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  • Rumeurs sur le décès du président

    Le mouvement de redressement du FLN rejette les accusations de Belkhadem

     



    Accusés par Abdelaziz Belkhadem d’être à l’origine de la rumeur sur le décès du président de la République, début septembre, les redresseurs du FLN démentent. Les opposants de Belkhadem, réunis ce samedi 15 septembre à Draria, à l’ouest d’Alger, ont rejeté les accusations du chef du FLN, l’accusant de vouloir nuire à leur action en propageant de fausses informations contre eux.

    Dans son discours prononcé à l’ouverture de l’université d’été du FLN lundi dernier à Tipaza, Belkhadem a accusé les redresseurs de son parti d’avoir propagé la rumeur sur la mort du chef de l’État. « Qui a intérêt à faire circuler ce genre d’information sur le président ? La mort de Bouteflika servira à qui, si ce n’est à ceux qui nourrissent l’ambition de lui succéder ? » s’interroge le porte‑parole du mouvement, Mohamed Seghir Kara. Allusion à Belkhadem qui nourrit l’ambition de briguer la magistrature suprême en 2014. « C’est cette même personne [Belkhadem], rappelle M. Kara, qui s’est entourée durant l’université d’été de cadres qui ont affiché publiquement leurs divergences avec le président ».
     
    En tenant cette réunion en présence des coordinateurs du mouvement de 45 wilayas, les redresseurs veulent affirmer que le mouvement n’est pas fini !  Au contraire, « le nombre d’adhérents ne cesse d’augmenter depuis la dernière réunion du Comité central », affirme Abdelkrim Abada, président de ce mouvement. La dernière arrivée parmi les redresseurs est Mme Saliha Lardjam, membre de l’Assemblée populaire de la wilaya d’Alger, présente à la réunion de Draria. À deux mois des élections locales du 29 novembre prochain, le mouvement de redressement et d’authenticité du FLN, n’a voulu donner aucune instruction à ses militants : « nos militants sont libres de participer ou de ne pas prendre part à ces élections », explique M. Kara. Dans le premier cas, cette participation se fera avec des listes indépendantes, précise‑t‑il. Le mouvement de redressement du FLN compte organiser des réunions régionales qui seront sanctionnées par une conférence nationale qui devrait réunir plus de 1 500 militants.
  • Des Ambassades américaines ciblées

     

     

    Les pays musulmans en ébullition

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    Le film The Innocence of muslims, produit par un homme d’affaires israélo-américain, Sam Bacile, offensant l’islam et insultant le Prophète, enflamme le Monde arabe et l’Asie, et provoque des vagues de protestation et des émeutes.

    Hier, après la prière du vendredi, des manifestations ont éclaté dans différents pays (Iran, Libye, Soudan, Jordanie, Bangladesh, Yémen, Egypte, Liban, Irak, Tunisie, Maroc…) La cible de certains mécontents : les ambassades des Etats-Unis, d’Allemagne et de Grande-Bretagne. Des morts ont été enregistrés parmi les manifestants.                       

    Après l’attaque de l’ambassade US à Benghazi, mardi dernier, qui a provoqué la mort de l’ambassadeur et de trois autres Américains, hier, c’était au tour des ambassades d’Allemagne et de Grande-Bretagne à Khartoum de connaître le même sort. Des centaines de manifestants ont mis le feu à la chancellerie allemande, après avoir arraché le drapeau pour le remplacer par un étendard islamiste. Ils ont ensuite bloqué la route afin d’empêcher l’arrivée des pompiers, tandis que la police répliquait par des tirs de gaz lacrymogènes. Selon l’AFP, les manifestants qui dénonçaient le film – qui, pour rappel, est de piètre qualité cinématographique – s’en sont pris, par la suite, à l’ambassade britannique située à proximité.

    Non contents, ils ont utilisé tous les moyens pour atteindre la chancellerie américaine, mais les forces de l’ordre ont usé de leurs armes et de tirs de bombes lacrymogènes pour disperser les quelque 10 000 manifestants. Des heurts ont éclaté lorsque les agents ont bloqué la rue menant à l’ambassade. Les manifestants réclamaient «des excuses et le retrait immédiats de la vidéo du film sur YouTube». A Téhéran, alors que l’ayatollah Ali Khamenei demandait aux Etats-Unis de «punir» les auteurs du film, des milliers de personnes sont sorties dans la rue, hier, scandant «Mort à l’Amérique» et «Mort à Israël». Selon des images retransmises par la télévision d’Etat, la foule a manifesté après la prière du vendredi à l’université de Téhéran où un religieux, l’ayatollah Ahmad Janati, a ironisé sur le fait que les Etats-Unis puissent d’être à l’origine du film Innocence of muslims. «C’est extraordinaire que ceux qui dirigent un pays se considérant comme une superpuissance se rendent aussi stupides par de telles actions», a-t-il décrié.

    Des manifestations importantes ont eu lieu dans toutes les villes du Pakistan et ce, à l’appel du parti islamiste Jamaat El Islami et de l’organisation radicale Jamaat Ud Dawa pour dénoncer le film hostile à l’islam, demander la mort de son réalisateur et l’expulsion des diplomates américains en poste dans ce pays. De crainte que la situation ne dégénère, les services de sécurité pakistanais ont renforcé la protection des missions diplomatiques. Chez nos voisins tunisiens, un important dispositif de sécurité a été déployé autour de l’ambassade des USA après l’appel des imams à un grand rassemblement devant la représentation américaine pour dénoncer le film. Le bâtiment a été entouré de barbelés ; des militaires et des policiers casqués ont été dépêchés sur les lieux afin d’empêcher une éventuelle attaque.

    Des heurts ont toutefois éclaté entre manifestants et policiers, qui ont usé de gaz lacrymogènes.
    Toujours dans le Maghreb, au Maroc, quelque 200 personnes ont manifesté à Salé, près de Rabat, après la prière du vendredi. Les manifestants ont piétiné et déchiré, avant de les brûler, des drapeaux américains tout en scandant des slogans contre le «Satan américain». Même scénario en Jordanie, où les manifestants ont brûlé la bannière étoilée et brandi des drapeaux noirs sur lesquels était écrit : «Il n’y a de Dieu que Dieu et Mohamed est son Prophète». Ils réclamaient la fermeture de la représentation diplomatique américaine en Jordanie.

    D’autres pays ont également formulé ce vœu. En Irak, des manifestations ont eu lieu pour la première fois dans des régions à majorité sunnite. Au nord du Liban, un manifestant a été tué et 25 autres blessés dans des heurts entre éléments des forces de sécurité et des islamistes qui avaient incendié un fast-food américain pour protester contre le film. Jeudi, quatre personnes ont été tuées lors de heurts entre la police et des manifestants protestant près de l’ambassade des Etats-Unis à Sanaa, au Yémen.
    Un manifestant a été également tué, lors de la dispersion d’une manifestation à Khartoum, écrasé par un véhicule de police qui fonçait sur un groupe de qui lançaient des pierres sur les forces de l’ordre. En Indonésie, des manifestations ont eu lieu à Jakarta contre «la déclaration de guerre» que représente, selon les contestataires, le film américain.
    Par ailleurs, plusieurs pays musulmans d’Asie ont renforcé, hier, la sécurité autour des missions diplomatiques américaines.
    L’Inde, qui compte une importante communauté musulmane, a placé en alerte ses effectifs déployés autour des bâtiment américains. Le plus haut responsable religieux musulman de l’Etat indien du Cachemire a demandé aux citoyens américains de quitter immédiatement la région.

    Nabila Amir
  • Les transferts des émigrés évitent les banques et préfèrent la «Western Union clandestine»

     

    Ferhat Yazid, Maghreb Emergent,

     

    Les transferts nets en devises vers l’Algérie ont atteint 1,5 milliard de dollars au premier semestre 2012, en augmentation de 50% par rapport à la même période de 2011, selon la Banque d’Algérie. Ce montant ne reflète pas la réalité de ces transferts. A cause des marges de profit importantes des banques et de la Western Union, mais aussi de la différence astronomique entre les taux de change officiel et parallèle, les voies informelles sont plus utilisées.

     

     

     

    Le gouverneur de la Banque d’Algérie, Mohamed Leksaci, a indiqué lundi à Alger que les transferts nets en devises vers l’Algérie avaient atteint 1,5 milliard de dollars au premier semestre 2012.

     

    Le premier responsable de la Banque d’Algérie qui s’exprimait lors de la présentation des tendances monétaires et financières au premier semestre 2012, a ajouté que ce montant était en augmentation de 50% par rapport à la même période de 2011, où il avait été enregistré un transfert de seulement 1 milliard de dollars.

     

    Le chiffre de 1,5 milliard de dollars représente essentiellement les pensions de retraite des anciens travailleurs émigrés ayant choisi de finir leurs jours en Algérie après avoir travaillé pour 90% d’entre eux en France.

     

    Cependant, les transferts des émigrés algériens sont plus importants que ce chiffre, qui ne se base que sur les sommes empruntant le canal bancaire. Quoique difficiles à quantifier, les montants en devises arrivant de France hors circuit bancaire sont estimés par certains au double des transferts formels. Selon le groupe de travail sur l’espace financier euro-méditerranéen, piloté par l’Institut de Prospective économique du monde méditerranéen, les transferts empruntant les voies informelles sont estimés au total à plus de 7 milliards d’euros.

     

    Les raisons qui poussent les Algériens à emprunter les voies informelles ne se résument pas à la « culture du cash bien ancrée chez nous » comme tendent à l’affirmer plusieurs études. Elles sont aussi économiques. Les marges importantes (5 à 10%) que pratiquent les banques sur le transfert de compte à compte est une des plus importantes. Pour une somme de 1.000 euros, soit quelque 100.000 dinars, ces marges peuvent atteindre 10.000 DA, une somme très importante qui représente presque la moitié du Salaire national minimum garanti (18.000 DA).

     

    Une Western Union parallèle

     

     

     

    La Western Union est une de ces voies de transfert légal de devises qu’évitent nos expatriés. Ses locaux dans les bureaux de poste et certaines banques sont de plus en plus boudés au profit des bureaux de change clandestins.

     

    A cause de la différence astronomique entre le taux de change officiel (100 dinars pour un euro) et le taux de change sur le marché parallèle (145 dinars pour un euro), la Western Union n’attire plus les émigrés comme au début de son implantation, lorsque l’écart entre les deux taux n’était pas aussi important. Pour une somme de 1.000 euros nets transférés, la différence peut ainsi atteindre 45.000 dinars, soit 2,5 le SNMG !

     

    Pour ne pas perdre au change des sommes aussi importantes, les émigrés recourent aux services des bureaux de change clandestins. Flairant la bonne affaire, leurs propriétaires ont adopté le principe de fonctionnement de la Western Union, à un détail près : le transfert se fait selon le taux de change parallèle ! Des représentants en France, généralement bien connus de la communauté, reçoivent la somme à envoyer en euros et par un simple coup de fil à un associé en Algérie, ordonnent de donner au destinataire du transfert l’équivalent de la somme en dinars. Les sommes en devises ainsi amassées par ces cambistes prendront la destination de l’Algérie dans les bagages des compatriotes, sans passer par les voies officielles.

  • Le marché algérien du médicament est sous le contrôle d’une dizaine de distributeurs (Snapo)

     

    Lounes Ait Mohamed, Maghreb Emergent,

    La pénurie de médicaments en Algérie est due à une situation de monopole imposée par un nombre réduit d’importateurs et de distributeurs, indique le président du syndicat nationale des pharmaciens d’officines (Snapo). Pour lui, il est impératif d’installer l’Agence nationale de produits pharmaceutique.

    Les pénuries de médicaments persistent. Pas moins d’une centaine de marques de médicaments importés ou fabriqués localement sont concernés par la pénurie, a déclaré ce mercredi, le président du Syndicat national des pharmaciens d’officines, Messaoud Belambri. Le manque concerne toutes «les gammes de produits », dit-il, en citant les anti-inflammatoires, les antispasmodiques et les anti-bioéthiques injectables. « Il est absolument urgent d’en finir avec les situations de dominance et d’exclusivité qui entrainent des rétentions de stocks », a clamé le Dr Belambri qui s’exprimait ce matin sur les ondes de la radio chaine III. Selon lui, il existe théoriquement en Algérie 500 grossistes mais seul 200 exercent réellement dont une dizaine en situation de dominance. « Une dizaine de distributeurs détiennent 80 % du marché. Deux ou trois dominent réellement le marché», a déclaré le président du Snapo sans les nommer. A titre d’exemple, cite la livraison « de toute une production à un seul opérateur et des lots de médicament importés attribué à un seul distributeur ». Ces pratiques, a-t-il rappelé, sont illégales puisque les lois algériennes interdisent la détention par un seul opérateur, tout secteur confondu, de plus de 30 % de parts de marché. Ces pratiques dénoncées, à maintes reprises, par l‘ex-ministre de la Santé, Djamel Ould Abbas, sans toutefois oser prendre le taureau par les cornes, sont désormais sur la table de son successeur, Abdelaziz Ziari. Le président du Snapo a indiqué avoir senti une « réelle volonté » de la part du nouveau ministre de s’attaquer à ce vieux problème de pénuries de médicament.

    Le nombre d’officine a doublé en 4 années

    Pour endiguer ces « situation de dominance », Belambri a insisté sur l’urgence d’installer l’Agence nationale des produits pharmaceutiques ( Anpp), appelé communément agence du médicament, dont le décret avait été promulgué depuis 2008. Cet organisme devrait assumer toutes les taches en matière de suivi et de régulation et l’attribution des autorisations d’importation de médicaments. Il a suggéré par ailleurs de corriger certains textes de lois à l’exemple du code des marchés public et au mode de paiement par lettre de crédit pour les opérations d’importation. Le président du Snapo a dénoncé, sur un autre plan, « le détournement » de l’arrêté de 1997, fixant les modalités d’ouvertures d’officine, par les DCP (directeur de la santé et de la population) au niveau des wilayas. Il a indiqué à ce sujet que les DCP ont autorisé l’ouverture de nouvelles pharmacies dans des régions déjà suffisamment pourvues. Résultat, le nombre d’officine a doublé en passant de 4000 à 8500 officines aujourd’hui.

  • Quand la rumeur fait trembler l’Algérie

     

    Abed Charef, La Nation,

    Depuis 1988, l’Algérie a appris à vivre avec la rumeur. Mais cette fois-ci, les choses sont allées trop loin.

    L’affaire a choqué. Non parce qu’elle vise l’Algérie, ni parce qu’elle serait le fait de quelque ennemi interne ou externe. Elle était choquante parce qu’elle portait sur l’annonce de la mort d’un homme relativement âgé, et dont l’état de santé est fragile. C’est une affaire morbide, indigne.

    Mais la rumeur sur la mort du président Abdelaziz Bouteflika, lancée par un site internet, a aussi confirmé les avatars de la vie politique algérienne, tout en reposant l’éternel problème de la rumeur dans des pays plus connus pour l’opacité de leur système politique plutôt que par la transparence de la gestion des affaires publiques. Elle a, de manière plus précise, montré que face à cette rumeur, il n’y a pas de parade que la transparence et le recours à des pratiques saines.

    Comme toujours, on passera de longs mois à tenter de comprendre ce qui s’est passé réellement: s’agissait-il d’un coup de pub réussi par le gérant d’un site anonyme ? Ou, au contraire, était-ce une opération de manipulation, lancée par des « sources » sûres d’elles, et relayées par des apprentis journalistes, heureux de se retrouver sous le feu des projecteurs ?

    Tenter de chercher la vérité, dans cette affaire, pose plus de problèmes qu’il n’en résout. Interviewer l’auteur du site, comme l’ont fait de nombreux médias, revient à aller à la quête de la vérité auprès de quelqu’un qui est soit un manipulateur, soit un manipulé ou, au mieux, quelqu’un qui n’a pas respecté les règles élémentaires du métier de journaliste ; un homme qui, en tous les cas, ne se soucie guère des implications de ce qu’il publie, et qui a continué à défendre la qualité de « ses » sources, même quand il était devenu évident que l’information était fausse. S’excuser, dans ce genre de situation, ne sert à rien. Il n’y a pas de réparation possible.

    Mais au-delà de ces péripéties, on ne peut que s’interroger certains aspects de la vie publique algérienne, confirmés par cette rumeur de la fin des vacances. Avec une tradition qui s’est imposée en Algérie : chaque été apporte « sa » rumeur, depuis 1988. C’est devenu un rituel inévitable. Le Ramadhan, la longue absence du chef de l’Etat, la paralysie institutionnelle, en un mot, le fonctionnement « soviétique » de l’Algérie, offrent un terrain particulièrement favorable à ce genre de rumeur. On ne se demande plus si une rumeur va être lancée, on s’interroge sur sa nature, qui elle va viser, à quelle vitesse elle va se propager, quel degré d’adhésion elle va acquérir chez les Algériens et comment elle va être combattue.

    On pourra aussi critiquer le pouvoir, mettre en cause son opacité et ses mœurs, et s’en prendre à ses bourdes répétées en matière de communication. Ce sont des faits établis depuis longtemps, depuis si longtemps qu’y revenir devient fatigant. Mais dans le même temps, on doit aussi se demander pourquoi la société algérienne est prête à tout accepter, à tout « gober », à admettre l’invraisemblable et le farfelu, qu’il s’agisse de solutions politiques miraculeuses véhiculées par des charlatans, ou de rumeurs les plus absurdes, en passant les miracles au quotidien véhiculés sur les réseaux sociaux et Internet de manière générale.

    Certes, le pouvoir a réussi à brouiller les cartes et les concepts, il a créé la confusion dans tous les secteurs et dans les esprits. Mais il ne suffit pas d’insister sur le machiavélisme du pouvoir, sur sa capacité de manipulation, et sur son aptitude à organiser les coups tordus pour tout expliquer. Il y a aussi cette aptitude des Algériens, y compris dans les milieux politiques dits avertis, à avaler des couleuvres à chaque saison, et ériger des inepties en évidences ?

    Sur ce terrain, l’Algérie a d’ailleurs réalisé de vrais miracles. Elle a longtemps considéré le Hamas comme un parti islamiste, Boudjerra Soltani comme un opposant, Abdelaziz Belkhadem comme un homme à conviction, Amar Ghoul comme un militant islamiste doublé d’un bon gestionnaire. Elle a même rangé le RND dans le rang des partis dits démocratiques, et considéré Ahmed Ouyahia comme un homme ferme, fidèle à ses principes.

    Cette tendance à tout accepter révèle peut-être une grande fragilité au sein de la société. Mais la faiblesse inquiétante se trouve au sein des institutions. Comment, en effet, une simple rumeur, colportée par un site inconnu, a-t-elle pu prendre autant de consistance ? Comment a-t-elle pu prendre forme, se développer et devenir le sujet d’actualité de la semaine ? A-t-elle pris cette ampleur parce, d’une certaine manière, elle exprimerait un évènement auquel l’Algérie, dans une sorte de subconscient collectif, s’attend, un évènement qui est dans l’ordre du vraisemblable, ou bien parce qu’une société désespérée, qui attend son messie, son Mehdi, est disposée à être entrainée vers n’importe quelle issue ?

    Voilà qu’on replonge dans le morbide. Pour l’éviter, et vaincre la rumeur, il y a une seule méthode : établir un pouvoir transparent, obéissant à des règles institutionnelles connues de tous et vénérées par chacun.

  • Otages algériens au Mali : les faux-fuyants d'Alger

     

    Par Le Matin DZ |

     

     

     

    Qu'est-ce qui retient Alger pour libérer les trois terroristes arrêtés à Ghardaia le 15 août dernier pour sauver la vie des trois fonctionnaires de l'Etat algérien, otages du Majao? La concorde civile de Bouteflika n'a-t-elle pas gracié des milliers de terroristes du GIA et du GSPC aussi sanguinaires que ceux arrêtés à Berriane?

     

    Un groupe du Mujao au nord du Mali.

     

    Un article publié, ce jeudi, dans le site "maliweb" sur l'affaire des otages algériens du Mujao au nord du Mali se pose la question de savoir si l’Etat algérien libérera les terroristes d’Al Qaïda au Maghreb islamique arrêtés le 15 août dernier à Ghardaïa, pour sauver la vie des trois autres otages ou au contraire, s'il laissera leur sort aux mains du Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'ouest. Une question pertinente sans doute mais qui prête aux autorités algériennes un pseudo-principe, celui de ne pas céder au chantage politique du Mujao. Alger aurait-elle laissé faire au lieu de se voir discréditée dans sa lutte antiterroriste qui a repris du regain cette fin d'été par plusieurs coups durs infligés aux groupes terroristes locaux d'Al Qaïda au Maghreb islamique, d’'autant que, parmi les trois terroristes arrêtés à Ghardaia, figure l'un des chefs d'Aqmi, l'algérien Necib Tayeb dit Abderrahmane Abou Ishak El Soufi, présenté comme le bras droit de l’émir d’Aqmi, Abdelmalek Droudkel. 
Pourtant, les risques de voir un nouveau revers de la diplomatie algérienne qui conduirait à l’exécution des autres fonctionnaires algériens, après celle du vice-consul Tahar Touati, n’ont jamais été aussi grands et inquiétants.  Depuis son dernier communiqué évasif rendu public vingt quatre heures après celui du Mujao annonçant avoir tué le vice-consul, le département de Mourad Medelci est resté silencieux.

     

    Que traduit ce silence au moment où les familles des otages interpellent le président de la République pour faire toute la lumière sur le sort de leurs proches ?  Si le ministère des Affaires étrangères s'est voulu rassurant à leurs égards en affirmant que les contacts avec les ravisseurs n’ont pas été rompus, très peu de détails, en revanche, ont filtré sur les négociations. Dix jours après qu'il avait affirmé que l'"information (l’assassinat de Tahar Touati) fait actuellement l'objet de vérifications nécessaires pour s'assurer de son authenticité", les autorités algériennes n'ont plus rien dit alors que la situation sécuritaire et politique ne cesse de se détériorer au nord du Mali:  l'intervention militaire de la Cedeao est au poids mort, Al Qaïda au Maghreb islamique conquiert d'autres territoires à la lisière du sud du pays, les groupes armés qui lui sont affiliés, Ansar Eddine et le Mujao, semblent se livrer une guerre de leadership sur les rançons d'otages et les réseaux des narcotrafiquants. La récente vidéo des quatre otages français détenus par Al Qaïda au Maghreb islamique dans la région du Sahel, une semaine environ après l'annonce par le Mujao de l'assassinat d'un des otages algériens, participe de cette logique d'un redéploiement des groupes terroristes d'Al Qaïda qui accentue les menaces sur Alger et Paris.

     

    Alger qui, sous le prétexte  de ne jamais céder au chantage des terroristes, est aujourd’hui dans l’embarras, prise dans ses propres contradictions qui se sont avérées mortelles pour les fonctionnaires consulaires, otages du Mujao. Car, faut-il encore le souligner, comment invoquer le refus de toute négociation avec les groupes terroristes quand le chef de l'Etat, lui-même, est le premier à céder au chantage politique d'Al Qaïda au Maghreb islamique en invitant à Alger des émissaires d'Ansar Eddine.  Aveuglée par la politique de concorde civile, le pouvoir de Bouteflika a minimisé, dès les premiers jours de l'occupation du Nord du Mali par Al Qaïda au Maghreb islamique, la chute de la ville de Gao devant l'irruption du Mujao. Aucune disposition particulière ne semble avoir été prise par Alger pour protéger sa représentation diplomatique.  Les terroristes du Mujao  ont fait irruption dans le consulat d’Algérie à Gao le 5 avril dernier pour prendre en otage avec une facilité déconcertante sept diplomates dont la libération de trois d’entre eux a été annoncé dans un communiqué datant du 12 juillet par le porte parole du Mujao. Ainsi, ces trois otages ont été libérés grâce à des négociations intenses tant que celles-ci ne mettaient pas l'Algérie dans une situation similaire à celles exigées par le groupe terroriste avant l'exécution de Tahar Touati : à savoir la libération des trois terroristes arrêtés à Ghardaia par les services de sécurité algériens.  Ainsi, l’arrestation de trois djihadistes  le 15 Août par les forces de sécurité algériennes a été suivie quelques jours plus tard par une requête du Mujao menaçant Alger de représailles s’il ne les libère pas  immédiatement.

     

    Avant l’exécution de Tahar Touati, le Mujao avait accordé un délai de huit jours à Alger pour libérer les trois terroristes ; un délai au cours duquel les autorités algériennes, se  congratulant suite à la "grosse" prise de Ghardaïa, n'avaient pas vu arriver la menace du Mujao qui a réclamé leur libération même si Necib Tayeb dit Abderrahmane Abou Ishak El Soufi, l'un des chefs d'Ami, n'appartient pas organiquement au Mujao.  La rançon pécuniaire exigée pour la libération des trois otages n'est plus de mise. La rançon politique exigée par le Mujao, la libération des 4 otages contre celle des trois terroristes, met le Mujao en position de négociateur politique et non plus agissant dans les règles basiques des narcotrafiquants qu'il l’est aussi. Pour quelles raisons l'Algérie n'a-t-elle pas obtempéré aux revendications du groupe terroriste pour sauver la vie de ses fonctionnaires consulaires  comme l'a fait, il y a plus de deux ans, l’Etat malien dans l’affaire de l’otage français Pierre Camatte  libéré le  23 février 2010 contre la remise en liberté, par les autorités maliennes, de quatre islamistes réclamés par Al Qaïda. L'Algérie et la Mauritanie avaient alors, en signe de protestation, rappelé leurs ambassadeurs à Bamako.

     

    Or, combien d'"émirs" sanguinaires du GIA et du GSPC ont bénéficié de la grâce amnistiante de Bouteflika depuis 2006 et qui sont plus "importants" que les trois terroristes réunis arrêtés à Ghardaia. En effet, si la lutte antiterroriste en Algérie n'avait pas été trahie par la concorde civile de Bouteflika, l'Algérie ne serait pas dans cet embarras politique qui révèle toutes les inconséquences politiques et idéologiques vis-à-vis d'Al Qaïda au Maghreb islamique dont les principaux chefs sont des "émirs" algériens de l'ex-GSPC, condamnés par la justice algérienne. Dans cette logique, l'assassinat de Tahar Touati, s'il relève physiquement du Mujao, tient, avant tout, de la responsabilité du chef de l'Etat qui refuse de libérer trois terroristes d'Al Qaïda pour sauver ses concitoyens fonctionnaires de l'Etat alors qu'il ne cesse d'ouvrir ses bras et de dérouler le tapis rouge à ses terroristes qui écument les maquis du pays. L'argument avancé par Alger sur son refus de toute négociation politique avec le Mujao est totalement fallacieux.

     

    R.N

  • Conférence antiterroriste à Alger : un camouflet pour Bouteflika

     

    Par Le Matin DZ |

     

     

    Alors qu'elle se targue d'abriter depuis hier mercredi une conférence antiterroriste maghrébo-africaine, Alger n'a pas condamné l'attentat meurtrier contre le consulat américain à Benghazi, en Libye, mais elle a exprimé sa vive indignation contre le film "Innocence des musulmans".

     

    Bouteflika n'a pas condamné l'acte terroriste meurtrier contre le consulat américain à Benghazi, en Libye.

     

    Les travaux de la Conférence antiterroriste "Afrique du Nord et Sahel" du Centre d'excellence de sécurité chimique, biologique, radiologique et nucléaire (CBRN) se sont ouverts hier à Alger et se cloturent aujourd'hui jeudi dans un contexte international tendu, marqué par l'attentat terroriste ayant visé mardi soir le consulat  américain à Benghazi, en Libye, dans lequel quatre Américains, dont l'ambassadeur, ont été tués et par les vives manifestations dans plusieurs capitales arabes dont le Caire et Tripoli contre la diffusion du film Innocence des musulmans, jugé insultant envers l'islam. Cette rencontre qui coïncide également avec la commémoration du 11ème anniversaire des attentats du 11 septembre 2001 et dont l'objectif principal vise "le renforcement des capacités des pays du Sud pour lutter efficacement contre le trafic illicite des matières sensibles et atténuer les risques de terrorisme d'armes improvisées de destruction massive", ne peut ainsi faire l'impasse sur ces derniers événements d'autant que la Libye participe à cette rencontre au coté de l'Algérie, la Tunisie, la Libye, l'Egypte, le Maroc, la Mauritanie, le Burkina Faso, le Mali, le Niger, le Soudan, et le Tchad.

     

    De toutes les réactions maghrébines à l'attentat contre le consulat américain, celle de l'Algérie est la plus tiède, la plus effacée; elle limitée à un message de "condoléances et de sympathie" du ministre des Affaires étrangères, Mourad Medelci, à à son homologue américaine, Mme Hillary Clinton. En revanche, L’Algérie a réservé sa "forte indignation" contre l’"rresponsabilité" des auteurs du film "Innocence of muslims" : "Partant de son profond attachement à la concorde entre les différentes  confessions et au respect de toutes les religions, l’Algérie déplore fortement l’irresponsabilité des auteurs du film Innocence of muslims qui offense l’islam et son prophète (…) Les outrages aux symboles religieux sacrés, quels qu’ils soient, ne  peuvent que susciter réprobation et indignation, car ces provocations visent à attiser la haine et les tensions et à contrarier les efforts menés au niveau international dans le cadre du dialogue des civilisations et des religions» lit-on dans le même communiqué du département de Mourad Medelci.

     

    Minimisant comme à son habitude l'alerte lancée ce mercredi par l'ambassade américaine à Alger enjoignant ses ressortissants d'éviter tout déplacement non urgent en Algérie, les autorités algériennes prises au dépourvu par ces derniers événements alors qu'elle abrite une conférence anditerroriste à laquelle participent les pays qui en sont concernés en premier chef, semblent mises au pied du mur par leurs flagrantes contradictions. Alors que le président tunisien Moncef Marzouki a dénoncé ce mercredi, à la télévision libyenne, au cours d’une visite éclair à Tripoli, l’attaque meurtrière perpétrée mardi soir contre le consulat des Etats-Unis à Benghazi, la qualifiant de "sales actes terroristes" "une attaque ignoble qui ne peut, en aucun cas, être justifiée"  et que, à son tour, le Maroc l'a qualifiée d'"agression ignoble", les autorités algériennes ont été promptes à condamner le film et à se faire les défenseurs invétérés de l'islam offensé, justifiant implicitement l'acte terroriste perpétré contre le consulat américain qu'elle n'a pas condamné officiellement; le département de Medelci l'ayant réduit à un "faire-part".

     

    Comment l'Algérie qui se targue d'abriter une telle conférence antiterroriste maghrébo-africaine, peut-elle à ce point minimiser l'ampleur des répercussions sécuritaires, politiques, diplomatiques, d'un tel attentat perpétré, qui, plus est, à Benghazi, lieu emblématique d'où est partie la Révolution armée contre le régime de Kadhafi ?  L'échec de cette initiative est d'ores et déjà prévisible pour Alger qui, en ne condamnant pas l'acte terroriste qui a tué l'ambassadeur américain et trois de ses collaborateurs et en se sentant visée par le film "anti islam" qu'elle a vivement dénoncé, se déjuge sur son rôle "moteur" dans la tenue de cette conférence. Loin d'être l'expression d'une volonté ferme dans la lutte antiterroriste, cette initiative d'Alger, rattrapée pour ainsi dire par ce qu'elle est censée "étudier" et contrer sur le long terme, s'avère être un camouflet de plus pour Abdelaziz Bouteflika qui continue d'observer une omerta sur l'assassinat par le Mujao du vice-consul Tahar Touati  et sur le sort des trois autres otages toujours détenus par ce groupe terroriste au Mali.

     

    R.N

  • Algérie des finances : la plus grande épicerie du monde

    matin dz|

    "La clémence ne se commande pas. Elle tombe du ciel comme une pluie douce sur le lieu qu'elle domine." William Shakespeare

    Karim Djoudi dégrafe à tout-va le chéquier de l'Etat !

    L’Etat est en train de racheter Djezzy, il veut aussi racheter Nedjma, il pourrait racheter la filiale Danone ou que sait-on quoi encore ? Les concessions portuaires concédées aux Emiratis, la chaîne Sheraton, récupérer el Hadjar, et cetera, les caisses de la République sont pleines à craquer, "hetbark", "awidkan", y a à boire et à manger dans le fourre-tout financier national. Où pour chaque problème pris en considération, avant de discuter de quoi que ce soit, de management ou de méthode propice d’approche, on lève les mains au ciel et on dégrafe un gros chèque.

    Sellal, sous le signe du statu quo financier

    Jamais  dans l’histoire du pognon algérien un ministre des Finances n’a eu autant de facilité de manipulation dans le Trésor de la nation que Karim Djoudi, maintenu dans la formulation gouvernementale de Abdelmalek Sellal - que déjà on se met à le désigner par le sobriquet du "Lion de Moka", le petit village de la Petite Kabylie, du côté d’Ighil Ali, dans la wilaya de Bejaïa qui l’ait vu naître, au lendemain de sa fameuse déclaration qui disait qu’il faille nettoyer le pays, comme si l’argent seul va suffire à la dératisation de la société algérienne. Parce que cette prolifération, au demeurant bien réelle, du rongeur souterrain malsain charriant les épidémies néfastes s’accompagne aujourd’hui à ciel ouvert d’une invasion tout aussi redoutable, porteuse d’un syndrome parmi les plus pernicieux que l’Algérie ait connu depuis la nuit des temps, même de l’époque glorieuse et richissime des passages par notre vaste pays vers el Andalous (Cordoue, l’Halambra), le syndrome du "débordement", la forme la plus avancée du réflexe de l’arriviste plein aux as mais déconnecté de la réalité sociale.  

    Le dépositaire du chéquier national fournit des fortunes aux entreprises qu’il sait bidon, qu’il sait qu’elles n’ont aucune chance de s’assainir, de se corriger, dans le but de passer immédiatement dans le marché de la concurrence compétitive. D’aucuns disent qu’il obéit à des ordres formels pour éviter les conflits sociaux que provoqueraient des licenciements en masse. Tiens, je me rappelle le très brave Abdelaziz Khelaf son correspondant alors dans les horribles années 1980 où l’Algérie était au fond de la bouteille, 45 milliards de dollars de dette, le pétrole à 20 dollars et les caisses de l’Etat anéanties. Il lui arrivait de se soucier avec hantise des petites fournitures de bureau de son département pour préserver des deniers pouvant servir à quelque chose d’utile. Les grandioses dépenses publiques finissent, en ce trop plein de réserve de change et de grosses marges annuelles dans les échanges hydrocarbures, par ressembler à une "rechqa" tous azimuts.    

    La gestion par le fonds de caisse

    Aujourd’hui, l’ondée argentière, le typhon rentier, semble rendre les dirigeants, de la plus haute échelle jusqu’aux responsables anodins des affaires domestique – regardez par exemple les nouveaux putains d’abris bus qu’on installe dans les agglomérations du pays, en ville et en campagne, qui attirent la chaleur du soleil et les averses plus que de protéger les passagers des aléas climatiques – plus dépensiers que les pires des héritiers gâtés et mal élevés. Qui n’ont rien foutu de leur existence avant que la fortune de Crésus ne leur tombe sur la tête. Qu’est-ce qui se passe dans ce secteur-là des bras cassés qui  s’échauffent pour débrayer ? Foutez-leur une bonne augmentation et qu’on n’en parle pas ! Et vogue la galère, la rente ferme le bec à tout le monde en épongeant toutes les conneries économiques. Toutes les incompétences démontrées dans les actifs aléatoires, entrepris dans des visions de calculs d’épicerie où c’est seulement les sommes faramineuses mises en œuvre qui font office de solution.

    En dehors de foutre Moumen Rafik Khalifa et ses complices en taule, l’on se demanderait donc dans cette histoire-là du rachat à tire-larigot, pourquoi l’Etat ne s’est-il donc pas proposé de reprendre le groupe Khalifa qui, quoi que l’on dise, malgré les détournements et les fuites de la devise, les affaires du consortium roulaient convenablement et la dette envers les populations pouvaient se réglait le plus normalement du monde. D’aucuns expliquent que s’il y avait dans la retentissante roublardise des intérêts étrangers, sans aucun doute l’Etat aurait à coup sûr racheté dare-dare et les victimes algériennes se seraient ainsi tirées au moindre mauvais compte. A moins que, comme dirait la comique française, "on ne nous dit pas tout", maintenant, sur cette affaire.

    Un alias de Benbouzid

    C’est à l’avènement de Abdelaziz Bouteflika que l’empire Khalifa prend son envol et c’est sous l’empire de celui-ci qu’il a été décidé de mettre fin à l’empire du premier. Il se passe quelque chose d’extraordinairement biscornue en 13 ans d’exercice de pouvoir. Beaucoup de chose se passent en même temps que leurs contraires, c’est comme s’il gouverne dans le pays deux fractions idéologiques opposées, à la manière qu’il puisse régner à l’Elysée, par exemple, en même temps une politique UMP et une autre socialiste, la première libéralise à outrance, la seconde étatise dans la mesure du possible.Un reptile qui se mord la queue, devenu paranoïaque par les grosses quantités d’argent qui sommeillent dans son antre et dont il ne sait pas quoi faire.

    Au rythme où vont les revenus hydrocarbures, et où s’hypertrophient les capacités nationales d’intégrations technologiques, l’Algérie est sur la voie de posséder un Benbouzid bien carburé à la tête de ses finances publiques. De même que l’ancien ministre de l’Eduction a fait de l’école algérienne, en une décennie, une giga-crèche qui a fait parvenir une génération entière complètement abrutie sur le marché du travail sans travail, de même le ministre des Finances actuel, de loi des finances en loi des finances, va finir par faire de l’Algérie la plus grande épicerie de la planète.

    Nadir Bacha

  • Algérie : secouer le système au lieu de se focaliser sur Bouteflika

     

    Par Le Matin DZ |

     

     

    En remerciant les hommes-clés de ce qu’on appelle communément son clan, Bouteflika confirme les propos qu’il a tenu à Sétif le 8 mai dernier pour passer la main aux plus jeunes dés la fin de son mandat si Dieu le veut bien entendu, autrement ce sera bien avant.

     

    Réhabiliter les services de l'Etat au profit des Algériens est une urgence capitale.

     

    C’est une évidence eu égard à son absence répétée de la gestion du pays durant pratiquement tout ce dernier quinquennat. C’est une spéculation intéressante à savoir mais en quoi elle peut constituer un souci pour la majorité des Algériens qui ont réellement des préoccupations beaucoup plus graves ? Pourquoi cette panique à la rumeur de son décès ? En effet, l’Algérie va très mal non pas pour les crises auxquelles les citoyens sont confrontés : celle du chômage, du logement, de l’envolée des prix et de tous les fléaux sociaux qui rendent leur quotidien extrêmement difficile mais parce qu’elle n’a aucune vision stratégique claire qui l’assure de son avenir. Après plus de 50 ans qui la sépare des premiers départs des colons, elle reste toujours dépendante économiquement de l’extérieur. Elle a donc raté son indépendance totale et reste néo-colonisée dans le sens qu’à voulu le général de Gaulle et, par l'entremise de son homme de l'ombre Jacques Foccart, de la Françafrique. Il s’agit là d’une double trahison des différents responsables qui ont à conduire le pays depuis pratiquement la mort du président Houari Boumedienne.

     

    Nous montrerons plus loin qu’en dépit d’avoir favorisé inconsciemment la constitution du système au pouvoir à ce jour, ce président avait une démarche qui pouvait mener l’Algérie vers son indépendance économique. Cette trahison est l’une vis-à-vis de ceux qui se sont sacrifiés pour l’indépendance politique de ce pays et l’autre des générations futures qui ne voient pas encore le bout du tunnel. Ce serait une erreur grossière de tout mettre sur le dos de Bouteflika et surtout de croire qu’il est un parrain capable de maîtriser la maffia politico-financière. Il a une part de responsabilité comme tous ceux qui l’ont précédé mais compose avec le système qui l’a ramené aux commandes du pays. Qu’on dise qu’il est régionaliste, d’autres l’ont bien été avant lui. Qu’il aurait favorisé ses proches, c’est une pratique courante dans tous les pays du tiers monde. De nos jours et face à la confusion qui règne dans ce pays, c’est un discours politiquement rentable à tous les niveaux mais désormais ce n’est pas la réalité qu’on cherche à tout prix de cacher, pourquoi ? Le système pour se maintenir au pouvoir tente de surmonter ses contradictions en réduisant la situation actuelle de l’Algérie au seul départ de Bouteflika.

     

    En général, trois possibilités s’offrent à un président en Algérie : soit il résiste et dénonce les agissements du système, il est automatiquement éliminé (cas de Boudiaf). Il refuse d’obéir mais se tait, il démissionne avant la fin de son mandat (cas de Chadli et Zeroual). Il compose avec le système et il termine son mandat. C’est le cas du président en cours d’exercice. Il mènera son mandat à terme et dira j’ai mis mon expertise au service de mon pays pour le réhabiliter à l’échelle mondiale. Il rappellera par ailleurs le rôle actif de l’Algérie dans le Nepal et l’Union africaine, le règlement des conflits de l’Ethiopie/Erythrée, la paix en Somalie, la réhabilitation de la Libye dans ses moments difficiles avec la communauté internationale, la médiation au Soudan et enfin la tentative de rapprochement entre l’Iran et les Etats-Unis etc. il vantera certainement les efforts considérables que l’Algérie a accompli en matière de lutte contre le terrorisme et son avancée pour comprendre ce fléau social qui s’étend d’année en année à travers le monde entier. Enfin il dira je suis le seul président qui partira en laissant les caisses pleines (plus de 200 milliards de dollars à l’horizon 2014 selon les prévisions de la Banque mondiale). Mais il reconnaîtra et il l’a fait à maintes reprises ses échecs, qu’il n’est pour rien pour la constitution de cette manne financière et qu’il n’a pas réussi à mettre en place une stratégie à même de faire sortir le pays de sa dépendance vis-à vis des hydrocarbures. Il reconnaitra que l’avenir des générations futures est sérieusement compromis. Il l’a déjà dit et il le dira certainement en partant. Après, il prendra sa petite retraite comme tous ceux avant lui. Alors ! Est-ce pour autant les problèmes de l’Algérie sont réglés ? Certainement pas car le système ramènera quelqu’un d’autre et quelques années plus tard, on dira que le précédent était moins pire que celui là, on perdra encore quelques années et ainsi de suite. Quand est né ce système qui favorise ses membres au détriment de l’existence même de la nation ? Comment fonctionne-t-il ? de quelle manière il s’est ancré dans la société algérienne et avec la complicité de qui ? Est-il détrônable si oui de quelle façon ?

     

    Le processus de création de ce système est indissociable des étapes de développement de l’économie nationale depuis l’indépendance en 1962.Il s’est développé lui-même et s’est ancré à travers les incohérences de ces étapes historiques et surtout des événements qui les ont réorienté ou affaibli comme la mort subite du président Boumedienne. Pour bien comprendre le système, il faudrait passer en revue les différentes étapes de développement et mettre au point un certain nombre de principes qui ont servi de base au modèle de développement de l’économie Algérienne et qu’on tente sciemment aujourd’hui de pervertir pour justifier les échecs, quelques fois programmés.

     

    I - De la mise au point de certains principes et concepts

     

    1- La voie de l’option socialiste choisie par l’équipe au pouvoir au début de l’indépendance de l’Algérie figure bien dans les documents doctrinaux comme la charte d’Alger et entreprise juste par nécessité stricte de développement et non pas par mimétisme ou idéologie comme le prétendent certains écrits. (1). La vacance des moyens de production, suite au départ massif des colons et leur abandon au profit de la collectivité, n’offrait pas d’autres choix que la voie collectiviste qui permettait de contourner les difficultés de recherche des critères pour leur partage

     

    2- A la veille de l’indépendance nationale, un rapport d’une équipe de sociologues sous la direction de Pierre Bourdieu, subdivisait la population algérienne en six classes essentiellement prolétaires et paysannes. Ceci prouve qu’il n’y avait pas une bourgeoisie puissante pour orienter le pays vers une autre voie. En conséquence, note le rapport, tous les Algériens étaient en majorité au même niveau de vie malgré que les quelques années d’indépendance ont favorisé l’émergence d’une bureaucratie dont les intérêts s’opposaient à ceux des masses populaires, (2) mais leur nombre était insuffisant pour influer sur le cours du développement national. Après l’indépendance les propriétaires terriens et ceux qui détiennent les moyens de production aussi bien tertiaires qu’industriels ne représentaient en fait que 5% de la population, (3) avec évidemment aucun secteur stratégique de l’industrie comme le note Pierre Bourdieu dans un autre ouvrage : (4) "cette stratification sociale formée de couches fortement pauvres et pour lesquelles l’Etat est apparu comme "l’image inversée" de l’Etat colonial et il doit de fournir tout ce que l’autre n’a pas fait et par voie de conséquence la projection d’un Etat à tout faire. Cet état de fait ne peut que confirmer l’objectivité de la voie choisie". En dépit des différentes contraintes qu’a connues "l’autogestion" durant les premières années d’indépendance aussi bien agricole qu’industrielle, son émergence a empêché la bourgeoisie bureaucratique de s’accaparer des biens collectifs (4) et s’est imposée comme le montre Koulitchizky "comme idée mobilisatrice des énergies en face d’une certaine carence du pouvoir politique, elle montre la faiblesse du pouvoir, illustre les mutations que connurent toutes les composantes de la société sous l’exclusive bannière du nationalisme". Il est apparu une relation "intime" entre la masse populaire et l’Etat considéré comme seul protecteur des moyens de production "commun" et en face des différentes difficultés rencontrées par les entreprises autogérées, nombreux sont les travailleurs qui souhaitaient leur passage sous le contrôle de l’Etat (5).

     

    En bref, le statut d’un travailleur chez l’Etat est mieux vantée que celui d’une organisation privée. C’est la preuve par 9 que les nouveaux riches d’aujourd’hui qui brassent les milliards n’ont de justification que la triche, la fraude fiscale ou la spéculation qui reste le seul moyen de procurer en près de 30 ans de telles fortunes colossales qui menaceraient aujourd’hui l’existence même de l’Etat. Ce sont ces données que le plan test a rassemblé pour préparer les fondements de l’étape allant jusqu’au 1978 qui s’est fortement inspirée du programme de Tripoli, considéré comme conforme aux aspirations populaires. Ceci peut être facilement vérifié en parcourant les grandes lignes du plan quadriennal qui couvre la période 1970-1973 et dont l’objectif primordial est de créer les conditions qui permettraient de fournir un emploi durable à l’ensemble de la population masculine active d’icil’horizon 1980 (6). Quels que soit les moyens utilisés, ce plan vise essentiellement l’épanouissement des citoyens ce qui est effectivement une aspiration fortement populaire. Les principes retenus pour permettre sa réalisation sont :

     

    • le renforcement de l’indépendance économique en diversifiant les échanges extérieurs et le recours des investissements étrangers comme apport aux moyens nationaux et jamais facteurs dominants,

     

    • l’établissement de nouveaux rapports de production pour la construction d’une société socialiste,

     

    • la mobilisation des travailleurs fondée sur leur adhésion et leur association à tous les aspects de la vie économique du pays,

     

    • l’industrialisation qui doit engendrer un mouvement de croissance auto-entretenue (7). C’est en vrai projet de société que s’érige ce plan, il définit les règles de jeu et fait appel à l’adhésion de toutes les forces vives pour entamer une deuxième révolution cette fois industrielle et culturelle pour parachever le processus d’indépendance économique, moyennant bien entendu des sacrifices à l’instar de la révolution armée.

     

    3 - Le modèle de l’industrie industrialisante largement développé et commenté par D. De Bernis (8) est basé sur la création de puissante sociétés nationales qui agissent pour le compte de l’Etat et capable d’acquérir, de capitaliser, de consolider et surtout de fertiliser le savoir et le savoir faire au profit de tous les secteurs pour permettre au pays dans un laps de temps raisonnable d’accéder à son indépendance économique. Les intérêts individuels doivent se dissoudre dans l’intérêt général ; c’est pour cela que le schéma des industries industrialisantes ne peut être mené que par l’Etat et ne peut aboutir sans une "Planification rigoureuse" (9). L’inefficacité de ce modèle n’a jamais été prouvée scientifiquement sinon qu’il gênait les capitaux étrangers qui ont tout fait pour l’étouffer dans les pays qui le pratiquaient entre autres l’Algérie.

     

    II- Des justifications qui ont mené à la dislocation de ce modèle

     

    A la mort du président Boumedienne, la bureaucratie naissante qui était jusqu’à cette événement en veille, a saisi l’occasion pour aider des technocrates d’accéder au pouvoir mais à sa solde. Ces derniers étaient fortement influencés par le modèle américain, certains y ont vécu même dans ce pays. Ils ont ramené dans leurs valises des consignes claires : celles de déstructurer le tissu industriel algérien qui commençait moyennant des sacrifices énormes à donner ses fruits. Ils ont commencé par un changement de discours dont les implications sur le terrain s’écartaient peu à peu de la ligne suivie pour atteindre les objectifs consensuels et qui est pour rappel celui de l’indépendance économique le gigantisme des sociétés nationales, l’efficacité selon le principe "Small is beautifful", la tentative d’abandon des hydrocarbures comme stratégie de développement, le désengagement progressif de l’état vis-à-vis des différentes institutions publiques, pour, selon le discours politique, une meilleure efficacité budgétaire.

     

    Cette remise en cause a été en réalité (10) à l’origine des multiples formes de résistance des actions collectives (grèves) et aux pratiques individuelles : absentéisme, turn over, etc. Pour rappel, durant les années 1981-1982, l’absentéisme a tellement inquiété les autorités qu’elles ont impliqué les forces de sécurité et de l’ordre pour procéder à des contrôles en dehors de l’entreprise jusqu’à dans les lieux publics (cafés et autres). Mais ceci n’a pas empêché cette équipe de poursuivre cette destruction en optant pour une vraie réorientation de l’économie nationale. Le diagnostic semble léger et ne justifie en rien l’amorce d’un tel processus. Un ancien premier ministre rappelle que cette réorientation n’étant pas spécifiquement motivée (11) de part les meilleurs résultats enregistrés avec un secteur public en pleine croissance car selon le même auteur sa part dans le produit intérieur brut qui était de 34,4 % en 1969 est passé à 65,42 % en 1978. Enfin une rente pétrolière de plus en plus croissante et qui permettait de résoudre les différentes contradictions inhérentes au procès de travail (12).

     

    A part donc le malaise général de l’été 1977 et qui sera analysé plus loin, rien ne justifiait un tel changement du moins scientifiquement. Les rumeurs colportées par la bureaucratie au pouvoir ce sont soldées pour la première fois dans l’histoire de l’Algérie par une grève de portée nationale : Celle des cheminots en 1978.

     

    En tout état de cause, aucune donnée particulière contraignante ne laisse présager une volonté quelconque de changement de ligne de conduite et du rythme de développement qui devait mener à l’indépendance économique, sinon un léger réajustement dans la marche à suivre. En dépit de l’année de réflexion qui a permis à l’équipe au pouvoir après la mort de Houari Boumediene une pause et une évaluation de la situation, le diagnostic n’a pas semble-t-il été quantitatif mais se basait sur des opinions et surtout se cachait derrière des décisions supposées collégiales car le décret 80-242 du 4 octobre 1980 portant sur la restructuration organique et financière des entreprises ne fait allusion à aucun rapport de diagnostic mais à la résolution du 4eme congrès extraordinaire du front de la libération national (FLN) et les décisions de son comité central dans ses 2eme et 3eme sessions. H. Temmar, qui traitait il n’y pas si longtemps les entreprise publiques de veilles quincaillerie soutenait avec M.E Benissad dans une évaluation des perspectives de développement décennal "qu’en 1980, tout changement brutal de stratégie de développement entraînerait un gaspillage des ressources humaines formées à l’industrie et signifierait que les sacrifices supportés par la population l’auront été vains" (13). Et pourtant ce changement a bien eu lieu. Cette nouvelle voie de développement a fragilisé l’économie nationale en la rendant fortement dépendante de facteurs exogènes. Il aurait fallu en 1985 une chute des prix du pétrole suivi juste après par la détérioration du cours de dollar pour que le pays se mette à genoux, mains liées au FMI. Normalement et en dépit de son caractère brusque, la chute des prix du pétrole ne devait pas surprendre les spécialistes car elle rentre dans le cadre de la stratégie de l’agence internationale de l’énergie (AIE) en réponse à l’embargo décrété par les pays arabes membres de l’OPEP en 1973. Il fallait s’y attendre et donc orienter les recettes des hydrocarbures pour renforcer les projets en cours afin de produire des biens d’équipements qui non seulement dynamiseraient l’activité économique mais lui assureraient son indépendance économique de l’extérieur et fera sans aucun doute face ou du moins amortira le choc d’une telle situation encore une fois dans le domaine du prévisible. Quand bien même l’on suivait la logique des initiateurs de ce projet de réorientation au nom de l’efficacité de gestion et de la politique d’ouverture ; il aurait donc fallu accepter un programme de réforme structurelle à partir du début des années 1980 puisque la balance des paiements algérienne a entamé son déficit depuis 1982 (14) et donc utiliser cette restructuration économique dans le cadre d’un programme avec le fond monétaire international et l’orienter ainsi au bénéfice du développement national au lieu peut être de donner une image fausse qui a dû contribuer à aggraver la situation, désormais aujourd’hui inextricable.

     

    III - Des premières conséquences immédiates

     

    En plus de ce qu’ont constaté les éminents économistes cités plus hauts, la désarticulation du processus intégré a affecté l’économie algérienne sur au moins un triple plan :

     

    • Sur le plan économique

     

    Le peu de savoir et savoir-faire capitalisé par les puissantes sociétés nationales dans les différents secteurs s’est effrité. Les Algériens ne savent plus travailler la terre. Elle est devenue un vaste champ artisanal. Le célèbre grenier Algérien connu bien avant la colonisation a été bétonné. On importe tout. Le ridicule a été poussé jusqu’au jour où un certain "Azzoug" se présente à la télévision nationale pour proposer d’importer la viande à 60 DA le kg. Si ce projet avait été concrétisé que serait devenu l’élevage des bovins en Algérie ? On ne sait plus construire des bâtiments, des routes et on fait appel au Chinois et aux européens pour le faire. Les catastrophes naturelle comme les différents séismes qu’à connu le pays, ont montré l’amère regret d’avoir éclaté la Sonatiba et la DNC. On ne sait plus produire et distribuer de l’énergie sans faire appel aux étrangers. Les techniques d’extraction des hydrocarbures ont été laissées aux américains sous les bons auspices de l’ancienne puissance coloniale (TFT, Hassi Berkine, Tiguentourine etc.).L’expertise parapétrolière a été abandonnée au profit des multinationales comme Schlumberger, Wetherford etc. et, ce avec la mort programmé de Alfluid, Aldia pour ne citer que cela. Le boosting des gisements fatigués a été confié aux Japonais sans aucune intervention des nationaux. La base logistique de Beni Mered à Blida était construite pour produire des pièces de rechanges grâce à ses puissants fours s’est limitée au moulage des statuts pour Riadh El Feth qu’on montre comme une fierté nationale. En somme, on est passé d’une économie en voie d’industrialisation à celle de bric à brac qui a permis aux fortunes indûment acquises de s’incruster pour justement former et consolider le système en vigueur à ce jour ;

     

    • Sur le plan social

     

    Le modèle de développement choisi n’a pas été gratuit, mais a demandé des sacrifices énormes mais aussi et surtout un coût humain.(15) qu’il ne convient pas de considérer comme une conséquence de l’échec du modèle de développement mais plutôt comme un fort tribu payé pour atteindre l’objectif visé. Ils auraient sans aucun doute été facilement dissipés si le rythme de développement n’aurait pas été rompu ou s’ils avaient donné un résultat. Ce coût humain consistait dans un changement radical des structures sociales anciennes :

     

    La dislocation de la famille par migration, l’acquisition de nouvelles habitudes de consommation et de mode de vie, la contradiction entre vie au travail et hors travail, la lutte acharnée parfois humiliante contre le pouvoir bureaucratique, l’acculturation par un procès de travail installé par les sociétés capitalistes sensé fonctionné dans les conditions locales, un environnement international hostile à l’industrialisation dans le tiers monde en général et l’Algérie en particulier pour s’emparer de la matière première à des prix avantageux.

     

    • Sur le plan politique

     

    La notion de "bien commun" qui constituait le ciment de la cohésion sociale, est désormais passée sous silence par toutes les études faites sur le modèle de développement entre autres sociologiques. Alors qu’elle constitue la base de la démobilisation de part son lien aux valeurs culturelles de la société algérienne (16). L’un des partisans de la politique actuelle d’ouverture disait que "la réussite de cette période tient dans la cohérence de la politique suivie avec les objectifs visés" (17). Cette cohésion disparue, la manipulation est devenue très facile pour être utilisée à des fins partisanes très connue et qu’il est inutile de le rappeler ici.

     

    IV-de l’émergence et du développement du système

     

    Trois facteurs ont favorisé l’émergence et l’ancrage d’un système dans la société algérienne :

     

    • Une population déroutée par un changement brusque de discours. L’Etat qui l’assistait depuis l’indépendance, se désengage subitement sans lui donner la moindre garantie. Cette nouvelle situation la rend facilement manipulable pour devenir une cible facile pour tous les corps étrangers ;

     

    • Une bureaucratie fraîchement enrichie mais longtemps en berne a trouvé toutes les conditions favorables pour tisser sa toile d’araignée dans l’espace et dans le temps ;

     

    • Un Etat affaibli par une crise qu'il n’avait pas prévu mais qui s’aggrave de jour en jour jusqu’à le pousser à faire appel au FMI.

     

    Les carriéristes du parti unique se chargent de créer des entrées, brèches et des opportunités au sommet de l’Etat pour le compte des nouveaux riches issus de la bureaucratie et ses spires. Ils prennent leur part et arrosent la majorité de la population pour qu’elle se taise. Ainsi la loi portant cession des biens vacants de l’Etat a plus bénéficié aux bureaucrates qu’au peuple dans sa majorité. Lorsque le simple citoyen achète un appartement de 60 m2, un membre au sommet en prend une villa de 500 m2 pour une bouchée de pain. Ces carriéristes à travers leurs satellites dans les différentes franges de la société (jeunesse, femmes syndicats, corporations etc.) ont pris le contrôle total pour orienter le peuple là se trouvent leurs intérêts et ceux de leurs commanditaires. Ce cercle s’est agrandi et s’est développé dans l’espace pour fonctionner comme un système dans lequel chacun trouve son compte. Les services se rendent mutuellement par le biais d’un artifice d’encanaillement. L’Etat trouve son compte dans la paix sociale que les carriéristes lui assurent. Ces derniers s’incrustent et s’enrichissent sur le dos du peuple. La majorité des citoyens reçoivent des miettes mais s’en accommodent pendant que la minorité observe impuissante. C’est ainsi que s’est crée un ordre établi que toutes les parties essaient de maintenir au détriment de l’existence même de la nation entière et qui reste en vigueur à ce jour. Lorsque le président de la république a nommé un nouveau premier ministre en la personne de Sellal, la première question que les observateurs se sont posée c’était celle de savoir s’il était du système ou pas. Et lorsqu’ils ont appris qu’il y était, ils ont vite compris comment l’Algérie a pu fonctionner avec un gouvernement intérimaire pendant plus de 4 mois.

     

    V- Des crises du système

     

    Ceux qui continuent de penser que l’Algérie a passé son printemps arabe en octobre 88 se leurrent lourdement. La crise de l’été 77, celle d’octobre 88 et les émeutes de janvier 2011et bien d’autre qui n’étaient pas ostentatoires, ne sont en fait que des purges pour permettre au système de surmonter ses contradictions et retrouver son équilibre.

     

    A chaque fois que l’exécutif tente mettre de l’ordre dans la gestion du pays pour plus de transparence, le système lui crée un soulèvement ou lance des rumeurs pour le dissuader et ainsi de suite. Il y a réussi à chaque fois.

     

    Cette rentrée 2012/2013 a été selon toute vraisemblance réservée à l’éradication du marché informel de toutes les villes et villages en Algérie. Une telle opération de grande envergure touche directement les intérêts des barons de l’import/export qui utilisent ce circuit pour écouler leur marchandises. On verra d’ici janvier 2013 les conséquences qui en découlent.

     

    VI - Conclusion

     

    Contrairement au système russe ou chinois et plus particulièrement celui de la maffia italienne, celui de l’Algérie n’est pas du type "hard" mais relève de la délinquance. C’est surtout la complicité de l’administration qui lui a donné une importance. La Banque mondiale conseille l’Algérie d'aller vers les grands chantiers : la relance des investissements publics et l’ouverture des capitaux, d’éviter l’effet d’éviction du secteur privé etc., pour uniquement retrouver une croissance que les Occidentaux veulent partager avec elle. Ils s’en foutent royalement des difficultés internes que rencontrent les gouvernants. Or ces grands chantiers dans le cas Algérien constituent une niche pour le système. Plus nombreux sont les chantiers, plus importants sont les montants de la corruption, plus fort sera le système. C’est pour cela qu’il conviendra d’orienter sa politique vers des axes simples mais qui peuvent nettoyer ou assainir le système mais persévérer dans leur application quelqu’en soient les conséquences :

     

    1- Réhabiliter l’administration pour la rendre au service du citoyen. Les fonctionnaires ripoux doivent sévèrement payer et ils sont visibles à l’œil nu. Peut-être faudra-t-il payer plus mais exiger de la qualité des services publics. C’est l’unique façon de stimuler la confiance et susciter l’adhésion du citoyen qui deviendra plus productif et pourquoi pas créateur ;

     

    2- Assurer l’indépendance des juges pour limiter les passe-droits, devenus un phénomène de société.

     

    3- Intervenir immédiatement pour mettre fin à l’anarchie dans la distribution du revenu national. Des entreprises payent quelquefois 10 fois plus que d’autres sans justification de productivité. Des entreprises étrangères offrent parfois jusqu’à 20 fois le SMIG pour vider le secteur public et refacturent tout cela pour le travail qu’elles réalisent sans perdre un centime Mais l’Algérie aura perdu des cadres qu’elle a formé à coup de devises sans compter l’impact négatif sur l’équité sociale.

     

    4- Mettre de l’ordre dans les opérations d’import/export et surtout assainir et normaliser les circuits de distribution. C’est la seule façon de protéger le citoyen contre l’augmentation des prix et de l’alléger du poids de son couffin.

     

    5- Il est scandaleux que les marchés parallèles s’établissent prés des banques nationales au vu et au su des autorités et dans lesquels des milliards s’échangent chaque jour. Rien ne justifie cela sinon la faiblesse et la complicité des administrations étatiques. Ce marché parallèle est en phase de menacer la nation dans son existence même donc une lutte sans merci doit être entreprise pour l’éradiquer ou éventuellement le normaliser pour mieux le contrôler et dans un délai très court. D’autres actions similaires peuvent compléter cette liste qui n’est pas exhaustive.

     

    Cet assainissement est préalable pour retrouver l’efficacité des chantiers dont recommandent les organisations internationales. Il se peut que ces opérations ne soient pas faciles à mener et peuvent être sanguinaires. C’est pour cela que les différents responsables qui se sont succédé les évitent en les passant chacun à l’autre mais c’est un mal nécessaire qu’il faut absolument assumer si réellement on pense à l’intérêt de la nation. De toutes les manières, on ne peut pas faire une omelette sans casser des œufs

     

    Rabah Reghis, consultant, économiste pétrolier

     

    Renvois :

     

    1. Discours du ministre de l’économie devant l’assemblée nationale le 30/12/63

     

    2. P. Bourdieu Travail et travailleurs en Algérie, Édition Mouton Paris 1963 P.382.

     

    3. J.C.Martens Le modèle algérien de développement : bilan d’une décennie, Édition SNED Alger 1973. P.277.

     

    4. P. Bourdieu Question de sociologie, édition Minuit Paris 1973 P.251

     

    5. S. Koulitchizk Y L’autogestion, l’homme et l’Etat : l’expérience Algérienne, Édition Mouton 1974 P.32

     

    6. Préambule du premier plan quadriennal 1970-1973 Alger 1970

     

    7. J.C Martens OP .Cit Page 53

     

    8. D. De Bernis in Economie Maghrébine, collectif CRESM-CNRS 1971

     

    9. D De Bernis Industrie lourde, industrie légère, in industrialisation du Maghreb édition Maspero 1963

     

    10. B. Semmoud Contribution à l’étude de la structure et de la formation des conflits collectifs de travail dans l’industrie Algérienne, Annuaire de l’Afrique du Nord P.132.

     

    11. Ahmed Benbitour L’expérience Algérienne développement 1962-91 leçons pour l’avenir, édition ISGP Alger 1992 P.23-24

     

    12. A. Bouyacoub La gestion de l’entreprise industrielle en Algérie, édition OPU 1987 P.10-11

     

    13. M.E Benissad, Economie de développement : sous-développement et socialisme, 2éme édition OPU Alger 1982 P.147

     

    14. In Perspective n° 34 semaine du 5 au 11-12-91

     

    15. M.E Benissad Op .cit.157-165

     

    16. La conception socio-dynamique du bien commun met l’accent sur la sécurité, la culture, le niveau de vie, la liberté et le droit à plus de bien-être. Lire J.C Fauvet et Xavier Stefan La socio-dynamique un art de gouverner, édition organisation Paris 1983 page 123.

     

    17. Ahmed Benbitour Op cit. P.41

  • Algérie-qatar une relation d'amouret interet entre l' emir et boutef mais pas le peuple

     

    Une relation et des interrogations

    Par : Farid Belgacem

    Le Qatar, un petit pays du Machrek, se déploie sur tous les fronts. Le Printemps arabe et les révolutions chaotiques qui s’ensuivent semblent conforter la position des Qataris qui multiplient sorties, démarches, présence, voire même interventionnisme dans les pays arabes sans exclusive. La visite éclair, voire l’escale  du Premier ministre du Qatar, ministre des Affaires étrangères, Cheikh Hamad Bin Jassim Bin Jaber Al-Thani, en Algérie remet au goût du jour cette question : quelle relation voudrait développer le Qatar avec l’Algérie à l’ombre de ce qui se trame, au quotidien, en Libye, en Syrie, en Égypte, en Tunisie et autres foyers de tension, comme le Mali et le Niger où Al-Qaïda frappe, kidnappe et menace la sécurité et la stabilité de toute la région ? Reçu par Bouteflika à la résidence Djenane El-Mufti, le Cheikh, porteur d’un message, dont on ignore le contenu, s’est limité à dire que cette visite concerne “les relations bilatérales et les moyens de les consolider ainsi que les préparatifs d’une visite au cours de laquelle seront annoncés plusieurs projets entre les deux pays frères”. Seul sujet inhérent au monde arabe et évoqué par l’hôte du chef de l’État, la Syrie constitue, selon lui, “une des questions les plus importantes pour les deux pays et pour le monde arabe et dans le cadre des décisions de la Ligue arabe”. Les observateurs diront qu’il y aurait un semblant de tentative du Qatar de domestiquer l’Algérie. Ce qui n’est pas le cas, dans la mesure où l’Algérie a exprimé ses positions diplomatiques concernant le Printemps arabe et la place que voudrait occuper le Qatar qui a misé sur le démantèlement des régimes des Ben Ali, Kadhafi et autre Moubarak. D’autres pensent qu’il y aurait un pacte de non-agression entre les deux pays “amis” et “frères” et que Bouteflika jouirait de privilèges chez les monarchies du Golfe. Aujourd’hui, le Qatar semble limiter ses démarches au seul plan de la coopération économique, l’investissement et les échanges d’avis sur l’avenir du monde arabe. La nomination de Brahimi en qualité de médiateur dans la crise syrienne semble échapper au Qatar, un pays qui soutient la logique des Occidentaux et qui exprime clairement la vision des monarchies du Golfe. Du reste, l’Algérie demeure un pays qui a toujours basé sa stratégie sur la non-ingérence dans les affaires internes d’autres pays. En somme, un pays consultant et consulté. C’est selon… HB

  • Le choc des civilisations… décadentes

    Par : Mustapha Hammouche

    La longue bande-annonce de ce navet provocateur traîne sur la Toile depuis deux mois sans retenir l’attention, même sous-titrée en arabe. Ce film d’horreur vient de se traduire dans la réalité par des manifestations de violence qui ont occasionné l’assassinat, qu’il ne peut justifier, d’un ambassadeur et de fonctionnaires américains en Libye.
    Le pasteur incendiaire de Grenville, qui s’est déjà illustré en organisant un autodafé du Coran, en est le principal promoteur. Il ne s’agit point de simple opinion sur les effets culturels de l’islam ou sur la personnalité de son Prophète : l’intention du “réalisateur”, de ses sponsors et promoteurs de provoquer et d’insulter les musulmans ne fait aucun doute. L’agent immobilier qui s’est improvisé réalisateur “pour la cause” ne s’en cache pas, lui qui traite l’islam de “cancer” en revendiquant son statut de “juif israélien”.
    Pendant tout ce temps, des puissances, dont les États-Unis, qui ont la capacité et le souci de surveiller les flux Internet à travers la planète, n’ont rien fait pour désamorcer une telle bombe.
    La secrétaire d’État américaine, par courage ou par calcul politique, a dénoncé l’atteinte à une religion en même temps que l’assassinat de l’ambassadeur des États-Unis en Libye et de ses collaborateurs. Mais l’Amérique, qu’Israël soumet à ses desiderata, par son influence électorale décisive, a-t-elle latitude de concevoir sa politique autonome envers l’islam et le monde musulman ? Rien n’est moins sûr. Paradoxalement, la superpuissance qui tient en dépendance plus ou moins entière la majorité des États des pays dits arabes ou musulmans, subit, à travers sa sociologie électorale, la pression permanente d’Israël. Pendant que le “juif israélien” de Californie diffuse des images et des dialogues qui défient les musulmans dans leur foi, Netanyahou enchaîne Obama au téléphone une heure durant pour lui arracher une clarification sur les conditions d’intervention militaire américaine contre l’Iran.
    L’Islam, comme institution, ne dispose pas d’autorité pour le défendre contre les affronts qu’il viendrait à subir ; la guerre des doctrines déchire les populations dans sa sphère de dominance. Et les États des pays musulmans sont affaiblis structurellement par les déchirements internes et politiquement par l’obsolescence de leurs régimes despotiques et stériles et par l’influence grandissante de l’islamisme belliqueux. Celui-ci constitue la seule manifestation politique perceptible du monde musulman par un monde libéral asservi à un Israël tout aussi hégémonique et belliqueux.
    En renonçant à ses responsabilités devant la tragédie des Palestiniens, par parti pris et par calcul électoraliste, la démocratie occidentale, où la moindre récession économique se transforme en crise nationalo-identitaire, nourrit la régression politique dans le monde musulman. La guerre arrangeant plus que la paix les affaires d’Israël, ses apôtres ne cessent de souffler la haine qui, là-bas, porte au pouvoir les extrêmes droites racistes, les gauches pro-sionistes, les “T-party” xénophobes, et les islamophobes effarouchés.
    La première victime de cette impasse violente, on la voit, encore une fois, dans les pays du Printemps arabe, c’est la perspective démocratique dans le monde musulman. Le “choc des civilisations” sera peut-être déclenché par leurs formes les plus dégradées.

  • Les chantiers keynésiens

     

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    Recul, ouverture, prise de conscience ou pas ? Il n’y aura pas de démenti de Amar Belani cette fois : Abdelkader Kherba, du Comité de défense des chômeurs, a bien été libéré à la grande joie de tous les militants et défenseurs des droits de l’homme. Mais cinq des prévenus qui avaient monté le fameux mur d’El Frine sur la RN44, près d’El Kala, ont été gardés en prison malgré leur âge et leur qualité d’anciens moudjahidine. Etant des sexagénaires, faut-il penser que les jeunes seront, à partir de ce nouveau gouvernement, mieux traités que les vieux ? Il est trop tôt pour le dire, mais l’on pourrait imaginer que pour donner un peu de sens à ce lifting et gagner l’adhésion d’une jeunesse blasée et déjà vieille, le gouvernement se mettra bientôt à financer l’immigration clandestine, légaliser le cannabis, subventionner les produits de première nécessité comme le gel et la mayonnaise et instaurer 7 journées de championnat national de football
    par semaine.

    Sauf qu’en réalité, le gouvernement n’a pas vraiment rajeuni ; M. Sellal est plus vieux que son prédécesseur et, comme dans l’ancien staff, tous les ministres sont nés avant 1962 — plus vieux donc que leur propre pays —, à part une exception pour confirmer la règle, le nouveau ministre de la Pêche et des Ressources halieutiques, un jeune homme de 45 ans. Si c’est ce qui manque d’ailleurs au vieillissant — de la pêche, du punch, de la vigueur et de l’imagination — il faut pourtant bien remarquer que les vieux, quand ils ne sont pas au pouvoir et se mettent en colère comme dans le cas d’El Frine, construisent des murs. Les jeunes, dans la plupart des cas, préfèrent les détruire. C’est tout le paradoxe : les autorités détruisent en réaction les murs et mettent les vieux en prison, avant de construire d’autres murs et relâcher les jeunes qui vont détruire d’autres murs. Vaste chantier qui, paradoxalement, ne crée pas d’emplois. A part pour M. Sellal, qui va vraiment avoir du travail.

     

    Chawki Amari
  • israel seme la tempete et les usa recolte un embassadeur tué!! a cause de ces va-nu pieds,ces apatrides à qui leur prophete moise les a abadonner..r

    L’ambassadeur et trois fonctionnaires US en Libye tués

    Un film anti-Islam met le feu aux poudres

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    ls

     

    Des centaines de personnes ont manifesté, hier, dans plusieurs pays arabes contre un film jugé insultant envers l’islam, qui a déjà provoqué une attaque contre l’ambassade américaine en Libye, faisant quatre morts, dont l’ambassadeur.

    Ce dernier et trois fonctionnaires ont été tués, mardi soir, dans une attaque armée contre le consulat à Benghazi, en Libye. Ce film, réalisé par un Israélo-Américain, avait donné lieu également à une manifestation devant l’ambassade américaine au Caire, lors de laquelle des protestataires avaient remplacé le drapeau américain par un étendard islamique. La mort de l’ambassadeur illustre, une fois de plus, l’incapacité des autorités libyennes à assurer la sécurité dans le pays, où des milices armées font la loi, près d’un an après la chute du régime de Mouammar El Gueddafi. Elle intervient également alors que le Congrès général national (CGN), la plus haute autorité politique du pays, devait élire hier le chef du gouvernement, dont la principale tâche sera justement de mettre en place une armée et une police professionnelles. Ce film a ainsi pu mettre le feu aux poudres en Libye, mais pas seulement, puisque la contestation, certes pacifique, s’est propagée dans plusieurs pays.

    En Tunisie, une centaine de militants salafistes, hommes et femmes, portant les étendards noir et blanc de cette mouvance, se sont massés sur le bord d’une route, en face de l’ambassade des Etats-Unis, située sur les berges du Lac nord (10 km au nord de Tunis). Ils ont dénoncé le film américain Innocence of Muslims (L’innocence des musulmans), qui se veut une description de la vie du prophète Mahomet et évoque notamment les thèmes de l’homosexualité et de la pédophilie. Il est signé par un Israélo-Américain qui décrit l’islam comme un «cancer». Des renforts policiers étaient déployés, tandis qu’un véhicule militaire montait la garde et des motards patrouillaient autour de l’ambassade, un bâtiment casemate habituellement très sécurisé. Au Maroc, entre 300 et 400 personnes ont manifesté à proximité du consulat des Etats-Unis à Casablanca, la plus grande ville du pays, a constaté un photographe de l’AFP. Ces manifestants, des jeunes dans leur grande majorité, se sont regroupés à 200 m du consulat, sous forte présence policière, d’après la même source.

    L’appel à manifester avait été lancé de manière spontanée, sans intervention d’une organisation, et s’est propagé via les réseaux sociaux, notamment. Virulents, les jeunes scandaient «Mort à Obama», mais aucun incident n’a été déploré, selon le photographe de l’AFP. Plusieurs centaines de personnes ont également manifesté devant l’ambassade des Etats-Unis à Khartoum, a indiqué un responsable à l’ambassade, en assurant que personne n’était entré dans l’enceinte du bâtiment. Les manifestants, rassemblés à l’initiative d’un groupe se présentant sous le nom de Jeunes Soudanais, «réclamaient des excuses immédiates et le retrait imminent de la vidéo de YouTube». Ils exprimaient également leur mécontentement à propos de la position du pasteur américain très controversé, Terry Jones, qui a défendu le film, selon ce responsable. Dans les Territoires palestiniens, des dizaines de personnes ont manifesté à Ghaza contre les Etats-Unis, brûlant des drapeaux américains.

    Les participants ont incendié, devant le siège de l’ONU à Ghaza, des drapeaux américains et des photos du pasteur Terry Jones qui avait brûlé en public un exemplaire du Coran. «Ce film est la preuve manifeste qu’il y a une politique occidentalo-sioniste pour insulter l’islam de toutes les manières possibles», a déclaré à l’AFP un des organisateurs du rassemblement, Khaled Al Azzabat. Un porte-parole du Hamas, qui gouverne la bande de Ghaza, Fawzi Barhoum, a condamné sur sa page facebook «la diffusion d’un film contre notre prophète Mahomet, un acte honteux, raciste et offensant pour tous les musulmans du monde», y voyant «le produit de la culture de haine des musulmans incarnée par la politique américano-sioniste». Des extraits de Innocence of Muslims, un long métrage américain à petit budget, avec des costumes d’amateur, un scénario confus et des décors artificiels ont été diffusés sur internet ou des chaînes de télévision privées burs-feb/cco.                                             
     

    R. I.
  • L’Ambassade US à Alger met en garde les Américains, évoque des appels à manifester

    Après la mort de l’ambassadeur américain en Libye

     



    L’Ambassade des États‑Unis à Alger a mis en garde, ce mercredi 12 septembre, les ressortissants américains afin d’éviter tout déplacement non indispensable, évoquant des appels à manifester après l’attaque du consulat américain à Benghazi en Libye, rapportent les médias américains. Dans un message urgent adressé aux ressortissants américains en Algérie, l’ambassade US explique que des groupes non identifiés ont lancé des appels via les réseaux sociaux pour organiser des manifestations devant les bureaux de l’ambassade à Alger.

     

    Dans la soirée de mardi, l'ambassadeur américain en Libye, J. Christopher Stevens, ainsi que trois autres membres de l'ambassade ont été tués dans l'attaque du consulat américain à Benghazi. Le président américain Barack Obama a confirmé la mort de l’ambassadeur américain. Les circonstances de l’attaque divisent toutefois : s’agit‑il de manifestations spontanées contre la diffusion, aux États‑Unis, d’un film jugé offensant pour l’islam ou d’une opération menée par Al‑Qaida ?
  • Alger se contente d’un message de condoléances au président Obama

    Un conseiller du ministre des Affaires religieuses s’interroge sur l’alerte lancée par l’ambassade US



    Un message de condoléances du président Abdelaziz Bouteflika à son homologue américain Barack Obama. C’est la seule réaction officielle algérienne au lendemain de l’attaque contre le consulat américain à Benghazi en Libye qui a fait quatre morts, dont l’ambassadeur des États‑Unis en Libye. L’Algérie n’a pas non plus réagi officiellement à l’alerte lancée mercredi matin par l’ambassade américaine à Alger. Celle‑ci a mis en garde les ressortissants américains afin d’éviter tout déplacement non indispensable en Algérie, évoquant des appels à manifester après l’attaque du consulat américain à Benghazi en Libye (lire). L’attaque est intervenue après la diffusion sur Internet, aux États‑Unis, d’un film islamophobe.

     

    Mais Ada Felahi, conseiller du ministre des Affaires religieuses, a jugé cette alerte américaine « exagérée ». « L’Algérie n’est pas la Libye », explique‑t‑il dans une déclaration à TSA. Selon lui, « la société algérienne n’a aucun problème, ni avec le peuple américain, ni avec les institutions officielles de ce pays ». Dans ce contexte, estime‑t‑il, les craintes de la représentation diplomatique américaine sont « exagérées » et « démesurées ».

     

     

    Notre source se veut rassurante : les violences enregistrées ces deux derniers jours et les attaques perpétrées contre les représentations diplomatiques américaines, aussi bien en Libye qu’en Égypte, ne risquent pas d’atteindre l’Algérie. Avant de s’interroger sur les motifs de cette réaction. « Dès son arrivée en Algérie, l’ambassadeur des États‑Unis à Alger, Henry S. Ensher, a rencontré le ministre des Affaires religieuses, Bouabdallah Ghlamallah. Les deux hommes ont eu une longue discussion sur le dialogue entre les religions et le respect de la pratique des cultes pour les non‑musulmans en Algérie », souligne‑t‑il. Le diplomate américain, qui a eu, depuis, l’occasion de visiter plusieurs wilayas, « a constaté, selon nos échos, que l’Algérien, et contrairement à ce que certains veulent laisser croire, est un homme de paix », poursuit M. Ada.

     

     

    Ada Felahi, qui condamne le recours à la violence quels que soient ses motifs pour régler des problèmes, met les autorités politiques américaines devant leurs responsabilités. « Alors que les intellectuels et les hommes de religion insistent sur le dialogue interreligieux, l’on assiste de leur côté à une série de provocations contre les sentiments des musulmans »,  déplore‑t‑il. Il se dit convaincu qu’une intervention des politiques pourrait « corriger les choses ».

     

     

    Les autorités algériennes, fait-il remarquer, veillent à éloigner les mosquées des discours extrémistes. « Nous n’avons pas besoin de donner des instructions particulières cette semaine à nos imams avant la prière de vendredi. L’extrémisme est banni des mosquées », a‑t‑il conclu. 
  • on vous le dit:l'algerie est une dictature

     

    Disparitions forcées

    Nouvelle condamnation de l’Algérie par le Comité des droits de l’Homme de l’ONU



    L’ONG Trial, à l’origine notamment des poursuites contre Khaled Nezzar en Suisse, a annoncé, ce mercredi 12 septembre, avoir obtenu la condamnation de l’Algérie par le Comité des droits de l’Homme, dans l’affaire de la disparition forcée de Kamel Rakik en 1996. L’association, qui représente dans cette affaire la mère de Kamel Rakik, Yamina Guezout et les deux frères Abdelrahim et Bachir Rakik, avait saisi le Comité au mois de novembre 2007. Les auteurs de la "communication" auprès de cette instance demandaient « au Comité de reconnaître que Kamel Rakik a été victime de disparition forcée, un crime qui porte atteinte aux droits les plus fondamentaux garantis dans le Pacte international relatif aux droits civils et politiques ».

     

    La demande portait aussi sur des faits de violences et tortures lors de sa détention. La famille de l’Algérien disparu demandait enfin que  « soit reconnue une violation envers eux pour les souffrances psychologiques endurées depuis tant d’années d’incertitude sur le sort de leur fils et frère »

     

     

     

    Tous les faits reconnus par le comité

     

     

     

    Dans sa décision rendue le 4 septembre dernier, le Comité des droits de l'Homme a retenu l’essentiel des demandes formulées par l’intermédiaire de Trial. Le Comité a notamment enjoint à l'Algérie de « mener une enquête approfondie et rigoureuse sur la disparition de Kamel Rakik », de fournir à sa famille « des informations détaillées quant aux résultats de son enquête », de le libérer immédiatement s'il est toujours détenu au secret ou de restituer sa dépouille à sa famille en cas de décès.

     

     

     

    Le Comité insiste par ailleurs sur l'obligation qu'a l'Algérie de « poursuivre, juger et punir les responsables des violations commises ». Il est également demandé à l'Algérie  d’indemniser de « manière appropriée » la mère et les frères de la victime pour les violations subies

     

     

    L’affaire n’est pas close

     

     

    Que peut-on attendre d’une telle décision ? Juridiquement, cette condamnation n’est pas contraignante pour l’État algérien. C’est la huitième fois que l’Algérie est condamnée pour des faits similaires d’enlèvement et de disparition.

     

     

    Cependant, l’entrée en vigueur, le 23 décembre 2011, de la convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées a changé la donne. Les auteurs de ces crimes, qui entrent dans la catégorie des crimes contre l’humanité, restés impunis, peuvent théoriquement être interpellés sur le sol de l’un des États qui ont ratifié la convention.
  • Exclusif S.R : Entretien avec le colonel Med Samraoui : « L’Algérie est un pays sans souveraineté. »

     

    Le Colonel Med Samraoui, opposant algérien en exil nous livre dans cet entretien exclusif la lecture qu’il fait de la situation politique qui domine le pays, notamment après le scrutin du 10 mai dernier.

     

    Radjef Said : Bonjour mon colonel, quatre mois après le scrutin du 10 mai, quelle projection portez vous sur les rapports de force qui dominent la scène politique nationale ? Plus globalement, quelle est la situation dans le pays ?

     

    Colonel Med Samraoui : Les rapports de force n’ont pas changé, Bouteflika comme il l’avais promis en 1999 est là pour rassurer et conforter le pouvoir militaire qui détient toujours l’exclusivité dans toutes les prises de décision.

     

    Les résultats du scrutin que certains voudraient à tout prix interpréter comme la victoire d’un clan sur un autre ne sont au mieux que le reflet de rivalités d’antichambres entre seconds couteaux et des signaux forts à ceux qui auraient été tentés par des pronostics liés au printemps arabe.

     

    Ils sont l’expression même de la non vie politique en Algérie où les jeux de rôles se résument à des permutations au sein d’une même broche. Le tout étant de préserver le statut quo et la suprématie du militaire.

     

    Les taux de participation lamentablement bas, la victoire de beaucoup de listes FLN avec à peine 5% des voix sont autant d’éléments qui renseignent une fois de plus que le pouvoir ne s’encombre plus d’essayer de simuler une vie politique, bien au contraire il en est presque à s’enorgueillir, cela lui permet d’avilir encore plus sûrement tous ceux qui s’aventurent encore sur le terrain politique des élections.

     

    RS : Selon vous, pourquoi face à cette situation chaotique que vous décrivez les élites restent-elles dispersées et peinent-elles a se rassembler ?

     

    M.S : Il faut qu’on définisse clairement la notion d’élites avant de répondre à la question car beaucoup de ceux qui se présentent comme tels sont apparus sur la scène publique et ont été portés à des postes clés parce que justement ils se sont non seulement identifiés à la dictature, mais ont appelé les chars pour assurer la continuité et la préservation du pouvoir.

     

    Ils se faisaient appeler éradicateurs en référence à la lutte anti-terroriste et anti-islamiste mais on voit bien aujourd’hui que cette mouvance qui pioche dans toutes “colorations politiques” (de gauche, de droite et même islamisto-conservatrices) n’a pour seul objectif que de servir et de défendre le pouvoir des militaires y compris dans son expression la plus criminelle en s’érigeant aujourd’hui par exemple, comme les défenseurs de Khaled Nezzar contre toute poursuite judiciaire pour crime de guerre.

     

    Les autres élites, faute de liberté d’expression, faute d’une presse indépendante, faute d’un cadre politique agissant sans les interférences du DRS, faute d’engagement politique clair et sincère, au mieux ne peuvent s’exprimer que dans le cadre des libertés académiques “autorisées”, c’est-à-dire sans audience véritable et donc sans impact ; nos élites lorsqu’elles ne sont pas directement recrutées par le DRS et ses relais, ont majoritairement succombé aux privilèges quand elles n’ont pas été neutralisées en amont par la peur d’une répression féroce et aveugle d’un pouvoir criminel qui torture, assassine et emprisonne.

     

    Pour le reste, ces 20 ans de mensonges, de manipulations et de répression ont eu raison de toutes nos capacités morales et intellectuelles et l’incompétence qui règne de pair avec la vassalité à travers toutes les charpentes de la société a étouffé les élites en propulsant la médiocrité, le brigandage et la prévarication partout où la résistance par la simple réflexion pouvait sévir : l’école, les universités, les partis….la rue

     

    RS : Dans ce cas, quels sont les risques d’une explosion sociale incontrôlée et surtout appréhendez vous un scénario à la libyenne, étant donné la crise financière qui menace de plus en plus l’Union Européenne ?

     

    MS : Les risques d’une explosion sociale ne sont jamais nuls, mais qu’on s’entende bien, des émeutes sur fond social, l’Algérie en connaît depuis plus de dix ans, elles sont à chaque fois l’expression plus d’une colère que d’une volonté réelle de changement et cela le pouvoir l’a compris et ne cesse de jouer avec la carotte et le bâton.

     

    Quant au scénario Libyen appliqué à l’Algérie il faut bien mesurer que l’Algérie n’est pas la Libye en terme de richesse, de démographie et surtout d’inimitié envers l’OTAN et l’occident.

     

    Quoi qu’on dise Kadhafi a payé le prix d’une souveraineté qu’il voulait pour son pays et pour les pays Africains, il l’a compris trop tard et a cru pouvoir le réaliser, comme tout autocrate sans associer son peuple.

     

    L’Algérie est un pays sans souveraineté, notre gouvernement ne peut même plus s’exprimer à propos d´évènements se passant sur ses frontières, encore moins agir, pourtant et malgré toutes ces servilités (Africom, placements de la rente pétrolière en bons du trésors US, ouverture sauvage aux marchés, dévaluation du Dinar …) les multinationales ne contrôlent pas totalement nos puits et Sonatrach qui a des vues par exemple sur le Sahel continue de gêner les hégémonies et les appétences de ces groupes qui dictent les politiques et les guerres.

     

    Un scénario à la Libyenne ou à la Syrienne n’est pas impossible mais pas dans l’immédiat et surtout pas avec l’opposition Algérienne dans sa configuration actuelle, aussi bien celle de l’étranger marquée du sceau islamiste-FIS que celle de l’intérieur souvent noyautée par le DRS (lorsqu´elle n´est pas le fruit de ses laboratoires) et imprégnée par l’idéologie anti-islamiste. On comprend mieux d’ailleurs pourquoi il est essentiel pour la survie du pouvoir de maintenir cette version dévoyée de la réalité Algérienne, à savoir qu’il n’y a de débat, de combat politique et de choix pour ce peuple que dans ce manichéisme : les islamistes ou les militaires. Toute option intermédiaire est vouée á l´abjection et condamnée á l´opprobre. Le cas du « contrat de Saint Egidio » en est la parfaite illustration.

     

    Enfin, il ne faut jamais oublier que les généraux Algériens ont fait ce que ni Kadhafi ni Bachar n’ont été en mesure de conduire, n’ont-ils pas mené une guerre contre leur peuple pour “protéger” l’occident ? Et cela, la France qui aurait pu, pour reprendre les propos d’un dafiste, avoir une république islamique à une heure de Marseille, ne saurait l’oublier.

     

    RS : Dans ce cas que faire ? Que faudra t-il faire pour en finir avec cette option « du tout sécuritaire » qui expose l’avenir du pays à tous les dangers et à tous les risques de démembrement de l’unité nationale ?

     

    MS : Il n’y a pas de formule magique, c’est au peuple de se prendre en charge, de réaliser sa force, d’en découdre avec la peur, la revendication par la colère et la casse et de comprendre que ce pouvoir de criminels qui tue l’espoir n’est pas aussi puissant qu’on l’imagine.

     

    Le peuple doit sortir des logiques de tutelles, aussi bien celles du pouvoir que celles des partis. Il est temps que les Algériens se réapproprient leur pays et comprennent que seul un état puissant et souverain pourra les aider.

     

    Je dois malheureusement ajouter que la liberté a un prix, elle ne s´offre pas, il faut donc agir avec un bon dosage de sagesse et de détermination, savoir guider le peuple pour ne pas verser dans la haine, la violence et la vengeance,…, en un mot assumer une responsabilité sans arrière pensée et sans calcul en vue de sortir le pays du marasme et le remettre sur la voie ébauchée par l´appel du 1er Novembre.

     

    Il est vrai qu´à long terme, si aucun sauvetage n´est entrepris, si les gangs s´érigent en alternative, si l´informel prend le dessus sur l´état, si l´injustice et la corruption ne cessent pas, il est á craindre que les foyers de tension que l´on connaît ça et là risquent de mener à un démembrement de l´Algérie. La menace est bien réelle et nous avons l´obligation d´agir avant qu´il ne soit trop tard. Le seul remède est que les opposants sincères mettent leurs divergences idéologiques de côté et s´assoient autour d´une table en vue d´élaborer un projet consensuel qui n´exclura aucun algérien et qui respectera les diversités algériennes.

     

    RS : Accepteriez-vous de vous asseoir avec d’autres forces politiques dont vous ne partagez pas la philosophie d’existence pour faire accélérer l’option d’un changement pacifique ?

     

    MS : Il n’est pas question d’un cercle d’amis mais de l’avenir d’un pays et d’une nation pour laquelle nos parents sont morts.

     

    La seule condition que je pose est qu´aucun participant de quelque force politique que ce soit ne doit imposer ses vues, en se considérant comme représentant de Dieu ou comme le dépositaire de la Révolution, nonobstant le fait que ceux qui ont cautionné, couvert et encouragé le crime, ceux dont la seule philosophie a été de terroriser ce peuple et de le rabaisser ne peuvent prétendre á la participation á une œuvre de redressement.

     

    On ne fait pas de politique avec ceux qui ont été portés et maintenus par les chars, ceux qui ont mis le pays à feu et à sang, manipulé et crée des groupes armés, détruit l’économie du pays et tué l’espoir de toute une jeunesse.

     

    RS : J. Attali, dans son dernier ouvrage ou il s’est inquiété de l’avenir des pays du tiers monde et des pays émergents, a posé cette lancinante question : « Qui gouvernera demain le monde ? ». Que vous inspire cette interrogation ?

     

    MS : Attali sait que les prédateurs de la planète sont une poignée de plus en plus réduite et de plus en plus soudée.

     

    Les états sont appelés à perdre de plus en plus de souveraineté et les élus des nations occidentales, présidents compris risquent de devenir de simples fonctionnaires chargés d’appliquer les instructions et les injonctions de supra banques, de supra armées, voire d’un supra état, c’est dans cette configuration que les plus “faibles”, pas seulement au sens économique, sont sans doute appelés à disparaître sous la botte d’une gouvernance régionale déjà choisie.

     

    Pour comprendre l´idée d´une gouvernance mondiale, il serait nécessaire de s´étendre sur les origines des sociétés secrètes comme la Franc Maçonnerie, les « illuminatis » ou les « Skull and Bones », qui soutiennent toutes le principe d´une suprématie élitiste.

     

    L´ouvrage « Le pouvoir occulte américain » d´Anthony Sutton est très révélateur sur les familles fortunées qui dictent la politique des Etats-Unis et qui ont la mainmise sur les postes clés de l´administration, des finances et de la politique US. Comme par hasard toutes ces élites qui prônent une gouvernance mondiale, affichent aussi un attachement inconditionnel au sionisme mondial. Or aujourd´hui l´OTAN est devenu le bras armé de ce pouvoir occulte.

     

    Par ailleurs, il est utile de souligner que le même lobby poussé par le gout du sang qui a financé les deux guerres mondiales, n´est autre que celui qui est derrière la création de l´état d´Israël, qui prêche le choc des civilisations, qui a envahi et pillé l´Irak et qui impose des marionnettes lorsqu´il juge que tel ou tel régime est hostile á ses intérêts.

     

    Et si l´on ajoute le contrôle total des médias, le rôle des « spin doctors » dans la justification et la banalisation de tel ou tel crime (droit d´ingérence, atteinte á ceci ou cela, et tutti quanti…) alors oui, il y a de graves menaces qui pèsent sur les pays qui ne se plient pas aux diktats des cartels de la finance et du pétrole.

    Entretien réalisé par Radjef Said

  • Il est a l’origine de la rumeur sur la mort de Bouteflika

     

    Allain Jules traité de "sale nègre"



    Le journaliste-blogueur à l’origine de la fausse information  sur le décès clinique du président Abdelaziz Bouteflika en Suisse, Allain Jules, s’est plaint dans un écrit publié sur son blog d’insultes racistes dont il a été l’objet de la part d’Algériens. Ceux‑ci lui ont envoyé des  messages à travers Twitter, Facebook, mail et posts blog.

     

    Il a publié « un petit florilège » d’insultes et de menaces de mort qu’il a reçues : « Avec ta sale couleur », « sale nègre », « journaliste de merde », « Tu es sale comme ta couleur », « Je suis de Marseille et je monte à Paris te faire la peau », « Allain, on peut voir le chèque que t’a reçu de Tab Jnanou III ? [surnom donné au président Bouteflika après le discours de Sétif en avril 2012, NDLR]) C’est juste pour voir la somme d’argent »…

     

     

    « Un petit florilège qui m’a bien fait rire de bon cœur, comme à mon habitude. J’ai surtout ri de ceux qui me traitaient de sale nègre et les mêmes qui se réjouissent des exploits du gardien nègre des Fennecs [Équipe nationale algérienne de football], Adi Raïs M’Bolhi‑Ouhab. Comme le dit Claire Martin : "Le racisme est bien l’infirmité la plus répugnante parmi les diverses laideurs de l’humanité" », a écrit Allain Jules en publiant une vidéo du gardien de but des Verts.

     

     

    Faisant son mea culpa sur la propagation d’une fausse information, le journaliste français d’origine camerounaise a promis d’écrire au chef de l’État algérien pour s’excuser. « Je  vais donc adresser une petite missive au président de la République algérienne. Je vais passer outre les démarches habituelles et posterai ce courrier une fois de retour à Paris. Je sais qu’ici à Milan, puisque je suis un vieil ami de l’Algérie, il y a un consulat général mais, je n’ai pas l’adresse et mon emploi du temps assez serré ne me permettra pas de m’y rendre », écrit‑il encore.

     

     

    Selon lui, Bouteflika a demandé à ce qu’on n’entreprenne aucune démarche contre le journaliste. « Puisque je ne me suis pas que fait des ennemis, et considérant que la plupart de mes nouveaux amis Algériens comprennent bien les subtilités de la langue française comme leur président, qui sait ce qu’est le conditionnel, ils m’ont aussi rapporté que le président Abdelaziz Bouteflika a déclaré lors d’un dîner avec quelques proches et des invités, avec un humour qui a causé l’hilarité de tous : "Je vous confirme les rumeurs annonçant mon décès" », rapporte Allain Jules.
  • Gestion de la communication officielle

     

    Chawki Amari s’interroge sur le rôle d’Amar Belani, qui répond sur Twitter



    Il est la voix autorisée du ministère des Affaires étrangères. Depuis samedi dernier, en démentant officiellement sur TSA les rumeurs sur l’état de santé du président Abdelaziz Bouteflika, Amar Belani, porte‑parole des AE, est au cœur de beaucoup d’interrogations dans la presse. Il est vrai que c’est la première fois qu’un responsable algérien dément officiellement une rumeur sur la santé du chef de l’État. Un sujet presque tabou !

     

    La critique la plus directe du rôle d’Amar Belani est l’œuvre de Chawki Amari. Ce mardi, le célèbre chroniqueur du quotidien El Watan, dans une chronique intitulée Amar Belani le démenteur, a reproché au porte‑parole du ministère des AE d’être un « démenteur professionnel ». Et d’énumérer les nombreux démentis de M. Belani : sur la Libye, le Maroc, les otages algériens en Somalie, la Syrie, le sommet de l’UMA et bien sûr, le dernier, sur l’état de santé du président Bouteflika. Avant de conclure sur une interrogation : « Amar Belani, l’homme le plus puissant du pays ? On attend son démenti ».

     

     

     

    Le "démenti" d’Amar Belani est venu, ce mardi après‑midi, sur le réseau social Twitter. Sur son compte, le porte‑parole du ministère des Affaires étrangères choisit l’humour pour répondre au chroniqueur d’El Watan : « @chawki amari je n’ai pas boudé mon plaisir en lisant ta chronique du jour même si je dois confesser que j'éprouve quelques scrupules égocentriques à démentir que je suis l’homme le plus puissant du pays. En fait, entre vaillant bonimenteur et démenteur infatigable, il me plaît de choisir le second. Définitivement ! »

     

     

  • .ceux

    L’émir du Qatar bientôt en Algérie

    Sonia Lyes

    L’émir du Qatar, cheikh Hamad Ben Khalifa Al Thani, se rendra bientôt en Algérie, a laissé entendre, ce mardi 11 septembre à Alger, le Premier ministre et ministre des Affaires étrangères qatari, Cheikh Hamad Bin Jassim Bin Jaber al‑Thani. « J'ai transmis au président Bouteflika un message de l'émir de l'État du Qatar, Cheikh Hamad Ben Khalifa al‑Thani concernant les relations bilatérales et les préparatifs d'une visite au cours de laquelle seront annoncés plusieurs projets entre les deux pays frères », a déclaré le Premier ministre à l’issue de ses entretiens avec le président de la République, sans donner de détails sur ces projets. Le Premier ministre qatari, en visite pour une journée, a également rencontré le nouveau Premier ministre, Abdelmalek Sellal.

    Outre les relations bilatérales, le Premier ministre qatari a évoqué avec le président algérien la question de la Syrie, sur laquelle les deux pays ne sont pas sur la même longueur d’onde. Le Qatar, soutient la rébellion contre le régime syrien et réclame le départ du président syrien Bachar Al Assad. L’Algérie milite pour un règlement politique de la crise syrienne et n’exige pas le départ d’Al Assad. « J'ai écouté le point de vue du président de la République (concernant la Syrie) auquel nous accordons toujours un intérêt particulier », a indiqué le responsable qatari précisant toutefois « avoir évoqué cette question dans le cadre des décisions de la Ligue arabe ».
  • algerie livre le pays pieds et mains liés aux qataris

    Le groupe Qatari Qtel en voie d’acquérir totalement Wataniya Telecom

    Les avertissements de l’Algérie

    Par : Nabila SAIDOUN

    Djoudi, ministre des Finances a déclaré clairement que l’Algérie ferait valoir son droit de préemption.

    On n’en a pas encore fini avec l’imbroglio appelé “Djezzy”, qui n’a pas manqué de mettre à mal tout le gouvernement algérien, que nous voilà embarqués dans une nouvelle histoire avec le second opérateur de téléphonie mobile privé opérant en l’Algérie. Et c’est, bien sûr, Karim Djoudi, ministre des Finances, reconduit dans le nouveau gouvernement, qui ouvre le bal avec une déclaration “sans nuance” en guise de message d’avertissement à l’encontre de Wataniya Telecom Algérie-Nedjma.  “L'Algérie ferait valoir son droit de préemption sur la filiale algérienne Nedjma du groupe koweitien Watania Telecom si elle vendait la totalité de ses actions à l'opérateur de téléphonie mobile qatari Qtel, qui détient déjà depuis 2007 51% de son capital”, a-t-il affirmé, hier, alors qu’il est interpellé par un journaliste sur la question en marge de la septième commission algéro-qatarie qui se tient actuellement à Alger et d’insister “si Qtel rachète totalement Wataniya, donc il y a changement d'actionnariat, et s'il y a un changement d'actionnariat, il y a une règle qui s'applique, c'est le 51/49”. À rappeler que la marque commerciale  Nedjma, introduite en Algérie en 2004 sous la bannière Koweitienne Wataniya Telecom, est devenue qatarie à partir de 2007 à hauteur de 51%, soit 80% des actions de Nedjma sans que cela ne fasse réagir les autorités algériennes d’aucune manière. La présidence du Conseil d’administration (CA) de Qtel est, alors, assurée par le puissant Cheikh Abdullah Bin Mohamed Bin Saud Al-Thani qui, dit-on, dirige le groupe d’une main de fer dans un gant de velours, en plus de son aura en tant que personnage influent dans l’Émirat. En fait, le groupe spécialisé dans les télécoms n’a jamais caché ses ambitions de se hisser dans “le Top des 20 meilleures compagnies de télécoms dans le monde à l’horizon 2020” et  annonce la couleur avec l’acquisition de Tunisiana. Il est même dit que “le CA de Qtel approuve toutes les propositions de nouvelles et importantes affaires, y compris l'acquisition de filiales, de grands projets d'immobilisation et de l'acquisition ou la cession d'actifs significatifs”. Il était donc prévisible, voire une logique d’affaire tout à fait dans l’air du temps, d’apprendre aujourd’hui la ferme intention des Qataris de vouloir étendre leur actionnariat. Les autorités de régulation du Koweït auraient même donné leur feu vert à cette opération de rachat, dont le montant est estimé par les marchés boursiers à 1,8 milliards d'euros, soit 622 millions de dinars koweitiens. Pour autant, M. Djoudi a estimé qu'il est encore trop tôt pour se prononcer sur une telle acquisition. Mais le plus curieux réside dans sa démarcation. “Cette question ne se pose pas pour mon secteur, il faut voir avec les ministères des Télécommunications et de l'Investissement”, a-t-il ajouté, alors que sur le dossier Djezzy, Djoudi était le seul habilité à se prononcer sur le sujet. Ce changement serait-il lié à la nouvelle composition du gouvernement avec pour rappel que Benhamadi est reconduit dans son poste de ministre de la Poste et des Technologies de l’Information et de la Communication et c’est Cherif Rahmani  qui a été désigné à la tête de l’Industrie, des PME et de la Promotion de l’Investissement. Autre détail de taille qui peut peser dans l’échiquier demeure au niveau de la gestion même de ce type de problèmes dont les “maladresses” peuvent ternir les relations avec un autre pays et ça pourrait être le cas avec les Qataris. L’Algérie a dû tirer des leçons avec le dossier Djezzy, toujours en suspens d’ailleurs. Les spécialistes vont jusqu’à se poser des questions sur la pertinence de  bloquer, ainsi, des partenaires étrangers dans la gestion de leur patrimoine. “La règle du 51/49% a été instaurée pour mieux réguler le transfert des dividendes” nous explique un spécialiste du domaine soutenant que “du reste, ça ne peut avoir aucun autre impact” et d’insister que “c’est très naïf, voire irréaliste, de la part de nos dirigeants de croire qu’ils peuvent contrôler ou dicter la conduite (même indirectement) des filiales qui appartiennent à des groupes cotés en Bourse”. “Cela va même à contre-courant de toutes les règles de finances”, précise-t-il, et de conclure : “En continuant à évoluer dans une bulle, l’Algérie va perdre toute crédibilité.”

  • no moment

    Dilem du 09 septembre 2012

  • no moment

    Dilem du 11 septembre 2012

  • L’autoritarisme, comme programme national

     

    Par : Mustapha Hammouche

    Les propos rassurants du nouveau ministre de l’Éducation, d’ailleurs empruntés à son prédécesseur, n’y peuvent rien. Des dortoirs aménagés en salles de classe, des collèges transformés en lycées, des classes tournantes, des doubles vacations… Pour un pouvoir qui oppose réflexe à toute objection, l’ampleur de ses “réalisations” physiques, il n’a plus, ici, l’argument quantitatif : malgré des décennies d’investissements budgétisés, l’Algérie n’a pas construit assez d’écoles et formé suffisamment d’enseignants pour assurer une rentrée scolaire 2012 en ordre.
    On ne pouvait pas, peut-être, prévoir l’été particulièrement caniculaire de cette année, ni la conversion massive des Algériens au climatiseur électrique, mais on n’a pas l’excuse d’une démographie scolaire imprévisible. Pour autant, il serait inélégant de céder à la tentation de charger Benbouzid de tous les maux d’une rentrée catastrophique. Il a appliqué la politique des régimes successifs et, durant vingt ans, à la tête de l’institution scolaire, il a assuré la “continuité” de la régression scolaire malgré les “changements” de présidents et de gouvernements.
    Il faut croire que, dans le système algérien, les “changements” se limitent aux noms de responsables. Au demeurant, si le changement sanctionnait l’échec, on n’aurait eu, dans le nouveau gouvernement, un ministre de l’Agriculture reconduit pour nous annoncer… l’importation prochaine de pommes de terre et un ministre des Travaux publics maintenu alors que la réalisation emblématique, de l’autoroute est-ouest, déjà sujette à scandale de corruption, et à peine ouverte à la circulation, doit régulièrement être colmatée. On le voit, le “changement” national ne sanctionne pas l’échec antérieur ; il prépare le suivant. Sinon, on ne pourrait pas expliquer le retour de ministres révoqués dans un premier remaniement, comme Charfi ou Tebboune, dont les noms ont été même associés au scandale Khalifa. Il serait, donc, aussi injuste de faire argument de leur mauvaise gestion pour justifier l’éviction de ministres comme Ould-Abbès ou Temmar, par exemple. Ou pour expliquer le départ de Belkhadem ou celui d’Ouyahia. Dans le jeu du sérail, il n’y a pas de place pour des considérations d’efficacité managériale, mais seulement  pour des considérations d’équilibres, d’alliances et de connivences claniques.
    Les faux changements cachent mal la continuité politique du régime, une continuité tellement consacrée qu’elle ne tient même pas compte du supposé “choix” populaire exprimé par les élections législatives. Et pour que la linéarité politique du régime ne soit affectée par aucun changement qui venait à survenir dans la composante du Parlement ou de l’Exécutif, le pouvoir s’est donné un fil directeur qui engage toute force politique associée au pouvoir : la mise en œuvre du programme du président de la République. Ceci posé, en quoi se justifierait le changement, le programme en question n’ayant jamais changé : réconciliation nationale, réformes tous azimuts et relance de la croissance ?
    On sait ce qu’il en est, dans les faits, mais comme doctrine cela assure une permanence du discours unique et une  une unicité de la source d’autorité.
    Nous y sommes : c’est la le programme du pays, depuis une normalisation autoritaire de la vie publique.

  • Pourquoi les AE ?

    C’est le porte-parole du ministère des Affaires étrangères qui a répondu à la rumeur sur le décès du président.
    Une sortie pour le moins énigmatique puisque en quoi les questions relatives au président de la République relèveraient-elles des AE ?

  • algerie:justice équitable commence par une injustice corrumpue

    ELLE A ÉTÉ PROGRAMMÉE POUR MERCREDI PROCHAIN À LA COUR D’ALGER
    L’affaire Sonatrach de nouveau devant la chambre d’accusation

    C’est mercredi prochain que la chambre d’accusation près la cour d’Alger va statuer dans l’affaire Sonatrach. L’instance judiciaire, saisie par ordonnance, aura à trancher sur la suite à donner aux qualifications du juge instructeur concernant cette affaire.
    Abder Bettache - Alger (Le Soir) - Dernière ligne droite dans l’affaire Sonatrach avant que la justice ne décide de trancher définitivement. En effet, la chambre d’accusation près la cour d’Alger est appelée à examiner pour la énième fois une affaire, dont l’instruction dure depuis près de deux années. Ainsi, conformément au code de procédure pénale, la chambre d’accusation doit donner suite aux qualifications des actes «fixées» par le juge instructeur. En d’autres termes, ladite instance judiciaire aura à statuer sur les nouvelles révélations contenues dans les réponses des commissions rogatoires, qu'elle avait ordonnées au juge d'instruction pour enquêter sur les biens détenus à l'étranger par les 15 prévenus. La chambre d'accusation se trouve désormais, et ce, à la lumière de ces nouvelles conclusions face à trois options. La première est de faire l'impasse sur tout et de suivre le juge d'instruction dans la criminalisation des faits. La seconde est de rejeter les conclusions du juge et de correctionnaliser l'affaire. La dernière option est de faire en sorte d'exiger un complément d'enquête pour entendre toutes les personnes citées et non auditionnées par la juge. Parmi celles-ci, il y a Réda Hamech, l'ancien chef de cabinet de Mohamed Meziane et proche collaborateur de Chakib Khelil, ex-ministre de l'Energie et des Mines, ainsi que ce dernier. On apprend que le magistrat instructeur a réservé une fin de non-recevoir à la requête introduite par les avocats de la défense qui, indique-t-on, ont saisi le juge pour l’audition de l’ex-ministre de l’Energie, Chakib Khelil, en tant que témoin à décharge. La requête de la défense s’inscrit conformément aux articles 69 bis de la loi 06-22 du code de procédure pénal qui stipule que «l’inculpé ou son conseil et/ou la partie civile ou son conseil peuvent, à tout moment de l’instruction, demander au magistrat instructeur de recueillir ses déclarations, auditionner un témoin ou procéder à un constat, pour la manifestation de la vérité». Si le magistrat instructeur ne croit pas devoir procéder aux actes demandés, il doit rendre, dans les vingt jours suivant la demande des parties ou de leur conseil, une ordonnance motivée. A l’expiration de ce délai et à défaut d’ordonnance du juge d’instruction, la partie ou son conseil peut dans les dix jours saisir directement la chambre d’accusation qui statue dans les trente jours à partir de la saisine. Sa décision n’est susceptible d’aucune voie de recours. En somme, le juge d’instruction instruit à charge et à décharge. Il doit donc procéder à tous les actes d’information utiles, que ceux-ci soient de nature à démontrer la culpabilité ou l’innocence d’une personne. Selon des sources citées par le journal El Watan, Mohamed Meziane, sous contrôle judiciaire, et ses deux fils, en détention provisoire depuis plus d’une année, sont concernés par un nouveau chef d’inculpation lié au blanchiment d’argent. Pour cette raison, ajoutent les mêmes sources, le juge les a interrogés en mai dernier sur leurs biens immobiliers et leurs comptes ainsi que ceux de leurs épouses. Cela dit, les premières auditions des quatorze prévenus et celles d’une quinzaine de témoins sont achevées sur une lourde interrogation quant à la responsabilité politique et administrative de l’ex-ministre de l’Energie, Chakib Khelil, dans ce scandale. En effet, que ce soit l’ancien Pdg Mohamed Meziane, ses deux enfants ou les vice-présidents, Benamar Zenasni, chargé de l’activité transport par canalisation — sous mandat de dépôt —, Belkacem Boumedienne, chargé de l’activité amont — en détention provisoire — et Chawki Rahal, chargé de l’activité commercialisation — placé sous contrôle judiciaire —, il est clair que tous les actes de leur gestion étaient soumis à l’appréciation du ministre de l’Energie, expliquent nos sources, qui révèlent que Mohamed Meziane, l’ex-P-dg, «ne faisait rien sans en référer à Chakib Khelil». Même pour le cas de ses deux fils, l’un travaillant pour Saipem et l’autre pour Contel, les deux sociétés étrangères détentrices des marchés, objet de ce scandale, il en avait fait part à son ministre. Les marchés de télésurveillance pour les bases du sud du pays ne sont, en général, jamais traités uniquement par le P-dg ou ses vice-présidents. «Ils sont tous soumis à l’appréciation de Khelil, dont certains par écrit.» Le scandale Sonatrach avait éclaté en janvier 2010 et concerne des contrats de gré à gré accordés au groupe Funkwerk Plettac Contel pour des équipements de contrôle et de sécurité, et à l’italienne Saipem, où exerçaient les deux fils de l’ex-P-dg.
    A. B.

     

  • Des profs de français, pour quoi faire ?

     

    Par : Mustapha Hammouche

    “L’Algérie est le deuxième pays francophone”, nous rappelle la ministre française de la Francophonie. D’autres sources nous l’ont assuré, pour nous faire plaisir, à nous, Algériens chantres du retour à notre identité linguistique. Mais, pour une fois que nous sommes deuxième et, et non avant-dernier, d’un classement, et sans être des partisans patentés de la francophonie, nous sommes preneurs, n’est-ce pas ?
    Allez savoir comment nous avons fait pour qu’en un demi-siècle d’arabisation, d’algérianisation et de GULN, nous en sommes encore à être les seconds locuteurs de la langue de Molière… tout en manquant d’instituteurs de français !
    Et demandons à la France de nous assurer la formation d’enseignants dans la matière, à en croire toujours Benguigui qui a abordé la question avec notre nouveau ministre de l’Éducation. Mais elle en a tellement abordé, de questions, en quarante-huit heures, madame Benguigui !
    Mais bien malin qui nous dira de quoi manque l’École algérienne. Car bien malin qui nous dira quelle école le pouvoir a, un jour, voulue pour nos enfants. Depuis le scandaleux laboratoire de “l’école fondamentale” qui a donné les résultats que l’on sait et dont l’impact a fait effondrer l’université, puis les sphères économiques et culturelles, les programmes scolaires ne sont plus que le produit de dosages annuels de matières. Ces dosages “de rattrapage” sont le fruit de rapports de force idéologiques changeants : plus ou moins d’éducation religieuse, plus de français que d’anglais ou l’inverse, bilinguisme, trilinguisme…
    On appelle cette épicerie pédagogique, la réforme scolaire.
    Dès les premières années de l’Indépendance, la stratégie d’affaiblissement des esprits suspects d’être culturellement infertiles pour les germes de l’idéologie baâthiste commandait le pilonnage économique, médiatique, politique et policier des francophones, c’est-à-dire des Algériens qui ont étudié en Algérie, et non à Tunis ou au Caire. Le Parti arborait une politique d’arabisation à marche forcée, des structures de mise en œuvre budgétivores, un discours usant de l’amalgame français-colon-ennemi, un contrôle politico-policier qui traque les francophones désignés, par glissements sémantiques successifs, comme francophiles, puis pro-français, puis “ennemis de l’intérieur”… tout cela pour demander à une ministre de la Francophonie — d’origine algérienne ! — de faire apprendre le français à de futurs éducateurs d’enfants de l’Algérie “depuis déjà” indépendante, comme aurait dit Brel ?
    Que d’opportunismes politico-linguistiques ont prospéré sur de généreux budgets de structures “de généralisation de l’utilisation de la langue arabe”, dans les “sociétés nationales” et les administrations ! Que de promotions ont été obtenues sur la base du profil linguistique au détriment de l’exigence technique ou scientifique, pendant que le travail continuait à se faire en français dans les entreprises, les banques et dans bien des administrations !
    Aujourd’hui, que le débat idéologique est dépassé, que la régression en matière d’apprentissage des langues — et donc des sciences — est consommée, ce sont nos dirigeants qui sont dépassés : ils contemplent une école qu’ils ont réduite en ruine et ne savent pas quoi en faire.

  • no moment

    Dilem du 10 septembre 2012