Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

  • L’Algérie, un pays prisonnier de l’absurde (Opinion)

     

     

    Bouteflika, lors de la signature de la LF2014

    Boutef ou Toufik ? Saadani a choisi son camp. L’Algérie aussi : elle nage dans l’absurde.

     

     

    Dans une Algérie en régression morale et politique, le ridicule n’est jamais loin. L’absurde non plus. Il tend même à s’installer partout, y compris à la présidence de la république, ainsi que dans les principaux centres de pouvoir, au sein des partis et dans la nébuleuse des réseaux qui gravitent autour de la rente. Ceux qui sont supposés diriger le pays et ceux supposés décider de son sort sont en effet installés dans une situation parfaitement ubuesque : ils se chamaillent pour savoir si un homme physiquement diminué, en très mauvaise santé, incapable de se mouvoir et de participer aux forums internationaux, incapable même de se déplacer et de participer aux réunions, doit rester au pouvoir pour un mandat supplémentaire de cinq ans.

    Ces hauts responsables sont, à priori, l’élite politique du pays. Ministres, hauts fonctionnaires, officiers supérieurs, diplomates chevronnés, tous occupent des fonctions prestigieuses, roulent en luxueuse voiture officielle, touchent de salaires très élevés, et sont souvent entourés de gardes du corps et d’une multitude d’assistants formés dans les meilleures écoles. Mais ce n’est qu’une façade, car ces hauts responsables sont réduits à des considérations parfaitement ridicules, liées à une inconnue : gérer au jour le jour, en fonction de l’évolution de l’état de santé du chef de l’Etat. Ils ont oublié la politique, les projets, l’idéologie, la compétition, la démocratie. Ils sont absorbés par une seule hantise : Abdelaziz Bouteflika sera-t-il candidat ou non? Comment savoir, pour faire le bon choix, en vue de le soutenir en cas de candidature, ou prendre ses distances si jamais il est lâché ?

    Le premier ministre Abdelmalek Sellal concentre toutes ces contraintes. Cet énarque, qui a une longue carrière de fonctionnaire et de ministre, devrait être au top de sa carrière. Il en est à sa phase la plus humiliante : il est chargé d’entretenir le suspense sur la candidature de M. Bouteflika. Il le fait avec un zèle remarquable, mais il ne se prononce jamais clairement sur le sujet, même s’il montre la direction à suivre. Jamais la gestion du pays n’a été aussi approximative, mais il ne s’en préoccupe guère. Il joue un autre rôle, non prévu par la constitution : occuper la scène, faire des promesses, se rendre dans les wilayas, en attendant le grand jour, celui de l’annonce de la candidature de M. Bouteflika.

    Une nergie mal dépensée

    L’habileté de M. Sellal et de ses pairs, ainsi que leur savoir-faire politique, sont mobilisés autour de questions grotesques. En privé, ils doivent bien se rendre compte que leur comportement frise le ridicule. Mais en public, il faut assurer. Rester digne, ne pas perdre la face. Un exercice périlleux, impossible à accomplir: comment rester cohérent quand on est amené à organiser la campagne électorale d’un homme qui est lui-même physiquement incapable de faire campagne ? Comment soutenir, contre tout bon sens, que M. Bouteflika est en bonne santé, que son cerveau fonctionne mieux que celui des Algériens, selon la formule de M. Amara Benyounès, alors que les images de M. Bouteflika, diffusées par la télévision algérienne, sont si cruelles ?

    Les plus zélés au sein cette « élite » vont encore plus loin. Ils agissent pour neutraliser les adversaires du quatrième mandat, au sein du pouvoir et dans l’opposition. Et ils anticipent, en pensant aux moments les plus délicats. Ils réfléchissent déjà à la manière d’organiser la cérémonie de dépôt du dossier de candidature au conseil constitutionnel, où tout candidat devrait formellement se rendre. Ils mettent aussi en place le cérémonial pour la prestation de serment, lorsque le chef de l’Etat devra apparaitre devant les corps constitués et le corps diplomatique, pour jurer qu’il va respecter une constitution qui n’a plus de sens !

    Si le président Bouteflika est reconduit, cette prestation de serment sera précisément une épreuve particulièrement cruelle pour l’Algérie et les Algériens. La communauté internationale assistera, ce jour-là, à travers ses représentants, à une sorte de forfaiture collective. Elle sera le témoin d’une scène durant laquelle le pouvoir algérien scellera, en groupe, sa dérive. Une sorte de reddition en pleine campagne de la part d’une « élite » qui applaudit un parcours absurde. Et ce n’est pas l’intrusion de Amar Saadani dans cette situation grotesque qui va améliorer les choses. Bien au contraire. Elle va juste augmenter la confusion. Car au lieu de parler de l’absurde question de l’état de santé du président Bouteflika, on va parler du grotesque duel Boutef-Toufik.

  • Présidentielles: un compromis Bouteflika-ANP sur la candidature d’Abdelmalek Sellal se précise

     

    Sellal BoutefDepuis l’AVC du président Bouteflika, Abdelmalek Sellal n’est plus le « plan B » du système mais son « plan A ».

    En apparence, Abdelmalek Sellal mène campagne pour un 4e mandat d’Abdelaziz Bouteflika. En réalité, il avance caché. Il est en position de récupérer la mise dans le cas probable d'un renoncement du président malade. Selon une source bien informée auprès de l'armée, son nom est le seul qui a convenu à ce dernier et au chef du Département du renseignement et de la sécurité (DRS), le général Mohamed Mediene (Toufik). Un scénario écrit mais toujours révisable.


    Le renoncement d’Abdelaziz Bouteflika à briguer un quatrième mandat est une « hypothèse forte » depuis quelques semaines. Plusieurs sources proches du pouvoir et dans l'opposition l'ont affirmé ces derniers jours, en public ou dans des cercles privés. Mais s'il devait se confirmer, pour quel candidat devrait il ouvrir la voie du soutien du système pour succéder au président sortant ? Abdelmalek Sellal est le nom sur lequel le président Bouteflika et l'armée, à travers le Département du renseignement et de la sécurité (DRS), se sont mis d'accord fin octobre dernier. « Bouteflika a fini par accepter de parler avec le général Toufik d'un candidat aux élections présidentielles qui ne soit pas lui-même. Le nom du Premier ministre est le seul qui a convenu aux deux parties », a affirmé à Maghreb Emergent une source bien informée auprès de l'armée algérienne.

    Abdelaziz Bouteflika devrait retarder jusqu'au mois de février l'annonce de sa retraite politique, un délai pendant lequel il va s'assurer d'écarter tout risque de voir le siège présidentiel échoir à un autre candidat que celui adoubé par lui en accord avec l'ANP. Ce dont il s'est donné les moyens directs avec, notamment, le remaniement ministériel du 11 septembre dernier. Un accord existait déjà entre Bouteflika et l'armée depuis septembre 2012, avec le départ de l’ancien Premier ministre Ahmed Ouyahia, pour confier à Abdelmalek Sellal la conduite de cette phase, toujours délicate politiquement, de l'année pré-électorale. L'accident vasculaire cérébral du chef de l’Etat, le 27 avril dernier, a, de fait, changé la feuille de route. L’actuel Premier ministre est devenu le dépositaire non exclusif de l'héritage boutéflikien. Il est un plan B du système, passé au rang de plan A dans le plus grand secret, en attendant de devoir, sans doute, se dévoiler dans quelques semaines.

    Un scenario qui peut encore se réécrire si Bouteflika...

    Ce scénario qui se précise d’un renoncement tardif d’Abdelaziz Bouteflika à un quatrième mandat ouvrant la voie à la candidature d’Abdelmalek Sellal est exposé à des risques de révision. Le premier serait que le premier cercle du président conduit par Saïd Bouteflika, son frère et véritable fondé de pouvoir, maintienne sa pression pour le convaincre de répondre oui aux appels qui lui sont lancés à briquer un quatrième mandat. Pour notre source, ce rebondissement n'est pas totalement exclu: « Le président est versatile. Il est accroché à sa fonction. Il est clair qu'il peut, surtout s'il se sent un peu mieux dans un mois, convoquer le général Toufik au téléphone pour explorer avec lui le cas où il se porterait candidat à la Présidence. »

    Dans les faits, le temps ne joue pas vraiment pour le président. Sa situation personnelle, d'ici là, risque plutôt de le pousser vers la sortie. Le débat politique va s'intensifier avec les candidatures qui se préparent à être lancées et son handicap, qui le maintient absent de la scène, sera encore plus pesant. De même, le scandale Khelil n'a pas fini d'éclabousser la maison Bouteflika au fil de la procédure judiciaire en Italie et désormais aux Etats Unis. Enfin, le report de la révision de la Constitution qui va s'officialiser à la fin de l'année devrait sonner comme un aveu de l'impuissance présidentielle à faire passer son agenda personnel. La campagne pour le quatrième mandat, même si elle se poursuit, peine à monter en puissance. Elle s'est ressentie ces derniers jours du flottement autour des intentions présidentielles.

    Dans un entretien au journal électronique Tout sur l’Algérie (TSA), Réda Hamiani, le président du Forum des chefs d’entreprises (FCE), a résumé la situation à la fin de l'assemblée générale qui l’a réélu à la tête de cette association, jeudi dernier à Alger: « Il y a de l'incertitude et des inconnues liées au contexte politique. » « Le FCE a été invité à appeler à un quatrième mandat du président », a avoué à Maghreb Emergent un de ses vice-présidents. Le président du FCE, lui, a choisi de temporiser, espérant que ce soit Abdelaziz Bouteflika lui- même qui lève les inconnues « par exemple, en présentant sa candidature ». Une pirouette qui illustre bien le peu d'unanimité qu'arrive à obtenir parmi ses soutiens traditionnels le projet d'un quatrième mandat du président.

    La guerre désormais ouverte au sein des anciens comités de soutien d’Abdelaziz Bouteflika entre « pro-quatrième mandat » et « pro-départ à la retraite honorable » est un autre facteur de confusion pour les indécis. De même, la persistance d'une opposition forte à la « conquête » de la direction du FLN par Amar Saïdani empêche l'ancien parti unique de jouer le rôle de locomotive pour un autre mandat comme cela a été le cas en 2008 sous l'autorité d’Abdelaziz Belkhadem.

    La récente promotion d’Abdelmalek Sellal au titre d'ordonnateur financier de l'ANP a affaibli le courant Saïdani, le premier à avoir tenté de casser l'option de la candidature du Premier ministre. « Cette décision fait partie de la feuille de route de l'accord secret » selon notre source, de même que la mise sous l'éteignoir par Alger du mandat de recherche international contre Chakib Khelil soupçonné d’avoir été impliqué dans de tonitruantes affaires de corruption lorsqu’il dirigeait le puissant département de l’énergie et des mines.

    La tentation existe chez Abdelaziz Bouteflika de suivre la branche de ses proches qui tient à le voir s'engager pour un quatrième mandat, au risque de remettre en cause un accord secret péniblement dessiné avec l'ANP. L'invitation à respecter cet accord a de meilleurs atouts. La récente intervention, à sa demande, de l'ambassadeur des Etats-Unis en Algérie, très réservé sur l'idée d'un quatrième mandat de Bouteflika est à classer au chapitre des atouts en faveur d'un passage de relai « en préservant la stabilité ».

    Abdelmalek Sellal face à deux adversaires majeurs : Ali Benflis et… lui-même

    Abdelmalek Sellal est en campagne présidentielle depuis six mois. Il s'est peu bonifié politiquement avec l'exercice. La faiblesse ahurissante de son arabe, ses formules à l'emporte pièces, ses confusions déroutantes, signe extérieur d'une inculture très préoccupante à ce niveau de responsabilité, ont fait de son nom un tag très populaire sur le web…pour rire.

    C'est le premier handicap que devra dépasser le candidat de substitution du système Bouteflika-ANP. En a-t-il les moyens ? « Tant qu'il n'est pas encore déclaré et qu'il n'a pas d'adversaires déclarés, il peut encore glisser sur sa fonction de Premier ministre à responsabilité limitée, estime un haut fonctionnaire des collectivités locales. Mais après, il aura à essuyer les coups. Et s'il se montre toujours aussi maladroit en public, alors il faudra recourir massivement à la fraude pour le faire élire. » Un recours à la fraude qui se profile d'autant que des candidatures sérieuses, outre celle déjà assumée d’Ahmed Benbitour, sont imminentes.

    L'entrée en lice d’Ali Benflis, l'ancien Premier ministre et challenger de Abdelaziz Bouteflika aux présidentielles de 2004, est le premier tournant attendu, en ce mois de décembre, à la course au palais d'El Mouradia. Abdelmalek Sellal devra alors compter avec un candidat qui prépare sa campagne de longue date et qui a conservé des appuis à l'intérieur du système. En attendant, le Premier ministre a choisi de réserver sa première attaque à Mouloud Hamrouche pourtant très en retrait dans cette pré-campagne électorale. Il a peut-être lui-même dévoilé, ainsi, sa hiérarchie des candidatures qu'il redoute voir dérégler l'agenda de son élection sous double protection du président sortant et de l'ANP.

    source:

    Sur le même sujet

  • Si Ali , Si El Mali CONTRE LE PEUPLE ALGERIEN

     

    On vient de l'apprendre : le général Toufik s'appelle Si Ali, c'est Si Amar Saadani qui le révèle dans un entretien à TSA où il dénonce l'interventionnisme illégal du DRS. Si plus personne ne croit Saadani depuis qu'il est trop rapidement passé des salles des fêtes à l'APN, puis de milliardaire au FLN, on se dit que là, il sait peut-être de quoi il parle. Problème d'identification, on savait que le général Toufik ne s'appelait pas le général Toufik mais Mohamed Mediène. Maintenant qu'il s'appelle Si Ali, qu'est-ce qui va changer ? Pas grand-chose, Si Ali reste encore puissant et dans l'obscurité de la scène politique, la guerre du pouvoir vient de se doubler d'une guerre des noms. Si Ali, alias Toufik le général, du nom de Mohamed Mediène, est en conflit avec El Mali, alias Si Abdelkader le commandant, plus connu sous le nom de Abdelaziz Bouteflika, connu aussi depuis peu comme le frère de Saïd.

    Si Ali et Si El Mali sont d'ailleurs tous deux invisibles, ce qui donne à cette guerre, réelle ou fictive, l'allure d'une guerre qui se joue en dehors de l'Etat civil. Car dans le rôle du DJ qui compte les points, Saadani ne s'appellerait pas Saadani mais Sadani et il ne serait pas né à El Oued mais à Gafsa, en Tunisie, selon le site Algérie Patriotique. Quand à Si Ali, son lieu de naissance est flou, les uns le placent à Guenzet, sur Mars ou quelque part en Kabylie, pendant que le lieu de naissance de Si El Mali, le Président, a été carrément effacé de sa biographie officielle, à croire qu'il serait né au Mali. En résumé, l'un est né au Maroc, l'autre en Tunisie. Seul Si Ali est né en Algérie. Et alors  ? La guerre se déroulant en Algérie, Si Ali aurait l'avantage de jouer à domicile. Restent les supporters, tous ces Algérien(ne)s spectateurs. Qu'en pensent-ils ? Rien, puisque c'est une guerre qui n'a pas de nom et qu'eux-mêmes n'en n'ont pas. Ouf, heureusement que le pays en a un.

    Chawki Amari
  • Amar le bavard

     

     

    Amar il a raison quand il dit qu'il est temps de passer à un Etat civil. Mais Amar il a tort quand il dit que Bouteflika est l'homme de la situation car en 15 ans de règne, on aurait au moins vu autre chose qu'une restriction globale des libertés, un contrôle accru de la population et de grotesques fraudes électorales. Amar il a raison de dire qu'il n'est pas normal qu'un colonel des services soit présent dans les administrations et institutions.

    Mais Amar il a tort quand il dit que le FLN est victime de manipulations puisque c'est lui-même qui est passé outre le Conseil d'Etat pour son maintien. Amar il a raison quand il dit qu'après 200 000 morts, la moindre des choses pour un patron des services de sécurité est de démissionner et Amar il a raison quand il dénonce la mainmise du DRS sur la justice. Mais Amar il a tort quand il explique que Chakib Khelil est victime d'un complot puisque le scandale a été dévoilé par la justice italienne. Amar il a raison quand il dit que le DRS doit s'occuper de contre-espionnage et pas de mettre les dirigeants, les journalistes et les juges sur écoute. Mais Amar il a tort quand il oublie que son mentor Bouteflika n'a toujours pas voulu établir l'indépendance de la justice en plus d'une décennie de pouvoir absolu.

    Dans ces joutes du 3e type qui annoncent de beaux mouvements sportifs pour les prochaines semaines, les médias et l'intelligentsia crient dans leur majorité au dérapage, ceux-là mêmes qui s'accommodent d'un Etat policier resté coincé sur les années soviétiques. On a regardé derrière Amar. Y avait-il quelqu'un ? Une ombre est passée, ombre de son ombre, ombre de sa main, frère de l'ombre de sa main. Faut-il hurler avec les loups et les journaux de l'ANEP qui l'ont traité d'homosexuel ? Non, mais qui a tort, Si Ali ou Si El Mali ? Les deux puisqu'ils sont les deux faces de la même pièce. Et une pièce, même de théâtre, ne peut avoir raison.

     

    Chawki Amari
  • ALGERIE ,OUT,KO

    said ,boutef,dictature

  • La profonde solitude du juge

     

    Après cette première, un dirigeant du FLN qui s'attaque à l'interminable général de corps d'armée Si Ali Toufik Mohamed Lamine Médiène, voici l'autre première : le DRS va porter plainte contre Saadani. Cette nouvelle attitude dans les mœurs politiques, pour un corps qui ne s'est jamais réellement préoccupé de la légalité institutionnelle pour ses opérations, ouvre la voie à plusieurs questionnements de par son caractère inédit. Si Saadani a vu juste, la justice est instrumentalisée par le DRS et va donc donner raison au DRS contre Saadani. Si Saadani dit n'importe quoi, car la justice est justement instrumentalisée par le clan présidentiel comme cela a été le cas pour la prise de contrôle du FLN en invalidant la décision du Conseil d'Etat, le DRS ne pourra rien faire. Car derrière ces affrontements verbaux et ces prises de position radicales, c'est la justice qui est au cœur du débat et il faut bien constater que ni le DRS ni le cercle présidentiel ne veulent d'une séparation des pouvoirs et de l'indépendance des juges à travers l'activation du Conseil supérieur de la magistrature.

    Si l'Algérie a besoin de sang neuf, d'une nouvelle République, de nouvelles institutions et d'une sérieuse vision d'avenir, elle a aussi besoin d'une nouvelle justice qui n'obéit ni aux ordres des colonels installés dans les cours, ni aux ordres de la tutelle acquise au Président, ni encore aux pressions de la chkara et des lobbies mafieux. Qui va désigner le juge qui va s'occuper du procès entre DRS et FLN ? Le DRS et ses relais ou le duo Saïd Bouteflika-Tayeb Louh ? Il est hélas inconcevable que ce soit la corporation des magistrats qui le fasse, devenus depuis 20 ans de simples soldats soumis aux décisions de la matrice. Mais dans tous les cas, personne n'aimerait être à la place du juge qui instruira cette affaire. Il y a des jours où l'on peut regretter d'avoir fait du droit.

    Chawki Amari
  • ENLÈVEMENTS, AGRESSIONS, VOLS ET VIOLATIONS DE DOMICILE ET SÉCURITÉ ROUTIÈRE

     

    4,3 millions d’Algériens ont appelé sur le 10-55

    Par : Farid Belgacem

    Le numéro vert a permis aux unités des 48 groupements et aux 136 sections de sécurité et d’intervention (SSI) de résoudre 1 743 affaires criminelles.

    Plus de 4,3 millions d’Algériens ont sollicité les services du numéro vert 10-55 de la Gendarmerie nationale depuis son lancement en 2011. Pour sa troisième année consécutive, ce service a enregistré une moyenne quotidienne de 3 900 appels de jour comme de nuit pour demander aide et assistance, pour dénoncer les criminels et encore signaler un mouvement suspect sur les routes comme dans les villages, douars, cités et quartiers.
    Ce qui signifie une augmentation sensible des affaires résolues sur le terrain, avec l’arrestation de criminels en flagrant délit, d’une part, et la délivrance des victimes des griffes des malfaiteurs, avec en appoint la récupération des objets subtilisés. Détaillant les chiffres enregistrés en trois ans, le directeur de la télématique, le colonel Guir Badaoui, a indiqué que le 10-55 a connu une ascension extraordinaire, du fait de la sollicitation des citoyens pour leur sécurité, intervenir sur le champ et réduire le temps et le coût que pourraient générer les enquêtes judiciaires.
    Avec 2 902 352 appels de jour et 1 330 669 autres appels la nuit, ce service a réussi, avec l’appui des unités des 48 groupements et des 136 sections de sécurité et d’intervention (SSI), à résoudre 1 743 affaires criminelles. Mieux, pas moins de 88 106 autres appels ont été transférés aux services de la DGSN, de la santé, de la Protection civile, de Sonelgaz et d’administrations pour aider, assister ou orienter le citoyen victime d’un acte quelconque ou ayant besoin d’un renseignement. “Avec le 10-55, la relation entre le citoyen et la Gendarmerie nationale a bien évolué. Celui-ci n’hésite pas à appeler nos services. Que ce soit pour l’état des routes en hiver, les évacuations, les coupures d’électricité, des fuites de gaz ou autres urgences, le citoyen a développé ce réflexe de sécurité, de sa propre sécurité en sollicitant le 10-55. Ce  numéro est une véritable interface entre nous.”
    Présent à la conférence de presse, le colonel Mohamed-Tahar Benamane, directeur de sécurité publique et de l’emploi (DSPE), a développé le chapitre inhérent aux interventions des unités, dans l’esprit de promouvoir davantage la proximité avec le citoyen. “C’est un moyen indispensable pour le citoyen pour assurer sa propre sécurité et c’est notre devoir de le protéger. Aujourd’hui, l’idéal est de développer la géolocalisation afin de situer le lieu exact d’où l’appel est émis.”
    En ce sens, M. Guir a révélé que “la direction de la télématique compte très prochainement installer des infrastructures pour adapter le 10-55 avec les services de la 3G pour plus d’efficacité. Déjà que le 10-55 donne des résultats probants, nous comptons améliorer ces prestations avec l’évolution des technologies”.
    À la question relative au nombre d’arrestations, le colonel Abdelhamid Kerroud, responsable de la communication, a indiqué que pour la seule wilaya d’Alger, pas moins de 143 individus ont été appréhendés sur les 819 affaires traitées à la suite de 166 325 appels en 2013, soit un taux de résolution de 96.

  • boutef ne peut pas parler !

    RÉUNION URGENTE DU GROUPE DES 20
    «Abdelaziz Bouteflika doit parler»

    Un comité de sept responsables politiques, représentant le groupe dit des vingt partis et personnalités, a tenu, hier, une réunion d’urgence au siège du Rassemblement populaire républicain.
    Un appel pressant a été lancé à Abdelaziz Bouteflika afin qu’il mette un terme à la situation «politique dangereuse» que traverse l’Algérie. «Le président de la République doit sortir de son mutisme. Il est responsable de la situation politique dangereuse provoquée par les partisans du quatrième mandat à travers leurs déclarations irréfléchies.
    Abdelaziz Bouteflika doit parler pour faire part de ses intentions», a déclaré Abdelkader Merbah au terme de cette rencontre.
    Selon le président du RPR, les membres de ce comité ont dénoncé «les déclarations qui ont ciblé l’institution militaire et qui ont mis au jour une scission au sein de l’armée».
    «Il est urgent que l’armée se tienne loin de la politique, qu’elle reste unie et qu’elle garde en son sein ses cadres. Il y va de la souveraineté de l’Algérie.
    La politique doit rester l’affaire des hommes politiques et la souveraineté doit revenir au peuple.»
    Un communiqué de presse détaillé sera rendu public aujourd’hui, a précisé Abdelkader Merbah.
    T. H.

  • DRS Et après ?


     

    Par Maâmar Farah
    Je vous vois tous étonnés ! Mais il n'y a vraiment pas de quoi fouetter un chat ! Ce drabki de malheur est parfaitement dans son rôle même si, jouant en soliste, il crée un terrible boucan qui n'a rien à voir avec la musique habituelle. Qu'a-t-il dit de plus par rapport à ses précédentes interviews ? Et n'exprime-t-il pas, sur un ton certes violent, le fond de la pensée de ceux qui ont dejà porté lourdement atteinte aux missions du DRS ?
    En effet, et si la décision de supprimer la police politique est à saluer, la question de la mise en veilleuse de la structure judiciaire du DRS pose problème, d'autant plus que son rôle actif dans la lutte contre la corruption est connu de tous. Peut-on imaginer une Amérique sans FBI ?
    Alors, pourquoi donc cette levée de boucliers généralisée? Peut-être parce que le drabki a tapé trop fort sur un général ? Et aprés ?
    Ils peuvent se faire la guéguerre : leurs enfants sont bien au chaud. Pensez aux vôtres ! Pensez aux mômes de Ghardaïa qui tombent sans émouvoir ces «scandalisés» qui se mettent au garde-vous dès qu'un minable rejeton du système s'attaque à leurs protecteurs !
    maamarfarah20@yahoo.fr

  • Vidéo poignante : la mort du jeune mozabite à Ghardaïa en direct

    C’est une vidéo qui fait froid dans le dos. Des activistes et défenseurs des Droits de l’Homme qui activent sur le terrain à Ghardaïa ont filmé le meurtre du jeune mozabite tué à coups de couteau par une horde de criminels. La jeune victime, un étudiant de confession ibadite, nommée BABAOUSMAIL Azzedine, a été attaqué et enlevé par un groupe de délinquants cagoulés  qui ont fait irruption dans un cimetière mozabite. 

     

    Encerlcé et bousculé dans tous les sens, le pauvre mozabite a été ensuite poignardé à maintes reprises et par plusieurs voyous dont certains s’affichaient à visage découvert et sans aucune peur comme s’ils étaient certains que personne n’oserait venir les interpeller une fois leur forfait commis. Traîné comme une bête qu’on veut sacrifier, la jeune victime a été tabassée et lynchée par ces jeunes aveuglés par la haine. En même temps, d’autres membres de cette bande criminelle s’attaquaient à des tombes mozabites pour les ravager.

     

    Quelques instants plus tard, on voit la victime, toujours rouée de coups, prise d’assaut par une dizaine de voyous ivres de haines. Ils grimpent tout la colline de ce cimitière mozabite pour aller se réfugier derrière le muret d’un mausolée pour enfoncer leurs couteaux dans le corps chétifs du jeune étudiant mozabite livré à lui-même et sans défense. Aux coups de couteau incessants, des jets de pierres sont venus s’ajouter pour complèter cette barbarie sans égal. Cette vidéo poignante prouve qu’un véritable climat de haine règne en ce moment à Ghardaïa.

     

    Un climat de haine renforcé aussi par une impunité dont jouissent ces criminels que tout le monde peut reconnaître désormais grâce à cette vidéo. Que vont faire ainsi les autorités ? Passer sous silence ce crime abject au risque de voir pourrir encore davantage la situation de toute une région plongée dans l’insécurité ? Ou réagir enfin et imposer l’ordre et la rendre justice aux familles des victimes ?

     

     

      source:http://www.algerie-focus.com/blog/2014/02/video-poignante-la-mort-du-jeune-mozabite-a-ghardaia-en-direct/

  • Kadhafi a financé la campagne de Sarkozy à hauteur de 50 millions d’euros

     

     
     
    Kafhafi finance Sarkozy en 2007
    Mediapart a mis la main sur un document officiel libyen qui a échappé aux destructions de l’offensive militaire occidentale et qui prouve que le régime de de Mouammar Kadhafi avait bel et bien financé la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007, pour un montant de cinquante millions d’euros. Une décision prise dès décembre 2006.
    Mediapart apporte les précisons suivantes qui authentifient le document :  « Selon des connaisseurs du régime libyen à qui nous l’avons soumis, ce document, dont le signataire et le destinataire appartenaient au premier cercle de Kadhafi, est conforme, jusque dans son style, aux habitudes bureaucratiques du régime. Outre celle du calendrier grégorien, la deuxième date qui y figure conforte son authenticité: elle n’est pas celle du calendrier musulman habituel, mais de celui imposé par le dictateur, qui part de l’année du décès du prophète Mahomet, l’an 632. »
    Voici la traduction de ce document – version originale en fin de billet – telle que livrée par Mediapart :
    Jamahirya arabe libyenne populaire glorieuse
    « Pas de démocratie sans conférence populaire »
    Date : 10. 12. 2006
    Correspondant à : 10. 12. 1375
    N° 1917 68 P
    Service de la sécurité extérieure

    Frère / Président du Fonds libyen des investissements africains
    Que la paix soit sur vous…
    En référence aux instructions émises par le bureau de liaison du comité populaire général concernant l’approbation d’appuyer la campagne électorale du candidat aux élections présidentielles, Monsieur Nicolas Sarkozy, pour un montant d’une valeur de cinquante millions d’euros.
    Nous vous confirmons l’accord de principe quant au sujet cité ci-dessus, et ce après avoir pris connaissance du procès-verbal de la réunion tenue le 6. 10. 2006, à laquelle ont participé de notre côté le directeur des services de renseignements libyens, et le président du Fonds libyen des investissements africains, et du côté français, Monsieur Brice Hortefeux, et Monsieur Ziad Takieddine, et au cours de laquelle un accord a été conclu pour déterminer le montant et le mode de paiement.
    Que la paix soit sur vous et la miséricorde de Dieu et ses bénédictions…
    Moussa Imuhamad  Koussa - Chef du service de la sécurité extérieure
    « Mon client n’était pas présent à la réunion indiquée dans le document », a indiqué Me Samia Maktouf, l’avocate de M. Takieddine, à Médiapart. « En revanche, il pense que ce document est crédible, vu la date et les personnes qui apparaissent dans ce document outre lui-même. »
     « Ce document prouve qu’on est en présence d’une affaire d’Etat, que ces 50 millions d’euros aient été versés ou non », a lui-même commenté M. Takieddine, rencontré par Mediapart le vendredi 27 avril.
    Mediapart précise  que « la face cachée de l’arrivée de Nicolas Sarkozy sur la scène libyenne, en 2005, puis en 2007, apparaissait déjà en filigrane dans le dossier des ventes d’armes à l’Arabie Saoudite et au Pakistan instruit par les juges Renaud Van Ruymbeke et Roger Le Loire, en particulier à travers l’activité de lobbying déployée par M. Takieddine en faveur de l’ancien ministre de l’intérieur auprès de Tripoli. »
    Par ailleurs, Mediapart souligne « le montant pharaonique promis par les Libyens [50 millions d'euros qui sont] à rapprocher des 20 millions d’euros officiellement dépensés par Nicolas Sarkozy lors de sa campagne présidentielle de 2007. »
    L’article de Mediapart est bien plus précis, apporte nombre de précisions intéressantes. Si vous avez un accès à Mediapart, allez le lire. Sinon, abonnez-vous – leur travail le vaut bien. Enfin, il nous faut espérer qu’une information d’une telle importance sera reprise par les organes de presse traditionnels, journaux et télévisions. En attendant, et dans le doute, faites circuler.
     
    EDIT : Mediapart a décidé d’offrir l’accès gratuit à cet article (merci à eux)

  • Algérie-société:«H'chicha», «Capsula», «Japonais» et les autres Les gangs d'Alger

     

    «H'chicha», «Capsula», «Colombo», «Fermache», «Japonais», «Chinois», voici quelques noms des nouveaux chefs de gangs, tristement célèbres pour les services de sécurité, sévissant dans plusieurs quartiers de la banlieue algéroise.
     
    Les gangs d'Alger, ce nouveau phénomène qui enlise la sécurité et la stabilité des citoyens est en train de prendre de l'ampleur face à l'incapacité des services de sécurité  de contrôler la situation, malgré plus de 200 arrestations de gangs effectuées par la police et gendarmes, depuis janvier dernier, pour tenter de lutter contre cette nouvelle forme de crime.
    Chaque jour qui passe, des batailles rangées sont signalées ici et là, un peu partout dans les quartiers les plus populaires de la banlieue algéroise. Agés de 16 à 25 ans, ces nouveaux gangsters, souvent mineurs, agissent dans leurs quartiers tout en portant des différentes armes blanches, notamment des épées type «Samouraï», des hâches et des couteaux de différentes tailles, toutefois personne n'ose s'approcher d'eux de peur d'être «lynché». A Baraki, Bentalha, Saoula, Bab El Oued, La Carrière, Draâ Diss, Bainem, Oued Koreich, et la liste est encore longue, là où, les gangs occupent des territoires face à l'absence des services de sécurité. A Baraki, un chef de gang, nommé «H'chicha», âgé à peine de 22 ans, contrôle avec des dizaines de voyous le territoire de cette commune. Ce gang est derrière plusieurs batailles rangées qui se sont soldées par des dizaines de blessés, notamment des blessés graves. La dernière bataille livrée entre deux gangs rivaux s'est produite, il y'a trois jours. Ici, dans la Cité des 586 logements, et durant la nuit du 2 octobre dernier, deux gangs se sont entretués avec des sabres, avec des  blessés des deux côtés, (à noter que plusieurs voyous blessés, ont été transférés en urgence vers les hôpitaux d'El Harrach (Z'mirli) et celui du CHU Mustapha Chelah) pour avoir le contrôle du territoire. Qui sont ces gangs ? Qui contrôle ces égarés ? D'où et ciomment se procurent-ils épées, hâches et autres armes blanches ? Pour trouver une explication à ces questions, nous nous sommes présentés à ces Cités d'Alger, voire dans ces nouveaux quartiers, dont les résidants sont des bénéficiaires des dernières opérations de logements sociaux dans le cadre de la lutte contre les habitations précaires. A Bainem, dans la nouvelle Cité des 500 logements, ici, l'apparition des gangs a fait craindre les habitants, venus eux, des quartiers pauvres, voire des sites de transit de Bab El Oued, Baraki et la Carrière. Ce mélange de familles issues de plusieurs quartiers de la capitale a fini par produire un nouveau phénomène de cohabitation dans cette Cité. Des bagarres infinies se sont produites depuis quelques temps, entre des gangs rivaux. Le premier gang est originaire de Bainem, contrôlé par un certain «Capsula», âgé de 28 ans, le second gang, lui est originaire de la Carrière, contrôlé à son tour par un jeune chef gangster. Les deux gangs se sont livré des batailles et le dernier mot revient à celui qui l'emporte sur le terrain pour contrôler le périmètre. Ces gangsters sont de jeunes chômeurs, âgés seulement entre 16 et 28 ans. Chaque gang comprend des jeunes issus d'un même quartier depuis leur enfance. Mieux, ils agissent sous les commandes de leurs chefs, parfois même des mineurs. Les armes blanches seront livrées sur commande, par ces gangs, qui seront fabriquées dans des ateliers clandestins, voire même dans les terrasses des immeubles anciens. C'est le cas à Bab El Oued, ici, les épées utilisées dans les batailles rangées sont fabriquées et affûtées dans les terrasses des immeubles. Le prix de chaque épée peut aller jusqu'à 5000 DA, selon une source sécuritaire spécialisée dans la lutte contre le crime urbain. La même source indique aussi que depuis le début de l'année, plus de 200 gangsters ont été interpellés par les services de police et les éléments de la Gendarmerie nationale dans le cadre de la lutte contre ce nouveau fléau du mal.
     
    Trafic de drogue, agressions et vols, les gangs investissent dans le mal
    Arrêtés par les services de sécurité, dans diverses opérations anti-criminelles, les jeunes appartenant aux gangs sont derrières plusieurs agressions produites dans plusieurs quartiers de la banlieue. En matière de chiffre, plus de 300 agressions ont été exécutées par ces bandes. Souvent, ils agissent avec leurs motos de marque «Vespa» pour exécuter leurs plans. Cela dit, plusieurs jeunes filles ont été délestées de leurs bijoux ainsi que leurs  téléphones portables, cela sans oublier les sommes d'argent volées par ces gangs. En huit mois, plus de 1000 téléphones portables et plus de 500 véhicules, ont été volés par ces groupes de malfaiteurs. Il y'a deux mois, seize gangsters ont été interpellés, à Baraki, suite à une opération des gendarmes, d'autant que la veille de cette opération coup-de-poing, une rixe suivie d'agressions et de vols de biens appartenant à des habitants avait été produite dans cette commune. Mieux, plusieurs éléments de ces bandes ont été arrêtés suite à des affaires liées au trafic de drogue. En effet, avant chaque agression ou vol, ciblant leurs victimes, les gangsters se droguent pour réussir leur coup. Ce sont là quelques chiffres et quelques méthodes révélés par une source sécuritaire. Face à ce crime organisé, les services de sécurité ont multiplié leurs opérations périodiques et parfois préventives afin de tenter de diminuer le taux des agressions, toutefois, ces tentatives n'ont pas apporté leurs fruits, d'autant que beaucoup de groupes continuent à s’ investir dans les quartiers.     

  • Ghardaïa :Mutilations, profanations et désinformation

    Ghardaïa souce :http://www.algerienews.info/mutilations-profanations-et-desinformation/

     

     

     

    Après une accalmie qui aura duré quelques jours seulement, la vallée du M’Zab renoue avec la violence.

     

    Cette fois, ce sont des cimetières qui ont été ciblés. Une troisième victime aurait été signalée hier. L’information, rapportée par certains sur les réseaux sociaux n’a pas été confirmée. Diificile de faire le tri. Les informations qui parviennent de Ghardaïa sont le fait de sources locales mais aussi des supports internet comme Facebook et You Tube. Plusieurs sources concordantes nous ont cependant confirmé qu’un cimetière et une salle de prière ont été saccagés hier . Il s’agit du cimetière mozabite Baba Chikh et El Djema. Une photo postée hier montrant un cadavre éventré a été présentée comme celle d’un jeune âgé de vingt ans, poignardé hier matin. Cependant, la même information rapportée hier parle d’un jeune homme du même âge victime de plusieurs coups à la tête et qui aurait succombé à ses blessures. Une source locale que nous avons pu joindre hier par téléphone nous fait remarquer qu’à chaque fois qu’il y a une accalmie, un événement vient  attiser le feu de la colère. La population ne supporte plus cette situation. Certains ne veulent pas que ça se calme.

     

    C’est désormais un fait avéré. Notre source a été témoin, avant-hier, d’un incident qui illustre ses dires. « J’étais en voiture entre Aïn Loubou et Dhaya. Un groupe de personnes en cagoule ont molesté un chauffeur de taxi et brûlé son véhicule. Ce sont là des actes isolés qui se multiplient. Ce ne sont plus deux communautés qui s’affrontent mais plutôt des règlements de comptes et des actes isolés dont l’objectif est d’embraser la région». Avant-hier après midi, plusieurs édifices et commerces appartenant à la communauté mozabite ont été la cible d’incendies et de saccages. C’est l’intervention rapide des forces de l’ordre qui a pu, selon des témoins, éviter le pire. Dans la nuit de mardi à mercredi, un groupe d’inconnus a réussi à s’introduire dans le cimetière Ba Aissa Alouane mais a été repoussé par les forces de l’ordre.

  • Bouteflika absent, les ministres assurent la permanence !

     

    Par Le Matin

     

     

    Dans un entretien donné à RFI, le ministre des Affaires étrangères a affirmé qu’il ignorait si le président sera candidat ou pas à la présidentielle.

     

    Abdelaziz Bouteflika Abdelaziz Bouteflika

     

    Ramtane Lamamra n’est pas tout à fait dans le secret des dieux. Eh oui, s’il est sûr que "Bouteflika va bien", il ignore en revanche s’il va se représenter ou pas à la présidentielle. "Je ne saurais vous le dire. Il choisira le moment où il s’exprimera sur cette question", a-t-il avancé. Pourtant il y a deux jours une chaîne de télévision, Ennahar, assurait lundi "de sources oifficielles" pendant qu’elle retransmettait en direct la conférence de presse d’Amar Ghoul, que "Bouteflika allait d'une manière imminente annoncer sa candidature". Quelques jours auparavant, c’est Amar Saadani, chef contesté du FLN, qui avançait sans ciller que Bouteflika allait se représenter à la présidentielle. 

     

    Dans le fatras des assertions des uns et des autres, tout le monde s’accorde à dire que la candidature pour un quatrième mandat ne va pas sans un bilan de santé irréprochable. Sur ce point, les déclarations rassurantes de Lamamra, où d’Amara Benyounès ne tiennent pas devant l’image que renvoie le président à chacune de ses apparitions. Jeune Afrique révélait à ce propos toutes les peines du monde qu’avait eu le président à signer la loi de finances et surtout la manière avec laquelle s’était préparé le conseil des ministres. 

     

    Ainsi, écrit l’hebdomadaire, "pour éviter tout risque d'infection, ces derniers n'ont eu le droit ni de l'approcher ni de lui adresser la parole. Munis d'écouteurs, ils se sont efforcés de deviner ses paroles. "Parfois ses lèvres bougeaient sans qu'aucun son ne sorte de sa bouche", confie l'un d'eux. Tout de suite après a eu lieu la signature de la loi de finances. Bouteflika s'apprêtant à apposer son paraphe sur la mauvaise page, Ahmed Noui, le secrétaire général du gouvernement, a été contraint de lui indiquer le bon endroit. Au journal télévisé de 20 heures, la séquence a été coupée au montage." 

     

    Par ailleurs, si vraiment le président s’est rétabli, qu’attend-il pour reprendre ses activités, la parole devant les Algériens ? Pourquoi il charge systématiquement le Premier ministre ou le patron de l'Assemblée de le représenter à l’étranger ? L'Algérie peut-il donc se permettre d'être dirigée par un homme malade ? Vraisemblement, pour le gouvernement. 

     

    Dans le même entretien Ramtane Lamamra affirme aussi que "l’Algérie va bien aussi". A l’entendre, on a le sentiment qu’il voyage beaucoup et oublie ce qui se passe dans le pays profond. Doit-on lui rappeler que toute une ville est depuis des semaines en proie à des affrontements avec des victimes sanns que le gouvernement n'ait pu faire quoi que ce soit ? Des fraudes au concours dans une université d'Alger (Bouzaréah) ont été dénoncées sans que le ministre de tutelle ne bouge le petit doigt. Des malformations dans une autoroute réputée la plus chère au monde, avec la aussi des victimes sans que le ministre des Travaux publics ne s'en inquiète. Le cynisme affiché à chaque crise ou drame est un signe manifeste que la vie des Algériens compte peu aux yeux des gouvernants.

     

    Les Algériens auraient aimé croire le ministre des Affaires étrangères, mais la réalité est tristement tout autre. Le pays est dans un coma profond. Dans l'attente. Et ce ne sont certainement pas les 72 candidatures à la présidentielle qui donneront quelque crédit à cette dernière. Loin s’en faut quand on connaît les rouages du système politique qui dirige le pays. "La déliquescence des institutions politiques et administratives a atteint des niveaux qui menacent gravement la cohésion sociale et nationale et la sécurité des populations dans un environnement régional et international problématique", écrit le cercle Nedjma dans un appel pour une deuxième république.

     

    Yacine K.

     

  • Bouteflika, DRS et autres… Mais où est l’Algérie dans tout ça ?

    Par Le Matin

    Purges, luttes de clans, coups bas, en pleine fièvre présidentielle, le débat s’enflamme. Pour qui ? Pour quoi ? A voir. Car au-dessus du volcan sur lequel dansent ces langues de vipère, il y a surtout l’Algérie qu’on a tendance à oublier.

    Bouteflika Bouteflika

    Certains se frottent les mains. Bouteflika va débarquer Toufik, l’inamovible patron du DRS. D’autres s’inquiètent du pouvoir grandissant du clan présidentiel. Décidément, le pays croule sous les vents contraires. Les coutures de la République cèdent une par une pour laisser place aux règlements de comptes les plus indécents. On n’est plus dans la pratique politique. L’a-t-on été un jour d’ailleurs ? La situation est extrêmement grave. A tous points de vue. Quelques éléments d’appréciation.

    Attaque contre le DRS

    Le pouvoir n’a décidément pas de boussole morale. En pleine présidentielle, le débat vire aux règlements de compte en haut lieu. Cependant, on a envie d’être naïf et se poser la question : pourquoi donc Saadani et les autres soutiens patentés du président s’attaquent ici et maintenant au général Toufik ? A-t-il donc commis une faute grave ces derniers jours pour subir les foudres du patron controversé de l’ancien parti unique ? Que nenni, du moins officiellement. Car toutes les raisons qu’avancent aujourd’hui Amar Saadani pour mener à l’échafaud le patron du DRS ne sont plus de saison. A leur époque Saadani n’avait rien dit. Saadani glisse argue que Bouteflika veut mettre un terme à l’intrusion du DRS dans la politique. Bonne nouvelle. Mais il se trouve qu’on quelque peine à le croire pour plusieurs raisons. Car s’il y a bien un pouvoir qui a neutralisé les partis réfractaires, paralysé le pays, interdit d’activité les syndicats et fermé l’espace public au débat c’est bien le président Abdelaziz Bouteflika. 

    Mais alors pourquoi ces raisons de la colère maintenant ? Une seule explication : le 4e mandat du président.

    Bouteflika, un mandat à vie

    Bouteflika est toujours en convalescence. Il est aphone, aucune déclaration ni sortie publique depuis plusieurs mois. Le concerné lui-même ne s’est pas déclaré candidat. Qu’importe, d’autres s’occupent de le faire à sa place. Pourquoi diable cette agitation à reconduire un homme âgé de 77 ans, malade qui a lui-même reconnu que son temps est révolu ? La stabilité avancée comme argument ne tient pas la route. Pire il y a quelque chose d’inconséquent, de cynique dans cette entreprise qu’un cercle restreint s’emploie à imposer au pays. 

    Le général Toufik en retraite

    Patron du DRS depuis 1990, on peut comprendre qu’il faille que celui qu’on surnomme Toufik parte à la retraite et cède sa place à un cadre plus jeune. Mais pourquoi Bouteflika ainsi que le vice-ministre de la Défense dont l’âge dépasse de loin celui de Mediene ne se retirent-ils pas eux aussi ? Leur départ tous comme ils sont aurait été une entreprise de salut public pour laisser place nette à une présidentielle transparente. Elle serait salué par tous les patriotes sincères. Cependant on en est loin de cette hypothèse. Car ni le président, ni son vice-ministre ne sont prêts à pantoufler tranquillement chez eux. C'est dire qu'il y a décidément quelque chose de malsain. 

    Malheureusement, ce qui se joue actuellement dans les hautes sphères du pouvoir coûtera très cher à l’Algérie. Car, c’est du destin d’un pays pris en otage par une clique qu’il s’agit. Et de rien d'autre. Le devenir de Saadani, de son mentor et des autres relève de l'anecdote devant l'avenir de l'Algérie.

    Yacine K.

  • Scandale du doctorat à l'université d'Alger2 : le spectre de la justice


    Par Le Matin |

    Après l’éclatement des scandales de la faculté des Lettres et des langues de l’université d’Alger2, notamment celui relatif aux fraudes au concours de doctorat du département de français, le rectorat a mis fin aux fonctions de plusieurs responsables de cette faculté : la doyenne Madame Filali, suivie de ses adjoints et des chefs de départements.

     

    La situation des étudiants de l'Université d'alger 2 est loin d'être terminée. La situation des étudiants de l'Université d'alger 2 est loin d'être terminée.

     

    Dimanche, 26 janvier 2014, c’est au tour du chef de département de français, Mme Derridj, d’être appelée à rendre les clés pour permettre l’installation du nouveau chef de département. Quelques étudiants, sur incitation de la désormais ex-chef de département, ont tenté tôt le matin de bloquer l’accès au département pour empêcher vainement le déroulement de la cérémonie d’installation du nouveau venu, M. Djebli. N’ayant même pas eu le courage d’affronter ses collègues après cette déconvenue, elle n’a pas assisté à la cérémonie et elle n’a pas rendu les clés du bureau du chef de département. En tout état de cause, elle sera obligée de se présenter à la passation de consignes, à déposer son bilan, à établir l’inventaire et à remettre sa griffe.

     

    Avec ces nombreux changements, il semblerait que le recteur de cette université, installé depuis un mois et demi tente de trouver des issues aux problèmes qui la secouent. 

     

    Cependant, certains signes venant également du rectorat et du nouveau doyen incitent à la méfiance quant à l’issue qu’ils veulent donner à l’enquête sur les fraudes dans les concours de doctorat du département de français. Les contestataires craignent l’étouffement du scandale. C’est dans ce sens qu’ils interprètent la mobilisation des membres du comité de formation doctorale (CFD) et la responsable de section syndicale du département Mme Ait Dahmane, pour le maintien de la chef de département démissionnaire et responsable directe de la fraude, mais en vain ; la lenteur avec laquelle le rectorat mène l’enquête et ses appels répétés à l’apaisement, craignant la confirmation de la fraude au lieu de procéder courageusement à l'assainissement de la situation ; le silence des responsables du CFD, notamment Mme Amokrane, impliqués dans les irrégularités du déroulement des concours de doctorat, selon les étudiants contestataires.

     

    Les contestataires se posent plusieurs questions quant au sort réservé à cette affaire, cela les révolte encore plus, et veulent à aller loin pour qu’ils soient rétablis dans leurs droits. Ils réclament sans concession l’annulation du concours et de le frapper de nullité, écarter les responsables de ce fiasco de toute responsabilité administrative et pédagogique. Si d’aventure leurs attentes ne sont pas satisfaites, tant les irrégularités qu’ils dénoncent sont criardes et établies, il semble aujourd’hui déterminés à frapper aux portes du tribunal administratif. Un avocat est déjà saisi de l’affaire et attend l’issue de l’enquête pour engager officiellement les procédures. 

     

    Samir Lekhal

  • Soufiane Djilali dénonce le fichage dans les consulats algériens

     


    Par Le Matin |
     

    Dans le communiqué qui suit, le candidat à la drôle de présidentielle, Soufiane Djilali, pointe les irrégularités dont les ambassades sont les auteurs.

    Au regard de ses critiques, Soufiane Djilali ira-t-il jusqu'au terme de la présidentielle ? Au regard de ses critiques, Soufiane Djilali ira-t-il jusqu'au terme de la présidentielle ?

    Contrairement aux dispositions claires de l'article 7 du décret 14 07 du 15 janvier 2014 portant sur les formalités de souscription et de légalisation de signatures individuelles pour les candidats à l'élection de la Présidence de la République, certains consulats en France consignent sur un registre l'identité des signataires et le nom du candidat parrainé et procèdent à la garde d'une copie du bulletin de parrainage dûment complété par le parrain.

    La direction de campagne en France du candidat Soufiane Djilali dénonce ces pratiques contraires à l’Art. 7 du décret qui stipule : "La consignation des renseignements relatifs à l’identité du signataire sur un registre ou tout autre support autre que le formulaire de souscription de signatures est interdite". Elle en appelle à la commission de supervision des élections qui doit rapidement et publiquement rappeler aux autorités consulaires en infraction les règles en matière de légalisation des signatures.

    De tels procédés tendent à dissuader les citoyens d’exercer leur droit.

    Pour être respectée, la loi doit être respectée par ceux là même qui sont censés la faire respecter.

    Le porte-parole du candidat en France

    Zoheir Rouis

  • Faut-il défendre l’Algérie ?

     

    source:http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/faut-il-defendre-l-algerie-105160

     

    En tenaille par l'OTAN, des Arabes occidentalisés et des Islamistes

    Tunisie en octobre, Maroc en ce mois de novembre... Que devient l'Algérie ? Après l’analyse pertinente de Roger Vétillard « Les Algériens sont-ils condamnés à émigrer ? », publiée ici-même et qui se terminait par la proposition, étonnante, d’une quasi-suppression du visa français pour les Algériens, il importe de revenir sur la situation internationale de ce pays et d’insister sur l’encerclement stratégique en cours.

    La frontière avec la Libye, longue de 2 000 km, est déjà fermée depuis que Safia Kadhafi, accompagnée de Mohammed, Hannibal et Aïcha, les moins influents des descendants de Mouammar Kadhafi, ont franchi la frontière, le lundi 29 août à 8h45. Les relations algériennes avec le Conseil National de Transition et les révolutionnaires libyens sont exécrables.

    Pendant l’insurrection, l’Algérie avait fourni des armes et des combattants mercenaires aux forces pro-kadhafistes, (acheminement nocturne, par bateaux ou vols aériens) et elle a voté avec le Soudan, la Syrie et le Yémen contre le soutien de la Ligue arabe à la résolution 1973 du Conseil de sécurité de l’ONU, qui avait ouvert la porte à l’opération aérienne de l’Otan. Le CNT s’en souvient et s’en souviendra.

    En fait, l’Algérie a immédiatement pris l’ampleur de l’enjeu de l’intervention de soutien à la révolution libyenne : pour la première fois, l’Otan sortait de sa zone d’action habituelle et intervenait au Sud de la Méditerranée. L’Union pour la Méditerranée n’ayant pu se faire par le soft power et la puissance diplomatique, les Occidentaux, et parmi eux les Français, l’imposaient, en quelque sorte, par la force.

    Une aide discrète à Kadhafi pour barrer la route à l'américanisation

    C’est cette prise de conscience géopolitique, qui amena l’Algérie, depuis le début du soulèvement libyen, a prêter assistance au Colonel Kadhafi que, jusqu’alors, pourtant, elle n’appréciait pas. Le soutien de Kadhafi aux rébellions touarègues du Mali et du Niger, ses ingérences dans le Grand Sud algérien et ses interventions pro-Polisario dans le dossier du Sahara occidental mettaient, en effet, auparavant, régulièrement en colère les généraux algériens.

    La presse occidentale, pour évoquer et dénoncer le soutien de l’Algérie à la Libye, joua, depuis le début, la corde facile de la solidarité des dictatures entre elles, sans relever l’incongruité de la position algérienne qui, comme nous venons de le faire remarquer, était autrefois anti-kadhafiste. En amalgamant les dictatures entre elles, la presse française occulte le véritable événement : la nouveauté d’une intervention militaire de l’Otan en Afrique du Nord, à l’extérieur de sa zone d’influence.

    Du coup, elle ne relève pas que cela change, forcément, toute la donne en Méditerranée, que cela transforme, nécessairement, toutes les relations diplomatiques entre les pays européens et l’Afrique du Nord, relations qui jusqu’alors se voulaient cordiales, civilisées et pacifiques et dont on n’imaginait pas qu’elles puissent un jour se finir par des bombardements nourris à l’uranium appauvri.

    L’Algérie est prise entre le marteau et l’enclume. D’un côté, elle est menacée par les Islamistes du CNT et s’inquiète, de fait, à l’idée d’un mouvement démocratique de sa jeunesse à la Tunisienne ; de l’autre, elle reste paralysée, diplomatiquement, par les luttes de clan en vue de la succession du président Abdelaziz Bouteflika. Le pays est tenu par la répression, la censure et la pauvreté organisée mais cela n’a pas empêché l’Algérie de connaître, cet été, un spectaculaire attentat, peu relevé d’ailleurs car en pleine bataille de Tripoli.

    Quel jeu joue la France ?


    Cet attentat, contre l’Académie Militaire de Cherchell, qui a causé la mort de seize officiers et de deux civils, confirme pourtant la renaissance certaine d’un djihadisme clandestin. Il fut revendiqué par un communiqué d’Al Qaeda au Maghreb islamique (l’Aqmi) qui justifia l’attaque par « les soutiens d’Alger au régime Kadhafi ». Au passage, on remarquera l’imbroglio « oriental » pour la diplomatie française : elle soutient l’Algérie et en même temps, le CNT, négocie avec l’AQMI, allié du CNT, pour la libération de ses otages !



    Des informations fiables ont fait état de livraisons d’armes lourdes, depuis la Libye, vers les combattants d’AQMI, installés au nord du Mali, près de la frontière algérienne. Des armes françaises ; peut-être, celles-là mêmes qui servaient à « libérer » la Libye ! On comprend, dès lors ,que l’Algérie n’a pas de quoi être très rassurée, sans compter que des centaines de combattants touaregs de Kadhafi rentrent, au Sud, sous leurs toiles de tente pour un repos du guerrier, à notre avis, très éphémère et que, pendant l’insurrection et la guerre civile libyenne, il y a eu l’émergence d’une extrême politisation des Berbères. 

    En somme, d’un côté, pour l’Algérie, il y a l’Otan en Libye, les Islamistes « modérés » en Tunisie et de l’autre, l’armée française présente en Mauritanie pour lutter contre l’Aqmi. L’Algérie a bien le droit de se sentir assiégée. Il suffirait d’une déstabilisation intérieure minime pour que tout craque. Mais jusqu’alors, les services secrets américains et français ne semblent pas l’avoir décidé et, officiellement, la politique étrangère algérienne a tenu ferme, arguant de son principe de « neutralité » et de « non ingérence » dans les affaires intérieures des pays voisins.

    Que ce soit la Tunisie ou la Libye, même si Sadeck Bouguetaya, député et membre du comité central du FLN, l’ancien parti unique algérien, dépêché à Tripoli pour représenter l’Algérie à une réunion de soutien des chefs de tribu à Kadhafi, s’était livré à un vibrant éloge du guide libyen et à une diatribe enflammée contre son opposition, traitée de « pion des Occidentaux ». Ce jour là, il n’acheva pas son discours par un pieux « Allah Akbar », mais par un surprenant « que Dieu maudisse la démocratie ! ». L’Algérie s’inquiète aussi des visées économiques et idéologiques du Qatar. L’émirat a financé les rebelles libyens islamistes par milliers de dollars et a largué des armes aux rebelles berbères du djebel Nefoussa.

    En résumé, on peut dire que, vis-à-vis de l’Algérie, aurait primé, jusqu’alors, que ce soit de la part de la France ou des Etats-Unis, une stratégie d’évitement. Mais, dans le même temps, l’évolution des combats, sur le terrain, les transferts d’armes et de combattants, les bakchich onéreux, très souvent négociés, avec les tribus dans le désert font que l’Algérie se retrouve bien comme assiégée sur ses frontières et encerclée de trahisons multiples.

    Du côté du Maroc, enfin, les réformes annoncées par le roi ne sont guère plus rassurantes pour le régime en place, car elles indiquent une capacité d’ouverture et de modernisation dont l’Algérie semble bien incapable, sans réels déchirements internes.

    Un verrou à la globalisation à faire sauter ?
     
    Nonobstant, pour les Occidentaux et en déployant simplement une carte, l’Algérie se présente comme l’ultime verrou à faire sauter pour « globaliser », « mondialiser », recoloniser (nous pouvons presque user du terme !) cette partie du monde.

    A Alger, ce n’est un secret pour personne que l’Ambassade des Etats-Unis a, maintenant, presque plus de poids que l’Ambassade de France. Alors une question se pose : les Etats-Unis conserveront-ils ce dinosaure en Afrique du Nord, un peu comme la junte birmane, en Asie, garantit les prospections pétrolifères et verrouille le passage entre l’Inde, la Chine et la Thaïlande ?

    Mais, effectivement, comment réussir à tenir la jeunesse algérienne, sinon en favorisant son immigration vers la France et en imposant à celle-ci une plus grande souplesse dans sa politique des visas ?

    Intérieurement, la victoire des Islamistes à Tunis, la charia à Tripoli, vont permettre à Alger de jouer, un temps, sur la corde sensible du nationalisme algérien. L’Algérie dénoncera l’intervention occidentale et fera peur aux Algériens, en assimilant tout changement au chaos et à Al-Qaeda. Mais pour combien de temps ? Le temps, peut-être, que durent les commémorations du cinquantenaire de l’Indépendance, en présence, n’en doutons-pas, d’un François Hollande tout ému. Un François Hollande qui, durant toute sa carrière, a soutenu, sans faille dans ses discours, le FLN algérien.

    http://metamag.fr/metamag-536-Faut-...
  • no moment

    20140206.jpg

  • Bouteflika otage de son entourage

     

    Ils veulent lui imposer un quatrième mandat

     

    Taille du texte normaleAgrandir la taille du texte

     

    diaporama | © Photo : El Watan
     
    Imprimer Envoyer à un ami Flux RSS Partager

    Alors que le Président reste silencieux, son entourage s’active à faire un passage en force pour le voir postuler à un quatrième mandat. Les collusions d’intérêt au sein du clan présidentiel sont-elles en train de prendre en otages Bouteflika lui-même et le destin du pays ?

    Passage en force. Le clan s’acharne à imposer un quatrième mandat. Dans sa guerre pour garder le pouvoir, la garde prétorienne du président Bouteflika mobilise toute l’armada politico-financière, au risque de provoquer un séisme destructeur pour le pays. Le clan, mené par le quatuor Saïd Bouteflika, Gaïd Salah, Amar Saadani et Amar Ghoul, engage un combat de mort pour reconduire à la tête de l’Etat un homme gravement malade. Abdelaziz Bouteflika, âgé de 77 ans, qui cumule trois mandats présidentiels au bilan rachitique, n’exerce plus sa fonction de Président depuis neuf mois, conséquence d’un accident cardiovasculaire (AVC) qui l’a contraint à une longue convalescence.
    Depuis le 27 avril 2013, le locataire d’El Mouradia ne s’est pas adressé aux Algériens pour les rassurer sur l’état de santé du pays ni pour dévoiler ses intentions quant à son avenir politique. Son silence intrigant a plongé le pays dans une dangereuse angoisse. Très affaibli par la maladie, le Président n’a plus les capacités physiques pour agir et dissiper l’épais brouillard qui voile le ciel de la «République».

    Le pays navigue à vue. Depuis son effacement du devant de la scène, le soin est laissé à sa garde rapprochée d’exécuter des plans obscurs. Imposer vaille que vaille et contre toute logique politique le quatrième mandat d’un Président sérieusement handicapé, au risque d’exposer la société à un destin périlleux. Le Président sortant est-il consentant ? Ses hommes agissent-ils sous ses ordres ? En a-t-il encore les capacités ? Ou bien est-il pris en otage par son clan, mû par des intérêts économiques et financiers colossaux, accaparés à l’ombre d’une corruption généralisée qui s’est accrue dangereusement sous le règne du «grand frère». La maladie du Président a réduit sensiblement ses chances de rempiler et a plongé du coup courtisans et partisans dans la panique. Pris de court et pressés par le temps, ils s’emploient mordicus et contre tout bon sens à maintenir un statu quo mortel pour le pays.


    Situation inédite et dangereuse


    La convalescence du chef de l’Etat qui s’éternise permet sans doute aux principaux acteurs du clan présidentiel une liberté d’action et de régenter à leur guise la vie politique du pays. Une situation inédite qui fait dire à beaucoup de commentateurs qu’il y a usurpation de la fonction présidentielle. Il est à se demander qui gère les affaires de la République. Les trois mandats présidentiels ont permis l’émergence d’une nouvelle caste d’affairistes liée aux milieux politiques et économiques. Et c’est elle qui, aujourd’hui, semble fixer, loin de la légalité institutionnelle, un «cap» risqué pour le pays.  La sauvegarde de ses agios illicitement acquis passe fatalement par le maintien au pouvoir de l’actuel Président. Son départ ferait perdre l’immunité au clan et à toute la faune d’affairistes qui s’est constituée durant les longues années Bouteflika. Il faut dire que parmi les hommes cités par la justice dans les gros scandales de corruption, nombre sont du cercle présidentiel. D’où leur affolement et surtout leur acharnement.

    La violente charge lâchée par l’entourage immédiat du Président contre le patron du Département du renseignement et de la sécurité (DRS), le général de corps d’armée Mohamed Médiène dit Toufik, est révélatrice d’un grand malaise au sommet du pouvoir et qui pourrait déteindre sur la société. Souvent, les conflits au sommet se règlent dans la violence. Signe d’absence d’un consensus large entre les différents pôles du pouvoir autour d’un quatrième mandat, ouvrant ainsi les hostilités. Le patron des «services» aurait opposé son veto quelques semaines après que Bouteflika eut quitté l’hôpital militaire parisien du Val-de-Grâce.

    Contrairement au chef d’état-major Ahmed Gaïd Salah qui, lui, aurait été favorable à l’idée d’un mandat présidentiel supplémentaire. De retour au pays, Bouteflika l’a promu vice-ministre de la Défense, tout en gardant son poste de chef d’état-major.  Alors que le patron du DRS est vertement attaqué par le secrétaire général de l’ex-parti unique. Car la première attaque de Amar Saadani contre Mohamed Médiène remonte à début novembre. Un pernicieux procédé visant à diviser l’armée. La dernière sortie de Amar Saadani s’inscrit dans la continuité de l’exécution de ce plan aux fins de déstabiliser le DRS et d’affaiblir du coup le général Toufik. Une aventure hautement risquée et qui va sans doute saper la cohésion de l’armée, sérieusement mise à rude épreuve. A seulement quelques semaines de l’élection présidentielle, la tension qui s’est installée au cœur du pouvoir fait peser sur le pays de graves menaces. 

    Hacen Ouali
  • Bensalah et Benyounès tirent sur Saâdani

    Après les déclarations du SG du FLN sur le DRS

     

    Par : Souhila HAMMADI

    Le secrétaire général du RND a estimé que l’élection présidentielle se prépare dans une conjoncture sensible et délicate, qui exige la maîtrise de soi. Une qualité qui ne semble pas être le point fort de son homologue du FLN qui a choisi plutôt le style de la provocation.

    Hier, lors de sa rencontre avec les responsables de la communication de son parti au niveau local, le secrétaire général du RND, Abdelkader Bensalah, a abordé l’ambiance qui entoure l’élection présidentielle du 17 avril 2014, en des termes assez critiques. Il a commencé par relever que “la scène politique nationale vit, ces derniers temps, des interactions entre les partisans de l’un, les fidèles à un autre et ceux qui appellent au boycott. Ce sont là des manifestations d’une pratique démocratique normale (…) mais nous voulons une concurrence sur la base de la confrontation des idées et des programmes (…) loin de la violence verbale ou des règlements de comptes”.
    Un vœu qui semble bien pieux, eu égard à la cacophonie qui règne en maître absolu dans les hautes sphères de l’État et de leurs relais et surtout l’agitation inexpliqué et inexplicable d’Amar Saâdani, dont les déclarations publiques deviennent, chaque jour, plus intempestives contre le DRS, mais aussi contre ses détracteurs dans les rangs du Front. Sans le citer expressément, le patron du Rassemblement national démocratique a justement ciblé, par ses remontrances, son homologue du FLN. C’est du moins l’interprétation donnée à ses propos, par les gens de la presse et les cadres du parti. “Nous appelons à la pondération et éviter, autant que possible, de verser dans des comportements nourris par l'excitation et la provocation... D'autant que l'élection présidentielle aura lieu dans une conjoncture sensible et délicate, qui exige la sagesse et la maîtrise de soi.” Cette mise au point faite, le SG du RND est revenu à l’ordre du jour de la rencontre organique. Il a incité alors les cadres de sa formation politique à redoubler d’efforts pour convaincre les électeurs à se rendre aux urnes et surtout à donner leur voix au candidat cautionné par le Rassemblement, soit Abdelaziz Bouteflika. “Dès le début, nous avons affirmé que le frère Abdelaziz Bouteflika est plus grand que d'être le candidat d'un parti ou d'un groupe. Nous avons également dit que les réalisations de l'homme et son travail font de lui le candidat  de tous ceux qui aiment l’Algérie, toutes les personnes impliquées dans la construction du pays, qui croient en son avenir radieux…”, a-t-il lancé en direction de son auditoire.  
    Dès lors, le RND affûte ses armes pour faire campagne en faveur de la participation au scrutin du printemps prochain. La direction du parti a donné, en outre, des consignes à quelque
    8 000 élus sous l’égide du Rassemblement pour être prêts à signer des souscriptions en faveur de la candidature du président Bouteflika. “Nous n’avons pas encore eu les formulaires de candidatures, mais l’opération de collecte de signatures se fera rapidement dès que nous les aurons”, a indiqué Mme Nouara Saâdia Djaâfar, porte-parole du RND. Cette information corrobore la démarche du ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales, qui a démenti le retrait de formulaires de candidature pour le chef de l’État, tel que rapporté par le président de Taj, Amar Ghoul. Notre interlocutrice nous a révélé, aussi, qu’aucun rapprochement n’est entrepris entre les partis politiques qui soutiennent le quatrième mandat. Chacun fait cavalier seul. Ce qui explique, quelque peu, les contradictions constatées dans les démarches des uns et des autres.

  • Ça devait mal finir

     

     

    Par : Mustapha Hammouche

    On n’aura jamais vu cela. Ni en 1978, ni en 1988, ni en 1998, ni même en 2008. Toutes ces fois-là, la crise cyclique de régime s’était réglée dans l’intimité des salons feutrés des décideurs. Et toutes, toujours dans le sens d’une prolongation de sursis pour le système. Sauf, peut-être, en 2008, où la crise avait été résolue dans le sens d’un sursis pour le régime, avec le passage en force d’une Constitution formellement démocratique à un régime de présidence à vie.
    Le diagnostic était pourtant éloquent : soutenu par des plans de dépenses qui allaient entretenir une frénétique activité de prédation, le programme est resté à l’état de document (de même que les projets de réforme de l’État, de l’école, de la justice, de l’économie…). Des dépenses “de consolation” durent être engagées pour contenir le mécontentement naissant d’un peuple qui ne pouvait indéfiniment rester passif devant la curée à laquelle il assiste : réévaluation inconsidérée des indemnités des élus, des salaires de cadres, des soldes de corps constitués, industrie du logement social, soutien des prix de multiples produits, crédits aux jeunes à taux zéro, tolérance des activités économiques et commerciales parallèles, dispense du paiement par chèque nécessaire aux petits trafics… La rente semble suffire pour qu’un maximum d’Algériens puissent croire qu’ils vivent au frais de la princesse. L’expression étant verrouillée, réprimée quand elle se fait insistante, nous sommes de plus en plus nombreux à nous diriger vers la porte ouverte : la souscription à la rente, chacun à sa manière et en fonction de ses opportunités.
    Le prétexte de “la stabilité”, que l’on invoque brandit une nouvelle fois, aujourd’hui, comme une voie de salut national, l’a emporté sur l’urgence, déjà palpable en 2008, d’un changement. Ne serait-ce que pour éviter que la poursuite du gaspillage improductif des ressources nationales, la prolifération des pratiques de malversation ne perdurent et pour, si possible, libérer la justice, réhabiliter la santé, l’école, et le service public.
    Non, le projet de ruineuse “stabilité” a été préféré à un nouveau départ salvateur. Pour cela, le pouvoir est allé jusqu’à assumer un coup de force constitutionnel qui a amputé notre loi fondamentale de l’un de ses rares attributs démocratiques infalsifiables dans la pratique : la limitation du nombre de mandats présidentiels. Au nom de la continuité, on a renforcé l’autoritarisme en politique et l’immobilisme en matière de développement, abandonné des secteurs vitaux tels l’éducation et la santé au pourrissement. Les dossiers de malversations s’accumulent, tous plus scandaleux les uns que les autres, et même s’ils tardent à être traités, leur nombre est significatif de ce que les appétits de coteries ont déchu la notion d’intérêt général.
    Aujourd’hui, la question de la poursuite d’une telle politique se repose à nouveau. Avec un tel bilan, elle se repose de manière d’autant plus pressante. Mais, l’idéal de “stabilité” semble être plus défendu qu’il ne l’a jamais été. Parfois, sans même que soient mises les formes que notre système savait, jusqu’ici, sauver.
    Ça devait mal finir. Il y avait trop d’argent pour écouter les avis inquiets. Pour le système ou pour le pays. C’est au choix.

  • Le gendre de Chirac était à Alger


    BarouxFrédéric Salat-Baroux, né le 12 juillet 1963 à Paris, est un haut fonctionnaire français. Du 2 juin 2005 jusqu'à la fin du mandat de Jacques Chirac, il occupa les fonctions de secrétaire général de la présidence de la République à l'Élysée.

     

    Frédéric Salat Baroux, qui a occupé le poste de secrétaire général de l’Elysée et surtout gendre de l’ex-président français Jacques Chirac, a fait une virée à Alger. Mieux encore, il a eu le privilège du protocole bien organisé grâce à un ministre actuel de la République algérienne. Et dire que cette visite n’a pas eu la médiatisation comme de coutume. Pourquoi ? Mystère.

  • Le ministre fantôme

    Les internautes sont de plus en plus nombreux à évoquer le nom d’un ancien ministre de l’Information comme étant le rédacteur principal d’articles à la gloire du président Bouteflika et de ses partisans. Ces articles que l’on retrouve dans des sites internet se veulent des instruments de décodage de la démarche du clan présidentiel et des lectures «autorisées», justifiant les mesures prises depuis quelques mois et touchant les structures de l’armée.

  • Bouteflika : un candidat sans voix


     

    C’est incontestablement une réélection de Bouteflika au forceps que le clan présidentiel tente désormais, usant au besoin, de la grosse artillerie pour s’ouvrir le chemin. Et, parce qu’elle est problématique à plus d’un égard, la reconduction de Bouteflika donne lieu à un affrontement public entre le clan présidentiel et le DRS, à l’évidence opposé au scénario.

    Sofiane Aït Iflis- Alger (Le Soir)
    Si l’on devait s’arrêter sur un qualificatif concernant l’élection présidentielle du 17 avril prochain, c’est sûrement celui de rendez-vous inédit dans les annales des consultations électorales que le pays a eues à vivre depuis l’indépendance.
    Généralement, les tiraillements au sommet de l’Etat à l’approche d’une telle échéance capitale, ne dépassent pas les murailles du sérail. Cette fois-ci, c’est à un déballage public que l’on assiste. Un déballage inédit au demeurant, tant est qu’il est empreint d’affolement, à mesure qu’approche la présidentielle. En d’autres situations, les choses se seraient assurément passées autrement. Ce qui fait que les choses aient dérivé dangereusement, c’est que le clan présidentiel ne trouve aucun argument à faire valoir quant au renouvellement du bail pour Bouteflika. Le vague slogan de stabilité, répété jusqu’à l’overdose par le Premier ministre Abdelmalek Sellal, manque de convaincre, dès qu’il est confronté à la réalité d’un président malade, invisible et sans voix.
    Le président Bouteflika ne s’est plus adressé à la Nation depuis son discours de Sétif, en 2012, quelque temps avant la tenue des élections législatives. Dans ce discours-là, d’aucuns s’en rappellent, Bouteflika s’était fendu d’une déclaration qui a fait le buzz. «Tab Djna’ni», a-t-il insisté, laissant entendre du coup, que la succession était ouverte. Peut-être pour en écouter l’écho que cette déclaration allait susciter, Bouteflika, depuis, s’est drapé dans le silence. On peut supposer qu’il s’était volontairement rendu à un tel choix. Mais depuis le 27 avril 2013, jour de son AVC et de son évacuation d’urgence au Val-De-Grâce, en France, son silence est forcé.
    L’une des séquelles de l’AVC est que Bouteflika a perdu, non point la motricité, mais aussi l’usage de la parole. D’ailleurs, les séquences télévisuelles où il est montré recevant Sellal, Gaïd Salah ou des convives étrangers, sont des films sans paroles.
    Et c’est la candidature de cette personne complètement diminuée, forcément incapable d’articuler ne serait-ce qu’un court toast, que l’on travaille à imposer aux Algériens. Les courtisans qui se recrutent au sein de la classe politique, comme dans l’univers syndical et associatif, ont dû lire, à la va-vite quelques manuels, traitant du conditionnement des masses pour jouer inlassablement la sérénade d’un 4e mandat.
    L’idée première étant de faire admettre que la candidature d’un président gravement affecté par la maladie est concevable. Un chef de parti, le responsable du MPA pour ne pas le citer, s’est même permis d’affirmer que «le cerveau de Bouteflika fonctionne mieux que tous nos cerveaux réunis».
    Manière très maladroite de vouloir soutenir que, même malade et convalescent, Bouteflika a toujours la capacité de gouverner. Ça a fait rire. Sans plus. Après le candidat de consensus, le candidat sans voix.
    S. A. I.