Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

- Page 2

  • Amara Benyounès: la voix de son Maître?

     

    Amara Benyounès, sur les allées verdoyantes de Bouteflika Amara Benyounès, sur les allées verdoyantes de Bouteflika

     

    Amara Benyounès dont le parti, l'UDR, est en voie d'agrément pour service rendu à Bouteflika, appelle les Algériens à un vote massif pour contrer les islamistes. Qui croira à ce discours de l'imposture des dictatures arabes désormais obsolète?

     

     

    Amara Benyounès, Président de l’union pour la Démocratie et la République (UDR), parti politique en voie d’agrément, vient d’appeler sur les ondes de la radio chaine III les Algériens à aller voter massivement car c’est le seul moyen pour contrer les islamistes. Selon lui,  ces derniers qui ont raflé la mise en 92 et récemment à la faveur des Révolutions arabes, le doivent à un fort taux d’abstention et à la disparité des forces démocratiques qui peinent à s’unir pour gagner la bataille des élections. "Il faut impérativement que tous les Algériens aillent voter. Le vote massif garantirait la victoire des démocrates et des patriotes. S’il y a un fort taux d’abstention, nous savons ce qui va se passer à l’image de ce que nous avons vu en Tunisie et au Maroc. L’abstention ne profite qu’aux intégristes" Il prête aux islamistes la capacité d'une forte mobilisation électoraliste, ce dont souffre le camp démocratique, éparpillé et concevant la victoire des islamistes comme une fatalité contre laquelle il n’y a rien à faire car, soutient-il, ils "ont un corps électoral qui vote. Il n’y a pas le même réflexe dans le camp des démocrates", affirmant qu’ "il y a une campagne d’intoxication de la population algérienne qui veut dire que les jeux sont déjà faits et que les intégristes vont gagner les élections. Donc, pas la peine de se préparer. Boubakr Belkaïd, qui a été assassiné par les intégristes, a toujours dit que les batailles que l’on perd sont celles qu’on n’engage pas."

    lire la suite. ici:

  • La journée presque banale de deux policiers antiémeutes !


    de deux policiers antiémeutes !
    Par Hakim Laâlam  
    Email : laalamh@yahoo.fr Les premières conclusions du rapport d’enquête gouvernementale
    sur les troubles à Laghouat sont rassurantes. Le sucre et l’huile sont
    totalement hors de cause. Par contre…

    … la farine et le sel…

    - C’est qui, eux qui agitent leurs cartables sous notre nez ?
    - Ce sont des lycéens.
    - C’est les mêmes que ceux qui manifestaient hier ?
    - Non ! Hier, c’étaient leurs enseignants.
    - Mais des profs, y en avait en face de nous avant-hier, non ?
    - Non ! Avant-hier, c’étaient des profs d’université.
    - T’en es sûr ? Parce que je me souviens bien qu’ils portaient
    aussi des blouses. Même qu’il y a trois jours, ils manifestaient déjà…
    - Tu confonds encore une fois ! Y a trois jours, c’étaient les
    profs de médecine qui sont venus se planter devant nous.
    D’ailleurs, ils sont un peu couillons ces médecins. Les inspecteurs
    en civil qui nous secondent n’ont même pas besoin
    de les prendre en photo pour identification ultérieure,
    puisque tous portent leurs noms cousus sur leurs blouses !
    - Mais des blouses blanches sans nom, j’en ai vu aussi, il y
    a moins d’une semaine, je n’ai tout de même pas rêvé !
    -Non, t’as pas rêvé effectivement. Les blouses blanches
    sans nom inscrit dessus, c’étaient les paramédicaux en colère.
    - Ah ! Oui ! Ça me revient. Même qu’avant eux, y avait de
    drôles de gugusses sans blouses ceux-là, mai qui brandissaient
    des listes tout en faisant des rictus affreux.
    - Ces «gugusses» comme tu les appelles manifestaient
    contre le mal-logement et le pas de logement du tout. Ils
    reprochent aux autorités d’afficher des listes pas très nettes
    sur des murs déjà sales, ce qui rend leur lecture particulièrement
    pénible.
    - Mais dis-moi, et ceux qui, juste avant les mal-logés et les
    pas logés du tout, sont venus nous narguer avec d’autres
    bouts de papiers agités sous notre pif, c’étaient qui ?
    - Les proprios de fusils de chasse ! Munis de leurs permis de
    détention d’arme, ils réclament toujours la restitution de
    leurs pétards. Ils prétendent que leur enlever leurs fusils,
    c’est comme de les priver de leurs femmes…
    - Et donc, ce sont leurs femmes qui, pour les soutenir,
    avaient manifesté la veille, avant eux ?
    - Non ! Ça, par contre, c’était le collectif de lutte contre la violence
    faite aux femmes. Elles veulent dénoncer les agressions
    de toutes sortes et les discriminations dont elles sont
    victimes tous les jours.
    - Heureusement que t’es là avec moi pour m’expliquer tout
    ça. C’est tellement compliqué ce défilé ! Et demain, tu crois
    que nous aurons qui en face de nous ?
    - Demain ? Demain, tu devras te débrouiller sans moi ?
    Demain, je manifeste à mon tour.
    - Ah bon ! Et tu défiles pourquoi ?
    - Pour le droit à la retraite anticipée. Parce qu’entre ceux d’en
    face qui me font suer toute la journée et toi qui n’arrêtes pas
    de me poser des questions, je ne sais plus très bien ce qui
    est le plus pénible. Tiens ! Remplace-moi derrière le bouclier,
    je prends cinq minutes de pause.
    - Une pause ? Pour quoi faire ?
    - Pour fumer du thé et rester éveillé à ce cauchemar qui
    continue !

  • Communiqué du FCN concernant l’arrestation arbitraire du Dr DHINA

     

    Communiqué du Front du Changement National

    M. le Docteur Mourad Dhina, citoyen algérien et homme politique exilé  en Suisse a été arrêté aujourd’hui, 16 Janvier 2012 à midi à l’aéroport d’Orly, par les autorités françaises, au moment où il s’apprêtait à prendre l’avion pour Genève, à l’issue d’un séjour à Paris où il a notamment assisté à une réunion du Conseil Exécutif du Mouvement Rachad, dont il est l’un des dirigeants et membre fondateur.
    Selon les dernières informations, cette arrestation ferait suite à une demande du régime illégitime d’Alger, inquiet du regain d’activité politique de l’opposition pacifique et crédible comme celle du Mouvement Rachad.
    Le fait est qu’il semble que nous soyons en présence d’un deal comme il en existe plein de précédents entre le régime algérien et le pouvoir français qui semblent de nouveau – les conjonctures respectives dans les deux pays aidant – remettre à l’ouvrage, la coordination de leur politique systématique de répression contre l’opposition en exil. Et plus généralement, contre tout ce qui n’entre pas dans le moule néocolonialiste d’une certaine « Françalgérie » plus dominée par les échanges de barbouzeries et de mallettes que guidée par les principes de la morale, voire du simple respect du Droit.
    Le Front du Changement National dénonce d’une part, les dérives des nostalgiques de l’Algérie de Papa au sein de la France officielle qui se révèle vulnérable à toutes les pressions et à toutes les forfaitures et, d’autre part, le discrédit d’un régime algérien illégitime et criminel, qui croit pouvoir arrêter la Roue de l’Histoire, en faisant appel à ses protecteurs de l’ex-puissance coloniale. Parfois, ou souvent, devrions-nous dire, en «arguments » sonnants et trébuchants.
    Il en appelle à toutes les consciences libres de par le Monde afin d’exiger la libération immédiate de notre compatriote Mourad Dhina.

    Alger le 16 janvier 2012

    P/la Permanence politique
    Du Front du Changement National
    Dr Salah-Eddine SIDHOUM

  • algerie -watch

    Le Putsch: 20 ans après

     

    Le sanglant « printemps algérien » d'Octobre 1988

     

    Un avant-gout de Putsch (juin-décembre 1991)

     

    11 janvier 1992 : le coup d'Etat

     

    L'assassinat du président Mohamed Boudiaf, crime symbole (juin 1992)

     

    Une guerre à huis clos (1992-1993)

     

    "La peur doit changer de camp" (1993-1994)

     

    La sale guerre (1994-1999)

     

    Amnistie - Amnésie

     

    La poursuite des violations et des manipulations (1999-2012)

     

  • “Modèle” coréen et dictatures ordinaires

     

    Par : Mustapha Hammouche

    Le régime de la Corée du Nord a écœuré le monde par la manière dont il a exploité la mort de son  dictateur. Expliquer la chute de
    neige par le chagrin du ciel et faire pleurer les oiseaux parce qu’il ne suffit pas que la mort du despote attriste son seul peuple ! Il fallait
    que l’univers se montrât inconsolable de cette irremplaçable perte. D’ailleurs automatiquement remplacé par un fils grassouillet à l’allure d’attardé.
    Et c’est avec cette succession que les militaires nord-coréens ont fait sourire la quasi-totalité de la planète en baptisant le nouveau maître Pyongyang “le génie des génies en stratégie militaire”.
    Fils du “cher dirigeant”, lui-même fils du “Grand Leader” (appelé aussi “professeur du monde entier” !), Kim Jong-Un, troisième du nom, perpétue la tradition dynastique coréenne unique dans une république communiste.
    Pourtant à y réfléchir, le régime des Kim n’a pas le monopole de la transmission héréditaire. Les dirigeants des États dits arabes, en plus d’avoir tous versé dans la pratique absolutiste du pouvoir, se sont distingués par leur conception patrimoniale des pays dont ils s’emparent. Ils sont naturellement tenté de léguer leur pouvoir à un proche. Même là où les peuples arabes ont échappé à la restauration du royaume ou de l’émirat, les despotes parvenus par l’intrigue, les jeux d’alliances tribales, le putsch ou la volonté des puissances tutrices, se sont laissé séduire par le plaisir de remettre le butin à leurs descendants. L’Égypte, qui a déposé la monarchie héréditaire pour ériger la République élective, vient de connaître une révolution populaire en grande partie suscitée par le dessein de Moubarak de transmettre son autorité à son fils Gamal. En Syrie, Bachar al-Assad défend à coup de bombardement une présidence de la… République qu’il a reçue en legs de papa. Ainsi, tous les chefs d’État arabes, qu’ils relèvent d’un système monarchique ou de quelque artifice crypto-républicain, démocratique bien entendu, pensent, à un moment de leur règne, à régler la question de la succession en choisissant un dauphin dans la filiation ou la fratrie.
    Si les militaires nord-coréens ont inventé un mode d’alternance “républicaine” dont ils n’ont plus le monopole, ils ne sont pas les seuls à présenter la figure de leur autoritarisme comme le plus grand esprit de son époque. Toutes les dictatures imposent cette image d’intelligence providentielle et de clairvoyance infaillible de nouveau maître. Et la meilleure manière de l’imposer, c’est de la rendre indiscutable. De faire de la contestation du chef un acte de subversion et de son image un tabou. Au contraire, même dans la contestation, il faut en appeler au chef suprême, l’entourage n’étant jamais à la hauteur de son chef.
    Le peuple n’étant jamais collectivement déficient pour croire à l’infaillibilité, il faudrait que la retenue imposée par la terreur ou la cupidité apparaisse comme une adhésion spontanée.
    Certes, il n’y a plus qu’en Corée du Nord qu’on impose la crainte qu’on fait passer pour une admiration nationale du chef. Ailleurs aussi on assiste à des démonstrations d’émotion qui exprime le même rapport, apparemment irrationnel, à l’arbitraire. Il n’y a là qu’une différence de degrés entre les rituels de ces dictatures caricaturales et les pratiques de nos dictatures ordinaires.

  • no moment

    20120118.jpg

  • Bras de fer DRS-présidence pour le contrôle des élections

     

    Par
     
     Le président s'entendra-t-il avec les Renseignements pour mener les élections comme il le souhaite ?

     

    Le bras de fer continue entre la présidence et le DRS pour le contrôle des prochaines élections se fait de plus en plus manifeste.

    Après l'épisode du retard de l'ouverture de l'Année judiciaire, dû au conflit d'autorité à propos de changements à la tête de la Cour suprême, voulus par Bouteflika, voici maintenant que le DRS veut faire remplacer le président du Conseil constitutionnel, Boualem Bessaïah, proche du clan présidentiel, arrivé au terme de son mandat.

    Les deux dirigeants de la Cour, nommés en octobre 2006, soit depuis 5 ans (le président de la Cour, Kaddour Berradja, et le procureur général, Mohamed Guettouche) sont des hommes du DRS et contrôlent toutes les Cours et tribunaux, chargés de superviser les élections. Ils sont plus puissants que le ministre de la Justice, Belaid Belaïz, proche de Bouteflika. Quant au Conseil constitutionnel, c'est lui qui validera les résultats.

    Le lancement de l'artillerie médiatique implique qu'il va être remplacé incessamment sous peu. Cela veut dire que les résultats des élections seront triturés selon les désirs du pouvoir, soit par le clan d'Oujda de Bouteflika soit par le clan du DRS, ou les deux à la fois comme d'habitude.

    Rappelons à titre d'exemple qu'au Maroc, les mêmes institutions ont repêché le parti Istiqlal. A la première annonce des résultats, il était crédité d'une trentaine de sièges. Et à l'annonce finale, il se voit attribuer 60 sièges (?)

    L'enjeu du prochain scrutin n'est pas le score des islamistes, pratiquement acquis, mais ceux du FLN et FFS, et l'enterrement du RND, voulu par Bouteflika, mais refusé par le DRS qui le contrôle à 100%.

     

    Saad Lounès

  • Contrechamp


     

    Dépense, inflation et contre-développement

    Par : Mustapha Hammouche

    Après une série d’augmentations salariales “électorales” en 2008-2009, une cascade de réévaluations salariales, suivie de nouvelles subventions de produits alimentaires, est venue entretenir “la paix civile” en 2011.
    Malgré une augmentation de 11% de la production agricole, les prix se sont envolés. Faute de croissance, “globalement ralentie”, comme l’observe la Coface dans sa dernière “appréciation”, les surplus de revenus ont eu un effet inflationniste élevé. La conséquence en est que bien des niveaux de salaires ont été déclassés, n’autorisant plus un mode de vie supportable. Une étude de l’UGTA, qu’on ne peut pas soupçonner de subversion, vient d’établir qu’il y a besoin d’un minimum de 37 000 DA. Ce qui n’est pas un salaire courant.
    Les revenus pétroliers, en constant accroissement, dispensaient le pays d’une politique de développement économique. Le peu d’activité productive, dans l’agriculture et l’agro-alimentaire, d’une part, et les activités suscitées par la dépense publique, comme le BTP, d’autre part, donnent l’illusion d’une vie économique. La dépense publique elle-même constitue l’essentiel des revenus des entreprises et des ménages. Elle sert aussi à l’enrichissement des familles et catégories élues au partage de la rente et à l’entretien des relations étrangères du clan dirigeant. Mais, pour la première fois depuis plusieurs années, la production en hydrocarbures, jusqu’ici toujours en augmentation, a stagné, voire diminué, pour le gaz.
    Mais, puisque les importations doivent continuer à s’accroître, malgré les limitations, et parce que le pays importe d’abord ses produits de première nécessité, il faudrait que le prix du baril se maintienne, au moins, au niveau actuel, pour que les Algériens puissent conserver le niveau de vie actuel. Sinon, il faudra puiser dans le Fonds de régulation jusqu’en… 2014. Après… après, Dieu seul sait.
    L’année 2011 aura été une année de production de l’inflation, du fait d’une pratique de revalorisation politique, souvent spectaculaire, de larges catégories de fonctionnaires et de distribution de crédits parfois immédiatement orientés vers les dépenses de consommation. Le surplus de revenus des rentiers est rarement destiné à l’investissement ; il lui est préféré la spéculation foncière, hors de portée des contrôle fiscaux et de la pression bureaucratique et corruptrice.
    Avec l’inflation, le pouvoir d’achat global diminue, même si celui de certaines catégories a fait un bond remarquable. Les catégories, en reste de ce mouvement de revalorisation salariale, elles, connaissant un niveau de pression inédit sur leur pouvoir d’achat. Et le nombre de chômeurs augmente nécessairement faute d’investissement.
    Ainsi se présente ce début 2012 : allongement de la liste de produits soutenus, augmentation du chômage, forte demande de logements sociaux, insuffisance de la production locale, inflation. Il faudra “dépenser plus pour apaiser plus”, pour paraphraser la formule popularisée par Sarkozy.
    Sauf que les augmentations passées, les augmentations sélectives, si elles ont produit de la demande et de l’inflation, ont, pour cette raison même, noyé des niveaux de revenus qui, jusque-là, avaient encore la tête hors de l’eau. Comment l’État pourra-t-il continuer de maintenir un minimum de pouvoir d’achat en comptant sur la seule rente pétrolière et en se dispensant de toute politique de développement économique.


  • Tunis 2012: Piètre discours de Bouteflika

     

     

     

    Bouteflika à son arrivée à Tunis Bouteflika à son arrivée à Tunis

    Tunis 2008: Bouteflika s'est dit fier de Ben Ali, "grand bâtisseur d'un État moderne". Tunis 2012: Le survivant des Révolutions arabes salue la fierté du peuple tunisien dans l'accomplissement de sa Révolution. Une fierté à double-veste...



    Piètre allocution que celle de Bouteflika à Tunis, en cet An I de la Révolution du Jasmin. Se sachant invité compromis, dictateur survivant  de ses congénères déchus. Ben Ali a fui son pays dans l’attente de son extradition; Moubarek condmané par la la justice de son pays après avoir annoncé son départ sous la liesse de la Place Tahrir; Kadhafi  tué dans sa déroute, lui qui avait menacé son peuple de pires châtiments. A Tunis, il donnait l’image d’un revenant d’un autre âge, se brouillant d’époque, allant tantôt à celle d’un Roi sans divertissement, sans cour, ne représentant ni son peuple, encore moins les Révolutions arabes, tantôt à celle d’une nouvelle race de révolutionnaires, inconnue de lui et pour laquelle il a joué le rôle d’un revenant, suscitant plus de la pitié que de l’admiration.

    La retransmission des discours qui se sont succédé à Tunis sur, entre autres canaux, la chaîne privée Hannibal qui a failli être fermée au lendemain de la fuite de Ben Ali, le montrait assis, séparé de Moncef Merzouki, le Président par intérim et Moustapha Abdeldjalil, éloigné du Président du CNT libyen, regardant dans le vague, applaudissant presque en catimini les orateurs représentant leur révolution respective avec entrain et le verbe haut.

    Son discours, bref et insipide pour une aussi importante cérémonie a laissé planer ses anciennes et récentes amitiés et soutines de dernières minuets avec Ben Ali et les autres: Il a été l’ami de Ben Ali jusqu’au bout, jusqu’à désespérer de le voir tenir bon aux émeutes de Sidi Bouzid ; il a tenu aussi le glaive du dictateur libyen aux temps fastes où ce dernier régnait sur la ligue arabe et l’a assuré de son soutien inébranlable alors même que, retranché dans son bunker de Dar El Aâzizia, il menaçait son peuple de génocide. Il n'a pu que faire de l'Algérie un refuge doré à sa famille pour "raison humanitaire". Il n’avait pu faire de même pour la révolution du peuple pharaonique. Que dira-t-il alors dans son discours ?

    Décalé comme sa présence honteuse en ces lieux et temps de la chute de ses amis aux mulitples mandats, magnat de la corruption, son discours était aussi d’une autre ère qui, à l’époque de Ben Ali, ne faisait que "saluer", "s’incliner devant", "s’émerveiller de", "consolider", "consacrer", des autoglorifications mutuelles dont ils étaient les seuls à se délecter. Point de toute cette phraséologie triomphaliste, creuse et insipide.

    D’abord, à aucun moment, Bouteflika ne  s‘est impliqué dans le contenu de son discours ; ce qui eût paru incongru et pour le moins étonnant pour l’assistance et Moncef Merzouki, le maître des céans. Bouteflika a marqué une distance calculée, tactique ou stratégique dans ses références à la Révolution tunisienne, usant de la deuxième personne du pluriel et jamais d’un "nous" implicatif; usant rarement d'un "nous" greffé à la victoire du peuple tunisien : "Votre révolution" , "Votre peuple saura édifier" , "Votre contribution à…" : "En Algérie, nous sommes optimistes quant à la victoire du peuple tunisien, lui souhaitant la réalisation des ses aspirations à l’édification d’un avenir prospère. [...] La Tunisie recèle de grands atouts et d’énormes potentialités à même d’amorcer une nouvelle étape de son histoire ».

    Ensuite, cette distance dans le propos face une révolution si proche et si ressemblante dans ses causes a été sans doute relevée par Moncef Merzouki qui le fixait de son regard d’aigle, se tenant fermement le menton. Jusqu’au moment où le Président par intérim s’est quelque peu relâché lorsque Bouteflika, vers la fin de son allocution, a lâché le mot "Algérie" pour être sitôt fondu dans "Le grand Maghreb arabe", se faisant le chantre d’une union disparue, mise en ruines par la révolution du Jasmin "L’union du grand Maghreb Arabe" , une construction virtuelle, un concept vieillot, faisant partie des ressassements de l’ère dictatoriale d’un Maghreb des prisons, de la corruption et de la négation de l’Etat de droit. De cette image fort choquante pour l’An I de la révolution tunisienne qui s’inscrit dans un autre Maghreb hors de sa "grandeur"  despotique et aux antipodes de son "arabité" idéologique et démagogique, de cet épouvantail de "Grand Maghreb arabe" si cher à Kadhafi, aucun orateur n’y a fait référence, parlant et insistant plutôt sur les nouvelles expériences de leur pays respectif. Ce "Grand Maghreb arabe" s’est invité dans le discours de Bouteflika comme le ferait un naturaliste, spécialiste de l’évolution des espèces, qui parlerait, d’une nouvelle ère des dinosaures.

    Le dernier de l’espèce n’a pas manqué d’être ainsi de son ère. Aucune énergie, aucun élan, bafouant sur quelques mots dans un discours aussi court et sans doute appris par cœur. Toute honte bue, le survivant au déluge, s’est même cru un instant, être, en 2008, époque récente, où, après un amendement de la Constitution et briguant un troisième mandat, il s’était rendu à Tunis, fêter son " imposture"  avec son "homologue"  ( en ce temps-là, ce terme était diplomatique) Ben Ali, d’autant que son voyage, le signe de "la solidarité tuniso-algérienne" s'inscrivait sous l'aura de la commémoration du cinquantenaire de la tragédie coloniale de Sakiet Sidi Youcef village martyr bombardé par l’armée française le 8 février 1958. S’adressant en termes dithyrambiques, cette année-là, à Ben Ali, Bouteflika n’a pas tari en qualificatifs élogieux, dont il fut si avare dans son petit discours de 2012 : "Les Tunisiens sont en droit d’être fiers de ces réalisations et acquis accomplis sous la direction éclairée du président Zine El-Abidine Ben Ali qui a fait de la Tunisie un Etat moderne, avancé, ouvert, attaché à son authenticité et à ses valeurs nationales, fidèle à ses nobles principes, enraciné dans son environnement maghrébin, arabe, islamique et africain et conciliant parfaitement authenticité et ouverture."

    Comment, en l’espace d’à peine trois années, cette supposée "fierté du peuple tunisien" à l’égard de Ben Ali qualifié de bâtisseur d’un Etat moderne, peut-elle, en si peu de temps, être appliquée à la Révolution du Jasmin par Bouteflika dont la même fierté a manqué en cet An I

    RM

  • «rendez-nous nos armes, m. le président»

    Ils ont remis leurs fusils de chasse dans les années 1990

    Taille du texte normaleAgrandir la taille du texte


     

    L’affaire des fusils de chasse confisqués par l’Etat au début des années du terrorisme islamiste, en 1993, suite à la détérioration de la situation sécuritaire dans le pays, est loin de connaître son épilogue.

    La confiscation des fusils de chasse, dans plusieurs régions du Centre touchées par le terrorisme, avait été décidée par les hautes instances de l’Etat à cette période, dans le cadre de la lutte antiterroriste, afin, justifiaient-ils, d’éviter que ces armes soient saisies par les groupes armés activant dans les maquis. Dix-neuf années se sont écoulées et les propriétaires de ces armes continuent de revendiquer leur bien sans savoir à quel saint se vouer. Depuis 2000, ils organisent chaque dimanche un rassemblement sur la place des Martyrs, à Bouira, dans le but de sensibiliser les autorités à leur unique revendication : la restitution de leurs armes confisquées. Ils ont même organisé des marches et fermé à plusieurs reprises le tronçon autoroutier, mais sans aucun résultat.

    A chaque fois, les propriétaires, dont la plupart sont de simples paysans, dénoncent l’attitude autiste des pouvoirs publics et qualifient leurs cas d’«injustice à leur égard». Pour eux, l’Etat a procédé à la confiscation de leurs armes sans aucune raison valable. A en croire certains paysans qui se sont déplacés à notre rédaction et avec lesquels nous nous sommes entretenus, le besoin se fait pressant, car motivent-ils, des animaux sauvages, notamment les sangliers, font des ravages dans leurs récoltes. Que ce soit les champs de céréales, les vergers, les maraîchages et autres jardins, tout est détruit sur le passage de ces animaux.

    «Nous ne pouvons pas y faire face sans nos fusils, notamment dans les campagnes, à l’instar d’Ath Laâziz, Taghzout, M’chedallah et Haizer, au nord du chef-lieu de la wilaya, et plus encore dans les régions de Sour El Ghozlane, au sud», nous dit un fellah. «Sans nos fusils, nous ne pouvons plus travailler nos terres à cause de la prolifération des sangliers dans la région», renchérit un autre. Ces bêtes ravagent tout sur leur passage. Pour Ali Bouras, un paysan de Bouira, «le fusil de chasse représente pour nous, les montagnards, un honneur. Cela fait des années qu’on réclame nos biens, mais l’Etat fait la sourde oreille». Et de s’adresser aux pouvoirs publics : «Qu’ils aient le courage de nous répondre par oui ou par non. Pourtant, c’est simple ; s’il s’agit d’une saisie, qu’ils nous le disent et l’affaire sera classée !»


    9500 fusils de chasse confisqués à Bouira


    Il est utile de souligner que le nombre de fusils de chasse confisquées au niveau de la wilaya de Bouira avoisine les 9500 armes, selon les statistiques des membres actifs des associations de la wilaya affiliées à la Coordination nationale pour la restitution des armes (CNRFC), qui a vu le jour il y a deux ans à Bouira. «Y’en a marre, cela fait maintenant plus de 12 ans que nous frappons à toutes les portes, sans qu’aucun responsable n’arrive à nous convaincre», se désole Ider Salah, de Haizer. Le ministre de l’Intérieur, le chef de la 1re Région militaire (Blida), l’Assemblée nationale, les partis politiques, la présidence de la République, le wali de Bouira, les présidents des APC ont tous été saisis de cette affaire. Mais, précisent nos interlocuteurs, personne n’a osé trancher. «En 2002, nous avons saisi le président de la République à travers une lettre ouverte. La réponse de la Présidence était simple : elle nous a invités à nous adresser aux autorités locales, alors que le Président sait bel et bien que cette affaire est du ressort des hautes autorités de l’Etat», souligne Ali Bouras, un fellah de la commune d’Ath Laâziz.

    Une autre réponse leur a été fournie par le chef de la 1re Région militaire, qui les a informés que ce dossier est du ressort du ministère de l’Intérieur. Ils réclament tout bonnement une réponse claire et précise. «Qu’on nous donne une explication. Soit on nous rend  nos armes, soit on nous indemnise, soit on nous donne des autorisations d’achat, soit on nous dit non et l’affaire est classée», tonne Brahim Recham, le président de l’association Es Salem pour la restitution des fusils de chasse des communes de la daïra de Bouira. L’association en question a été créée le 23 mars 2010, mais à ce jour aucun agrément ne lui a été délivré. M. Recham a tenu à préciser que même les autorisations d’achat sont interdites au niveau de la wilaya de Bouira. Contacté à ce sujet, le directeur de la réglementation et des affaires générales (DRAG) de la wilaya, Ouali Akli, a indiqué que la wilaya délivre des autorisations d’achat de fusils et que toutes les transactions se font au niveau de cette institution.


    Le même responsable a confirmé également que sa direction ne délivre pas d’autorisation pour l’importation d’armes. Selon lui, depuis 2001, aucune décision d’importation d’armes n’a été enregistrée. Les propriétaires de fusils de chasse de Bouira se posent des questions sur l’attitude des pouvoirs publics. Ils s’interrogent sur le fait qu’en marge de la visite effectuée par le président Bouteflika, le 25 juillet 2008, à Bouira, son ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales de l’époque, M. Zerhouni, avait déclaré à la presse que les armes sont classées et que «l’Etat procédera au moment opportun soit à la restitution ou à l’indemnisation des concernés». Son successeur, Daho Ould Kablia, avait déclaré, quelques semaines après avoir pris ses fonctions que «le dossier n’est pas directement géré par le ministre de l’Intérieur. En fait, le ministère ne fait qu’exécuter une décision du ministère de la Défense». Depuis, aucun engagement pour soulager ces paysans. «Chaque fois qu’on organise une action, ils dépêchent des interlocuteurs afin de nous orienter pour procéder à des dépôts de dossier au niveau des brigades de gendarmerie territorialement compétentes.»
    Pour Brahim Recham, 6500 dossiers ont été recensés par son association. «Nos dossiers sont déposés au niveau des brigades mais aucune suite ne nous a été donnée. Le dernier dépôt a été fait   en mars 2011», dénonce-t-il.    


    «C’est comme s’ils nous enlevaient nos femmes»  

    Le représentant des propriétaires d’El Hamzaouia (Aïn Bessem) pour la restitution des fusils de chasse, Guerache Abdelkader, a recensé plus de 700 fusils confisqués ; il qualifie cette affaire de «violation pure et simple». «Nous ne sommes pas un parti politique. Nous avons respecté la décision de l’Etat et nous avons abdiqué, mais comment se fait-il que nos responsables fuient leurs responsabilités ?», dit-il avec colère. «Que les pouvoirs publics viennent nous enlever nos femmes, alors…», ajoute-t-il encore avec rage. Ce même représentant donne un ultimatum aux pouvoirs publics : «C’est à travers les colonnes du journal El Watan, qui a toujours été solidaire avec notre cause, que nous tenons à lancer un ultimatum de 15 jours aux responsables concernés à propos de notre cas. Nous allons initier des actions musclées. Si la dernière fois, ils ont réussi à nous bloquer au niveau de leurs barrages de gendarmerie de Reghaia et Rouiba, la prochaine fois, nous irons à la Présidence.

    Nous ne sommes pas des terroristes, nous sommes de simples citoyens et nous voulons juste notre droit.» Les propriétaires de fusils de chasse de Aïn Bessem regrettent que tous les responsables saisis sur ce dossier, du président de l’APC au président de la République, n’aient pas jugé utile de répondre à leur revendication, pourtant légitime. Il y a deux ans, pas moins de 3000 lettres ont été envoyées par la poste à la Présidence. Elles sont restées sans suite. «Aucun responsable n’a osé commenter publiquement cette affaire, c’est indigne», dit M. Guerache. Pour le moudjahid Mahmoudi Abdelkader, membre de la Coordination nationale pour la restitution des armes de Bouira, «le dossier relève des prérogatives du Président en personne. Bouteflika doit prendre une décision à propos de notre cas. Au départ, nous étions contre l’indemnisation mais maintenant, nous sommes pour cette option et nous voulons juste que le Président statue sur cette affaire». «Rendez-nous nos armes, Monsieur le Président, c’est notre bien, c’est notre honneur…», lancent-ils.                     

    Restitution des armes à leurs propriétaires à Béjaïa

    Plusieurs armes ont été restituées à leurs propriétaires dans la wilaya de Béjaïa. C’est ce que nous a déclaré, au téléphone, le président de la Coordination nationale pour la restitution des fusils de chasse (CNRFC), Hammoudi Madjid. Ce dernier a avoué que plus de 200 armes ont déjà été remises à leurs propriétaires.

    Notre interlocuteur a affirmé également que l’opération suit son cours. Notons, par ailleurs, que le nombre de fusils de chasse confisqués par l’Etat au niveau de cette région avoisine les 8700 armes.                                                        

    Silence radio à la gendarmerie de Bouira :

    «Nous n’avons pas de cellule de communication ici, au commandement de la gendarmerie de Bouira.» Telle est la réponse reçue à chaque fois qu’un journaliste demande des informations auprès de ce corps de sécurité.


    Contacté par téléphone au sujet de ce dossier, un officier nous a déclaré qu’il n’est pas habilité à nous fournir des informations sur cette affaire. Il nous a invités à contacter l’état-major, à Blida.

  • Le 16 janvier 1992, Boudiaf revenait en Algérie...

     

    Par |

     

     
    Mohamed Boudiaf à son retour en Algérie;

     

    "Je déteste les victimes quand elles respectent les bourreaux". Jean-Paul Sartre

     

    Il y a vingt ans, le 16 janvier 1992, la jeunesse algérienne découvrait Mohamed Boudiaf. Elle venait de le découvrir parce que l’adjudant et le colonel qui ont successivement présidé aux destinées de l’Algérie, dès l’indépendance confisquée en 1962, ont tout fait pour que le nom de Boudiaf ne soit jamais connu, ni à l’école sinistrée, ni à l’unique télévision du système, ni dans la presse, limitée alors à deux titres.

     

    Ainsi, dès 1962, le système qui avait pris la précaution d’assassiner d’abord Abane Ramdane en 1957, a déployé alors son jeu dans l’objectif  de faire de l’Algérien un borné, un barbare et un fanatique:

     

    1/ Borné, en lui inculquant le "principe" que sa culture est seulement arabo-musulmane. L’Algérien est ainsi amputé de sa dimension culturelle berbère naturelle. Mais Mohamed Boudiaf, dès son retour, est alors le premier chef d’Etat algérien, à rappeler officiellement que la personnalité de l’Algérien tient de l’amazighité, l’islamité et l’arabité.

     

    2/ Barbare. Dans la société la plus barbare, il arrive qu’on abatte un arbre pour cueillir ses fruits. Mais, dans l’Algérie indépendante, c’est Boudiaf qui a été  abattu parce qu’il a refusé qu’on abatte l’arbre Algérie pour cueillir ses fruits. Il le paye de sa vie parce qu’il a martelé la mafia politico-financière par son slogan, «l’Algérie avant tout».

     

    3/ Fanatique. Voltaire a parfaitement raison de dire que "celui qui soutient sa folie par le meurtre est fanatique". Est-ce la folie qui s’est emparée alors du système pour lâchement assassiner Boudiaf, maquiller son assassinat en "acte isolé" et soutenir sa folie par le meurtre. Le système devient alors le pire des fanatiques. 

     

    Devant cette ambiance de trahison généralisée par le silence, cette pensée de J.P. Sartre : "Je déteste les victimes quand elles respectent les bourreaux", me conforte dans mon combat d’interpeller toutes les consciences et particulièrement  Messieurs Ali Haroun, Ahmed Djebar et Khaled Nezzar. Ces trois personnalités ont été très proches de Boudiaf pendant sa mission à la tête de l’Etat. Ils ont joué un rôle fondamental dans son retour en Algérie. De par la position qu’occupait chacun de ces Messieurs, au moment de "l’acte isolé", soit ils étaient en position de connaître ses bourreaux, soit en position de ne pas les connaître. S’ils ne les connaissent pas, de qui ont-ils peur de demander la réouverture du dossier et de l’enquête. S’ils se taisent  et donc  connaissent les bourreaux,  alors ils deviennent eux-mêmes bourreaux, et donc pas respectables. 

     

    Messieurs Haroun, Djebar et Nezzar, il y a un  adage qui veut tout simplement dire que devant une situation complexe, "on est partie du problème, ou partie de la solution". L’assassinat de Boudiaf est un sérieux problème. Boudiaf était-il aussi fort physiquement pour nécessiter toute une rafale alors qu’eu égard à son âge et sa santé précaire, une seule balle lui aurait suffi. C’est là où se situe le problème, votre problème. Car en fait, une seule balle était destinée au Président du Haut Comité d’Etat qui commençait à déranger le système. Alors tout le reste des balles du chargeur, voire des chargeurs, n’était pas destiné à la victime de «l’acte isolé» mais à toute personne qui s’imaginait facile de toucher là où Boudiaf a mis le doigt et a commencé à faire mal au système. J’aurais voulu que le ministre de l’Intérieur de l’époque, feu Larbi Belkheir et d’autres responsables de la Sécurité de l’Etat, qui ne sont plus de ce monde, soient aujourd’hui à vos côtés pour répondre à cet adage. Mais ils sont là où aucune pétition ne peut les sauver, ni les soustraire à la justice divine. Avec la justice divine, il n’y a ni faux procès ni "acte isolé".

     

    Je vous laisse, cependant, toute la latitude de répondre publiquement à cet adage, à cette manière de présenter le mal qui ne cesse de me torturer depuis que j’ai compté le nombre de balle dans le crâne, le dos et même le thorax de mon père.

     

    Soit ! Boudiaf est mort. L’arbre de novembre a été abattu en juin, mois de sa naissance. Le peuple algérien a été empêché de goûter aux fruits que Boudiaf lui préparait depuis 1947. Mais en mai prochain, en plein printemps, l’Algérien est appelé à choisir de nouveaux représentants à l’Assemblée nationale. Le système est perplexe et sclérosé. Soit il laisse les choses se passer normalement et alors là le printemps va bourgeonner de fruits qui ne seront pas du goût du système, quel que soit le goût de ces fruits. Soit, il arrêtera une nouvelle fois le cycle de bourgeonnement et là, l’Algérie manquera pour la énième fois son rendez-vous avec le printemps. Le printemps berbère a été cruellement étouffé dans le sang, comme l’a été Boudiaf. Qu’en sera-t-il du printemps algérien ? Qu’en sera-t-il du système qui n’a plus de Boudiaf à aller tirer de son exil ?

     

    La vérité sur "l’acte isolé" ne me rendra pas mon père, ne rendra pas le Président du Haut Comité d’Etat à l’Etat. Mais incontestablement, la vérité rendra un peu d’espoir ; espoir au futur chef de l’Etat de ne pas finir comme a fini l’homme de Novembre ; espoir aux jeunes soldats de ne pas avoir, dans l’avenir, à recevoir des ordres d’exécuter un homme honnête comme Boudiaf alors que les criminels courent les rues ; espoir enfin à tout le peuple que l’impunité a une fin, comme toute chose dans la vie.

     

    Par ailleurs, on a été informé, il y a quelques jours de la nomination de M. Abdelmalek Sayah, à la tête de l’Office de la lutte contre la corruption. L’intéressé n’est autre que le procureur général du procès qui pense avoir sauvé le système en qualifiant l’assassinat de Boudiaf d’"acte isolé". Le peuple est alors édifié. Toutes les affaires de corruption dont  il a entendu parler seront qualifiées "d’actes isolés". C’est dire que le printemps de la lutte contre la corruption n’a pas encore entamé la saison de commencer à bourgeonner.

     

    En ce qui me concerne, le dernier mot prononcé par mon père a été "l’Islam". Pour les croyants, les vrais, c’est là un signe de bon augure annonçant que Boudiaf est parmi les chouhadas au Paradis. Quel sera le dernier mot prononcé par les hommes  du système ?  A eux de le dire au peuple. Pour moi : c’est le mot : vérité.

     

    Nacer Boudiaf

  • le gouvernement et les députés : une honte de plus, de trop

     

     

    Par

     

     

     

    Le gouvernement et l'APN, un couple au service d'un système à bout de souffle.

    Le gouvernement propose et fait adopter un amendement interdisant l’importation de la friperie.

    Karim Djoudi, le ministre du Commerce, justifie ladite proposition par les "moyens faibles à la disposition de l’Etat pour le contrôle sanitaire de ce genre de produit et par le souci de protéger la production locale." Elle n’étonne personne, la première raison est que le citoyen s’en accoutume à longueur de journée. Depuis la crasse dans les hôpitaux qui fait classer l’Algérie parmi les dix pays à forte prolifération de maladies nosocomiales jusqu’à la consommation des denrées alimentaires, surtout les produits fabriqués localement, où le concept des minima d’hygiène correspond tout juste à une litote sur la saleté. Contre cent kopeks si l’on a vu dans notre pays un distributeur de fruits et légumes passer au moins à l’eau ses produits avant de les fourguer à des prix acquis trois fois inférieurs au coût de revente que le détaillant vous présentera dans des sachets polymères contenant de l’arsenic.

    On ne peut pas ne pas se rappeler il y quelques années de cela lorsque le ministre de l’Environnement, Chérif Rahmani, a orchestré une espèce de miniconseil des ministres dans le but d’interdire le redoutable sachet noir vérifié par ses experts renfermant une molécule tueuse quelques semaines avant de s’envoler allègrement vers Copenhague représenter la lutte de son régime contre la pollution. Il a tenu parole, aujourd’hui il n’y a pas traître sachet noir en circulation dans les commerces !

    Le second mobile motivant cette décision nous raconte le machahou révolutionnaire de la défense du produit national jusqu’à la dernière goutte de sang contre son homologue impérialiste, empêchant l’essor de l’économie locale capable de grands défis. Des flopées de plans de développement enrobés de centaines de milliards de dollars depuis le premier quadriennal de Boumediene jusqu’à la dernière bricole interministérielle dans le secteur de l’industrie impliquant les acteurs publics et particuliers pour le "redressement du produit algérien" font tout faux sur le terrain réel de l’offre et de la demande. A ce point de lâcheté dans les aptitudes industrieuses que la majorité des anciens fabricants réinvestit carrément dans l’importation ou dans les créneaux moins pénibles dans les services ou le business hors du cadre du registre de commerce, parfois même ouvertement dans le banditisme.

    Un vieil ami, longtemps perdu de vue, me raconte sa reconversion. Il faisait parte d’une famille algéroise réputée dans la maroquinerie mais surtout dans la création de chaussures. Je l’écoute qui dit : "Tous les composants de la matière première actuellement ne sont pus fabriqués localement et ils coûtent très chers ainsi importés ; même si je vends mon produit fini sans dégager des bénéfices je n’ai aucune chance devant les chaussures importées du Sud-Est asiatique, j’ai donc arrêté de bosser pour le drapeau et je me suis dirigé vers le plus porteur pour continuer à faire vivre la famille, je me suis alors engouffré dans une affaire d’anciens de la confection dans l’importation vestimentaire." Il ajoute bien "point final" à la fin.

    Cette explication est valable pour maints anciens opérateurs dans les volets de la demande domestique où la cherté des matières de base et des intrants n’incite désormais plus à rester dans le métier. Mais le paradoxe est que les investisseurs qui veulent tenter le coup justement dans ce secteur primordial se font-ils tout au début décourager par les multiples blocages administratifs "parrainés" au travers de textes de loi et de réglementation quasiment répressifs induisant la plupart des opérateurs nationaux vers les crédits à l’importation, synonyme de grandes perspectives de malversation tous azimuts.

    Mais pourquoi donc, par tous les diables, interdire ce modèle de consommation fort compatible avec l’ensemble du pouvoir d’achat algérien ? Cette fois contre mille kopeks, si Kamel Djoudi daigne démener une petite enquête auprès des citoyens de la classe moyenne, et si tant qu’elle existe, que maints cadres de la nation ne s’approvisionnent-ils pas régulièrement, au moins depuis l’Alliance présidentielle et l’arrivée en puissance des banques étrangères, dans cette brave catégorie de magasins.

    Allez-y voir dans quelle condition il se fabrique le lait que consomment les futurs électeurs de la prochaine fourberie printanière du système ; faites-vous éclairer par des amis chimistes, s’il en est, sur la nature des additifs, qui accompagnent les aliments quotidiens de survie qu’ingurgitent les enfants des contribuables quand il faut casquer un smig pour les habiller shopping Karim Djoudi. Les brigands de Zighout-Youcef qui viennent de voter ce texte indicible, qu’un minimum de dignité doit éviter de donner de nom, après s’être frottés les mains sur un bonus de trois cents millions chacun – que seul le diable comprend pour quel service rendu à la nation – en oubliant toutes les trahisons sur le pays tapées des mains, pour celle-là seulement, comme un cadeau de départ déposé dans la penderie du sinistre hémicycle, elle donne vraiment honte d’être algérien.

    Nadir Bacha

  • Les prix flambent, l’Etat démissionne

    Frénésie de la spéculation suite aux hausses salariales

     

    Taille du texte normaleAgrandir la taille du texte

     


    zoom | © Saâd

     

     

     

     

    Les Algériens ont entamé la nouvelle année avec une flambée des prix de nombreux produits de consommation. La hausse du taux d’inflation était prévisible, de l’avis de nombreux observateurs.

     

    Le Fonds monétaire international (FMI) avait averti qu’après deux années de stabilité, l’inflation en Algérie devrait connaître une hausse en 2012 pour atteindre 4,3% contre 3,9% en 2010 et 2011. L’entrée en vigueur du nouveau salaire national minimum garanti (SNMG) et la hausse des salaires des travailleurs du secteur public n’ont pas fait que des heureux.  L’expert de la Banque mondiale, Hamidouche Mhamed, impute d’ailleurs cette envolée des prix à «l’augmentation des salaires sans la contrepartie d’une performance économique et au détriment des ressources». «Quand on verse des rappels de l’ordre de cinq milliards de dollars, il faut bien s’attendre à une hausse des prix», a-t-il noté.

    «Les augmentations des salaires des travailleurs du secteur public et la révision à la hausse du SNMG ont plombé les coûts de la production. Or, les salaires représentent 60% du coût d’exploitation pour les moyennes entreprises», explique-t-il encore. «On a alimenté l’inflation», a-t-il relevé. Cette explication s’applique selon lui uniquement aux produits fabriqués en Algérie. Pour ce qui est des produits importés, M. Hamidouche rejette le concept d’inflation importée, étant donné que les fluctuations des marchés internationaux ne sont pas répercutées en Algérie. «Il y a des produits qui affichent une tendance à la baisse. L’euro est au plus bas depuis deux mois, mais comme il y a une dérégulation du marché algérien, les fluctuations du marché international ne sont pas répercutées en Algérie. Des réseaux mafieux maintiennent la tendance à la hausse», souligne-t-il.

    «La plupart des matières premières suivent une tendance baissière comme le cacao, le café robusta, le riz, les huiles, le blé. Pourtant, ces baisses ne sont pas répercutées en Algérie, a-t-il insisté. Les spéculateurs profitent de la dérégulation du marché algérien en raison de l’absence de spécialistes des marchés financiers qui fournissent l’information sur l’évolution des cours boursiers en temps réel. Cette situation profite à certains importateurs qui ont le monopole sur certains produits. «Les prix sont fixés par certains importateurs et non pas le marché», soutient M. Hamidouche. Il préconise la création d’un observatoire des prix afin de remédier au problème du manque d’information concernant les prix des produits importés.

    Les institutions et les entreprises cherchent l’information gratuite qui n’est pas toujours fiable et n’investissent pas assez dans le créneau de l’information économique, alors que quelques centaines d’euros peuvent leur faire économiser des milliers, voire des millions d’euros. Il cite l’exemple de l’Office national interprofessionnel des céréales (OAIC) qui aurait effectué des achats au mauvais moment, c’est-à-dire, lorsque les prix étaient au plus haut niveau. «L’OAIC a acheté du blé au mois de mars. Ses négociateurs ont acheté des quantités importantes. Or, s’ils avaient attendu l’été pour faire ces achats, les prix auraient été à leur avantage», a-t-il indiqué.

    Déséquilibre

    Selon cet expert, cette hausse des prix devrait persister pendant tout le premier semestre de l’année 2012, avant de connaître une stabilité pendant le troisième trimestre et enfin amorcer une baisse durant le dernier trimestre si les pouvoirs publics mettent en place des mécanismes de régulation efficaces.  Mais si l’Etat peut se permettre actuellement de subventionner des produits et de dépenser à sa guise grâce à la manne pétrolière, il n’en sera pas de même dans quelques années avec notamment le recul des capacités de productions de pétrole, avertit M. Hamidouche. «Il y a une mauvaise coordination entre la politique monétaire  de la Banque centrale et la politique financière de l’Etat qui a beaucoup de dépenses. On risque un déséquilibre dans cinq ou sept ans si l’Etat continue à dépenser de la sorte», signale-t-il.

    «Tant que les prix du pétrole sont au-dessus de 100 dollars, l’Etat peut subventionner les prix, mais si les prix du pétrole diminuent de moitié, il sera confronté à des difficultés. Il devra faire une coupe dans ces dépenses. Il ne pourra pas fonctionner normalement et il sera obligé de diminuer les dépenses d’équipements», poursuit M. Hamidouche en soulignant que le pic des capacités de production de pétrole a été atteint. «Il viendra le jour où on sera obligé d’importer le carburant et le pétrole», ajoute-t-il. D’où la nécessité impérieuse de diversifier l’économie nationale, a-t-il conclu.             

     

    Nora Boudedja
  • Le délire Stalinien de Toufik

     

    Aéroport Houari Boumediene ; c’est le début de l’après midi et c’est l’arrivée du vol Lyon-Alger en ce dix-huitième jour de jeûne du mois de ramadhan qui coïncide avec le 18 Aout 2011. A peine les formalités de frontière accomplies, pour lui-même et pour son fils, qu’il est brusquement appréhendé par un groupe de quatre hommes qui se présentent à lui comme des officiers du DRS et lui signifient son arrestation et le somment de les suivre dans le calme. La surprise est totale pour sa sœur qui vient l’attendre ainsi que deux autres membres de sa famille qui travaillent en sous-douane à l’aéroport et qui assistent hébétés à cette scène tirée d’un mauvais cauchemar. Le long silence du premier choque est brisé soudainement par les pleurs du petit Anes qui ne comprend pas pourquoi son père est molesté avec autant de violence. Il en est séparé sans que l’on lui explique ce qu’il a fait, lui qui est venu passer les derniers jours du ramadhan avec son grand père âgé de plus de 90 ans.

     

    Bachir Belharchaoui qui quitte le DRS en 1993, officiellement pour cause de maladie, vient d’être séquestré par les pires criminels que l’Algérie ait jamais connu; le groupe du sinistre colonel Haddad Abdelkader dit Nacer El-Djen et son binôme le colonel Brahimi Louanes dit Mourad. Les membres de la famille présents sur place tentent tant bien que mal de s’interposer mais très vite un déluge d’injures, de coups et de menaces s’abat sur eux. Bachir disparait rapidement sans que personne n’ait le temps de réaliser ce qui vient de se passer !

     

    Bachir Belharchaoui est conduit à Hydra dans les locaux de la DCPJ/SA (Direction Centrale de la Police Judiciaire/Sécurité de l’Armée) commandée par le général Mohamed Hadjar. Il faut savoir que depuis la fermeture officielle du CPMI de Benaknoun en 2004, les officiers de recherches et d’investigations se déplacent vers la DCPJ/SA pour interroger les personnes arrêtées ; en fait un subterfuge administratif pour effacer les traces ! Pendant dix jours, Bachir subit les pires atrocités de jour comme de nuit et ce n’est que le 29 Aout qu’il est présenté au tribunal militaire de Blida dans un état grave ; il ne peut même pas se dresser correctement, ni se déplacer à causes des tortures subites. Son frère ne le reconnait plus et distingue à peine le restant des traits de son visage tellement il est tuméfié de partout ; le spectacle et si insoutenable que le vieux père aussi présent perd connaissance à la vue de son fils !

     

    Ca se passe en Algérie vingt ans après le coup d’état ! C’est dire que rien n’a changé et que l’Etat de droit ce n’est pas pour demain. C’est toujours les mêmes qui torturent, les mêmes qui donnent les ordres, les mêmes qui profitent du système et les mêmes qui subissent!

     

     

    Le séisme de janvier 1992

    Beaucoup de choses ont été écrites sur le séisme de janvier 1992 que certains qualifient de coup d'Etat, d’autres d'arrêt de processus démocratique et d'autres même de recolonisation de l'Algérie! Ce qui est une réalité, c'est que le onze janvier 1992 a été tout cela à la fois et beaucoup d’autres choses encore qui ont au final conduit à la ruine du pays sur tous les plans. Avec le recul et en décortiquant les événements qui se sont enchainés, on se rend compte que ce qui s’est passé en ce mois de janvier 92, n'a pas été un acte spontané prit dans un moment de panique et de précipitation par des personnes écervelées; c'est absolument le contraire. Ce n'est qu'après une préparation minutieuse que les DAF (déserteurs de l’armée française), suivant une stratégie prédéfinie, sont passés à l'action avec des objectifs, des moyens et des pertes évaluées bien à l'avance. Bien qu'en réalité les pertes humaines n’aient jamais été un souci pour le commandement de l'aveu même de Khaled Nezar et son aide Gaid Salah ; Ce dernier répétera en toute arrogance à ses hommes, lors d'une réunion de commandement au siège du commandement du CFT/ Ain Naaja, que s'il fallait changer de peuple, ils le feront sans aucune hésitation donnant le ton de la répression!

     

    La confrontation des Algériens pleins d’enthousiasme, d’inexpérience et même souvent d’impatience avec les réalités d’une indépendance inachevée est terriblement douloureuse et laisse un arrière goût amer qui ne passe pas. Les vieux démons ne sont pas loin et infligent un rappel à l’ordre sévèrement douloureux que les Algériens payent de leur sang. En matière de géostratégie et de sécurité régionale, l’Algérie reste un tabou pour ses voisins du nord qui se sont immédiatement mobilisés pour soutenir des rejetons qui comme des asticots ont rongé l’Algérie. Une ironie de l’histoire ; ces DAF en manque de paternité rappellent avec difficultés un colosse de la guerre de libération pour présider le pays et en 166 jours, Mohamed Boudiaf suscite avec des discours francs, directs et sans détour une lueur d’espoir mais ébranle en contre partie ceux qui l’ont ramené. Ce chaoui à la fois têtu et simple, déterminé et flexible, s’adresse aux Algériens en Algérien et leur apporte miraculeusement de l’espoir qui fait défaut à une population apeurée par un futur obscur et une barbarie annoncée dont tout le monde parle et redoute. Boudiaf connait les lignes rouges préétablies, mais les craintes des premiers instants cèdent vite la place au courage du nationaliste dans le reflexe inné du baroudeur d’antan. Il a lu dans les visages des Algériens la soif de justice, d’égalité, de quiétude et de fierté!

     

    Jamais un président n’a suscité autant de respect et d’admiration, ni autant d’espoir et d’enthousiasme en si peu de temps et jamais la fracture entre le régime opaque, capable du pire pour subsister, et un peuple qui sert de décore, n’a été aussi large que le jour de l’assassinat de cet homme hors du commun. Le 29 juin 1992, un pilier de l’histoire algérienne s’écroule en direct, sous les yeux des Algériens qui suivent ses moindres faits et gestes avec minutie. Peu de temps après, une autre icône tombe avec la liquidation de Kasdi Merbah et d’autres symboles du nationalisme algérien suivront dans un silence assourdissant. A l’intérieur de l’Armée comme au sein de la société civile, l’escadron de la mort, nouvellement constitué par Toufik, va sévir souvent de nuit pour remplir la sale besogne décidée par le commandement.

     

    Le projet du pouvoir devient peu à peu évident, pour ceux qui ont réussi à garder la tête froide, et trouve toute sa logique dans l’enchainement des événements mois après mois ; année après année. Tout s’emboite parfaitement et les pièces du gigantesque puzzle révèlent les dessous d’un plan bien établi. Les DAF ont ordonnés l’élimination systématique de tous les nationalistes qui les gênent ou qui sont capables de se mettre au travers de leur chemin ou interférer avec leur plan démoniaque visant à détruire le pays.

    Mohamed Liamine Mediene dit Toufik va mettre en scène et réaliser de bout en bout tout les plans des DAF. Pour marquer la vitalité de sa présence au poste qu’il occupe depuis peu, il s’applique avec soin dès les premiers instants du coup d’Etat. Il excelle dans la mise en pratique des stratégies d’actions et veille personnellement au bon déroulement des opérations programmées par les DAF, dans leurs moindres détails. Ses prétentions sans limites, ses frustrations passées vont être les catalyseurs qui lui permettront de franchir sans réserve ni remords toutes les limites.

    La lutte contre le terrorisme n’a été qu’une couverture pour une purification plus profonde, un châtiment infligé à ceux du bas qui ont osé rêver d’un pays de droit. Les DAF leur ont fait subir une guerre sans pitié qui ne dit pas son nom avec des massacres, des charniers, des disparus, des crimes en tous genres….. En un rien de temps l’Algérie est meurtrie, l’Algérie est humiliée, l’Algérie est violée, l’Algérie est déshonorée par Khaled Nezar, Mohamed Touati, Mohamed Mediene….

     

     

    La justice est ailleurs

    La tragédie des années de braises a tout compte fait permis de mettre en évidence une réalité l’Algérie n’a jamais été souveraine avec en son sein une entité transparente mais très présente au somment de tous les appareils de l’Etat à commencer par l’armée, à savoir la secte des DAF. Vingt après, les bourreaux de l'époque restent plus que jamais actifs, comme on le remarque si bien avec la récente mobilisation pour soutenir le général Khaled Nezar où la désignation par Bouteflika du général Mohamed Touati pour organiser et réaliser les changements politiques annoncés. Soucieux de préserver les avantages acquis, les DAF et leurs alliés se sont unifiés en conglomérat constitué d’élites civiles et militaires. Leur point commun c'est que ces personnes ont pleinement profité de la décennie moribonde; alors que des Algériens vulnérables se faisaient massacrer. Ces parasites faisaient des affaires et amassaient des fortunes alors qu'une majorité d'Algériens soumis à la terreur se terraient pour éviter la foudre des sommets diaboliques, une minorité vivait dans l'exubérance et la luxure. Deux Algérie se sont bien distinguées, celle du régime qui est exhibée comme une vitrine pour l'occident et une autre effacée, silencieuse, terrorisée qui cherche tant bien que mal à survivre même au prix de la dignité humaine!

     

    Aujourd’hui Khaled Nezar, contre lequel pèsent de lourdes charges, est poursuivi par la justice helvétique et pour y faire face il n'hésite nullement à faire appel aux mercenaires du régime qui doivent comme à chaque moment critique faire preuve d'allégeance. Les mêmes personnes sont sollicitées pour cette sale besogne, les mêmes tactiques et les même relais sont utilisés deux décennies plus tard. Ce n'est plus 1990 mais tout comme les vieux ogres qui le constituent, le régime s'est effrité en s'auto- infligeant des mutilations profondes par ses propres acteurs. Gaid Salah, un trilingue analphabète qui se retrouve par miracle à la tête de l'ANP; une anomalie surnaturelle et une complexité rajoutée à l'équation du contrôle des forces armée. En effet, c’est le chef du DRS qui prend ainsi les grandes décisions pour toute l’armée puisque c’est l’officier le plus gradé et à grades égales, c’est la compétence qui prime. C’est la première fois que le chef d’un département de la défense devient de prime à bord le chef de l’armée grâce à un subterfuge savamment réfléchi.

     

    Jamais un chef militaire en Algérie n’a eu autant de pouvoir, autant de droit de vie ou de mort sur les autres, autant d’influence sur des générations qui n’ont pas encore vu le jour ; bref autant de prise sur le destin de l’Algérie et son peuple. Par contre cet homme qui pouvait être le sauveur et le faiseur de miracle pour les millions d’Algériens a sombré dans un délire stalinien emportant tout sur son passage. Autant que premier garant de la sécurité de l'Etat, Toufik est doublement responsable de ce qui est arrivé à l’Algérie d'abord en obéissant par cupidité à des traîtres à la nation et en persistant ensuite dans la même lancée pour asseoir son règne.

    la suite:http://www.anp.org/fr/ledeliredeToufik.html

  • breaking news

    Constantine : Les élèves de terminale entament une grève illimitée

    Les élèves des classes de terminale ont entamé, ce dimanche 15 janvier, une grève illimité dans toute les établissent de la wilaya de Constantine. 

    Bouira : Grève illimitée au centre universitaire Akli Mohand Oulhadj

    Boumerdès : Les transporteurs privés en grève illimitée

    source el waten dz

  • voxpopuli

    Qui défendra les défenseurs de la République ?

    Une corporation de fonctionnaires est fortement tentée de croire qu’elle est tout aussi victime de la réconciliation nationale.
    Trouvez-vous normal et logique que l’ensemble du personnel du ministère de l’Intérieur a pu bénéficier de nouveaux statuts particuliers et de nouveaux régimes indemnitaires hormis les chargés de mission et les assistants de sécurité auprès des collectivités territoriales (daïras et communes) ? Ces cadres classés par référence au grade d’administrateur principal ne sont même pas encore reclassifiés et sont rémunérés à 25 au lieu de 45 dinars le point indiciaire depuis décembre 2007. Ces farouches défenseurs de la République, ces «éradicateurs» qui ont veillé et veillent encore sur les institutions, ces postes «supérieurs» de l’Etat sont devenus, figurez-vous, des fonctionnaires SDF qui touchent un demi-salaire. Tenus par l’obligation de réserve, ils travaillent encore dans des conditions très dures particulièrement dans les localités infectées par les terroristes islamistes. Beaucoup parmi eux y avaient été cruellement assassinés. On trouve parmi eux des universitaires, des anciens militaires et officiers de police, des membres de la famille révolutionnaire et de la société civile «janviériste»… ils sont livrés à eux-mêmes, victimes de la hogra, ils sont las d’attendre la promulgation de leur statut particulier. Ils scrutent la moindre nouvelle émanant du ministère de l’Intérieur, leur tutelle, mais en vain. C’est un corps spécifique créé en 1993 sous le gouvernement de Rédha Malek qui s’est inspiré de la France et de la Suisse où existe également cette corporation. A ce jour, que de l’ingratitude envers ces fonctionnaires qui continuent contre vents et marées à défendre la République, ses institutions et ses intérêts dans le cadre des attributions qui leur ont été conférées, à savoir la prévention sécuritaire. Merci de parler de nous !
    Un chargé de mission à la sécurité de l’est du pays

    le soir d'algerie

  • news

     

    LE BONJOUR DU «SOIR»
    De la mer à la… rivière !

    Par Maamar Farah
    42 harraga ont été interceptés au large d’Annaba. Le mauvais temps n’arrête pas ce flux migratoire qui dénote le désespoir des jeunes, las de vivre dans le pays le plus triste du monde. Mais si la Méditerranée est surveillée de près, il existe d’autres chemins qui mènent à Rome… Non sans danger ! Ainsi, 11 jeunes Algériens, certainement partis en touristes en Turquie, ont essayé d’entrer illégalement en Europe (CEE) via la Grèce. Ils ont failli être emportés par… une rivière en crue !
    Suite...

    CONSTANTINE
    Les élèves de terminale protestent

    Plusieurs centaines d’élèves des classes terminales de Constantine sont sortis, hier, dans la rue pour protester contre «les programmes chargés» et réclamer «la détermination du seuil des programmes» devant être retenus pour les examens du baccalauréat. Suite...

    UNIVERSITÉ AKLI-MOHAND-OULHADJ DE BOUIRA
    Des étudiants en sciences commerciales en grève

    Alors que des étudiants en droit de l’université colonel Akli- Mohand-Oulhadj sont en grève depuis plus de trois jours pour réclamer plus de places pédagogiques pour le master 1, d’autres étudiants en sciences commerciales option finances sont dans le flou total quant à leur avenir et celui de leur spécialité. Suite...

    BLIDA : POUR EXIGER LE DÉPART DE LA RESPONSABLE DES PAIEMENTS
    Les enseignants du secondaire débrayent

    Pour exiger le départ de la responsable des paiements de la Direction de l’éducation de la wilaya de Blida, les enseignants de plusieurs lycées à Blida sont entrés, hier, en grève illimitée, et ce, à l’appel du Cnapest. Suite...

    INSÉCURITÉ À L’UNIVERSITÉ DE BOUDOUAOU EL BAHRI
    Une réunion des parties concernées

    L’insécurité à l'extérieur et à l’intérieur de la cité universitaire de Boudouaou El Bahri (centre de la wilaya de Boumerdès), qui a atteint son paroxysme mardi dernier à la suite de l’attaque par de dizaines de voyous des résidents, fera l’objet d’une réunion spéciale aujourd’hui. Suite...

    OULD ABBÈS :
    «Aucun médicament contrefait n’est commercialisé en Algérie»

    Le ministre de la Santé a déclaré, hier, que tout enregistrement d’un médicament en Algérie devra être soumis à une réciprocité au niveau du pays d’origine. Le ministre a affirmé, par ailleurs, qu’aucun médicament contrefait n’était commercialisé en Algérie. Suite...

    POUR ÉVITER LES ÉMEUTES DU LOGEMENT
    Moussa préconise le «travail de proximité»

    Pas de remède miracle pour que distribution de logements ne rime plus avec émeute. Le ministre de l’Habitat avance cependant une piste : celle de la sensibilisation. Moussa espère une plus grande coopération au niveau local. Suite...

    ALORS QUE LA VILLE RETROUVE SON CALME
    Une commission d’enquête à pied d’œuvre à Laghouat

    La situation tend à la normalisation au niveau du chef-lieu de la wilaya de Laghouat en proie, depuis le 2 du mois en cours, à une contestation citoyenne consécutivement à une distribution controversée de logements. Suite...

    GRÈVE DES CORPS COMMUNS ET OUVRIERS PROFESSIONNELS DE L’ÉDUCATION
    Le mouvement suivi à 57%

    Les corps communs et ouvriers professionnels de l’éducation nationale qui réclament leur intégration ont entamé, hier, un mouvement de grève de cinq jours. Suite...

    MALGRÉ UNE MEILLEURE PRODUCTION DE VIANDES
    Les prix restent inaccessibles

    Selon le ministère de l’Agriculture, la production 2010- 2011 de viandes rouges et blanches a dépassé les prévisions. Cependant, les prix restent inaccessibles. Rachid Benaïssa s’explique. Suite...

  • À la croisée du jasmin et des gourdins !


    Par Hakim Laâlam  
    Email : laalamh@yahoo.fr Le problème n’est pas tant que Boutef’ se rende en Tunisie. Non !
    C’est plutôt qu’il…

    … en revienne !

    À un moment donné, on ne peut plus rester les bras ballants au carrefour. L’air bêtement hésitant. Je dis ça après avoir lu que des responsables du FLN se sont battus à coups de gourdins à Boumerdès. Le monde frémit, tressaute, se met en réseaux sociaux, se tisse en toile serrée, et ici, en terre d’Al-Djazaïr, nous en sommes encore à l’âge des cavernes politiques, les préhistoriques du Front usant du seul argument dont ils maîtrisent le maniement, le gourdin. Lorsqu’ils ne le couplent pas au chien d’attaque féroce, duo inénarrable de la vie partisane à l’algérienne. Je veux bien écouter toutes les bonnes âmes qui tentent de me convaincre que les printemps arabes sont le produit formaté d’une manipulation de laboratoires américains et européens sous-traitant leur processus de déstabilisation auprès d’émirs bedonnants et obséquieux au diable. Je veux bien tout ça. Mais en même temps, cette explication ne suffit pas à accepter de se faire gouverner encore et encore par la tribu des gourdins et du doberman. Je le répète, à un moment ou à un autre, il faut choisir. Il n’y a pas de statu quo possible entre la grosse manip’ et l’ère des cavernes. Car même du temps de l’homme préhistorique, un jour, cet être aux allures grossières prit un bout de charbon et se mit en tête de dessiner. De produire du beau. De fournir du sens à sa vie. Quel sens donner à des responsables politiques qui se tapent sur la tête à coups de gourdins, revendiquant chacun pour sa petite chapelle (oups !) une part des restes souillés des martyrs ? Tout, sauf le gourdin et le clebs ! Oui ! J’en suis là ! Et Belkhadem aura beau crier à qui veut l’entendre que personne ne dictera des réformes aux Algériens, je crie à mon tour à gorge déployée : «Me faire dicter ma vie par des manieurs de gourdins ? Plutôt crever.» Qu’est-ce qui peut m’unir à des gens qui règlent leurs contentieux politiques avec des bâtons ? Que puis-je partager avec des mouhafedhs ou des postulants mouhafedhs qui se combattent avec des matraques et des barres de fer ? Quel véritable lien de patrie ai-je avec cette engeance ? Le fait même de savoir que ces «Gourdinistes» se foutent dans la gueule au nom de l’histoire de mon pays, se bastonnent en brandissant la mémoire collective au bout de leurs armes comme autant de baïonnettes est une souffrance terrible, un supplice, une torture, une aliénation de ma matrice originelle. A un moment donné, je le répète une fois de plus, il faut quitter la posture imbécilement attentiste au carrefour et opter, choisir, se déterminer : soit rester otage de la tribu du gourdin, soit résolument marcher sur les traces, sur les pas des premiers ouvriers, des premiers cultivateurs, des tailleurs de silex, des artistes enlumineurs de grottes, des grands découvreurs, des marins fous, des manufacturiers, des pionniers, des rats de bibliothèques ou des chercheurs en blouse blanche usant leurs yeux à observer sans fin un alambic ou s’esquintant la santé à prélever des morceaux sur le cadavre d’un chien enragé, avec au fond de leurs prunelles en permanence allumées le désir insatiable de comprendre le monde et d’en atténuer les souffrances. Choisir ! Choisir ! Choisir ! Car on ne peut faire partie des deux tribus tellement elles ne vivent déjà plus dans le même monde. Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.