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  • Les pratiques illégales de la Direction du centre d’Alger

     

     

     

    Nouveau scandale dans le secteur de l’éducation nationale

     

     

    Par : Malika Ben

    Les postes budgétaires ouverts en 2013 pour les lauréats du concours 2012 ont été attribués aux postulants de la liste provisoire, et ce, en violation de la loi. Exerçant en tant que contractuels et non stagiaires, ils réclament la régularisation de leur situation avec effet rétroactif à partir de septembre 2012.

    Les scandales des Directions de l’éducation ne sont pas près de finir. À peine des dépassements et des pratiques illégales sont dénoncés que d’autres éclatent au grand jour, levant le voile sur la gestion opaque de ces institutions. Gros et régulier recruteur, le secteur de l’éducation nationale attise les convoitises. Nombreuses sont les personnes, des femmes surtout, intéressées par une carrière dans l’enseignement vu les nombreux avantages qu’offre le secteur.
    L’offre de postes budgétaires est assez souvent au-dessous de la demande qui va crescendo d’une année à l’autre. Une situation qui ouvre la voie à toutes sortes d’irrégularités, de dépassements et de violation de la réglementation pour lesquels les différentes Directions de l’éducation sont très connues.
    En témoignent, d’ailleurs, les innombrables contestations qui éclatent après chaque concours de recrutement d’enseignants ou autres personnels. Qu’une personne “recommandée” soit recrutée à la place d’une autre relève de la logique de nos jours, mais ce qui est inconcevable, c’est que des personnes qui ont suivi un parcours de formation et fait leurs preuves soient défavorisées par rapport à d’autres, et ce, en violation de la loi.
    Une pratique courante passée souvent sous silence. Mais pas cette fois-ci, car les enseignants qui en ont fait les frais ont décidé de crever l’abcès, au grand regret de la Direction du centre d’Alger. C’est, du moins, ce que révèle la requête adressée par ces enseignants au ministère de tutelle, à la direction de la Fonction publique, à la direction de l’éducation du centre d’Alger et à l’inspection du Travail. Les dessous de cette affaire ? Le fameux concours de recrutement des enseignants de 2012, qui a fait couler beaucoup d’encre à l’époque et qui ne cesse de dévoiler ses secrets.
    Plus d’une cinquantaine de lauréats classés par ordre de mérite et ayant bénéficié d’une formation pédagogique d’une année, conformément aux articles 84-85 du statut général de la Fonction publique, ont été recrutés en qualité de suppléants au niveau de différents lycées relevant de ladite direction en septembre 2012. “Nos dossiers ont été soumis au contrôle de la Fonction publique qui les a d’ailleurs approuvés, confirmant ainsi notre réussite au concours de 2012. Des attestations de fin de formation avec succès nous ont été délivrées”, notent les enseignants signataires.
    Jusque-là, la procédure réglementaire est respectée. Mais les violations des textes de loi ne tarderont pas à être découverts. “Nous avons été recrutés en septembre 2013 en tant que contractuels pour une période de trois mois !” Surprise ! Conformément à la réglementation, ces enseignants devaient être recrutés en tant que stagiaires. Interpellés, les responsables de la DE du centre d’Alger expliqueront que “ce n’est qu’une situation provisoire qui précède l’approbation des arrêtés de stage par le contrôleur financier”.
    Première version ou dérobade. Elle sera suivie par une seconde version ou engagement de régulariser la situation avant le mois de décembre 2013. Évidemment, rien de concret à ce jour. Et seconde surprise : “Nous avons été choqués de découvrir que des enseignants qui ne figuraient pas sur la liste des lauréats aux concours, mais qui étaient portés sur la liste provisoire, ont été recrutés en tant que stagiaires.” Autrement dit, ils ont tout bonnement occupé des postes qui revenaient de plein droit aux enseignants lauréats à qui “on demande toujours de patienter”. Interpellés une fois encore, les responsables de la direction révèleront que “c’est la liste des lauréats de la formation pédagogique qui a été prise en considération, et non celle des lauréats du concours de recrutement”. Une autre échappatoire en contradiction totale avec la réglementation qui stipule que seuls les lauréats suivent la formation et ceux de la liste provisoire devraient attendre que de nouveaux postes budgétaires soient ouverts. “Les enseignants provisoires ont suivi la formation avec nous sous prétexte que de nouveaux postes leur ont été ouverts. Finalement ce sont les nôtres qu’ils ont occupés et leur situation a été régularisée au détriment de la nôtre.”
    Les enseignants contestataires interpellent la direction et exige la régularisation de leur situation avec effet rétroactif à partir de septembre 2013 et leur recrutement en qualité de stagiaires, conformément à la réglementation. Ils réclament aussi de “mettre toute la lumière sur ce dossier dans la transparence et la clarté, loin de toute l’ambiguïté qui l’entoure actuellement”. Reste à savoir jusqu’à quand les innombrables irrégularités et scandales des Directions de l’éducation à travers le territoire national resteront-ils impunis. À quoi peuvent servir les lois de la République si chaque responsable impose les siennes à sa guise, sans se soucier outre mesure des conséquences ?

     

    M. B

  • no moment

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  • L’invention du vide politique

     

    Par : Mustapha Hammouche

    Quatre-vingt-cinq personnes ont retiré les formulaires de candidatures à l’élection présidentielle. La procédure prend des allures de passe-temps, et d’ici la date limite de dépôt de dossier, le 4 mars, ils seront probablement bien plus nombreux à avoir tenté la candidature.
    Dix-huit postulants seulement représentent des partis politiques. Pourtant, quelque quarante-cinq partis ont participé aux législatives de 2012. Et depuis, on en a créé d’autres ! Un vide politique plein de partis politiques !
    L’expérience du multipartisme algérien avait ainsi débuté : avec une myriade de formations, plus ou moins représentatives. Mais les premières élections avaient amorcé un début de décantation. Et malgré le raz-de-marée islamiste et le parti-pris du pouvoir pour un FLN sous perfusion, un début de paysage politique commençait à s’estomper. Après la dissolution du HCE, en janvier 1994, fut institué un Conseil national de transition qui ressuscita toutes les coquilles vides exclues de la vie publique par la réalité du terrain et qui recycla une partie de la “société civile” maison. On était loin de la consistance intellectuelle et politique du Conseil consultatif national créé par Boudiaf ­— et dissous avec le HCE — et qui comptait, parmi ses membres, des El-Hadi Flici, Malika Greffou, Mostéfa Lacheraf, Hafid Senhadri, Abdelhamid Benhadouga…
    Durant ses trois années d’existence, le CNT fut présidé par Abdelkader Bensalah. Déjà ! C’est au cours de cette “transition” qu’on fabriqua le RND qui allait rafler la majorité aux législatives de 1997, au prix d’une fraude “historique”.
    Depuis, le pouvoir n’a cessé de se donner “sa” classe politique, globalement caractérisée par l’inconsistance conceptuelle et politique. L’impéritie devenue, depuis, un atout de carrière.
    On peut remettre des dizaines d’agréments, comme on le fait depuis deux ans, sans faire bouger les lignes. C’est la procédure d’agrément qui bouge en fonction de lignes intouchables. On observe ainsi qu’à la veille d’une échéance décisive, l’activité des dizaines de partis nouvellement agréés consiste à se réunir par demi-douzaines pour appeler à un quatrième mandat. Disparaissant ensuite pour attendre d’éventuels dividendes de leur soutien.
    Puisque l’arbitraire et la fraude font qu’il n’y a pas de compétition dans la vie politique, il n’y a pas, non plus, de logique qui présiderait la formation psychologique de l’ambition politique individuelle. Dans un contexte globalement médiocre, aucun “politicien” ne peut contester à l’autre le droit à ses prétentions politiques. Et comme il n’y a plus de repères vivants pour relativiser ses aptitudes, et donc ses chances, et pour peut-être tempérer ses ardeurs, chacun peut croire à ses chances de cooptation.
    Sous le régime actuel, les choses ont empiré : puisqu’il suffit de glorifier la vision unique et incomparable du Président, nul besoin d’en avoir soi-même. Il s’agit d’être assez brillant pour déceler la clairvoyance présidentielle ou accepter de la braver et de… disparaître. Même l’abstention en a perdu son sens : la politique de la chaise vide est sans effet dans un contexte où celle occupée est vide de sens.
    Là est l’exploit national : avoir réussi à inventer le vide politique. Que la scène soit peuplée ou non. Le résultat en est un pouvoir inamovible et une vie politique qui tourne à vide.

  • Boutef dans le Top 10 des dirigeants les plus accros au pouvoir

    Selon un classement établi par le site Slate Afrique

     

     

    Par : Rubrique Radar

    Voici un classement de ces chefs d’État africains qui ne lâchent pas le “koursi”. Teodoro Obiang Nguema Mbasogo de Guinée Bissau, ancien militaire de 71 ans au pouvoir depuis 34 ans. José Eduardo Dos Santos, 34 ans de règne à la tête de l’Angola, compte se présenter en 2017. Paul Biya, 80 ans, s’accroche au pouvoir au Cameroun depuis 32 ans. Yoweri Museveni, 69 ans, aligne 28 ans de pouvoir en Ouganda. Robert Mugabe, 89 ans et 26 ans au pouvoir au Zimbabwe. Idriss Déby Itno, 62 ans, 23 ans de pouvoir au Tchad. Blaise Compaoré, comme beaucoup d’autres, a pris les rênes du pouvoir au Burkina après un coup d’État en 1987 pour ne plus le lâcher. Bloqué par sa Constitution de 1991 et sa limitation de mandats, il cherche un moyen de résoudre ce casse-tête avant la présidentielle de 2015. Omar al-Béchir, 70 ans et 20 ans de dictature au Soudan où sa réussite aura été de diviser son pays en deux. Issayas Afeworki, 67 ans et 20 ans au pouvoir en Érythrée dont il a été l’artisan de l’indépendance en mai 1993, arrachée à l’Éthiopie. Bouteflika, qui devrait briguer un 4e mandat, alors que sa santé s’effrite, est dans ce Top 10.

  • Le cabinet d’analyse financière AlphaValue prévoit un prix du baril à 50 dollars en 2017

     

     

    Un scénario catastrophe pour l’Algérie ?

    Par : Meziane Rabhi

    Au-delà du risque de la baisse des prix, l’Algérie, qui exporte l’essentiel de son gaz vers l’Europe,  aura à faire face à davantage de concurrence.

    La production mondiale d’hydrocarbures non conventionnels, comme les gaz et pétrole de schiste, pourrait faire chuter le prix du baril de brut pour atteindre 50 dollars en 2017. L’impact sur l’Algérie, dont les hydrocarbures représentent 97% des recettes du pays, serait alors catastrophique. Le débat n’est pas encore tranché, mais certains experts envisagent très sérieusement cette hypothèse.
    À en croire les projections du cabinet indépendant d’analyse financière AlphaValue, dévoilées dans Le Parisien, le 20 janvier dernier, le baril de Brent (la référence européenne) pourrait descendre de 109 dollars en moyenne en 2013, jusqu’à 50 dollars en 2017, avec des premiers signes de baisse prévus dès l’été prochain. “Nous faisons face à une révolution technologique susceptible de changer le monde tel que nous le connaissons aujourd’hui”, estime Alexandre Andlauer, analyste du secteur pétrolier d’AlphaValue, cité par le journal français, en évoquant le gaz et le pétrole de schiste, notamment aux États-Unis.
    “Depuis 2008, date de l’essor industriel de ces hydrocarbures non conventionnels, la production y a augmenté chaque année en moyenne de 1 million de barils par jour (Mbj). Et a atteint l’an dernier un volume effarant de 7,7 Mbj, faisant des États-Unis le troisième producteur mondial de pétrole derrière la Russie et l’Arabie saoudite”, écrit le journal. La production américaine de brut en 2013 a affiché une croissance de 15%, du jamais vu dans aucun pays au cours des deux dernières décennies, a souligné récemment l’agence. En novembre dernier, la production de brut aux États-Unis aurait ainsi pour la première fois dépassé les 8 millions de barils, un record depuis fin 1988, selon des données préliminaires citées par l’AIE. S’ils restent grands importateurs en données nettes, les États-Unis produisent désormais plus qu’ils n’importent.
    D’autres pays, la Chine notamment, mais également l’Australie, tentent de développer leur gaz non conventionnel.
    Il y a également l’Allemagne qui importe massivement du charbon américain. Mais certains experts estiment que les prix du pétrole devraient rester assez élevés, soit au niveau de 100 dollars.
    L'Agence internationale de l'énergie (AIE) a relevé sa prévision de demande de pétrole pour 2014 du fait d'une d’accélération de la croissance économique mondiale jugée de plus en plus probable, sur fond de forte hausse de la production américaine. Mais au-delà du risque de la baisse des prix, l’Algérie, qui exporte l’essentiel de son gaz vers l’Europe, aura à faire face à davantage de concurrence. Notre pays est déjà malmené par le Qatar et la Russie.
    Le P-DG de Sonatrach, Abdelhamid Zerguine, avait reconnu, en mars 2013, qu’il est difficile pour l’Algérie de préserver les prix du gaz dans un contexte de crise économique qui affecte aussi bien la demande que les prix. La compagnie nationale des hydrocarbures avait subi des pressions de ses clients pour revoir à la baisse ses prix. L’Algérie devra batailler dur pour maintenir ses parts de marché. Les exportations d’hydrocarbures ont chuté de 8,67%, selon le Centre national de l’informatique et des statistiques des Douanes.
    Pour le l’ancien ministre des Finances, Abdelatif Benachenhou, “l’Europe est en panne et le restera”. Une baisse des recettes d’exportations n’est donc pas à exclure. D’où, l’urgence d’une politique audacieuse de diversification de l’économie.

     


    M. R.

  • L’Algérie suspendue à l’évolution du marché mondial

     

     

     

    Les prix du pétrole détermineront les priorités économiques

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    L’Algérie risque de payer cher sa dépendance aux hydrocarbures à moyen et long termes.

    Le prochain Président et son administration devront composer avec le fait que la concurrence sur le marché pétrolier et gazier dans les quelques années à venir sera de plus en plus rude (lire l’entretien de Francis Perrin). L’émergence de nouveaux pays producteurs, le développement des gaz non conventionnels et l’arrivée des Etats-Unis comme exportateurs de gaz sont autant d’éléments qui vont reconfigurer le marché. Et ce sont les recettes d’exportation de l’Algérie qui seront en péril. De plus, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) a déjà prévu à l’horizon 2018 une croissance de la demande pétrolière moins rapide que la production, pouvant ainsi déboucher sur une baisse des cours du pétrole.

    Avec un niveau d’importation très élevé et des recettes éventuellement moins importantes, l’Algérie pourrait être confrontée à une question de choix quand il s’agira de consentir des investissements, alors que la relance de la machine productive s’annonce déjà comme une priorité. Une urgence d’autant plus que le pays aura à peine cinq ans pour construire une économique capable de résister à la concurrence induite par l’entrée en vigueur, en 2020, de la zone de libre-échange avec l’Union européenne.De nouvelles barrières tarifaires seront levées devant d’autres produits industriels européens importés.

    Les acteurs économiques et sociaux ont multiplié ces dernières années les propositions pour faire face à ces exigences. Récemment encore, l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA) a fait une liste de 25 propositions destinées à relancer l’investissement et à développer la production nationale. Le salut de l’économie algérienne passe, selon la centrale syndicale, par la promotion du made in Algeria, la limitation des importations aux produits non fabriqués localement, l’encouragement des partenariats public-privé, et la levée des barrières bureaucratiques.

    Du côté des entreprises, on promeut davantage la libéralisation de l’initiative privée et le renforcement du soutien de l’Etat à ce secteur. Le Forum des chefs d’entreprise propose notamment de réorienter vers la production les subventions actuellement destinées à la consommation.

    «Choc macro-économique»

    Certains avis d’experts vont dans ce sens. La forte pression des besoins sociaux «a installé l’Etat durablement dans une gouvernance de l’urgence marquée par le recours à la dépense et le report de la sanction économique et de la sanction tout court», note l’économiste Mohamed Bahloul. Ce mode de gouvernance caractérisé par «les laxismes monétaires et budgétaires expose le pays, dans une perspective de baisse des revenus pétroliers, à un nouveau choc macro-économique plus dur que les précédents».

    Pour le prévenir, le pays aura tout de même quelques avantages à son actif, notamment une dette extérieure réduite à moins de 4 milliards de dollars, un taux de chômage autour de 9%, une gestion prudente des réserves de change et des dépenses en infrastructures théoriquement moindres dans les années à venir compte tenu de ce qui a déjà été consenti ces 15 dernières années.
    Développer la production nationale et l’exporter, limiter les importations et la dépendance aux hydrocarbures, renforcer les capacités concurrentielles des entreprises, encourager l’investissement privé, rationaliser la dépense publique, dynamiser le secteur bancaire, lever les blocages administratifs…

    Ces défis qui se dressent devant le prochain Président sont colossaux, mais ce ne sont pas les seuls. Pour l’économiste Mohamed Bahloul, la priorité doit aller à «la formation des institutions de l’économie», car «le multiplicateur d’investissement ne peut fonctionner dans une économie ouverte et peu structurée par des règles, des organisations et des normes sociales stables et efficientes».
     

  • L’admirable défi tunisien

     

     

    Par : Mustapha Hammouche

    La Tunisie vient d’adopter une nouvelle Constitution, quelques jours après le troisième anniversaire de la chute de la dictature Ben Ali.
    Elle consacre la république, la démocratie, la parité homme-femme et la liberté de conscience. Ce n’est pas encore le triomphe du principe de laïcité mais, pour un pays inscrit dans la sphère dite de culture arabo-musulmane, ce n’est pas rien. C’est même l’unique Constitution dans le monde dit arabe à inscrire le droit à la liberté de conviction.
    Avec ce texte, la Tunisie a pris une longueur d’avance historique sur les États de l’espace “arabe”. Bien sûr, une fois gravés dans le texte fondamental, la préservation de ces acquis démocratiques subsistera comme l’enjeu politique à venir de la Tunisie. Car c’est évidemment par intelligence tactique que les islamistes tunisiens, en général, et Ennahda, en particulier, ont souffert la consignation de la liberté de croyance et l’égalité des sexes dans le texte fondateur de la nouvelle République de Tunisie.
    Ce document ne vaut pas par son seul contenu. Il vaut aussi par le fait qu’il est le produit d’un débat entre les forces politiques et civiles du pays. Il est à la fois l’aboutissement d’un rapport de force et celui d’un consensus national. En cela, aussi, il constitue un évènement inédit dans le monde dit arabe. En Algérie, par exemple, où le pouvoir se prévaut d’une Constitution multipartite, et donc démocratique, nous n’avons pas connu de texte fondateur issu d’une délibération nationale depuis la plate-forme de la Soummam. Il est, d’ailleurs, significatif que le principal animateur de ce premier rendez-vous national ait été assassiné par les opposants d’une Algérie démocratique et que les héritiers de ces derniers continuent, plus d’un demi-siècle après le Congrès de la Soummam, à cultiver une conception sectaire du pouvoir. Et pour justifier l’arbitraire qui préside à la conception et au fonctionnement institutionnels, le personnel de notre régime autoritaire explique au peuple ingénu que “la révision de la Constitution relève de la prérogative du président de la République” ! Il paraît qu’on lui aurait même accommodé des variantes de “révisions”, pour qu’il puisse, quand il le souhaite, et s’il le souhaite, disposer de “la réforme” qui l’agrée.
    C’est, justement, ce processus de restauration autoritaire, venu contrecarrer, chez nous, les acquis démocratiques d’après-1988 qui prévient de la précarité des conquêtes démocratiques dans notre sphère culturelle. Entamée au lendemain de l’abolition du parti unique, et hâtée depuis 1999, la remise en cause a vidé de son sens la notion même de parti pour personnaliser l’idée même de pouvoir.
    Par la méthode et par le résultat, les députés de l’ANC de Tunisie viennent, en quelques semaines de chicanes, d’altercations et de compromis, de fonder, dans un contexte arabo-musulman globalement intolérant vis-à-vis des libertés individuelles, une exception tunisienne. L’ampleur du progrès donne cependant la mesure de sa précarité. Le plus dur reste donc à faire : soumettre le projet démocratique à l’épreuve de la pratique et l’imposer à une sphère culturelle hostile à la démocratie.
    Avec un remarquable réalisme, le président Marzouki semble avoir déjà pris la mesure du défi : “Le chemin est encore long”, a-t-il noté.
    Et d’ajouter : “Il reste un grand travail à faire pour que les valeurs de notre Constitution fassent partie de notre culture.”

     

  • no moment

    DILEM DU 28 JANVIER 2014

  • Grève ce matin des travailleurs de l’éducation de l’Unpef et du Snapest

     

    Le SNTE se démarque, accuse et révèle

    Par : Malika Ben

    Le Syndicat national des travailleurs de l’éducation (SNTE) se démarque de la grève de l’Unpef et du Snapest. C’est ce qu’a annoncé, hier, le SG du Snapest lors d’un point de presse tenu à l’issue d’une rencontre regroupant les délégués régionaux des régions centre du pays. “Nous ne sommes pas concernés par cette grève. De toutes les façons, le taux de suivi ne sera pas très important car les travailleurs qui ont fait confiance à ces syndicats se sont rendu compte, finalement, qu’ils n’ont servi que leurs propres intérêts. Nous n’allons, donc, pas prendre part à ce débrayage”, a indiqué Abdelkrim Boudjenah. Les raisons ? “Le SNTE qui se dit fort par sa représentativité sur le terrain refuse de pêcher en eau trouble. Nous n’avons jamais mené une action de protestation avec d’autres syndicats. Ces syndicats qui appellent à une grève sont ceux-là mêmes qui ont signé les PV lors des négociations autour du statut particulier des travailleurs. Le SNTE n’a rien signé et a toujours dénoncé les accords secrets entre certains syndicats et la tutelle.” Et c’est cette position “claire et intransigeante” qui lui a valu les foudres de la tutelle. Selon le SG du SNTE, le département de l’Éducation ne reconnaît plus le SNTE en tant que partenaire social et a gelé son partenariat avec lui sous prétexte que “le syndicat n’est pas légal”. “Une décision prise de façon unilatérale et qui ne repose sur aucun fondement juridique, puisque la justice a tranché en 2003 en faveur de l’aile de Boudjenah. D’ailleurs, le syndicat n’a été destinataire d’aucun document officiel du MEN.” Le ministère du Travail, qui est le seul habilité à délivrer les agréments aux syndicats, n’a rien notifié dans ce sens au département de Baba Ahmed. Ce dernier a été saisi par les responsables syndicaux pour de plus amples détails sur ce gel, mais en vain. Profitant du conflit syndico-syndical et des dissidences qui ont donné lieu à l’émergence d’une aile SNTE présidée par Bennoui Dahmane, des responsables de tutelle “tentent de casser le syndicat qui les dérange par ses positions intransigeantes. Nous avons toujours dénoncé les positions contradictoires et les accords que certains syndicats ont négociés avec des responsables de tutelle pour parvenir à des fins personnelles au détriment des intérêts des travailleurs”. Boudjenah fera des révélations fracassantes dans ce sens : “Des dispositions contenues dans le statut particulier amendé ont été revues et rédigées de façon à en faire bénéficier des syndicalistes et leurs proches. C’est le cas pour les 18 ans de service exigés pour accéder au grade d’enseignant formateur, alors qu’au départ, la disposition exigeait
    20 ans.” Le SNTE accuse aussi des syndicats d’être de mèche avec la tutelle, voire de faire pression sur elle pour pouvoir bénéficier de postes au ministère. “C’est l’instabilité totale. Tous les anciens responsables ont été dégommés et des intérimaires ont été désignés à leur place. Une situation qui arrange la tutelle qui peut faire pression sur eux pour approuver toutes ses décisions.” 

    Des syndicalistes “détachés” s’improvisent... commerçants !
    Le détachement syndical reconnu par la réglementation permet aux syndicalistes d’exercer leurs droits et de s’y consacrer pleinement sans être contraints d’assumer leurs activités professionnelles. À en croire les propos du conférencier, nombreux sont ceux qui usent et abusent de cette position de “détachement” pour se livrer à d’autres activités. Boudjenah citera notamment le commerce, l’enseignement dans le privé, l’ouverture de maternelles... “Le SNTE dispose de 122 détachements supprimés pour réprimer nos activités. Il existe plus de 1 000 détachements dans le secteur, de 200 à 500 détachements par syndicat, et la grande majorité active ailleurs. Et nous avons des preuves”, a soutenu Boudjenah en rappelant que son syndicat a plaidé, en vain, la suppression des détachements.  

    Réinvestir le terrain de la protestation
    Ne comptant pas rester les bras croisés face au rejet de leur organisation, le SNTE envisage de réinvestir le terrain de la protestation par tous les moyens légaux.“Les dates et les formules de protestation seront annoncées à l’issue des rencontres régionales débutées hier par celles des régions centre.” Le syndicat compte interpeller le président de la République et les autorités nationales avant de se tourner vers des organismes internationaux, notamment le BIT. À signaler, enfin, que l’aile Bennoui a pris une autre position, à savoir le soutien de la grève, “à condition que l’Unpef défende les intérêts des différents corps de la même manière”. Reste à savoir qui défendra les intérêts des pauvres élèves.

  • Événements de la vallée du m’zab

     

    La LADDH pointe du doigt le wali et le chef de sûreté de wilaya

    Par : Karim Kebir

    Plus d’un mois après leur éclatement, les événements de Ghardaïa, où le calme demeure précaire, continuent à susciter des interrogations. À qui profite le pourrissement ? Qui sont les responsables des violences ? Une solution viable est-elle possible ? Quelle est la part de responsabilité du pouvoir algérien ? La Ligue algérienne de défense des droits de l’Homme (LADDH) est formelle : “La responsabilité des autorités politiques nationales et des autorités sécuritaires est totale en ce qui concerne les événements qui se déroulent au sein de la wilaya de Ghardaïa puisqu’elles sont restées silencieuses devant les très graves atteintes aux droits de l’Homme au sein de la ville de Guerrara.”
    À Guerrara, petite ville au sud de Ghardaïa, peu avant l’éclatement des événements du chef-lieu de wilaya, des affrontements avaient eu lieu entre les communautés mozabites et arabes malékites à l’issue d’un match de football. Selon des témoignages recueillis quelques jours plus tard par une délégation de parlementaires du FFS, des jeunes ont déclaré “avoir été violés et torturés”, une accusation rejetée par la DGSN. Depuis, la violence s’est propagée dans d’autres communes de la vallée du M’zab.
    Aujourd’hui encore, à Ghardaïa, des Mozabites accusent ouvertement des policiers d’êtres complices de l’agression dont ont été victimes certains citoyens, mais sans que les autorités publiques ne prennent des sanctions. Du moins, publiquement. “Il est établi que les autorités sécuritaires et politiques du pays ne maîtrisent pas la situation. Il s’est avéré aussi que les autorités du pays sont intervenues sans la fermeté et la neutralité prévues par la loi. De plus, des citoyens de Ghardaïa pointent un doigt accusateur vers les forces de sécurité qui, par leur comportement, ont enflammé la situation. Les photos et vidéos montrent l’implication d’un grand nombre de policiers dans l’agression des citoyens de Ghardaïa par des jets de pierres et de cocktails Molotov ou en train d’aider des bandes de baltagia au lieu de protéger les biens et les personnes”, affirme Me Salah Dabouz, président du bureau de la LADDH, aile contestant l’aile de Me Benissad. “Nous avons vu un laxisme inexplicable de la part des autorités”, a-t-il dit, lors d’une conférence de presse animée hier à Alger.
    “La LADDH considère le parti pris des forces de sécurité lourd de conséquences pour la cohésion sociale et la stabilité de notre pays. Elle condamne le traitement autoritaire et répressif des autorités, en particulier le wali de Ghardaïa et le chef de sûreté, ainsi que leur hiérarchie et les tient pour responsables de tout dérapage”, soutient cet avocat. Rappelant que l’irréparable s’est produit avec l’assassinat de Kbaili Belhadj, “assassiné froidement par les baltagia”, et Hadj Saïd Khaled qui a succombé à ses blessures “après avoir été sauvagement et lâchement tabassé par des policiers et abandonné sur place”, Me Dabouz a appelé les citoyens de la région à se “démarquer de toute attitude communautaire-raciste car les provocations ont justement pour but de les attiser pour nous entraîner dans une spirale infernale”. Selon lui, “un système politique qui ne respecte pas les droits de l’Homme ne peut produire que l’échec”. Il a annoncé, dans ce contexte, que la LADDH va préparer un dossier sur les violations des droits de l’Homme à Ghardaïa et va le soumettre à l’ONU et à l’Unesco.
    Éclatée en trois ailes, la LADDH a tenu le 6 décembre dernier son congrès et a porté à sa tête Me Benissad. Mais celui-ci est contesté par certains animateurs qui ont décidé d’organiser, en présence d’un huissier, une AG le 27 décembre dernier pour se conformer à la nouvelle loi sur les associations. Élu président du bureau à l’issue de cette AG, Me Dabouz s’est présenté le
    22 janvier au Palais du gouvernement pour déposer le dossier de conformité, mais la personne qui s’occupe du bureau d’ordre n’a pas voulu lui accuser réception.
    Dès lors, le dossier a été envoyé par huissier de justice. Selon lui, le dossier de conformité déposé par Me Benissad aurait été rejeté. Tout comme celui de Me Zehouane.

  • Ghardaïa Hamel suspend trois policiers

     

    Par : Rédaction WEB/ LIBERTÉ

    Trois fonctionnaires de police ayant intervenus lors des affrontements de Ghardaïa, ont été suspendus et seront présentés devant les « juridictions compétentes ». C’est la décision prise, selon un communiqué de la cellule d'information de la DGSN (Direction général de la sureté nationale), par  la commission d'enquête dépêchée par le directeur général de la Sûreté nationale, le général major Abdelghani  Hamel . La sanction est tombée suite à la diffusion d'une vidéo montrant  "le manquement de certains agents de la sûreté de la wilaya de Ghardaïa à leurs missions".

    Le communiqué précise également que « certaines séquences montrent un acte isolé ne reflétant nullement la vision, encore moins la réalité du corps de la police et son respect de la loi et des droits de l'Homme, ce qui est constamment affirmé par la Direction géné

  • Dieudo algérois !

    Par Maâmar Farah
    A peine Dieudonné a-t-il annoncé qu'il allait se produire à Alger que les «bonnes consciences», à qui la France n'a rien demandé, veulent interdire son spectacle, comme si notre pays était une sous-préfecture française et comme si le Conseil d'Etat français avait un quelconque pouvoir en Algérie ! En vérité, Dieudonné peut donner son spectacle «Le Mur» où il veut en dehors de la France. En Suisse, par exemple, cette représentation n'est pas interdite. Parce que la Suisse est un pays démocratique qui respecte la liberté d'expression. L'Algérie fera-t-elle comme la Suisse souveraine ou obtempérera-t-elle aux ordres de Paris ?
    Au lieu de fustiger le discours raciste qui vise quotidiennement les Algériens et les musulmans, au lieu de clouer au piloris BHL et consorts qui roulent pour le sionisme international, au lieu de s'élever contre la tendance fascisante des Zemmour et autres prédicateurs cathodiques qui distillent un discours de haine et d'exclusion, au lieu de s'émouvoir des relents colonialistes d'un humoriste de série B qui raille leur pays sur Canal+, voilà que ces censeurs endossent l'habit des protecteurs des juifs persécutés, reprenant à leur compte une terminologie et des arguments qui n'ont aucune chance de faire mouche ici. Vivent-ils en Algérie ? On se le demande !
    Dieudonné s'est déjà produit sans problème en Algérie. C'était avant que la meute socialiste ne soit lâchée à sa poursuite. Si Alger interdit cette fois-ci son spectacle, on l'aura compris : c'est Paris qui décide pour nous !
    maamarfarah20@yahoo.fr

  • La ruée vers l’urne

     

    Par : Mustapha Hammouche

    Vingt-sept candidats à la candidature avaient retiré les formulaires de souscription de signatures individuelles.
    Il y a de fortes chances que d’ici à la fin du délai de dépôt de candidature, ce nombre augmente sensiblement. Loin d’être la preuve d’un dynamisme démocratique, cette facilité à prétendre à la fonction suprême illustre le peu de crédit accordé à l’idée d’un fonctionnement démocratique de l’État.
    À observer l’état de sous-développement de la classe politique, le rachitisme de ses structures organiques, la faiblesse de sa base militante, on ne devrait pas s’attendre à l’expression d’autant de prétentions à une élection présidentielle. Car les conditions d’accès à la candidature officielle sont telles qu’il faut soit disposer d’un parti qui partage déjà et, dans un certaine mesure, le pouvoir, soit être assuré d’un soutien logistique institutionnel. C’est ce pari sur l’assistance complaisante d’institutions de l’État qui, peut-être, fonde la plupart des engagements.
    Et les candidats issus de la société civile, s’ils ont quelque popularité à faire valoir, sont pénalisés par le défaut de base logistique.
    Au commencement, il y a eu l’effet CNT ! En janvier 1994, le HCE, version Ali Kafi, édictait une “plateforme portant consensus national sur la période transitoire” en instituant un Conseil national de transition qui allait occuper la fonction délibérative de 1994 à 1997. Le dispositif devait compenser l’absence d’Assemblée législative due à l’arrêt du processus électoral, deux ans plus tôt, et permettre à l’Exécutif de donner une caution “parlementaire”, qui plus est “consensuelle”, à ses décisions. Mais il a aussi permis de créer une petite classe de “conseillers” issus d’une myriade d’anonymes petites formations. C’est ainsi que les milieux politiciens ont découvert la possibilité d’avoir une existence politique et celle de bénéficier de ses attributs statutaires sans qu’il soit nécessaire de s’appuyer sur une base populaire.
    Le pouvoir, tel qu’il est politiquement configuré, a besoin de femmes et d’hommes politiques, sous forme d’alliés ou d’opposants, mais qui ne soient pas suffisamment représentatifs pour constituer des forces politiques ; ils sont juste là pour mimer le multipartisme.
    À partir de 1999, la monétarisation excessive de l’activité politique, et de celle militante ensuite, a créé une nouvelle vie publique faite de professionnels de la candidature, de la campagne électorale et même de l’activité de supervision de processus électoraux. Au titre de candidats ou de soutiens, de moins en moins d’Algériens s’engagent bénévolement. L’action politique est prioritairement évaluée en fonction de ses retombées économiques : fonds de sponsoring privés, budgets de campagne, indemnités ultérieures, etc. D’ailleurs, les fonctions électives sont régulièrement revalorisées pour que soit d’abord maintenu leur attrait financier.
    C’est ainsi que même l’élection présidentielle n’a plus ce tabou qui en faisait la dernière citadelle que l’on convoite pour des considérations strictement politiques. Puisque tout est désormais histoire d’argent, pourquoi donc ne pas tenter sa chance (.) ? Si l’on n’est pas élu, l’on y gagnera toujours quelque chose. Ne serait-ce que parce que l’on aura été candidat, le temps de se voir refuser sa candidature.

     


    M. H.
    musthammouche@yahoo.fr

  • boutef

    DILEM DU 25 JANVIER 2014

  • Un jeune tué « accidentellement » par des soldats de l’ANP près de Boumerdès

    Un jeune de 24 ans, répondant au nom de B.Saïd, a été tué « accidentellement », par des soldats de l’ANP, vendredi vers 21h, près de Bordj-Menaïel, à 25 km à l’est de Boumerdès, a-t-on appris de source locale.

     

     

     

    La victime a été atteinte par balle alors qu’elle traversait des buissons non loin de Lagenana, localité située à 3 km au nord de la ville, précise la même source.

     

    Les militaires y étaient, selon la même source, en embuscade et l’auraient pris pour terroriste, puis ils lui ont tiré dessus, le tuant sur le coup.

     

    Le corps de la malheureuse victime a été acheminé peu après vers la morgue de l’hôpital de Bordj-Menaïel, a-t-on encore indiqué. Il est à rappeler que cette bavure n’est pas la première du genre dans la région.

     

    En décembre 2012, deux citoyens roulant à bord d’une camionnette avaient été tués dans un barrage militaire à Naciria, toujours à l’est de Boumerdès.

     

      ce n'est pas un accident.

    Le Chef doit répondre à ce crime. l'adage dit "il vaut mieux un terroriste en fuite, que de tuer une personne inocente" Là, aucune justification pour se dérober.

     

  • Vous avez une invitation

     

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    Mou, un peu paresseux et ayant perdu sa virginité depuis longtemps, le corps électoral va être convoqué, lui à qui on ne demande presque jamais rien. A l’ordre du jour, une élection présidentielle, qui consiste à glisser une enveloppe avec un nom dessus dans une fente étroite pour permettre à un homme de faire ce qu’il veut pendant 5 ans. Car en Algérie, quand il est élu (ou coopté par les lobbies), un Président estime qu’il est le seul maître à bord et personne n’a plus le droit d’émettre un avis avant le prochain mandat.

    Le président Bouteflika l’avait d’ailleurs expliqué au début de son règne, alors que les Algériens ont voté pour lui, pourquoi devrait-il rendre compte de ses choix et de ses actions à l’Assemblée, aux partis majoritaires, au Conseil de la magistrature ou à l’opinion publique ? Il aura d’ailleurs dans cette logique rapidement changé la Constitution pour faire d’un régime déjà hyper-centralisé, un régime ultra-présidentiel qui a fermé la voie à toute opinion contraire. Pour cette raison, les régimes démocratiques ont établi des contre-pouvoirs afin d’empêcher un homme de diriger seul une nation sans n’associer personne, au risque d’embarquer tout le monde dans son erreur.

    D’ailleurs, le président Bouteflika étant malade et tremblant, il pourrait se tromper et écrire une loi interdisant à tout homme de sexe masculin et toute femme de sexe féminin de se présenter à la présidentielle. Une partie des Algériens applaudirait, l’autre contesterait, l’Assemblée voterait oui à la majorité absolue, Saadani expliquerait que c’est une excellente loi, Bensalah qu’il soutient sans réserve le programme présidentiel et Sellal que le Président est en bonne santé et a donc raison. Résultat, pas d’élection. Et pas de problème pour le corps électoral déjà fatigué à l’idée d’être convoqué. Il irait simplement se recoucher sur le lit douillet des illusions de la nation perdue.

     

    Chawki Amari
  • Entretien avec Nacer Boudiaf

     

     
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    nacer-boudiaf

    Rachid Guedjal (RG)

    R.G : Bonjour Nacer, c’est un grand  plaisir et honneur pour Algérienetwork de pouvoir nous entretenir avec toi aujourd’hui. J’ai eu le plaisir de suivre ton activité via facebook, ta récente initiative que nous allons pouvoir développer plus loin. Tu as un nom de famille que nul algérien n’ignore, mais en tant que personne, peu de nos lecteurs ont entendu parler de toi. Que dirais tu de te présenter à eux?

    N.B : Je m’appelle Nacer Boudiaf, je suis marié, père de trois enfants qui n’ont jamais eu le bonheur de connaître leur grand-père, Mohamed Boudiaf. Quant à vos lecteurs, les moins jeunes m’ont découvert, le 1er juillet 1992, le jour de l’enterrement de mon père ; le même jour je suis passé à la télévision et j’avais dit : « ceux qui l’ont ramené, l’ont assassiné ». Pour les plus jeunes, ils ont appris à me connaître à travers les nombreuses contributions que j’ai publiées dans divers quotidiens algériens pour revendiquer la vérité. Pour vous situer un peu auprès de vos lecteurs, j’ai donné récemment une conférence à l’Université à Béjaia, il y avait un millier d’étudiants.

     

    R.G : Tu as écrit un livre (disponible içi :  http://bibliotheque-numerique-algerie.blogspot.com/2011/12/ou-va-lalgerie-mohamed-boudiaf.html ) dans lequel tu fais passer un message clair à propos de l’avenir de l’Algérie. L’avenir de l’Algérie est pour le moins inquiétant en effet tant au niveau intérieur qu’extérieur(nous y reviendrons). Tu cherches toujours des réponses à propos des commanditaires de l’assassinat de ton père(Allah Yarhmou). Ta pétition(voir :  http://www.petitionduweb.com/Petition__verite_-10886.html) est un élément qui va justement en ce sens. En mettant la lumière sur cette affaire, ce n’est pas seulement la question de l’assassinat de ton père que tu vas résoudre, mais les gens sauront également qui ont réellement dirigé l’Algérie durant ces années sombres. C’est un grand coup de pied dans la fourmilière que tu vas donner. Que peux-tu nous dire de plus? Vers qui se portent actuellement tes soupçons?
    N.B : Le titre exact de mon livre publié en juin 2011, est « Mohamed Boudiaf, l’Algérie avant tout ». C’est un livre qui retrace le laps de temps que Mohamed Boudiaf a passé à la tête du Haut Comité d’Etat. Bien entendu, il reprend les circonstances de son lâche assassinat, maquillé en  «acte isolé ». Il s’agit de savoir une chose : si c’est un acte isolé, il a été facilité par l’incompétence des services chargés de la sécurité du Président. Personne n’a payé pour cette incompétence. Aucun haut responsable n’a présenté sa démission pour incompétence ayant entrainé mort d’homme et quel homme. Si ce n’est pas de l’incompétence, c’est alors un complot. C’est aux premiers responsables des services de sécurité de répondre à cette question.

    R.G : Dans ton livre, tu décris la confiscation du pouvoir par Ben Bella, ses promesses creuses, mais pire encore, ce qu’il a fait subir par l’intermédiaire de ses sbires les kidnappings dont ont été victimes ton père, ainsi que d’autres véritables moudjahid. Ben Bella n’est pas le seul responsable dans cette histoire même s’il est un emblème de ceux qui se sont emparés du pouvoir par des manœuvres dont la moralité laisse à désirer. Le livre de Lounis Aggoun affirme que Ben Bella était un des agents des français infiltrés parmi les cadres algériens dans le but de contrôler ce qui était amené à devenir le futur état algérien. Qu’en penses tu?
    N.B : Apparemment il y a une confusion entre le livre de mon père :  « Où va l’Algérie ? », écrit en 1963, où il décrit le régime de Ben Bella et mon livre dont je viens de parler. C’est l’histoire réelle de l’Algérie qui va un jour remettre les pendules à l’heure pour établir la vérité sur le rôle du colonialisme dans l’émergence de Ben Bella et le fauteuil de la présidence qu’on lui a préparé pour écarter les Ferhat Abbes et Boudiaf et mettre à leur place un adjudant de l’armée française.

    R.G : As-tu subi des pressions ou des menaces depuis que tu as entrepris tes initiatives?
    N.B : Sur la toile des réseaux sociaux, les complices des assassins de mon père ont essayé de m’accuser d’avoir pris une villa, une briqueterie ; ils ont essayé de m’intimider. Mais quand j’ai invité les journalistes à aller enquêter sur ces questions, ces mêmes complices des assassins de mon père ont observé un silence total. Cependant, la pétition « Vérité », que j’ai lancée sur le net, a été sérieusement gênée en Algérie, mais elle a dépassé les mille signatures en quelques jours.

    R.G : Ton père était l’un des pères du patriotisme algérien, le président algérien qui fut le plus aimé de son peuple. Quelle était sa conception du patriotisme? Comment le définissait il? Quelle est ton opinion sur ces questions?
    N.B :Pour mon père, les choses étaient vues simplement : le colonialisme est entré en Algérie par la force ; il ne ressortira que par la force. Les milliers de victimes du 8 mai 1945 à Sétif et sa région, ont été une réponse claire du colonialisme qui n’était pas prêt à quitter notre pays. Alors Boudiaf a observé toutes les tergiversations avant de se décider à aller former, en 1954, avec Ben Boulaid, Ben M’Hidi, Didouche, Bitat et Krim, le noyau dur qui sonnera le glas de plus d’un siècle de présence du colonialisme sur la terre musulmane de l’Algérie .

    R.G : On a beaucoup entendu parler de rupture avec les mauvaises habitudes, corruption, chantages, etc… Mais quelles sont les propositions concrètes pour éradiquer ce fléau en Algérie. Ton père n’a pas réussi malgré son statut, comment y arriver selon toi?
    N.B :Mon père n’a pas eu le temps, en moins de six mois, dans une Algérie à feu et à sang. On l’a assassiné pour justement mettre fin à son projet d’éclaircir les choses et définir les responsabilités ; quant à la rupture, je crois que sa nécessité est évidente pour mettre un terme à l’impunité, source de tous les maux dont souffre le peuple algérien. Quant à ma conception de lutte contre la corruption, je la dévoilerai en son temps .

    R.G : Quel est ton avis sur le gouvernement actuel algérien? Ses réalisations sur le plan intérieur, ses choix à l’extérieur?
    N.B :Franchement, ce qui me préoccupe actuellement, c’est la vérité sur l’assassinat de mon père. Mais vous m’offrez là une opportunité de vous demander d’aller savoir ce que pense le gouvernement de mes démarches visant à rechercher la vérité.

    R.G : Quels sont les dangers que l’Algérie a à affronter sur le plan extérieur? Quel est ton avis sur la crise économique mondiale?
    N.B : Les dangers qui pèsent sur l’Algérie sont ceux qui pèsent sur un pays riche en pétrole mais qui n’a pas appris à son peuple la valeur travail. Mettons-nous à travailler sérieusement et nous serons mieux prémunis contre les dangers auxquels vous faites allusion.
    Quant à la crise mondiale, elle trouve ses origines dans les manipulations de très puissants groupes internationaux qui détiennent les finances et les médias dans le monde.
    A suivre
    Rachid Guedjal (RG) Algerie Network

  • Nourredine Belmouhoub a Algerie Network ; J’ai serré plusieurs fois la main avec la mort !

     

     
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    Entretien entre Algerie Network (Jamouli Ouzidane) et Nourredine BELMOUHOUB

    QUI EST HORS LA LOI,LEUR INJUSTICE OU MOI LA VICTIME MULTIFORME ?

    J’ai serré plusieurs fois la main avec la mort, au point de ne plus sentir vraiment la peur, exceptée celle de ne pas aller jusqu’au bout de mes convictions, convaincu que beaucoup de choses doivent nourrir la quête de vérité et de justice, comme le courage et une certaine morale par exemple.

    Par Nourredine BELMOUHOUB*

    Un potentiel de confiance découlant du devoir de sincérité m’oblige à préciser, que l’écriture n’est pas ma vocation, pour la simple raison que l’école coloniale n’avait pas pour mission de m’apprendre beaucoup de choses, ce qui d’ailleurs fut le cas, pour la plus grande majorité des Algériens aux racines profondément patriotiques ayant fréquentés l’école du deuxième collège de l’œuvre civilisatrice, réservée aux indigènes présumes que nous fûmes pour la France coloniale,qui à vouloir l’entendre est venue nous civiliser avec ses chars, ses canons, sa guillotine et bien sûr, des classes de fin d’études, dont je garde le souvenir de cette voie de garage qui nous était calculée.

    Cependant, si j’use de la langue de Molière, il ne faut surtout pas conclure hâtivement que c’est par un quelconque amour pour cette langue, en vérité, je ne fais usage de ce butin de guerre que par mépris à la France coloniale qui m’a bel et bien privé d’un droit fondamental au Savoir, en violation flagrante et délibérée de l’Article 26 de sa Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, ce dont j’ai tout de même réussi à voler a ceux qui continuent a prétendre être venus nous civiliser. Un butin de guerre ou il ne manque ni la litote, ni la prosopopée, ni la métaphore, ni l’hyperbole, ni la synecdoque, ni la catachrèse, ni l’asyndète, ni la péroraison, ni l’interrogation, ni l’exclamation et si nécessaire, ni l’explosion. Et si à l’occasion des fautes s’y glissent, assurément je n’en rougirais guère, car cette langue n’est pas ma langue en plus qu’aujourd’hui à Montparnasse même, elle est tombée en désuétude après avoir perdu de son éloquence, par la faute de l’esprit colonial, qui a fini par la reléguer au dernier rang, bref…

    Blase par l’éternelle attente d’être Libre, je demeure déterminé à ne point désespérer de l’espoir, partant du fait que si l’on considère qu’il doit y avoir avantage d’égalité entre gouvernants et gouvernes, il faut admettre aussi que l’exercice de l’Autorité publique ne signifie pas que  l’Etat dispose de tous les Droits et échappe à celui de la responsabilité de rendre des comptes pour les agissements qui bafouent le Droit inaliénable des administrés au Nom de l’exercice de leurs Fonctions et de leurs missions, d’autant que chacun est tenu au strict respect de la Loi. Donc l’Autorité qui a la charge d’y veiller, elle aussi est tenue de s’y soumettre des lors que, formellement il n’y a démocratie que lorsque la communauté sans exclusion est l’Autorité qui gouverne et que l’Etat ne doit pas être le représentant, mais l’expression universalisée du Vouloir commun, et que la communauté seule, sujet et objet de la volonté populaire, qui est souveraine pour choisir le mode de vie qui lui convient et les représentants dignes de le servir.

     

    QUESTION : Qui est Nourredine BELMOUHOUB ?

    RÉPONSE : Citadin du quartier Algérois BELOUIZDAD (Ex Belcourt), capitale du 11 décembre 1960, aux racines profondément montagnardes copieusement arrosées de sang de mes proches, soutirant une bonne part de ma fierté du fait que les mots : traitre, trahir et trahison soient bannis du lexique de la tribu des Ouled Sid El Djoudi de Hammam Guergour (Département de Sétif, Capitale du 08 Mai 1945, tribu à laquelle j’appartiens.  Ne dépendant pas à la classe à laquelle l’on dicte des Idées, j’ai résolument décidé de me servir de cette arme redoutable : la plume, en  m’accordant la liberté d’écrire librement sans me servir de « béquilles », pour souligner qu’étymologiquement le mot Hogra ne trouve sa traduction dans aucune langue ou dialecte. Née chez nous par césarienne, cette expression s’apparente au mieux à néo-colonialisme, annotation et connotation dans le sens horrible le plus large de ce que colporte et signifie la Hogra que je défini par :

    -HOGRA : féminin, singulier, terme abject, étymologiquement algérien, signifiant despotisme violent, brutal, cruel et inhumain, unissant arbitraire et dénis extrêmes du Droit des gens, refusant toute signification humaine, renfermant l’aussaressisme, le nezzaressisme, le despotisme, en bref, tous les qualificatifs et tous les synonymes de fascisme avec en plus, une particularité gutturale détestable.

    -HAGAR = Masculin singulier, commanditaire et exécutant et complice de la Hogra.

     

    QUESTION : Déportation, Internement, assignation à résidence,harcèlements, intimidations, menaces de morts, surveillance, Arrestation, tortures, emprisonnement à Serkadji, plusieurs agressions et tentatives de meurtre….Comment surviviez-vous psychologiquement et physiquement à toute cette histoire ?

    RÉPONSE : Que peut-on perdre de plus quand on a plus rien à perdre après avoir tout perdu, excepté la Foi sincère en Dieu et la volonté immuable d’aller jusqu’au bout de ses convictions.  Partant du fait que dans tout ce que l’homme entreprend, il y a toujours un certain relent de ses propres valeurs, de sa profonde conviction et surtout de sa dignité, c’est en quelque sorte, être humain ou ne pas l’être.Il est vrai que j’ai serré plusieurs fois la main avec la mort, au point de ne plus sentir vraiment la peur, exceptée celle de ne pas aller jusqu’au bout de mes convictions, convaincu que beaucoup de choses doivent nourrir la quête de vérité et de justice, comme le courage et une certaine morale par exemple.

    Compte tenu des graves et impardonnables violations de mes droits fondamentaux, qui au demeurant ont bénéficié d’une impunité totale, et combien même je n’ai dans le cercle judiciaire ni proches ni relation, ma volonté et ma détermination conjuguées, ont finies par devenir chez moi une obsession, une forme de monomanie,plus forte que n’importe quelle relation même si l’histoire de notre tumultueuse justice, si troublée par des circonstances politiques qui ont compromis son cours normal.

    De graves circonstances faut-il le souligner, qui ne sont ni le fruit de la fatalité, ni le résultat d’un naturel incident de parcours imputables à la naïveté de l’homme, projetant clairement l’imperfectibilité de la justice. L’absence regrettable de la justiciabilité de chacun de mes droits contenus dans le code pénal, assurés par  la Constitution nationale et garanties par les instruments juridiques internationaux ratifiés par l’Algérie, affirmant  clairement la responsabilité et les obligations de mise en œuvre et de garantie de ces droits.Que faire alors face à l’incurie planifiée ? Que dire quand la balance est faussée par la providence de tricheurs, de menteurs, d’oppresseurs, d’assassins, de tyrans, de  traitres propagandistes et d’ignorants de tous bords.

    Comment survivre psychologiquement et physiquement à tant d’injustice, d’arbitraire et de dénis de droit qui ont fait que je deviens au fil des années, une personne publique et médiatique de l’opposition algérienne, connu comme porte-parole du Comité de défense des ex-internés des camps de la honte, menant un combat pour la justice, pour un Etat de droit et pour un Etat libre.

     

    QUESTION : D’où vous viens cette énergie, cette croyance, de vous battre encore, David contre Goliath quand le reste des algériens s’est résigné juste à survire. Y’a-t-il une histoire personnelle qui vous a marqué pour la vie et pour le combat jusqu’au bout ?

    RÉPONSE :Cette énergie et ma détermination de me battre encore et toujours sans me lasser et sans baisser les bras un seul instant,cette opiniâtreté je la puise dans l’indolence et l’insensibilité de la masse qui se complait dans une paresse dégradante, en plus j’ai eu la chance et l’honneur de collaborer avec le plus brillant des avocats algériens, le défunt Maitre Mahmoud KHELILI, l’incorruptible défenseur des droits de l’homme qui ne reculait jamais devant un juge aux ordres. Quand on a eu la chance d’être proche de ce symbole d’une défense réellement libre, l’expression « marche arrière » n’aura plus aucune signification, aujourd’hui ma seule devise est la suivante :

    Quand les mots n’ont plus de sens,

    Quand les valeurs morales s’évaporent

    Et lorsque la justice perd sa force et sa raison

    Le silence deviendra l’allier le plus fort des forces du mal,

    Et la peur son énergie.

     

    QUESTION : Surtout que vous êtes malade physiquement (cancer de la peau du a votre internement dans un milieu irradié) et psychologiquement (harcèlement continuel) et que vous n’avez pas 20 ans ; cet âge des gladiateurs ! N’aviez-vous pas songé à vivre un peu pour vous et votre petite famille et laisser la jeunesse s’occuper de son avenir a elle …

    RÉPONSE :En vérité les personnes que je côtoie, savent et témoigneront combien je suis un partisan, je dirais plus, un adepte de : place aux jeunes , mais regrettablement hélas aujourd’hui comme chacun peut le constater, très peu sont ces jeunes qui prennent au sérieux la question de leur devenir et celle de l’avenir de la nation, obnubilée par le gain facile et drogué avec cet opium des peuples : le football, ou alors bercée par des promesses qui ne sont jamais tenues, la jeunesse se laisse sombrer dans un paternalisme décevant. De Hittistes, la Hogra en a fait des Harragas. Conflit de génération mêlé à une crise de confiance, les jeunes ne veulent pas s’investir et en majorité, ils sont arrivés à ne plus croire en rien et en personne, c’est le résultat de la manipulation des foules.

    Voilà la raison pourquoi je n’ai pas songé à vivre un peu pour moi et pour ce qui reste de ma famille, alors que je suis loin de mes 20 ans, cet âge des gladiateurs, combien même je rêve de voir enfin la jeunesse s’occuper de son avenir…c’est vraiment mon rêve.

     

    QUESTION : Racontez un peu les secrets intimes de ce combat de toute une vie.

    RÉPONSE : On ne nait pas défenseur des droits de l’homme, on le devient au fil du temps, pour ma part je crois fermement que l’injustice plurielle dont je fus victime a largement été compensé par cet amour profond pour la promotion, la protection et la défense des droits humains, aguerri de mes expériences douloureuses, rien n’est plus sensationnel que cet engagement qui n’exige rien d’autre qu’une volonté sans réserve, être désintéressé de tout et une exigence morale essentielle, aimer la défense des droits de l’homme et renforcer leur dynamisme, c’est en quelque sorte se laisser contaminer par ces droits plutôt que par leur violation, ce qui vaut pour un petit nombre d’hommes en Algérie, qui éternels “trouble-fêtes”, disent aux gens et aux choses qu’ils n’accepterons jamais de les laisser immobiles, et veillent pour que la vérité une fois réveiller, ne s’endorme plus jamais.

    On nous nomme Défenseur des Droits de l’Homme et c’est notre plus beau titre, il correspond le mieux et sied très bien à notre caractère. C’est là que nous sommes le plus libres et les plus heureux. On y met notre temps et nos cœurs où il n’y a de place ni pour la hargne, ni pour la haine, et encore moins pour l’esprit envieux ou l’affairisme dégradant. On ne demande rien et lorsque les exigences du temps qui sont celles de notre conscience l’exigent, nous lançons des ultimatums après sommation. Le plus souvent, nous n’attendons pas que les choses arrivent on les provoque, on passe à l’actionsans égards aux risques évidents du devoir sur des terrains hostiles au droit.Pourtant pour ma part,c’est là que je me sens le mieux et je ne le regrette pas. Un choix grâce à Dieu, oh combien la motivation première, n’est pas la déshonorante avidité que j’ai désagréablement constaté chez d’aucuns.La cause en laquelle croit à mon sens un défenseur est naturelle, c’est un idéal et une profonde et logique conviction. Combattant du droit en symbiose avec la société, en paix avec la conscience et à chaque fois révoltés par l’iniquité.

    Ce qui continue à m’attacher à la défense des droits de l’homme, ce sont d’abord et surtout les deux dernières phrases du défunt Maitre Mahmoud KHELILI :

    - La première : « Monsieur BELMOUHOUB, je ne veux pas mourir dans un Etat de non droit, »

    - La Seconde : « Je vous jure que je leur ferais (les dictateurs) plus de mal, mort que vivant. »

    Le premier vœu du défunt s’est exaucé, puisqu’il a rendu l’âme après avoir rempli les formalités et franchi un poste douanier parisien. Quant au second il ne pourrait s’exaucer que si des hommes intègres continuent à mener ce combat. Pour ma part, j’ai tacitement pris cet engagement le jour où je l’ai accompagné à sa dernière demeure, un Pacte d’honneur partagé tacitement avec le Docteur Salah Eddine SIDHOUM, un pacte que je compte respecter.L’autre raison qui ne me permet pas de songer à vivre un peu pour moi et ma petite famille,est que l’Algérie est loin d’être cet Etat de droit auquel des émissaires zélés en sillonnant les capitales européennes veulent faire croire.

    Un Etat ou la justice est souveraine, ou le juge est libre et où la loi serait égale à tous. Les violations des droits humains sont devenues plus subtiles, sournoises même si l’on enregistre beaucoup moins de disparitions forcées, de cas de torture ou d’éliminations extrajudiciaires, aujourd’hui l’abus du droit des gens se situe autour des droits sociaux économiques et culturels.L’école est sinistrée, nos hôpitaux sont des mouroirs, la mal vie, le chômage, le mépris, l’indifférence et la violence d’une bureaucratie qui empoisonne l’existence des administrés –ées-, sans oublier la corruption devenue un sport national.Alors comment abandonner l’arène ou des gladiateurs de tous bords se déchainent

     

    QUESTION : Votre enlèvement par la DRS en plein jour le 23 octobre 2012 dans les rues de Hassiba Ben Bouali en plein centre d’Alger est remis en question notamment par la justice qui vous a condamné. Pourquoi pensez-vous le gouvernement ferait une chose aussi stupide en enlevant une personne publique en sachant les réactions des médias et des réseaux sociaux notamment alors que le gouvernement semble avoir une politique de profil bas. On est plus à l’ère de l’ancienne sécurité militaire.

    RÉPONSE : En effet, indéniablement je fus kidnappé par des inconnus en présence d’un témoin oculaire le 23 Octobre 2011 vers 11 h, à hauteur de la maison de la presse Tahar DJAOUT, côté rue Hassiba BENBOUALI, je dois souligner que la veille j’avais pressenti que j’étais filé, ce que j’ai d’ailleurs signalé à travers les réseaux sociaux. Ce kidnapping et ce qui gravite autour mérite quelques précisions que je considère très importantes, car elles permettent une meilleure lisibilité d’une affaire qui n’a pas livré tous ses secrets.

    J’ai été enlevé en présence d’un témoin et sous l’œil d’une caméra vidéo de surveillance de la maison de la presse qui a été totalement ignorée (?) le long de l’instruction et au cours de mon procès. Quant à mes ravisseurs ça peut bien être :

    -  Des services parallèles travaillant pour ou contre Nezzar,

    -  Des éléments actionnés par Khaled Nezzar,

    -  Des éléments ayant agis par excès de zèle et croyant rendre service à ce général

    -  Ou alors des éléments actionnés à but de nuire à ce général.

    L’important de ce qu’il faut retenir est :

    - Qui parmi les responsables en charge de la sécurité des algériens, s’est exprimé sur la question de mon enlèvement ?

    -  Qui a déclaré qu’une enquête allait être ouverte ?

    -  Qui a promis que les criminels seraient retrouvés et poursuivis ?

    -  Qui a assuré mes proches de toute la sollicitude de l’Etat ?

    Personne, alors on peut considérer l’enlèvement des gens comme une pratique ordinaire, ou bien faut-il considérer certains enlèvements de citoyens comme relevant du domaine réservé de certains  autres super- citoyens qui ont droit de vie et de mort sur les habitants de ce pays? Le silence officiel  confère -de fait- l’impunité à ces crimes qui ne sont pas officiellement et publiquement reconnus, dénoncés et poursuivis comme tels. Les lois ne pèsent pas leur poids de papier mais leur poids de conformité avec les actes. Elles pèsent le poids de leur impact sur la vie des gens, et de la grandeur que confère leur respect aux nations.

    Le scandale aujourd’hui est qu’un algérien puisse être enlevé en plein centre-ville sans que cela n’émeuve outre mesure le moindre responsable  théoriquement en charge de la sécurité des personnes et des biens. Ni le ministre de l’intérieur, ni les chefs des différents corps de sécurité. Personne n’a éprouvé le besoin de dire aux algériens que l’Etat était responsable de l’application de la loi. Pas un député, ni un élu quelconque pour interpeller les pouvoirs publics et rassurer les familles.

    Je reviens à ce que j’appellerais « mon procès »  ou la grande erreur de la représentante du Ministère public, comme pour le Doyen des juges ayant instruit cette affaire, c’était de ne pas avoir eu le courage de faire le pas en arrière qui les aurait remis sur la bonne voie. Je n’ai pas besoin de crier que je ne mets pas en cause les Magistrats dont la volonté de bien agir est certaine, je parle de ceux dont les réactions démesurément coléreuses sont à un point intolérables. J’irai jusqu’à dire que leurs réactions passionnelles sont tout le temps préjudiciables à la Justice même qui ne peut se faire que dans le calme, hors de l’abus d’autorité et de son désordre. On voulait coute que coute m’envoyer arbitrairement en prison, quoique je ne fusse pas coupable. A ce stade,  qui est hors la loi, leur injustice ou moi la victime multiforme ? La Procureure de la république, était devenue un persécuteur qui délibérément, ignorait qu’un Etat de Droit qui se respecte est un Etat d’équité, de légalité, de justice et non d’humeur, ou alors de soumission.

    Pour revenir à ce que j’appellerais ici « mon procès », ce fut beaucoup plus une bouffonnerie judiciaire, je ne me contenterais pas d’accuser cette mascarade judiciaire, j’apporte la preuve qu’il s’agissait bien d’une arlequinade ou mon droit à la défense fut le dernier de tous les soucis. On a feint de m’écouter, mais en aucun cas cela ne le fut sérieusement, je soulignerais que j’ai été empêché de dire le plus important, à savoir les infractions du Code de  procédure pénale commises par le Doyen des juges –Juge de la 3éme Chambre d’Instruction du tribunal de Sidi M’Hamed-Alger, lequel s’est substitué à la greffière affecté à son bureau, pour rédiger les procès-verbaux de mes auditions en l’absence de mon avocat, sous prétexte que celui-ci n’était pas constitué pour assurer ma défense.

    Accusé de graves délits, n’appartenait-il pas à l’accusation de démontrer – juridiquement parlant – que je suis effectivement coupable ? Je rappelle ce principe de la justice : Il ne suffit pas d’accuser, il faut prouver la culpabilité. Etait-ce le cas ? Malheureusement au cours de ce procès cela a été oublié. Appartient-il au montagnard que je suis de rappeler à ces juristes que la vérité judiciaire n’a absolument rien à voir avec la vérité policière. Ont-ils oublié– dans mon procès–l’éloquence judiciaire et les règles impératives qui viennent non seulement de la conscience humaine, mais aussi du Code lui-même. Ce Code qui dit que les procès-verbaux de police n’ont valeur que de simples renseignements.

    Lors de mon procès la conclusion policière était devenue pour la  Procureure, (et hélas pour bien d’autres) «  une parole d’Evangile », alors que le devoir aurait dû lui commander d’inviter à la barre le témoin qui a assisté à mon kidnapping a la place de me reprocher de ne lui avoir pas demandé de venir au Tribunal.Combien de gens innocents ont été condamnées sur la base de déclarations faites à la police, sous les menaces où entre deux séances de traitements inhumains. Où est la Justice dans tout ça ?

     

    QUESTION : Quel bilan tracez-vous de l’Algérie après 50 ans dans les domaines politique, économique, social, culturel, éducatif, justice … y’a-t-il eut trahison de tout un peuple et de ces chahids. Nous sommes la génération de la honte puisque 50 ans après nous n’avons pas eu de miracle comme les asiatiques alors que nous avions plus de potentiels. Nous sommes indépendant de la France mais libre de nos propre despotes. Qui est responsable de ce destin tragique; nos élites intellectuels, l’opposition, les médias au service, le peuple, les partis …

    RÉPONSE : De quelle indépendance s’agit-il, de quelle souveraineté nationale peut-on nous prévaloir quand on sait qu’il fut permis au colonialisme par voie de clauses secrètes, d’expérimenter dans la région du Hoggar (Tamanrasset) et celle d’Oued Namous (Bechar), onze bombes nucléaires après la date « présumée » de l’indépendance nationale. Des essais nucléaires qui constituent moralement et juridiquement un crime imprescriptible contre l’humanité, dès lors que, les victimes sont des populations civiles. L’Algérie à une grande part de responsabilité dans cette situation dramatique.

    - Comment se fait-il que les essais, qu’on savait meurtriers, aient été autorisés au Nom et sans égards du lord sacrifice de la Révolution algérienne, cinq années durant, alors que le pays avait accédé à son indépendance ?

    - Que stipulaient les accords entre l’Algérie révolutionnaire et la France colonisatrice ?

    Les accords d’Évian de mars 1962 stipulaient que « la France utilisera pour cinq ans les sites comprenant les installations d’In Ekker, Reggane et de l’ensemble de Colomb-Béchar-Hammaguir », à noter que les mots « nucléaire » et « atomique » ne figurent pas dans le texte. Pourtant, selon l’expert français Bruno BARRILLOT, des accords secrets furent également conclus. Ils concernaient  les centres d’essais d’armes chimiques de B2-Namous, où la France a continué des expérimentations jusqu’en 1978, sous le couvert d’une société écran, alors dénommée «Sodeteg». Ils concernaient les centres d’essais d’armes chimiques. Le site choisi pour le test était In Ekker, la montagne Taourirt Tan Afella, à environ cent cinquante (150) kilomètres de Tamanrasset, un des massifs granitiques du Hoggar. Le site a été aménagé à partir de 1961, un aérodrome fut construit au nord-est de In M’guel, et la base de vie entre le village targui de In M’guel et le puits de In Ekker. Réda Malek reconnaît dans un documentaire de 52 mn rendu public en 2011 réalisé par Mr Larbi Benchiha, qu’une concession de taille avait été faite à la France par les négociateurs d’Evian :

    -  Nous leur avons dit : «  Vous avez encore cinq ans, terminez les explosions que vous avez à faire.»

    Réda Malek n’explique toutefois pas pourquoi les Français ont été autorisés à poursuivre les essais nucléaires après l’indépendance de l’Algérie, alors qu’il reconnaît qu’une concession de taille avait été faite à la France par les négociateurs d’Evian. Dit avec une telle légèreté, cela ne peut que fatalement provoquer de nombreuses interrogations, surtout qu’après le cessez-le-feu du 19 mars, entre 1962 et 1966, treize tests nucléaires ont été menés dans le Sud algérien (In Ekker), dont onze après l’indépendance, et que la capacité totale de ces explosions souterraines était de 305 kilotonnes, soit presque 20 fois la puissance d’Hiroshima ! De graves fuites aériennes ont suivi l’explosion des bombes au plutonium Béryl (mai 1962), Améthyste (mars 1963), Rubis (octobre 1963) et Jade (mai 1965). Fuites ayant provoquées de nombreux et graves effets sur la santé des populations du Sud, des cancers, des malformations congénitales, la cécité et biens d’autres pathologies radio induites.

    Je suis en droit de considérer qu’en effet il ya eu trahison de tout un peuple, de la révolution et de ses chouhada, et je n’ai pas tort moi le déporté et l’interné dans ces zones, par des prétendus déserteurs de l’armée française, cependant je dirais que la honte n’est pas imputable à notre génération. La génération de la honte c’est la classe dirigeante qui a mené le pays à la faillite, après avoir interné, fais disparaitre, torturé, assassiné, bradé l’économie nationale et hypothéqué la dignité de tout un peuple, c’est l’ignominieux cabinet noir et ses partisans du tout sécuritaire, ce sont ces nouveaux riches, les faux moudjahidines et les élus jetables, c’est aussi le silence synonyme de complicité d’une certaine presse, la démission des intellectuels n’est pas innocente, quant aux partis politiques, bien que leur nombre est exorbitant, ils ne sortent de leur hibernation qu’a l’approche des joutes électorales, pour s’accommoder de strapontins par les spécialistes de la fraude électorale dont excelle la mafia politico-financière qui pollue notre existence.


    QUESTION : Quel est votre lecture de la décennie noire ; des responsabilités des uns et des autres. Que peut-on apprendre de cette expérience. Quel avenir pour des partis se réclamant de la religion et ayant en face des éradicateurs qui font le plagiat d’une démocratie qui est remise en cause en terre démocratique. Comment sortir de ce dilemme. Peut-on innover une sortie locale purement algérienne ?

    RÉPONSE : L’arrêt du processus électoral est incontestablement la première violence contre le libre choix et la volonté d’un peuple de choisir celles et ceux qu’il considère dignes de le représenter, accessoirement ce détournement est la matrice de toutes les violences qui ont suivi Les internements arbitraires, les harcèlements contre une partie de la population, l’emprisonnement sur la base de dossiers vides des dirigeants d’un Parti agrée, une Direction politique collégiale non élue, une assemblée auto désignée, la distribution sans calcul d’armes de guerre et de munitions à des civils et l’assurance de l’impunité, ne pouvaient que dégénérer une contre violence rapidement qualifier terrorisme. Un terrorisme qui tout comme la mystérieuse évasion  de la prison centrale de Tazoult(?) qui bizarrement ne figure pas dans le grand livre Guinness, ou alors les tueries de Bentalha, Rais, ou encore l’affaire des moines de Tibehirine, et bien d’autres cas, n’ont pas encore livré tous leurs secrets.

    Ce qu’on doit apprendre de cette expérience est qu’on ne lutte pas contre l’ignorance par l’ignorance et qu’on ne combat pas la violence par la violence. Quant aux partis se réclamant de la religion, ou démocratiques, sincèrement personnellement je ne vois aucun Parti religieux et aucun Parti Démocratique. L’Islam tel qu’il est écrit tout autant que la démocratie formelle, d’essence ils sont salvateurs.

    -  Mais est-ce cet Islam dans le rayonnement à révolutionner le monde qui anime ces partis qui se clament « chouracrates » ?

    - Ou est-ce de cette démocratie des baïonnettes,qui est remise en cause en terre démocratique, qui refuse aux autres le droit de s’exprimer, et qui ferme les yeux devant la violation systématique des droits de la personne humaine ?

    L’Islam a permis à des femmes et à des hommes libres de faire front contre un colonialisme barbare, armés d’une foi pure contre un impitoyable et puissant colonialisme, ses alliés et ses ralliés, l’histoire, celle qu’on essaye de nous cacher, nous rappelle que toutes les batailles menées par nos valeureux chouhada, étaient au Nom de « Allah Akbar », sinon comment auraient-ils triomphé, armés de fusils de chasse contre des chars, des canons, des avions, le napalm et la guillotine. De son côté la démocratie à aider, et permis à nos valeureux moudjahidines de faire entendre la voix de la révolution algérienne à Bandoeng et aux Nations-Unies.

    Comment sortir de ce dilemme, et bien tout simplement en suivant le chemin tracé par ceux qui avant nous furent nos fiers pionniers, devenir nous même sans le besoin de copier ou d’imiter, enfin nous montrer dignes d’être les filles et les fils de ceux qui ont tracé ce chemin pour nous, demeurer un peuple uni, lié par des valeurs communes, ces valeurs qui ont fait la fierté de celles et ceux qui nous ont précédé, à défaut c’est le déclin.

     

    Question : Le monde arabe traverse des remous démocratique qui tournent tous au cauchemar. Les exemples de la Libye et la Syrie le démontrent et la Tunisie été l’Égypte sont aussi secouées. Que pensez-vous de ces révolutions, Que pense vous aussi de la structure même de ce monde arabe. N’est -il pas temps pour le peuple algérien de recouvrir son identité arabe, berbère, musulmane mais nationale en dehors de ces entités obscurantistes.

    RÉPONSE : brièvement le monde arabe est victime de ses élites corrompus et corrupteurs, soutenus par des minorités drapées d’une démocratie de façade, par des affairistes véreux, des féministes qui ne représentent qu’eux même, et biens sur par un occident qui les encense, leur fournit armes et matériel de répression, et bien sûr qui en tire profit.

    En ce qui concerne les révolutions en Égypte et en Tunisie, les peuples de ces pays ont fait leur choix, et contrairement à nous, chez eux c’est les avocats, les juges, les médecins, enfin les intellectuels qui ont exigé le changement, des intellectuels que personne n’a le droit de qualifier d’obscurantistes, même si leur choix ne plait pas aux exploiteurs de tous bords.

    Le monde arabe, j’entends ici l’union des peuples arabes, un monde arabe débarrassé de ses despotes, de ces roitelets, purifié de ces dictateurs à la solde de l’occident ne peux que faire peur. N(oublie-on pas que le Roi Fayçal d’Arabie saoudite a payé de sa vie son vœu de prier à El Qods. L’Irak, l’Algérie la Syrie ne sont-ils pas en train de payer les frais du Front de fermeté ?

     

    Question : Après toute cette vie de sacrifice pour votre communauté, quelle impression vous reste-t-il, y’a-t-il de la déception contre votre communauté qui semble abandonner le combat dans la résignation, cette communauté qui s’est entretué dans une guerre civile barbare, y’a-t-il l’impression d’un Don Quichotte qui combat tout seul des moulins à vent, Désespérez-vous de l’humain et de l’humanité. Comment croire quand la réalité est contre vous. Vous avez dit que vous referez tout de même, si c’était à refaire … mais qu’aurez-vousrectifié …

    RÉPONSE : En toute modestie, je ne considère pas avoir fait des sacrifices en accomplissant un devoir que personne ne m’a imposé ou dicté, j’ai librement fait un choix et l’accomplissement d’un devoir nécessite certes des sacrifices, celui de la défense des droits de l’homme en terrain hostiles au droit un peu plus  que les autres domaines de la vie. Il est vrai que parfois il m’arrive de ressentir passagèrement un peu de déception, mais ce sentiment se dissipe dès que je me trouve devant une violation du droit des gens.

    Certes il y a cette impression que notre communauté semble avoir abandonné le combat, et qu’elle aurait sombré dans la résignation, sincèrement, je ne suis pas convaincu que les choses sont telles, nous sommes en face d’un système « crisogène », et vu que le peuple dans sa plus grande majorité ne croit plus ni en ce système, ni les partis politiques, un jour -je ne sais quand ?- arrivera ou un « Tsunami » populaire viendra balayer la terre d’Algérie, c’est pourquoi je suis partisan d’un changement pacifique radical, en faisant de « Place aux jeunes » ma devise. Nous avons vécu une décennie noires ou le « Qui Tue Qui » n’a pas livré tous ses secrets.

    Quant à la question de savoir si j’ai l’impression d’un Don quichotte qui se battrait tout seul, je répondrais que je ressent plus d’honneur, de dignité et de fierté d’être humblement Nourredine BELMOUHOUB, et qu’on le sache, mon combat n’est pas contre des moulins à vents, mais bel et bien contre une des plus dangereuses tyrannies et des plus agressives autocraties que je n’ai pas besoin de peindre ici, ce combat je le mené non pas en solo, mais au sein d’un groupe, un Front du Changement national, composé de femmes et d’hommes non monnayables. Je ne désespère ni de l’humain ni de l’humanité, confiant qu’après la nuit il y a toujours le jour, et que la justice finit toujours par triompher, j’y crois, la preuve ou est Benali, ou est Moubarek, ou est Khaddafi et ce n’est qu’un début. Ne dit-on pas qu’après la pluie c’est le beau temps, je suis optimiste, et c’est ce qui me réconforte le plus, c’est pourquoi je ne regrette rien et si c’est à refaire, oui, je recommencerais encore et toujours pour avoir la paix morale et une conscience reposée.

    Je suis né au printemps, c’est pourquoi j’aime tous les printemps.

     

    *Défenseur « Libre » des droits humains

    Porte-parole du Comité de Défense des Internés des Camps du Sud.

    Alger le 25 Décembre 2012

    Algerie Network

  • Arrêtez le braconnage des émirs dans le sud algérien

     

    Chaque année, les émirs du Golfe, font de notre Sahara un terrain de sport. Le malheur est que leur sport favori est la chasse. Pas n'importe laquelle: l'outarde semble-t-il pour les vertus aphrodisiaques de sa chair ou je ne sais quelle partie de son corps, et la gazelle pour ses cornes.

     
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    algerie

    Ces deux espèces sont en voie de disparition ,mais qui peut tirer la sonnette d’alarme.

    Ils débarquent avec leurs armes sophistiquées qui ne laissent aucune chance à ces belles créatures:fusils à lunettes,véhicules tout terrain et sous bonne escorte généreusement offerte par la République.

    Pourtant le braconnage est interdit et il existe des lois de la République protégeant les espèces en voie de disparition ,et l’outarde en fait partie ainsi que la gazelle.

    Les émirs viennent faire les guerres qu’ils n’ont pas faites, chez nous et contre des ceux que nous aimons le plus, nos compagnons de tout temps. Comment peut-on avoir le courage de tirer sur un aussi bel animal que la gazelle, inoffensif.

    Comment peut-on rester insensibles à ces massacres à grande échelle.

    Arezki Maouche

    Signez la pétition ; arrêtez le braconnage des émirs dans le sud algérien