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  • no moment

    Dilem du 03 septembre 2012

  • Gouvernement de “technocrates”, dites-vous ?

    Par : Mustapha Hammouche

    C’est à grands renforts médiatiques qu’on tente d’imposer à l’opinion publique une légitimité “technocratique” du “nouveau” gouvernement. (Le libertinage sémantique du discours officiel nous oblige au recours exagéré, mais inévitable, aux guillemets).
    Par quel procédé communicationnel transforme-t-on donc un gouvernement au moins aussi “politique” que son prédécesseur en gouvernement de “technocrates” tout en ne renouvelant qu’un cinquième des ministres ? Comme, avec ses relais officiels ou officieux, le pouvoir occupe l’essentiel des canaux de communication, il use de ce procédé de communication totale pour couvrir toute objection quant à la légitimité du (ou des) chef(s) qu’il nous a choisi(s). Le matraquage sémantique via les médias, relayé par une dose de complaisance de ce qui nous tient lieu de faiseurs d’opinion, fait passer un acte politique ou une personnalité, individuelle ou collective, pour ce qu’elle n’est pas. C’est là un traditionnel procédé du système algérien. Rappelons, pour l’illustration de la méthode, qu’en 1993, Zeroual, avant de devenir président de l’État, puis d’être élu président de la République, fut le premier ministre… civil de la Défense nationale, et qu’en 1999, Bouteflika fut d’abord candidat “du consensus”, sans précision des parties liées à ce consensus. Ce qui fait que sa candidature et son élection ne pouvaient  souffrir quelques contestations, celles-ci ayant déjà emporté le consensus. Aujourd’hui, un gouvernement coordonné par un ancien ministre, qui fut directeur de campagnes présidentielles et comptant une vingtaine de responsables et députés de formations politiques dont quelque quatre ou cinq chefs de parti, de petits partis, mais de partis quand même, passe pour un gouvernement de rupture : on rompt avec la “politique” et pour promouvoir la “technicité” !
    On brandit les diplômes de certains “nouveaux” ministres, alors que les ministres partis n’en étaient pas dépourvus ? Ceux-là ne pouvaient-ils pas prétendre à la qualité technocrate ? Et puisqu’il est question d’énarques, comme premier argument “technocratique”, signalons que le Premier ministre sortant était justement un transfuge de cette illustre école.
    Ce qui normalement le prédestinait à figurer dans un Exécutif de “diplômés”. Certes, certains membres du gouvernement sont issus de structures “techniques” et doivent principalement leur promotion à leurs qualifications professionnelles. Mais, comme pour nous rappeler que la compétence scientifique est toujours sujette au pouvoir politique, ils sont généralement affectés à des positions de secrétaires d’État auprès d’un ministre.
    La “techno” légitime rarement la “cratie”, même dans les fonctions techniques ! Enfin, n’est-ce pas la moindre des choses qu’en 2012 un ministre doive jouir d’un niveau universitaire, fut-il un ministre “politique” ?
    Même avec trois doctorats d’État, un gouvernement reste un gouvernement ; inutile d’en faire une académie pour ne pas avoir à expliquer l’incohérence politique, relevée par Louisa Hanoune, d’un gouvernement théoriquement composé sur la base des résultats d’une élection législative. Comme forme de désaveu de ce résultat, ce gouvernement, loin d’être “de technocrates”, n’est que politique.

  • Vous avez (1) message

     

    Mort ou pas ? En réalité, l’univers n’en a que faire, les restes chimiques de tout corps étant remodelés pour en faire d’autres composés chimiques. Mais l’homme, poussière d’étoiles et dérivé cosmique, aime à se rappeler qu’entre un remaniement ministériel et un malaise cardiaque, le Président a eu le temps de convoquer le corps électoral, c’est-à-dire appeler 20 millions de personnes à venir se présenter le 29 novembre prochain, debout si possible, seules ou en famille, pour mettre une feuille dans une boîte derrière un rideau dans une salle de classe. De fait, c’est la première fois depuis le discours de Sétif de mai dernier que le Président s’adresse, même indirectement, à une partie de son peuple.

    Comme disait Mac Luhan, le message et le contenu sont le média et le contenant, ou comme l’explique Mac Donald à chaque minute dans le monde, une feuille de salade, c’est bon quand il y a de la viande dedans. Mais le Président a parlé, même s’il n’a rien dit, a convoqué, même si vous n’avez rien reçu. Mais pour dire quoi ? Que dans trois mois, il va falloir se rapprocher de ses institutions, aller au hammam, faire encore confiance à DOK, reconnaître la légitimité de ses organisateurs, jouer au jeu de cartes électorales, donner à son maire la prérogative de pouvoir ramasser les ordures et élire ses représentants locaux, pour embêter BHL, ne pas que l’OTAN bombarde la Casbah, que Khalida Toumi la retape, dans un avenir prochain, après le dépouillement. On le sait grâce au calendrier, le 30 novembre sera un vendredi. Et le vendredi en Algérie, il ne se passe pas grand-chose. Si, les gens se rassemblent et prient un seul candidat, puis ils vont manger chez le chouay pour finir par noyer le tout, la journée, la prière, la mayonnaise, les brochettes et le scrutin dans deux grands verres de Hamoud. A défaut de changer d’hommes et de régime politique, devrait-on changer de régime alimentaire ?

     

    Chawki Amari
  • Bouteflika se «tue»

    L’Algérie est sans doute l’unique pays au monde où le président de la République est sujet à une récurrence de rumeurs sur sa mort. Cinq, dix, vingt fois ? On ne compte plus le nombre de vraies fausses alertes sur la prétendue dégradation de la santé de Bouteflika, ou carrément de sa mort clinique. Depuis son hospitalisation en 2005 au Val-de-Grâce à Paris, le chef de l’Etat a du mal à convaincre qu’il tient bien sur ses deux pieds. Ses silences et ses disparitions soudaines des caméras du 20h sont mécaniquement interprétés comme autant de signes de fatigue, ou plus grave encore, d’inaptitude à assumer ses fonctions. Il n’a presque pas le droit de prendre quelques jours de congé au risque de voir son acte de décès «réel» signé par des médias virtuels.
    Sept ans après l’intervention qu’il a subie, la rumeur – assez souvent de mauvais augure – ne l’a presque jamais quitté. Dernière séquence de ce feuilleton de mauvais goût, cette folle rumeur qui a fait le tour d’Algérie et même de certaines capitales du monde, vendredi, faisant état du décès du président Bouteflika. Le pays a été complètement remué par un blogueur qui a distillé son diagnostic à partir d’un bar genevois…

    Il n’en fallait pas plus à la blogosphère et aux réseaux sociaux pour répandre et démultiplier une vraie fausse information qui a littéralement explosé l’audience du petit blog.
    Les dégâts, hélas, ne s’arrêtent pas à cette quête éperdue de la vérité par des Algériens qui s’inquiètent légitimement des implications d’un éventuel décès du chef de l’Etat. Même les missions diplomatiques étrangères ont partagé ce «vendredi de l’angoisse» avec les Algériens.
    Et pour cause, un diplomate d’une capitale occidentale était d’autant plus crédule qu’il a remarqué l’absence d’images montrant l’ex-Premier ministre, Ahmed Ouyahia, remettre sa démission au Président et son successeur Abdelmalek Sellal recevant sa nomination. Des facteurs renforçant le doute sur un Président qui a déjà disparu des radars de la République depuis des jours.
    Question à un dinar : à qui profite cette lancinante  rumeur ?

    Participe-t-elle de cette espèce d’action psychologique qu’entretiennent certains milieux pour affaiblir le chef de l’Etat et le disqualifier politiquement ? Ou alors s’agit-il d’une manœuvre tactique entreprise opportunément pour susciter un zeste d’affection populaire pour un Président qui en a tant besoin ? Difficile de le savoir tant les voies du système sont à ce point impénétrables. Il reste que Bouteflika continue de se «tuer» lui-même pour avoir conditionné les Algériens des années durant à une présence quasi obsessionnelle au JT de 20h. Pendant son premier mandat, il aura crevé l’écran. Désormais, il crève la Toile, non pas par sa présence mais par son absence.
    Et ce n’est certainement pas un démenti virtuel qui va effacer la faillite de la communication institutionnelle. Et dire qu’un petit bulletin médical comme celui que Barack Obama a publié sur son compte facebook aurait suffi pour tuer non pas le Président, mais la rumeur…

     

    Hassan Moali
  • Me Amine Sidhoum : La justice est prise en otage

     

    El Watan le 07.09.12

     

     

    Le 5 septembre, Abdelkader Kherba, militant des droits de l’homme, a été jugé par le tribunal de Ksar El Boukhari pour outrage à fonctionnaire. Maître Amine Sidhoum fait partie du collectif d’avocats qui le défend. Entre dossier vide, témoins contradictoires et réquisitoire inadapté, il dénonce une attaque contre le militantisme.

    - Vous avez déclaré que le procès d’Abdelkhader Kherba était celui de son activité militante. Cela s’est-il ressenti à l’audience ?

    Il y avait des policiers autour du tribunal, on voyait que le magistrat était gêné. Le jour de l’audience, Kherba était le seul prévenu. Normalement, il y a une dizaine, une vingtaine d’audiences pénales par jour dans un tribunal. Le fait qu’Abdelkader Kherba soit programmé tout seul indique qu’il y avait quelque chose d’exceptionnel. Mais le juge a essayé de montrer à l’opinion publique que ce procès était une affaire de droit commun comme les autres. L’objectif du système est de banaliser l’activité des droits de l’homme et de la mettre au niveau du droit commun. Or, ce n’est pas le cas. Kherba est quelqu’un d’actif, affilié au Snapap, qui participe à tous les mouvements de protestation, qui diffuse des vidéos de ces mouvements. Il est dangereux aux yeux de certaines personnes.
    - Kherba a été arrêté pour outrage à corps constitué. Est-ce un motif valable pour une arrestation et une mise en détention provisoire ?

    Non, le dossier est complètement vide. Les déclarations des trois témoins de l’accusation étaient contradictoires et n’avaient aucun sens. Pour l’un, le fonctionnaire qui porte plainte a reçu un coup au niveau des cuisses. Pour l’autre, c’est au niveau du ventre. L’un affirme que 18 citoyens présents dans la mairie étaient témoins. L’autre explique que le jour du délit n’était pas un jour de réception de la daïra, il ne pouvait donc y avoir aucun citoyen à l’intérieur du bâtiment. Cette procédure n’a aucun fondement juridique et n’est pas une raison valable pour mettre Kherba en détention provisoire. Bien sûr, c’est une appréciation qui relève du procureur, mais ce dernier ne doit pas dépasser ses prérogatives.
    - A la sortie de l’audience vous avez déclaré que le réquisitoire du procureur (1 an de prison ferme et 20 000 DA d’amende, ndlr) n’était pas adapté. Pourquoi ?

    Kherba a été poursuivi sur la base des articles 144 et 148 du code pénal qui parlent d’outrage et d’agression de fonctionnaire. La peine qui correspond à ce chef d’inculpation est de 2 à 5 ans d’emprisonnement. Si Kherba avait réellement agressé ce fonctionnaire, le procureur aurait requis au moins 2 ans de prison. Il n’a alors demandé qu’une année. Cela ne correspond ni à l’article 144 ni l’article 148. Or, c’est le procureur qui a lancé les poursuites contre Abdelkader Kherba. On en revient à la même conclusion. Le dossier est vide. C’est très grave.
    - Votre client a été arrêté à la suite d’une manifestation. Cette manifestation était-elle illégale?

    Cette manifestation était légitime par rapport aux demandes de la population qui n’avait pas d’eau depuis deux semaines. L’Etat n’arrive pas à assurer les droits élémentaires tels que l’accès à l’eau. Si ce pouvoir n’est pas capable de fournir de l’électricité, du gaz et de l’eau, il n’a qu’à partir et laisser sa place à des gens compétents.
    - Comment se passe la détention de votre client ?

    Actuellement, Abdelkader Kherba est très fatigué. Comme, il est en grève de la faim, il a été placé en isolement. Ses avocats et sa famille peuvent le voir.
    - Dans ce procès, les droits de la défense ont-ils été respectés ?

    Oui. Certains avocats ont eu des problèmes pour avoir accès au dossier. Il s’agit là de problèmes de gestion administrative. Personne ne sait si ces difficultés étaient volontaires ou involontaires. Nous avons malgré tout pu récupérer le dossier.
    - Quelle est votre ligne de défense ?

    D’abord la procédure de flagrant délit n’a pas été respectée. Les faits ont eu lieu le 3 juin. L’audition d’Abdelkader Kherba a été faite le 21 août. Ensuite, nous contestons les faits reprochés à notre client. Il était à Alger le 3 juin. Je ne vois pas comment il pouvait assister à une réunion dans la capitale et agresser un fonctionnaire de Ksar El Boukhari (Médéa), le même jour. Enfin, la qualification des faits n’est pas correcte. La victime n’est pas fonctionnaire, mais contractuelle. Il ne peut donc pas s’agir d’un outrage à fonctionnaire. L’accusation explique que les faits se sont déroulés dans le bureau du secrétaire général de la daïra. Alors pourquoi ce dernier ne porte-t-il pas plainte ? Il a la qualité de fonctionnaire.
    - Les éléments que vous relevez peuvent être relevés par n’importe quel homme de loi. Comment expliquez-vous que le procès ait eu lieu ?

    Ils voulaient museler Kherba, car c’est un homme qui commence à déranger à cause de ses activités socioéconomiques avec le Snapap et de par le soutien qu’il apporte aux différents protestataires. Dans le cadre du comité des chômeurs, il a dénoncé plusieurs violations. Ce sont des facteurs qui ont poussé à des poursuites judiciaires. Ce n’est pas nouveau. On utilise toujours la justice pour museler les militants. On espère avoir une justice indépendante un jour.
    - Ces mises en cause judiciaires de militants des droits de l’homme se multiplient-elles ?

    Depuis le mois de janvier 2012, les poursuites contre tout activiste ou militant des droits de l’homme ont augmenté. D’abord les membres du comité de chômeurs de Laghouat. Puis, le comité des concierges qui demandaient la régularisation de leur situation et qui ont été condamnés. Il y a eu l’affaire de Kherba, celles de Yacine Zaïd et de Tarek Mameri. En septembre, 37 personnes vont comparaître devant le tribunal de Hussein Dey pour avoir manifesté et dénoncé le résultat des élections. En octobre, 43 gardes communaux seront jugés pour attroupement. Ces poursuites s’accentuent de jour en jour. Le nombre de militants augmente. Ce système a peur de tout groupe organisé, des associations comme des syndicats.
    - La justice est-elle dans son rôle?

    La justice est prise en otage.

     

    Bio express :

    Amine Sidhoum, 34 ans, est avocat depuis 2002. Il obtient sa licence et son certificat d’aptitude à Alger et se spécialise dans la criminologie. En janvier 2012, il participe à la création du Réseau des avocats pour la défense des droits de l’homme (RADDH), dont il est le coordinateur. S’il est l’avocat de nombreux militants des droits de l’homme, il a aussi participé au procès du wali d’Oran en 2004 et à plusieurs affaires de droit commercial.

     

    Yasmine Saïd
  • Un passeport diplomatique pour les brigands et les criminels afin d’échapper aux poursuites judiciaires à l’étranger!!!!

     

    El Watan 06 septembre 2012

     

    Une parade vient d’être trouvée
    Passeport rouge pour les cadres

    Face au phénomène des poursuites judiciaires à l’étranger à l’encontre des cadres de l’Etat, une parade vient d’être trouvée.

    Les enfants, les épouses des anciens présidents de la République et des officiers supérieurs de l’armée bénéficieront du nouveau décret qui octroie des passeports diplomatiques à cette catégorie de personnes.
    De même que les secrétaires généraux des ministères et les parents des anciens présidents, leurs enfants, leurs épouses, leurs frères et sœurs, les anciens Premiers ministres, les ministres d’Etat, les cadres jouissant du titre de ministre, le directeur de cabinet du président de la République, le secrétaire général du gouvernement, son homologue de la présidence, les conseillers du président retraités et ceux qui ont occupé ce poste pendant sept ans.

    Cette mesure touche également le chef d’état-major de l’armée, le chef du renseignement et de la sécurité et les officiers supérieurs de l’armée. Ce passeport diplomatique garantit à son possesseur l’immunité, notamment lors des voyages effectués à l’étranger par cette catégorie de personnes.
    Plusieurs plaintes ont été déposées dernièrement à l’étranger contre des responsables algériens, la dernière en date concernant le général à la retraite, Khaled Nezzar, poursuivi par un tribunal suisse.

  • Finitude des cercles


    Fin de règne, le départ se prépare. D’abord, en écartant les ministres amis, comme cela avait été fait pour Chakib Khelil, éloigné pour échapper à la justice. En relevant les retraites des hauts fonctionnaires ensuite, puis enfin, par ce décret signé dans la discrétion, en octroyant le passeport diplomatique et donc l’immunité aux anciens présidents, M. Bouteflika compris, leurs frères et sœurs, leurs conseillers, les ministres et officiers supérieurs, ainsi qu’à leurs épouses et enfants. On aura reconnu dans cette liste l’oligarchie au pouvoir, la famille, le régime, celui-là même qui dirige, se partage la rente, organise les contrats et marchés en s’octroyant le monopole de la violence, autant malveillant envers les droits de l’homme et libertés que bienveillant envers la corruption, les surfacturations et les délits d’initié. A l’abri de futures poursuites, le cercle se prépare donc à une belle retraite, ayant mis suffisamment d’argent de côté.

     


    Avec ce chiffre, non confirmé, mais que la presse a relayé : 500 des 700 ministres qu’a comptés l’Algérie se sont établis à l’étranger après leur fin de fonction. Reste à organiser le changement de personnel, et il est significatif à ce sujet que personne ne puisse débattre du bilan de M. Ouyahia à l’occasion de ce changement du gouvernement. Pourtant, il y aurait de quoi ; descente dans tous les classements internationaux, corruption institutionnalisée, augmentation de la dépendance extérieure, crise de logement, chômage, violence et insécurité. Si le cercle est à l’abri, on ne peut pas en dire autant des Algériens qui devront se préparer à payer rapidement les fruits de la mauvaise gestion et la dilapidation des ressources, humaines, financières et naturelles. Un cercle est fini, il possède un centre et une circonférence où tous les points sont équidistants, connectés au centre par des rayons. Au-delà du cercle, c’est le néant.

     

    Chawki Amari

  • le negre israelien

    Il a affirmé que Jérusalem est la capitale d’Israël

    Obama cède sous la pression du lobby pro-israélien

    Par : Djamel Bouatta

    Après la convention des républicains en Floride, celle des démocrates en Caroline du Nord  a offert à son tour la saisissante illustration de l'emprise du lobby pro-israélien sur la politique arabe des États unis.  
    Le parti d'Obama a réintroduit en dernières minutes une référence à Jérusalem comme capitale de l'État juif.  Cerise sur le gâteau dans la campagne électorale du premier président noir des Amériques pour un second mandat. En surenchère avec son rival Mitt Romney, le milliardaire le plus à droite des républicains, Obama a particularisé son discours d’investiture par plus de référence à Dieu et surtout, plus de référence à Jérusalem. “Jérusalem est et restera la capitale d'Israël”, a-t-il martelé dans l’immense salle chauffée auparavant par sa compagne Michelle et l’ex-président Clinton.  En enfonçant le clou, Obama espère, dit-on dans son entourage, se réserver le vote juif, traditionnellement plutôt démocrate, lors de la présidentielle du 6 novembre. Le scrutin s'annonce serré et les rajouts d’Obama sur le statut de Jérusalem et “la foi et la croyance en Dieu, centrale dans notre pays” (États-Unis, ndlr), n’ont pas fait l’unanimité dans la convention démocrate. Pour arracher les deux tiers des voix nécessaires à leur adoption, le maire de Los Angeles, l’hispanique Antonio Villaraigosa,  président de la séance, a dû s'y reprendre à trois fois, les “oui” et les “non” s'équilibrant dans une salle houleuse ; lorsqu’il a annoncé leur adoption, des sifflets ont fusé. Beaucoup de démocrates ont souhaité voir mentionner également Jérusalem-Est comme capitale de l’État de la Palestine… Mitt Romney, qui  a constamment affirmé qu'il considérait Jérusalem comme la capitale d'Israël, avait lui fait plus grand en se rendant à Jérusalem pour faire allégeance aux sirènes israéliennes. La presse devait, à cette occasion, révéler les dessous de son aveugle alignement sur Netanyahu et autres faucons anti-palestiniens : sa campagne est financée par un juif américain dont la fortune provient de casinos en Asie et qui est menacé par les services des impôts de Washington pour fraude fiscale. Mitt Romney est lui aussi loin d’être ce capitaliste “nationaliste” que son parti tente de vendre aux Américains dépouillés par la crise. Le cri d’Obama n’a pas échappé au puissant relais d’Israël aux États-Unis, l'American-Israël Public Affairs Committee (Aipac), ce groupe de pression qui se targue de faire adopter chaque année 500 pièces de législation favorables à Israël. Par ailleurs, pour couper l’herbe sous le pied de Romney, Obama avait réactualisé le traité militaire américano-israélien lorsque son rival foulait le tarmac de Tel-Aviv. Malgré cela, en Israël, c’est le doute. Reuven Rivlin, le président du Parlement israélien, membre du Likoud, le parti de Netanyahu, a qualifié la  modification du programme démocrate par Obama de pure propagande électoraliste.  “On nage en pleine hypocrisie puisque, pas plus que George Bush, Barack Obama n'a osé transférer de Tel-Aviv à Jérusalem l'ambassade des États-Unis en Israël”, a-t-il rappelé. Cela dit, les Palestiniens savent à quoi s’attendre d’Obama II s’il venait à garder les clefs de la Maison-Blanche 

  • Au bout de la dérive, le choc

     

    Par : Mustapha Hammouche

    On ne change pas une équipe qui gagne. Ou légèrement, si cela s’impose. Partant de cette règle, on peut déduire que le président de la République est globalement satisfait des performances de son gouvernement. On ne sait pas lesquelles, mais lui le sait sûrement. Mais son attachement à l’équipe reste le premier message de ce remaniement. Sur une trentaine de ministres et Premier ministre, on compte quelque six nouveaux noms. C’est donc du neuf avec 80% de vieux, ou du changement à 20%, pour les optimistes.
    Le changement de coordinateur n’altère en rien le contenu du message : dans le type de fonctionnement adopté depuis le début du troisième mandat, la qualité du coordinateur est sans effet sur le mode de gestion des affaires publiques. Ouyahia et Belkhadem ne sont pas à leur premier départ, ni à leur premier… retour. Les réjouissances qu’on observe à ce sujet ne se justifient point : en Algérie, les changements d’hommes ne correspondent jamais à des changements politiques, parce que le système s’arrange pour tenir les hommes de changement bien loin des instruments de pouvoir.
    Les alternances maison puisent dans le panier géré par le système de clans.
    Les deux seules fois où le changement aurait pu se faire, c’était en 1992, avec la victoire du FIS ou l’arrivée de Boudiaf.  Dans les deux cas, il en a été décidé autrement.
    Le départ de quelques “permanents” de l’Exécutif, même dans des secteurs où l’échec s’était durablement installé, n’a pas de signification politique. La longévité de Benbouzid à la tête d’une éducation bâclée tournait à l’insoutenable aberration, et on n’aurait pas trouvé meilleure doublure à Ould-Abbès que Ziari, par exemple. Et pour colmater les petits vides, on n’a pas été cherché bien loin : parmi les conseillers du Président, par exemple, ou parmi le staff de ministres en vue. Et devant la menace de retrait de la caution islamiste du MSP, on a appelé en renfort un islamiste avéré pour la Communication et maintenu, en plus du désormais chef de parti Ghoul, un ministre du… MSP.
    Sur la base de ce faux changement de gouvernement, on peut d’ores et déjà entrevoir que le seul horizon qui préoccupe le sérail est celui des élections présidentielles de 2014. Comme depuis l’Indépendance, et même comme depuis avant l’Indépendance, la question centrale pour le pouvoir est la question du pouvoir. On ne demande donc pas plus à un gouvernement que de contribuer au contrôle de la société pour éviter tout dérapage en termes de paix civile jusqu’à l’échéance prochaine. Pendant ce temps-là, derrière les murs feutrés des états-majors de clans, se concoctent les conspirations et se négocient les alliances. Toutes les convictions sont les bienvenues puisqu’il n’est pas question de projections de l’Algérie dans le futur. Ne pas en avoir — de convictions — constitue même, dans ce contexte, un gage de promotion politique. Il n’y a que des stratégies de pouvoir et nul besoin de stratégies pour l’Algérie. Le pétrole est là pour l’entretien du pouvoir au quotidien.
    Dans cette situation, où la gestion du quotidien est au service de l’immobilité politique, il n’y a point de place ni pour la projection, ni pour la prévision. Avec tant d’intérêts claniques à son bord, tout en la regardant dériver, l’Algérie ne relève plus que de la seule théorie du chaos.

  • Algerie: parti tawain triste

    AU LENDEMAIN DU DÉPART D’OUYAHIA DU GOUVERNEMENT
    Le siège du RND tristement vide

     

    10h54. Siège national du RND. Ben Aknoun. C’est le calme plat. Seul le préposé à la réception, deux ou trois employés, un militant de la base à Alger-Centre et un membre du bureau national se trouvaient à l’intérieur. L’onde de choc du remplacement d’Ahmed Ouyahia par Sellal à la tête du gouvernement est fortement ressentie. 
    Abder Bettache (Alger – Le Soir) - Contrairement aux autres jours de la semaine, où une présence militante est remarquée, hier, quarante-huit heures après le départ d’Ahmed Ouyahia du gouvernement, le siège national du RND était désert. Autre signe qui ne trompe pas : dans le parking du siège, d’habitude occupé par les véhicules des «hauts» responsables du parti et qui, dans d’autres circonstances, grouillait de monde, où seulement trois véhicules étaient garés. Même décor au niveau de la réception qui se trouve au premier étage. Un calme olympique y régnait. Le va et vient, d’il y a quelques jours voire quelques semaines a vite laissé place aux claquements de portes. Ce jour, un vent frais soufflait sur Ben Aknoun. Signe de changement de saison, tant attendu. Le «réceptionniste» passe en revue les commentaires de la presse de ce mercredi. En attendant qu’on lui donne le feu vert, pour qu’on soit reçu par un responsable du parti, il lit attentivement un article de presse ayant trait au devenir de l’ex-Premier ministre. Les conséquences du départ d’Ahmed Ouyahia de la tête du gouvernement se ressentent à tous les niveaux. Moins de cinq minutes après notre demande d’audience, l’accord est donné. «Ça sera M. Bouzeghoub qui va vous recevoir», nous dit-on. Le chargé des élus au sein du bureau national et non moins président de la Commission nationale de préparation des élections locales est le seul responsable national à être ce jour-là au siège du parti.

     

    «Ouyahia nous a manqué» 
    Chargé par le secrétaire général du parti pour préparer les locales de novembre prochain, M. Bouzeghoub est en contact permanent avec les cadres du parti. «Le retour d’Ouyahia redonnera du souffle à notre parti et aux militants», nous dira d’emblée cet ancien officier supérieur de l’ANP. Sexagénaire, Mohand Tahar Bouzeghoub s’attelle depuis juin dernier à réunir les conditions à même de «permettre au parti de retrouver son lustre d’antan». L’enjeu est de taille. La bataille électorale de novembre déterminera, selon lui, les «contours des échéances politiques prochaines ». Pour notre interlocuteur, «c’est à ce niveau que tout se jouera». Bouzeghoub refuse l’idée de défaite du parti après le changement opéré à la tête du pays. Le retour d’Ouyahia à la gestion des affaires du parti, aux yeux de ce responsable, dont on dit qu’il est très proche d’Ahmed Ouyahia, «sera d’un apport considérable». «Il a servi son pays. Aujourd’hui, le temps est venu pour qu’il serve son parti qui à son tour servira le pays», dira-t-il, avant d’ajouter : «La seule période où M. Ouyahia était avec nous, c’était en mai 2006 et juin 2008. Durant ces deux années, nous avons démontré de quoi nous étions capables et la preuve a été donnée. Nous avons sensiblement amélioré le niveau de notre représentation locale. Mais Ouyahia nous a manqué ces dernières années.» Une absence que ce responsable n’a pas voulu expliciter. Il ressort nettement des propos de Bouzeghoub que les résultats enregistrés par le RND lors des dernières législatives et qualifiés de «mitigés» ne sont toujours pas oubliés. Bref, ce cadre du parti rejette l’idée, selon laquelle, son parti accuse les conséquences du remplacement de son secrétaire général à la tête du gouvernement. Selon lui, «l’enjeu est ailleurs» et «l’apparence ne reflète pas la réalité». Notre interlocuteur réitère ses propos : «Ouyahia nous a manqué. C’est un monsieur qui se donne entièrement à son travail.»
     A. B.

  • Réactions corrosives sur les réseaux sociaux

    REMANIEMENT DU GOUVERNEMENT

     

    Les réseaux sociaux, plus spécialement Facebook, ont collé à l’actualité encore une fois, en commentant largement la désignation d’un nouveau Premier ministre en la personne de Abdelmalek Sellal et la nomination d’un nouveau gouvernement. Insultes, commentaires acerbes, caricatures et blagues, visant aussi bien l’ancienne que la nouvelle équipe, alimentent ainsi la toile depuis deux jours. 
    F.-Zohra B. - Alger (Le Soir) - «Bon débarras», «dégagez», «enfin débarrassés de vous» et autres commentaires corrosifs alimentent la toile depuis deux jours après le changement du gouvernement. Nouveau moyen de s’exprimer et de commenter les événements pour les internautes et plus spécialement les jeunes, les réseaux sociaux. Ainsi et juste après l’annonce de la nomination de Abdelmalek Sellal comme Premier ministre, la toile a explosé de commentaires de tous bords. Ce fut par la suite au tour des spéculations et de l’annonce de «rumeurs» ou d’informations «bien tuyautées», pour annoncer que tel ou tel personnalité allait être nommée à la tête de tel ou tel département. Certains, suivant en direct les chaînes nationales privées «briefaient» en direct leurs amis sur les nouvelles nominations avant d’être corrigés tout de suite après ou bien confirmés dans leurs suppositions. Ce sont toutefois Khalida Toumi, Boubekeur Benbouzid et Djamel Ould Abbès qui ont été les vedettes sur Facebook puisqu’ils ont monopolisé la plupart des statuts et des commentaires. Ces membres de l’équipe Ouyahia ont récolté les pires réactions des internautes qui ont multiplié les commentaires hostiles à leur égard à l’annonce de leur départ de l’équipe gouvernementale. «Les facebookistes» ont toutefois déchanté en apprenant que Khalida Toumi était maintenue à son poste de ministre de la Culture. Sur internet, le nom de sa remplaçante a même circulé pendant toute la journée de mardi. Benbouzid, désormais ex-ministre de l’Education, n’a pas été épargné par les commentaires dont le plus utilisé hier était «bon débarras». «Benbouzid quitte le gouvernement combien j’ai aimé cela ?», dira un groupe sur Facebook. L’on a aussi affublé le désormais ex-ministre de la Santé du même commentaire. Au premier, aussi bien les jeunes que les moins jeunes et les parents d’élèves lui imputent le malaise de l’école algérienne. Certains jeunes ont même expliqué leur échec au bac par l’incompétence des responsables. Insultes, commentaires acerbes, caricatures et blagues de toutes sortes, les amateurs de réseaux sociaux ont redoublé d’imagination pour exprimer un ras-le-bol et un malaise social par rapport à une équipe qu’ils considèrent comme perdante. Ils n’y sont pas allés de main morte pour critiquer les nouveaux membres du gouvernement puisqu’ils parlent déjà de reconduction des mêmes responsables et commentent en évoquant le «statut quo». D’autres parodient la nouvelle équipe gouvernementale en assurant qu’elle «promet plus de coupures d’électricité et d’eau, une nouvelle crise alimentaire et un autre fiasco diplomatique». 
    F.-Z. B.

  • on prend les memes et recommence:rien à changer

    Le reste sans changement ?

    Par : Mustapha Hammouche

    Des confrères plus qualifiés ont trouvé et trouveront encore des raisons à la pertinence du choix du nouveau Premier ministre. Il est vrai que, dans le contexte d’une tendance générale à la prévarication dans les secteurs à hauts investissements, celui qui sort indemne de scandales de corruption mérite d’être signalé. Mais ni cela, ni les réels progrès dans l’approvisionnement en eau potable, ni la bonhomie de la personne ne suffisent à résumer le sens politique d’une nomination.
    Sur ce plan, on observe d’emblée que le “raz-de-marée” organisé du FLN aux dernières législatives n’a pas influencé la décision du Président. Depuis la révision constitutionnelle de 2008, le pouvoir est organisé de sorte que l’Exécutif soit totalement “indépendant” du législatif, dont le rôle est de parapher les décisions du premier. Dans ce mécanisme, le gouvernement, à son tour, ne constitue une entité institutionnelle que lorsqu’il est réuni en Conseil des ministres et le Premier ministre servant de coordinateur pour les seules opérations interministérielles.
    Le ministre de la Santé a eu à le rappeler à Ouyahia quand, en octobre 2011, celui-ci l’interpellait très officiellement sur ses responsabilités dans le marasme du secteur : “Je suis le premier et l’unique responsable du secteur de la Santé. Il n’y a aucun différend entre le Premier ministre et moi. Il est désigné par le président de la République et moi aussi. Lui est chargé de la coordination entre les différents ministères. Et chaque ministre travaille selon une feuille de route définie par le président de la République”, répliquait Ould-Abbès.
    Tout le système, formellement finalisé avec la révision constitutionnelle de 2008, est basé sur ce faisceau d’obédience directe des institutions envers le Président. Il n’y a plus de fonctions politiques à prérogatives propres. Ni même de commis de l’État, puisque les instances d’arbitrage constitutionnel, monétaire, etc. sont réduites à un rôle d’exécution. Les organes-relais n’ont plus de prérogatives d’interprétation ou d’adaptation du “programme du Président” et, eux comme leurs subdivisions opérationnelles, attendent les instructions détaillées sur leurs tâches. Qui ne viennent pas toujours. Ce qui peut expliquer  la paralysie de la machine État et ce que le tout nouveau président de l’Assemblée nationale, lui-même, appelle un “état d’hibernation”.
    Peut-être que son efficacité exécutive servira à Sellal pour “mettre du mouvement dans le statu quo”, comme dirait l’autre, mais ce n’est pas là qu’il faut chercher les raisons de sa promotion. Pas plus que dans la configuration politique de la nouvelle Assemblée, dont la composante est, indépendamment des appartenances partisanes, formatée dans le moule qui fait des élus des exécutants. Elles se trouveraient plutôt dans sa pratique de la relation directe au Président, à l’occasion des campagnes électorales qu’il a dirigées.
    Comme un message d’un autoritarisme résolu, la première APN de “la réforme” doit cohabiter avec un Premier ministre qui n’a eu, ni à dévoiler ses convictions politiques ni à se soumettre au vote populaire. “L’objectif principal” de Sellal est, dit-il, “de poursuivre l’application du programme du président de la République sur le terrain”. Ce que faisait son prédécesseur. Un nouveau gouvernement donc, et le reste… sans changement ?

  • Ce que pense la Banque mondiale de l’économie algérienne

    DÉCODAGES

    Par Abdelmadjid Bouzidi
    abdelmadjidbouzidi@yahoo.fr
    L’économie algérienne attend toujours la définition de la voie qu’elle doit suivre pour être en mesure de prendre en charge les énormes besoins des Algériens, et singulièrement l’emploi pour les plus jeunes d’entre eux et dont l’avenir se prépare maintenant. Nous avions déjà eu l’occasion de souligner l’absence de projet économique dont souffre notre pays et surtout de rappeler que ce problème se pose depuis trop longtemps sans trouver à ce jour de réponse. Quelles en sont les causes ? Aucune explication à cette tare ne peut convaincre, le pays dispose de ressources financières, de ressources humaines qualifiées, d’expérience dans le développement économique... Tout se passe actuellement chez nous comme si de mauvais esprits bloquent, en ne sait pourquoi, toute la machinerie de l’Etat et découragent les volontés les plus tenaces de nos meilleurs entrepreneurs. Le diagnostic de la situation économique a été fait maintes et maintes fois. Les remèdes et le schéma thérapeutique peuvent effectivement différer d’une «école» à une autre, mais ce que l’on n’arrive pas à expliquer, c’est cette absence de volonté de mettre tout sur la table, de délibérer, de trancher et décider, et se mettre au travail ! Le diagnostic établi par la Banque mondiale peut constituer une base de réflexion et de débat sur ce qu’il y a lieu de faire et surtout de ne pas faire. Nous pouvons, en effet, à partir de ce diagnostic, dont on connaît les options idéologiques qu’il faut «déflater », évaluer les perspectives économiques de notre pays et définir une démarche de reconstruction réaliste et concrète. 
    Quelle évaluation fait la Banque mondiale de l’économie algérienne ? 
    L’institution financière mondiale commence par identifier ce qu’elle considère comme les principaux handicaps de l’économie algérienne. Elle en dénombre cinq : 
    1/ Les secteurs hors hydrocarbures manquent de dynamisme et certains d’entre eux sont en déperdition. 
    2/ La productivité globale des facteurs est faible (y compris en comparaison à celle des pays voisins). 
    3/ La performance de l’économie algérienne dépend fortement de celle du secteur des hydrocarbures, secteur instable et volatile. 
    4/ La poursuite incessante de financement budgétaire d’entreprises publiques structurellement déficitaires réduit considérablement les ressources disponibles pour les entreprises privées et pour les autres secteurs (effet d'éviction). 
    5/ L’économie algérienne souffre d’un mauvais climat des affaires. Cette évaluation est juste. Elle est incontestable et a été maintes fois établie. La Banque mondiale en tire une première conclusion : la gestion macro-économique à moyen terme est bien difficile en Algérie. 
    Dans ce sens, il y a lieu de signaler le plus gros problème auquel doit faire face l’Algérie et qui est celui de la «soutenabilité budgétaire à long terme» : d’énormes dépenses d’investissements publics ont été engagés. Ces investissements vont générer des coûts de maintenance, d’entretien et de fonctionnement récurrents ; la masse des salaires de la Fonction publique est appelée à augmenter sous l’effet des recrutements et de la création de nombreux nouveaux postes de travail. Comment gérer la nature épuisable des hydrocarbures et conséquemment la non-pérennité des ressources financières de l’Etat face à la forte pression qu’exercera sur la dépense publique, une demande sociale explosive. Dans un tel contexte, les politiques macro-économiques préconisées par la Banque mondiale sont connues. Elles ont pour principal objectif de gérer la volatilité des recettes des hydrocarbures en surveillant les dépenses publiques et en faisant fructifier les excédents des recettes d’exportation des hydrocarbures dégagés en période favorable. On retrouve là le Fonds de stabilisation des recettes et les placements financiers des excédents que l’Algérie pratique ces dernières années. Ces instruments sont censés permettre à l’Algérie d’assurer à long terme et de manière régulière un niveau de dépenses défini rigoureusement. Pour la Banque mondiale, la politique de «stop and go», suivie jusqu’à présent par l’Algérie et qui consiste pour l’Etat à investir en période faste et à contrôler rigoureusement la dépense en période défavorable, n’est pas la bonne démarche. Pour la Banque mondiale, la «règle d’or» est d’assurer la stabilité budgétaire. La politique économique à suivre doit impérativement respecter la contrainte budgétaire et «une saine gestion budgétaire consiste à épargner une partie des flux épuisables des revenus afin de préserver la consommation des générations futures après l’épuisement des recettes d'hydrocarbures». Ce passage extrait du document de la Banque mondiale est tout à fait significatif de la logique orthodoxe de cette institution : l’avenir des générations futures est assuré non pas par l’investissement mais par l’épargne thésaurisée ! Cette politique macro-économique prudente doit être accompagnée, selon la Banque mondiale, par une forte impulsion des secteurs hors hydrocarbures à qui il revient de tirer la croissance pour les années à venir. Cela exige un bon climat d’investissement, une meilleure compétitivité internationale. C’est le secteur privé qui doit jouer le rôle central et l’Etat doit le stimuler par des réformes structurelles rendues aujourd’hui possibles grâce aux ressources financières disponibles. Compétitivité, diversification et croissance économique sont les mots-clés de la stratégie à moyen terme que préconise la Banque mondiale pour notre pays. Il s’agit de travailler à faire de l’économie algérienne une économie exportatrice de biens manufacturés et de services. Seul le secteur privé soutenu par l’Etat peut gagner cette bataille. Est-ce que la politique économique actuelle du gouvernement algérien va dans ce sens ? Et est-ce qu’elle doit aller dans ce sens ? Question on ne peut plus cruciale aujourd'hui plus qu’hier. Les économistes orthodoxes de notre pays, et il y en a, sont pour le respect de la «règle d’or» de l’équilibre budgétaire, et les mots austérité et rigueur ne leur font pas peur. Au contraire, c’est là que résident les conditions des succès à venir. Le gouvernement, pour sa part, a aussi à gérer les mouvements de rue, la recherche de légitimité. Il cherche à concilier efficacité économique et solidarité sociale, investissements productifs et transferts sociaux, croissance économique et politique sociale. Il n’y arrive pas encore, avance puis recule, tâtonne, hésite et tout cela a un coût qui risque de devenir ingérable. 
    A. B.

  • ouyahia

    Photo sondage


    Le départ d’Ouyahia du Premier ministère constitue-t-il, à vos yeux, un changement d’orientation politique ?
     
  • La fin d’un clan et naissance d'un autre!!!!!

     

     

    Arrivés aux premières heures de l’élection de Abdelaziz Bouteflika en 1999, ceux qui furent désignés sous de multiples appellations quittent un à un le navire. 
    Le départ du gouvernement de Noureddine Yazid Zerhouni, Abdelhamid Temmar et à un autre degré de Abdelaziz Belkhadem semble signifier la fin d’une époque. Souvent désignés comme membres du «clan présidentiel», ils ont, avec Chakib Khelil, constitué l’ossature du système Bouteflika. C’est en effet à travers des membres du premier cercle que Bouteflika a posé les bases de son pouvoir. En verrouillant l’un des plus importants corps de sécurité (la police) et l’administration locale à travers Yazid Zerhouni, le président s’est immédiatement mis en situation de construire un maillage efficace lui permettant d’accéder à l’Algérie profonde qui le lui rendra bien lors de ses différentes réélections. La bonne parole économique sera, quant à elle, portée par Abdelhamid Temmar dont les décisions à l’emporte-pièce dans les secteurs industriels et des services auront finalement eu raison de sa carrière. Relégué à un poste de «chef prospectiviste», il quitte le gouvernement sans gloire. C’est à Chakib Khelil que sera dévolu le rôle de patron du pipe à pétrole et ce qui en découle. Celui qui avait fini par mettre en place un système de prédation à grande échelle, et sur lequel Bouteflika s’appuyait, dans ses rapports avec les Américains, sera le premier à affaiblir le clan présidentiel à travers un limogeage précipité, consécutif à des scandales sur des affaires de corruption touchant l’énergie, unique ressource du pays. L’absence de Belkhadem dans le gouvernement Sellal relève, quant à elle, d’une autre problématique. Réputé proche de Bouteflika, il fait probablement les frais d’une volonté de donner au nouveau gouvernement une dimension plus technique que politique. C’est aussi, peut-être, une manière de lui délier les mains et de lui permettre d’être plus critique à l’égard d’un Exécutif dans lequel le FLN n’est partie prenante que dans de très faibles proportions. En quittant l’Exécutif les uns après les autres, les fidèles de Bouteflika ont-ils terminé leur mission ? Le clan présidentiel qui a été dans ses meilleurs jours un instrument politique, économique et électoral redoutable ne paraît plus avoir une feuille de route conséquente. Le Président lui-même, ne donnant pas l’impression de se donner de nouvelles ambitions, a fini par mettre fin à l’existence d’un groupe devenu, sous nombre d’aspects, particulièrement encombrant. 
    Mokhtar Benzaki

  • Benbouzid, Djiar, Khaldi, Djaâfar, Barkat, Ould Abbès remerciés

    Ils quittent l'exécutif

    C’est sur un simple coup de téléphone que les ministres El Hachemi Djiar, Boubekeur Benbouzid, El Hadi Khaldi, Nouara Saâdia Djaâfar, Saïd Barkat, Djamel Ould Abbès, Noureddine Moussa, Abdellah Khanafou, Nacer Mehal et Halim Benatallah ont été remerciés hier.

    Le poste de vice-Premier ministre a été supprimé. Yazid Zerhouni et Abdelaziz Belkhadem ne figurent pas dans la nouvelle équipe gouvernementale. De nouveaux et revenants ministres font leur apparition au sein de ce gouvernement, il s’agit de Mohamed Charfi au poste de ministre de la Justice, de Abdelmadjid Tebboune à l’Habitat. Dans le changement, opéré sur la composante de l’Exécutif, le ministère de la Santé aura un nouveau locataire, Abdelaziz Ziari. Amara Benyounès sera désigné au poste de l’Environnement et l’Aménagement du territoire, alors que Mohamed Saïd Belaïd a été désigné pour s’occuper de la Communication. Mohamed Mebarki, chef de cabinet du président du Conseil de la nation, a été désigné à la Formation professionnelle.

    Musptapha Benbada, du MSP, est revenu au Commerce en dépit de la décision de son parti de se retirer du gouvernement. Baba Ahmed Abdellatif, recteur de l’université de Blida, gèrera le secteur de l’Education. Amar Ghoul le «très médiatique» et ne faisant pas consensus sera reconduit au poste de ministre des Travaux publics, et Mohamed Taâmi est désigné ministre de la Jeunesse et des Sports. Mohamed Benmeradi est chargé du Tourisme. Ce n’est pas le président de la République Abdelaziz Bouteflika qui a pris la peine d’appeler les membres de l’Exécutif pour leur signifier leur départ du gouvernement, mais Abdelmalek Sellal, le nouveau Premier ministre, désigné lundi à la tête de l’Exécutif en remplacement d’Ahmed Ouyahia, qui a eu à s’en charger. «M. Sellal ne nous a pas convoqués dans son bureau. Il nous a appelés par téléphone pour nous annoncer de la manière la plus correcte, la décision de notre limogeage», explique un des ministres remerciés qui a voulu garder l’anonymat.

    M. Sellal a transmis aux ministres partants le message du président Bouteflika les remerciant pour le travail fourni et les efforts déployés dans leurs secteurs respectifs, tout en leur demandant de rester à la disposition de la République pour toute autre éventuelle mission. «M. Sellal m’a demandé d’assister le nouveau ministre dans ses fonctions. J’ai répondu favorablement et j’ai expliqué que j’étais et je serai toujours au service de mon pays», a affirmé l’un des ministres qui ignorait lundi dans la soirée s’il était maintenu ou pas au sein de l’équipe gouvernementale. «Ce n’est que dans l’après-midi de lundi que nous avons appris le départ d’Ouyahia, nous avons été informés de bouche à oreille.

    Le président de la République avait préparé la composante du nouveau gouvernement dans la discrétion», explique un ministre sortant, précisant qu’après l’annonce d’un remaniement, aucun ministre ne disposait de la liste comportant le nouveau gouvernement. Dans le changement opéré sur la composante de l’Exécutif, Boubekeur Benbouzid, le ministre ayant la plus grande longévité dans un poste ministériel, quitte ainsi l’Exécutif et sera remplacé par Baba Ahmed Abdellatif, recteur de l’université Saâd Dahleb de Blida. Autre nouveauté, la suppression du poste de ministre délégué chargé de la Condition féminine qu’occupait Mme Nouara Djaâfar. «M. Sellal m’a appelée, m’a d’abord remerciée pour le travail effectué au niveau de mon département et m’a informée que le département que j’occupe a été supprimé.

    Personnellement, je pense que j’ai donné le meilleur de moi-même et je souhaite du courage au ministre qui sera désigné au poste de la Solidarité et de la Famille», a affirmé Mme Djaâfar, précisant au passage qu’elle n’a aucune information sur la nouvelle équipe gouvernementale issue du remaniement. Mellah Belkacem, conseiller auprès du ministre de l’Education nationale, est désigné comme secrétaire d’Etat chargé de la Jeunesse, Rachid Harraoubia revient au ministère de l’Enseignement supérieur, alors que Mme Souad Bendjaballah, qui était ministre déléguée auprès du ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, chargée de la recherche scientifique s’est vu accorder le département de la Solidarité et de Famille. Tayeb Louh revient aussi à l’Exécutif pour occuper le poste de ministre du Travail, alors que Cherif Rahmani s’est vu attribuer le poste de ministre de l’Industrie. Le secrétaire général du ministre des Travaux publics, Hocine Necib, est désigné pour remplacer Abdelmalek Sellal au département des Ressources en eau.

    Liste du nouveau gouvernement :

     

    Le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, a nommé hier, après consultation du Premier ministre, les membres du nouveau gouvernement que dirige le Premier ministre, M. Abdelmalek Sellal, a annoncé un communiqué de la présidence de la République. «Conformément aux dispositions de l’article 79 de la Constitution, Abdelaziz Bouteflika, président de la République, a pris, ce jour, après consultation du Premier ministre, un décret présidentiel portant nomination des membres du gouvernement», a indiqué le communiqué de la présidence de la République. Sont nommés Mesdames et Messieurs :

    - Abdelmalek SELLAL,
    Premier ministre
    - Abdelmalek GUENAÏZIA, ministre délégué auprès du ministre de la Défense nationale
    - Daho OULD KABLIA, ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales
    - Mourad MEDELCI, ministre des Affaires étrangères
    - Mohamed CHARFI, ministre de la Justice, garde des Sceaux
    - Karim DJOUDI, ministre des Finances
    - Youcef YOUSFI, ministre de l’Energie et des Mines
    - Hocine NECIB, ministre des Ressources en eau
    - Bouabdallah GHLAMALLAH, ministre des Affaires religieuses et des Wakfs
    - Mohamed Cherif ABBAS, ministre des Moudjahidine
    - Amara BENYOUNES,
    ministre de l’Aménagement du territoire, de l’Environnement et de la Ville
    - Amar TOU, ministre des Transports
    - Abdelatif BABA AHMED, ministre de l’Education nationale
    - Rachid BENAÏSSA, ministre de l’Agriculture et du Développement rural
    - Amar GHOUL, ministre des Travaux publics
    - Souad BENDJABALLAH, ministre de la Solidarité nationale et de la Famille
    - Khalida TOUMI,
    ministre de la Culture
    - Mustapha BENBADA, ministre du Commerce
    - Rachid HARAOUBIA, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique
    - Mahmoud KHEDRI,
    ministre des Relations avec le Parlement
    - Mohamed MEBARKI, ministre de la Formation et de l’Enseignement professionnels
    - Abdelmadjid TEBBOUNE, ministre de l’Habitat et de l’Urbanisme
    - Tayeb LOUH,
    ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale
    - Abdelaziz ZIARI,
    ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière
    - Mohamed BENMERADI, ministre du Tourisme et de l’Artisanat
    - Mohamed TAHMI, ministre de la Jeunesse et des Sports
    Chérif RAHMANI, ministre de l’Industrie, de la Petite et Moyenne Entreprises et de la Promotion de l’investissement
    - Moussa BENHAMADI, ministre de la Poste et des Technologies de l’information et de la communication
    - Sid Ahmed FERROUKHI, ministre de la Pêche et des Ressources halieutiques
    - Mohand Oussaïd BELAÏD, ministre de la Communication
    - Abdelkader MESSAHEL, ministre délégué auprès du ministre des Affaires étrangères, chargé des Affaires maghrébines et africaines
    - Bachir MESSAÏTFA, secrétaire d’Etat auprès du Premier ministre, chargé de la Prospective et des Statistiques
    - Belkacem SAHLI, secrétaire d’Etat auprès du ministre des Affaires étrangères, chargé de la Communauté nationale à l’étranger
    - Dalila BOUDJEMAÂ, secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Aménagement du territoire, de l’Environnement et de la Ville, chargée de l’Environnement
    - Mohamed Amine HADJ SAÏD, secrétaire d’Etat auprès du ministre du Tourisme et de l’Artisanat, chargé du Tourisme
    - Belkacem MELLAH, secrétaire d’Etat auprès du ministre de la Jeunesse et des Sports, chargé de la Jeunesse

    Par ailleurs, et en application de l’article 78 de la Constitution, Monsieur le Président de la République, a nommé Ahmed NOUI, ministre secrétaire général du gouvernement. (APS)