers ont réussi à extraire de force sept ou huit hommes au début de l'assaut, mais la foule de résidents en colère les a copieusement tabassés à coups de bâton et de barres de fer, selon le journaliste de l'AFP qui a vu un homme en civil blessé par balle être évacué par la police.
    Des hommes retranchés et les policiers ont alors commencé à échanger des tirs nourris tandis que la foule hurlait : “Où est le gouvernement ? Ce sont des terroristes !”, en montrant les hommes tabassés. Ces dernières 24 heures, 173 personnes ont été tuées lors de heurts entre manifestants et forces de l'ordre désormais autorisées à tirer sur les manifestants hostiles. Détaillant le bilan, Chérif Chawki, porte-parole du bureau du Premier ministre, a indiqué que 95 personnes avaient notamment péri au Caire et 25 autres à Alexandrie, la deuxième ville du pays. Ce bilan, a-t-il précisé, inclut les décès recensés depuis vendredi après-midi et jusqu'à hier à 10h du matin (8h GMT). 57 policiers ont été tués depuis trois jours, a-t-il ajouté, sans préciser s'ils venaient ou non s'ajouter aux 173 morts.
    À l'aube, des images diffusées par des télévisions avaient montré des policiers entrés sans violence dans la mosquée et qui semblaient négocier avec les manifestants leur sortie.
    Une manifestante à l'intérieur a affirmé à l'AFP par téléphone que les pro-Morsi réclamaient la garantie de ne pas être arrêtés ou attaqués par des civils hostiles en sortant de la mosquée.
    Le pays, désormais sous l'état d'urgence et couvre-feu, est devenu, depuis la dispersion mercredi des campements au Caire des partisans du président islamiste déchu Mohamed Morsi, un véritable champ de bataille où s'affrontent pro-Morsi et forces de l'ordre du nouveau pouvoir installé par l'armée. Le ministère de l'Intérieur a, de son côté, annoncé avoir arrêté pour la seule journée de vendredi 1 004 islamistes. Vendredi, Le Caire s'était transformé en un véritable champ de bataille avant que les manifestations ne cessent une heure après l'entrée en vigueur du couvre-feu nocturne. Durant les heurts, le fils du guide suprême des Frères musulmans, la confrérie de Mohamed Morsi, a été mortellement touché par balle sur la place Ramsès, proche d'Al-Fath, a annoncé la confrérie. Par ailleurs, le frère du chef d'Al-Qaïda a été arrêté dans la banlieue du Caire pour “soutien” à Mohamed Morsi, ont annoncé des responsables des services de sécurité.
    Ces sources, qui s’exprimaient sous le couvert de l'anonymat, ont précisé que Mohamed al-Zawahiri, un Égyptien qui vit au Caire, a été arrêté à Guizeh, dans la banlieue de la capitale.
    Le gouvernement affirme désormais “combattre le terrorisme”.

    M.

  • La crise égyptienne et l’ahurissement démocratique

     

    Par : Mustapha Hammouche

    La “communauté internationale” et les “démocrates” sont comme sidérés devant les évènements d’Égypte. Pourtant, au commencement, il y a eu un “coup d’État” qu’ils n’ont pas spontanément condamné, tant le pouvoir élu des Frères musulmans avait fait la démonstration de son incompétence, de la nature sectaire de son idéologie et de la violence de ses méthodes. C’est donc tout naturellement que le monde a fermé les yeux, et parfois approuvé, quand, répondant à la demande populaire massivement exprimée, l’armée égyptienne a déposé le président Morsi.
    Mais, voilà, les Frères musulmans ne pouvaient se résoudre à prendre simplement acte de la révocation populaire. D’autant que la règle démocratique tranche en leur faveur : ils avaient un mandat légal à accomplir.
    Et devant un tel argument, les démocrates traditionnels sont désarmés ! De bonne ou de mauvaise foi, de bon gré ou contraints, ils s’y plient, surtout que les “victimes” ont choisi de pousser l’armée à la répression. Les démocrates politiques, États, partis et personnalités, pour ne pas se retrouver dans la tranchée d’une armée qui tire sur des manifestants, retournent se cacher derrière les fondamentaux d’une démocratie désincarnée : ils interpellent, condamnent et sanctionnent. On ne sait plus trop si c’est le putsch qu’ils condamnent ou la gestion de l’après-putsch. Oublié d’ailleurs que l’armée a transformé une demande populaire — probablement par opportunisme politique — de mettre fin à une année de répression de la liberté culturelle et de la liberté de culte, de régression économique, d’insouciance sociale, de pouvoir personnel et la perspective d’une Constitution fascisante en préparation. Et pas le temps d’observer que certains d’entre eux aient usé d’armes à feu, incendié des églises et des institutions ou de trouver des circonstances atténuantes à la brutalité de la répression.
    L’armée égyptienne, nonobstant ses éventuelles arrière-pensées hégémoniques, devra donc se résoudre à aller au bout de son initiative, mais dans la solitude. Surtout si les islamistes optent pour le terrorisme et qu’elle doive le réprimer dans la durée.
    Revoilà l’Égypte renvoyée au tête-à-tête qui, depuis près d’un siècle, piège les pays à majorité musulmane : celui qui met face à face les forces détentrices de la violence légitime, qu’elle soit au service de la défense de la patrie ou au service de la défense des commandements de Dieu. Et cela n’aura été possible que parce que les régimes dépositaires des souverainetés postcoloniales ont refusé à leur peuple la liberté politique pour laquelle ils ont lutté ! Ils avaient les armes pour imposer leur “légitimité” politique ; de plus malins ont inventé la légitimité religieuse qu’ils ont fini par prescrire comme légitimité absolue.
    L’identité religieuse tend à supplanter l’identité nationale. La démocratie qui, hier, menaçait la dictature, menace aujourd’hui l’intégrisme.
    Désormais, alors que les sociétés crient leur envie de liberté, les armées sont écartelées entre des dictatures finissantes, la régression islamiste et l’espérance démocratique. La résolution parfois sanglante de cette forme de crise fait peur aux démocrates locaux et étrangers. De crainte d’être éclaboussés, ils se réfugient alors dans le renoncement. Qu’ils élèvent au rang de principe démocratique.

    M. H.
    musthammouche@yahoo.fr

  • no moment

    DILEM DU 18 AOUT 2013

  • Faites ce que je dis, mais…

     

    Alors que les technologies nouvelles permettent aujourd’hui d’alléger les cartables des potaches et de revoir totalement la manière d’enseigner, nos écoles et nos lycées continuent de promouvoir une pédagogie d’un autre âge !
    Par ailleurs, le contenu des cours est chargé d’idéologie obscurantiste alors qu’il devrait s’ouvrir sur la connaissance universelle et le progrès. Sur le plan littéraire, on peut très bien apprendre Goethe, Dickens, Dostoïevski ou Voltaire en arabe ! Parlez à vos gosses du cubisme, de la naissance du cinéma, des poètes surréalistes, de l’histoire de l’aviation ou tout simplement de l’altitude du lieu où ils habitent, et vous verrez leur grande ignorance !
    Et les enfants de «Syadna» alors ? Ils sont là où l’on ne joue pas avec l’avenir des générations futures ! C’est-à-dire là où Benbouzid et les «douktours» n'ont aucune chance d'imposer leurs «réformes» à la noix de coco ! Et encore, je suis poli !
    maamarfarah20@yahoo.frr

    «En Egypte, ils sont en retard de 20 ans sur nous. Dans l'étape suivante, ils devront interdire les “Frères musulmans” s'ils veulent faire comme l'Algérie. Mais ont-ils un Mohamed Boudiaf pour signer l'acte d'interdiction du mouvement islamiste ?»
    Tata Aldjia

  • Périscoop

     Remplissage

    La léthargie qui sévit au sein du gouvernement commence à se faire ressentir dans le contenu du Journal officiel.
    Ainsi, dans la dernière édition du JO (datée du 21 juillet), on constate qu'il n'y a que deux décrets signés au cours de ce mois. Les 9 autres textes ont été pris bien avant, au début de l'année 2012 pour certains.
    A ce rythme, le Secrétariat général du gouvernement aura du mal à boucler l'année...

  • Western andalou


    Par Arezki Metref
    arezkimetref@free.fr

    A 35 km au nord d’Almeria l’andalouse, des vallons désolés s’étendent au pied des montagnes de la Sierra de Los Fibras. Collines pelées, calcinées, canyons aux parois déchiquetées, rios secs dont il ne reste que le lit, épineux rabougris trônant frileusement au bord de ramblas (ravins) crevassant un relief à un tel point uniforme que l’on ne distingue pas la roche de la végétation, chaleur sèche et pesante, soleil de plomb. Bienvenue dans le désert le plus aride de l’Europe occidentale ! Sont-ce donc les troupes berbères de Tarik Ibn Zyad qui, en occupant cette partie de l’Ibérie, ont cru utile de prendre avec eux un morceau de désert qui leur rappellerait un peu leurs paysages natals ? Ponctué de villages blancs lovés dans les anfractuosités de la roche, le désert étale son aridité jusqu’à la mer où il se jette tout habillé d’ocre.
    A 9h du matin, ce 13 août, il fait déjà dans les 36 degrés Celsius. La journée promet d’être chaude mais quelle journée ne l’est pas dans ce désert ? Le pistolero roumain, tout de noir vêtu, des bottes au chapeau, gilet compris, ferait un bon truand dans un western spaghetti. Il se protège de l’enfer du ciel en s’abritant dans une dérisoire guérite à l’entrée de Leone-Western, un parmi les quelques complexes de décors de cinémas, devenant parc d’attractions entre deux tournages de série B., éparpillés à travers le désert de Tabernas. Sur une butte, des tipis blancs suggèrent un village indien. Leone-Western emprunte son nom au roi italien du western-spaghetti Sergio Leone. Dans les années 1960, Leone y a tourné, en partie, ses classiques, Pour une poignée de dollars, l’impérissable Le Bon, la Brute et le Truand et le film-manifeste Il était une fois dans l’Ouest.
    L’entrée ressemble à celle d’un fort. Grand portail en bois, miradors sur les coins. Dès qu’on pénètre dans le village en carton-pâte, on tombe sur une potence. La corde n’attend que le cou du gibier qu’on acheminera, entravé, depuis le bureau du shérif à quelques pas de là. Un touriste sur deux, en moyenne, se fait prendre en photo, en pendu. Des hauts parleurs éparpillés à travers le village diffusent en boucle la musique d’Ennio Morricone. Ça accroît l’impression d’y être. Le bureau du shérif, ouvert à la visite comme tout le reste, est une pièce en bois occupée par deux ou trois cellules aux grilles ouvertes. Une machine à écrire traîne, sûrement depuis un bon demi-siècle, dans la poussière. A l’étage, un espace vide troué d’une fenêtre qui donne d’un côté sur le village mexicain, avec ses maisons basses et blanches et son église éclatante et trapue, et de l’autre sur un éperon rocheux.
    Le saloon est sombre. Un type à la barbe sale des bandidos, déglingué à la téquila, sert du café aux visiteurs. Pause dans la visite. Le shérif, celui qui va jouer le rôle tout à l’heure dans le spectacle prévu pour que les touristes en aient pour leur argent, parade l’étoile plaquée au paletot. Manteau long à la Clint Eastwood, bottes équipées d’éperons, le foulard de rigueur, un pistolet dans chaque main, il est dans son rôle. Arrive Léon. Il n’a jamais dit son nom mais on l’appellera comme ça. Septuagénaire légèrement bedonnant, il est habillé en barman de western. Pantalon noir collant, chemise sans col beige et gilet en daim noir, Léon est un frappé de western. On se salue, un peu en français et un peu en arabe. Léon est né et a grandi à Belcourt. «J’ai fréquenté l’école de la rue Alfred de Musset, juste à côté du cinéma du même nom». Léon est du genre à raconter sa vie sans frein, comme s’il racontait un de ces westerns dont il raffole. «J’ai quitté l’Algérie à l’indépendance, comme la plupart des pieds-noirs. J’ai atterri à Port-de-Bouc, dans la région de Marseille. J’ai été soudeur toute ma vie jusqu’à la retraite que j’ai eue il y a quelques années. De tout temps, j’ai été attiré par le cinéma. J’ai été pris comme figurant dans quelques films français. Je n’ai jamais rien possédé qu’un camping car. Il m’a été utile lorsque j’ai décidé de venir vivre à proximité de ces décors de western. Il m’a servi de demeure pendant deux ans. J’ai dégotté un boulot ici, à Leone Western. Il y avait une Equatorienne qui bossait dans ce même saloon. Nous nous sommes mariés et nous avons pris un appartement à Almeria. Je suis heureux.»
    Léon fourmille d’anecdotes sur le cinéma, les tournages dans le coin. «Tu vois la planche à laver dans la cour. Elle ne te dit rien ? C’est celle que Claudia Cardinal utilise dans «Il était une fois dans l’Ouest». Contourne la West Bank et tu tomberas sur une surprise». Là, deux engins de guerre rouillent au soleil du désert. Je reconnais le marron au premier coup d’œil. C’est celui que pilote Mel Gibson dans Mad Max, film tourné aussi en partie dans ce désert qui n’a pas servi de décor qu’à des westerns mais aussi à des films comme Laurence d’Arabie ou Indiana Jones.
    «Ya bougalb, jure Léon, je suis crevé. Je me suis réveillé très tôt hier. Nous étions plus de 2 000 à postuler pour une figuration pour le prochain film de Ridley Scott, tourné évidemment par ici, une autre version de Moïse».
    Je traîne dans ce décor en carton pâte, retrouvant intactes les sensations éprouvées lorsque, adolescent, je me laissais captiver par l’univers aride et flamboyant des westerns-spaghettis. J’avais beau avoir conscience que le cinéma n’était que du cinéma, et que les paysages étaient des décors et les personnages des acteurs, je me laissais prendre. Que je découvre aujourd’hui à Léone Western que les dimensions des décors sont infiniment plus réduites que je ne pouvais le soupçonner ne change à rien à l’affaire.
    A midi et demi, voilà le spectacle. Tout se passe dans le saloon où un cow-boy se fait agresser par deux truands en habit d’époque avec une intrusion brève du shérif. Coups de feu, morts, téquila à gogo. Le public de touristes est partagé entre le fou rire et la frayeur d’être si proche des armes à feu qui claquent. Le cinéma, c’est de l’illusion. Mais la réalité qui essaye d’imiter l’illusion du cinéma, c’est l’illusion de l’illusion. Et puis, comment ne pas y penser, tout cela se passe à deux heures de Grenade, donc d’une autre histoire.
    A. M.

  • FLN au musée paléontologie in amenas!!!

    OUVERTURE DE LA SESSION PARLEMENTAIRE D’AUTOMNE
    Droit vers un blocage institutionnel

    Plusieurs textes de lois sont toujours retenus par l’Exécutif en l’absence de réunions du gouvernement et de Conseils des ministres. Si le président de la République ne revient pas au plus vite aux affaires, l’Etat algérien risque de se retrouver en situation de blocage institutionnel.

    Tarek Hafid - Alger (Le Soir)
    Ces cinq derniers mois, l’Etat algérien a réussi à «fonctionner normalement» sans président de la République. Mais la longue absence de Abdelaziz Bouteflika ne devrait pas tarder à avoir de lourdes conséquences. L’ouverture de la session parlementaire d’automne sonnera inévitablement la fin de la récréation.
    Prévue pour le lundi 2 septembre, cette session pourrait être marquée par l’indisponibilité de deux lois d’une importance capitale : la loi de finances complémentaire de l’année 2013 et la loi de finances et du budget de l’année 2014. Pour le premier texte, il est de tradition qu’il soit entériné par le Conseil des ministres durant les derniers jours du mois de juillet, lors de l’intersession. Cette année, il n’en fut rien.
    Parmi les mesures budgétaires devant être inscrites dans la LFC 2013, figurent, notamment, l’ensemble des enveloppes promises par Abdelmalek Sellal lors de ses sorties dans les wilayas. Cependant, le pire des scénarii serait que le processus d’adoption de la loi de finances et du budget 2014 ne soit pas engagé ces prochaines semaines car il mettrait en péril le pays dans un avenir proche.
    Ce processus débute par un Conseil des ministres et s’achève, avant le 31 décembre, par un paraphe du chef de l’Etat. Pour l’heure, rien ne dit que Abdelaziz Bouteflika dispose des capacités mentales et physiques pour présider ce Conseil. Est-ce qu’il peut également apposer son paraphe au bas de la dernière page d’une loi ? Car il est étrange de constater que les lois adoptées lors de la session parlementaire précédente (organisation de la profession d’avocat, conditions d’exercice des activités commerciales, organisation et développement de la formation et des activités physiques et sportives) n’aient toujours pas été signées et ne sont donc pas encore publiées au Journal officiel.
    Bien que masquée par un gouvernement faisant mine d’être hyperactif, la crise politique est bien réelle. Car outre la LFC 2013 et la loi de finances 2014, d’autres avant-projets de loi croupissent dans les tiroirs de plusieurs départements ministériels. Il s’agit de la loi relative à l’activité audiovisuelle, le projet de loi portant loi minière, le code des douanes, le projet de loi relatif aux ressources biologiques, le code de l’organisation pénitentiaire et de la réinsertion sociale des détenus et l’amendement du code pénal.
    Tous ces textes devaient être examinés et adoptés par le Parlement durant la session précédente. Sur les plans institutionnel et législatif, la responsabilité de Bouteflika est plus que jamais engagée.

  • Faites quelque chose, Monsieur le Président ! (*)


    Par Maâmar Farah
    Que l'on évoque tel ou tel article de la Constitution pour destituer le Président ou que l'on veuille faire gueuler la grande muette, le résultat serait le même : une plongée dans l'inconnu ! C'est pourquoi, la meilleure issue pour ce pays au grand souffle mais qui étouffe sous les petites ambitions personnelles des uns et des autres, serait de mener à terme la mandature actuelle, à charge pour le Président de s'engager à ne pas solliciter un quatrième mandat et de préparer dignement sa succession, en ayant à l'esprit que l'ère des hommes providentiels et des régimes autocratiques est révolue à jamais. Bouteflika, plus isolé que jamais et amoindri par la maladie, peut terminer en beauté une carrière souvent ternie par des agissements autoritaires, et il a aujourd'hui le choix entre rester comme l'homme qui a enterré la démocratie algérienne naissante ou celui qui a sauvé cette même démocratie par une retraite honorable ! Quant à ceux qui hurlent avec les loups après avoir brillé par leur silence aux moments les plus durs de la répression bouteflikienne contre tout Algérien digne ayant décidé de ne pas baisser la tête, nous leur conseillons de retourner à leurs trous ! Où étiez-vous quand nous, — et tant d'autres patriotes, souvent isolés dans un arrière-pays subissant le joug des nouveaux colons —, subissions les affres de la persécution judiciaire et que nous fûmes interdits de publicité gouvernementale ? Où étiez-vous quand Benchicou fut mis à l'ombre, au lieu et place de Chakib Khelil et de tant d'autres ? Après avoir bien mangé dans les mains de vos maîtres, voilà que vous montrez vos têtes de sous les nappes ! Cherchez bien dans quelle direction souffle le vent car il risque cette fois-ci d'emporter à jamais ces restes des repas pantagruéliques où vous pataugez en léchant vos babines !
    maamarfarah20@yahoo.fr

    (*) Cri de détresse d'une citoyenne au président Zeroual après le terrible attentat terroriste du Boulevard Amirouche.

  • Justice et mémoire

     

    Par : Mustapha Hammouche

    Le Comité des droits de l’Homme des Nations unies a condamné l’Algérie dans deux nouveaux cas de disparition soumis par le Collectif des familles de disparus en Algérie (CFDA).
    Le comité, composé de personnalités indépendantes, observe l’application, par les États parties, du Pacte international relatif aux droits civils et politiques. L’Algérie a été condamnée, par le passé, pour six autres cas de disparition.
    Dans la foulée, l’instance onusienne proclame que “l’ordonnance n°06-01 portant mise en œuvre de la Charte (pour la paix et la réconciliation), ne fait que promouvoir l’impunité et ne peut donc être jugée compatible avec les dispositions du pacte”, parce qu’“en déclarant toute plainte ou dénonciation relative aux crimes des années 1990 irrecevable, les textes d’application de la Charte privent les familles de disparus du droit fondamental à un recours effectif”.
    On remarquera que la position du comité juge le texte sur “la réconciliation nationale” incompatible avec le pacte relatif aux droits civils et politiques car il empêche les familles de disparus de recourir à la justice dans le but de faire établir la vérité et les responsabilités dans la disparition de leurs proches. Il n’est point question de victimes du terrorisme.
    C’est que la cause des victimes des terroristes a été, pour ainsi dire, très vite entendue.
    L’euphorie envoûtante de la promotion du “candidat du consensus”, rappelons-le, a imposé la confusion entre deux illusions : la magie d’une “réconciliation nationale” et la virtualité d’une “paix” qui en découlerait. Les manifestations du miracle de cette “réconciliation” en marche ont consisté à la diffusion de renoncements télévisés de proches de victimes. Les tués furent réconciliés avec leurs tueurs par procuration.
    Dans les familles des victimes, dans la société civile et dans la classe politique, des voix qui, la veille, constituaient encore des cibles potentielles du terrorisme islamiste, s’étaient élevées pour saluer la lumineuse idée de concéder l’immunité inconditionnelle aux terroristes qui admettent de se refondre dans la société.
    Puisqu’il est d’actualité de faire l’inventaire des dommages causés au pays, à l’économie et à la morale publique de ce pays en particulier, la communication du Comité des droits de l’Homme des Nations unies tombe bien pour nous rappeler que nous avons largement contribué au viol du minimum de principe qui fonde un État de droit. En renonçant ainsi à de valeurs élémentaires, comme celle du droit de toute victime à une justice, pour ne pas perturber le confort politique d’un régime qui, d’emblée, a revendiqué la toute-puissance, nous avons largué un peu de nos âmes de citoyens. Rappelons-nous : ce n’est plus à la mode, l’échec sécuritaire de la “réconciliation nationale” étant consommé, mais dix ans durant, on était sommé d’être pour la “réconciliation nationale” ou pour le terrorisme. Nous avons massivement applaudi au plébiscite d’une loi qui, pour une catégorie d’individus, la pire, suspend la loi.
    Au moment où nous nous faisons les hérauts de la justice, sur un terrain défriché pour nous par la justice italienne, l’avis du Comité des droits de l’Homme des Nations unies sonne comme un rappel de nos compromissions.
    Décidément, nous aurons, d’abord et toujours, un problème de mémoire.

    M. H.
    musthammouche@yahoo.fr

  • Bordj Badji Mokhtar

     

    Violences tribales meurtrières

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    zoom | © photo : aps
     

    Combats au sabre, magasins brûlés, pillages. Des affrontements très violents entre deux tribus à Bordj Badji Mokhtar durent depuis mardi soir.
     

    Combats au sabre, magasins brûlés, pillages. Des affrontements très violents entre deux tribus à Bordj Badji Mokhtar durent depuis mardi soir.
    La ville frontalière de Bordj Badji Mokhtar (2200 km au sud d’Alger) avec le Mali est le théâtre, depuis mardi ,de violents affrontements qui ont fait au moins 6 morts et 50 blessés, dont 4 dans un état grave, selon les forces de sécurité algériennes. Des habitants de Bordj et certains de leurs proches vivant à la frontière du côté malien parlent d’au moins 22 victimes. Les membres de la tribu targuie Idnan et ceux de la tribu «arabe» des Barabiche se sont affrontés en utilisant notamment des sabres. Les violences auraient éclaté après la découverte du corps sans vie d’un jeune Targui, qui portait des traces de coups. Des jeunes appartenant à la tribu Idnan ont commencé par couper une route avant que la situation ne se détériore. Les affrontements ont duré plus de 8 heures. L’incident aurait surtout pour cause un litige d’ordre commercial, mais certaines sources pointent du doigt un autre mobile : leurs divergences concernant les événements du Nord-Mali, où chacune des deux entités a des prolongations humaines et commerciales. Selon un membre de l’APW d’Adrar, natif de Bordj Badji Mokhtar, Bachou Elbekay, les habitants «arabes» étaient opposés à l’ouverture d’un magasin dans leur quartier par le jeune Targui retrouvé mort mardi. L’importance du bilan est la conséquence de l’absence, dans cette ville, de structures de soins adéquates. Certains blessés graves ont été transférés à Reggane.


    évacuation


    Selon des notables de la tribu Idnan, les derniers évènements soulignent encore une fois l’insécurité dont souffre cette région et réclament l’intervention du ministre de l’Intérieur en personne. Abdelghani Hamani, un des notables targuis contactés, affirme que ces événements interviennent après le retard dans l’application de la loi dans des cas d’agression dans cette ville, ajoutant que «la gendarmerie n’est intervenue que 12 heures après le début des affrontements». Dans l’après-midi d’hier, le MNLA a dénoncé les violences, dont l’Algérie serait responsable, selon lui. «Ce sont des populations de réfugiés qui s’affrontent et les autorités algériennes laissent faire volontairement, elles auraient mêmes soutenu la communauté arabe», affirme Mohamed Ousmane, qui accuse Alger de vouloir saboter les accords de Ouagadougou. Mais le secrétaire général de la wilaya d’Adrar dément : «Il ne s’agit pas d’un problème politique en lien avec le MNLA, c’est un conflit qu’il y a eu entre Algériens seulement.» Pourtant plusieurs personnes de la région affirment que le comportement des forces de sécurité algériennes est aussi en cause : «Quand les Touareg sont allés demander de l’aide à la gendarmerie avant-hier, les Algériens ont répondu d’aller demander à la France et au Burkina Faso.»


    Panique


    Hier matin, la situation semblait se calmer après l’intervention des forces de la Gendarmerie nationale envoyées en renfort dans la nuit depuis Blida. Le wali d’Adrar, qui est sur place, a promis de punir les auteurs des assassinats. De leur côté, les forces de l’ANP et de la gendarmerie continuaient à contrôler plusieurs quartiers de la ville. La frontière aurait été bouclée pour arrêter les responsables des différents meurtres. Mais hier après-midi, les violences ont repris de plus belle. Ceux qui n’ont pas de sabres, utilisent de grosses pierres. Comme la veille, des magasins ont été pillés et saccagés. Paniquées, certaines familles se sont réfugiées chez des voisins, ce qui a laissé le temps aux pilleurs d’entrer dans les habitations, de voler des bijoux et des biens matériels. Les fenêtres et les portes des habitations ont été défoncées, des débris de verre jonchaient le sol. Un habitant sur place dénonce que des appels au meurtre sont propagés. Une source militaire affirme que l’heure n’est désormais plus à la négociation et que l’armée va «durcir le ton».

    Dans la région, on ne s’étonne pas des débordements. «Je suis certain que le conflit déclenché à Bordj n’est que le sentiment d’injustice des populations, souvent réprimées par les autorités locales. Les réfugiés installés encore dans certaines maisons à Bordj, les intempéries dévastatrices et le regain de violence engendré par de nouvelles mesures de surveillance ont créé un climat de suspicion. Les gens sont devenus agressifs, sans emploi, sans salaire fixe, les débordements sont faciles, et on n’en est pas au premier cette année. Les notables ont toujours fait en sorte de calmer les tensions entre Arabes et Touareg, entre Touareg noirs et Touareg blancs. Mais, l’injustice sociale et surtout les trahisons tribales font que tôt ou tard on doit choisir son camp. Quitte à déclarer la guerre à son frère dans le pays du voisin», explique un Algéro-Malien qui est membre de l’armée algérienne. Pour lui, la réaction du MNLA est également logique : «C’est normal que le MNLA réagisse, leurs familles sont à Bordj Badji Mokhtar ! » 

    Aziz M., Faten Hayed (Tamanrasset), Yasmine Saïd, Marine Messina et Feriel Kolli
  • Dindon farci au… lièvre !

     

    Par Maâmar Farah
    Nous avions la trotskyste qui disait beaucoup de vérités sur le plan économique mais qui semblait trop attachée à l’idée du guide suprême sauveur de la nation pour se libérer totalement. Et puis, il y a les autres, de l’islamiste modéré au modéré islamiste, en passant par l’islamiste mesuré et l’islamiste prudent…
    Mais, en attendant de livrer les résultats de mes observations dans un livre intitulé : «De l’agitation programmée des lièvres en période temporaire d’interdiction de la chasse», je dois dire qu’il n’y a pas plus discipliné que les lièvres. Ils jouent leur rôle jusqu’au bout. Actuellement, ils s'échauffent et font des déclarations tonitruantes. Et quand ils perdront — car il est impossible qu'ils gagnent et ils le savent ! —, ils crieront à la fraude. Et ils le font si bien qu’on est tenté de croire qu’ils ne savaient pas que les dindons de la farce, c’étaient bien eux et personne d’autre !
    De la dinde farcie au lièvre, voilà le plat royal qui va être servi à l’empereur !
    maamarfarah20@yahoo.fr

    «J'ai remarqué que plus le président prolonge son absence, plus ses portraits deviennent grands !»
    Tata Aldjia

  • Cherche succession sans changement désespérément !

     


     

     

    Par : Mustapha Hammouche

    Le colonel Bencherif a écrit au président Bouteflika. Son “compagnon d’armes”. Il aurait pu ajouter “compagnon de coup d’État”, “compagnon des années de plomb”. Mais la génération putschiste préfère taire ses exploits postindépendances et faire valoir leur seule qualité de moudjahid : là, c’était la Révolution, et donc “tout le monde, il était beau, tout le monde il était gentil”, les combattants et les planqués, les baroudeurs des djebels et les roublards comploteurs, les conjurés de la prise de pouvoir et leurs victimes.
    Comme ce sont justement les brutaux intrigants de fin de guerre qui font l’historiographie, il lui ont fait sacraliser la fraternité d’armes. Ainsi, pensent-ils, la confusion empêchera l’histoire de juger chacun sur ses actes. Comme toujours, chez nous, la fraternité, la réconciliation consiste à sacrifier la victime.
    C’est donc en “compagnon d’armes” que Bencherif intervient. Lorsqu’il s’agit de l’avenir de l’Algérie, les armes continuent à se substituer aux concepts. Depuis quelque temps, l’argent, fruit de l’accumulation mafieuse, s’est rallié à la traditionnelle brutalité des clans, comme “valeurs” déterminant le cours de notre histoire politique.
    L’ancien “patron” de la gendarmerie informe l’actuel Président du fait qu’il lui a conçu une “une sortie de crise honorable et avec dignité”. Mais juste après, il apparaît que “la crise” ne consiste pas en ce que le Président s’accroche obstinément à une fonction dont il n’est pas certain de pouvoir assumer toutes les obligations. Ce qui l’inquiète ce sont “les ambitions politiciennes qui se profilent à l’horizon”. Bencherif ne peut “en aucune manière rester silencieux” devant une telle perspective, en “sa qualité de révolutionnaire”. Parce que, contrairement à ce qu’on se laisse croire parfois, et comme le rappelle ce genre d’envolées lyriques, la guerre n’est pas finie et, cinquante après la libération, la Révolution est toujours en marche !
    Alors, pour barrer la route aux “indus ambitieux”, Bencherif propose à Bouteflika “la meilleure formule” pour que le pouvoir reste le monopole des “compagnons d’armes”. Ceux qui ne sont pas reconnus dans ce label — ainsi que les trente-cinq millions d’Algériens nés après 1962 — peuvent aller se rhabiller. La recette de l’apôtre de la révolution permanente offre au Président la recette détaillée : une révision de la Constitution par le Parlement réuni en congrès privant le président du Sénat de la prérogative d’intérim du chef de l’État et la confiant à un vice-président nommé “de votre part” !
    Le subterfuge — et la tentation — anime depuis longtemps les causeries politiciennes.
    C’est juste qu’il n’a pas pu se retenir d’exprimer son angoisse de voir enfin un nouveau profil d’Algériens investir la responsabilité d’État. D’ailleurs, après avoir pris prétexte de quelque “sortie de crise”, il exprime clairement, à la fin, qu’il s’agit d’une “formule” de “succession de pouvoir”.  De non-succession, en quelque sorte : il faut que Bouteflika, faute de pouvoir encore présider, choisisse lui-même son successeur. Manière de s’assurer que le prochain président ressemble au plus près à l’actuel.
    C’est en cela l’intérêt de la lettre du colonel à la retraite : elle exprime l’attachement désespéré des clans à un pouvoir qu’ils sentent sur le point de leur échapper.

    M. H.
    musthammouche@yahoo.f

  • Islam, islamisme et vertu

     

    Par : Mustapha Hammouche

    Le Ramadhan, tel qu’il se pratique dans notre société, a son versant sombre. Une facette faite de dérives comportementales que l’on s’efforce de cacher pour ne pas compromettre la réputation d’un mois censé être celui de l’autocontrôle, de la rectitude et de la maîtrise de ses instincts.
    Mais les faits, têtus, nous rappellent à la réalité. Le Ramadhan pose d’abord une vraie question de mœurs de consommation. Il serait plus utile de la poser, cette question, que de continuer à polémiquer annuellement sur qui, de la poule ou de l’œuf, du commerçant ou du consommateur, est à l’origine du spectacle peu reluisant des cohues quotidiennes devant certaines échoppes, de l’opportunisme mercantile de tant de commerçants, de l’avidité alimentaire qui nous fait jeter six millions de pains pendant ce mois d’abstinence, de villes fantômes pendant les jours de… fête de l’Aïd. À ceci, on le voit déjà : un peuple qui jeûne n’est pas forcément un peuple qui raisonne. Pourtant, le rite part d’une intention inverse : l’empire de la sagesse et de la retenue sur une communauté d’humains ballotés, le reste de l’année, par leurs instincts, leurs sens et leurs calculs d’intérêts.
    À l’occasion, le jeûne justifie aussi notre libertinage civique : celui-ci s’exprime par les débordements langagiers et par les retentissantes rixes qui, sous prétexte d’irritabilité, se multiplient à l’envi dans un espace public où ne régnait déjà pas la courtoisie. Il s’exprime surtout sur la route. De manière tragique : au 27e jour de jeûne, le bilan de la Gendarmerie nationale s’élevait à 345 tués par accident de la circulation. Et, pour les trois jours du 7 au 9 août, à 36 morts ! Avec près de 400 morts, c’est le mois le plus sanglant d’une année, qui, comme les précédentes, s’avère encore meurtrière. En 2012, pour 4,5 millions d’automobilistes, la route a fait 4 447 victimes ! La même année, la France, qui compte 40 millions d’automobilistes, a enregistré 3 645 décès !
    Il n’y a pas que l’incivisme et la criminalité de la voie publique qui prolifèrent au Ramadhan. Le président du réseau Nada, qui le dénonce : “Le viol d’enfants a pris de l’ampleur en ce mois sacré.” Vingt viols avérés de gamins y ont été constatés durant le mois sacré.
    Que peut signifier ce redoublement d’incivisme, de violence, d’avidité, de vice et de criminalité ? Il exprime la confusion volontairement entretenue entre une vraie piété, celle qui inspire le civisme, la probité et l’honnête, et une pratique prescrite par le discours, le harcèlement et la terreur inquisitoire islamiste. Là, il s’agit d’adhésion de conviction à une morale formulée en termes religieux ; ici, il s’agit de se plier à un système d’apparences codifié et imposé par des activistes idéologues. Ces activistes bénéficient, dans notre cas, du soutien des institutions squattées par un pouvoir bigot.
    Comme foi, la religion peut soutenir une morale sociale ; comme instrument de mise au pas politique, elle n’a aucun effet assainissant sur la société. Pis, en concentrant le regard sur l’apparence et en escamotant ses travers de fond, la pratique exhibitionniste et superficielle de la religion peut servir à entretenir — et cultiver — les vices cachés de cette société.

    M. H.
    musthammouche@yahoo.f

  • Enfin !


    Par Maâmar Farah
    Ils peuvent trafiquer, faire dans la démesure et le ridicule ; ils peuvent persécuter les vrais syndicalistes et les militants des droits de l’homme; ils peuvent vendre à leurs amis toutes les unités industrielles érigées par les larmes et la sueur des braves ; ils peuvent distribuer à leurs copains les terres arrosées du sang des martyrs, mais ils n’empêcheront jamais les jeunes d’être de plus en plus nombreux à quitter le radeau Algérie en détresse qui ne leur offre ni logement, ni travail, ni dignité, ni liberté, ni cadre de vie en harmonie avec les exigences de leur âge ! Ils ne pourront jamais empêcher le soleil de se lever chaque jour pour mieux éclairer leurs projets de renoncement aux valeurs authentiques de la Révolution algérienne !
    Depuis début 2000, nous manifestons quotidiennement notre inquiétude de voir l’Etat se privatiser au profit d’un clan qui décide de tout ! Depuis, nous disons que les choix économiques sont mauvais et que l’ultralibéralisme style Temmar and Co et la gestion chaotique d'un secteur stratégique par le filou Chakib Khelil ne donneront que ruine, désolation et détournement des biens publics au profit de groupes occultes.
    Aujourd'hui, vous comprenez enfin que nous avions raison !
    maamarfarah20@yahoo.fr

    «Il y a deux types de politiques : la majorité sous le joug de la minorité ou la minorité qui écrase la majorité !»
    (Tata Aldjia)

  • LE CLOWN

     Il lui propose d’organiser sa propre succession
    Le colonel Bencherif au secours de Bouteflika12082013.jpg

    L’ancien patron de la Gendarmerie nationale, le colonel Ahmed Bencherif interpelle publiquement Abdelaziz Bouteflika auquel il demande d’organiser lui-même ce qu’il appelle «une sortie de crise honorable et avec dignité». Il s’agit là de la deuxième sortie d’une personnalité historique du genre, depuis l’accident de santé de Bouteflika, le 27 avril dernier. Bencherif rejoint ainsi Mohamed Mechati, l’un des rares survivants du «Comité des 22».

    Kamel Amarni - Alger (Le Soir)
    Dans une lettre «aux décideurs» que nous avions publiée début juin dernier, Mohamed Mechati demandait, sans détour, à l’armée de «prendre ses responsabilités» et déposer Bouteflika.
    Ce n’est pas le cas de Bencherif. Lui, par contre, et dans une «lettre» parvenue à la rédaction et intitulée «Sortie de crise : lettre à mon compagnon d’armes Si Abdelaziz Bouteflika, Président de la République», il propose au locataire d’El Mouradia d’organiser sa propre succession ! Ancien moudjahid, très proche de Boumediène, le colonel Ahmed Bencherif avait été l’un des piliers du pouvoir en Algérie.
    Depuis 1962, il régnait d’ailleurs en maître absolu et incontesté sur un corps clé de la sécurité nationale, la Gendarmerie qu’il ne quittera qu’en 1977.
    Dans sa lettre de ce 11 août, l’intérêt de Bencherif est exclusivement focalisé sur la succession.
    Spontanément, il décline ainsi sa
    lettre : «Au nom de l’Algérie pour laquelle nous avons combattu pour la libérer du joug colonial et au nom de notre amitié révolutionnaire, je fais appel à votre sens du devoir en ce moment difficile pour prendre la décision historique d’une sortie de crise de facon honorable et avec dignité». Or, qu’est-ce une «crise», selon le colonel Bencherif ?
    La réponse fuse immédiatement après. Le plus sérieusement du monde, il
    assène : «En ma qualité de révolutionnaire, je ne peux en aucune manière rester silencieux devant les ambitions politiciennes qui se profilent à l’horizon» !
    Et pour contrer ces «indus ambitieux», Bencherif propose à Bouteflika d’organiser lui-même la chose.
    Sans doute, voulait-il lui suggérer de ne pas refaire «l’erreur» de Boumediène qui n’avait pas voulu ou eu le temps de choisir son propre successeur ! «La meilleure formule que je vous propose serait de convoquer les deux Chambres parlementaires en un seul congrès extraordinaire pour amender la Constitution en matière de succession de pouvoir».
    Cette «formule», que Bencherif qualifie de «solution élégante et historique», consiste en trois amendements : «1) abroger l’article conférant au président du Sénat, la mission d’assurer l’intérim de la présidence de la République durant 45 jours ; 2) introduire un article portant nomination d’un vice-président de votre part ; 3) investir le vice-président de la mission de terminer le mandat en cas de vacance de pouvoir».
    Bref, Bencherif ne fait là, que reprendre à son compte, ce que Bouteflika voulait lui-même faire à travers son projet, ajourné ou mort-né de révision de la Constitution !
    Il faudrait peut-être rappeler que malgré une brouille de longues années, Bouteflika et Bencherif se sont publiquement réconciliés à l’occasion d’un mémorable meeting à Laghouat…
    K. A.